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Chapitre 6

Stérilisation

Lecture : 15 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - Définir la stérilisation et distinguer ses différents modes (physiques, chimiques). - Expliquer le principe de fonctionnement de chaque procédé (chaleur sèche, chaleur humide, rayonnement, filtration, gaz, liquides). - Sélectionner le mode de stérilisation adapté à un produit ou un matériel donné en tenant compte de sa nature, de sa résistance à la chaleur et des normes en vigueur. - Réaliser, étape par étape, un cycle de stérilisation à l’autoclave et vérifier son efficacité grâce aux tests biologiques ou chimiques. - Appliquer les règles de sécurité et d’hygiène liées à chaque procédé (manipulation des gaz toxiques, protection contre les UV, etc.). **Prérequis** : Notions de microbiologie de base (micro‑organismes, formes de résistance, spores), connaissance des unités de température (°C, K) et de pression (Pa, bar), ainsi que des règles d’hygiène en laboratoire (port du blouse, gants, lunettes de protection). ## Introduction contextualisée Dans les laboratoires d’analyses microbiologiques du Cameroun, la garantie de l’absence de micro‑organismes viables sur le matériel de travail (pipettes, boîtes de Pétri, milieux de culture) et sur certains produits (solutions réactives, échantillons alimentaires) est indispensable pour éviter les faux positifs ou les contaminations croisées. La stérilisation constitue donc une étape critique du contrôle qualité. Selon la nature du produit ou du matériel, on choisit parmi plusieurs procédés physiques ou chimiques, chacun soumis à des normes spécifiques (NF EN 556 pour les dispositifs médicaux, OMS pour les produits pharmaceutiques, etc.). Ce chapitre présente ces procédés de façon pratique, avec des exemples d’atelier réalisables dans un lycée technique ou un centre de formation professionnelle. ## I. Stérilisation par les différents modes adaptés aux produits et matériels ### A. Principes généraux de la stérilisation > **Définition** : La stérilisation est un procédé visant à détruire ou à éliminer toutes les formes de vie microbienne, y compris les spores, sur un objet ou dans un milieu. Le niveau de stérilité recherché s’exprime par le **Probabilité de Survie** (P.S.) : on vise généralement P.S. ≤ 10⁻⁶ (un risque de survie d’un micro‑organisme sur un million). Le concept de **D‑value** (temps nécessaire à 90 % de réduction de la population à une température donnée) et de **Z‑value** (variation de température nécessaire pour changer la D‑value d’un facteur 10) permettent de comparer l’efficacité des procédés thermiques. ### B. Méthodes physiques #### 1. Stérilisation à la chaleur sèche (étuve) - **Principe** : Destruction par oxydation des composants cellulaires à température élevée (160‑190 °C) pendant 1‑2 h. - **Applications** : Verrerie résistante (pipettes, flacons en verre), instruments métalliques, poudres thermostables. - **Avantages** : Pas d’humidité, adapté aux matériaux qui pourraient corroder. - **Inconvénients** : Temps long, pénétration limitée dans les charges denses. > **Règle de sécurité** : Porter des gants résistants à la chaleur et éviter tout contact direct avec les parois chaudes de l’étuve. #### 2. Stérilisation à la chaleur humide (autoclave) - **Principe** : Utilisation de la vapeur d’eau sous pression (121 °C, 1,013 bar = 15 psi) pendant 15‑20 min ; la chaleur humide coagule les protéines plus efficacement que la chaleur sèche. - **Applications** : Milieux de culture, solutions aqueuses, instruments en acier inoxydable, déchets biologiques. - **Avantages** : Cycle court, pénétration uniforme. - **Inconvénients** : Ne convient pas aux matériaux thermolables ou hydrophobes. > **Formule de calcul du temps de stérilisation** : \( t = D \times \log_{10}\left(\frac{N_0}{N}\right) \) où \(D\) = D‑value à 121 °C (ex. 1,5 min pour *Bacillus stearothermophilus* spores), \(N_0\) = charge initiale, \(N\) = nombre de survivants souhaité (ex. 1 pour obtenir un SAL de 10⁻⁶ lorsque \(N_0 = 10^6\)). **Exemple chiffré** : Pour \(N_0 = 10^6\) spores et \(D = 1,5\) min, afin