Chapitre 7
7 : Le fonctionnement des neurones
Lecture : 19 minQuiz de 12 questions
# 7 : Le fonctionnement des neurones
## Objectifs et prérequis
Ce chapitre vise à comprendre le fonctionnement des neurones, unité fonctionnelle du système nerveux, en intégrant les connaissances anatomiques, physiologiques et biophysiques essentielles. Il s’appuie sur les séances de cours et les travaux pratiques prévus au programme officiel de Terminale (système éducatif camerounais, francophone). Les prérequis maîtrisés incluent : la structure générale d’une cellule animale (membrane plasmique, organites), les notions de diffusion, d’osmose, de gradients électrochimiques, les bases de l’électricité (tension, courant, résistance), et la connaissance des principaux éléments du système nerveux (encéphale, moelle épinière, nerfs) acquise lors de la séance 19 et du TP 8.
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## Introduction
Le tissu nerveux est spécialisé dans la réception, l’intégration et la transmission rapide de l’information sous forme de signaux électriques : les influx nerveux. Ces signaux résultent de variations temporaires du potentiel membranaire des neurones, gouvernées par l’ouverture et la fermeture sélective de canaux ioniques. Ce chapitre explore successivement : les rappels sur le tissu nerveux (séance 19 et TP 8), les potentiels de repos et d’action (séance 20 et TP 9), la conduction de l’influx nerveux le long de l’axone (séance 21), la transmission synaptique (séance 22), et enfin l’intégration du signal au niveau du neurone (séance 23, CA 5). Chaque notion est présentée avec définition, propriétés, exemples résolus, exercices corrigés, et encadrés « à retenir ».
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## I. Séance 19 : Le tissu nerveux (Rappels) & TP 8 : Dissection et observation de l’encéphale d’un petit mammifère
### A. Rappels sur le tissu nerveux
Le tissu nerveux constitue le système nerveux central (encéphale et moelle épinière) et périphérique (nerfs et ganglions). Il est composé de deux types cellulaires principaux : les neurones, unités fonctionnelles de la transmission de l’information, et les cellules gliales (astrocytes, oligodendrocytes, microglies, cellules de Schwann), assurant soutien, isolation et nutrition.
> **À retenir** : Un neurone est une cellule spécialisée dans la génération, la réception et la conduction de signaux électriques appelés influx nerveux.
Un neurone typique présente trois régions distinctes :
- Le **corps cellulaire (soma)** : contient le noyau et la plupart des organites ; site d’intégration des signaux entrants.
- Les **dendrites** : prolongements ramifiés qui reçoivent les signaux provenant d’autres neurones (entrées synaptiques).
- L’**axone** : prolongement unique, souvent long, qui conduit l’influx nerveux loin du soma vers les terminaisons axonales (boutons synaptiques).
> **À retenir** : L’axone est entouré d’une gaine de myéline chez de nombreux neurones vertébrés, formée par les oligodendrocytes (SNC) ou les cellules de Schwann (SNP), permettant la conduction saltatoire et augmentant la vitesse de propagation de l’influx.
La myéline est interrompue périodiquement par les nœuds de Ranvier, où se concentrent les canaux sodiques voltage-dépendants essentiels à la régénération du potentiel d’action.
### B. TP 8 : Dissection et observation de l’encéphale d’un petit mammifère
Lors du TP 8, l’élève observe, à l’œil nu ou à l’aide d’une loupe binoculaire, un encéphale de petit mammifère (souvent rat ou souris) fixé ou frais. Les structures principales identifiables sont :
- Les **hémisphères cérébraux** : deux lobes symétriques, siège des fonctions cognitives supérieures.
- Le **cervelet** : situé sous les hémisphères occipitaux, coordonnant l’équilibre et les mouvements fins.
- Le **tronc cérébral** : constitué du mésencéphale, du pont et de la moelle allongée ; relais vital entre cerveau et moelle épinière, régulant fonctions autonomes (respiration, fréquence cardiaque).
- Le **bulbe rachidien** (moelle allongée) : continuation de la moelle épinière dans le crâne.
