Chapitre 3
MULTIPLEXEURS - DEMULTIPLXEURS (partie 1/3)
Lecture : 20 minQuiz de 9 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :
- expliquer pourquoi le multiplexage permet de réduire le câblage dans un système électronique ;
- décrire le principe de fonctionnement d’un multiplexeur (MUX) et d’un démultiplexeur (DEMUX) ;
- établir la table de vérité d’un MUX 2ⁿ→1 et l’interpréter ;
- choisir un circuit intégré adapté (ex. : 74HC151, 74HC138) en fonction du nombre d’entrées et des contraintes de tension et de fréquence ;
- réaliser un montage expérimental de sélection de signaux sur breadboard, le tester avec un oscilloscope ou un multimètre et interpréter les résultats ;
- appliquer les règles de sécurité électrique lors de la manipulation de circuits logiques.
**Prérequis** : maîtrise des portes logiques de base (AND, OR, NOT), connaissance des familles logiques TTL et CMOS, capacité à lire un schéma électronique simple, notions de tension d’alimentation (5 V typique) et de courant de consommation, savoir utiliser un breadboard, un générateur de fonctions et un oscilloscope de base.
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## Introduction contextualisée
Dans les installations industrielles camerounaises (usines de transformation du cacao, lignes d’assemblage de panneaux solaires, réseaux de télécommunication rurale), les systèmes de mesure et de commande doivent souvent acquérir des dizaines de signaux provenant de capteurs (température, pression, niveau) ou commander plusieurs actionneurs (relais, variateurs, moteurs). Si chaque signal nécessitait un fil dédié jusqu’à l’unité d’acquisition ou de commande, le câblage deviendrait rapidement encombrant, coûteux et sujet à des défauts de connexion. Le multiplexage répond à ce problème en permettant de partager un même conducteur de transmission entre plusieurs sources, sous le contrôle d’un code de sélection. Cette approche réduit le nombre de fils, diminue les pertes ohmiques, simplifie la maintenance et améliore la fiabilité globale du système. Le présent chapitre introduit les concepts de multiplexeur et de démultiplexeur, en insistant sur leur mise en œuvre pratique dans un contexte technique camerounais.
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## I. Leçon 7 : Pourquoi multiplexer ? Le problème du câblage
### 1. Analyse du problème de câblage
- **Encombrement physique** : chaque fil supplémentaire augmente le volume du faisceau, rendant le routage difficile dans les armoires ou les châssis embarqués.
- **Coût matériel** : le prix du cuivre, des connecteurs et du temps de montage augmente linéairement avec le nombre de conducteurs.
- **Fiabilité** : plus de connexions signifie plus de points de risque de desserrage, d’oxydation ou de court‑circuit.
- **Maintenance** : localiser un défaut devient plus long lorsqu’il faut tester de nombreux fils individuellement.
### 2. Avantages du multiplexage
| Situation | Sans multiplexage | Avec multiplexeur 2ⁿ→1 |
|-----------|-------------------|------------------------|
| Nombre de fils de signal | N (une entrée par fil) | 1 (sortie) + ⌈log₂ N⌉ (sélection) |
| Encombrement du faisceau | proportionnel à N | fortement réduit |
| Coût de câblage | élevé | réduit de 60 % à 80 % selon N |
| Facilité de dépannage | complexe (N points de test) | simplifié (seule ligne de sortie à contrôler) |
| Exemple réel (Cameroun) | Tableau de commande d’une ligne de raffinage d’huile de palme avec 16 capteurs de température → 16 fils | Même tableau avec un MUX 16→1 → 1 fils de sortie + 4 fils de sélection = 5 fils |
> **> À retenir** : Le multiplexage permet de passer de N fils de données à 1 + log₂N fils, réduisant ainsi le câblage de plus de 70 % pour N ≥ 16.
### 3. Exemple d’atelier au Cameroun
Dans un atelier de maintenance des groupes électrogènes de la société **ENERGIE‑CAM**, les techniciens doivent surveiller la tension de sortie de huit alternateurs en parallèle. Au lieu de tirer huit paires de fils vers le tableau de commande, ils utilisent un multiplexeur 8→1 (74HC151) commandé par un commutateur rotatif 3 bits. La sortie du MUX alimente un voltmètre numérique. Cette solution a permis de réduire le faisceau de câbles de 16 à 3 conducteurs, diminuant le temps d’installation de deux heures à trente minutes et éliminant trois mauvais contacts détectés lors des tests de continuité.
