Chapitre 26
Les constructions industrielles (partie 4/4)
Lecture : 14 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
- Décrire les différents types de remplissages (bardages, mur‑rideau, mur panneau) utilisés dans les constructions industrielles et en justifier le choix selon les contraintes fonctionnelles, thermiques et esthétiques.
- Identifier les systèmes de couverture et de charpente adaptés aux bâtiments industriels, réaliser le calcul simplifié des charges permanentes et d’exploitation, et proposer une solution conforme aux normes camerounaises (NC C 10‑2000, NC C 10‑2005).
- Concevoir un dallage industriel adapté aux charges de service (chariots élévateurs, machines lourdes) en déterminant l’épaisseur nécessaire, le type d’armature et la disposition des joints de dilatation, tout en respectant les règles de sécurité et d’hygiène sur chantier.
**Prérequis :**
- Notions de résistance des matériaux (contraintes, déformations, modules d’élasticité).
- Lecture de plans d’exécution et connaissance des symboles de construction métallique et béton.
- Bases de la topographie de chantier (nivellement, repérage).
---
## Introduction contextualisée
Au Cameroun, le secteur industriel connaît une croissance soutenue grâce aux zones économiques spéciales de Kribi, Douala et Bamenda. Les bâtiments qui y sont implantés doivent allier rapidité de mise en œuvre, résistance aux charges lourdes et performance thermique afin de réduire les coûts d’exploitation. Les remplissages, couvertures, charpentes et dallages constituent les éléments clés qui assurent l’étanchéité, la stabilité et la durabilité de ces ouvrages. Ce chapitre présente, de façon progressive, les solutions techniques les plus répandues dans la pratique professionnelle camerounaise, en s’appuyant sur les normes nationales et les retours d’expérience de chantiers réels (usines agro‑alimentaires, ateliers de métallerie, entrepôts logistiques).
---
## I. Les remplissages : bardages, mur‑rideau et mur panneau
### 1. Bardages
**Définition** : revêtement extérieur fixé sur une ossature primaire (acier, bois ou béton) destiné à protéger le bâtiment des intempéries, à assurer l’isolation thermique et à fournir une finition esthétique.
> **>** Un bardage métallique doit être fixé avec des vis autotaraudeuses de diamètre 4,8 mm et un espacement maximal de 300 mm le long des nervures.
**Types courants** :
- Bardage simple peau (tôle profilée, épaisseur 0,5–0,8 mm).
- Bardage double peau avec isolant (laine de roche ou polyuréthane) entre deux tôles.
- Bardage bois traité (classe 4) pour les bâtiments à faible risque d’incendie.
**Mise en œuvre** :
1. Pose de l’ossature secondaire (lisses et contre‑lisses) selon le tracé du plan de façade.
2. Fixation de l’isolant (si double peau) par agrafage ou collage.
3. Vissage des tôles en commençant par le bas, en respectant le recouvrement latéral (minimum 50 mm) et longitudinal (minimum 150 mm).
4. Étanchéité des points singuliers (ouvertures, raccords) avec des joints mastic ou des profilés d’étanchéité.
**Normes et sécurité** :
- NC C 10‑2000 § 5.2 : résistance au vent (pression de service 0,6 kN/m² pour la zone 2).
- Port d’équipements de protection individuelle (EPI) : casque, gants anti‑coupure, harnais lors du travail en hauteur.
### 2. Mur‑rideau
**Définition** : façade non porteuse, constituée d’un assemblage de panneaux vitrés, métalliques ou composites, soutenus par une structure légère (profilés aluminium ou acier) ancrée à la structure principale.
> **>** Le mur‑rideau doit supporter une charge de vent de 1,2 kN/m² sans fléchissement excessif (déformation < L/200).
**Composants** :
- Montants et traverses (profilés aluminium 6063‑T5).
- Panneaux de remplissage (verre trempé 8 mm, panneaux aluminium composite, ou panneaux béton préfabriqué).
- Joints d’étanchéité (EPDM, silicone).
**Étapes de pose** :
1. Installation des ancrages structurels (plaques d’ancrage chimiques ou mécaniques) sur les poteaux principaux.
2. Montage du grillage secondaire (montants et traverses) à l’aide de boulons de réglage permettant le jeu thermique (± 3 mm).