> **À retenir** : L’encéphale est protégé par les méninges (duramère, arachnoïde, pia-mère) et baigné dans le liquide céphalorachidien (LCR), assurant amortissement et échange métabolique.
Lors de l’observation, on note la texture ferme et légèrement élastique du tissu nerveux frais, la couleur grisâtre du parenchyme (corps cellulaires et dendrites) contrastant avec la blancheur des zones myélinisées (axones). Une incision sagittale permet de visualiser le corps calleux (commissure blanche reliant les deux hémisphères) et les ventricules (cavités contenant le LCR).
**Exercice d’application 1** :
Lors du TP 8, un élève identifie une structure blanche et arrondie située profondément entre les deux hémisphères cérébraux. Quelle est cette structure et quelle est sa fonction ?
**Corrigé** : Il s’agit du corps calleux. C’est une commissure blanche composée de fibres myélinisées permettant la communication interhémisphérique, essentielle à l’intégration des fonctions cognitives bilatérales.
**Exercice d’application 2** :
Pourquoi la dissection d’un encéphale frais est-elle préférable à un spécimen fixé pour observer la distinction entre matière grise et matière blanche ?
**Corrigé** : Dans un spécimen fixé, les tissus peuvent se rétracter ou changer de couleur de façon artificielle. Un encéphale frais permet une meilleure appréciation de la texture naturelle et du contraste entre la matière grise (plus sombre, riche en corps cellulaires) et la matière blanche (plus claire, riche en axones myélinisés).
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## II. Séance 20 : Les notions de potentiels de repos et d’action d’un neurone & TP 9 : Mise en évidence du potentiel de repos et d’action
### A. Potentiel de repos
Le potentiel de repos ($V_m$) est la différence de potentiel électrique à travers la membrane plasmique d’un neurone au repos, généralement autour de $-70$ mV (intérieur négatif par rapport à l’extérieur). Il résulte principalement de :
- La répartition inégale des ions : $[K^+]_i \gg [K^+]_o$, $[Na^+]_o \gg [Na^+]_i$, $[Cl^-]_o \approx [Cl^-]_i$, $[A^-]_i$ élevé (protéines anions fixes).
- La perméabilité relative de la membrane au repos : beaucoup plus élevée pour $K^+$ que pour $Na^+$ ou $Cl^-$, due à l’activité des canaux potassiques fuite ($K_{leak}$).
- L’action de la pompe Na$^+$/K$^+$-ATPase, qui extrude 3 Na$^+$ et introduit 2 K$^+$ par ATP hydrolyté, maintenant les gradients ioniques.
> **À retenir** : Le potentiel de repos est proche du potentiel d’équilibre du potassium ($E_K$) car la membrane est beaucoup plus perméable au K$^+$ qu’au Na$^+$ au repos.
Le potentiel d’équilibre d’un ion est donné par l’équation de Nernst :
$$
E_{ion} = \frac{RT}{zF} \ln \left( \frac{[ion]_o}{[ion]_i} \right)
$$
où $R = 8,314$ J·mol$^{-1}$·K$^{-1}$, $T$ en kelvins, $F = 96485$ C·mol$^{-1}$, $z$ la valence de l’ion.
À $T = 37^\circ C = 310$ K, $\frac{RT}{F} \approx 26,7$ mV, donc pour un ion monovalent ($z = \pm 1$) :
$$
E_{ion} \approx 26,7 \ln \left( \frac{[ion]_o}{[ion]_i} \right) \text{ mV} \quad \text{ou} \quad E_{ion} \approx 61,5 \log_{10} \left( \frac{[ion]_o}{[ion]_i} \right) \text{ mV}
$$
**Exemple résolu 1** : Calcul du potentiel d’équilibre du potassium.
Données : $[K^+]_i = 140$ mmol/L, $[K^+]_o = 5$ mmol/L, $T = 37^\circ C$.
