Se connecterS'abonner

Chapitre 50

Chap22 : Fonctionnement des générateurs électromagnétiques

Lecture : 18 minQuiz de 12 questions

# Chap22 : Fonctionnement des générateurs électromagnétiques ## Objectifs et prérequis **Objectifs :** À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de : - Décrire le principe de fonctionnement d’un alternateur à partir du phénomène d’induction électromagnétique. - Expliquer comment un dispositif mécanique peut produire un courant alternatif. - Identifier les composants essentiels d’un alternateur simple et leur rôle. - Calculer la valeur efficace et l’amplitude d’une tension alternative sinusoïdale à partir de la vitesse de rotation et du nombre de spires. - Résoudre des exercices d’application liés au fonctionnement d’un alternateur monophasé. - Comparer différents types d’alternateurs selon leur application (véhicule, centrale électrique, etc.). **Prérequis :** - Maîtrise du phénomène d’induction électromagnétique (loi de Faraday-Lenz). - Notions de flux magnétique : définition, unité (weber, Wb), dépendance à l’angle entre le champ et la surface. - Concept de tension induite : $ \mathcal{E} = -\dfrac{d\Phi}{dt} $. - Notions de courant alternatif : période, fréquence, valeur efficace, forme d’onde sinusoïdale. - Utilisation des fonctions trigonométriques (sinus, cosinus) et dérivées simples. - Notions de vitesse angulaire : $ \omega = 2\pi f $, relation avec la fréquence de rotation. --- ## Introduction Dans la vie quotidienne, nous utilisons couramment des appareils alimentés par du courant alternatif : éclairage, réfrigérateurs, téléviseurs, chargeurs de téléphone, etc. Ce courant n’est pas produit par des piles, mais par des **générateurs électromagnétiques**, dont le plus répandu est l’**alternateur**. Contrairement à une pile qui fournit un courant continu, l’alternateur transforme une énergie mécanique (rotation d’une turbine, d’un moteur thermique, etc.) en énergie électrique sous forme de courant alternatif. Cette transformation repose sur le phénomène d’induction électromagnétique découvert par Michael Faraday au XIXᵉ siècle. Dans ce chapitre, nous étudierons le principe de fonctionnement d’un alternateur simple, puis nous illustrerons ce principe par des exemples concrets d’alternateurs utilisés dans différents contextes (automobile, production d’électricité). Nous verrons comment la rotation d’une bobine dans un champ magnétique uniforme entraîne une variation sinusoïdale du flux magnétique, et donc une tension induite alternative. --- ## I. Dispositif pouvant produire un courant alternatif ### Définition et principe général Un dispositif capable de produire un courant alternatif est un **générateur électromagnétique** qui convertit une énergie mécanique en énergie électrique sous forme de courant dont la direction varie périodiquement avec le temps. Ce dispositif repose sur l’induction électromagnétique : lorsque le flux magnétique traversant un circuit fermé varie dans le temps, une tension électromotrice (fém) est induite dans ce circuit, pouvant produire un courant si le circuit est fermé. > **À retenir :** Un dispositif produisant un courant alternatif doit permettre une variation périodique du flux magnétique à travers une bobine, généralement par mouvement relatif entre un aimant et une bobine, ou entre deux bobines. ### Conditions nécessaires Pour produire un courant alternatif, il faut : 1. Un **champ magnétique** (souvent créé par des aimants permanents ou des électroaimants). 2. Une **bobine conductrice** placée dans ce champ. 3. Un **mouvement relatif** entre la bobine et le champ magnétique, de nature périodique (rotation, va-et-vient). 