Chapitre 10
Identification des bactéries
Lecture : 15 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
- Réaliser une observation morphologique précise des bactéries en culture pure au microscope optique et déduire leur forme, leur disposition et leur coloration de Gram.
- Mettre en œuvre les tests biochimiques classiques (catalase, oxydase, fermentation des sucres, réduction du nitrates, production d’indole, utilisation du citrate, etc.) et interpréter les résultats pour identifier une bactérie à l’espèce.
- Appliquer les règles de sécurité biologique (niveau de confinement 2) et d’hygiène lors de la manipulation de milieux de culture et de réactifs.
- Rédiger un compte‑rendu d’analyse microbiologique conforme aux exigences du laboratoire technique camerounais (format, unités, traçabilité).
**Prérequis :**
- Connaissances de base en microbiologie générale (structure cellulaire procaryote, milieu de culture, stérilisation).
- Maîtrise de l’utilisation du microscope optique (objectifs 10×, 40×, 100× immersion) et de la technique de coloration de Gram.
- Notions de sécurité en laboratoire (port du blouse, gants, lunettes, manipulation des agents pathogènes).
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## Introduction contextualisée
Dans les laboratoires d’analyses médicales, agroalimentaires ou environnementaux du Cameroun, l’identification précise des bactéries est une étape cruciale pour le diagnostic des infections, le contrôle de la qualité des denrées alimentaires (lait, viande, poisson) et la surveillance de la qualité de l’eau. Les techniciens supérieurs doivent donc maîtriser à la fois les méthodes morphologiques rapides et les tests biochimiques confirmatoires, tout en respectant les normes du **MINESEC/IGE** et les bonnes pratiques de laboratoire (BPL). Ce chapitre présente, de façon progressive, les procédés utilisés en première année de la série F6 pour passer d’une colonie isolée à une identification espèces‑spécifique.
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## I. Leçon 10 : Identification morphologique des bactéries en cultures pures
### 1. Préparation d’une culture pure
- **Inoculation** : à partir d’un échantillon (ex. écouvillon nasal, prélèvement de lait), réaliser un étalement en quadrillage sur une gélose nutritive (ou gélose sanguine selon le germe suspecté) à l’aide d’une boucle stérile.
- **Incubation** : 24–48 h à 37 °C (ou température spécifique selon le germe) dans un incubateur à atmosphère contrôlée.
- **Contrôle de pureté** : observer la colonie sous loupe binoculaire ; une colonie homogène (même forme, même couleur) indique une culture pure.
> **> Règle de métier** : Toute manipulation doit se faire dans une hotte de sécurité biologique de classe II (niveau de confinement 2) pour protéger l’opérateur et l’échantillon.
### 2. Observation morphologique au microscope
1. **Préparation du frottis** : prélever une petite quantité de colonie avec une boucle stérile, l’étaler sur une lame propre, laisser sécher à l’air, puis fixer à la flamme du brûleur (2–3 passages).
2. **Coloration de Gram** : appliquer successivement le cristal violet (1 min), l’iode de Lugol (1 min), le décolorant (alcool‑acétone, 10–15 s), puis le safranine (45 s). Rincer à l’eau distillée entre chaque étape.
3. **Examen** : utiliser l’objectif 100× immersion avec de l’huile d’immersion. Noter :
- **Forme** : cocci (sphériques), bacilles (bâtonnets), vibrilles (comma), spirochètes (hélicoïdaux).
- **Disposition** : isolés, en paires (diplocoques), en chaînes (streptocoques), en grappes (staphylocoques), en palissades (corynebactéries).
- **Résultat de Gram** : positif (violet foncé) ou négatif (rose safranine).
> **> Définition** : *Gram‑positif* : paroi peptidoglycane épaisse retenant le cristal violet. *Gram‑négatif* : paroi mince avec membrane externe, perte du cristal violet lors du décolorant.
### 3. Autres colorations complémentaires (selon le contexte)
- **Coloration de Ziehl‑Neelsen** pour les bacilles acido‑résistants (Mycobacterium tuberculosis).
- **Coloration de négrosine** pour visualiser les capsules (ex. Klebsiella pneumoniae).
