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Chapitre 24

Traitement des différentes eaux usées (partie 1/3)

Lecture : 15 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - Définir et classer les eaux usées selon leur origine et leurs caractéristiques physico‑chimiques. - Expliquer les principes des traitements primaire, secondaire et tertiaire appliqués aux eaux usées domestiques et industrielles. - Réaliser le dimensionnement simple d’un décanteur primaire et calculer la demande biochimique en oxygène (DBO₅) nécessaire à un traitement biologique. - Interpréter les normes camerounaises de rejet (MINEE, ONAS) et proposer un schéma de traitement adapté à une petite collectivité. - Identifier les risques liés à la manipulation des boues et aux procédés de désinfection, et appliquer les règles de sécurité et d’hygiène sur un chantier de station d’épuration. **Prérequis** : Notions de chimie de l’eau (pH, conductivité, matières en suspension), connaissances de base en microbiologie (bactéries aérobies/anaérobies), lecture de schémas de procédés, unités du Système International (mg/L, m³/j, kg/j). > **À retenir** : Les eaux usées sont classées en domestiques, industrielles et pluviales selon leur origine et leur charge polluante. ## Introduction contextualisée Au Cameroun, l’urbanisation rapide des villes telles que Yaoundé, Douala ou Garoua augmente la production d’eaux usées domestiques et industrielles. Le manque d’infrastructures de traitement adéquates entraîne la pollution des cours d’eau (Sanaga, Wouri, Benue) et des risques sanitaires pour les populations riveraines. Le programme officiel de la série F4 (Terminale) vise à former des techniciens capables de concevoir, exploiter et maintenir des stations d’épuration conformes aux normes nationales (MINEE – Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable ; ONAS – Office National de l’Assainissement). Ce chapitre présente les trois étapes essentielles du traitement : primaire (séparation physique), secondaire (dégradation biologique) et tertiaire (polissage et désinfection), en s’appuyant sur des exemples concrets d’ateliers de lycée technique et de chantiers réels. ## I. Leçon 11 - Eaux usées 1 ### Définition et classification des eaux usées Les eaux usées sont des eaux ayant subi une altération de leur qualité après usage. Selon leur origine, on distingue : | Catégorie | Origine principale | Polluants typiques | |-----------|-------------------|--------------------| | Domestiques | logements, écoles, hôpitaux | matière organique, pathogènes, détergents | | Industrielles | usines, ateliers, agro‑alimentaire | métaux lourds, huiles, solvants, colorants | | Pluviales | ruissellement de voiries, toits | sédiments, hydrocarbures, déchets solides | > **À retenir** : La charge polluante s’exprime en DBO₅ (demande biochimique en oxygène sur 5 jours) et en DCO (demande chimique en oxygène). ### Sources et caractéristiques physico‑chimiques - **pH** : généralement entre 6,5 et 8,0 pour les eaux domestiques ; peut descendre sous 4,0 ou monter au‑delà de 10,0 pour certains rejets industriels. - **Température** : 15‑30 °C en milieu tropical, influençant les vitesses de réaction biologique. - **Matières en suspension (MES)** : 100‑500 mg/L en entrée brute ; objectif de sortie généralement compris entre 30 et 150 mg/L après traitement primaire (voire < 100 mg/L selon la conception). - **DBO₅** : 150‑400 mg/L pour les eaux domestiques ; > 1000 mg/L pour certains effluents industriels. - **Azote total (NT)** et **phosphore total (PT)** : 20‑50 mg/L NT, 5‑15 mg/L PT en entrée domestique. ### Principes de traitement primaire Le traitement primaire vise à éliminer les matières grossières et les matières en suspension par des procédés physiques : 1. **Dégrillage** : retrait des déchets volumineux (plastiques, chiffons) à l’aide de grilles à barreaux espacés de 20‑50 mm. 2. **Désablage** : séparation des sables dans un bassin à vitesse contrôlée (0,2‑0,3 m/s). 