Chapitre 2
Visite de chantiers et compte rendu (partie 1/2)
Lecture : 19 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
- Décrire les différents types de soutènements, leurs fonctions et les critères de choix selon le contexte géotechnique.
- Expliquer le principe des tirants d’ancrage et des techniques de consolidation des sols, ainsi que leurs mises en œuvre sur chantier.
- Identifier les composants d’une ossature métallique industrielle, lire un plan de montage et respecter les normes de sécurité associées.
- Réaliser un compte rendu de visite de chantier structuré, incluant observations, relevés, schémas et recommandations.
- Appliquer les règles d’hygiène, de sécurité et de prévention des risques propres à chaque type de travaux.
**Prérequis :**
- Notions de mécanique des sols (portance, tassement, pression des terres).
- Lecture de plans d’exécution et de détails de construction.
- Connaissances de base en résistance des matériaux (contraintes, déformations, facteurs de sécurité).
- Réglementation camerounaise en matière de sécurité sur les chantiers (arrêté n° 001/MINTP du 12 janvier 2018 relatif à la prévention des risques professionnels).
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## Introduction contextualisée
Dans le cadre du baccalauréat technique séries F4, la visite de chantier constitue une étape pédagogique essentielle permettant de confronter les acquis théoriques à la réalité du terrain. Elle développe chez l’élève l’esprit d’observation, la capacité à analyser un procédé constructif et à rédiger un compte rendu technique conforme aux attentes du monde professionnel. Les trois leçons pratiques abordées ici – soutènement, tirants d’ancrage/consolidation des sols et ossature métallique – représentent des situations fréquemment rencontrées sur les projets d’infrastructures publiques et privées au Cameroun (routes, bâtiments industriels, aménagements urbains). Chaque visite doit être préparée (lecture du dossier technique, vérification des équipements de protection individuelle) et suivie d’un compte rendu structuré qui sera évalué lors de l’examen.
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## I. Leçon 4 pratique : Visite d’un chantier de soutènement
### A. Définition et types de soutènements
Un **soutènement** est une ouvrage destiné à retenir des terres ou des matériaux afin d’éviter leur glissement ou leur effondrement. Selon la nature du sol et la hauteur de la retenue, on distingue principalement :
| Type de soutènement | Description succincte | Domaine d’usage habituel |
|---------------------|-----------------------|--------------------------|
| Mur en béton armé | Paroi verticale renforcée, souvent avec semelle profonde | Sols cohésifs, hauteurs > 3 m |
| Palplanches métalliques | Profilés en acier enfoncés vibratoirement, liés entre eux | Sols meubles, fouilles temporaires |
| Gabions | Cages métalliques remplies de pierres | Talus de faible hauteur, ouvrages d’art |
| Sol cloué | Barres d’acier ancrées dans le sol, liées par un revêtement projeté | Sols rocheux ou semi‑rocheux, stabilisation de talus |
| Terre armée | Couches de sol renforcées par des géotextiles ou des lames métalliques | Remblais routiers, zones sismiques |
> **>** Un mur de soutènement doit être conçu pour résister à la poussée des terres calculée selon la théorie de Coulomb ou de Rankine, avec un facteur de sécurité minimal de 1,5 sur le glissement et 2,0 sur le basculement.
### B. Principes de stabilité
La stabilité d’un soutènement repose sur trois vérifications fondamentales :
1. **Glissement** : la résistance au frottement le long de la semelle doit dépasser la force horizontale de poussée.
2. **Basculement** : le moment stabilisant (poids du mur × bras de levier) doit être supérieur au moment déstabilisant (poussée × hauteur d’action).
3. **Portance du sol de fondation** : la pression exercée sous la semelle ne doit pas dépasser la portance admissible du sol (généralement vérifiée par un essai pénétrométrique).
### C. Étapes de la visite
1. **Briefing préalable** : lecture du plan d’exécution, du calcul de stabilité et du plan de prévention.
2. **Inspection visuelle** : vérifier l’alignement, l’aplomb, la présence de fissures, les joints de dilatation et l’état du drainage (trous de drain, géotextile).