4. Un **circuit fermé** permettant au courant induit de circuler (via des bagues collectrices et des balais, ou un redresseur si l’on veut du continu). Le mouvement le plus simple et le plus efficace est la **rotation uniforme** d’une bobine dans un champ magnétique uniforme et transversal. Ce mouvement engendre une variation sinusoïdale du flux magnétique à travers la bobine, d’où une tension induite sinusoïdale. ### Exemple de dispositif simple : la bobine tournante Considérons une bobine de $ N $ spires, de surface $ S $, tournant à vitesse angulaire constante $ \omega $ autour d’un axe perpendiculaire à un champ magnétique uniforme $ \vec{B} $. L’axe de rotation est choisi dans le plan de la bobine, de telle sorte que l’angle entre le vecteur normal à la bobine et $ \vec{B} $ varie avec le temps. À l’instant $ t $, l’angle entre le vecteur normal à la bobine et $ \vec{B} $ est $ \theta = \omega t $ (en supposant $ \theta = 0 $ à $ t = 0 $). Le flux magnétique à travers la bobine est alors : $$ \Phi(t) = N B S \cos(\omega t) $$ La tension induite (fém) est donnée par la loi de Faraday : $$ \mathcal{E}(t) = -\frac{d\Phi}{dt} = N B S \omega \sin(\omega t) $$ Cette expression montre que la tension induite varie sinusoïdalement avec le temps. Elle est donc alternative : sa valeur change de signe périodiquement. La valeur maximale (amplitude) de la tension est : $$ \mathcal{E}_0 = N B S \omega $$ La fréquence du courant alternatif est égale à la fréquence de rotation : $$ f = \frac{\omega}{2\pi} $$ La valeur efficace de la tension est : $$ \mathcal{E}_{\text{eff}} = \frac{\mathcal{E}_0}{\sqrt{2}} = \frac{N B S \omega}{\sqrt{2}} $$ > **À retenir :** Pour une bobine de $ N $ spires tournant à vitesse angulaire $ \omega $ dans un champ magnétique uniforme $ B $, la tension induite est $ \mathcal{E}(t) = N B S \omega \sin(\omega t) $, alternative et sinusoïdale. ### Exemple numérique Une bobine de 100 spires, de surface $ 0,02 \, \text{m}^2 $, tourne à 50 tours par seconde dans un champ magnétique de $ 0,5 \, \text{T} $. Calculer l’amplitude et la valeur efficace de la tension induite. **Solution :** - $ N = 100 $ - $ S = 0,02 \, \text{m}^2 $ - $ B = 0,5 \, \text{T} $ - $ f = 50 \, \text{Hz} \Rightarrow \omega = 2\pi f = 2\pi \times 50 = 100\pi \, \text{rad/s} $ Amplitude : $$ \mathcal{E}_0 = N B S \omega = 100 \times 0,5 \times 0,02 \times 100\pi = 100 \times 0,5 \times 0,02 \times 314,16 \approx 314,16 \, \text{V} $$ Valeur efficace : $$ \mathcal{E}_{\text{eff}} = \frac{314,16}{\sqrt{2}} \approx 222,1 \, \text{V} $$ > **À retenir :** La valeur efficace d’une tension sinusoïdale est égale à son amplitude divisée par $ \sqrt{2} $. ### Exercices d’application corrigés **Exercice 1 :** Une bobine de 200 spires de surface $ 0,015 \, \text{m}^2 $ tourne à 60 tours par seconde dans un champ magnétique de $ 0,4 \, \text{T} $. a) Calculer l’amplitude de la tension induite. b) Déterminer la valeur efficace. c) Quelle est la fréquence du courant produit ? **Solution :** a) $ \omega = 2\pi \times 60 = 120\pi \, \text{rad/s} $ $ \mathcal{E}_0 = 200 \times 0,4 \times 0,015 \times 120\pi = 200 \times 0,4 \times 0,015 \times 376,99 \approx 452,4 \, \text{V} $ b) $ \mathcal{E}_{\text{eff}} = \dfrac{452,4}{\sqrt{2}} \approx 320 \, \text{V} $ c) $ f = 60 \, \text{Hz} $ **Exercice 2 :** Une alternateur produit une tension efficace de 110 V. Quelle est son amplitude si la fréquence est de 50 Hz ? **Solution :** $ \mathcal{E}_0 = \mathcal{E}_{\text{eff}} \times \sqrt{2} = 110 \times 1,414 \approx 155,5 \, \text{V} $ --- ## II. Principe de fonctionnement d’un alternateur ### Description d’un alternateur simple Un **alternateur** est une machine électromagnétique qui convertit l’énergie mécanique de rotation en énergie électrique alternative. Son principe de base repose sur l’induction électromagnétique : une bobine (ou un ensemble de bobines) tourne dans un champ magnétique fixe, ou un aimant tourne autour d’une bobine fixe, ce qui provoque une variation périodique du flux magnétique et donc une tension induite alternative. Dans sa forme la plus simple, un alternateur monophasé comporte : - Un **inductor** : partie créant le champ magnétique (souvent un électroaimant alimenté en continu, ou un aimant permanent). - Un **armature** : partie contenant la bobine conductrice où la tension est induite (souvent le rotor dans les petits alternateurs, ou le stator dans les gros). - Un système de **collecte du courant** : bagues collectrices et balais pour transmettre le courant induit vers l’extérieur sans enroulement des fils. > **À retenir :** Dans un alternateur simple, la tension induite dans la bobine est alternative car le flux magnétique à travers celle-ci varie sinusoïdalement avec le temps du fait de sa rotation uniforme dans un champ magnétique uniforme. ### Étapes du fonctionnement 1. **Création du champ magnétique** : L’inductor (aimant ou électroaimant) produit un champ magnétique $ \vec{B} $ quasi uniforme dans l’entrefer. 