$$
E_K = 61,5 \log_{10} \left( \frac{5}{140} \right) = 61,5 \log_{10} (0,0357) \approx 61,5 \times (-1,447) \approx -89,0 \text{ mV}
$$
**Exemple résolu 2** : Calcul du potentiel d’équilibre du sodium.
Données : $[Na^+]_i = 15$ mmol/L, $[Na^+]_o = 145$ mmol/L.
$$
E_{Na} = 61,5 \log_{10} \left( \frac{145}{15} \right) = 61,5 \log_{10} (9,67) \approx 61,5 \times 0,985 \approx +60,6 \text{ mV}
$$
Le potentiel de repos est déterminé par l’équation de Goldman-Hodgkin-Katz (GHK), qui tient compte des perméabilités relatives :
$$
V_m = \frac{RT}{F} \ln \left( \frac{ P_K[K^+]_o + P_{Na}[Na^+]_o + P_{Cl}[Cl^-]_i }{ P_K[K^+]_i + P_{Na}[Na^+]_i + P_{Cl}[Cl^-]_o } \right)
$$
Au repos, $P_K \gg P_{Na}, P_{Cl}$, donc $V_m \approx E_K$.
> **À retenir** : La pompe Na$^+$/K$^+$-ATPase est électrogène : elle contribue directement à quelques millivolts au potentiel de repos en créant un courant sortant net (3 Na$^+$ out, 2 K$^+$ in).
**Exercice d’application 3** :
Un neurone présente $[K^+]_i = 120$ mmol/L, $[K^+]_o = 4$ mmol/L. Calculer $E_K$ à $37^\circ C$.
**Corrigé** :
$$
E_K = 61,5 \log_{10} \left( \frac{4}{120} \right) = 61,5 \log_{10} (0,0333) \approx 61,5 \times (-1,477) \approx -90,8 \text{ mV}
$$
**Exercice d’application 4** :
Expliquer pourquoi le blocage de la pompe Na$^+$/K$^+$-ATPase par l’ouabaïne entraîne une dépolarisation progressive du potentiel de repos.
**Corrigé** : Sans activité de la pompe, les gradients de $[Na^+]$ et $[K^+]$ s’estompent par diffusion passive : $[Na^+]_i$ augmente, $[K^+]_i$ diminue. Comme $V_m$ dépend de ces gradients (équation GHK), et que $E_K$ devient moins négatif (car $[K^+]_o/[K^+]_i$ augmente), le potentiel de repos se dépolarise (augmente vers 0 mV).
### B. Potentiel d’action
Un potentiel d’action (PA) est une variation rapide, stéréotypée et propagative du potentiel membranaire, déclenchée lorsque le potentiel de seuil (généralement autour de $-55$ mV) est atteint. Il comporte trois phases :
1. **Dépolarisation rapide** : ouverture de canaux sodiques voltage-dépendants ($Na_v$), entrée de $Na^+$, $V_m$ approche $E_{Na}$ (~ +60 mV).
2. **Repolarisation** : inactivation des $Na_v$, ouverture de canaux potassiques voltage-dépendants ($K_v$), sortie de $K^+$, $V_m$ retourne vers $E_K$.
3. **Hyperpolarisation après-décharge (HAD)** : fermeture lente des $K_v$, $V_m$ devient temporairement plus négatif que le potentiel de repos.
> **À retenir** : Le potentiel d’action suit la loi du tout-ou-nul : son amplitude et sa forme ne dépendent pas de l’intensité du stimulus supraseuil, seulement de sa survenue.
La durée absolue du réfractaire correspond à la période où aucun nouveau PA ne peut être déclenché (canaux $Na_v$ inactivés). La durée relative du réfractaire suit, où un seuil plus élevé est nécessaire (canaux $K_v$ encore ouverts, hyperpolarisation).
**Exemple résolu 3** : Tracer le schéma d’un potentiel d’action en indiquant les phases et les courants ioniques dominants.
**Corrigé** : (Description textuelle car pas d’image)
- Temps 0 : repos à $-70$ mV.
- Déclenchement : atteinte du seuil ($-55$ mV).