3. **Écrémage** : récupération des huiles et graisses flottantes dans un bassin à faible turbulence. 4. **Décantation** : sédimentation des MES dans un décanteur primaire (ou clarificateur) où la vitesse de montée est maintenue < 1,5 m/h. > **À retenir** : Un décanteur primaire bien conçu permet d’éliminer 50‑70 % des MES et 25‑40 % de la DBO₅. ### Exemple chiffré : dimensionnement d’un décanteur primaire **Données** : débit moyen Q = 250 m³/j, concentration en MES à l’entrée C₀ = 300 mg/L, objectif de sortie C₁ ≤ 80 mg/L. 1. **Charge solide à éliminer** : M = Q × (C₀ – C₁) = 250 m³/j × (300‑80) mg/L = 250 × 220 g/m³ = 55 000 g/j = 55 kg/j. 2. **Surface nécessaire** (en utilisant un taux de chargement surfacique vₒ = 1,2 m/h, valeur typique pour un décanteur primaire) : Q_h = 250 m³/j ÷ 24 h = 10,4167 m³/h. S = Q_h / vₒ = 10,4167 m³/h ÷ 1,2 m/h = 8,68 m². On applique un facteur de sécurité de 1,2 → S ≈ 10,4 m². 3. **Choix d’une cuve circulaire** : D = 2 × √(S/π) = 2 × √(10,4/3,1416) ≈ 2 × √(3,31) ≈ 2 × 1,819 ≈ 3,64 m → on arrondira à 3,6 m. Hauteur d’eau choisie : 2,4 m (pour obtenir un TRH proche de 2 h). Volume de rétention V = S × H = 10,4 m² × 2,4 m ≈ 25,0 m³. Temps de rétention hydraulique TRH = V / Q_h = 25,0 m³ / 10,4167 m³/h ≈ 2,4 h, compris dans l’intervalle recommandé de 1,5‑2,5 h. > **À retenir** : Le temps de rétention hydraulique (TRH) d’un décanteur primaire se situe entre 1,5 et 2,5 h. ## II. Leçon 12 - Eaux usées 2 ### Traitement secondaire : procédés biologiques Le traitement secondaire détruit la matière organique biodégradable par l’action de microorganismes. Deux grandes familles sont utilisées au Cameroun : - **Boues activées** : mélange d’eaux usées et de boues riches en bactéries aérobies dans un bassin d’aération (air fourni par diffuseurs ou turbines). - **Lagunage** : bassins peu profonds où l’alimentation naturelle en oxygène provient de l’algues et du vent; adapté aux faibles débits et aux zones rurales. - **Filtres plantés (roseaux)** : lit de gravier planté de phragmites; filtration physique et dégradation anaérobie/aérobie. Les paramètres de suivi : - **DBO₅ résiduelle** : objectif < 20 mg/L après traitement secondaire. - **MLSS (Mixed Liquor Suspended Solids)** : concentration de boues en bassin d’aération, généralement 2000‑4000 mg/L. - **F/M ratio (Food to Microorganism)** : charge organique appliquée par jour par kg de MLSS; valeur optimale 0,2‑0,4 kg DBO₅/kg MLSS·j. ### Traitement tertiaire : désinfection et filtration Le traitement tertiaire améliore la qualité de l’effluent pour répondre aux normes de rejet ou permettre la réutilisation. - **Filtration sur sable** : élimine les MES résiduelles (< 5 mg/L). - **Désinfection UV** : dose typique 20‑40 mJ/cm², inactivate les bactéries, virus et protozoaires sans ajout de produits chimiques. - **Chloration** : ajout de Cl₂ à 5‑10 mg/L, temps de contact 30 min; nécessite une déchloration (SO₂ ou métabisulfite) si l’effluent est destiné à la réutilisation agricole. - **Échange d’ions ou osmose inverse** : utilisé pour la réduction des nitrates et phosphores dans les zones sensibles. ### Normes camerounaises et seuils de rejet Selon l’Arrêté n° 001/MINEE du 12 mars 2018 relatif aux rejets d’eaux usées : | Paramètre | Limite de rejet (eau douce) | Limite de rejet (eau marine) | |-----------|----------------------------|------------------------------| | DBO₅ | ≤ 30 mg/L | ≤ 20 mg/L | | DCO | ≤ 120 mg/L | ≤ 80 mg/L | | MES | ≤ 30 mg/L | ≤ 15 mg/L | | Azote total (NT) | ≤ 15 mg/L | ≤ 10 mg/L | | Phosphore total (PT) | ≤ 2 mg/L | ≤ 1 mg/L | | Coliformes fécaux | ≤ 1000 UFC/100 mL | ≤ 200 UFC/100 mL | | pH | 6,0‑9,0 | 6,5‑8,5 | > **À retenir** : Le non‑respect de ces seuils expose l’exploitant à des sanctions administratives