Chapitre 32
17 : Entomophagie
Lecture : 18 minQuiz de 12 questions
# 17 : Entomophagie
## Objectifs et prérequis
**Objectifs :**
À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de :
- Définir l’entomophagie et expliquer son rôle dans la sécurité alimentaire et la santé publique.
- Identifier les insectes comestibles et thérapeutiques présents dans l’environnement camerounais, leurs caractéristiques morphologiques, nutritionnelles et écologiques.
- Décrire les principes de la lutte biologique contre les ravageurs de cultures par les insectes auxiliaires, avec exemples concrets.
- Appliquer les notions d’intégration CA 18 (Connaissance et Action) pour analyser une situation réelle liée à l’entomophagie ou à la lutte biologique.
- Réaliser des calculs simples liés à la valeur nutritionnelle des insectes ou à l’efficacité d’un auxiliaire dans un agroécosystème.
- Argumenter sur les avantages écologiques, économiques et sanitaires de l’entomophagie et de la lutte biologique.
**Prérequis :**
- Connaissances de base en biologie des insectes (morphologie, métamorphose, régime alimentaire).
- Notions d’écologie (chaînes alimentaires, équilibre des écosystèmes, biodiversité).
- Notions de nutrition humaine (macronutriments, micronutriments, besoins énergétiques).
- Capacité à lire et interpréter un tableau de composition nutritionnelle.
- Familiarité avec le raisonnement scientifique (observation, hypothèse, expérimentation, conclusion).
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## Introduction
L’entomophagie, pratique consistant à consommer des insectes, est une tradition ancienne dans de nombreuses cultures africaines, notamment au Cameroun, où elle contribue significativement à l’alimentation des populations rurales et urbaines. Au-delà de son aspect culturel, l’entomophagie présente des avantages considérables en termes de durabilité : les insectes nécessitent moins d’eau, de terre et d’aliments que l’élevage traditionnel pour produire une quantité équivalente de protéines. Par ailleurs, certains insectes possèdent des propriétés thérapeutiques reconnues dans la médecine traditionnelle. En parallèle, l’utilisation d’insectes auxiliaires dans la lutte biologique contre les ravageurs de cultures représente une alternative écologique aux pesticides chimiques, préservant la biodiversité et la santé des sols. Ce chapitre explore ces deux dimensions — alimentaire et thérapeutique des insectes comestibles, puis leur rôle en lutte biologique — en s’appuyant sur des exemples concrets du contexte camerounais. Il intègre également la démarche CA 18 (Connaissance et Action) pour encourager l’élève à passer de la théorie à l’engagement citoyen et scientifique.
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## I. Séance 92 : Insectes et produits de certains insectes comestibles et thérapeutiques de notre Environnement et Lutte biologique contre les ravageurs de cultures par les insectes
### A. Insectes comestibles de l’environnement camerounais
> **Définition :** Un insecte comestible est une espèce d’insecte dont certaines stades de vie (larve, nymphe, adulte) sont consommés par l’humain pour leurs apports nutritionnels, sans risque toxique avéré lorsqu’ils sont préparés correctement.
Au Cameroun, plusieurs espèces d’insectes sont régulièrement consommées, notamment dans les régions du Nord, de l’Est et de l’Ouest. Les plus courants sont :
- **Les chenilles de *Cirina forda*** (chenille du karité) : récoltées sur les arbres de karité (*Vitellaria paradoxa*), elles sont riches en protéines (environ 60 % de matière sèche), en fer et en zinc. Elles sont généralement bouillies, séchées ou frites.
- **Les termites (*Macrotermes spp.*)** : surtout les alates (individus ailés de la reproduction), capturés lors des essaimages après les premières pluies. Ils sont riches en graisses insaturées et en protéines. Consommés crus, grillés ou en sauce.
- **Les sauterelles et criquets (*Locusta migratoria*, *Schistocerca gregaria*)** : abondants en saison sèche dans les savanes, ils sont riches en protéines (50-60 %), en chitine (fibre bénéfique pour le microbiote intestinal) et en oméga-3. Préparés frits ou en brochettes.
- **Les larves de scarabées rhinocéros (*Oryctes spp.*)** : trouvées dans le bois en décomposition ou les tas de fumier, elles sont très grasses (jusqu’à 40 % de lipides) et énergétiques. Consommées bouillies ou en sauce.