d’avoir \(N = 1\) survivant en moyenne : \( t = 1,5 \times \log_{10}(10^{6}/1) = 1,5 \times 6 = 9 \) min. Avec une marge de sécurité de 6 min, on obtient un cycle de **15 min** à 121 °C (plage usuelle 15‑20 min). #### 3. Stérilisation par rayonnement - **Rayonnement UV (254 nm)** : détruit l’ADN par formation de dimères thymine‑thymine. Utilisé pour la désinfection de surfaces (laminaires, cabines) et de l’air. Dose typique : 20‑40 mJ/cm². - **Rayonnement gamma (⁶⁰Co)** : pénétration élevée, utilisé industriellement pour les produits pharmaceutiques, les dispositifs médicaux à usage unique. Dose de stérilisation : 25 kGy. > **Règle de sécurité** : Porter des lunettes filtrant les UV et éviter l’exposition directe de la peau aux rayons gamma (zone contrôlée, dosimétrie obligatoire). #### 4. Stérilisation par filtration - **Principe** : Passage d’un liquide ou d’un gaz à travers une membrane de pores ≤ 0,22 µm, retenant les bactéries et champignons. - **Applications** : Préparation de milieux de culture thermolables, filtration d’air dans les salles blanches, préparation de solutions antibiotiques. - **Limites** : Ne retient pas les virus (taille < 0,1 µm) ni les prions. > **Règle de sécurité** : Vérifier l’intégrité de la membrane avant chaque utilisation (test de bulle ou de diffusion). ### C. Méthodes chimiques #### 1. Stérilisation par gaz - **Oxyde d’éthylène (EtO)** : actif à basse température (30‑60 °C), pénètre les emballages. Cycle typique : préconditionnement (humidité 30‑80 %), exposition EtO 12‑18 h à 0,6‑1,2 mg/L, puis aération 12‑24 h. Utilisé pour les dispositifs médicaux plastiques, les cathéters. - **Formaldéhyde** : gaz ou vapeur, utilisé pour la stérilisation de salles ou d’équipements volumineux. Nécessite une neutralisation (ammoniac) après exposition. > **Règle de sécurité** : Manipuler sous hotte, porter un masque à cartouche EtO, surveiller les niveaux d’exposition (VLEP EtO = 1 ppm sur 8 h). #### 2. Stérilisation par liquides - **Alcool 70 % (éthanol ou isopropanol)** : désinfection rapide de surfaces, pas de stérilisation définitive (inefficace sur les spores). - **Glutaraldéhyde 2 %** : immersion 10‑30 min, actif sur bactéries, virus, spores. Utilisé pour les endoscopes. - **Peroxyde d’hydrogène 3‑6 %** : parfois associé à de l’acide peracétique (PAA) pour une action sporicide rapide (5‑10 min). > **Règle de sécurité** : Porter des gants nitrile, éviter les éclaboussures, travailler dans un espace ventilé. ### D. Choix du mode selon le produit/matériel | Type de produit/matériel | Sensibilité à la chaleur | Humidité compatible | Méthode privilégiée | Justification | |--------------------------|--------------------------|---------------------|---------------------|---------------| | Verrerie résistante (pipettes, flacons) | Haute | Oui | Chaleur sèche (étuve) 160‑180 °C, 2 h | Pas de corrosion, pénétration bonne | | Instruments métalliques (ciseaux, pinces) | Haute | Oui | Chaleur sèche ou chaleur humide (autoclave) 121 °C, 20 min | Résistant à la corrosion | | Milieux de culture aqueux | Moyenne | Oui | Chaleur humide (autoclave) 121 °C, 15‑20 min | Penétration uniforme, rapide | | Solutions thermolables (antibiotiques, vitamines) | Faible | Oui | Filtration 0,22 µm | Évite la dégradation par la chaleur | | Dispositifs médicaux plastiques (cathéters, seringues) | Faible | Variable | Oxyde d’éthylène (EtO) 30‑60 °C | Basse température, pénétration des emballages | | Équipements volumineux (laminaires, salles blanches) | Variable | Variable | Formaldéhyde gazeux ou UV | Action sur grandes surfaces, pas de résidus toxiques après neutralisation | | Air de salle blanche | N/A | N/A | Filtration HEPA + UV | Rétention des particules et inactivation des microbes aériens | ### E. Normes de sécurité et d’hygiène - **NF EN 556‑1** : Stérilisation des dispositifs médicaux – Exigences pour les procédés à la chaleur humide. - **NF EN ISO 11137‑1** : Stérilisation des produits de santé – Rayonnement – Partie 1 : Exigences pour le développement, la validation et le contrôle routine d’un procédé de stérilisation à irradiation. - **OMS – Guide de bonne pratique de laboratoire (GBPL)** : Recommandations pour l’autoclave, la filtration et l’utilisation des gaz de stérilisation. - **Décret n° 2018/1234 du MINESUP** (exemple fictif) : Obligation de formation annuelle sur la manipulation de l’oxyde d’éthylène et du formaldéhyde pour les personnels de laboratoire. ### F. Procédure pas à pas – Exemple d’autoclave (chaleur humide) 1. **Préparation** : Placer les objets dans des paniers en acier inoxydable, ne pas surcharger (laisser au moins 30 % d’espace libre pour la circulation de la vapeur). 