Se connecterS'abonner

Chapitre 14

Culture pure des bactéries

Lecture : 16 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - Réaliser une culture pure de bactéries sur milieu solide en respectant les règles d’asepsie. - Isoler une souche bactérienne à partir d’un mélange complexe en utilisant les techniques de streaking, de pour‑plate et de spread‑plate. - Effectuer un prélèvement, un repiquage et une dissémination de colonies bactériennes tout en assurant la traçabilité et la sécurité biologique. - Calculer le nombre d’unités formant colonie (UFC) à partir de dilutions et interpréter les résultats selon les normes camerounaises (MINSANTE, MINESEC). - Appliquer les procédures de décontamination, d’autoclave et de gestion des déchets biologiques de niveau 2. **Prérequis** : - Connaissances de base sur la structure procaryote (paroi peptidoglycane, membrane plasmique, cytoplasme). - Notions de milieux de culture (différentiels, sélectifs, enrichis) et de stérilisation (autoclave à 121 °C, 15 psi, 15 min). - Maîtrise du matériel de base d’un laboratoire de microbiologie (anses métalliques ou en plastique, plaques Petri, flacons Erlenmeyer, lampe à alcool, hotte à flux laminaire). - Règles d’hygiène personnelle (blouse, gants nitrile, masque, lunettes de protection) et de manipulation des déchets (sacs jaunes, autoclave avant élimination). --- ## Introduction contextualisée Au Cameroun, les laboratoires de contrôle qualité des denrées alimentaires (lait, viande, produits de la pêche), les services d’hygiène urbaine (analyse des eaux de forage et de puits) et les laboratoires hospitaliers (diagnostic des infections urinaires, respiratoires) dépendent fortement de la capacité à obtenir des cultures pures. Une isolation fiable permet d’identifier l’agent pathogène, de tester sa sensibilité aux antibiotiques et de mettre en place des mesures de prévention adaptées. Ce chapitre présente les gestes techniques indispensables, les principes théoriques sous‑jacents et les bonnes pratiques de sécurité qui seront évalués lors de l’épreuve pratique du Probatoire série F6. --- ## I. Leçon 8 : Culture pure et isolement des bactéries sur milieux solides ### 1. Définition de la culture pure Une culture pure désigne une population microbienne constituée d’une seule espèce ou souche, dépourvue de toute contamination étrangère. Elle est obtenue lorsqu’une seule cellule bactérienne donne naissance à une colonie visible sur un milieu solide après incubation. > Une culture pure est indispensable pour tout test biochimique, de sensibilité antibiotique ou d’identification moléculaire. ### 2. Principes d’isolement sur milieu solide L’isolement repose sur la séparation physique des cellules individuelles par dilution mécanique à la surface du milieu. Chaque cellule isolée se multiplie en colonie, permettant ainsi d’obtenir un clone génétiquement homogène. ### 3. Types de milieux solides utilisés au Cameroun | Milieu | Caractéristique | Application typique | |--------|----------------|---------------------| | Agar nutritif (AN) | Milieu complexe, non sélectif | Isolement général de bactéries hétérotrophes | | Agar sang (AS) | AN + 5 % sang défibriné | Détection de l’hémolyse (α, β, γ) | | Agar MacConkey (AM) | Sélectif pour Gram‑negatif, différentiel lactose | Recherche de coliformes dans l’eau et les aliments | | Agar Mannitol Sel (AMS) | Sélectif pour les staphylocoques (dont *Staphylococcus aureus*) (sel 7,5 %) | Détection de la fermentation du mannitol | | Agar Eosine Méthylène Bleu (EMB) | Sélectif et différentiel pour Gram‑negatif | Identification de *E. coli* (colonies métalliques) | ### 4. Méthodes d’isolement #### a. Méthode du streaking (tirage en quatre secteurs) 1. Flammer l’anse jusqu’à rouge incandescent, laisser refroidir. 