Chapitre 7
Généralités sur la parasitologie (partie 2/3)
Lecture : 16 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs**
À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :
1. Définir les sporozoaires et les nématodes ovipares, citer leurs représentants pathogènes majeurs au Cameroun.
2. Décrire le cycle biologique, les formes morphologiques et les voies de transmission de *Plasmodium* spp., *Toxoplasma gondii* et des nématodes *Ascaris lumbricoides*, *Trichuris trichiura*, *Ancylostoma duodenale* et *Necator americanus*.
3. Expliquer les mécanismes de pathogenèse et les signes cliniques associés à chaque groupe de parasites.
4. Réaliser et interpréter un examen parasitologique de sang (goutte épaisse, test rapide) et de selles (méthode Kato‑Katz, flottation).
5. Prescrire les traitements de première ligne recommandés par le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) et le Programme national de lutte contre les helminthiases géotransmissibles (PNLHGT).
6. Appliquer les règles d’hygiène, de biosécurité et de gestion des déchets liés à la manipulation de prélèvements biologiques en laboratoire ou sur le terrain.
**Prérequis**
- Notions de base de parasitologie (définition d’un parasite, hôte définitif, hôte intermédiaire, vecteur).
- Connaissance du système digestif humain et de la circulation sanguine.
- Principes d’hygiène personnelle et communautaire (lavage des mains, utilisation de latrines).
- Utilisation d’un microscope optique (mise au point, réglage de la lumière, lecture d’une lame).
---
## Introduction contextualisée
Au Cameroun, le paludisme reste la première cause de morbidité et de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans, avec une incidence annuelle estimée à plus de 2 millions de cas déclarés (MINSANTE, 2023). Parallèlement, les helminthiases géotransmissibles (Ascaridiose, trichuridiose, ankylostomiose) affectent près de 30 % de la population scolaire rurale, entraînant retard de croissance, anémie et baisse des performances scolaires. Ces deux groupes de parasites – les sporozoaires (protozoaires à forme sporozoïte) et les nématodes ovipares – représentent donc des priorités de santé publique. La maîtrise de leur biologie, de leurs méthodes de diagnostic et des mesures de prévention est indispensable pour les futurs techniciens de laboratoire, les agents de santé communautaire et les enseignants en sciences de la vie et de la Terre.
---
## I. ACTIVITES D’INTEGRATION
Cette activité vise à mettre en pratique les connaissances acquises sur la recherche des parasites dans les liquides biologiques.
**Mise en situation**
Un centre de santé de district reçoit chaque semaine 20 échantillons de sang provenant de patients fébriles et 15 échantillons de selles d’enfants scolarisés. Le technicien de laboratoire doit :
1. Préparer une goutte épaisse et un frottis mince pour chaque échantillon de sang.
2. Réaliser une lecture microscopique selon la méthode de l’OMS (comptage des parasites sur 200 leucocytes).
3. Effectuer un test de diagnostic rapide (RDT) pour détecter l’antigène HRP‑2 de *Plasmodium falciparum*.
4. Préparer une suspension de selles selon le protocole Kato‑Katz (2 mg de fécès sur une grille de 0,2 mm²).
5. Lire les oeufs d’Ascaris, de Trichuris et d’ankylostomes sous microscope à 10×–40×.
6. Remplir une fiche de résultat incluant la parasitémie (% de globules rouges infectés) et l’intensité d’infection (oeufs par gramme de selles, EPG).
**Compétences visées**
- Manipulation sécurisée de prélèvements biologiques (port de gants, lunettes de protection, blouse).
- Application des normes de biosécurité niveau 2 (manipulation d’agents pathogènes du groupe 2).
- Interprétation quantitative des résultats et prise de décision thérapeutique (traitement antipaludique ou antihelminthique selon les seuils nationaux).
- Communication des résultats au personnel soignant sous forme de compte‑rendu écrit.
> **À retenir** : La goutte épaisse permet de détecter jusqu’à 5 parasites/µL de sang, tandis que le frottis mince sert à l’identification de l’espèce.