3. **Relevés métrologiques** : mesurer la hauteur du mur, l’épaisseur de la semelle, l’inclinaison (si présente) à l’aide d’un niveau laser et d’un mètre ruban.
4. **Observation des mises en œuvre** : contrôler la qualité du béton (aspect, présence de granulats), la mise en place des armatures (espacement, recouvrement) et le respect des temps de prise.
5. **Entretien avec le chef de chantier** : discuter des difficultés rencontrées (nappe phréatique, présence de roches) et des solutions adoptées (drainage, ancrage supplémentaire).
6. **Synthèse immédiate** : noter les écarts par rapport au projet, prendre des photos légendées et préparer le compte rendu.
### D. Sécurité et normes
- Le port du casque, des gants anti‑coupure, des chaussures de sécurité et d’un harnais est obligatoire lorsqu’on travaille en hauteur ou près d’une excavation.
- Les fouilles doivent être étançonnées ou battues dès que la profondeur dépasse 1,2 m (arrêté MINTP cité).
- Un périmètre de sécurité d’au moins 2 m doit être maintenu autour du chantier de soutènement afin d’éviter les chutes de matériaux.
- Les essais de compression sur des éprouvettes de béton doivent être réalisés à J+7 et J+28 ; la résistance caractéristique minimale admise est de 25 MPa pour un mur de soutènement classique.
> **>** Toute fissure supérieure à 2 mm de largeur sur un mur en béton armé doit être signalée immédiatement et faire l’objet d’une expertise structurale.
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## II. Leçon 8 pratique : Visite d’un chantier sur les tirants d’ancrage ou sur la consolidation des sols
### A. Tirants d’ancrage
Un **tirant d’ancrage** est un élément métallique (barre ou câble) précontraint, ancré dans le sol ou la roche, destiné à transmettre une force de traction à une structure afin de la stabiliser. On le retrouve surtout dans les murs de soutènement hauts, les puits et les fondations profondes.
**Composants principaux** :
- **Ancrage** : dispositif mécanique (cône, plaque, résine) qui assure la liaison tirant‑sol.
- **Tirant** : barre d’acier haute résistance (Fe E 400) ou câble de brins torsadés.
- **Platine de tête** : plaque permettant la mise en tension et le réglage du précontrainte.
**Mise en œuvre** :
1. Forage d’un trou de diamètre légèrement supérieur au tirant (souvent 100–150 mm).
2. Nettoyage du forage (air comprimé ou eau sous pression).
3. Insertion du tirant et de l’ancrage (résine époxy ou coulis de ciment).
4. Application de la précontrainte à l’aide d’un vérin hydraulique, lecture de l’allongement avec un extensomètre.
5. Blocage de la tête (écrou ou bride) et protection contre la corrosion (gaine ou peinture).
> **>** La force de précontrainte d’un tirant d’ancrage doit être comprise entre 60 % et 80 % de la résistance à la rupture du tirant, afin d’éviter le fluage tout en assurant une marge de sécurité.
### B. Consolidation des sols
Lorsque la portance naturelle du sol est insuffisante, on recourt à des techniques de **consolidation** visant à augmenter sa résistance et à réduire sa compressibilité. Les procédés les plus utilisés au Cameroun sont :
| Procédé | Principe | Avantages / Limites |
|---------|----------|---------------------|
| Injection de coulis (jet grouting) | Injection sous pression d’un mélange ciment‑eau‑sable qui forme des colonnes ou des panneaux solides | Bonne adaptation aux sols hétérogènes, coût modéré |
| Colonnes à l’agrégat (stone columns) | Vibrofonçage d’un agrégat granulaire entouré d’un géotextile | Augmente le module de déformation, adapté aux sols meubles |
| Stabilisation à la chaux ou au ciment | Mélange en profondeur du sol avec un liant (chaux vive, ciment) | Améliore la portance et réduit le gonflement des sols argileux |
| Pré‑charge avec surcharge temporaire | Application d’une charge supplémentaire pendant une période définie pour provoquer le tassement primaire | Simple, mais nécessite du temps et une surveillance du tassement |
### C. Procédés de mise en œuvre (exemple : jet grouting)
1. **Pré‑étude** : campagne de sondages pénétrométriques (SPT) pour définir la profondeur de traitement.