2. **Fermeture** : Vérifier l’étanchéité du joint du couvercle ; s’assurer que le indicateur de pression est à zéro. 3. **Programmation** : Sélectionner le cycle « 121 °C – 20 min » (ou selon la charge). Activer le séchage post‑cycle si disponible. 4. **Mise en marche** : Démarrer le cycle ; surveiller la montée en pression et la stabilisation à 1,013 bar. 5. **Fin du cycle** : Attendre la dépressurisation naturelle (ou utiliser le dispositif de décharge sécurisée). 6. **Ouverture** : Ouvrir le couvercle uniquement lorsque la pression indique 0 bar et la température < 60 °C (pour éviter les brûlures). 7. **Contrôle** : Placer un indicateur biologique (spores de *Bacillus stearothermophilus*) dans le centre de la charge ; après incubation à 55‑60 °C pendant 48 h, vérifier l’absence de turbidité. 8. **Enregistrement** : Noter la date, le numéro de lot, les paramètres (température, pression, durée) et le résultat du test biologique dans le registre de stérilisation. > **À retenir** : Un autoclave bien fonctionnel doit atteindre une température de 121 °C ± 1 °C et une pression de 1,013 bar ± 0,05 bar pendant toute la durée du cycle. ### G. Tableau récapitulatif des paramètres essentiels | Méthode | Température / Pression | Temps typique | Micro‑organismes cibles | Avantages principaux | Inconvénients majeurs | |---------|------------------------|---------------|--------------------------|----------------------|-----------------------| | Chaleur sèche (étuve) | 160‑190 °C, pression atmosphérique | 60‑120 min | Bactéries, virus, spores | Pas d’humidité, adapté aux matériaux corrodables | Long temps, pénétration limitée | | Chaleur humide (autoclave) | 121 °C, 1,013 bar | 15‑20 min | Toutes formes, y compris spores | Rapide, pénétration uniforme | Non adapté aux thermolables | | Rayonnement UV | 254 nm, dose 20‑40 mJ/cm² | Quelques secondes | Bactéries, virus (surfaces) | Action immédiate, aucun résidu | Ligne de vue nécessaire, inefficace sur spores dans l’ombre | | Rayonnement gamma | 25 kGy | Quelques heures | Toutes formes | Pénétration profonde, adapté aux produits emballés | Coût élevé, nécessité d’installation spécialisée | | Filtration | 0,22 µm (liquide/gaz) | Selon débit | Bactéries, champignons | Préserve la thermolabilité | Ne retient pas virus < 0,1 µm, prions | | Oxyde d’éthylène | 30‑60 °C, 0,6‑1,2 mg/L EtO | 12‑18 h exposition + aération | Toutes formes | Basse température, pénétration des emballages | Toxicité, nécessite aération longue, surveillance stricte | | Formaldéhyde gazeux | 40‑80 °C, 12‑24 h | Selon volume | Toutes formes | Action sur grands volumes | Irritant, nécessite neutralisation | | Glutaraldéhyde 2 % | Température ambiante | 10‑30 min | Bactéries, virus, spores | Efficace sur instruments délicats | Corrosif, nécessite rinçage abondant | | Peroxyde d’hydrogène 3‑6 % | Température ambiante | 5‑10 min | Bactéries, virus, spores | Rapide, résidus peu toxiques | Peut dégrader certains polymères | ## Synthèse du chapitre - La stérilisation vise l’élimination totale des micro‑organismes, y compris les spores, avec un niveau de stérilité P.S. ≤ 10⁻⁶. - Les procédés physiques (chaleur sèche, chaleur humide, rayonnement, filtration) et chimiques (gaz, liquides) sont choisis selon la nature du produit, sa résistance à la chaleur et à l’humidité, et les contraintes de pénétration. - L’autoclave à 121 °C, 1,013 bar pendant 15‑20 min reste la méthode de référence pour la plupart des milieux de culture et du matériel métallique. - Les paramètres clés sont la D‑value (temps de réduction de 90 %) et la Z‑value (sensibilité à la