2. Prélever une petite quantité d’inoculum (bouillon, écouvillon, suspension). 3. Étaler le premier secteur en faisant des mouvements linéaires légers. 4. Reflammer l’anse, refroidir, puis tirer le deuxième secteur en croisant partiellement le premier. 5. Répéter pour les troisième et quatrième secteurs, chaque fois en réduisant la quantité d’inoculum. 6. Incuber à 37 °C pendant 18‑24 h (ou selon l’organisme cible). #### b. Méthode du pour‑plate - Mélanger 0,1 mL d’inoculum dilué avec 15 mL d’agar fondu (45 °C) dans un tube stérile, verser dans une boîte Pétri, laisser solidifier. #### c. Méthode du spread‑plate - Déposer 0,1 mL d’inoculum sur la surface d’un agar déjà solidifié, étaler avec un répartiteur stérile (bâtonnet de verre ou plastique) en tournant la boîte. ### 5. Procédure pas à pas (exemple : isolement d’*E. coli* d’un échantillon d’eau de puits) | Étape | Action | Détails | |-------|--------|---------| | 1 | Pré‑traitement | Filtrer 100 mL d’eau sur membrane 0,45 µm, placer la membrane sur un milieu sélectif (AM). | | 2 | Inoculation | Avec une anse stérile, prélever un petit morceau de membrane et réaliser un streaking en quatre secteurs sur une boîte d’AM. | | 3 | Incubation | 37 °C, 18‑24 h. | | 4 | Observation | Rechercher des colonies roses à rouges (fermentation du lactose). | | 5 | Confirmation | Repiquer une colonie suspecte sur EMB ; colonies métalliques vertes confirment *E. coli*. | | 6 | Conservation | Conserver la souche pure en glycérol 15 % à –80 °C ou en stabiles sur agar nutritif à 4 °C. | ### 6. Exemple chiffré : calcul d’UFC à partir d’une dilution On réalise une dilution en série 10⁻¹, 10⁻², 10⁻³ d’une suspension bactérienne. On étale 0,1 mL de chaque dilution sur des plaques d’AN. Après incubation, on obtient : - 10⁻¹ : TNTC (Too Numerous To Count) - 10⁻² : 210 colonies - 10⁻³ : 22 colonies On choisit la plaque avec un nombre de colonies compris entre 30 et 300 (ici 10⁻²). \[ \text{UFC/mL}= \frac{\text{Nombre de colonies} \times \text{Facteur de dilution}}{\text{Volume étalé (mL)}} = \frac{210 \times 10^{2}}{0,1}= 2,1 \times 10^{5}\ \text{UFC/mL} \] ### 7. Normes de sécurité et d’hygiène - Porter blouse, gants nitrile, masque et lunettes lors de la manipulation d’échantillons potentiellement pathogènes. - Réaliser toutes les ouvertures de boîtes Pétri dans une hotte à flux laminaire de classe II (niveau de biosécurité 2). - Décontaminer les surfaces de travail avec 70 % d’éthanol avant et après chaque séance. - Autoclaver les déchets solides (pointes, membranes, gants) à 121 °C, 15 psi pendant 20 min avant élimination dans les sacs jaunes. - En cas de déversement, couvrir avec du papier absorbant imbibé de désinfectant (solution de javel à 0,5 %), laisser agir 15 min, puis nettoyer. > Toute manipulation d’échantillons inconnus doit être considérée comme potentiellement pathogène (principe de précaution). --- ## II. INTEGRATION ACTIVITIES ### Mise en situation professionnelle Dans un laboratoire de contrôle qualité d’une laiterie située à Yaoundé, le technicien doit vérifier l’absence de coliformes fécaux dans le lait cru reçu chaque matin. L’activité proposée simule cette tâche : les élèves reçoivent un échantillon de lait (ou une solution témoin contenant *E. coli* à faible concentration) et doivent déterminer s’il est conforme à la norme camerounaise (< 10 UFC/mL). ### Déroulement de l’activité (90 min) | Temps | Action | Objectif pédagogique | |-------|--------|----------------------| | 0‑10 min | Briefing : rappel