Chapitre 13
Linear Transformation
Lecture : 15 minQuiz de 12 questions
# Linear Transformation
## Objectifs et prérequis
Ce chapitre vise à maîtriser les transformations linéaires dans le contexte des espaces vectoriels de dimension finie, en particulier $\mathbb{R}^2$ et $\mathbb{R}^3$. À la fin de ce chapitre, l'étudiant doit être capable de :
- Vérifier si une application donnée est linéaire.
- Déterminer le noyau et l'image d'une transformation linéaire, et en déduire son injectivité, surjectivité et bijectivité.
- Trouver l'inverse d'une transformation linéaire lorsqu'il existe.
- Identifier les points invariants et les sous-espaces invariants.
- Déterminer l'image de droites et de plans sous une transformation linéaire.
- Calculer les valeurs propres et les vecteurs propres d'une matrice associée à une transformation linéaire.
- Interpréter géométriquement les résultats obtenus.
**Prérequis** : Maîtrise des opérations sur les matrices (addition, multiplication, déterminant, rang, inversion), des systèmes linéaires, des espaces vectoriels ($\mathbb{R}^n$), de la base et de la dimension, ainsi que du produit scalaire dans $\mathbb{R}^2$ et $\mathbb{R}^3$.
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## I. Properties of Linear Transformation
Une transformation linéaire (ou application linéaire) est une application entre deux espaces vectoriels qui préserve les opérations d'addition et de multiplication par un scalaire.
> **Définition** : Soit $T : V \to W$ une application entre deux espaces vectoriels $V$ et $W$ sur le même corps $\mathbb{K}$ (ici $\mathbb{R}$). $T$ est linéaire si et seulement si, pour tout $\mathbf{u}, \mathbf{v} \in V$ et tout scalaire $c \in \mathbb{R}$ :
> $$
> T(\mathbf{u} + \mathbf{v}) = T(\mathbf{u}) + T(\mathbf{v}) \quad \text{et} \quad T(c\mathbf{u}) = cT(\mathbf{u}).
> $$
Équivalentement, $T$ est linéaire si et seulement si :
$$
T(c\mathbf{u} + d\mathbf{v}) = cT(\mathbf{u}) + dT(\mathbf{v}) \quad \forall \mathbf{u},\mathbf{v} \in V, \forall c,d \in \mathbb{R}.
$$
### Propriétés fondamentales
1. $T(\mathbf{0}_V) = \mathbf{0}_W$ (l'image du vecteur nul est le vecteur nul).
2. Si $T$ est linéaire, alors elle est entièrement déterminée par ses images sur une base de $V$.
3. Toute transformation linéaire de $\mathbb{R}^n$ vers $\mathbb{R}^m$ peut être représentée par une matrice $m \times n$ telle que $T(\mathbf{x}) = A\mathbf{x}$.
### Exemple 1 : Vérification de linéarité
Soit $T : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R}^2$ définie par $T(x, y) = (2x + y, x - 3y)$.
**Vérification** :
- Soit $\mathbf{u} = (x_1, y_1)$, $\mathbf{v} = (x_2, y_2)$, $c \in \mathbb{R}$.
- $T(\mathbf{u} + \mathbf{v}) = T(x_1+x_2, y_1+y_2) = (2(x_1+x_2) + (y_1+y_2), (x_1+x_2) - 3(y_1+y_2))$
$= (2x_1+2x_2+y_1+y_2, x_1+x_2-3y_1-3y_2)$
$= (2x_1+y_1, x_1-3y_1) + (2x_2+y_2, x_2-3y_2) = T(\mathbf{u}) + T(\mathbf{v})$.
- $T(c\mathbf{u}) = T(cx_1, cy_1) = (2cx_1 + cy_1, cx_1 - 3cy_1) = c(2x_1+y_1, x_1-3y_1) = cT(\mathbf{u})$.
Donc $T$ est linéaire.
### Exemple 2 : Non-linéarité
Soit $S : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R}^2$ définie par $S(x, y) = (x^2, y)$.