### 4. Formule de dimensionnement rapide
Pour un MUX 2ⁿ→1 :
- Nombre de lignes de sélection : n = log₂(N)
- Nombre total de fils nécessaires (signal + sélection + masse) : 1 + n + 1 (masse) ≈ n + 2
> **> À retenir** : Un MUX 8→1 nécessite 3 lignes de sélection + 1 sortie + 1 masse = 5 fils au total.
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## II. Leçon 8 : Le multiplexeur principe et table de vérite
### 1. Définition et symbole
Un **multiplexeur** (MUX) est un circuit combinatoire qui sélectionne une de ses **entrées de données** (D₀ … D_{2ⁿ‑1}) en fonction d’un code binaire appliqué sur ses **entrées de sélection** (S₀ … S_{n‑1}) et la présente sur sa **sortie** Y. Une entrée **Enable** (E) peut activer ou désactiver le dispositif (E = 0 → MUX activé pour les familles CMOS actives‑low ; E = 1 → sortie forcée à l’état haut ou haute impédance selon le type).
Symbolique usuelle : un trapèze avec les entrées de données à gauche, les sélecteurs en bas, la sortie à droite, et éventuellement E en haut.
### 2. Principe de fonctionnement (équation booléenne)
Pour un MUX 2ⁿ→1 :
\[
Y = \overline{E}\; \bigl( D_0 \cdot \overline{S_{n-1}}\dots\overline{S_0} \;+\; D_1 \cdot \overline{S_{n-1}}\dots S_0 \;+\; \dots \;+\; D_{2^{n}-1} \cdot S_{n-1}\dots S_0 \bigr)
\]
Lorsque E = 0 (actif‑low), la sortie reproduit l’entrée dont l’indice correspond à la valeur binaire des sélecteurs. Lorsque E = 1, la sortie est fixée à l’état haut (ou haute impédance selon le composant).
### 3. Table de vérité – exemple 4→1 (74HC151) (E = 0)
| S₁ | S₀ | D₀ | D₁ | D₂ | D₃ | Y |
|----|----|----|----|----|----|---|
| 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 1 | 1 |
| 0 | 0 | 0 | 0 | 1 | 0 | 0 |
| 0 | 0 | 0 | 0 | 1 | 1 | 1 |
| 0 | 1 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| 0 | 1 | 0 | 0 | 0 | 1 | 0 |
| 0 | 1 | 0 | 0 | 1 | 0 | 0 |
| 0 | 1 | 0 | 0 | 1 | 1 | 0 |
| 1 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| 1 | 0 | 0 | 0 | 0 | 1 | 0 |
| 1 | 0 | 0 | 0 | 1 | 0 | 0 |
| 1 | 0 | 0 | 0 | 1 | 1 | 0 |
| 1 | 1 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| 1 | 1 | 0 | 0 | 0 | 1 | 0 |
| 1 | 1 | 0 | 0 | 1 | 0 | 0 |
| 1 | 1 | 0 | 0 | 1 | 1 | 0 |
> **> À retenir** : Dans un MUX 4→1, la sortie Y vaut exactement l’entrée Dᵢ où i = (S₁S₀)₂ lorsque E = 0 (activé).
### 4. Table de vérité – exemple 8→1 (74HC151) (E = 0)
Les trois sélecteurs S₂S₁S₀ codent l’indice de 0 à 7. La même logique s’applique : Y = D_{S₂S₁S₀} lorsque E = 0.
### 5. Exemple chiffré d’atelier
**Objectif** : sélectionner la tension de sortie d’un capteur de température (0‑5 V) parmi quatre capteurs installés sur un four de séchage du café.
- **Composant** : 74HC151 (CMOS, VCC = 5 V, Icc ≈ 1 µA en veille, 10 mA max en commutation).
- **Alimentation** : régulateur 5 V issu d’une batterie de secours 12 V → convertisseur buck.
- **Entrées de données** : D₀…D₃ connectées aux sorties des capteurs via des diviseurs de tension 10 kΩ/10 kΩ pour limiter à 2,5 V max (compatible avec le seuil logique CMOS).
- **Sélecteurs** : deux interrupteurs à bascule reliés à VCC ou GND via des résistances de tirage 10 kΩ (évite l’état flottant).
- **Enable** : relié à GND (always active).