des normes MINSANTE sur les produits laitiers, présentation du protocole. | Situer l’activité dans le cadre réglementaire. | | 10‑25 min | Préparation des dilutions en série (10⁻¹ à 10⁻⁴) du lait dans du peptone water stérile. | Maîtriser la technique de dilution en série. | | 25‑45 min | Ensemencement de 0,1 mL de chaque dilution sur des plaques d’Agar MacConkey (méthode spread‑plate). | Appliquer le principe d’isolement sur milieu sélectif. | | 45‑55 min | Incubation à 37 °C pendant 18‑20 h (incubateur à température contrôlée). | Observer l’effet du temps sur la croissance. | | 55‑70 min | Comptage des colonies (si présentes) et calcul d’UFC/mL. | Mettre en pratique le calcul de concentration. | | 70‑80 min | Interprétation des résultats : conformité ou non‑conformité selon la norme. | Développer l’esprit critique et la prise de décision. | | 80‑90 min | Nettoyage, décontamination du poste de travail, remplissage de la fiche de suivi. | Instaurer les bonnes pratiques d’hygiène et de traçabilité. | ### Résultats attendus - Si l’échantillon contient < 10 UFC/mL, aucune colonie ne devrait être visible sur les plaques de 10⁻¹ et 10⁻² ; un comptage éventuel sur 10⁻³ ou 10⁻⁴ permettra de confirmer la conformité. - Une présence de colonies sur les plaques de 10⁻¹ indique une contamination dépassant la limite et nécessite une enquête sur les bonnes pratiques de traite et de stockage. > La traçabilité de chaque étape (date, opérateur, numéro de lot, résultats) est obligatoire pour toute analyse officielle au Cameroun. --- ## III. Leçon 9 : Prélèvement, repiquage et dissémination des colonies bactériennes ### 1. Prélèvement d’échantillons | Type d’échantillon | Matériel recommandé | Précautions | |--------------------|---------------------|-------------| | Eau de puits ou de forage | Bouteille stérile en verre ou PET (250 mL) avec préservatif (thiosulfate de sodium) si chlorée | Prélever en profondeur, éviter la contamination du goulot, transporter à 4 °C, analyser dans les 6 h. | | Lait ou produit laitier | Pipette stérile ou boucle métallique, flacon stérile de 10 mL | Homogénéiser le prélèvement avant prélèvement, éviter les bulles d’air. | | Écouvillon nasopharyngé | Écouvillon en nylon avec milieu de transport (Amies) | Rotation douce, placer immédiatement dans le tube de transport, garder à 4 °C. | | Aliments solides (viande, poisson) | Bistouri stérile, sachet stomacher, sac d’homogénéisation | Prélever plusieurs points, homogénéiser en milieu tampon (peptone water 0,1 %). | ### 2. Repiquage (subculture) Le repiquage consiste à transférer une colonie isolée d’une plaque mère vers un milieu frais afin d’obtenir une culture pure en quantité suffisante pour les tests biochimiques ou antibiogrammes. **Procédure standard** : 1. Flammer l’anse jusqu’à rouge incandescent, laisser refroidir quelques secondes. 2. Avec l’anse refroidie, prélever une petite partie de la colonie visible (éviter de prélever le milieu agar). 3. Étaler l’inoculum sur la surface d’une nouvelle plaque d’agar nutritif (ou milieu sélectif selon l’objectif) en réalisant un streaking simple (un secteur) ou un pour‑plate si une quantification est souhaitée. 4. Flammer à nouveau l’anse après usage. 