**Vérification** :
- $S(1,0) = (1,0)$, $S(0,1) = (0,1)$, mais $S(1,1) = (1,1)$.
- $S((1,0)+(0,1)) = S(1,1) = (1,1)$, tandis que $S(1,0)+S(0,1) = (1,0)+(0,1) = (1,1)$ → semble ok.
- Mais $S(2,0) = (4,0)$, tandis que $2S(1,0) = 2(1,0) = (2,0) \neq (4,0)$.
Donc $S$ n'est pas linéaire (échec de l'homogénéité).
> **À retenir** : Une application est linéaire si et seulement si elle vérifie la linéarité en deux points : additivité et homogénéité. Toute déviation (comme un terme carré, constant, ou produit) détruit la linéarité.
### Exercices d'application corrigés
**Exercice 1** : Déterminer laquelle des applications suivantes est linéaire :
(a) $T_1(x,y) = (x+y, xy)$
(b) $T_2(x,y,z) = (x+2y, 3z, y-x)$
(c) $T_3(x,y) = (2x+1, y)$
**Corrigé** :
(a) $T_1(1,0)=(1,0)$, $T_1(0,1)=(0,1)$, $T_1(1,1)=(2,1)$; mais $T_1(1,0)+T_1(0,1)=(1,1) \neq (2,1)$ → non linéaire.
(b) Vérifions : $T_2(\mathbf{u}+\mathbf{v}) = T_2((x_1+x_2,y_1+y_2,z_1+z_2)) = (x_1+x_2+2(y_1+y_2), 3(z_1+z_2), (y_1+y_2)-(x_1+x_2))$
$= (x_1+2y_1, 3z_1, y_1-x_1) + (x_2+2y_2, 3z_2, y_2-x_2) = T_2(\mathbf{u})+T_2(\mathbf{v})$.
$T_2(c\mathbf{u}) = (cx_1+2cy_1, 3cz_1, cy_1-cx_1) = c(x_1+2y_1, 3z_1, y_1-x_1) = cT_2(\mathbf{u})$ → linéaire.
(c) $T_3(0,0)=(1,0) \neq (0,0)$ → viole $T(\mathbf{0})=\mathbf{0}$ → non linéaire.
**Réponse** : Seul $T_2$ est linéaire.
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## II. The kernel and image of Linear Transformation
Le noyau et l'image sont des sous-espaces fondamentaux associés à une transformation linéaire. Ils permettent d'analyser son injectivité et sa surjectivité.
> **Définition** : Soit $T : V \to W$ linéaire.
> - Le **noyau** de $T$, noté $\ker(T)$, est l'ensemble des vecteurs de $V$ dont l'image est le vecteur nul de $W$ :
> $$
> \ker(T) = \{ \mathbf{v} \in V \mid T(\mathbf{v}) = \mathbf{0}_W \}.
> $$
> - L'**image** de $T$, notée $\operatorname{im}(T)$ ou $T(V)$, est l'ensemble des images des vecteurs de $V$ :
> $$
> \operatorname{im}(T) = \{ T(\mathbf{v}) \mid \mathbf{v} \in V \} \subseteq W.
> $$
### Propriétés
1. $\ker(T)$ est un sous-espace de $V$.
2. $\operatorname{im}(T)$ est un sous-espace de $W$.
3. **Théorème du rang-nullité** : Si $V$ est de dimension finie $n$, alors
$$
\dim(\ker(T)) + \dim(\operatorname{im}(T)) = \dim(V) = n.
$$
Le rang de $T$ est $\operatorname{rank}(T) = \dim(\operatorname{im}(T))$, et la nullité est $\operatorname{nullity}(T) = \dim(\ker(T))$.
4. $T$ est injective si et seulement si $\ker(T) = \{ \mathbf{0} \}$.
5. $T$ est surjective si et seulement si $\operatorname{im}(T) = W$.
6. $T$ est bijective si et seulement si elle est injective et surjective.