- **Les fourmis weaver (*Oecophylla longinoda*)** : leurs larves et pupes sont consommées pour leur goût acidulé et leur haute teneur en protéines et en acide formique (ayant des propriétés antimicrobiennes).
> **À retenir :** La valeur nutritionnelle des insectes comestibles varie selon l’espèce, le stade de développement et le régime alimentaire de l’insecte, mais elle est généralement comparable voire supérieure à celle de la viande traditionnelle en protéines, fer, zinc et vitamines du groupe B.
#### Exemple résolu : Calcul de l’apport protéique d’une portion de chenilles de *Cirina forda*
Une portion de 50 g de chenilles séchées de *Cirina forda* contient environ 60 % de protéines sur matière sèche. Sachant que le taux d’humidité des chenilles séchées est de 10 %, calculer la masse de protéines réellement ingérée.
**Étape 1 :** Masse sèche = 50 g × (1 - 0,10) = 50 g × 0,90 = 45 g
**Étape 2 :** Masse de protéines = 45 g × 0,60 = 27 g
**Réponse :** Une portion de 50 g de chenilles séchées apporte 27 g de protéines.
> **À retenir :** Pour convertir une masse humide en masse sèche, on multiplie par (1 - taux d’humidité). Pour obtenir la masse d’un nutriment, on multiplie la masse sèche par sa fraction massique.
#### Exercice d’application 1 :
Une femme enceinte a besoin de 25 g de protéines supplémentaires par jour. Elle consomme 30 g de termites séchés (*Macrotermes spp.*), contenant 55 % de protéines sur matière sèche et ayant un taux d’humidité de 12 %. Calculer l’apport protéique réel et déterminer si cela couvre partiellement ou totalement son besoin supplémentaire.
**Correction :**
Masse sèche = 30 g × (1 - 0,12) = 30 g × 0,88 = 26,4 g
Apport protéique = 26,4 g × 0,55 = 14,52 g
Comme 14,52 g < 25 g, cela couvre partiellement le besoin (environ 58 %).
**Réponse :** L’apport protéique réel est de 14,52 g, ce qui couvre partiellement le besoin supplémentaire de la femme enceinte.
#### Exercice d’application 2 :
Comparer l’apport en fer de 40 g de chenilles de *Cirina forda* (6 mg de fer/100 g de matière sèche, humidité 10 %) à celui de 40 g de bœuf maigre (2,5 mg de fer/100 g). Quel aliment apporte plus de fer ?
**Correction :**
Chenilles : masse sèche = 40 g × 0,90 = 36 g → fer = 36 g × (6 mg / 100 g) = 2,16 mg
Bœuf : fer = 40 g × (2,5 mg / 100 g) = 1,0 mg
**Réponse :** Les chenilles apportent plus de fer (2,16 mg contre 1,0 mg).
### B. Insectes thérapeutiques de l’environnement camerounais
> **Définition :** Un insecte thérapeutique est une espèce dont certaines parties (corps, sécrétions, produits métaboliques) sont utilisées dans la prévention ou le traitement de maladies, selon des pratiques de médecine traditionnelle validées ou en cours d’étude scientifique.
Au Cameroun, plusieurs insectes sont utilisés en médecine traditionnelle :
- **Les abeilles (*Apis mellifera*)** : leur miel possède des propriétés antibactériennes (due au peroxyde d’hydrogène et à l’acide gluconique), leur propolis est riche en flavonoïdes (antioxydants, anti-inflammatoires), et leur venin est utilisé en apithérapie contre l’arthrite et certaines douleurs neuropathiques.
- **Les fourmis légionnaires (*Dorylus spp.*)** : leurs mâchoires sont utilisées comme sutures naturelles en médecine traditionnelle pour fermer des plaies profondes (les fourmis mordent les bords de la plaie, puis on leur coupe le corps, laissant les mâchoires en place comme des agrafes).
- **Les larves de mouches (*Lucilia sericata*)** : utilisées en thérapie larvaire (biosurgery) pour nettoyer les plaies nécrosées : elles sécrètent des enzymes protéolytiques qui débrident les tissus morts sans toucher les tissus sains, tout en produisant des substances antibactériennes.