### 4. Tableau récapitulatif morphologique fréquent au Cameroun
| Groupe bactérien | Forme | Disposition typique | Gram | Exemple pathogène local |
|------------------|-------|---------------------|------|--------------------------|
| Staphylocoques | Coco | grappes irrégulières | + | *Staphylococcus aureus* (infections cutanées) |
| Streptocoques | Coco | chaînes | + | *Streptococcus pyogenes* (angine) |
| Entérobactéries | Bacille | isolés ou en paires | - | *Escherichia coli* (gastro‑entérite) |
| Pseudomonadaceae | Bacille | isolés | - | *Pseudomonas aeruginosa* (infections nosocomiales) |
| Corynebactéries | Bacille | palissades en “V” | + | *Corynebacterium diphtheriae* (diphtérie) |
| Mycobactéries | Bacille | isolés, légèrement courbés | - (résiste à la décoloration) | *Mycobacterium tuberculosis* (TB) |
> **> Point clé** : La combinaison forme‑disposition‑Gram permet souvent de réduire les possibilités à un genre avant les tests biochimiques.
### 5. Normes de sécurité et d’hygiène
- Porter blouse, gants nitrile, lunettes de protection.
- Décontaminer les surfaces de travail avec une solution d’hypochlorite de sodium 0,5 % après chaque séance.
- Éliminer les déchets biologiques (lames, boucles) dans des conteneurs spéciaux marqués “Déchets infectieux – risque biologique”.
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## II. Leçon 11 : Caractérisation biologique, biochimique et identification des bactéries
### 1. Principes des tests biochimiques
Les tests exploitent les voies métaboliques spécifiques (fermentation, oxydation, dégradation d’enzymes) propres à chaque espèce. Un résultat positif est généralement indiqué par un changement de couleur, la formation d’un gaz ou la production d’un composé détectable.
### 2. Tests de base (panel de identification rapide)
| Test | Principe | Réactif | Résultat positif | Interprétation typique |
|------|----------|---------|------------------|------------------------|
| Catalase | Dégradation du H₂O₂ en O₂ + H₂O | H₂O₂ 3 % | Formation de bulles | + : Staphylocoques, Micrococcus ; – : Streptocoques, Enterocoques |
| Oxydase | Oxydation du tétraméthyl‑p‑phénylènediamine | Reagent oxydase | Bleu violet en 10‑30 s | + : Pseudomonas, Aeromonas, Vibrio ; – : Enterobacteriaceae |
| Fermentation du glucose | Production d’acide (et parfois de gaz) | Bouillon de peptone + glucose + indicateur de pH (rouge de phénol) | Jaune (acide) ± gaz dans le tube de Durham | + : la plupart des entérobactéries ; – : certains bacilles non fermentateurs |
| Réduction du nitrates | NO₃⁻ → NO₂⁻ (puis éventuellement → N₂) | Reagents sulfanilamide + α‑naphthylamine | Rouge profond | + : nombreux bacilles (E. coli, Proteus) ; – : Pseudomonas |
| Production d’indole | Dégradation du tryptophane → indole | Reagent de Kovac | Anneau rouge | + : E. coli, Proteus vulgaris ; – : Klebsiella, Enterobacter |
| Utilisation du citrate | Citrate comme seule source de carbone | Simmons citrate agar | Bleu (croissance) | + : Klebsiella, Enterobacter ; – : E. coli, Salmonella |
| Hydrolyse de l’urée | Uréase → NH₃ + CO₂ | Urée + indicateur de pH (rouge de phénol) | Rose vif | + : Proteus, Providencia, certains Klebsiella ; – : la plupart des entérobactéries |
> **> Formule de calcul du pourcentage de positivité** (utile pour le contrôle qualité) :
> \[
> \%\,\text{positif} = \frac{\text{Nombre de tests positifs}}{\text{Nombre total de tests réalisés}} \times 100
\]
> Exemple : sur 8 tests, 5 sont positifs → \(\% = \frac{5}{8}\times100 = 62,5\%\).
> **> Point de sécurité** : Toujours inclure un témoin négatif (stérilisé) et un témoin positif (souche connue) pour chaque lot de réactifs afin de détecter les dérives.
### 3. Procédé pas à pas pour l’identification d’une bactérie isolée (exemple *Escherichia coli*)
1. **Gram** : bacille Gram‑négatif.
2. **Catalase** : positif (bulles).
3. **Oxydase** : négatif (pas de changement de couleur).