### Exemple 1 : Noyau et image
Soit $T : \mathbb{R}^3 \to \mathbb{R}^2$ définie par $T(x,y,z) = (x+y, 2z)$.
**Noyau** : Résoudre $T(x,y,z) = (0,0)$ :
$$
\begin{cases}
x + y = 0 \\
2z = 0
\end{cases}
\Rightarrow
\begin{cases}
y = -x \\
z = 0
\end{cases}
\Rightarrow
(x, y, z) = (x, -x, 0) = x(1, -1, 0).
$$
Donc $\ker(T) = \operatorname{span}\{ (1,-1,0) \}$, de dimension 1.
**Image** : Les images sont de la forme $(x+y, 2z)$. Comme $x+y$ peut prendre toute valeur réelle (en choisissant $x$ librement, $y=-x+c$), et $2z$ toute valeur réelle, on obtient :
$$
\operatorname{im}(T) = \{ (a,b) \mid a,b \in \mathbb{R} \} = \mathbb{R}^2.
$$
Donc $\dim(\operatorname{im}(T)) = 2$.
Vérification du théorème : $\dim(\ker(T)) + \dim(\operatorname{im}(T)) = 1 + 2 = 3 = \dim(\mathbb{R}^3)$ → vérifié.
$T$ n'est pas injective (noyau non trivial), mais est surjective (image = $\mathbb{R}^2$).
### Exemple 2 : Transformation nulle
Soit $T : \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^m$ définie par $T(\mathbf{x}) = \mathbf{0}$ pour tout $\mathbf{x}$.
- $\ker(T) = \mathbb{R}^n$ (tout vecteur est envoyé sur zéro).
- $\operatorname{im}(T) = \{ \mathbf{0} \}$.
- $\dim(\ker(T)) = n$, $\dim(\operatorname{im}(T)) = 0$, somme = $n$ → ok.
- $T$ n'est injective que si $n=0$ (cas trivial), jamais surjective sauf si $m=0$.
> **À retenir** : Le noyau mesure l'échec d'injectivité, l'image mesure l'atteinte de la surjectivité. Le théorème du rang-nullité relie les deux à la dimension du domaine.
### Exercices d'application corrigés
**Exercice 2** : Soit $T : \mathbb{R}^3 \to \mathbb{R}^3$ définie par $T(x,y,z) = (x+y, y+z, z+x)$. Trouver $\ker(T)$ et $\operatorname{im}(T)$.
**Corrigé** :
**Noyau** : Résoudre $T(x,y,z) = (0,0,0)$ :
$$
\begin{cases}
x + y = 0 \\
y + z = 0 \\
z + x = 0
\end{cases}
$$
De la première équation : $y = -x$.
Deuxième : $z = -y = -(-x) = x$.
Troisième : $z + x = x + x = 2x = 0 \Rightarrow x=0$.
Alors $y=0$, $z=0$.
Donc seule solution : $(0,0,0)$ → $\ker(T) = \{ \mathbf{0} \}$.
**Image** : On cherche tous les vecteurs $(a,b,c)$ tels que $\exists (x,y,z)$ avec :
$$
\begin{cases}
x + y = a \\
y + z = b \\
z + x = c
\end{cases}
$$
Ajouter les trois équations : $2(x+y+z) = a+b+c \Rightarrow x+y+z = \frac{a+b+c}{2}$.
Alors :
- $z = (x+y+z) - (x+y) = \frac{a+b+c}{2} - a = \frac{-a+b+c}{2}$,
- $x = \frac{a+b+c}{2} - b = \frac{a-b+c}{2}$,
- $y = \frac{a+b+c}{2} - c = \frac{a+b-c}{2}$.
Ces expressions sont définies pour tout $a,b,c \in \mathbb{R}$ → tout triplet $(a,b,c)$ est atteignable.
Donc $\operatorname{im}(T) = \mathbb{R}^3$.
Vérification : $\dim(\ker)=0$, $\dim(\operatorname{im})=3$, somme=3 → ok.
$T$ est bijective.