température). - La sécurité impose le port d’équipements de protection adaptés (gants, lunettes, masques), le respect des valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) et la validation régulière par tests biologiques ou chimiques. - Un tableau récapitulatif permet de comparer rapidement les méthodes selon température/pression, temps, efficacité et limites. ## Glossaire - **Stérilisation** : procédé visant à détruire ou éliminer toutes les formes de vie microbienne, y compris les spores. - **D‑value** : temps nécessaire à une température donnée pour obtenir une réduction de 90 % de la population microbienne. - **Z‑value** : variation de température nécessaire pour modifier la D‑value d’un facteur 10. - **Autoclave** : appareil produisant de la vapeur d’eau sous pression pour la stérilisation à chaleur humide. - **Filtration 0,22 µm** : passage d’un liquide ou d’un gaz à travers une membrane retenant les bactéries et champignons. - **Oxyde d’éthylène (EtO)** : gaz alkylant utilisé pour la stérilisation à basse température des dispositifs médicaux. - **Formaldéhyde** : agent gazeux agissant par alkylation, utilisé pour la stérilisation de salles ou d’équipements volumineux. - **Glutaraldéhyde** : dialdéhyde utilisé en immersion pour la stérilisation d’endoscopes et d’instruments délicats. - **Peroxyde d’hydrogène** : oxydant puissant, parfois associé à de l’acide peracétique, pour une sporicide rapide. - **Rayonnement UV (254 nm)** : rayonnement ultraviolet C provoquant des lésions de l’ADN. - **Rayonnement gamma** : photons à haute énergie provenant de la désintégration du cobalt‑60, utilisés pour la stérilisation industrielle. - **VLEP** : Valeur Limite d’Exposition Professionnelle, concentration moyenne d’un agent toxique dans l’air sur laquelle un travailleur peut être exposé sans effet néfaste. - **Indicateur biologique** : préparation contenant une connue quantité de spores résistantes utilisée pour valider l’efficacité d’un procédé de stérilisation. - **Cycle de séchage** : étape post‑autoclave permettant d’éliminer l’humidité résiduelle du matériel stérilisé. - **HEPA** : filtre à haute efficacité pour les particules d’air (≥ 99,97 % de rétention des particules de 0,3 µm). ## Exercices d'application corrigés **Exercice 1** Un laboratoire doit préparer 500 mL de milieu de culture LB destiné à la culture d’*Escherichia coli*. Le milieu est thermolable à partir de 80 °C. Décrire le procédé de stérilisation approprié, justifier le choix et indiquer les paramètres à respecter. *Corrigé* : Comme le milieu contient des composants thermolables (peptone, extrait de levure, glucose), la chaleur humide ou sèche le dégraderait. Le procédé retenu est la **filtration sur membrane de 0,22 µm**. - Préparer le milieu LB dans un flacon en verre stérilisé préalablement (autoclave 121 °C, 20 min). - Laisser refroidir à température ambiante (< 30 °C). - Passer le milieu à travers un filtre stérile de 0,22 µm placé dans une seringue ou un système de filtration sous pression légère (0,2‑0,5 bar). - Recueillir le filtrat dans un flacon stérile préalablement préparé. - Contrôler la stérilité par mise en culture de 0,1 mL du filtrat sur gélose LB à 37 °C pendant 24 h (absence de colonie). **Exercice 2** Un centre de santé doit stériliser un lot de 100 cathéters urinaires en PVC avant leur utilisation. Proposer un procédé de stérilisation, détailler le cycle complet et préciser les contrôles de sécurité nécessaires. *Corrigé* : Le PVC est sensible à la chaleur (> 70 °C) et à l’humidité prolongée. Le procédé adapté est la **stérilisation à l’oxyde d’éthylène (EtO)**. 1. **Préconditionnement** : placer les cathéters dans une chambre d’étanchéité, humidité relative 60 % à 37 °C pendant 1 h (facilite la pénétration du gaz). 2. **Exposition** : introduire l’EtO à une concentration de 0,8 mg/L, maintenir la température à 55 °C et la pression légèrement supérieure à la pression atmosphérique (environ 0,1 bar de surpression, soit ~1,1 bar absolu) pendant 12 h. 3. **Aération** : après exposition, extraire le gaz et laisser les cathéters en aération à 45 °C avec renouvellement d’air frais pendant 12‑24 h afin de réduire les résidus d’EtO sous le seuil de toxicité (< 1 ppm). 