- Phase 1 (0-1 ms) : dépolarisation rapide, courant entrant $I_{Na}$ dominant.
- Phase 2 (1-2 ms) : repolarisation, courant sortant $I_K$ dominant, inactivation $Na_v$.
- Phase 3 (2-4 ms) : HAD, $I_K$ sortant persistant, $V_m$ à $-80$ mV environ.
- Retour au repos : fermeture des $K_v$, rétablissement des gradients par la pompe.
**Exercice d’application 5** :
Un stimulus de faible intensité déclenche un potentiel local dépolarisant de $-65$ mV. Un second stimulus identique, appliqué 2 ms après le premier, déclenche-t-il un potentiel d’action ? Justifier.
**Corrigé** : Non. Après le premier stimulus, le neurone est en période réfractaire absolue (canaux $Na_v$ inactivés). Même si le potentiel atteint $-65$ mV, il est au-dessus du seuil de dépolarisation nécessaire pendant cette période (qui est effectivement bloqué). Un second stimulus ne peut déclencher un PA qu’après la fin de la période réfractaire absolue.
**Exercice d’application 6** :
Comparer l’effet de la tétrodotoxine (TTX) et de l’ion tétrathylammonium (TEA) sur le potentiel d’action.
**Corrigé** : La TTX bloque les canaux sodiques voltage-dépendants ($Na_v$) : empêche la dépolarisation, supprime le PA. Le TEA bloque certains canaux potassiques voltage-dépendants ($K_v$) : prolonge la repolarisation et l’HAD, augmente la durée du PA.
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## III. Séance 21 : La conduction du message nerveux le long d’une fibre nerveuse et vitesse de propagation de l’influx nerveux et sa variation
### A. Conduction de l’influx nerveux
L’influx nerveux se propage le long de l’axone par un processus de régénération locale du potentiel d’action. À chaque point de l’axone, le courant entrant lors du PA déclenche un dépolarisation suffisante pour atteindre le seuil au voisinage immédiat, déclenchant un nouveau PA. Cette propagation est dite **continue** chez les axones non myélinisés.
> **À retenir** : La conduction de l’influx nerveux est passive entre les nœuds de Ranvier chez les axones myélinisés (conduction saltatoire) et active (régénérative) à chaque point chez les axones non myélinisés.
### B. Vitesse de propagation
La vitesse de propagation ($v$) de l’influx nerveux dépend de :
- Le diamètre de l’axone ($d$) : $v \propto \sqrt{d}$ pour les axones non myélinisés ; $v \propto d$ pour les axones myélinisés.
- La présence de myéline : augmente fortement $v$ en réduisant la capacité membranaire et en augmentant la résistance longitudinale (loi de Rushton).
- La température : $v$ augmente avec $T$ (cinétique des canaux ioniques).
**Exemple résolu 4** : Comparer la vitesse de conduction dans deux axones :
- Axone A : non myélinisé, $d = 1$ µm.
- Axone B : myélinisé, $d = 1$ µm.
Données empiriques : $v \approx 0,5 \times d$ (m/s) pour myélinisé ($d$ en µm) ; $v \approx 0,1 \times \sqrt{d}$ (m/s) pour non myélinisé.
Axone A : $v_A \approx 0,1 \times \sqrt{1} = 0,1$ m/s.
Axone B : $v_B \approx 0,5 \times 1 = 0,5$ m/s.
→ La myélinisation quintuple la vitesse pour le même diamètre.
**Exercice d’application 7** :
Un influx nerveux met 10 ms pour parcourir 50 cm dans un nerf sciatique. Quelle est sa vitesse de propagation ?
**Corrigé** :
$$
v = \frac{distance}{temps} = \frac{0,50 \text{ m}}{0,010 \text{ s}} = 50 \text{ m/s}
$$
**Exercice d’application 8** :
Expliquer pourquoi la perte de myéline (démyélinisation) dans la sclérose en plaques entraîne un ralentissement de la conduction nerveuse.