et à la responsabilité civile en cas de dommages environnementaux. ### Exemple chiffré : calcul de la DBO₅ nécessaire pour un bassin d’aération **Données** : débit Q = 150 m³/j, DBO₅ entrante = 350 mg/L, objectif DBO₅ sortie = 20 mg/L, MLSS = 3000 mg/L, volume du bassin V = 150 m³. 1. **Charge organique journalière** : L = Q × (DBO₅ₑₙₜᵣₑ – DBO₅ₛₒᵣₜᵢₑ) = 150 m³/j × (350‑20) mg/L = 150 × 330 g/m³ = 49 500 g/j = 49,5 kg/j. 2. **F/M ratio** : F/M = L / (V × MLSS) = 49,5 kg/j / (150 m³ × 3 kg/m³) = 49,5 / 450 = 0,11 kg DBO₅/kg MLSS·j. Cette valeur est inférieure à la plage optimale (0,2‑0,4) ; on peut donc réduire le volume d’aération ou augmenter la charge (ex. recyclage de boues) pour atteindre F/M ≈ 0,25. > **À retenir** : Un F/M trop faible entraîne une sous‑alimentation des bactéries et une mauvaise dégradation de la DBO₅. ## III. Activités d’intégration ### Étude de cas : station d’épuration d’une petite ville camerounaise (ex. : Kumba, 25 000 hab.) - **Débit moyen** : 800 m³/j (eau domestique + petite industrie agro‑alimentaire). - **Traitement choisi** : dégrillage → désablage → décanteur primaire (TRH = 2 h) → bassin d’aération boues activées (V = 200 m³, TRH = 6 h) → clarificateur secondaire → filtration sur sable → désinfection UV. - **Résultats attendus** : DBO₅ ≤ 25 mg/L, MES ≤ 15 mg/L, NT ≤ 12 mg/L, PT ≤ 1,5 mg/L, coliformes fécaux < 100 UFC/100 mL. ### Mise en place d’un schéma de traitement complet 1. **Réception et prélèvement** : échantillons toutes les 2 h pour suivi DBO₅, MES, pH. 2. **Commande des équipements** : réglage du débit d’air (0,8 m³/min/m³ de bassin) via variateur de fréquence. 3. **Gestion des boues** : extraction quotidienne de 2 % du volume de boues activées, épaississement par gravité, digestion anaérobie (production de biogaz ≈ 0,2 m³/kg de matière volatile). 4. **Maintenance** : nettoyage des grilles hebdomadaire, contrôle des diffuseurs mensuel, vérification des lampes UV tous les 6 mois. ### Analyse de coûts et de maintenance - **Investissement initial** (CAPEX) : environ 180 millions FCFA (incl. génie civil, électromécanique, instrumentation). - **Coût d’exploitation** (OPEX) : 12 millions FCFA/an (énergie, produits chimiques, main‑d’œuvre, renouvellement des médias filtrants). - **Payback** : estimé à 6‑7 ans grâce à la revente du biogaz et à la réduction des amendes pour non‑conformité. ### Sécurité et hygiène sur le chantier - **Équipements de protection individuelle (EPI)** : gants nitrile, lunettes de sécurité, bottes imperméables, masque à filtration P2 lors de la manipulation des boues. - **Ventilation** : les locaux de traitement des boues doivent être équipés d’extraction d’air pour éviter l’accumulation de H₂S et de CH₄. - **Procédure de consignation** : arrêt et verrouillage des pompes avant toute intervention sur les canalisations sous pression. - **Formation** : sensibilisation annuelle aux risques biologiques (pathogènes) et chimiques (chlorure, ozone). > **À retenir** : Le port d’EPI adapté réduit de plus de 80 % les risques de contamination cutanée lors de la manipulation des boues activées. ## Synthèse du chapitre - Les eaux usées se classent en domestiques, industrielles et pluviales ; leur charge s’évalue par DBO₅, DCO, MES, NT, PT. - Le traitement primaire (dégrillage, désablage, écrémage, décantation) enlève 50‑70 % des MES et 25‑40 % de la DBO₅. - Le traitement secondaire (boues activées, lagunage, filtres plantés) dégrade la matière organique biodégradable ; suivi par DBO₅ résiduelle, MLSS, F/M. - Le traitement tertiaire (filtration sable, UV, chloration) assure la conformité aux normes de rejet camerounaises (DBO₅ ≤ 30 mg/L, MES ≤ 30 mg/L, coliformes ≤ 1000 UFC/100 mL). - Les normes MINEE/ONAS fixent des seuils stricts pour protéger les milieux récepteurs et la santé publique. - Le dimensionnement d’un décanteur primaire repose sur la charge solide