4. **Fermentation du glucose** : jaune + gaz (tube de Durham rempli).
5. **Réduction du nitrates** : positif (rouge profond).
6. **Production d’indole** : positif (anneau rouge de Kovac).
7. **Utilisation du citrate** : négatif (milieu reste vert).
8. **Hydrolyse de l’urée** : négatif (pas de rose).
Le profil obtenu (+, –, +, +, +, +, –, –) correspond au schéma biochimique d’*E. coli* selon le **API 20E** ou le tableau de identification du **MINESEC**.
> **> Règle de métier** : Toujours réaliser un témoin négatif (stérilisé) et un témoin positif (souche connue) pour chaque série de tests afin de détecter les erreurs de réactif ou de manipulation.
### 4. Utilisation des systèmes commerciaux (API, VITEK, MALDI‑TOF)
Dans les laboratoires de référence du Cameroun (ex. Centre Pasteur du Cameroun, laboratoires hospitaliers de Yaoundé), on emploie souvent :
- **API 20E** : bandelette de 20 tests, lecture après 18–24 h à 37 °C, interprétation via un tableau ou un logiciel.
- **MALDI‑TOF MS** : analyse du profil protéique permettant une identification au niveau de l’espèce en quelques minutes, nécessitant une préparation de colonie sur une plaque cible et une calibration avec des standards connus.
> **> Point de sécurité** : Lors de la préparation des échantillons pour le MALDI‑TOF, manipuler les colonies dans une cabine de sécurité biologique (niveau 2) et désinfecter la cible avec de l’éthanol 70 % après chaque utilisation.
### 5. Exemple chiffré d’interprétation API 20E
Supposons les résultats suivants (1 = positif, 0 = négatif) pour une souche inconnue :
| Test | Résultat |
|------|----------|
| ONPG (β‑galactosidase) | 1 |
| ADH (arginine dihydrolase) | 0 |
| LDC (lysine décarboxylase) | 1 |
| ODC (ornithine décarboxylase) | 0 |
| CIT (citrate) | 1 |
| H₂S (production d’hydrogène sulfuré) | 0 |
| URE (uréase) | 0 |
| TDA (tryptophane désaminase) | 0 |
| IND (production d’indole) | 1 |
| VP (vicinal‑dial) | 0 |
| GEL (gélatinase) | 0 |
| GLU (fermentation glucose) | 1 |
| MAN (mannitol) | 1 |
| INO (inositol) | 0 |
| SOR (sorbitol) | 0 |
| RHA (rhamnose) | 0 |
| SAC (saccharose) | 0 |
| MEL (mélibiose) | 0 |
| AMY (amygdaline) | 0 |
| ARA (arabinose) | 0 |
Le code obtenu est **1010 1000 0100 1000 0000** (en binaire). En consultant le tableau API 20E, ce code correspond à *Klebsiella pneumoniae* (probabilité > 95 %).
> **> Définition** : *Code API* : représentation binaire des résultats des 20 tests, utilisée pour rechercher l’espèce dans une base de données référencée.
### 6. Normes et bonnes pratiques
- **ISO 15189** : exigences pour les laboratoires de biologie médicale (compétence du personnel, validation des méthodes, traçabilité).
- **Guide national de bonne pratique de laboratoire (GNBPL)** du MINESEC : manipulation des agents pathogènes de groupe 2, utilisation de la hotte, gestion des déchets.
- **Contrôle qualité interne** : inclusion quotidienne d’une souche référence (ex. *E. coli* ATCC 25922) dans chaque série de tests.
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## Synthèse du chapitre
- **Observation morphologique** : préparation d’un frottis, coloration de Gram, lecture de forme, disposition et résultat Gram → première hypothèse de genre.
- **Tests biochimiques de base** : catalase, oxydase, fermentation du glucose, réduction du nitrates, indole, citrate, urée → schéma métabolique permettant de discriminer les espèces au sein du genre.
- **Systèmes d’identification** : API 20E (lecture visuelle ou logicielle), MALDI‑TOF MS (identification rapide par spectrométrie de masse).
- **Sécurité** : travail en hotte de classe II, port des EPI, décontamination à l’hypochlorite 0,5 %, gestion des déchets infectieux.
- **Qualité** : utilisation de témoins positif/négatif, suivi ISO 15189 et GNBPL, contrôle quotidien avec souche référence.
