Chapitre 6
MACHINES ELECTRIQUES (partie 4/7)
Lecture : 19 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : à la fin de ce chapitre l’élève sera capable de
- décrire le principe de fonctionnement et les caractéristiques des moteurs pas à pas hybrides ;
- expliquer le fonctionnement d’un moteur asynchrone triphasé, définir le glissement et calculer la vitesse réelle ;
- choisir et dimensionner un mode de démarrage adapté à un moteur asynchrone (direct, étoile‑triangle, autotransformateur, variateur de fréquence) ;
- appliquer les règles de sécurité électrique liées à la mise en service et à l’exploitation de ces machines ;
- réaliser un schéma de puissance et de commande pour chaque type de démarrage.
**Prérequis** : notions de base d’électrotechnique (loi d’Ohm, loi des nœuds, puissance active et réactive), connaissance des grandeurs électriques (tension, courant, fréquence, facteur de puissance), familiarité avec les symboles schématiques des moteurs et des appareils de protection (disjoncteur, relais thermique, contacteur).
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## Introduction contextualisée
Au Cameroun, l’industrie manufacturière, les ateliers de transformation agroalimentaire, les chantiers de construction et les services publics dépendent fortement de l’entraînement mécanique fourni par les moteurs électriques. Les moteurs pas à pas hybrides équipent les machines‑outils à commande numérique (CNC), les imprimantes 3D et les systèmes de positionnement précis utilisés dans les laboratoires de recherche. Les moteurs asynchrones triphasés, quant à eux, représentent plus de 80 % du parc moteur industriel du fait de leur robustesse, de leur faible coût et de leur facilité d’entretien. Leur démarrage, toutefois, peut provoquer des courants d’appel pouvant atteindre 6 à 8 fois le courant nominal, mettant à rude épreuve le réseau électrique des zones rurales où la capacité du transformateur est limitée. Maîtriser les différents procédés de démarrage permet donc d’optimiser la consommation, de protéger les installations et d’assurer la continuité de la production dans les contextes professionnels camerounais.
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## I. Moteurs pas à pas hybrides (Leçon 13)
### 1. Définition et principe de fonctionnement
Un moteur pas à pas hybride combine les principes du moteur à réluctance variable et du moteur à aimants permanents. Le stator possède des enroulements bifilaires qui, lorsqu’ils sont alimentés, créent un champ magnétique pouvant attirer ou repousser les dents du rotor. Le rotor, constitué d’un noyau ferromagnétique denté et d’aimants permanents disposés en alternance Nord‑Sud, se déplace par pas angulaires lorsqu’on commute le courant dans les enroulements suivant une séquence prédéfinie.
> **Le pas angulaire de base d’un moteur hybride à 200 pas par tour est de 1,8° (360°/200).**
### 2. Construction
- **Stator** : pôle à deux enroulements (A et A̅, B et B̅) disposés en quinconce ; chaque enroulement est généralement en cuivre émaillé, classe d’isolation B (130 °C).
- **Rotor** : noyau en acier siliconé avec 50 dents (pour un pas de 1,8°) et un disque d’aimants permanents (souvent en NdFeB) magnétisés radialement.
- **Air gap** : généralement entre 0,2 et 0,5 mm, influençant le couple de maintien.
### 3. Types de pas
| Mode | Séquence d’excitation (A, A̅, B, B̅) | Pas effectif | Remarques |
|---------------|--------------------------------------|--------------|-----------|
| Full step | 1010‑0110‑0101‑1001 … | 1,8° | Couple maximal |
| Half step | 1000‑1100‑0100‑0110‑0010‑0011‑0001‑1001 … | 0,9° | Résolution doublée, couple réduit à ~70 % |
| Microstepping | Courant sinusoïdal dans chaque enroulement | ≤0,09° (avec 1/16) | Mouvement très doux, nécessite driver adapté |
### 4. Courant d’alimentation, tension et résistance d’enroulement
La loi d’Ohm s’applique à chaque enroulement :
\[
I = \frac{U}{R}
\]
où \(U\) est la tension appliquée aux bornes de l’enroulement et \(R\) sa résistance (mesurée à froid). Le courant nominal est choisi pour ne pas dépasser la température maximale d’isolation (souvent 80 °C d’élévation au-dessus de l’ambiante).