**Réponse** : $\ker(T) = \{ \mathbf{0} \}$, $\operatorname{im}(T) = \mathbb{R}^3$.
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## III. The inverse of a linear transformation/Invariant Points
Une transformation linéaire bijective admet une inverse qui est également linéaire. Les points invariants sont ceux qui ne changent pas sous l'application.
> **Définition** : Si $T : V \to W$ est bijective linéaire, alors son inverse $T^{-1} : W \to V$ existe et est linéaire, vérifiant $T^{-1}(T(\mathbf{v})) = \mathbf{v}$ et $T(T^{-1}(\mathbf{w})) = \mathbf{w}$ pour tout $\mathbf{v} \in V$, $\mathbf{w} \in W$.
> **À retenir** : $T$ est inversible si et seulement si elle est bijective, ce qui équivaut à $\ker(T) = \{ \mathbf{0} \}$ et $\operatorname{im}(T) = W$ (dans le cas fini-dimensionnel, à $\det(A) \neq 0$ lorsque $T(\mathbf{x})=A\mathbf{x}$).
### Points invariants
Un point $\mathbf{p}$ est invariant sous $T$ si $T(\mathbf{p}) = \mathbf{p}$.
Dans le cas d'une transformation linéaire $T(\mathbf{x}) = A\mathbf{x}$, on cherche les solutions de $A\mathbf{x} = \mathbf{x}$, soit $(A - I)\mathbf{x} = \mathbf{0}$.
> **À retenir** : L'ensemble des points invariants d'une transformation linéaire $T(\mathbf{x})=A\mathbf{x}$ est le noyau de $A - I$, c'est-à-dire l'espace propre associé à la valeur propre $\lambda = 1$.
### Exemple 1 : Inverse d'une transformation linéaire
Soit $T : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R}^2$ définie par $T(x,y) = (2x+y, x-y)$.
**Étape 1 : Matrice associée**
$T(\mathbf{x}) = A\mathbf{x}$ avec
$$
A = \begin{pmatrix}
2 & 1 \\
1 & -1
\end{pmatrix}.
$$
**Étape 2 : Vérifier l'inversibilité**
$\det(A) = (2)(-1) - (1)(1) = -2 -1 = -3 \neq 0$ → $A$ inversible → $T$ bijective.
**Étape 3 : Calculer $A^{-1}$**
$$
A^{-1} = \frac{1}{\det(A)} \begin{pmatrix}
-1 & -1 \\
-1 & 2
\end{pmatrix}^T
= \frac{1}{-3} \begin{pmatrix}
-1 & -1 \\
-1 & 2
\end{pmatrix}
= \begin{pmatrix}
\frac{1}{3} & \frac{1}{3} \\
\frac{1}{3} & -\frac{2}{3}
\end{pmatrix}.
$$
(Vérification : la comatrice de $A$ est $\begin{pmatrix} -1 & -1 \\ -1 & 2 \end{pmatrix}^T$ ?
En fait : comatrice $C = \begin{pmatrix} -1 & -1 \\ -1 & 2 \end{pmatrix}$ ?
Mineur de $a_{11}$ : $-1$ → cofacteur $+(-1)$
$a_{12}$ : $1$ → cofacteur $-(1) = -1$
$a_{21}$ : $1$ → cofacteur $-(1) = -1$
$a_{22}$ : $2$ → cofactor $+(2)$
Donc comatrice = $\begin{pmatrix} -1 & -1 \\ -1 & 2 \end{pmatrix}$
Adjugée = transpose de la comatrice = $\begin{pmatrix} -1 & -1 \\ -1 & 2 \end{pmatrix}^T = \begin{pmatrix} -1 & -1 \\ -1 & 2 \end{pmatrix}$ (symétrique ici)
Donc $A^{-1} = \frac{1}{-3} \begin{pmatrix} -1 & -1 \\ -1 & 2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1/3 & 1/3 \\ 1/3 & -2/3 \end{pmatrix}$ → correct.)