3. Insertion des panneaux, calage avec des cales en plastique, puis serrage des vis de fixation.
4. Application des joints d’étanchéité périphériques et contrôle de l’étanchéité à l’air (test de porte soufflée, valeur cible < 0,5 m³/h·m² à 50 Pa).
**Précautions** :
- Vérifier la compatibilité thermique entre le verre et le profilé pour éviter la condensation interne.
- Respecter les distances de sécurité électriques lors du perçage près des gaines (minimum 100 mm).
### 3. Mur panneau
**Définition** : élément préfabriqué en béton armé ou en panneaux sandwich (béton‑isolant‑béton) destiné à constituer à la fois la paroi extérieure et une partie de la stabilité du bâtiment.
> **>** Un mur panneau en béton armé de 20 cm d’épaisseur possède une résistance à la compression caractéristique fck = 25 MPa.
**Fabrication** :
- Moules métalliques avec armature pré‑tissée (treillis soudé Ø 6 mm, espacement 150 mm).
- Coulée du béton (classe C25/30) avec vibreur externe.
- Démoulage après 24 h, cure par arrosage ou bâche plastique pendant 7 jours.
**Installation sur chantier** :
1. Positionnement des panneaux sur des plots en béton armé préalablement nivelés (tolérance ± 5 mm).
2. Soudure ou boulonnage des liaisons verticales (plaques d’ancrage M20, couple de serrage 150 Nm).
3. Réalisation des joints horizontaux avec mortier de réparation (épaisseur 10 mm) et application d’un revêtement d’étanchéité bitumineuse si nécessaire.
**Avantages** : rapidité de pose (≈ 30 m²/jour par équipe de 4), bonne inertie thermique, réduction des ponts thermiques.
**Limites** : nécessité d’un accès pour le levage (grue de 12 t minimum), sensibilité aux fissurations si le béton est mal dosé.
---
## II. Les couvertures et charpentes des constructions industrielles
### 1. Types de couvertures
| Type de couverture | Matériau principal | Épaisseur typique | Avantages | Inconvénients |
|--------------------|--------------------|-------------------|-----------|----------------|
| Bac acier simple peau | Tôle galvanisée | 0,6 mm | Léger, mise en œuvre rapide | Faible isolation thermique |
| Bac acier double peau | Tôle + isolant (PU) | 0,5 mm + 80 mm PU | Bonne isolation, étanchéité | Coût plus élevé |
| Membrane EPDM | Caoutchouc synthétique | 1,5 mm | Grande élasticité, durée de vie > 30 ans | Sensible aux perforations mécaniques |
| Couverture végétale | Substrat + plantes | 120 mm | Isolation phonique, gestion des eaux pluviales | Nécessite entretien, surcharge structurelle |
> **>** Pour une zone sismique modérée (zone 3 du Cameroun), la couverture doit résister à une charge de neige de 0,5 kN/m² et à une dépression de vent de 0,8 kN/m².
### 2. Charpentes métalliques
**Principes** : assemblage de profilés laminés (IPE, HE, U) ou de tubes carrés/rectangulaires, reliés par boulons de haute résistance (classe 8,8) ou par soudure selon les normes NC C 10‑2005.
**Calcul simplifié de la flexion** (poutres simplement soutenues) :
\[
\sigma = \frac{M}{W} \le \frac{f_y}{\gamma_M}
\]
où :
- \(M\) = moment fléchissant maximal (kN·m)
- \(W\) = module de résistance (cm³)
- \(f_y\) = limite d’élasticité de l’acier (MPa)
- \(\gamma_M\) = coefficient de sécurité (1,10 pour l’acier).
**Exemple chiffré** :
Une portée de 6 m supporte une charge uniformément répartie \(q = 5 kN/m\) (charge permanente + exploitation).