### 5. Couple de maintien et couple dynamique
- **Couple de maintien (\(T_{hold}\))** : couple auquel le rotor reste bloqué lorsqu’un enroulement est alimenté à courant nominal, sans rotation.
- **Couple dynamique (\(T_{dyn}\))** : couple disponible lorsqu’il y a déplacement, fonction de la fréquence de pas et du courant.
La courbe vitesse‑couple typique montre une décroissance linéaire du couple avec la vitesse, due à l’inductance des enroulements qui limite la montée du courant à haute fréquence.
> **Pour un moteur hybride de taille NEMA 23, \(T_{hold}\) ≈ 0,45 Nm à 2 A, et \(T_{dyn}\) ≈ 0,30 Nm à 100 pas/s avec le même courant.**
### 6. Séquences d’excitation (tableau récapitulatif)
Nous présentons la séquence en mode half‑step (8 étapes) :
| Étape | A | A̅ | B | B̅ |
|-------|---|----|---|----|
| 1 | 1 | 0 | 0 | 0 |
| 2 | 1 | 0 | 1 | 0 |
| 3 | 0 | 0 | 1 | 0 |
| 4 | 0 | 0 | 1 | 1 |
| 5 | 0 | 0 | 0 | 1 |
| 6 | 0 | 1 | 0 | 1 |
| 7 | 0 | 1 | 0 | 0 |
| 8 | 1 | 1 | 0 | 0 |
(1 = sous‑tension, 0 = zéro volt).
### 7. Exemple de calcul : courant nécessaire pour un couple de maintien donné
**Données** : moteur pas à pas hybride, constante de couple \(K_t = 0,22\ \text{Nm/A}\) (fabricant), couple de maintien requis \(T_{hold}=0,35\ \text{Nm}\).
**Calcul** :
\[
I = \frac{T_{hold}}{K_t}= \frac{0,35}{0,22}=1,59\ \text{A}
\]
On choisira un driver réglé à 1,6 A (courant RMS) avec une marge de 10 % pour éviter la saturation.
### 8. Applications typiques au Cameroun
- Machines‑outils CNC dans les ateliers de métallurgie de Douala et Yaoundé.
- Systèmes de dosage dans les usines de transformation du cacao (pompes à vis sans fin).
- Plateformes de stabilisation pour caméras de surveillance dans les installations pétrolières offshore.
### 9. Sécurité et précautions
- Limiter le courant d’enroulement à la valeur nominale pour éviter la surchauffe du stator.
- Utiliser des dissipateurs thermiques ou un refroidissement forcé lorsque le moteur fonctionne en continu à haute vitesse.
- Vérifier l’isolement entre les enroulements et la masse (test à 500 V DC) avant mise sous tension.
- Installer un fusible rapide ou un disjoncteur magnétothermique adapté au courant d’appel du driver.
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## II. Moteurs asynchrones triphasés (Leçon 14)
### 1. Définition et principe
Un moteur asynchrone triphasé (ou moteur à induction) crée un champ tournant dans le stator grâce à l’alimentation triphasée. Ce champ induit des courants dans le rotor (cage d’écureuil ou bobiné) qui produisent un couple grâce à l’interaction champ‑courant. Le rotor tourne toujours légèrement plus lentement que le champ tournant ; cet écart définit le **glissement**.
> **La vitesse synchrone \(n_s\) (en tr/min) d’un moteur à \(p\) pôles alimenté à fréquence \(f\) (Hz) est :**
> \[
> n_s = \frac{120\,f}{p}
> \]
### 2. Construction
- **Stator** : paquet de tôles en acier siliconé, enroulements triphasés disposés en étoile ou en triangle, isolation classe F (155 °C).