à éliminer et le temps de rétention hydraulique (TRH ≈ 1,5‑2,5 h). - Le bassin d’aération doit respecter un F/M compris entre 0,2 et 0,4 kg DBO₅/kg MLSS·j pour une efficacité optimale. - La gestion des boues (extraction, épaississement, digestion) permet de valoriser le biogaz et de réduire les déchets à éliminer. - La sécurité sur le chantier passe par le port d’EPI, la ventilation des locaux de boues, la consignation des équipements et la formation régulière du personnel. ## Glossaire - **DBO₅** : demande biochimique en oxygène sur cinq jours, mesure de la quantité d’oxygène consommée par les microorganismes pour dégrader la matière organique biodégradable. - **DCO** : demande chimique en oxygène, quantité d’oxygène nécessaire à l’oxydation chimique de toutes les substances présentes, y compris les composés non biodégradables. - **MES** : matières en suspension, particules solides en suspension dans l’eau, exprimées en mg/L. - **MLSS** : mixed liquor suspended solids, concentration de boues en suspension dans le bassin d’aération. - **F/M ratio** : rapport entre la charge organique appliquée (kg DBO₅/j) et la masse de microorganismes présents (kg MLSS). - **TRH** : temps de rétention hydraulique, volume du bassin divisé par le débit d’entrée (h). - **H₂S** : sulfure d’hydrogène, gaz toxique et corrosif produit lors de la dégradation anaérobie des matières sulfurées. - **CH₄** : méthane, gaz inflammable issu de la digestion anaérobie des boues. - **UV** : rayonnement ultraviolet, utilisé pour la désinfection sans ajout de produits chimiques. - **Coliformes fécaux** : groupe de bactéries indicatrices de contamination fécale, exprimées en UFC/100 mL. - **EPI** : équipements de protection individuelle (gants, lunettes, masque, bottes). - **Consignation** : procédure d’arrêt et de verrouillage des énergies avant intervention sur une installation. - **Biogaz** : mélange de méthane et de dioxyde de carbone produit par la digestion anaérobie des boues. - **Filtration sur sable** : procédé physique qui retient les particules en suspension sur un lit de sable granulométrique contrôlé. - **Lagunage** : traitement naturel utilisant des bassins peu profonds où l’oxygène provient de l’algues et du vent. ## Exercices d'application corrigés **Exercice 1** – Dimensionnement d’un décanteur primaire Une petite localité produit 180 m³/j d’eaux usées avec une concentration moyenne en MES de 250 mg/L. L’objectif de sortie après décantation est de 60 mg/L. 1. Calculer la charge solide à éliminer (kg/j). 2. En supposant un taux de chargement surfacique vₒ = 1,2 m/h et une densité de l’eau ρₑ = 1000 kg/m³, déterminer la surface minimale du décanteur (m²). 3. Proposer un diamètre cuve circulaire adapté (arrondi à la dizaine de centimètres). **Corrigé** 1. Charge solide M = Q × (C₀ – C₁) = 180 m³/j × (250‑60) mg/L = 180 × 190 g/m³ = 34 200 g/j = 34,2 kg/j. 2. Q_h = 180 m³/j ÷ 24 h = 7,5 m³/h. Surface S = Q_h / vₒ = 7,5 m³/h ÷ 1,2 m/h = 6,25 m². Avec un facteur de sécurité de 1,2 → S ≈ 7,5 m². 3. Pour une cuve circulaire, S = π × (D/2)² → D = 2 × √(S/π) = 2 × √(7,5/3,1416) ≈ 2 × √(2,387) ≈ 2 × 1,545 ≈ 3,09 m → on arrondira à 3,1 m. (Si l’on utilise la surface de sécurité 7,5 m², le diamètre correspondant est d’environ 3,1 m.) **Exercice 2** – Calcul du F/M ratio et ajustement du volume d’aération Une station traite 500 m³/j d’eaux usées avec DBO₅ entrante = 400 mg/L. Le bassin d’aération actuel a un volume V = 800 m³ et une concentration de boues MLSS = 2500 mg/L. L’objectif de DBO₅ sortie est de 25 mg/L. 1. Déterminer la charge organique journalière L (kg/j). 2. Calculer le F/M ratio actuel. 