1. Moment maximal : \(M = \frac{qL^2}{8} = \frac{5 \times 6^2}{8} = 22,5 kN·m\).
2. Choisissons un profilé IPE 200 : \(W = 18,9 cm³ = 1,89 × 10^{-5} m³\).
3. Contrainte : \(\sigma = \frac{22,5 × 10^3}{1,89 × 10^{-5}} = 1,19 × 10^9 Pa = 1190 MPa\).
Cette valeur dépasse largement la limite d’élasticité de l’acier (≈ 235 MPa) → le profilé est sous‑dimensionné.
4. Essayons IPE 300 : \(W = 45,5 cm³ = 4,55 × 10^{-5} m³\).
\(\sigma = \frac{22,5 × 10^3}{4,55 × 10^{-5}} = 495 MPa\) → encore trop élevé.
5. IPE 400 : \(W = 84,0 cm³ = 8,40 × 10^{-5} m³\).
\(\sigma = \frac{22,5 × 10^3}{8,40 × 10^{-5}} = 268 MPa\) → légèrement au‑dessus de \(f_y/\gamma_M = 235/1,10 = 213 MPa\).
6. IPE 450 : \(W = 106 cm³ = 1,06 × 10^{-4} m³\).
\(\sigma = \frac{22,5 × 10^3}{1,06 × 10^{-4}} = 212 MPa\) → conforme.
**Conclusion** : un IPE 450 (hauteur 450 mm, âme 9 mm, ailes 15 mm) suffit pour cette portée sous les hypothèses données.
> **>** Lors du boulonnage, appliquer un couple de serrage de 180 Nm pour des boulons M20 de classe 8,8 (clé dynamométrique obligatoire).
### 3. Règles de sécurité et d’hygiène sur le chantier de charpente
- Port du harnais antichute lorsqu’on travaille à plus de 2 m du sol.
- Vérification de l’état des élingues avant chaque levage (pas de coupure, d’usure > 10 %).
- Délimitation de la zone de chute avec ruban de signalisation et affichage du poids maximal autorisé de la grue.
- Nettoyage quotidien des débris métalliques pour éviter les projections.
---
## III. Le dallage industriel
### 1. Fonction et typologie
Le dallage industriel supporte les charges de service (chariots élévateurs, transpalettes, machines outils) et assure la planéité nécessaire au bon fonctionnement des équipements.
**Types courants** :
- Dallage en béton armé simple (épaisseur 15–25 cm).
- Dallage renforcé par fibres métalliques ou synthétiques (réduction de l’épaisseur de 20 %).
- Dallage sur plots (béton précontraint) pour les sols très chargés ou les zones à risque de tassement différentiel.
> **>** Un dallage en béton de classe C30/37 possède un module d’élasticité \(E_c ≈ 30 GPa\) et une résistance à la compression caractéristique \(f_{ck} = 30 MPa\).
### 2. Dimensionnement de l’épaisseur
Méthode simplifiée basée sur la contrainte de flexion admissible dans le béton armé :
\[
\sigma_{flex} = \frac{M}{W} \le \frac{f_{ck}}{\gamma_c}
\]
où :
- \(M\) = moment fléchissant dû à la charge ponctuelle d’un chariot élévateur (charge \(P\) à une distance \(a\) du bord).
- \(W = \frac{b h^2}{6}\) pour une dalle rectangulaire de largeur \(b\) et épaisseur \(h\).
- \(\gamma_c\) = coefficient de sécurité du béton (1,5).
**Exemple** :
Un chariot élévateur de capacité 3 t exerce une charge ponctuelle \(P = 30 kN\) au centre d’une allée de largeur \(b = 3 m\). On considère une portée efficace \(L = 4 m\) entre deux joints de dilatation.
1. Moment maximal (charge au milieu d’une portée simplement appuyée) :
\[
M = \frac{P L}{4} = \frac{30 \times 4}{4} = 30 kN·m
\]
2. On cherche l’épaisseur \(h\) telle que :
\[
\frac{M}{b h^2/6} \le \frac{f_{ck}}{\gamma_c}
\]
En remplaçant :
\[
\frac{30 \times 10^3}{3 \, h^2/6} \le \frac{30}{1,5}
\]
\[
\frac{30 \times 10^3 \times 6}{3 h^2} \le 20
\]
\[
\frac{60 \times 10^3}{h^2} \le 20 \quad\Rightarrow\quad h^2 \ge \frac{60 \times 10^3}{20} = 3000
\]
\[
h \ge \sqrt{3000} ≈ 54,8 mm
\]
Cette valeur théorique est très faible car elle ne tient compte que de la flexion. En pratique, on impose une épaisseur minimale de **15 cm** pour garantir la résistance au poinçonnement, la durabilité et la facilité de mise en œuvre.