2. **Installation de la tête d’injection** : tube de forage équipé d’une buse rotative.
3. **Injection** : le coulis est projeté à 300–500 bar tandis que la tige effectue un mouvement de rotation et de translation, créant une colonne de diamètre 600–900 mm.
4. **Contrôle qualité** : prélèvement de carottes après durcissement (7 j) pour mesurer la résistance à la compression (cible ≥ 2 MPa).
5. **Réhabilitation du terrain** : remblayage et ré‑nivellement selon le projet définitif.
> **>** Lors d’une injection de coulis, la pression maximale ne doit jamais dépasser 1,5 fois la pression de fracturation du sol afin d’éviter le soulèvement ou la fissuration non maîtrisée.
### D. Contrôle et suivi
- Essais de pénétration dynamique (DPH) avant et après traitement pour vérifier l’augmentation de la résistance.
- Mesure des affaissements à l’aide de nivelles géodétiques (précision ± 2 mm).
- Surveillance visuelle des fissures de surface et des éventuels débordements de coulis.
- Tenir un registre de chantier incluant les paramètres d’injection (débit, pression, volume) et les résultats des essais.
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## III. Leçon 14 pratique : Visite d’un chantier de construction d’un bâtiment industriel à ossature métallique
### A. Ossature métallique : profils, assemblages et normes
Une **ossature métallique** industrielle se compose principalement de :
- **Poutres et colonnes** : profilés laminés (IPE, HE, HEA) ou construits par soudage de tôles.
- **Entretoises et contreventements** : diagonales, croix de Saint‑André ou panneaux boulonnés assurant la rigidité latérale.
- **Planchers** : tôles nervurées (type deck) sur lesquelles on coule une dalle béton ou on pose un platelage bois/métal.
- **Revêtement** : bardage métallique, panneaux sandwich ou béton projeté selon les besoins d’isolation et de protection.
Les assemblages sont réalisés par :
- **Boulonnage haute résistance** (boulons de classe 8.8 ou 10.9, précontraints selon la norme EN 1090‑2).
- **Soudage** (procédé MIG/MAG, respect des spécifications EN ISO 15614‑1).
- **Platines et goussets** : éléments d’interface permettant le transfert de charges.
**Normes de référence au Cameroun** :
- **CM 66** (Règles de construction métallique) – adaptation locale de l’Eurocode 3.
- **Arrêté n° 012/MINTP du 15 mars 2020** relatif à la sécurité des travaux en hauteur sur les structures métalliques.
> **>** Selon la CM 66, la contrainte admissible en traction d’un profilé en acier Fe E 400 ne doit pas dépasser 240 MPa (0,6 × fy).
### B. Étapes de montage sur chantier
1. **Préparation du sol** : nivellement, compactage et mise en place d’une semelle de fondation (semelle filante ou plots béton).
2. **Livraison et stockage** : les profilés sont déposés sur des cales afin d’éviter toute déformation ; ils sont contrôlés (dimensions, état de surface).
3. **Levée des colonnes** : à l’aide d’une grue mobile, les colonnes sont positionnées sur les plots, alignées au laser et provisoirement boulonnées.
4. **Installation des poutres principales** : les poutres sont hissées, boulonnées aux colonnes à l’aide de platines d’angle, puis précontraintes selon le tableau de serrage.
5. **Mise en place des entretoises et contreventements** : elles sont boulonnées en séquence pour éviter le flambage.
6. **Pose du plancher** : les tôles nervurées sont fixées par des vis autotaraudeuses, puis une dalle béton de 10 cm est coulée si nécessaire.
7. **Bardage et couverture** : fixation des panneaux métalliques, étanchéité des joints, pose des gouttières.
8. **Contrôle final** : vérification de la verticalité (< 5 mm/m), du niveau des planchers (< 3 mm), et de la résistance des boulons (essai de torque).
### C. Sécurité sur chantier métallique
- Le port du harnais de sécurité relié à une ligne de vie ancrée est obligatoire dès qu’on travaille à plus de 2 m du sol.
- Les zones de levage doivent être délimitées par des rubans de couleur rouge et surveillées par un signaleur.