**Corrigé** : La démyélinisation augmente la capacité membranaire et diminue la résistance longitudinale de l’axone. Le courant entrant se dissipe davantage avant d’atteindre le nœud suivant, nécessitant une régénération plus fréquente (conduction moins saltatoire) et augmentant le temps de propagation. Dans les cas sévères, le courant peut devenir insuffisant pour déclencher un PA au nœud suivant → bloc de conduction.
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## IV. Séance 22 : La notion de synapse
La synapse est la zone de contact fonctionnelle entre un neurone présynaptique et une cellule cible (neurone, muscle, glande), permettant la transmission chimique (ou électrique) du signal. La plupart des synapses dans le SNC sont chimiques.
> **À retenir** : Dans une synapse chimique, l’influx nerveux déclenche l’exocytose de vésicules contenant des neurotransmetteurs dans la fente synaptique ; ces derniers se lient à des récepteurs postsynaptiques, modifiant le potentiel membranaire de la cellule cible.
### A. Étapes de la transmission synaptique chimique
1. Arrivée du PA au bouton axonal → dépolarisation de la terminaison.
2. Ouverture de canaux calciques voltage-dépendants ($Ca_v$) → entrée de $Ca^{2+}$.
3. L’augmentation de $[Ca^{2+}]_i$ déclenche l’exocytose des vésicules synaptiques → libération du neurotransmetteur (NT) dans la fente synaptique (20-40 nm de large).
4. Diffusion du NT et liaison à des récepteurs spécifiques sur la membrane postsynaptique.
5. Ouverture ou fermeture de canaux ioniques postsynaptiques → potentiel postsynaptique (excitatif ou inhibiteur).
6. Inactivation du NT : recapture par transporteurs présynaptiques ou gliaux, dégradation enzymatique (ex : acétylcholinestérase pour l’ACh), diffusion.
> **À retenir** : Le potentiel postsynaptique excitateur (PSE) dépolarise la membrane postsynaptique (rend plus probable un PA) ; le potentiel postsynaptique inhibiteur (PSI) l’hyperpolarise (rend moins probable un PA).
Les principaux neurotransmetteurs incluent l’acétylcholine (ACh), le glutamate (excitateur principal du SNC), le GABA (inhibiteur principal du SNC), la dopamine, la sérotonine.
**Exemple résolu 5** : À la jonction neuromusculaire, quel est le neurotransmetteur libéré et quel est son effet sur le muscle squelettique ?
**Corrigé** : Le neurotransmetteur est l’acétylcholine (ACh). Elle se lie à des récepteurs nicotiniques sur la plaque motrice, ouvrant des canaux cationiques non sélectifs (perméables à $Na^+$ et $K^+$), provoquant un PSE suffisamment grand pour toujours déclencher un PA dans le fibre musculaire → contraction.
**Exercice d’application 9** :
Un médicament bloque la recapture de la sérotonine. Quel est son effet probable sur la transmission sérotoninergique ?
**Corrigé** : Il augmente la concentration et la durée d’action de la sérotonine dans la fente synaptique, potentialisant son effet inhibiteur ou modulateur selon le type de récepteur postsynaptique.
**Exercice d’application 10** :
Comparer les effets de la strychnine et de la bicuculline sur la transmission synaptique inhibiteur.
**Corrigé** : La strychnine est un antagoniste compétitif des récepteurs au glycine (inhibiteur médullaire) : bloque les PSI médullaires → convulsions. La bicuculline est un antagoniste des récepteurs au GABA$_A$ : bloque les PSI cérébraux → convulsions également, mais d’origine différente.
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## V. Séance 23 : Apprentissage de l’intégration CA 5
L’intégration neuronale fait référence à la sommation des potentiels postsynaptiques entrants au niveau du soma et du déclencheur d’axone (zone initiale), déterminant si le seuil de déclenchement d’un potentiel d’action est atteint.
> **À retenir** : L’intégration est spatiale lorsqu’elle combine des PSE/PSI provenant de différentes synapses activées simultanément ; elle est temporelle lorsqu’elle combine des PSE/PSI provenant de la même synapse activée successivement en rapproché.