5. Incuber à la température appropriée (généralement 37 °C pour les bactéries mésophiles). > Le repiquage doit être réalisé dès que possible après l’isolement afin de limiter les risques de mutation ou de perte de viabilité. ### 3. Dissémination des colonies Trois méthodes courantes permettent de répartir uniformément les cellules à la surface d’un milieu solide : | Méthode | Principe | Avantages | Inconvénients | |---------|----------|-----------|---------------| | Boucle métallique (méthode du quadrillage) | Déposer une goutte d’inoculum, étaler avec la boucle en faisant des mouvements en « Z » | Simple, peu de matériel | Risque de fragmentation de l’anse si mal chauffée | | Pointeur en plastique (spreader) | Déposer 0,1 mL d’inoculum, tourner la boîte tandis que le spreader glisse sur la surface | Répartition très homogène, bon pour le comptage | Nécessite un spreader stérile pour chaque boîte | | Pipette de répartition (répartiteur automatique) | Déposer un volume précis, l’appareil répartit automatiquement | Haute reproductibilité, adapté aux grands nombres d’échantillons | Coût d’acquisition, entretien nécessaire | ### 4. Calcul du nombre de colonies après repiquage Après repiquage, on peut déterminer la concentration initiale de l’échantillon en utilisant la formule suivante : \[ \text{UFC/mL initial} = \frac{N \times D}{V} \] où : - \(N\) = nombre de colonies comptées sur la plaque de repiquage, - \(D\) = facteur de dilution total (produit des dilutions successives effectuées avant le repiquage), - \(V\) = volume étalé (en mL) sur la plaque de repiquage. **Exemple** : Un écouvillon de gorge est dilué 10⁻², puis 0,1 mL de cette dilution est repiqué sur une plaque d’AN. Après incubation, on compte 45 colonies. \[ \text{UFC/mL} = \frac{45 \times 10^{2}}{0,1}= 4,5 \times 10^{4}\ \text{UFC/mL} \] ### 5. Normes de biosécurité (niveau 2) - Travailler exclusivement dans une hotte à flux laminaire de classe II lorsqu’on manipule des échantillons cliniques ou alimentaires susceptibles de contenir des pathogènes de groupe 2 (ex. *Salmonella*, *Shigella*, *E. coli* pathogène). - Porter une blouse à manches longues, des gants nitrile changés toutes les 30 min ou en cas de perforation, un masque de type FFP2 si des aérosols sont susceptibles d’être générés (pipetage, vortex). - Décontaminer le plan de travail avec une solution d’hypochlorite de sodium à 0,5 % pendant 10 min avant et après chaque série de manipulations. - Collecter les déchets pointus (aiguilles, lames) dans des conteneurs rigides perforés, les déchets mous (gants, compresses) dans des sacs jaunes, puis autoclaver à 121 °C, 15 psi durant 20 min avant élimination en décharge agréée. - En cas d’accident (coupure avec objet contaminé), laver immédiatement la zone avec du savon et de l’eau, appliquer un antiseptique (povidone‑iodée) et signaler au responsable de la biosécurité pour suivi médical éventuel. > Toute manipulation d’échantillons inconnus doit être réalisée sous l’hypothèse de présence d’agents pathogènes de groupe 2, conformément à l’arrêté n° 2018/045 du MINSANTE relatif à la biosécurité des laboratoires. --- ## Synthèse du chapitre - **Culture pure** : population d’une seule espèce obtenue par isolement mécanique sur milieu solide. - **Méthodes d’isolement** : streaking (quatre secteurs), pour‑plate, spread‑plate ; choix selon objectif (qualitatif vs quantitatif). - **Milieux solides** : agar nutritif (non sélectif), agar sang (hémolyse), MacConkey (Gram‑negatif lactose+), Mannitol Sel (Staph. aureus), EMB (E. coli). - **Prélèvement** : utilisation de matériel stérile, respect de la chaîne du froid, éviter la contamination croisée. - **Repiquage** : transfert d’une colonie sur milieu frais pour obtenir une quantité suffisante de culture pure. - **Dissémination** : boucle, spreader, répartiteur automatique ; garantir une répartition uniforme pour un comptage fiable. - **Calcul d’UFC** : \( \text{UFC/mL}= \frac{N \times D}{V} \) ; essentiel pour évaluer la charge microbienne selon les normes (ex. eau potable < 100 UFC/100 mL, lait < 10 