**Étape 4 : Écrire $T^{-1}$**
$$
T^{-1}(u,v) = A^{-1} \begin{pmatrix} u \\ v \end{pmatrix} = \begin{pmatrix}
\frac{1}{3}u + \frac{1}{3}v \\
\frac{1}{3}u - \frac{2}{3}v
\end{pmatrix} = \left( \frac{u+v}{3}, \frac{u-2v}{3} \right).
$$
**Vérification** :
$T(T^{-1}(u,v)) = T\left( \frac{u+v}{3}, \frac{u-2v}{3} \right) = \left( 2\cdot\frac{u+v}{3} + \frac{u-2v}{3}, \frac{u+v}{3} - \frac{u-2v}{3} \right)$
$= \left( \frac{2u+2v + u - 2v}{3}, \frac{u+v -u +2v}{3} \right) = \left( \frac{3u}{3}, \frac{3v}{3} \right) = (u,v)$ → ok.
### Exemple 2 : Points invariants
Soit $T : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R}^2$ définie par $T(x,y) = (x+2y, 2x+y)$. Trouver les points invariants.
On résout $T(x,y) = (x,y)$ :
$$
\begin{cases}
x + 2y = x \\
2x + y = y
\end{cases}
\Rightarrow
\begin{cases}
2y = 0 \\
2x = 0
\end{cases}
\Rightarrow
x=0, y=0.
$$
Donc seul le point origine est invariant.
Alternativement, matrice $A = \begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 2 & 1 \end{pmatrix}$, résoudre $(A-I)\mathbf{x}=0$ :
$$
A-I = \begin{pmatrix} 0 & 2 \\ 2 & 0 \end{pmatrix}, \quad
\begin{pmatrix} 0 & 2 \\ 2 & 0 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix}
\Rightarrow
\begin{cases}
2y=0 \\
2x=0
\end{cases}
\Rightarrow x=y=0.
$$
Donc $\ker(A-I) = \{ \mathbf{0} \}$ → seul point invariant est l'origine.
> **À retenir** : Pour trouver les points invariants d'une transformation linéaire $T(\mathbf{x})=A\mathbf{x}$, résoudre $(A-I)\mathbf{x}=\mathbf{0}$. La solution est l'espace propre de $A$ pour $\lambda=1$.
### Exercices d'application corrigés
**Exercice 3** : Soit $T : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R}^2$ définie par $T(x,y) = (3x-y, x+2y)$.
(a) Montrer que $T$ est linéaire et trouver sa matrice.
(b) Déterminer si $T$ est inversible. Si oui, trouver $T^{-1}$.
(c) Trouver les points invariants de $T$.
**Corrigé** :
(a) Linéarité : évidente (combinaison linéaire de $x$ et $y$).
Matrice : $T(\mathbf{e}_1)=T(1,0)=(3,1)$, $T(\mathbf{e}_2)=T(0,1)=(-1,2)$ →
$$
A = \begin{pmatrix}
3 & -1 \\
1 & 2
\end{pmatrix}.
$$
(b) $\det(A) = (3)(2) - (-1)(1) = 6 + 1 = 7 \neq 0$ → inversible.
Comatrice de $A$ :
- $C_{11} = +\det\begin{pmatrix} 2 \end{pmatrix} = 2$
- $C_{12} = -\det\begin{pmatrix} 1 \end{pmatrix} = -1$
- $C_{21} = -\det\begin{pmatrix} -1 \end{pmatrix} = -(-1) = 1$
- $C_{22} = +\det\begin{pmatrix} 3 \end{pmatrix} = 3$
Donc comatrice = $\begin{pmatrix} 2 & -1 \\ 1 & 3 \end{pmatrix}$
Adjugée = transpose = $\begin{pmatrix} 2 & 1 \\ -1 & 3 \end{pmatrix}$
$A^{-1} = \frac{1}{7} \begin{pmatrix} 2 & 1 \\ -1 & 3 \end{pmatrix}$
Donc $T^{-1}(u,v) = \frac{1}{7}(2u+v, -u+3v)$.