- Le soudage nécessite un écran de protection, des gants résistants à la chaleur et une ventilation adéquate pour éviter l’inhalation de fumées métalliques.
- Les charges levées ne doivent jamais dépasser 80 % de la capacité nominale de la grue (facteur de sécurité 1,25).
- Un registre de maintenance des équipements de levage (câbles, crochets) doit être tenu à jour et vérifié hebdomadairement.
> **>** Toute déformation visible d’un profilé (flambage, torsion) lors du levage doit entraîner l’arrêt immédiat de l’opération et une inspection par le responsable de la qualité.
### D. Exemple chiffré : dimensionnement d’une colonne
Données :
- Charge verticale de service sur la colonne : **P = 180 kN** (incluant le poids propre de la structure et les charges d’exploitation).
- Facteur de sécurité sur la résistance à l’effondrement (γM) = 1,10 (CM 66).
- Acier Fe E 400 : limite d’élasticité fy = 400 MPa.
Calcul de la section nécessaire en compression (contrainte admissible σall = fy / γM) :
\[
\sigma_{all} = \frac{400\ \text{MPa}}{1,10} \approx 363,6\ \text{MPa}
\]
\[
A_{\min} = \frac{P}{\sigma_{all}} = \frac{180\ \text{kN}}{363,6\ \text{MPa}} = 0,495 \times 10^{-3}\ \text{m}^2 \approx 495\ \text{mm}^2
\]
On choisit un profilé **HEA 100** (section A = 5,88 cm² = 588 mm²) qui satisfait largement l’exigence, avec une marge de sécurité supplémentaire.
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## Synthèse du chapitre
- **Soutènement** : retenir les terres, vérifier glissement, basculement et portance ; respecter les normes de béton armé et de sécurité en fouille.
- **Tirants d’ancrage & consolidation des sols** : transmettre des forces de traction, augmenter la portance du sol par injection, colonnes ou stabilisation chimique ; contrôler par essais et mesures d’affaissement.
- **Ossature métallique** : assembler profilés, boulonner/souder selon la CM 66 et l’Eurocode 3 ; assurer la sécurité en hauteur, le contrôle des levages et la conformité des assemblages.
- **Compte rendu de visite** : doit contenir objet, date, lieu, acteurs, déroulement, observations techniques, relevés, schémas, écarts constatés, conclusions et recommandations.
- **Sécurité** : EPI obligatoires, périmètres de sécurité, procédures de levage, prévention des risques spécifiques (béton, soudage, travail en hauteur).
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## Glossaire (10 termes)
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| **Soutènement** | Ouvrage destiné à retenir des terres ou des matériaux afin d’éviter leur glissement ou leur effondrement. |
| **Tirant d’ancrage** | Élément métallique précontraint ancré dans le sol ou la roche pour transmettre une force de traction à une structure. |
| **Consolidation des sols** | Procédé visant à augmenter la résistance et à réduire la compressibilité d’un sol faible. |
| **Jet grouting** | Technique d’injection sous pression d’un coulis ciment‑eau‑sable formant des colonnes ou panneaux solides dans le sol. |
| **Ossature métallique** | Structure porteuse composée de profilés d’acier assemblés par boulonnage ou soudage. |
| **Contrainte admissible (σall)** | Valeur maximale de contrainte qu’un matériau peut supporter en service, déterminée par la limite d’élasticité divisée par le facteur de sécurité. |
| **Facteur de sécurité (γM)** | Coefficient appliqué à la résistance caractéristique d’un matériau pour tenir compte des incertitudes de calcul et de fabrication. |
| **Boulonnage haute résistance** | Assemblage utilisant des boulons de classe 8.8 ou 10.9 précontraints pour assurer le transfert de charges. |
| **Harnais de sécurité** | Équipement de protection individuelle relié à une ligne de vie, empêchant les chutes de hauteur. |
| **Nivellement laser** | Instrument permettant de mesurer des différences d’altitude avec une précision millimétrique sur de longues distances. |
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Dimensionnement d’un mur de soutènement en béton armé
**Énoncé** : Un mur de soutènement doit retenir un remblai de hauteur H = 4,0 m. Le sol de remblai a un poids volumique γ = 18 kN/m³ et un angle de frottement interne φ = 30°. On accepte un facteur de sécurité contre le glissement FS = 1,5 et contre le basculement FS = 2,0. Déterminer l’épaisseur minimale de la semelle (b) nécessaire si la largeur du mur (au niveau de la semelle) est prise égale à 0,6 m. On néglige la résistance au frottement de la semelle avec le sol (adhérence = 0).