### A. Sommation spatiale
Plusieurs synapses excitatrices activées en même temps sur différentes dendrites produisent des PSE qui se somment électrotoniquement au soma. Si la somme dépasse le seuil, un PA est déclenché.
**Exemple résolu 6** : Trois synapses excitatrices libèrent chacune du glutamate, produisant un PSE de 2 mV chacune. Le potentiel de repos est $-70$ mV, le seuil $-55$ mV. Un PA est-il déclenché ?
**Corrigé** : Somme des PSE = $2 + 2 + 2 = 6$ mV. Nouveau potentiel = $-70 + 6 = -64$ mV. Comme $-64 < -55$ (seuil non atteint), **aucun PA** n’est déclenché. Il faudrait au moins 8 mV de PSE total ($-70 + 8 = -62$ → encore non suffisant ; en fait, il faut atteindre $-55$, donc besoin de $15$ mV de dépolarisation : $-70 + 15 = -55$). Donc besoin de 8 synapses de 2 mV chacune (16 mV) pour atteindre $-54$ mV > seuil.
> **À retenir** : Le potentiel de seuil est généralement autour de $-55$ mV pour un potentiel de repos de $-70$ mV, nécessitant une dépolarisation d’environ 15 mV pour atteindre le seuil.
### B. Sommation temporelle
Des PSE successifs provenant de la même synapse, séparés par un intervalle inférieur à la constante de temps membranaire ($\tau$), se somment car la membrane ne retrouve pas complètement son potentiel de repos entre deux stimuli.
La constante de temps membranaire $\tau = R_m C_m$, où $R_m$ est la résistance membranaire spécifique et $C_m$ la capacité membranaire spécifique. Typiquement $\tau \approx 10-20$ ms chez le neurone.
**Exemple résolu 7** : Deux PSE de 3 mV chacun sont séparés par 5 ms. Si $\tau = 15$ ms, quelle est l’amplitude approximative du potentiel sommés au deuxième pic ?
**Corrigé** : Après le premier PSE, le potentiel décroît exponentiellement : $V(t) = V_0 e^{-t/\tau}$. À $t = 5$ ms, $V = 3 \times e^{-5/15} = 3 \times e^{-1/3} \approx 3 \times 0,717 \approx 2,15$ mV. Ajout du deuxième PSE : $2,15 + 3 = 5,15$ mV de dépolarisation. À partir de $-70$ mV → $-64,85$ mV.
**Exercice d’application 11** :
Expliquer pourquoi une stimulation tétanique (fréquence élevée) d’un neurone présynaptique peut entraîner un potentiel d’action dans le postsynaptique alors qu’une stimulation isolée ne le peut pas.
**Corrigé** : À haute fréquence, les PSE successifs se somment temporellement (intervalle < $\tau$), entraînant une dépolarisation cumulative qui peut atteindre le seuil de déclenchement d’un PA, alors qu’un seul PSE reste sous-seuil.
**Exercice d’application 12** :
Un élève prétend que la sommation spatiale nécessite que les synapses soient situées sur le même dendrite. Est-ce vrai ? Justifier.
**Corrigé** : Non. La sommation spatiale concerne l’addition de potentiels provenant de synapses localisées sur différentes dendrites (ou même sur le soma), tant que leurs effets électrotoniques se propagent jusqu’à la zone initiale et se somment. La localisation sur le même dendrite favorise la sommation mais n’est pas une condition nécessaire.
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## Synthèse du chapitre (liste structurée)
- Le tissu nerveux est composé de neurones (unités fonctionnelles) et de cellules gliales (soutien, isolation, nutrition).
- Un neurone se distingue par son soma, ses dendrites (entrées) et son axone (sortie, souvent myélinisé).
- Le potentiel de repos ($\approx -70$ mV) résulte des gradients ioniques ([K$^+$]$_i$ > [K$^+$]$_o$, [Na$^+$]$_o$ > [Na$^+$]$_i$) et de la perméabilité membranaire supérieure au K$^+$ (canaux $K_{leak}$), proche de $E_K$.