2. **Rotation de l’armature** : La bobine (armature) tourne à vitesse angulaire constante $ \omega $ autour d’un axe perpendiculaire à $ \vec{B} $. 3. **Variation du flux magnétique** : Le flux à travers la bobine varie comme $ \Phi(t) = N B S \cos(\omega t) $. 4. **Induction de la tension** : Par la loi de Faraday, $ \mathcal{E}(t) = -\dfrac{d\Phi}{dt} = N B S \omega \sin(\omega t) $. 5. **Courant alternatif** : Si la bobine est reliée à une charge via un circuit fermé, un courant alternatif $ i(t) = \dfrac{\mathcal{E}(t)}{R} $ circule, de même forme que la tension. ### Schéma fonctionnel (description texte) Imagine une bobine rectangulaire de $ N $ spires, de côtés $ a $ et $ b $, donc de surface $ S = ab $, montée sur un axe horizontal. Elle tourne dans un champ magnétique vertical et uniforme $ \vec{B} $, créé par deux pôles Nord et Sud placés au-dessus et en dessous. Les extrémités de la bobine sont reliées à deux bagues collectrices métalliques isolées l’une de l’autre, tournant avec la bobine. Deux balais carbone, fixes, frottent sur ces bagues et relient le circuit extérieur. Ainsi, la tension induite dans la bobine est prélevée sans enroulement des fils. À l’instant $ t = 0 $, la bobine est perpendiculaire au champ : le flux est maximal ($ \Phi = NBS $), mais sa dérivée est nulle → tension nulle. Un quart de tour plus tard ($ t = T/4 $), la bobine est parallèle au champ : le flux est nul, mais sa variation est maximale → tension maximale. Un demi-tour plus tard, le flux est opposé au initial → tension nulle mais de signe opposé, etc. La tension varie donc comme un sinus. > **À retenir :** La tension aux bornes d’un alternateur simple est donnée par $ \mathcal{E}(t) = \mathcal{E}_0 \sin(\omega t) $, où $ \mathcal{E}_0 = N B S \omega $, et $ \omega = 2\pi f $, avec $ f $ la fréquence de rotation. ### Relation entre vitesse de rotation et fréquence La fréquence du courant alternatif produit est directement liée à la vitesse de rotation de l’induit (ou de l’inductor, selon la conception). Pour un alternateur à **deux pôles** (un Nord, un Sud), chaque tour complet de l’induit produit un cycle complet de tension alternative. Donc : $$ f = \frac{N_{\text{tours}}}{60} \quad \text{(en Hz, si } N_{\text{tours}} \text{ est en tours par minute)} $$ Plus généralement : $$ f = \frac{p \cdot n}{120} $$ où $ p $ est le nombre de pôles, et $ n $ la vitesse en tours par minute (tr/min). Mais pour un alternateur simple à deux pôles (le cas étudié ici), $ p = 2 $, donc : $$ f = \frac{n}{60} $$ Exemple : à 3000 tr/min, $ f = 3000 / 60 = 50 \, \text{Hz} $ (norme européenne). À 3600 tr/min, $ f = 60 \, \text{Hz} $ (norme américaine). > **À retenir :** Pour un alternateur à deux pôles, la fréquence en hertz est égale à la vitesse de rotation en tours par minute divisée par 60. ### Avantages et limites de l’alternateur simple **Avantages :** - Principe simple, robuste. - Produit naturellement du courant alternatif, adapté au transport d’énergie sur longue distance. - Pas besoin de redresseur si l’alternatif est voulu directement. **Limites :** - La tension et le courant dépendent fortement de la vitesse de rotation (pas régulée intrinsèquement). - Pour de fortes puissances, les courants dans les balais et bagues deviennent importants → usure, étincelles, pertes. - Dans les alternateurs de puissance (centrales), l’armature est généralement fixe (stator) et l’inductor tourne (rotor) pour éviter de faire passer des courants élevés par des bagues collectrices. > **À