**Corrigé** :
1. Poussée horizontale selon la théorie de Rankine (sol cohésif négligé) :
\( K_a = \tan^2(45° - φ/2) = \tan^2(45° - 15°) = \tan^2(30°) = (0,577)^2 ≈ 0,333 \)
\( P_a = 0,5 * γ * H^2 * K_a = 0,5 * 18 * 4^2 * 0,333 ≈ 0,5 * 18 * 16 * 0,333 ≈ 48,0 kN/m \)
2. Poids du mur (béton, γc = 25 kN/m³) :
\( W_m = γc * épaisseur mur * H = 25 * 0,6 * 4 = 60 kN/m \)
Poids de la semelle (épaisseur b, largeur égale à celle du mur) :
\( W_s = γc * épaisseur mur * b = 25 * 0,6 * b = 15b kN/m \)
Poids total : \( W = W_m + W_s = 60 + 15b \) (kN/m).
3. **Glissement** :
Résistance au frottement = \( W * \tanδ \) avec \( δ = φ/2 = 15° \), \( \tanδ ≈ 0,268 \).
Condition : \( W * \tanδ ≥ FS_{gl} * P_a \)
\( (60 + 15b) * 0,268 ≥ 1,5 * 48 = 72 \)
\( 16,08 + 4,02b ≥ 72 \)
\( 4,02b ≥ 55,92 \)
\( b ≥ 13,91 m \) → résultat irréaliste, donc l’hypothèse d’adhérence nulle est trop pessimiste.
On introduit une adhérence béton‑sol typique \( c = 15 kN/m² \).
Résistance au frottement avec adhérence : \( R = W * \tanδ + c * épaisseur mur \) (adhérence sur la surface de contact semelle‑sol, largeur = épaisseur mur).
\( R = (60 + 15b) * 0,268 + 15 * 0,6 \)
\( = 16,08 + 4,02b + 9 \)
\( = 25,08 + 4,02b \)
Condition : \( 25,08 + 4,02b ≥ 72 \)
\( 4,02b ≥ 46,92 \)
\( b ≥ 11,67 m \) toujours irréaliste.
On constate que l’hypothèse d’une semelle de même largeur que le mur mène à des dimensions excessives. En pratique, la semelle dépasse largement le mur (talons et pointes). On reprend donc un modèle plus réaliste : la semelle a une largeur totale B (à déterminer) et le mur a une épaisseur t = 0,25 m.
Adoptons une approche simplifiée : considérer le mur comme un bloc rectangulaire de largeur B et de hauteur H, en béton (γc = 25 kN/m³).
Poids : \( W = γc * B * H = 25 * B * 4 = 100B \) kN/m.
Résistance au frottement : \( W * \tanδ \) (adhérence négligée).
Condition glissement : \( 100B * 0,268 ≥ 1,5 * 48 = 72 \) → \( 26,8B ≥ 72 \) → \( B ≥ 2,69 m \).
**Basculement** :
Moment stabilisant = \( W * (B/2) = 100B * (B/2) = 50B^2 \) kN·m/m.
Moment déstabilisant = \( P_a * (H/3) = 48 * (4/3) = 64 \) kN·m/m.
Condition : \( 50B^2 ≥ FS_{bas} * 64 = 2,0 * 64 = 128 \) → \( 50B^2 ≥ 128 \) → \( B^2 ≥ 2,56 \) → \( B ≥ 1,60 m \).
Le critère de glissement est le plus exigeant : \( B ≥ 2,69 m \).
On choisit donc une semelle de largeur **B = 2,70 m** (arrondi à la supérieure) et une épaisseur de mur de **t = 0,25 m** (ou 0,30 m selon les pratiques). Cette dimension assure FSglissement ≥ 1,5 et FSBasculement ≥ 2,0.