- **Les chrysopes (*Chrysoperla spp.*)** : bien qu principalement connues comme auxiliaires en lutte biologique, leurs larves sécrètent des substances ayant des propriétés antimicrobiennes étudiées pour des applications potentielles en dermatologie.
- **Les coccinelles (*Coccinella septempunctata*)** : leur hémolymphe contient des alcaloïdes toxiques pour certains pathogènes ; des extraits sont étudiés pour leur activité antifongique.
> **À retenir :** L’usage thérapeutique des insectes repose sur des composés bioactifs (peptides, enzymes, alcaloïdes, flavonoïdes) produits naturellement par l’insecte pour sa défense ou son métabolisme, qui peuvent avoir des effets pharmacologiques sur l’humain.
#### Exemple résolu : Action de la propolis d’abeille sur une bactérie
La propolis contient de la pinocembrine, un flavonoïde qui inhibe la synthèse de la paroi bactérienne chez *Staphylococcus aureus*. Si une expérience montre que 0,5 mg de pinocembrine inhibe complètement la croissance de 10⁶ UFC/mL de *S. aureus* en 24h, quelle concentration de pinocembrine est nécessaire pour inhiber 10⁸ UFC/mL en supposant une relation linéaire ?
**Étape 1 :** Rapport des concentrations bactériennes = 10⁸ / 10⁶ = 100
**Étape 2 :** Concentration nécessaire = 0,5 mg × 100 = 50 mg
**Réponse :** 50 mg de pinocembrine seraient nécessaires pour inhiber 10⁸ UFC/mL de *S. aureus* en 24h, sous hypothèse de linéarité.
> **À retenir :** Dans une relation de proportionnalité directe, si l’effet biologique dépend linéairement de la concentration du composé actif, alors doubler la concentration double l’effet (dans la limite de l’efficacité maximale).
#### Exercice d’application 3 :
Une préparation de venin d’abeille contient 2 % de mélittine (peptide actif). Pour une dose thérapeutique de 0,1 g de mélittine, quelle masse de venin doit-on administrer ?
**Correction :**
Masse de venin = 0,1 g / 0,02 = 5 g
**Réponse :** Il faut administrer 5 g de venin d’abeille pour obtenir 0,1 g de mélittine.
#### Exercice d’application 4 :
Dans une étude, l’extrait de hémolymphe de coccinelle montre une activité antifongique correspondant à une concentration minimale inhibitrice (CMI) de 8 µg/mL contre *Candida albicans*. Si un extrait brut contient 0,04 % de principe actif, quelle concentration d’extrait brut est nécessaire pour atteindre la CMI ?
**Correction :**
Concentration d’extrait brut = 8 µg/mL / 0,0004 = 20 000 µg/mL = 20 mg/mL
**Réponse :** Il faut une concentration de 20 mg/mL d’extrait brut pour atteindre la CMI de 8 µg/mL.
### C. Lutte biologique contre les ravageurs de cultures par les insectes
> **Définition :** La lutte biologique est une méthode de protection des cultures qui utilise des ennemis naturels (prédateurs, parasitoïdes, pathogènes) des ravageurs pour réduire leurs populations en dessous du seuil de nuisibilité, sans recours aux pesticides chimiques de synthèse.
Au Cameroun, les ravageurs majeurs des cultures vivrières (maïs, manioc, arachide, légumes) incluent :
- La pyrale du maïs (*Busseola fusca*)
- La cochenille du manioc (*Phenacoccus manihoti*)
- La mouche blanche des légumes (*Bemisia tabaci*)
- Les chenilles légionnaires (*Spodoptera frugiperda*)
Les auxiliaires utilisés en lutte biologique comprennent :
- **Les trichogrammes (*Trichogramma spp.*)** : petits guêpes parasitoïdes qui pondent leurs œufs dans ceux des lépidoptères ravageurs (ex. : pyrale du maïs, légionnaire d’automne). La larve se développe aux dépens de l’œuf de l’hôte, le tuant. Un lâcher de 100 000 trichogrammes/ha peut réduire de 70 à 90 % la ponte des ravageurs cibles.
- **Les coccinelles (*Coccinella septempunctata*, *Harmonia axyridis*)** : prédateurs voraces de pucerons, cochenilles et aleurodes. Une larve de coccinelle peut consommer jusqu’à 400 pucerons pendant son développement.