---
## II. Leçon 17 : Sporozoaires
### 1. Définition et classification
Les sporozoaires sont des protozoaires obligatoirement intracellulaires, caractérisés par une forme infectieuse appelée sporozoïte, généralement immobile et dépourvue de structures locomotrices. Ils appartiennent au phylum **Apicomplexa**. Les genres pathogènes pour l’homme les plus importants sont *Plasmodium* (paludisme), *Toxoplasma* (toxoplasmose), *Cryptosporidium* (cryptosporidiose) et *Isospora* (isosporiose).
> **À retenir** : *Plasmodium falciparum* est responsable de la forme la plus grave du paludisme (paludisme pernicieux).
### 2. Morphologie
- **Sporozoïte** : forme allongée (10–15 µm de long), possède un complexe apical (rhoptries, micronèmes) permettant l’invasion des cellules hôtes.
- **Trophozoïte** : forme végétative, anneau ou forme amiboïde, présente dans les globules rouges (GR) ou les cellules musculaires/neuronales.
- **Schizonte** : forme en cours de schizogonie, contenant plusieurs mérozoïtes.
- **Gamétocyte** : forme sexuée (macrogamète et microgamète) prélevée par le moustique.
### 3. Cycle biologique (exemple *Plasmodium falciparum*)
1. **Inoculation** : le sporozoïte est injecté dans la peau lors de la piqûre d’un *Anopheles* femelle infectieux.
2. **Phase hépatique** : le sporozoïte envahit un hépatocyte, subit une schizogonie produisant des milliers de mérozoïtes (phase pré‑érythrocytaire).
3. **Release** : les mérozoïtes sont libérés dans la circulation sanguine, envahissent des GR.
4. **Cycle érythrocytaire** : schizogonie asexuée toutes les 48 h (cycle de 48 h pour *P. falciparum*), entraînant la rupture des GR et la libération de nouveaux mérozoïtes ainsi que de l’hémozoïne (pigment noir).
5. **Gamétogonie** : certains mérozoïtes se différencient en gamétocytes, ingestés par le moustique lors d’un repas sanguin.
6. **Phase sporogonie** : dans l’intestin du moustique, gamétocytes forment un zygote → ookinète → oocyste → libération de sporozoïtes qui migrent vers les glandes salivaires.
> **À retenir** : La période d’incubation du paludisme à *P. falciparum* varie de 7 à 14 jours après la piqûre infectieuse.
### 4. Pathogénicité et clinique
- **Anémie hémolytique** due à la destruction des GR infectées et à la clairance des GR non infectées par le système réticulo‑endothélial.
- **Adhésion cytoadhérente** des GR parasitées à l’endothélium vasculaire (via PfEMP1) provoquant micro‑obstructions, notamment cérébrale (paludisme cérébral).
- **Fièvre paroxystique** coïncidant avec la rupture synchronisée des schizontes (toutes les 48 h).
- **Complications** : hypoglycémie, acidose lactique, insuffisance rénale aiguë, détresse respiratoire.
### 5. Diagnostic
| Méthode | Principe | Sensibilité | Spécificité | Délai |
|---------|----------|-------------|-------------|-------|
| Goutte épaisse | Recherche de parasites dans le sang | 90 % (si >50 parasites/µL) | 95 % | 15 min |
| Frottis mince | Identification d’espèce | 80 % | 98 % | 20 min |
| Test rapide (RDT) | Détection d’antigène HRP‑2 ou pLDH | 95 % (HRP‑2) | 90 % | 15 min |
| PCR quantitative | Amplification d’ADN parasite | >99 % | >99 % | 4–6 h |
> **À retenir** : Un résultat négatif de RDT ne doit pas exclure le paludisme chez un patient présentant des signes cliniques évocateurs ; une goutte épaisse doit être réalisée en parallèle.
### 6. Traitement et prophylaxie
- **Traitement de première ligne** (PNLP, 2022) : artesunate‑amodiaquine (ASAQ) 4 mg/kg artesunate + 10 mg/kg amodiaquine une fois par jour pendant 3 jours.