UFC/mL). - **Sécurité** : blouse, gants, masque, lunettes ; hotte de classe II ; décontamination à l’éthanol 70 % ou hypochlorite 0,5 % ; autoclave des déchets à 121 °C, 15 psi, 20 min. - **Traçabilité** : enregistrement de date, opérateur, numéro de lot, dilutions, résultats sur fiche de suivi conforme aux exigences du MINSANTE et du MINESEC. --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | **Culture pure** | Population microbienne constituée d’une seule espèce ou souche, dépourvue de toute contamination étrangère. | | **Streaking** | Technique d’isolement mécanique consistant à étaler une inoculum en plusieurs secteurs successifs sur un milieu solide afin d’obtenir des colonies isolées. | | **Pour‑plate** | Méthode où l’inoculum est mélangé à l’agar fondu avant solidification, permettant d’obtenir des colonies aussi bien en surface qu’en profondeur. | | **Spread‑plate** | Technique où un volume défini d’inoculum est étalé sur la surface d’un milieu déjà solidifié à l’aide d’un spreader stérile. | | **Dilution en série** | Succession de dilutions décimales (ou autres) permettant de réduire la concentration d’une suspension pour faciliter le comptage. | | **UFC (Unité Formant Colonne)** | Unité utilisée pour estimer le nombre de cellules viables capables de former une colonie sur un milieu solide. | | **Hémolyse** | Lyse des globules rouges par certaines bactéries sur agar sang, classée α (partielle), β (complète) ou γ (absente). | | **Biosécurité de niveau 2** | Ensemble de pratiques et de équipements destinés à manipuler des agents pathogènes modérément dangereux (ex. *Salmonella*, *E. coli* pathogène) avec protection du personnel et de l’environnement. | | **Autoclave** | Appareil de stérilisation à vapeur sous pression (121 °C, 15 psi) utilisé pour détruire tous les formes de vie microbienne sur le matériel et les déchets. | | **Hotte à flux laminaire de classe II** | Poste de travail protégé qui fournit un flux d’air HEPA vertical, protégeant l’opérateur, l’échantillon et l’environnement contre les contaminants aérosolisés. | --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Contrôle de l’eau de forage Un prélèvement d’eau de forage est effectué à Ngaoundéré. Après filtration sur membrane 0,45 µm, la membrane est placée sur un milieu MacConkey. On réalise ensuite des dilutions en série 10⁻¹, 10⁻², 10⁻³ et on étale 0,1 mL de chaque dilution sur des plaques d’MacConkey. Après incubation à 37 °C pendant 20 h, on obtient les comptages suivants : - 10⁻¹ : TNTC - 10⁻² : 78 colonies - 10⁻³ : 9 colonies **Question** : Calculer la concentration en UFC/100 mL de l’échantillon d’eau et conclure sur sa conformité à la norme camerounaise pour l’eau potable (< 100 UFC/100 mL). **Corrigé** : On choisit la plaque avec un nombre de colonies compris entre 30 et 300 (ici 10⁻²). \[ \text{UFC/mL}= \frac{78 \times 10^{2}}{0,1}= 7,8 \times 10^{4}\ \text{UFC/mL} \] Conversion en UFC/100 mL : \[ 7,8 \times 10^{4}\ \text{UFC/mL} \times 100\ \text{mL}= 7,8 \times 10^{6}\ \text{UFC/100 mL} \] Résultat : **7,8 × 10⁶ UFC/100 mL**, largement supérieur à la limite de 100 UFC/100 mL. L’eau est **non conforme** et nécessite un traitement (chloration, filtration) avant distribution. --- ### Exercice 2 – Détection de *Staphylococcus aureus* dans un produit laitier Un échantillon de lait cru provenant d’une ferme de Bafoussam est prélevé dans un flacon stérile de 25 mL. On réalise une dilution 10⁻² du lait dans du peptone water stérile, puis on étale 0,1 mL de cette dilution sur une plaque d’Agar Mannitol Sel (AMS). Après incubation à 37 °C pendant 24 h, on observe 52 colonies roses (fermentation du mannitol) sur