- **Les chrysopes (*Chrysoperla carnea*)** : leurs larves, appelées « lions de pucerons », sont des prédateurs généralistes qui se nourrissent de pucerons, thrips, aleurodes et petits lépidoptères. Elles sécrètent des substances digestives qui liquéfient leurs proies.
- **Les nématodes entomopathogènes (*Steinernema spp.*, *Heterorhabditis spp.*)** : vers microscopiques qui pénètrent dans l’hôte ravageur grâce à des bactéries symbiotes (*Xenorhabdus*, *Photorhabdus*) qui tuent l’insecte en 24-48h. Efficaces contre les larves de lépidoptères et de coléoptères dans le sol.
- **Les champignons entomopathogènes (*Beauveria bassiana*, *Metarhizium anisopliae*)** : spores qui germent sur la cuticule de l’insecte, pénètrent le corps et se développent à l’intérieur, provoquant la mort par mycose. Utilisés en pulvérisation contre les aleurodes, thrips et coléoptères.
> **À retenir :** Un bon auxiliaire de lutte biologique doit être : spécifique (ou peu généraliste pour éviter les effets non désirés), capable de se reproduire sur l’hôte, adapté au climat local, et facile à produire ou à collecter en quantité suffisante.
#### Exemple résolu : Calcul du nombre de lâchers de trichogrammes nécessaires
Un champ de maïs de 2 ha est infesté par la pyrale du maïs. On sait qu’un lâcher de 50 000 trichogrammes/ha permet de contrôler 60 % de la ponte. Pour atteindre un contrôle de 90 %, combien de lâchers successifs sont nécessaires, en supposant un effet cumulatif et linéaire ?
**Étape 1 :** Effet par lâcher = 60 %
**Étape 2 :** Nombre de lâchers nécessaires = 90 % / 60 % = 1,5 → on arrondit à 2 lâchers (car on ne peut pas faire un demi-lâcher)
**Vérification :** Après 1er lâcher : 40 % de ponte restante. Après 2e lâcher : 40 % × (1 - 0,60) = 40 % × 0,40 = 16 % de ponte restante → contrôle = 84 %.
Comme 84 % < 90 %, il faudrait un 3e lâcher : 16 % × 0,40 = 6,4 % restante → contrôle = 93,6 %.
**Réponse :** Il faut 3 lâchers successifs de 50 000 trichogrammes/ha pour atteindre un contrôle supérieur à 90 % de la ponte de la pyrale du maïs.
> **À retenir :** Dans la lutte biologique, l’efficacité n’est pas toujours additive de façon simple ; il faut souvent tenir compte de la proportion restante après chaque intervention (modèle de décroissance exponentielle ou géométrique).
#### Exercice d’application 5 :
Une serre de légumes de 0,5 ha est envahie par la mouche blanche (*Bemisia tabaci*). On lâche 100 000 chrysopes/ha. Si une larve de chrysope consomme en moyenne 200 aleurodes pendant son développement, calculer le nombre total d’aleurodes pouvant être consommés par toutes les larves lâchées.
**Correction :**
Nombre total de chrysopes lâchés = 0,5 ha × 100 000 chrysopes/ha = 50 000 chrysopes
Nombre total d’aleurodes consommés = 50 000 × 200 = 10 000 000
**Réponse :** 10 millions d’aleurodes peuvent être consommés par les larves de chrysopes lâchées.
#### Exercice d’application 6 :
Dans un essai, un champ de manioc de 1 ha traité avec *Metarhizium anisopliae* montre une réduction de 80 % de la population de cochenilles après 14 jours. Si la population initiale était de 500 cochenilles/plant sur 10 000 plants, quelle est la population résiduelle après traitement ?
**Correction :**
Population initiale totale = 500 × 10 000 = 5 000 000 cochenilles
Population résiduelle = 5 000 000 × (1 - 0,80) = 5 000 000 × 0,20 = 1 000 000 cochenilles
Population résiduelle par plant = 1 000 000 / 10 000 = 100 cochenilles/plant
**Réponse :** Après traitement, il reste en moyenne 100 cochenilles par plant.
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## II. Séance 93 : Apprentissage de l’intégration CA 18
> **Définition :** L’intégration CA 18 (Connaissance et Action) est une démarche pédagogique qui vise à relier les acquis scolaires (connaissances théoriques) à des actions concrètes, responsables et citoyennes dans le réel, en faveur du développement durable, de la santé ou de l’environnement.