- **Traitement de secours** : artéméther‑luméfantrine (AL) ou quinine‑clindamycine en cas de contre‑indication.
- **Prophylaxie chimique** : pour les voyageurs, atovaquone‑proguanil (Malarone) 250 mg/100 mg une fois par jour, débutant 1–2 jours avant l’arrivée et poursuivi 7 jours après le départ.
- **Mesures vectorielles** : utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide (MIID), pulvérisation intra‑domiciliaire (PID), gestion des sites de reproduction.
### 7. Normes de sécurité et d’hygiène
- Manipulation du sang : port de gants nitrile, lunettes de protection, blouse à manches longues.
- Décontamination des surfaces : solution d’hypochlorite de sodium à 0,5 % pendant 10 min.
- Élimination des déchets aiguës : conteneurs perforés, incinération ou autoclave à 121 °C, 15 min.
- Formation annuelle du personnel sur les risques biologiques (groupe 2).
> **À retenir** : Toute manipulation de prélèvements sanguins doit être réalisée dans une armoire de sécurité biologique de classe II, niveau 2.
### 8. Exemple chiffré : calcul de la parasitémie
Sur une goutte épaisse, on compte 12 parasites sur 200 leucocytes. On sait que le nombre moyen de leucocytes dans 1 µL de sang est de 7 000.
1. Nombre de leucocytes examinés = 200.
2. Ratio parasites/leucocytes = 12/200 = 0,06.
3. Parasites par µL = 0,06 × 7 000 = 420 parasites/µL.
4. Parasitémie (%) = (420 parasites/µL) / (5 × 10⁶ GR/µL) × 100 ≈ 0,0084 % (environ 8,4 parasites pour 100 000 GR).
> **À retenir** : Une parasitémie > 2 % indique une infection sévère nécessitant une prise en charge urgente.
---
## III. Leçon 18 : Nématodes ovipares
### 1. Généralités
Les nématodes ovipares sont des vers ronds qui éliminent des oeufs embryonnés dans les selles de l’hôte définitif. Ils possèdent un tube digestif complet, un cuticule résistante et des organes reproducteurs séparés (dioïques). Les espèces d’importance médicale au Cameroun sont :
- *Ascaris lumbricoides* (ascaridiose)
- *Trichuris trichiura* (trichuridiose)
- *Ancylostoma duodenale* et *Necator americanus* (ankylostomiose)
> **À retenir** : Les oeufs d’*Ascaris* sont sphériques, à épaisse cuticule mammelonnée, mesurant 45–75 µm de diamètre.
### 2. Morphologie des adultes et des oeufs
| Parasite | Taille adulte (mm) | Forme de l’oeuf | Dimensions (µm) | Particularité |
|----------|-------------------|----------------|----------------|---------------|
| *Ascaris lumbricoides* | Femelle 20–35, Mâle 15–30 | Ovale à cuticule mammelonnée | 45–75 × 35–50 | Présence de bile‑stained (couleur brunâtre) |
| *Trichuris trichiura* | Femelle 30–50, Mâle 30–45 | Barrel‑shaped (bouchon aux deux pôles) | 50–55 × 20–25 | Bipolaire avec bouchons transparents |
| *Ancylostoma duodenale* | Femelle 10–13, Mâle 8–11 | Ovale, mince cuticule | 55–75 × 35–45 | Présence de deux fentes buccales avec dents coupantes |
| *Necator americanus* | Femelle 9–11, Mâle 7–9 | Ovale, similaire à *A. duodenale* | 60–75 × 35–40 | Bouche avec deux coupes coupantes, absence de dents |
### 3. Cycles biologiques
#### 3.1 *Ascaris lumbricoides*
1. **Ingestion** d’oeufs embryonnés (contaminés par les mains, aliments, eau).
2. **Éclosion** dans l’intestin grêle → larve L2.
3. **Migration** : traversée de la paroi intestinale → circulation portale → foie → poumons (larve L3).