retenir :** Dans les alternateurs de forte puissance, c’est l’inductor qui tourne (rotor) et l’armature qui est fixe (stator), afin de prélever la tension via des connexions fixes et éviter l’usure des balais pour de forts courants. --- ## III. Exemples d’un alternateur ### 1. Alternateur de véhicule (automobile) Dans une voiture, l’alternateur est entraîné par la courroie de distribution liée au moteur thermique. Il produit du courant alternatif qui est ensuite redressé en continu par un pont de diodes pour recharger la batterie et alimenter les systèmes électriques (éclairage, injection, écran, etc.) lorsque le moteur tourne. **Caractéristiques :** - Généralement triphasé (pour plus de régularité et de puissance). - Vitesse de rotation variable (liée au régime moteur). - Régulateur de tension intégré pour maintenir une sortie continue d’environ 14,4 V malgré les variations de vitesse. - Utilise un électroaimant comme inductor (excitation réglable par le régulateur). - L’armature (stator) est fixe, composée de trois enroulements déphasés de 120°. - Le rotor (inductor) tourne à l’intérieur, créé par un électroaimant à excitation réglable. > **À retenir :** L’alternateur de voiture produit du courant alternatif triphasé, redressé en continu pour recharger la batterie et alimenter les systèmes électriques du véhicule. ### 2. Alternateur de centrale électrique Dans une centrale thermique, nucléaire ou hydroélectrique, l’alternateur (souvent appelé **génératrice**) est couplé directement à une turbine (vapeur, eau, gaz) qui tourne à vitesse constante (ex : 3000 tr/min pour 50 Hz en Europe). Il produit du courant alternatif à haute tension (plusieurs dizaines de kV) qui est ensuite élevé par un transformateur pour le transport sur le réseau. **Caractéristiques :** - Généralement triphasé. - Très grande puissance (de quelques MW à plus de 1000 MW). - Inductor tournant (rotor) : électroaimant puissant alimenté en continu (excitation séparée). - Armature fixe (stator) : enroulements en cuivre où est induite la tension de sortie. - Refroidissement par air, huile ou hydrogène (pour réduire les pertes par frottement). - Synchronisation stricte avec le réseau : fréquence et phase doivent correspondre exactement avant connexion. > **À retenir :** Dans une centrale électrique, l’alternateur produit du courant alternatif triphasé à haute tension, avec une fréquence strictement liée à la vitesse de la turbine (ex : 3000 tr/min → 50 Hz). ### 3. Alternateur de vélo (dyno) Certains vélos utilisent une petite dynamo (en fait souvent un alternateur) entraînée par le pneu pour alimenter l’éclairage. Lorsque la roue tourne, un aimant tourne autour d’une bobine fixe (ou vice versa), induisant une tension alternative qui alimente directement une lampe (souvent une LED, qui tolère l’alternatif ou contient un petit redressement). **Caractéristiques :** - Faible puissance (quelques watts). - Vitesse variable selon la vitesse du vélo. - Tension et fréquence proportionnelles à la vitesse. - Souvent sans redressement : la lampe clignote à 10 Hz ou 20 Hz selon la vitesse, mais l’œil humain ne perçoit pas le clignotement au-delà d’un certain seuil. - Moderne : certaines dyno produisent du continu via un redressement intégré. > **À retenir :** Une dynamo de vélo est un petit alternateur qui convertit l’énergie mécanique de la roue en énergie électrique pour l’éclairage, avec une tension variable selon la vitesse. ### Comparaison des types d’alternateurs | Critère | Alternateur de véhicule | Alternateur de centrale | Dynamo de vélo | |--------|--------------------------|--------------------------|----------------| | Puissance | Quelques kW | Plusieurs MW à GW | Quelques watts | | Tension de sortie | 12 V continu (après redressement) | Plusieurs kV (avant transformateur) | 6–12 V alternatif (ou continu redressé) | | Fréquence | Variable (liée au régime moteur) | Fixée par le réseau (50 ou 60 Hz) | Variable (liée à la vitesse) | | Type de courant produit | Alternatif → redressé en continu | Alternatif triphasé | Alternatif (souvent non redressé) | | Inductor | Électroaimant tournant (rotor) | Électroaimant tournant (rotor) | Aimant permanent tournant ou fixe | | Armature | Fixe (stator) | Fixe (stator) | Fixe ou tournante selon conception | | Refroidissement | Air | Air, huile, hydrogène | Air (passif) | | Régulation | Oui (régulateur de tension) | Oui (excitation + synchronisation) | Non (ou rudimentaire) | > **À retenir :** Malgré leurs différences de taille et d’application, tous les alternateurs fonctionnent sur le même principe : l’induction électromagnétique due à une variation périodique du flux magnétique dans une bobine. ### Exemple numérique : alternateur de centrale Un alternateur de centrale hydroélectrique tourne à 300 tr/min et possède 20 pôles. Quelle est la fréquence du courant produit ? **Solution :** On utilise la formule : $$ f = \frac{p \cdot n}{120} $$ où $ p = 20 $, $ n = 300 $ tr/min. $$ f = \frac{20 \times 300}{120} = \frac{6000}{120} = 50 \, \text{Hz} $$ C’est cohérent avec le réseau européen. > **À retenir :** La formule $ f = \frac{p \cdot n}{120} $ permet de calculer la fréquence d’un alternateur en fonction du nombre de pôles et de la vitesse de rotation. ### Exercices d’application corrigés **Exercice 3 :** Un alternateur de voiture tourne à 2000 tr/min et possède 2 pôles. Quelle est la fréquence du courant alternatif produit avant redressement ? **Solution :** $ f = \dfrac{n}{60} = \dfrac{2000}{60} \approx 33,3 \, \text{Hz} $ **Exercice 4 :** Un alternateur possède 12 pôles et tourne à 500 tr/min. Calculer la fréquence du courant produit. **Solution :** $ f = \dfrac{p \cdot n}{120} = \dfrac{12 \times 500}{120} = \dfrac{6000}{120} = 50 \, \text{Hz} $ **Exercice 5 :** Une lampe de vélo alimentée par une dynamo clignote perceptiblement lorsque la fréquence est inférieure à 15 Hz. Si la dynamo a 2 pôles, à quelle vitesse minimale (en tr/min) doit tourner la roue pour éviter le clignotement perceptible ? **Solution :** Pour éviter le clignotement, $ f \geq 15 \, \text{Hz} $. Avec $ p = 2 $, $ f = \dfrac{n}{60} \Rightarrow n = 60 \times f $. Donc $ n_{\text{min}} = 60 \times 15 = 900 \, \text{tr/min} $. À moins de 900 tr/min, la fréquence est trop basse et le clignotement devient perceptible. --- ## Synthèse du chapitre - Un dispositif produisant un courant alternatif repose sur la variation périodique du flux magnétique à travers une bobine, due à un mouvement relatif entre un aimant et une bobine (loi de Faraday). - Le principe de fonctionnement d’un alternateur simple repose sur la rotation uniforme d’une bobine de $ N $ spires de surface $ S $ dans un champ magnétique uniforme $ B $, produisant une tension induite $ \mathcal{E}(t) = N B S \omega \sin(\omega t) $, alternative et sinusoïdale. - L’amplitude de la tension est $ \mathcal{E}_0 = N B S \omega $, et la valeur efficace est $ \mathcal{E}_{\text{eff}} = \dfrac{\mathcal{E}_0}{\sqrt{2}} $. - La fréquence du courant alternatif est égale à la fréquence de rotation : $ f = \dfrac{\omega}{2\pi} $. Pour un alternateur à deux pôles, $ f = \dfrac{n}{60} $ avec $ n $ en tr/min. - Dans un alternateur, l’inductor crée le champ magnétique (aimant ou électroaimant), l’armature est la bobine où la tension est induite, et le courant est collecté via des bagues collectrices et des balais (ou évité dans les gros alternateurs par un stator fixe et un rotor tournant). - Les exemples d’alternateurs incluent : l’alternateur de véhicule (redressé en continu pour recharger la batterie), l’alternateur de centrale électrique (triphasé, synchronisé au réseau), et la dynamo de vélo (faible puissance, tension variable selon la vitesse). - Malgré leurs différences d’échelle et d’application, tous les alternateurs utilisent le même principe physique : l’induction électromagnétique par variation périodique du flux magnétique. --- ## Glossaire - **Alternateur** : Machine électromagnétique qui convertit l’énergie mécanique de rotation en énergie électrique alternative par induction électromagnétique. - **Inducteur** : Partie de l’alternateur