Cette séance ne introduit pas de nouveaux contenus scientifiques, mais met l’accent sur la **transformation de la connaissance en action**. Elle s’appuie sur les notions vues en Séance 92 pour proposer à l’élève de s’engager dans une initiative liée à l’entomophagie ou à la lutte biologique, en suivant une démarche structurée en quatre étapes :
1. **Observer et questionner** : identifier un problème ou une opportunité liée aux insectes comestibles/thérapeutiques ou à la lutte biologique dans son environnement (école, quartier, famille).
2. **Analyser et comprendre** : mobiliser les connaissances acquises (valeur nutritionnelle, principes de lutte biologique, espèces locales) pour expliquer le phénomène observé.
3. **Agir et proposer** : concevoir et réaliser une action concrète (ex. : élevage domestique de chenilles, sensibilisation à l’entomophagie, mise en place d’un piège à trichogrammes, campagne de promotion des auxiliaires agricoles).
4. **Évaluer et partager** : mesurer l’impact de l’action, réfléchir sur les difficultés rencontrées, et partager les résultats avec d’autres (exposé, affiche, vidéo, rapport).
### Exemples d’actions CA 18 possibles en lien avec le chapitre :
- **Action 1 : Création d’un « insectarium comestible » scolaire**
Élever des chenilles de *Cirina forda* ou des termites dans des conditions contrôlées, mesurer leur croissance, comparer leur valeur nutritionnelle à d’autres sources de protéines, et organiser une dégustation sécurisée après validation par les autorités sanitaires locales.
*Connaissances mobilisées :* cycle de vie des insectes, besoins alimentaires, valeur protéique, règles d’hygiène.
*Action :* élevage, suivi, préparation hygiénique, dégustation, sondage sur l’acceptabilité.
- **Action 2 : Campagne de sensibilisation à la lutte biologique**
Réaliser des affiches ou des sketches expliquant aux agriculteurs du quartier comment reconnaître les auxiliaires (coccinelles, chrysopes) et les ravageurs, et encourager l’abandon des pesticides au profit de lâchers d’auxiliaires ou de plantations refuges (ex. : fleurs mellifères pour attirer les auxiliaires).
*Connaissances mobilisées :* identification des auxiliaires et ravageurs, seuils de nuisibilité, principes de la lutte biologique.
*Action :* enquête terrain, création de supports, rencontre avec des agriculteurs, suivi des pratiques.
- **Action 3 : Étude comparative de l’acceptabilité de l’entomophagie**
Interroger 50 personnes (élèves, parents, commerçants) sur leur perception de la consommation d’insectes, puis présenter les résultats sous forme de graphiques et proposer des idées pour améliorer l’image de l’entomophagie (ex. : recettes modernes, présentation attractive).
*Connaissances mobilisées :* valeur nutritionnelle, enjeux environnementaux de l’élevage traditionnel, facteurs culturels de l’alimentation.
*Action :* conception du questionnaire, collecte des données, analyse, restitution.
- **Action 4 : Test d’efficacité d’un piège à phéromones pour la pyrale du maïs**
Fabriquer un piège simple (bouteille retournée avec appât à phéromone synthétique ou feuilles de maïs endommagées), le placer dans un champ ou un jardin, compter les papillons capturés chaque semaine, et comparer avec un témoin sans piège.
*Connaissances mobilisées :* comportement de l’insecte, phéromones, suivi des populations.
*Action :* fabrication, pose, relevés hebdomadaires, tracé de courbe, conclusion.
> **À retenir :** La réussite d’une action CA 18 dépend de la clarté de l’objectif, de la pertinence des connaissances mobilisées, de la faisabilité de l’action, et de la rigueur dans l’évaluation des résultats.
#### Exercice d’application 7 :
Un élève souhaite mener une action CA 18 consistant à sensibiliser sa famille à remplacer 1 repas de viande par semaine par un repas à base de chenilles de *Cirina forda*. Il sait que 100 g de bœuf apportent 26 g de protéines et 100 g de chenilles séchées apportent 34 g de protéines (sur matière sèche, humidité 10 %). Calculer la masse de chenilles séchées nécessaire pour apporter autant de protéines que 100 g de bœuf.