4. **Montée** dans l’arbre bronchique, déglutition → retour à l’intestin grêle.
5. **Maturation** en adultes mâles/femelles, accouplement, ponte d’oeufs (≈200 000/jour).
6. **Élimination** des oeufs dans les selles, nécessitant 2–3 semaines dans le sol pour devenir infectieux.
#### 3.2 *Trichuris trichiura*
- Cycle similaire à *Ascaris* mais sans migration tissulaire importante : les larves éclosent dans le caecum, s’enfoncent dans l’épithélium, deviennent adultes dans le gros intestin.
- Ponte d’oeufs embryonnés nécessitant 2–3 semaines au sol.
#### 3.3 *Ancylostoma duodenale* / *Necator americanus* (ankylostomes)
1. **Pénétration cutanée** des larves filariiformes L3 présentes dans le sol contaminé par des faeces.
2. **Migration** : voie lymphatique → circulation veineuse → cœur droit → poumons → montée bronchique → déglutition → intestin grêle.
3. **Fixation** à la muqueuse intestinale via le buccostome équipé de coupes dentaires ; ingestion de sang et de plasma.
4. **Ponte** d’oeufs (environ 10 000–20 000/jour) éliminés dans les selles.
5. **Développement** des oeufs en larves L1 → L2 → L3 infectieuses dans le sol (5–10 jours selon température et humidité).
> **À retenir** : L’ankylostomiose provoque une anémie ferriprive chronique due à la perte de 0,05–0,25 mL de sang par jour par ver adulte.
### 4. Symptomatologie
| Parasite | Signes cliniques majeurs |
|----------|--------------------------|
| *Ascaris* | Douleurs abdominales, nausées, vomissements, obstruction intestinale (en cas de forte charge), toux et dyspnée pendant la migration pulmonaire. |
| *Trichuris* | Diarrhée chronique, dysenterie (sang et mucus), prolapsus rectal, retard de croissance chez l’enfant. |
| *Ankylostomes* | Dermatite cutanée au site d’entrée (« ground itch »), toux pendant la migration pulmonaire, anémie, fatigue, pica (consommation de terre). |
### 5. Diagnostic coprologique
- **Méthode Kato‑Katz** : 2 mg de fécès placés sur une grille de 0,2 mm², recouverts de cellophane imbibé de solution d’hydroxyde de sodium (NaOH 0,5 %) pour rendre les oeufs transparents. Lecture à 10×–40×.
- **Flottation** (solution de sulfate de zinc, densité 1,33) : concentration des oeufs, utile pour les faibles charges.
- **Technique de Baermann** : pour larves filariiformes (ankylostomes) dans les selles fraîches.
> **À retenir** : Le résultat du Kato‑Katz s’exprime en oeufs par gramme de selles (EPG) ; le facteur de conversion est 24 (1 oeuf sur la grille = 24 EPG).
### 6. Traitement
- **Albendazole** 400 mg en prise unique (efficace contre *Ascaris*, *Trichuris* et les ankylostomes).
- **Mébendazole** 500 mg en prise unique (alternative).
- Chez les femmes enceintes du deuxième trimestre, l’albendazole est recommandé par l’OMS dans les zones à prévalence > 20 %.
### 7. Prophylaxie hygiénique
- Lavage des mains avec eau et savon après défécation et avant repas.
- Utilisation de latrines améliorées (fosse septique, latrine ventilée).
- Port de chaussures fermées en milieu rural pour éviter la pénétration cutanée des larves d’ankylostomes.
- Éducation sanitaire en milieu scolaire (lavage des mains, consommation d’eau potable, cuisson complète des légumes).
### 8. Normes de sécurité et d’hygiène en laboratoire
- Manipulation des selles : port de gants nitrile, blouse, lunettes de protection.
- Décontamination du poste de travail : solution d’hypochlorite à 0,5 % pendant 10 min, suivi d’un rinçage à l’eau.
- Élimination des déchets biologiques : sacs autoclavables, incinération à 800 °C ou autoclave à 121 °C, 20 min.