3. Si le F/M idéal est 0,3, quel devrait être le volume du bassin d’aération (en m³) pour atteindre cette valeur, en supposant que MLSS reste constant ? **Corrigé** 1. L = Q × (DBO₅ₑₙₜᵣₑ – DBO₅ₛₒᵣₜᵢₑ) = 500 m³/j × (400‑25) mg/L = 500 × 375 g/m³ = 187 500 g/j = 187,5 kg/j. 2. F/M = L / (V × MLSS) = 187,5 kg/j / (800 m³ × 2,5 kg/m³) = 187,5 / 2000 = 0,09375 kg DBO₅/kg MLSS·j. 3. Pour obtenir F/M = 0,3 : V requis = L / (F/M × MLSS) = 187,5 / (0,3 × 2,5) = 187,5 / 0,75 = 250 m³. Le volume actuel de 800 m³ est donc surdimensionné ; on pourrait réduire le volume à environ 250 m³ ou augmenter la charge (ex. recyclage de boues) pour atteindre le F/M souhaité. ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |----|------------------|-------------|--------------------------------------| | 1 | Négliger le contrôle du pH avant l’entrée dans le bassin d’aération | Inhibition des bactéries nitrifiantes, augmentation de la DBO₅ sortie | Mesurer le pH toutes les 2 h ; corriger avec de la chaux (Ca(OH)₂) ou de l’acide sulfurique si nécessaire (plage 6,5‑8,0). | | 2 | Surcharger le décanteur primaire en débit de pointe | Débordement, perte de MES dans le secondaire, colmatage des diffuseurs | Installer un régulateur de débit ou un bassin de tampon ; respecter le TRH recommandé (1,5‑2,5 h). | | 3 | Oublier la ventilation des locaux de traitement des boues | Accumulation de H₂S (toxique, odeur) et de CH₄ (risque d’explosion) | Installer un extracteur d’air avec débit ≥ 5 renouvellements/h ; détecter H₂S avec des capteurs portables avant toute intervention. | | 4 | Utiliser des EPI inadéquats (gants en latex au lieu de nitrile) lors de la manipulation des boues activées | Risque de pénétration de pathogènes (E. coli, Salmonella) et de produits chimiques | Prévoir des gants nitrile résistants aux produits chimiques, changer toutes les 4 h ou dès contamination. | | 5 | Ne pas effectuer la consignation avant le remplacement d’une lampe UV | Exposition aux rayonnements UV-C (lésions oculaires, brûlures cutanées) | Verrouiller l’alimentation électrique, afficher un panneau « Consigné – Ne pas remettre sous tension », vérifier l’absence de tension avec un voltmètre. | | 6 | Dépasser la dose de chlore lors de la chloration tertiaire | Formation de sous‑produits chlorés dangereux (trihalométhanes) et toxicité pour la faune aquatique | Respecter la dose de 5‑10 mg/L, mesurer le résidu chlore libre après 30 min de contact, ajouter un agent déchlorant (SO₂) si nécessaire. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition de la demande biochimique en oxygène (DBO5) ?
  2. 2. Quelle est la définition de la demande chimique en oxygène (DCO) ?
  3. 3. Parmi les affirmations suivantes, laquelle distingue correctement les eaux grises des eaux noires ?
  4. 4. Une station de traitement reçoit un débit de 1500 m³/j avec une concentration de DBO5 de 250 mg/L. Quelle est la charge journalière de DBO5 en kg/j ?
  5. 5. Après traitement primaire, la concentration de DBO5 passe de 300 mg/L à 90 mg/L. Quel est le taux de suppression en pourcentage ?
  6. 6. Pour éliminer les sables dans un bassin de dessablage, on considère une vitesse de sédimentation des particules de 0,02 m/s. Si le débit à traiter est de 0,5 m³/s, quelle doit être la surface minimale du bassin (en m²) pour assurer une vitesse horizontale inférieure à 0,02 m/s ?
  7. 7. Un effluent industriel présente un rapport DBO5/DCO de 0,15. Quel type de traitement biologique est le plus adapté ?
  8. 8. L'activité des bactéries nitrifiantes double aproximadamente chaque augmentation de 10 °C de la température. Si à 15 °C le taux de nitrification est de 0,5 mg N‑NH₄/L·h, quel serait le taux approximatif à 25 °C ?
  9. 9. On souhaite dimensionner un bassin de décantation primaire pour traiter un débit de 2000 m³/j. Le taux de débordement recommandé est de 30 m³/(m²·j). Quelle surface minimale (en m²) doit avoir le bassin ?
  10. 10. Dans une étape de nitrification‑dénitrification, le pH optimal pour les nitrifiantes se situe entre 7,5 et 8,5. Si le pH du mélange tombe à 6,0, quelle est la conséquence la plus probable ?