(c) Points invariants : résoudre $T(x,y)=(x,y)$ :
$$
\begin{cases}
3x - y = x \\
x + 2y = y
\end{cases}
\Rightarrow
\begin{cases}
2x - y = 0 \\
x + y = 0
\end{cases}
$$
De la seconde : $y = -x$.
Première : $2x - (-x) = 3x = 0 \Rightarrow x=0 \Rightarrow y=0$.
Donc seul point invariant : $(0,0)$.
**Réponse** :
(a) Linéaire, $A = \begin{pmatrix} 3 & -1 \\ 1 & 2 \end{pmatrix}$
(b) Inversible, $T^{-1}(u,v) = \frac{1}{7}(2u+v, -u+3v)$
(c) Seul point invariant : $(0,0)$
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## IV. The image of lines and planes
On étudie comment une transformation linéaire agit sur les objets géométriques : droites, plans, etc. Comme elle préserve la linéarité, l'image d'un sous-espace affine est un sous-espace affine (ou dégénéré).
> **À retenir** : Sous une transformation linéaire $T(\mathbf{x})=A\mathbf{x}$ :
> - L'image d'un sous-espace vectoriel est un sous-espace vectoriel.
> - L'image d'une droite passant par l'origine est une droite passant par l'origine (ou un point si dégénérée).
> - L'image d'une droite ne passant pas par l'origine est une droite ou un point.
> - L'image d'un plan passant par l'origine est un plan passant par l'origine (ou une droite, ou un point).
> - L'image d'un plan ne passant pas par l'origine est un plan, une droite ou un point.
### Exemple 1 : Image d'une droite par origine
Soit $T : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R}^2$ définie par $T(x,y) = (x+y, x-y)$.
Trouver l'image de la droite $D : y = 2x$ (qui passe par l'origine).
Paramétrisation de $D$ : $\mathbf{r}(t) = (t, 2t)$, $t \in \mathbb{R}$.
Alors $T(\mathbf{r}(t)) = (t + 2t, t - 2t) = (3t, -t)$.
C'est une droite passant par l'origine de vecteur directeur $(3,-1)$.
Équation cartésienne : $y = -\frac{1}{3}x$.
### Exemple 2 : Image d'une droite ne passant pas par l'origine
Même $T$, trouver l'image de la droite $D' : y = 2x + 1$.
Paramétrisation : on peut prendre un point sur $D'$, par exemple quand $x=0$, $y=1$ → point $P_0=(0,1)$.
Vecteur directeur : même que pour $D$, car parallèle → $\mathbf{v}=(1,2)$.
Donc $\mathbf{r}(t) = (0,1) + t(1,2) = (t, 1+2t)$.
Appliquer $T$ :
$T(\mathbf{r}(t)) = (t + (1+2t), t - (1+2t)) = (3t+1, -t-1)$.
Ceci est une droite paramétrique : point $(1,-1)$ quand $t=0$, vecteur directeur $(3,-1)$.
Équation cartésienne : depuis $(1,-1)$ et directeur $(3,-1)$ :
$\frac{x-1}{3} = \frac{y+1}{-1}$ → $- (x-1) = 3(y+1)$ → $-x+1 = 3y+3$ → $-x - 3y = 2$ → $x + 3y = -2$.
> **À retenir** : Pour trouver l'image d'une droite ou d'un plan sous $T(\mathbf{x})=A\mathbf{x}$ :
> 1. Paramétriser l'objet géométrique (point + t×directeur pour droite, point + s×$\mathbf{u}$ + t×$\mathbf{v}$ pour plan).
> 2. Appliquer $T$ à la paramétrisation.
> 3. Identifier le résultat : point, droite, plan, ou éliminer les paramètres pour obtenir l'équation cartésienne.
### Exemple 3 : Image d'un plan
Soit $T : \mathbb{R}^3 \to \mathbb{R}^3$ définie par $T(x,y,z) = (x, y, 0)$ (projection sur le plan $xy$).
Trouver l'image du plan $P : x + y + z = 1$.