> **> Règle à retenir** : Toute identification bactérienne doit reposer sur au moins deux critères indépendants (ex. morphologie + test biochimique) pour éviter les erreurs d’attribution.
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## Glossaire
- **Culture pure** : population microbienne provenant d’une seule colonie, dépourvue de contaminants étrangers.
- **Frottis** : fine couche de matériau biologique étalée sur une lame microscopique avant coloration.
- **Coloration de Gram** : procédé différentiel qui classe les bactéries en Gram‑positives (violet) ou Gram‑négatives (rose) selon la structure de leur paroi.
- **Catalase** : enzyme qui décompose le peroxyde d’hydrogène en eau et oxygène ; test de détection de bulles.
- **Oxydase** : enzyme qui oxyde le tétraméthyl‑p‑phénylènediamine, donnant une couleur bleu‑violette chez les bactéries aérobies strictes.
- **Fermentation** : métabolisme anaérobie du sucre produisant de l’acide et parfois du gaz, détecté par changement de pH ou présence de gaz dans le tube de Durham.
- **Indole** : produit de la dégradation du tryptophane par la tryptophane‑déaminase, révélé par le réagent de Kovac (anneau rouge).
- **Citrate** : composé utilisé comme seule source de carbone dans le milieu Simmons ; croissance indique une utilisation positive.
- **Uréase** : enzyme hydrolysant l’urée en ammoniac et dioxyde de carbone, détectée par alcalinisation du milieu (rose).
- **API 20E** : système de 20 tests biochimiques standardisés pour l’identification des entérobactéries.
- **MALDI‑TOF MS** : spectrométrie de masse à temps de vol couplée à une ionisation par laser permettant l’identification rapide des protéines bactériennes.
- **Hotte de flux laminaire** : équipement de protection qui fournit un flux d’air filtré HEPA pour protéger l’opérateur et l’échantillon (classe II, niveau de confinement 2).
- **Déchet infectieux** : matériel contaminé par des agents pathogènes nécessitant un traitement spécifique (autoclave, incinération) avant élimination.
- **ISO 15189** : norme internationale définissant les exigences de compétence et de qualité pour les laboratoires de biologie médicale.
- **GNBPL** : Guide national de bonne pratique de laboratoire élaboré par le MINESEC/IGE pour les établissements d’enseignement technique au Cameroun.
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Observation morphologique
**Situation** : Un technicien de laboratoire reçoit un écouvillon prélevé sur une plaie infectée. Après étalement sur gélose sanguine et incubation 24 h à 37 °C, il observe des colonies blanches, entourées d’une zone de β‑hémolyse.
**Consigne** :
1. Préparer un frottis à partir d’une colonie typique.
2. Réaliser la coloration de Gram.
3. Décrire les résultats attendus si l’agent pathogène est *Staphylococcus aureus*.
**Corrigé**
1. **Frottis** : prélever une petite quantité de colonie avec une boucle stérile, l’étaler en fine couche sur une lame propre, laisser sécher à l’air, puis fixer à la flamme (2–3 passages).
2. **Coloration de Gram** : appliquer cristal violet 1 min, iode de Lugol 1 min, décolorant (alcool‑acétone) 10–15 s, safranine 45 s, rincer à l’eau distillée entre chaque étape.
3. **Résultat attendu pour *S. aureus*** :
- Forme : coco (sphérique).
- Disposition : grappes irrégulères (staphylocoques).
- Gram : positif (violet foncé).
- La présence de β‑hémolyse sur gélose sanguine confirme la pathogénicité fréquente de *S. aureus*.
> **> Point clé** : La combinaison cocci en grappes + Gram‑positif + β‑hémolyse oriente fortement vers *Staphylococcus aureus*.
### Exercice 2 – Schéma biochimique (API 20E)
**Situation** : Une colonie isolée sur gélose MacConkey (fermente le lactose, colonie rose) est soumise aux tests suivants : catalase +, oxydase –, fermentation du glucose + (avec gaz), réduction du nitrates –, indole –, citrate +, urée –.
**Consigne** : Déduire l’espèce la plus probable parmi *Escherichia coli*, *Klebsiella pneumoniae*, *Enterobacter cloacae* et *Proteus mirabilis*. Justifier votre réponse.