4. **Contrôles** : - Utiliser des indicateurs chimiques (bandes EtO) placés dans chaque charge pour vérifier la pénétration du gaz (changement de couleur selon le protocole du fabricant). - Effectuer un test biologique avec des spores de *Bacillus atrophaeus* (résistant à l’EtO) placé au centre de la charge ; après incubation à 30‑35 °C pendant 7 jours, vérifier l’absence de croissance. - Mesurer les résidus d’EtO par chromatographie en phase gazeuse (CPG) sur un échantillon de cathéter ; accepter seulement si < 1 ppm. 5. **Documentation** : enregistrer le numéro de lot, les paramètres de chaque étape (température, pression, durée, concentration EtO), les résultats des indicateurs et des tests biologiques, et la date de libération du lot. ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |------------------|-------------|--------------------------------------| | Surcharger le panier de l’autoclave (pas assez d’espace pour la vapeur) | Stérilisation incomplète, survie de spores | Respecter un remplissage ≤ 70 % du volume du panier ; laisser des espaces libres pour la circulation de la vapeur. | | Utiliser de l’alcool 70 % comme agent stérilisant pour des solutions destinées à la culture cellulaire | L’alcool ne tue pas les spores ; risque de contamination | Réserver l’alcool à la désinfection de surfaces ; privilégier la filtration ou la chaleur humide pour les liquides destinés à la culture. | | Oublier de vérifier l’intégrité du filtre avant filtration (ex. déchirure, colmatage) | Passage de bactéries ou de champignons dans le filtrat | Effectuer un test d’intégrité (bulle ou diffusion) avant chaque utilisation ; remplacer le filtre si le test échoue. | | Négliger l’aération après exposition à l’oxyde d’éthylène | Résidus toxiques pouvant provoquer des irritations ou des effets cancérigènes chez les patients ou le personnel | Respecter le temps d’aération recommandé (≥ 12 h à 45 °C avec renouvellement d’air) ; mesurer les résidus d’EtO avant libération du lot. | | Utiliser des lunettes de protection non adaptées aux UV lors de travail sous lampe UV de 254 nm | Lésions cornéennes (photokératite) | Porter des lunettes filtrant spécifiquement les UV‑C (longueur d’onde 200‑280 nm) ; vérifier la conformité aux normes EN 166/EN 170. | | Ne pas réaliser de test biologique après chaque cycle d’autoclave (se fier uniquement aux indicateurs chimiques) | Risque de faux négatif si l’indicateur chimique réagit mais que la chaleur n’a pas atteint le cœur de la charge | Effectuer au moins un test biologique par semaine ou par lot critique ; incuber selon les spécifications du fabricant et interpréter les résultats avant libération. |--- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition exacte de la stérilisation en microbiologie ?
  2. 2. Quel procédé utilise la chaleur humide à 121 °C pendant 15 minutes pour obtenir la stérilisation ?
  3. 3. Lequel des éléments suivants n'influence pas le choix d'une méthode de stérilisation ?
  4. 4. Une préparation supporte une température de 121 °C et possède une valeur D de 1,5 min. Quel temps d'autoclave est nécessaire pour obtenir une réduction de 6 logarithmes ?
  5. 5. Quel procédé est le plus adapté pour stériliser une solution de protéine thermosensible sans la dénaturer ?
  6. 6. Pourquoi l'oxyde d'éthylène est-il privilégié pour stériliser les dispositifs médicaux en plastique ?
  7. 7. Un milieu de culture contenant des sucres susceptibles de caraméliser doit être stérilisé sans altérer sa composition. Quelle méthode convient le mieux ?
  8. 8. Quelle méthode de stérilisation est la plus appropriée pour des seringues en verre munies d'un piston en caoutchouc qui résiste à la chaleur mais peut être endommagé par celle‑ci ?
  9. 9. Avec une valeur Z de 8 °C, quel est le taux létal relatif (L) à 115 °C par rapport à la température de référence 121 °C ?
  10. 10. Lors de la stérilisation à chaleur sèche, quel paramètre est le plus critique pour garantir l'inactivation des spores résistantes ?
Stérilisation — Analyses Microbiologiques · OnBuch