> **>** Pour un sol soumis à des charges de gerbage (racking) de 5 t par palier, l’épaisseur recommandée est de 20 cm avec un treillis soudé Ø 8 mm, espacement 150 mm dans les deux directions.
### 3. Armature et traitement de surface
- Treillis soudé (Ø 6–8 mm) placé à mi‑épaisseur, recouvrement mínima 20 mm aux extrémités.
- Joints de dilatation : tous les 6–8 m en longueur et 4–5 m en largeur, remplis de mousse de polyuréthane compressible puis scellés avec un mastic polysulfure.
- Finissage : talochage mécanique, puis application d’un durcisseur de surface (silicate de sodium) pour réduire la pénétration des huiles et faciliter le nettoyage.
### 4. Sécurité et hygiène lors du coulage
- Porter des bottes anti‑glisse, des gants nitrile et des lunettes de protection.
- Vérifier la consistance du béton (affaissement 7–9 cm) avant le coulage.
- Utiliser une règle de tirage vibrante pour éliminer l’air emprisonné.
- Interdire la circulation d’engins lourds sur le dallage pendant les 24 premières heures de cure.
---
## Synthèse du chapitre
- **Remplissages** : bardages (protection, isolation), mur‑rideau (façade légère, vitrée), mur panneau (béton préfabriqué, structurel).
- **Couvertures** : bac acier simple/double peau, membrane EPDM, couverture végétale ; choix selon charge de vent, neige et exigences thermiques.
- **Charpentes** : profilés laminés (IPE, HE), calcul de flexion, boulonnage à couple contrôlé, sécurité en hauteur.
- **Dallage** : épaisseur minimale 15–20 cm, armature treillis soudé, joints de dilatation tous les 6–8 m, finition durcisseur de surface.
- **Sécurité** : EPI obligatoires, vérification des ancrages, contrôle de la charge des engins, respect des distances de sécurité électrique.
---
## Glossaire (6 termes)
- **Bardage** : revêtement extérieur fixé sur une ossature, assurant protection contre les intempéries et l’isolation thermique.
- **Mur‑rideau** : façade non porteuse composée de panneaux (verre, métal, composite) soutenus par une structure légère ancrée à la bâtiment.
- **Mur panneau** : élément préfabriqué en béton armé ou panneaux sandwich servant à la fois de paroi extérieure et de contribution à la stabilité.
- **Charpente métallique** : assemblage de profilés laminés ou de tubes, boulonnés ou soudés, supportant les charges de couverture et de plancher.
- **Dallage industriel** : dalle de béton armé destinée à recevoir les charges de service d’un bâtiment industriel (chariots, machines).
- **Joint de dilatation** : espace prévu dans une dalle ou une muraille permettant les mouvements thermiques ou de retrait sans fissuration.
---
## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Dimensionnement d’une poutre de charpente
**Énoncé** : Une portée de 5 m doit supporter une charge uniformément répartie de 4 kN/m (charge permanente + exploitation). Déterminer le profilé IPE le plus économique qui satisfait à la contrainte de flexion admissible (acier S275, \(f_y = 275 MPa\), \(\gamma_M = 1,10\)).
**Corrigé** :
1. Moment maximal : \(M = \frac{qL^2}{8} = \frac{4 \times 5^2}{8} = 12,5 kN·m\).
2. Contrainte admissible : \(\sigma_{adm} = \frac{f_y}{\gamma_M} = \frac{275}{1,10} = 250 MPa\).
3. On recherche le plus petit IPE tel que \(\sigma = M/W \le \sigma_{adm}\).
| Profilé | W (cm³) | σ (MPa) | Conforme ? |
|---------|---------|---------|------------|
| IPE 180 | 13,2 | 12,5×10⁶ / (13,2×10⁻⁶) = 947 | Non |
| IPE 200 | 18,9 | 662 | Non |
| IPE 220 | 24,5 | 510 | Non |
| IPE 240 | 31,5 | 397 | Non |
| IPE 260 | 39,5 | 316 | Non |
| IPE 280 | 48,5 | 258 | Légèrement au‑dessus |
| IPE 300 | 58,5 | 214 | **Oui** |
**Réponse** : Le profilé IPE 300 (hauteur 300 mm, âme 7,1 mm, ailes 13,5 mm) est le plus économique qui satisfait la condition de flexion.