- **Sortie** : reliée à l’entrée d’un convertisseur analogique‑numérique (ADC) d’un microcontrôleur STM32F103.
**Calcul du courant de consommation** (worst case) :
- Chaque entrée peut présenter jusqu’à 2,5 V → courant de fuite ≈ V/R = 2,5 V/10 kΩ = 0,25 mA.
- Quatre entrées → 1 mA.
- Courant de commutation du 74HC151 ≈ 5 mA (fiche technique).
- Total ≈ 6 mA, bien inférieur à la capacité du régulateur (500 mA).
> **> À retenir** : Dans un design CMOS, le courant statique est négligeable ; le dimensionnement se fait surtout sur le courant de commutation et les résistances de tirage des sélecteurs.
### 6. Procédure de mise en œuvre pas à pas
1. Vérifier l’absence de tension sur le breadboard (multimètre en mode continuité).
2. Installer le régulateur 5 V et placer un condensateur de découplage 100 nF entre VCC et GND près du MUX.
3. Insérer le 74HC151, respecter l’orientation (point 1 repéré).
4. Connecter VCC à la broche 16, GND à la broche 8.
5. Relier E (broche 7) à GND.
6. Brancher les sélecteurs S₀ (broche 10) et S₁ (broche 11) aux interrupteurs avec résistances de tirage 10 kΩ vers GND.
7. Connecter les entrées de données D₀‑D₃ (broches 1‑4) aux diviseurs de tension des capteurs.
8. Relier la sortie Y (broche 5) à l’entrée ADC du microcontrôleur via une résistance série 1 kΩ (protection contre les surtensions).
9. Mettre sous tension, vérifier la présence de 5 V sur VCC avec le multimètre.
10. Faire défiler les quatre combinaisons de sélecteurs (00,01,10,11) et lire la tension sur Y avec l’oscilloscope : elle doit suivre exactement la tension du capteur sélectionné.
11. Noter les valeurs, comparer aux tensions mesurées directement aux sorties des capteurs (écart < 50 mV).
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## III. ACTIVITES D’INTEGRATION
### 1. Énoncé du projet
Réaliser un sélecteur de quatre sources lumineuses (LEDs) commandé par un interrupteur rotatif 2 bits, afin d’illustrer le principe du multiplexeur 4→1 dans un contexte d’indicateur de panne sur un tableau de commande d’une ligne de production de savon au Cameroun.
### 2. Matériel nécessaire
- Breadboard 830 points
- Circuit intégré 74HC151 (MUX 4→1)
- Quatre LEDs (rouge, jaune, verte, bleue) avec résistances de limitation 220 Ω chacune
- Interrupteur rotatif 2 bits (type encodeur mécanique)
- Deux résistances de tirage 10 kΩ (pour les sélecteurs)
- Alimentation stabilisée 5 V (adaptateur secteur ou batterie + régulateur)
- Fils de connexion, pince à dénuder, cutter
- Multimètre numérique
### 3. Schéma de principe (description texte)
Les deux sorties de l’interrupteur rotatif (S₀, S₁) sont reliées aux entrées de sélection du 74HC151 via des résistances de tirage 10 kΩ vers GND (évite l’état flottant lorsqu’un contact n’est pas fermé). Les quatre entrées de données D₀‑D₃ du MUX sont chacune connectées à l’anode d’une LED via sa résistance de limitation 220 Ω ; les cathodes des LEDs sont toutes reliées à GND. La sortie Y du MUX alimente l’anode d’une **LED témoin** (blanche) placée au centre du tableau, permettant de voir laquelle des quatre LEDs est effectivement sélectionnée. L’entrée Enable (E) est fixée à GND pour un fonctionnement permanent.
### 4. Étapes de réalisation
1. **Préparation de l’alimentation** : vérifier la tension de 5 V avec le multimètre, placer un condensateur 100 nF en parallèle sur les rails VCC/GND du breadboard.
2. **Installation du MUX** : insérer le 74HC151, repérer la broche 1 (point de repère).
3. **Connexions d’alimentation** : VCC (broche 16) → rail +5 V ; GND (broche 8) → rail GND.
4. **Enable** : relier la broche 7 à GND.
5. **Sélecteurs** : connecter S₀ (broche 10) et S₁ (broche 11) chacun à un contact de l’interrupteur rotatif ; ajouter une résistance de tirage 10 kΩ vers GND sur chaque ligne.