- Formation du personnel sur les risques biologiques (groupe 2) et les procédures d’urgence (lavage oculaire, douche de sécurité).
> **À retenir** : Toute manipulation de prélèvements fécaux doit être effectuée dans un espace de travail dédié, séparé des zones de préparation des réactifs.
### 9. Exemple chiffré : calcul de l’intensité d’infection (EPG) avec Kato‑Katz
Sur une préparation Kato‑Katz, on compte 5 oeufs d’*Ascaris* sur la grille.
1. Facteur de conversion Kato‑Katz = 24 EPG par oeuf compté.
2. EPG = 5 × 24 = 120 oeufs/g de selles.
Interprétation selon l’OMS :
- Léger : < 2 000 EPG
- Modéré : 2 000–10 000 EPG
- Élevé : > 10 000 EPG
Dans cet exemple, l’infection est classée comme légère.
> **À retenir** : Un EPG > 10 000 indique une charge parasitaire élevée nécessitant un traitement de masse et une réévaluation de l’assainissement.
---
## Synthèse du chapitre
- **Sporozoaires** : protozoaires intracellulaires (ex. *Plasmodium*, *Toxoplasma*) ; cycle avec phase hépatique et érythrocytaire ; diagnostic par goutte épaisse, frottis mince, RDT ; traitement par artesunate‑amodiaquine ; prévention vectorielle (MIID, PID).
- **Nématodes ovipares** : vers ronds éliminant des oeufs dans les selles (*Ascaris*, *Trichuris*, *Ankylostomes*) ; cycles avec ingestion ou pénétration cutanée ; symptômes variés (digestifs, pulmonaires, anémie) ; diagnostic coprologique (Kato‑Katz, flottation) ; traitement par albendazole ou mébendazole ; prophylaxie basée sur l’hygiène des mains, latrines, port de chaussures.
- **Méthodes quantitatives** : parasitémie (% de GR infectés) et EPG (oeufs/g de selles) permettent d’évaluer la gravité et de guider la prise en charge.
- **Sécurité** : port d’EPI, décontamination à l’hypochlorite 0,5 %, gestion des déchets biologiques, formation continue sur les risques du groupe 2.
---
## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| Sporozoïte | Forme infectieuse immobile des Apicomplexa, responsable de l’invasion de l’hôte définitif. |
| Schizogonie | Division aseptique multiple du noyau suivie de cytokinèse, produisant plusieurs mérozoïtes. |
| Gamétocyte | Forme sexuée du parasite prélevée par le vecteur pour la poursuite du cycle dans l’insecte. |
| Goutte épaisse | Technique de concentration du sang permettant la détection de faibles parasitémies. |
| Frottis mince | Étalement fin de sang permettant l’identification morphologique de l’espèce de parasite. |
| Test rapide (RDT) | Immunochromatographie détectant un antigène parasite spécifique (ex. HRP‑2 de *P. falciparum*). |
| Kato‑Katz | Méthode de quantification des oeufs de helminthes dans les selles à l’aide d’une grille standardisée. |
| EPG (oeufs par gramme) | Unité de mesure de l’intensité d’infection helminthique, calculée à partir du comptage Kato‑Katz. |
| Albendazole | Benzolé anthelminthique à large spectre, inhibant la polymérisation de la tubuline des helminthes. |
| MIID | Moustiquaire imprégnée d’insecticide, dispositif de prévention du paludisme. |
| PID | Pulvérisation intra‑domiciliaire d’insecticide à effet rémanent sur les murs. |
| Géotransmissibles | Helminthes dont le cycle nécessite une phase de développement dans le sol avant de réinfecter l’hôte. |
| Cuticule | Enveloppe externe résistante des nématodes, composée de collagène, assurant la protection contre les enzymes de l’hôte. |
| Ancylostome | Ver hookworm (*Ancylostoma duodenale* ou *Necator americanus*) pénétrant l’hôte par la peau. |
| Ascaridiose | Infection par *Ascaris lumbricoides*, pouvant provoquer des obstructions intestinales. |
| Trichuridiose | Infection par *Trichuris trichiura*, responsable de diarrhée chronique et de prolapsus rectal. |
| Hémozoïne | Pigment de fer formé par la dégradation de l’hémoglobine dans les vacuoles digestives de *Plasmodium*. |
| PfEMP1 | Protéine de la membrane des globules rouges parasitée par *P. falciparum*, mediating cytoadherence. |
| Larva currens | Éruption cutanée linéaire prurigineuse caractéristique de la migration des larves d’*Strongyloides* (non au programme mais parfois confondue). |
| Coprologie | Étude des selles pour la recherche de parasites intestinaux. |
---
## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Calcul de la parasitémie
**Consigne** : Sur une goutte épaisse d’un patient fébrile, on compte 18 parasites sur 250 leucocytes. Le nombre moyen de leucocytes dans 1 µL de sang est 7 000. Calculer la parasitémie en pourcentage et interpréter le résultat selon le seuil de gravité (> 2 %).