- **Rotor** : deux variantes principales
- *Cage d’écureuil* : barres en aluminium ou cuivre court‑circuitées par deux bagues d’extrémité.
- *Rotor bobiné* : enroulements similaires au stator, connectés à un collecteur à bagues pour démarrage réglable (rare en industrie).
- **Air gap** : généralement 0,5–1 mm, influençant le facteur de puissance et le couple de démarrage.
### 3. Glissement, fréquence du rotor et vitesse réelle
Le glissement \(s\) est défini par :
\[
s = \frac{n_s - n_r}{n_s}
\]
où \(n_r\) est la vitesse réelle du rotor. La fréquence du courant induit dans le rotor est \(f_r = s \cdot f\).
### 4. Formules essentielles
- Vitesse synchrone : \(n_s = \frac{120f}{p}\)
- Puissance mécanique développée : \(P_{mec}= \frac{T \cdot n_r}{9550}\) (avec \(T\) en Nm, \(n_r\) en tr/min, \(P\) en kW)
- Facteur de glissement : \(s = \frac{R_2'}{R_2' + jX_2'}\) (équivalent du circuit du rotor référé au stator) – on utilise généralement la valeur approximative \(s \approx \frac{R_2'}{X_2'}\) pour faibles glissements.
- Rendement : \(\eta = \frac{P_{out}}{P_{in}} \times 100\%\)
### 5. Courbe caractéristiques (couple vs glissement)
- À \(s=0\) (vitesse synchrone) : couple nul.
- Couple maximal se produit autour de \(s_{max} \approx \frac{R_2'}{X_2'}\) (souvent entre 0,1 et 0,2).
- Au démarrage (\(s=1\)) : couple de démarrage \(T_{start}\) généralement 1,5 à 2,5 fois le couple nominal selon la conception de la cage.
### 6. Puissance nominale, facteur de service et classe d’isolation
La puissance nominale \(P_N\) est celle délivrable en service continu sans dépasser la température limite d’isolation. Le facteur de service \(S\) indique la surcharge autorisée (ex. \(S=1,15\) permet 15 % de surcharge pendant 1 h). La classe d’isolation (B, F, H) définit la température maximale admissible de l’enroulement.
> **Un moteur asynchrone de 7,5 kW, 4 pôles, alimenté à 50 Hz possède une vitesse synchrone de 1500 tr/min.**
### 7. Exemple de calcul : slip et puissance d’un moteur donné
**Données** : moteur 4 kW, 4 pôles, tension 380 V, fréquence 50 Hz, vitesse mesurée \(n_r = 1440\) tr/min.
1. Vitesse synchrone :
\[
n_s = \frac{120 \times 50}{4}=1500\ \text{tr/min}
\]
2. Glissement :
\[
s = \frac{1500-1440}{1500}=0,04\;(4\%)
\]
3. Fréquence du rotor :
\[
f_r = s \times f = 0,04 \times 50 = 2\ \text{Hz}
\]
4. Puissance d’entrée :
\[
P_{in}= \frac{P_N}{\eta}= \frac{4}{0,85}=4,71\ \text{kW}
\]
5. Courant d’alimentation :
\[
I = \frac{P_{in}}{\sqrt{3}\,U\,\cos\phi}= \frac{4710}{\sqrt{3}\times380\times0,82}=8,7\ \text{A}
\]
6. Couple nominal :
\[
T = \frac{P_N \times 9550}{n_r}= \frac{4 \times 9550}{1440}=26,5\ \text{Nm}
\]
### 8. Applications industrielles au Cameroun
- Ventilateurs et extracteurs dans les usines de transformation du bois (scieries de Kribi).
- Pompes centrifuges pour l’irrigation des plantations de bananes dans la région du Littoral.