6. **Entrées de données** : relier D₀ (broche 1) à l’anode de la LED rouge via 220 Ω, D₁ (broche 2) à la LED jaune, D₂ (broche 3) à la LED verte, D₃ (broche 4) à la LED bleue.
7. **Sortie** : connecter Y (broche 5) à l’anode de la LED témoin via une résistance 220 Ω ; cathode à GND.
8. **Vérification de continuité** : avant mise sous tension, contrôler qu’il n’y a pas de court‑circuit entre VCC et GND, et que chaque résistance est bien en série avec sa LED.
9. **Mise sous tension** : allumer l’alimentation, observer que aucune LED ne s’allume tant que les sélecteurs sont à 00 et que D₀ est à 0 V (LED rouge éteinte).
10. **Test fonctionnel** : faire tourner l’interrupteur rotatif dans les quatre positions (00,01,10,11) et vérifier que seule la LED correspondant à l’entrée sélectionnée s’allume, tandis que la LED témoin reproduit l’état de ladite LED (allumée si sélectionnée, éteinte sinon).
11. **Mesure de courant** : avec le multimètre en série sur la ligne VCC, relever le courant total (attendu < 15 mA).
### 5. Résultats attendus
- Chaque combinaison de sélecteurs active exactement une des quatre LEDs de couleur.
- La LED témoin suit l’état de la LED sélectionnée, confirmant que la sortie Y du MUX reproduit l’entrée choisie.
- Aucun échauffement notable du 74HC151 (température < 35 °C après 10 min de fonctionnement).
### 6. Application professionnelle similaire
Dans une scierie de la région du Littoral, un sélecteur de gamme permet de choisir entre quatre vitesses de rotation d’un moteur entraînant une scie à ruban. Le sélecteur est réalisé avec un MUX 4→1 commandé par un potentiomètre numérique (2 bits) provenant d’un automate programmable (PLC). Cette solution réduit le faisceau de câbles entre le poste de commande et le variateur de fréquence de 8 à 3 conducteurs, diminuant les coûts d’installation et améliorant la fiabilité du système de réglage de vitesse.
> **> À retenir** : Un multiplexeur bien dimensionné permet de remplacer plusieurs fils de commande par un petit nombre de lignes de sélection, tout en conservant la fonctionnalité complète du système.
> **> À retenir** : Toujours vérifier l’état des entrées de sélection (pas de flottement) avant de mettre sous tension un circuit logique afin d’éviter des états indéterminés pouvant endommager les composants en CMOS.
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## Synthèse du chapitre
- **Pourquoi multiplexer** : réduction du nombre de conducteurs, baisse du coût et de l’encombrement, amélioration de la fiabilité et de la maintenance.
- **Multiplexeur 2ⁿ→1** : sélection d’une entrée de données selon un code binaire sur n lignes de sélection ; sortie Y = Dᵢ où i = valeur des sélecteurs (si Enable actif, c’est‑à‑dire E = 0 pour les familles CMOS actives‑low).
- **Table de vérité** : liste exhaustive des combinaisons de sélecteurs et de la valeur de la sortie pour chaque entrée de données.
- **Dimensionnement** : nombre de fils nécessaires = 1 (sortie) + ⌈log₂ N⌉ (sélection) + 1 (masse) ≈ ⌈log₂ N⌉ + 2.
- **Composants typiques** : 74HC151 (CMOS, 4→1), 74HC138 (démultiplexeur 3→8), 74HC257 (bus transceiver avec fonction de multiplexage).
- **Mise en pratique** : vérification d’alimentation, utilisation de résistances de tirage pour les sélecteurs, découplage VCC/GND, protection des sorties avec résistances série, mesure de courant et de tension avec multimètre/oscilloscope.