Paramétrisation de $P$ : on peut prendre un point, par exemple quand $x=0,y=0$ → $z=1$ → $P_0=(0,0,1)$.
Deux vecteurs directeurs dans le plan :
- $\mathbf{u}$ : prendre $x=1,y=0$ → $z=0$ → $\mathbf{u}=(1,0,-1)$
- $\mathbf{v}$ : prendre $x=0,y=1$ → $z=0$ → $\mathbf{v}=(0,1,-1)$
Donc $\mathbf{r}(s,t) = (0,0,1) + s(1,0,-1) + t(0,1,-1) = (s, t, 1-s-t)$.
Appliquer $T$ :
$T(\mathbf{r}(s,t)) = (s, t, 0)$.
Quand $s,t$ parcourent $\mathbb{R}^2$, on obtient tout le plan $xy$ : $\{(s,t,0) \mid s,t \in \mathbb{R}\}$.
Donc l'image de $P$ sous $T$ est le plan $z=0$.
Vérification : la projection sur $xy$ envoie tout point sur son ombre dans $xy$ ; le plan $x+y+z=1$ coupe le plan $z=0$ along la droite $x+y=1$, mais son image est bien tout le plan $z=0$ car pour tout $(s,t,0)$, on peut prendre le préimage $(s,t,1-s-t)$ qui est sur $P$.
> **À retenir** : L'image d'un plan sous une transformation linéaire peut être de dimension inférieure si la transformation n'est pas injective sur ce plan (ici, la projection perd la coordonnée $z$).
### Exercices d'application corrigés
**Exercice 4** : Soit $T : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R}^2$ définie par $T(x,y) = (2x, 3y)$.
Trouver l'image de :
(a) La droite $D : y = x$
(b) La droite $D' : y = x + 1$
(c) Le plan (dans $\mathbb{R}^2$, on considère les droites comme analogues) — mais comme on est dans $\mathbb{R}^2$, on adapte : trouver l'image du ensemble $S = \{ (x,y) \mid x+2y = 4 \}$.
**Corrigé** :
(a) $D : y=x$ → paramétrisation : $(t,t)$ → $T(t,t) = (2t, 3t)$ → droite par origine de directeur $(2,3)$ → équation : $y = \frac{3}{2}x$.
(b) $D' : y=x+1$ → prendre point quand $x=0$ → $y=1$ → $P_0=(0,1)$ ; directeur $(1,1)$ → $\mathbf{r}(t)=(t, 1+t)$
$T(\mathbf{r}(t)) = (2t, 3(1+t)) = (2t, 3+3t)$
→ point quand $t=0$ : $(0,3)$ ; directeur $(2,3)$
→ équation : passant par $(0,3)$, directeur $(2,3)$ → $y-3 = \frac{3}{2}(x-0)$ → $y = \frac{3}{2}x + 3$.
(c) $S : x+2y=4$ → c'est une droite dans $\mathbb{R}^2$ (non passant par l'origine car $0+0\neq4$).
Paramétrisation : prendre un point, par exemple quand $x=0$ → $2y=4$ → $y=2$ → $P_0=(0,2)$.
Vecteur directeur : perpendiculaire au normale $(1,2)$ → prendre $(2,-1)$ car $1\cdot2 + 2\cdot(-1)=0$.
Donc $\mathbf{r}(t) = (0,2) + t(2,-1) = (2t, 2-t)$.
Appliquer $T$ : $T(2t, 2-t) = (2\cdot2t, 3(2-t)) = (4t, 6-3t)$.
→ point quand $t=0$ : $(0,6)$ ; directeur $(4,-3)$
→ équation cartésienne : passant par $(0,6)$, directeur $(4,-3)$ → pente $m = -3/4$
→ $y-6 = -\frac{3}{4}(x-0)$ → $y = -\frac{3}{4}x + 6$.
**Réponse** :
(a) $y = \frac{3}{2}x$
(b) $y = \frac{3}{2}x + 3$
(c) $y = -\frac{3}{4}x + 6$
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Quiz du chapitre
12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.