- Convoyeurs à bande dans les minoteries de l’Ouest.
- Compresseurs d’air pour les ateliers de carrosserie automobile.
### 9. Normes de sécurité et de protection
- Indice de protection (IP) adapté au milieu (ex. IP55 pour environnements poussiéreux).
- Protection contre les surcharges : relais thermique réglé à 1,1 × \(I_N\).
- Protection contre les courts‑circuits : disjoncteur magnétothermique avec courbe C ou D selon le courant d’appel.
- Mise à la terre du cadre moteur et liaison équipotentielle conformément à la NF C 15‑100 (adoptée au Cameroun).
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## III. Démarrage des moteurs asynchrones (Leçon 15)
### 1. Problématique du démarrage direct
Le démarrage direct en ligne (DOL) applique la pleine tension du réseau aux bornes du stator. Le courant d’appel \(I_{start}\) peut atteindre 6 à 8 fois le courant nominal \(I_N\), provoquant :
- chute de tension notable sur le réseau faible ;
- contraintes mécaniques importantes sur l’arbre et le couplage ;
- risque de déclenchement intempestif des protections.
### 2. Méthodes de démarrage courantes
| Méthode | Principe | Avantages | Inconvénients | Application typique |
|---------|----------|-----------|---------------|---------------------|
| Direct en ligne (DOL) | Tension pleine appliquée immédiatement | Simple, faible coût | Courant d’appel élevé, couple de démarrage fort | Petits moteurs (< 1,5 kW) |
| Étoile‑triangle | Démarrage en étoile (tension réduite à \(U/\sqrt{3}\)), puis passage en triangle | Réduction du courant d’appel à ~1/3 du DOL, couple de démarrage adéquat | Nécessite 6 fils, deux contacteurs + temporisateur | Moyens moteurs (1,5–7,5 kW) |
| Autotransformateur | Tension réduite via prises intermédiaires (50 %, 65 %, 80 %) | Courant d’appel réglable, bon couple | Plus coûteux, encombrant | Moteurs > 7,5 kW où le réseau est faible |
| Variateur de fréquence (VFD) | Conversion AC‑DC‑AC, fréquence et tension variables | Démarrage progressif, contrôle de vitesse, économies d’énergie | Coût élevé, besoin de filtrage harmonique | Applications nécessitant variation de vitesse (pompes, ventilateurs) |
| Soft starter (démarrage progressif) | Thyristors en antiparallèle augmentent progressivement la tension | Courant d’appel limité, couple de démarrage doux, entretien simple | Pas de variation de vitesse en régime permanent | Moteurs où seule la réduction du courant d’appel est recherchée |
### 3. Schémas de connexion (description texte)
- **DOL** : un seul contacteur principal (KM1) alimente le moteur directement depuis le disjoncteur.
- **Étoile‑triangle** : deux contacteurs (KM1 étoile, KM2 triangle) et un temporisateur (KT). En étoile, les extrémités des enroulements sont reliées entre elles ; après un délai réglé (souvent 5–10 s), le temporisateur bascule en triangle en ouvrant KM1 et fermant KM2.
- **Autotransformateur** : le primaire du transformateur est alimenté par le réseau, le secondaire fournit la tension réduite au moteur via un contacteur de puissance ; un deuxième contacteur rétablit la pleine tension après temporisation.
- **VFD** : le moteur est connecté à la sortie du variateur ; le variateur reçoit la tension réseau via un disjoncteur et un filtre d’entrée.
- **Soft starter** : trois thyristors (ou un module à trois phases) sont placés en série avec chaque enroulement ; une carte de commande augmente l’angle de déclenchement progressivement.