- **Sécurité** : ne jamais laisser les sélecteurs en flottant, respecter les tensions d’entrée maximales (VCC + 0,5 V pour CMOS), ajouter des condensateurs de découplage, couper l’alimentation avant toute modification du circuit.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| Multiplexeur (MUX) | Circuit combinatoire qui sélectionne une de ses entrées de données en fonction d’un code de sélection et la présente sur sa sortie. |
| Démultiplexeur (DEMUX) | Circuit qui prend une entrée unique et la dirige vers l’une de plusieurs sorties selon un code de sélection. |
| Entrée de données (D) | Ligne véhiculant le signal à sélectionner dans un MUX. |
| Ligne de sélection (S) | Entrée binaire qui code l’indice de l’entrée de données à connecter à la sortie. |
| Enable (E) | Entrée de commande qui active ou désactive le dispositif (souvent actif‑low pour les familles CMOS, ex. : 74HC151). |
| Table de vérité | Tableau listant toutes les combinaisons d’entrées et la valeur correspondante de la sortie. |
| CMOS | Technologie logique à semi‑oxyde de complémentaire, faible consommation statique, sensible aux décharges électrostatiques. |
| TTL | Technologie logique à transistors bipolaires, consommation plus élevée, niveaux 0 V/5 V standards. |
| Découplage | Utilisation de condensateurs placés près de l’alimentation pour filtrer les variations de tension rapides. |
| Résistance de tirage | Résistance reliant une entrée logique à VCC ou GND pour éviter l’état flottant. |
| Breadboard | Plaque d’essai permettant de réaliser des circuits soudés provisoirement. |
| Oscilloscope | Instrument mesurant la variation de tension en fonction du temps, utilisé pour vérifier les signaux logiques. |
| Courant de commutation | Courant consommé lors du changement d’état d’une porte logique, dépend de la fréquence et de la capacité de charge. |
| Niveau logique haut (V<sub>IH</sub>) | Tension minimale reconnue comme « 1 » par une entrée logique. |
| Niveau logique bas (V<sub>IL</sub>) | Tension maximale reconnue comme « 0 » par une entrée logique. |
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## Exercices d’application corrigés
### Exercice 1 – Sélection de huit tensions de batterie
**Contexte** : Un véhicule électrique de marque **Volta‑Cam** doit surveiller la tension de huit blocs de batteries (chaque bloc 48 V nominal) afin d’activer une alarme si une chute sous 44 V est détectée. Le système d’acquisition ne possède qu’un seul canal analogique‑numérique (0‑5 V après division).
**Consignes** :
1. Choisir un multiplexeur adapté pour passer de huit entrées à une sortie.
2. Déterminer le nombre de lignes de sélection nécessaires.
3. Proposer un schéma de principe (description texte) incluant les diviseurs de tension nécessaires pour ramener 48 V à ≤ 5 V.
4. Calculer le courant maximal prélevé sur chaque entrée si chaque diviseur utilise deux résistances de 100 kΩ.
5. Vérifier que le courant total reste inférieur à 10 mA, valeur maximale admissible pour l’entrée du microcontrôleur.
**Corrigé** :
1. Le 74HC151 ne gère que 4 entrées ; on utilise deux 74HC151 en cascade ou un 74HC251 (8→1 CMOS). On choisit le **74HC251** (8→1, trois sélecteurs).
2. Nombre de lignes de sélection : n = log₂(8) = 3 (S₀, S₁, S₂).
3. Schéma : chaque tension de batterie (48 V) passe par un diviseur résistif R₁=1 MΩ, R₂=100 kΩ → Vout = 48 V × (R₂/(R₁+R₂)) ≈ 4,36 V, compatible avec l’entrée 0‑5 V du microcontrôleur.
4. Courant dans chaque diviseur : I = V/(R₁+R₂) = 48 V / (1 MΩ+100 kΩ) ≈ 48 V / 1,1 MΩ ≈ 43,6 µA.
5. Courant total sur les huit entrées : 8 × 43,6 µA ≈ 0,35 mA, bien inférieur à la limite de 10 mA du microcontrôleur. Le courant de consommation du 74HC251 (quelques µA en veille, < 1 mA en commutation) reste négligeable.
**Conclusion** : Le système respecte les contraintes de courant et de tension ; le multiplexeur 74HC251 permet de réduire le faisceau de huit paires de fils à trois lignes de sélection + une sortie + masse = cinq fils.
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### Exercice 2 – Dépannage d’un MUX 4→1 dont la sortie reste à zéro
**Symptôme** : Sur un banc de test d’une ligne de conditionnement de jus de fruits, un MUX 74HC151 sélectionné pour choisir entre quatre capteurs de niveau (signaux 0‑5 V) présente toujours une sortie Y = 0 V, indépendamment de la position des sélecteurs S₀ et S₁.