### Exercice 2 – Épaisseur d’un dallage soumis à un gerbage
**Énoncé** : Un entrepôt doit recevoir des racks de stockage exerçant une charge ponctuelle de 6 t (60 kN) sur une surface de 0,25 m² (palet de 0,5 m × 0,5 m). La dalle est simplement soutenue sur des portées de 4 m. Déterminer l’épaisseur minimale de béton nécessaire pour éviter le poinçonnement, en prenant une résistance à la compression caractéristique \(f_{ck}=30 MPa\) et un coefficient de sécurité \(\gamma_c=1,5\).
**Corrigé** :
Contrainte de poinçonnement approximative : \(\sigma_{p} = \frac{P}{A_{eff}}\) où \(A_{eff}\) est la surface effective de résistance, prise comme le périmètre de la zone de charge multiplié par l’épaisseur \(h\) : \(A_{eff}= (2a+2b)h\) avec \(a=b=0,5 m\).
\[
\sigma_{p}= \frac{60 000}{(2×0,5+2×0,5)h}= \frac{60 000}{2h}= \frac{30 000}{h}\;(Pa)
\]
On impose \(\sigma_{p} \le \frac{f_{ck}}{\gamma_c}= \frac{30}{1,5}=20 MPa = 20×10⁶ Pa\).
\[
\frac{30 000}{h} \le 20×10⁶ \quad\Rightarrow\quad h \ge \frac{30 000}{20×10⁶}=1,5×10^{-3}\,m = 1,5 mm
\]
Cette valeur théorique est négligeable ; en pratique, on impose une épaisseur minimale de **15 cm** pour garantir la résistance au poinçonnement, la durabilité et la facilité de mise en œuvre.
**Réponse** : Une épaisseur de 15 cm (béton C30/37 avec treillis soudé Ø 8 mm, espacement 150 mm) est suffisante et conforme aux bonnes pratiques de chantier.
---
## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | Oublier de vérifier l’état des élingues avant un levage de charpente | Rupture de l’élingue, chute de charge, blessures graves | Contrôler visuellement chaque élingue (pas de coupure, d’usure > 10 %) et consigner le contrôle dans le registre de levage. |
| 2 | Poser un bardage sans respecter le recouvrement latéral minimal (50 mm) | Infiltration d’eau, corrosion prématurée des fixations | Utiliser un guide de pose ou un gabarit de recouvrement ; vérifier chaque joint avant de fixer la tôle suivante. |
| 3 | Négliger les joints de dilatation dans un dallage de grande surface | Fissuration due au retrait thermique ou au tassement différentiel | Prévoir un joint tous les 6–8 m en longueur et 4–5 m en largeur ; remplir avec mousse compressible puis mastic polysulfure. |
| 4 | Serrer les boulons de charpente à la main sans clé dynamométrique | Précharge insuffisante ou excessive → glissement ou rupture du boulon | Appliquer le couple de serrage spécifié (ex. 180 Nm pour M20 classe 8,8) à l’aide d’une clé dynamométrique calibrée. |
| 5 | Verser du béton trop sec ou trop humide sur un dallage | Manque de cohésion, surface poudreuse ou segregation des granulats | Effectuer un essai d’affaissement (Slump test) avant le coulage ; viser 7–9 cm pour un béton ordinaire. |
| 6 | Travailler en hauteur sans harnais antichute sur une charpente métallique | Risque de chute mortelle | Porter systématiquement un harnais attaché à un point d’ancrage certifié ; vérifier l’ancrage avant chaque montée. |
---
*Fin du cours.*
Quiz du chapitre
10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.