### 4. Calcul du courant d’appel et du temps de démarrage (exemple étoile‑triangle)
**Données** : moteur 7,5 kW, 4 pôles, tension 380 V, fréquence 50 Hz, rendement 0,88, facteur de puissance 0,85.
1. Courant nominal :
\[
I_N = \frac{P_N}{\sqrt{3}\,U\,\eta\,\cos\phi}= \frac{7500}{\sqrt{3}\times380\times0,88\times0,85}=15,2\ \text{A}
\]
2. Courant d’appel en DOL (facteur typique 6) :
\[
I_{start,DOL}=6 \times I_N = 91,2\ \text{A}
\]
3. En étoile, la tension appliquée à chaque enroulement est \(U/\sqrt{3}=220\) V, donc le courant d’appel étoile est approximativement :
\[
I_{start,\star}= \frac{I_{start,DOL}}{\sqrt{3}} \approx 52,7\ \text{A}
\]
(en pratique on mesure entre 3 et 4 fois \(I_N\) → 45–61 A, cohérent).
4. Temps de démarrage : on choisit un temporisateur de 7 s, suffisant pour que le moteur atteigne ~80 % de sa vitesse nominale avant le passage en triangle.
### 5. Exemple de dimensionnement d’un démarreur étoile‑triangle pour un moteur de 7,5 kW
- Sélection du contacteur principal : courant nominal ≥ 1,2 × \(I_N\) = 18,2 A → choisir un contacteur de 20 A, catégorie AC‑3.
- Contacteur étoile et triangle : même courant que le contacteur principal (ils portent le courant de ligne).
- Temporisateur : réglable de 1 à 30 s, choisir 7 s, type électronique à relais statique pour meilleure fiabilité.
- Protection : disjoncteur magnétothermique réglé à 1,2 × \(I_N\) = 18,2 A → choisir un disjoncteur de 20 A, courbe C (déclenchement magnétique à 5‑10 × \(I_N\)).
- Fils d’alimentation : section cuivre minimale selon la norme IEC 60364‑5‑52 pour 20 A → 2,5 mm² (avec marge de température).
### 6. Choix selon contraintes du réseau et exigences mécaniques
- Si le réseau est faible (chute de tension > 5 % au démarrage) → privilégier étoile‑triangle ou autotransformateur.
- Si une variation de vitesse est requise (ex. pompe de dosage) → VFD malgré le coût supérieur.
- Si seul le courant d’appel doit être limité sans besoin de variation de vitesse → soft starter.
- Pour les moteurs très puissants (> 30 kW) sur réseau industriel rigide → autotransformateur ou starter à rotor bobiné.
### 7. Sécurité lors du démarrage
- Vérifier la bonne séquence d’alimentation (étoile puis triangle) à l’aide d’un multimètre ou d’une lampe témoin avant mise sous tension.
- S’assurer que les contacts des contacteurs sont propres et que les ressorts de rappel fonctionnent (risque de soudure des contacts).
- Utiliser un arrêt d’urgence facilement accessible, conforme à la norme NF EN 60204‑1.
- Effectuer un essai à vide (moteur désaccouplé) pour contrôler le sens de rotation et l’absence de bruits anormaux avant de coupler la charge.
### 8. Exemple professionnel au Cameroun
Dans une usine de transformation du manioc à Bafoussam, un moteur asynchrone de 5,5 kW entraîne une vis sans fin. Le réseau local présente une chute de tension de 6 % au démarrage direct. L’équipe technique a installé un démarreur étoile‑triangle avec un temporisateur de 7 s et un disjoncteur de 16 A courbe C. Après mise en service, le courant de pointe mesuré est de 28 A (≈ 2,1 × \(I_N\)), la chute de tension est tombée à 1,2 % et le démarrage se fait sans à‑coups, augmentant la durée de vie du couplage élastique de 30 %.
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## Synthèse du chapitre
- **Moteurs pas à pas hybrides** : pas angulaire fixe (ex. 1,8°), couple de maintien dépendant du courant, séquence d’excitation définie (full, half, microstepping).
- **Moteurs asynchrones triphasés** : vitesse synchrone \(n_s=120f/p\), glissement \(s=(n_s-n_r)/n_s\), couple maximal près de \(s_{max}=R_2'/X_2'\).