**Correction :**
Protéines dans 100 g de bœuf = 26 g
Protéines dans 100 g de chenilles séchées = 100 g × 0,90 × 0,34 = 30,6 g
Soit : masse de chenilles nécessaire = 26 g / (0,90 × 0,34) = 26 g / 0,306 ≈ 84,97 g
**Réponse :** Environ 85 g de chenilles séchées sont nécessaires pour apporter autant de protéines que 100 g de bœuf.
#### Exercice d’application 8 :
Dans le cadre d’une action CA 18, une classe décide de lâcher des trichogrammes dans un jardin scolaire de 0,2 ha pour lutter contre la pyrale du maïs. Si le taux de lâcher recommandé est de 75 000 trichogrammes/ha, combien de trichogrammes doivent être lâchés au total ?
**Correction :**
Nombre total = 0,2 ha × 75 000 trichogrammes/ha = 15 000 trichogrammes
**Réponse :** 15 000 trichogrammes doivent être lâchés dans le jardin scolaire.
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## Synthèse du chapitre
- L’entomophagie consiste à consommer des insectes pour leurs apports nutritionnels et thérapeutiques.
- Au Cameroun, les insectes comestibles majeurs sont les chenilles de *Cirina forda*, les termites, les sauterelles, les larves de scarabées et les fourmis weaver.
- Ces insectes sont riches en protéines, fer, zinc, vitamines B et acides gras essentiels, souvent supérieurs à ceux de la viande traditionnelle.
- Certains insectes possèdent des propriétés thérapeutiques : miel et propolis d’abeille (antibactériens), venin d’abeille (anti-inflammatoire), larves de mouches (débridement de plaies), mâchoires de fourmis légionnaires (sutures naturelles).
- La lutte biologique utilise des insectes auxiliaires (trichogrammes, coccinelles, chrysopes, nématodes, champignons entomopathogènes) pour réduire les populations de ravageurs sans pesticides.
- Les auxiliaires agissent par prédation, parasitisme ou pathogénicité, et leur efficacité dépend de leur spécificité, de leur adaptation au milieu et de leur mode d’application.
- L’intégration CA 18 permet de transformer les connaissances sur l’entomophagie et la lutte biologique en actions concrètes : élevage, sensibilisation, expérimentation, suivi et partage.
- Une action CA 18 réussie suit quatre étapes : observer, comprendre, agir, évaluer.
- Les calculs liés à la valeur nutritionnelle nécessitent de distinguer masse humide et masse sèche, et d’appliquer des règles de proportionnalité.
- Les modèles de lutte biologique impliquent souvent des raisonnements sur les populations résiduelles après intervention (décroissance exponentielle ou géométrique).
- L’entomophagie et la lutte biologique contribuent à la sécurité alimentaire, à la réduction de l’impact environnemental de l’agriculture et à la valorisation de la biodiversité locale.
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## Glossaire
- **Entomophagie** : pratique consistant à consommer des insectes comme aliment.
- **Insecte comestible** : espèce d’insecte dont certains stades de vie sont consommés par l’humain pour leurs apports nutritionnels.
- **Insecte thérapeutique** : espèce dont certaines parties ou sécrétions sont utilisées en prévention ou traitement de maladies.
- **Lutte biologique** : méthode de protection des cultures utilisant des ennemis naturels des ravageurs pour réduire leurs populations.
- **Auxiliaire** : organisme vivant (insecte, nématode, champignon) utilisé en lutte biologique pour contrôler un ravageur.
- **Parasitoïde** : insecte dont la larve se développe aux dépens d’un seul hôte, lequel est tué à la fin du développement.
- **Prédateur** : organisme qui chasse et consomme directement d’autres organismes pour se nourrir.
- **Pathogène entomopathogène** : microorganisme (champignon, bactérie, virus) qui provoque une maladie létale chez les insectes.
- **Masse sèche** : masse d’un aliment après élimination totale de l’eau qu’il contient.
- **Masse humide** : masse totale d’un aliment comprenant l’eau et les solides.
- **Proportionnalité** : relation où deux quantités varient dans le même rapport (si l’une double, l’autre double).
- **Seuil de nuisibilité** : niveau de population d’un ravageur au-delà duquel les dégâts économiques justifient une intervention.
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*Fin de la fiche de cours.*
Quiz du chapitre
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