**Corrigé**
- **Catalase +** : élimine les streptocoques (non concernés ici).
- **Oxydase –** : compatible avec les entérobactéries (toutes les propositions).
- **Fermentation du glucose + avec gaz** : caractéristique des entérobactéries qui fermentent le glucose avec production de gaz (E. coli, Klebsiella, Enterobacter). *Proteus* fermente aussi le glucose mais souvent sans gaz marqué.
- **Réduction du nitrates –** : élimine *E. coli* (souvent +) et *Proteus* (souvent +). Reste *Klebsiella* et *Enterobacter* (souvent – ou variable).
- **Indole –** : élimine *E. coli* (souvent +) et *Proteus* (souvent +). Reste *Klebsiella* et *Enterobacter* (indole –).
- **Citrate +** : *Klebsiella* est généralement citrate + ; *Enterobacter* est souvent citrate + mais peut être variable.
- **Urée –** : élimine *Proteus* (uréase +) et certaines souches de *Klebsiella* (rarement +).
En combinant ces critères, le profil le plus cohérent est **Klebsiella pneumoniae** (catalase +, oxydase –, glucose +/gaz, nitrates –, indole –, citrate +, urée –).
> **> Règle à retenir** : Lors de l’utilisation du schéma API 20E, chaque test doit être considéré comme un filtre ; l’élimination progressive des espèces incompatibles conduit à l’identification finale.
### Exercice 3 – Calcul du pourcentage de positivité
**Situation** : Lors d’un contrôle qualité d’une bandelette API 20E, un technicien obtient les résultats suivants sur 20 tests : 12 positifs, 8 négatifs.
**Consigne** : Calculer le pourcentage de positivité et interpréter si le résultat est conforme à l’attendu pour une souche de *E. coli* ATCC 25922 (qui présente généralement 14 tests positifs sur 20).
**Corrigé**
\[
\%\,\text{positif} = \frac{12}{20} \times 100 = 60\%
\]
La souche de référence *E. coli* ATCC 25922 présente 70 % de positivité (14/20). Le résultat obtenu (60 %) est inférieur de 10 points, ce qui peut indiquer une dégradation des réactifs, une mauvaise incubation ou une contamination. Il convient de répéter le test avec une nouvelle bandelette et de vérifier les conditions d’incubation (37 °C, 18–24 h).
> **> Point de sécurité** : Toujours inclure un témoin négatif (stérilisé) et un témoin positif (souche connue) pour chaque lot de réactifs afin de détecter les dérives.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| # | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|---|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | Oublier de passer la lame au feu après le frottis | Mauvaise adhérence des cellules → coloration faible ou absente → faux négatif de Gram | Toujours fixer le frottis à la flamme (2–3 passages) avant toute coloration. |
| 2 | Utiliser un décolorant trop longtemps lors de la coloration de Gram | Décoloration excessive des Gram‑positifs → résultat faux Gram‑négatif | Respecter le temps de décolorant (10–15 s) ; contrôler avec un témoin connu (ex. *S. aureus* +, *E. coli* –). |
| 3 | Ne pas changer de boucle entre deux prélèvements différents | Croisement de contamination → faux positif | Utiliser une boucle stérile pour chaque prélèvement ; flamer la boucle entre les usages. |
| 4 | Incuber les tests API à une température inférieure à 30 °C | Réactions enzymatiques ralenties → faux négatifs | Respecter strictement 36 ± 2 °C (ou 37 °C) pendant 18–24 h ; vérifier l’incubateur avec un thermomètre calibré. |
| 5 | Manipuler des souches pathogènes sans hotte de classe II | Exposition de l’opérateur à des agents infectieux (risque 2) | Toujours travailler dans une hotte à flux laminaire de classe II ; porter EPI adaptés. |
| 6 | Jeter les lames et boucles usagées dans la poubelle ordinaire | Risque de diffusion d’agents pathogènes dans l’environnement | Déposer les déchets tranchants et contaminés dans des conteneurs spécifiques “Déchets infectieux – risque biologique” puis autoclaver avant élimination. |
> **> Règle de sécurité fondamentale** : Toute manipulation de micro-organismes potentiellement pathogènes doit être réalisée sous confinement de niveau 2, avec EPI complet, et suivie d’une décontamination immédiate des surfaces et du matériel.
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*Fin du cours.*
Quiz du chapitre
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