- **Démarrage** : DOL simple mais courant d’appel élevé ; étoile‑triangle réduit le courant d’appel à ~1/3 du DOL ; autotransformateur et VFD offrent réglage fin ; soft starter limite le courant sans variation de vitesse.
- **Sécurité** : protection contre surcharges (relais thermique), contre courts‑circuits (disjoncteur magnétothermique), mise à la terre, indice de protection adapté, vérification du sens de rotation et de l’enchaînement des étapes de démarrage.
- **Applications** : CNC, imprimantes 3D (pas à pas) ; pompes, ventilateurs, convoyeurs, compresseurs (asynchrones) ; choix du démarreur selon puissance, qualité du réseau et exigences de procédé.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| Pas angulaire | Angle de rotation du rotor correspondant à une impulsion d’enroulement (ex. 1,8° pour 200 pas/tour). |
| Couple de maintien | Couple auquel le rotor reste bloqué lorsqu’un enroulement est alimenté à courant nominal, sans rotation. |
| Glissement (s) | Écart relatif entre la vitesse synchrone et la vitesse réelle du rotor, exprimé en fraction ou pourcentage. |
| Vitesse synchrone (n_s) | Vitesse du champ tournant créée par les enroulements stator, fonction de la fréquence et du nombre de pôles. |
| Courant d’appel (I_start) | Courant transitoire au moment de la mise sous tension, pouvant atteindre plusieurs fois le courant nominal. |
| Démarrage étoile‑triangle | Méthode réduisant la tension d’alimentation à \(U/\sqrt{3}\) pendant la phase d’étoile, puis rétablissant la pleine tension en triangle. |
| Variateur de fréquence (VFD) | Dispositif convertissant la tension réseau en fréquence et tension variables pour contrôler vitesse et couple du moteur asynchrone. |
| Soft starter | Démarrage progressif utilisant des thyristors pour augmenter progressivement la tension appliquée au moteur. |
| Indice de protection (IP) | Code définissant le degré de protection contre l’intrusion de corps solides et de liquides (ex. IP55). |
| Classe d’isolation | Température maximale admissible de l’enroulement (ex. classe F = 155 °C). |
| Facteur de service (S) | Rapport permettant une surcharge temporaire au-delà de la puissance nominale (ex. S=1,15 autorise 15 % de surcharge). |
| Rotor cage d’écureuil | Rotor constitué de barres conductrices court‑circuitées par deux bagues d’extrémité, utilisé dans la majorité des moteurs asynchrones. |
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Moteur pas à pas hybride
**Situation** : Un atelier de prototypage à Yaoundé utilise un moteur pas à pas hybride NEMA 17 pour déplacer une plateau d’impression 3D. Le moteur possède une constante de couple \(K_t = 0,15\ \text{Nm/A}\). Le plateau doit exercer une force de traction de 12 N sur un rayon d’effecteur de 20 mm.
**Question** :
1. Calculer le couple nécessaire au plateau.
2. Déterminer le courant minimal à fournir au moteur pour produire ce couple.
3. Si le driver est limité à 1,2 A, quel est le couple maximal disponible ?
**Corrigé** :
1. Couple \(T = F \times r = 12\ \text{N} \times 0,020\ \text{m} = 0,24\ \text{Nm}\).
2. Courant nécessaire \(I = T / K_t = 0,24 / 0,15 = 1,6\ \text{A}\).
3. Avec une limite de 1,2 A, le couple maximal est \(T_{max}=K_t \times I_{lim}=0,15 \times 1,2 = 0,18\ \text{Nm}\).
**Conclusion** : Le moteur NEMA 17 sous‑alimenté ne peut pas fournir le couple requis ; il faut soit augmenter le courant (driver de 2 A), soit réduire la charge (ex. diminuer le rayon d’effecteur à 15 mm donnant \(T=0,18\ \text{Nm}\)).