- La pompe Na$^+$/K$^+$-ATPase maintient les gradients et contribue électrogéniquement au potentiel de repos.
- Le potentiel d’action est une réponse stéréotypée, tout-ou-nul, déclenchée au seuil ($\approx -55$ mV), comportant dépolarisation (Na$^+$ entrant), repolarisation (K$^+$ sortant) et HAD.
- La conduction de l’influx est continue chez les axones non myélinisés et saltatoire (entre nœuds de Ranvier) chez les myélinisés, augmentant fortement la vitesse.
- La vitesse de propagation augmente avec le diamètre axonale et la présence de myéline.
- La synapse chimique transmet le signal via libération de neurotransmetteur (ACh, glutamate, GABA, etc.), liaison à des récepteurs postsynaptiques et génération de potentiels postsynaptiques (PSE ou PSI).
- L’intégration neuronale (sommation spatiale et temporelle) au niveau du soma/déclencheur d’axone détermine si le seuil de déclenchement d’un PA est atteint.
- La plasticité synaptique (modification de l’efficacité synaptique) sous-tend l’apprentissage et la mémoire, bien que non détaillée explicitement dans les séances prévues.
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## Glossaire
- **Potentiel de repos** : Différence de potentiel électrique à travers la membrane d’un neurone au repos, généralement autour de $-70$ mV.
- **Potentiel d’action** : Variation rapide, stéréotypée et propagative du potentiel membranaire, déclenchée au seuil de excitation.
- **Potentiel d’équilibre d’un ion** : Potentiel membranaire auquel il n’y a pas de flux net d’un ion donné, calculé par l’équation de Nernst.
- **Pompe Na$^+$/K$^+$-ATPase** : Enzyme utilisant l’ATP pour extruder 3 Na$^+$ et importer 2 K$^+$, maintenant les gradients ioniques.
- **Canaux voltage-dépendants** : Canaux ioniques dont l’ouverture dépend du potentiel membranaire (ex : $Na_v$, $K_v$).
- **Myéline** : Gaine isolante formée par les oligodendrocytes (SNC) ou cellules de Schwann (SNP), augmentant la vitesse de conduction de l’influx nerveux.
- **Nœuds de Ranvier** : Interruptions périodiques de la gaine de myéline où se concentrent les canaux sodiques voltage-dépendants.
- **Synapse chimique** : Zone de contact entre neurones où la transmission se fait par libération de neurotransmetteur dans la fente synaptique.
- **Neurotransmetteur** : Molécule libérée par le présynaptique qui se lie à des récepteurs postsynaptiques pour modifier leur activité électrique.
- **Potentiel postsynaptique excitateur (PSE)** : Dépolarisation de la membrane postsynaptique rendant plus probable un potentiel d’action.
- **Potentiel postsynaptique inhibiteur (PSI)** : Hyperpolarization de la membrane postsynaptique rendant moins probable un potentiel d’action.
- **Sommation spatiale** : Addition de potentiels postsynaptiques provenant de différentes synapses activées simultanément.
- **Sommation temporelle** : Addition de potentiels postsynaptiques provenant de la même synapse activée successivement avec un intervalle inférieur à la constante de temps membranaire.
- **Constante de temps membranaire ($\tau$)** : Produit de la résistance membranaire spécifique et de la capacité membranaire spécifique ($\tau = R_m C_m$), caractérisant la vitesse de réponse électrique de la membrane.
- **Zone initiale** : Région du déclencheur d’axone où est intégré le potentiel membranaire pour décider du déclenchement d’un potentiel d’action.
- **Fente synaptique** : Espace extracellulaire de 20-40 nm séparant le présynaptique du postsynaptique dans une synapse chimique.
- **Récepteur postsynaptique** : Protéine membranaire qui se lie à un neurotransmetteur et module l’activité de canaux ioniques ou des voies de signalisation intracellulaires.
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*Fin du cours de référence pour le chapitre « 7 : Le fonctionnement des neurones » – Terminale Sciences – Système éducatif camerounais (francophone).*
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