**Consignes** :
1. Lister les causes probables de ce dysfonctionnement.
2. Pour chaque cause, proposer un test de vérification (instrument, procédure).
3. Indiquer l’action corrective associée.
**Corrigé** :
| Cause possible | Test de vérification | Action corrective |
|----------------|----------------------|-------------------|
| **Enable (E) désactivé** (E relié à VCC ou flottant pour un MUX actif‑low) | Mesurer la tension sur la broche 7 du 74HC151 avec le multimètre ; elle doit être à 0 V (GND) si le MUX est activé. | Relier E à GND (ou vérifier la résistance de tirage si E est actif‑high selon le composant). |
| **Sélecteurs en flottant** (pas de tirage vers GND ou VCC) | Mesurer les tensions sur S₀ et S₁ ; elles doivent être clairement 0 V ou VCC selon la position de l’interrupteur. Si elles prennent des valeurs intermédiaires, ajouter des résistances de tirage 10 kΩ vers GND. | Ajouter ou vérifier les résistances de tirage sur chaque ligne de sélection. |
| **Entrée de données sélectionnée toujours à 0 V** (ex. : toutes les Dᵢ connectées à GND) | Mesurer la tension sur chaque Dᵢ (broches 1‑4) avec le multimètre ; elles doivent suivre les signaux des capteurs. | Vérifier le câblage des capteurs, s’assurer qu’ils sont bien alimentés et que leurs sorties ne sont pas court‑circuitées à la masse. |
| **Sortie Y court‑circuitée à GND** (bris de piste ou soudure accidentelle) | Mesurer la résistance entre Y (broche 5) et GND avec le multimètre en mode Ω ; doit être très élevée (> 1 MΩ) en l’absence de charge. | Rechercher et réparer le court‑circuit (refaire la piste, remplacer le composant si nécessaire). |
| **Alimentation VCC absente ou sous‑tension** | Mesurer VCC sur les broches 16 et 8 ; doit être proche de 5 V (± 0,2 V). | Vérifier le régulateur, les fusibles, les connexions d’alimentation ; remplacer le régulateur si défectueux. |
| **Composant endommagé (entrée E ou sélection endommagée par ESD)** | Tester le composant sur un banc de test connu bon : appliquer des sélecteurs variés et observer la sortie avec un oscilloscope. Si aucune commutation n’apparaît, remplacer le 74HC151. | Remplacer le circuit intégré par un neuf, en observant les précautions anti‑statique (bracelet anti‑ESD, tapis conducteur). |
> **> À retenir** : Lors du dépannage d’un multiplexeur, commencer toujours par vérifier l’activation de l’Enable, puis l’état des sélecteurs (pas de flottement), ensuite la présence correcte des tensions d’alimentation et enfin l’intégrité des entrées de données et de la sortie.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
1. **Oublier de connecter l’entrée Enable** → la sortie reste bloquée à 0 V (ou à l’état haut selon la polarité). *Règle* : toujours relier E à son niveau actif avant de mettre sous tension.
2. **Laisser les sélecteurs en flottant** → états indéterminés pouvant provoquer des courants de parasite et endommager les entrées CMOS. *Règle* : ajouter des résistances de tirage (10 kΩ) vers VCC ou GND selon la logique du composant.
3. **Dépasser la tension d’entrée maximale** (ex. : appliquer 12 V sur une entrée logique 5 V CMOS) → risque de dégradation permanente du silicium. *Règle* : utiliser des diviseurs de tension ou des adaptateurs de niveau lorsqu’une source dépasse VCC + 0,5 V.
4. **Négliger le découplage d’alimentation** → bruit sur VCC pouvant provoquer des commutations erratiques. *Règle* : placer un condensateur céramique 100 nF (ou 0,1 µF) au plus près des broches VCC et GND de chaque circuit intégré.
5. **Utiliser un composant TTL avec des entrées CMOS sans adaptation** → les niveaux TTL (0,8 V/2 V) ne sont pas toujours reconnus comme niveaux logiques sûrs par le CMOS. *Règle* : vérifier la compatibilité des familles ou ajouter un traducteur de niveaux (ex. : 74HCT245).
6. **Ne pas effectuer de contrôle de continuité avant mise sous tension** → risque de court‑circuit entre VCC et GND pouvant endommager le régulateur et le composant. *Règle* : toujours mesurer la résistance entre VCC et GND (doit être > 10 kΩ) et vérifier l’absence de court‑circuit entre chaque paire de broches avant d’alimenter.
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*Fin de cours.*
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