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### Exercice 2 – Démarrage étoile‑triangle d’un moteur asynchrone
**Situation** : Une scierie de Bamenda possède un moteur asynchrone de 9 kW, 4 pôles, alimenté en 380 V, 50 Hz. Le courant nominal mesuré est de 18,5 A. Le réseau montre une chute de tension de 7 % lors d’un démarrage direct.
**Question** :
1. Calculer le courant d’appel théorique en DOL (facteur 6).
2. Déterminer le courant d’appel attendu en étoile (en supposant une réduction de facteur √3).
3. Proposer le réglage du temporisateur étoile‑triangle sachant que le moteur atteint 80 % de sa vitesse nominale en 6 s.
4. Vérifier si le disjoncteur de 25 A courbe C est adapté.
**Corrigé** :
1. \(I_{start,DOL}=6 \times I_N = 6 \times 18,5 = 111\ \text{A}\).
2. En étoile, la tension est réduite à \(U/\sqrt{3}\); le courant d’appel étoile vaut approximativement \(I_{start,\star}= I_{start,DOL}/\sqrt{3}=111/1,732\approx 64,1\ \text{A}\). En pratique on observe entre 3 et 4 × \(I_N\) → 55,5–74 A, cohérent.
3. Le temporisateur doit être réglé légèrement au-dessus du temps nécessaire pour atteindre 80 % de la vitesse : choisir 7 s (marge de 1 s).
4. Courant de service en triangle = courant nominal = 18,5 A. Le disjoncteur de 25 A supporte 1,35 × \(I_N\) en continu (25 A > 18,5 A) et son déclenchement magnétique intervient autour de 5‑10 × \(I_N\) (92,5‑185 A), donc il tolère le pointe d’appel étoile (≈ 64 A) sans déclencher intempestivement. Le disjoncteur est donc adapté.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | **Sous‑dimensionnement de la section des conducteurs d’alimentation** (ex. utilisation de 1,5 mm² pour un moteur de 7,5 kW) | Surchauffe, chute de tension, risque d’incendie | Appliquer la norme IEC 60364‑5‑52 : choisir la section en fonction du courant de service et du mode de pose (en conduit, en gouttière, etc.). |
| 2 | **Oubli de la mise à la terre du cadre moteur** | Risque de choc électrique en cas de défaut d’isolement | Vérifier la continuité de terre (< 1 Ω) avant chaque mise sous tension ; utiliser une liaison équipotentielle conforme à la NF C 15‑100. |
| 3 | **Réglage trop faible du relais thermique** (ex. 0,8 × \(I_N\)) | Déclenchement intempestif lors du démarrage normal, arrêt inutile de la machine | Régler le relais à 1,05‑1,15 × \(I_N\) (selon la classe de surcharge autorisée) après essai à vide. |
| 4 | **Utilisation d’un démarreur étoile‑triangle avec un temporisateur trop court** (< temps nécessaire pour atteindre 80 % de la vitesse) | Courant d’appel élevé lors du passage en triangle, déclenchement du disjoncteur, usure prématurée des contacteurs | Mesurer ou consulter la courbe de couple‑vitesse du moteur ; fixer le temporisateur à 1,2 × le temps nécessaire pour atteindre 80 % de \(n_s\). |
| 5 | **Ne pas vérifier le sens de rotation avant couplage de la charge** | Inversion du sens de marche pouvant endommager la machine entraînée (ex. pompe à vis sans fin) | Effectuer un essai à vide, observer la direction de rotation avec un phare stroboscopique ou un tachymètre laser, puis inverser deux phases si nécessaire. |
| 6 | **Negliger la ventilation du moteur en fonctionnement continu** | Dépassement de la température d’isolation, dégradation de l’enroulement, réduction de la durée de vie | S’assurer que le moteur est installé conformément aux préconisations du fabricant (espacement, flux d’air, nettoyage des grilles). |
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