**Corrigé**
1. Ratio parasites/leucocytes = 18 / 250 = 0,072.
2. Parasites par µL = 0,072 × 7 000 = 504 parasites/µL.
3. Parasitémie (%) = (504 / 5 000 000) × 100 = 0,01008 % ≈ 0,01 %.
4. Interprétation : 0,01 % < 2 % → infection légère à modérée ; toutefois, la présence de symptômes justifie un traitement selon les recommandations nationales (ASAQ 3 jours).
---
### Exercice 2 – Détermination de l’EPG par Kato‑Katz
**Consigne** : Lors d’une analyse Kato‑Katz d’un échantillon de selles d’un élève de 10 ans, on compte 9 oeufs d’*Ankylostome* sur la grille. Calculer l’EPG et classer l’intensité d’infection selon l’OMS (léger < 2 000 EPG, modéré 2 000–10 000 EPG, élevé > 10 000 EPG).
**Corrigé**
1. Facteur de conversion Kato‑Katz = 24 EPG/oeuf.
2. EPG = 9 × 24 = 216 oeufs/g de selles.
3. Classification : 216 EPG < 2 000 → infection légère.
4. Action recommandée : administration d’une dose unique d’albendazole 400 mg, suivi d’une sensibilisation au lavage des mains et au port de chaussures.
---
## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | Lecture de la goutte épaisse sans attendre la complète sédimentation (≤ 10 min) | Sous‑estimation de la parasitémie, risque de faux négatif | Respecter un temps de sédimentation de 10–15 min avant la lecture ; utiliser un chronomètre. |
| 2 | Utilisation d’une solution de flottation trop concentrée (ex. ZnSO₄ à 1,5) | écrasement des oeufs, perte de visibilité | Préparer la solution à la densité recommandée (1,33 pour ZnSO₄) et vérifier avec un densimètre. |
| 3 | Oublier de porter des gants lors de la manipulation de selles contenant des larves d’ankylostomes | Risque de pénétration cutanée (« ground itch ») | Porter systématiquement des gants nitrile ; en cas de contact, laver immédiatement à l’eau et au savon. |
| 4 | Utiliser une lame déjà utilisée pour un frottis mince sans nettoyage | Contamination croisée, résultats erronés | Nettoyer la lame à l’alcool 70 %, flammer ou utiliser une lame neuve pour chaque prélèvement. |
| 5 | Ne pas renouveler la solution d’hydroxyde de NaOH dans la préparation Kato‑Katz après plusieurs lectures | Diminution de la transparence, sous‑comptage des oeufs | Préparer une solution fraîche de NaOH 0,5 % pour chaque série de 10–20 échantillons. |
| 6 | Interpréter un test rapide négatif comme preuve d’absence de paludisme chez un patient fébrile | Retard de traitement, risque de forme sévère | Toujours confirmer un RDT négatif par une goutte épaisse (ou PCR) en présence de signes cliniques évocateurs. |
---
*Fin du cours.*
Quiz du chapitre
10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.