**Conclusion** : Une semelle de largeur d’environ **2,70 m** (avec un mur de 0,25 m d’épaisseur) satisfait les conditions de stabilité pour les données données. Si l’on souhaite réduire la largeur, il faut prévoir une adhérence béton‑sol significative (c ≥ 20 kN/m²) ou augmenter l’épaisseur du mur.
### Exercice 2 – Précontrainte d’un tirant d’ancrage
**Énoncé** : Un tirant d’ancrage en acier Fe E 400 (diamètre 20 mm, aire A = 314 mm²) doit être précontraint pour supporter une charge de service de 120 kN. Déterminer la force de précontrainte à appliquer sachant que le facteur de sécurité sur la précontrainte est de 1,2 et que la contrainte admissible en traction est 0,6 fy.
**Corrigé** :
- Contrainte admissible : \( \sigma_{all} = 0,6 f_y = 0,6 * 400 = 240 MPa \).
- Force maximale admissible pour le tirant de 20 mm : \( F_{max} = \sigma_{all} * A = 240 N/mm² * 314 mm² = 75 360 N ≈ 75,4 kN \).
- La précontrainte souhaitée est \( F_p = F_{service} * FS = 120 kN * 1,2 = 144 kN \).
- Comme \( F_p > F_{max} \), le diamètre de 20 mm est insuffisant.
- On détermine l’aire nécessaire pour supporter cette précontrainte :
\( A_{req} = F_p / \sigma_{all} = 144 000 N / 240 N/mm² = 600 mm² \).
- Diamètre équivalent :
\( d = \sqrt{4 A_{req} / π} = \sqrt{4*600/π} ≈ \sqrt{763,9} ≈ 27,6 mm \).
- On choisit donc un tirant de **Ø 28 mm** (aire \( A = π/4 * d^2 ≈ 615 mm² \)).
- Vérification : la contrainte résultante de la précontrainte est
\( \sigma_p = F_p / A = 144 000 / 615 ≈ 234 MPa < \sigma_{all} \), ce qui respecte le facteur de sécurité de 1,2.
**Conclusion** : Avec un tirant de Ø 28 mm, une précontrainte de **≈ 144 kN** (contrainte ≈ 234 MPa) permet de supporter la charge de service de 120 kN tout en respectant le facteur de sécurité exigé.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité (6 cas)
| # | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|---|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | Oublier de vérifier l’aplomb d’un mur de soutènement avant le coulage du béton | Risque de basculement ou de fissuration prématurée | Utiliser un niveau laser à chaque étape de levage des coffrages ; relever l’aplomb et corriger immédiatement si déviation > 5 mm/m. |
| 2 | Suralimenter un tirant d’ancrage au-delà de sa capacité de précontrainte | Fluage du tirant, perte de précontrainte, éventuelle rupture | Respecter le tableau de serrage fourni par le fabricant ; mesurer l’allongement avec un extensomètre et ne pas dépasser 90 % de la limite d’élasticité. |
| 3 | Négliger le drainage derrière un mur de soutènement | Accumulation d’eau, poussée hydrostatique supplémentaire, risque de rupture | Prévoir des drains horizontaux (géotextile + gravier) tous les 1,5 m de hauteur et des regards de visite pour contrôle périodique. |
| 4 | Effectuer un soudage sans protection respiratoire adéquate | Inhalation de fumées métalliques, risque de maladies pulmonaires | Porter un masque à filtration P3, assurer une ventilation locale d’extraction et respecter les temps de pause prévus par la réglementation du travail. |
| 5 | Lever une charge avec une grue dont le câble présente des signes d’usure (fils cassés) | Rupture du câble, chute de charge, blessures graves | Inspecter visuellement le câble avant chaque levée ; remplacer immédiatement si plus de 10 % des fils sont visibles ou si des déformations sont présentes. |
| 6 | Ne pas délimiter clairement la zone de travail autour d’une fouille profonde | Chute de personnes ou d’objets dans l’excavation | Installer des garde‑corps ou des barrières de sécurité à au moins 1 m du bord de la fouille ; afficher une signalisation « Interdit de pénétrer – Fouille en cours ». |
Quiz du chapitre
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