qui produit le champ magnétique (souvent un électroaimant ou un aimant permanent). - **Armature** : Partie de l’alternateur où la tension est induite par variation du flux magnétique (souvent composée de bobines). - **Flux magnétique** : Grandeurs physique mesurant le champ magnétique traversant une surface, noté $ \Phi $, en weber (Wb), défini par $ \Phi = \vec{B} \cdot \vec{S} = B S \cos\theta $. - **Loi de Faraday** : Loi fondamentale de l’induction électromagnétique stating que la fém induite dans un circuit est égale à l’opposé de la dérivée temporelle du flux magnétique : $ \mathcal{E} = -\dfrac{d\Phi}{dt} $. - **Tension induite (fém)** : Tension électromotrice apparue dans un circuit conducteur lorsque le flux magnétique qui le traverse varie dans le temps. - **Valeur efficace** : Valeur d’une grandeur alternative qui produirait le même effet thermique qu’une grandeur continue de même valeur ; pour une sinusoïde, $ V_{\text{eff}} = \dfrac{V_0}{\sqrt{2}} $. - **Amplitude** : Valeur maximale d’une grandeur sinusoïdale alternante, notée $ V_0 $ ou $ \mathcal{E}_0 $. - **Fréquence** : Nombre de périodes par seconde d’un signal alternatif, mesuré en hertz (Hz). - **Vitesse angulaire** : $ \omega = 2\pi f $, mesure de la rapidité de rotation en radian par seconde. - **Bagues collectrices** : Anneaux conducteurs isolés montés sur l’arbre tournant, permettant de prélever le courant induit sans enroulement des fils via des balais. - **Balais** : Contacts frottants (souvent en carbone) qui relient les bagues collectrices au circuit extérieur. - **Alternateur triphasé** : Alternateur produisant trois tensions alternatives déphasées de 120°, utilisé pour la production et le transport d’énergie électrique. - **Synchronisation** : Opération consistant à ajuster la fréquence et la phase d’un alternateur avant de le connecter au réseau électrique, afin d’éviter les courants de choc. - **Redresseur** : Dispositif (souvent un pont de diodes) qui convertit le courant alternatif en courant continu. --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Dans un générateur électromagnétique, quelle est la fonction principale du collecteur (ou commutateur) dans un générateur à courant continu ?
  2. 2. Quel phénomène physique est à l'origine de la force électromotrice (fém) induite dans une bobine tournant dans un champ magnétique uniforme ?
  3. 3. Dans un générateur synchrone à courant alternatif, comment varie la fréquence du courant produit par rapport à la vitesse de rotation du rotor et au nombre de pôles du stator ?
  4. 4. Que se passe-t-il avec la fém induite dans une bobine si l'angle entre le plan de la bobine et le champ magnétique passe de 0° à 90° pendant une rotation ?
  5. 5. Dans un générateur à aimant permanent, que se passe-t-il si la vitesse de rotation du rotor est doublée, en supposant que le champ magnétique reste constant ?
  6. 6. Quel est l'effet de l'augmentation du nombre de spires dans la bobine d'un générateur électromagnétique sur la tension de sortie, toutes autres choses égales par ailleurs ?
  7. 7. Dans un générateur à courant alternatif monophasé, pourquoi la forme d'onde de la tension aux bornes est-elle généralement sinusoidale ?
  8. 8. Un générateur électromagnétique produit une fém maximale de 120 V. Quelle est la valeur efficace (RMS) de cette tension si elle est sinusoidale ?
  9. 9. Dans un générateur à excitation séparée, si le courant d'excitation est augmenté, que se passe-t-il à la tension de sortie à vitesse constante ?
  10. 10. Un générateur tournant à 1500 tr/min produit une tension alternée de 50 Hz. Combien de pôles possède son stator ?
  11. 11. Dans un générateur à aimant permanent, pourquoi la fém induite est-elle nulle lorsque le plan de la bobine est parallèle au champ magnétique, même si le flux à travers celle-ci est maximal ?
  12. 12. Deux générateurs identiques, l'un à excitation séparée, l'autre à auto-excitation shunt, sont entraînés à la même vitesse. Lequel produira une tension de sortie plus élevée en charge légère, et pourquoi ?