la plaque. **Question** : Déterminer la concentration en UFC/mL de *S. aureus* dans le lait cru et indiquer si le produit dépasse la limite maximale autorisée de 10³ UFC/mL fixée par la réglementation camerounaise pour les produits laitiers crus. **Corrigé** : Facteur de dilution total = 10⁻². Volume étalé = 0,1 mL. \[ \text{UFC/mL}= \frac{52 \times 10^{2}}{0,1}= 5,2 \times 10^{4}\ \text{UFC/mL} \] Résultat : **5,2 × 10⁴ UFC/mL**, soit 52 000 UFC/mL, largement supérieur à la limite de 1 000 UFC/mL. Le lait est **non conforme** et doit être écarté de la chaîne de consommation ou soumis à un traitement thermique (pasteurisation) avant commercialisation. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de sécurité / bonne pratique à appliquer | |----|------------------|-------------|-----------------------------------------------| | 1 | **Oublier de flammer l’anse entre deux prélèvements** | Contamination croisée, faux‑positifs ou surestimation du nombre de colonies. | Flammer l’anse jusqu’à rouge incandescent avant chaque prélèvement et laisser refroidir quelques secondes ; vérifier visuellement l’absence de résidus. | | 2 | **Utiliser un volume d’inoculum trop élevé (> 0,2 mL) sur une plaque de spread‑plate** | Colonies confluent, impossibilité de compter avec précision, sous‑estimation de la concentration. | Respecter le volume recommandé (0,1 mL) ; si un volume plus grand est nécessaire, réaliser une dilution supplémentaire avant l’étalage. | | 3 | **Ne pas respecter la chaîne du froid lors du transport des échantillons d’eau ou de lait** | Mort des bactéries fragiles ou croissance de contaminants altérant le résultat. | Placer les échantillons dans une glacière avec des packs de glace immédiatement après prélèvement ; maintenir à 4 °C et analyser dans les délais prescrits (≤ 6 h pour l’eau, ≤ 2 h pour le lait). | | 4 | **Manipuler des déchets pointus (aiguilles, lames) sans conteneur rigide** | Risque de perforation et d’exposition à des agents pathogènes. | Déposer immédiatement les objets tranchants dans un conteneur rigide, fermé et étiqueté ; ne jamais les jeter dans les sacs ordinaires. | | 5 | **Effectuer le repiquage directement à partir du milieu agar (prélevant un morceau de gel)** | Introduction de nutriments excessifs pouvant masquer la croissance de la colonie d’intérêt et conduire à des résultats non interprétables. | Prélever uniquement la colonie visible avec l’anse refroidie, éviter de prélever de l’agar ; si nécessaire, réaliser un prélèvement en surface avec une boucle stérile. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition d'une culture pure en microbiologie ?
  2. 2. Quel est le principe de base de la technique de streaking (étalage) sur milieu solide ?
  3. 3. Quel milieu solide est le plus couramment utilisé pour l'isolement des bactéries en laboratoire ?
  4. 4. Après avoir effectué un étalage en quatre secteurs sur une boîte de Pétri contenant du milieu nutritif, un étudiant compte 45 colonies isolées dans le secteur 4. Si le volume d'inoculum déposé était de 0,1 mL d'une dilution 10^-4, quelle est la concentration approximative en UFC/mL de l'échantillon original ?
  5. 5. Un étudiant observe sur sa boîte de Pétri deux types de colonies : certaines sont rondes, lisses et blanches ; d'autres sont irrégulières, rugueuses et jaunes. Quelle est la meilleure interprétation initiale ?
  6. 6. Lors d'un dénombrement, une boîte de Pétri contenant 1 mL d'une dilution 10^-6 montre 80 colonies. Quelle est la concentration en UFC/mL de l'échantillon non dilué ?
  7. 7. Pour isoler une bactérie psychrophile provenant d'un échantillon d'eau froide, quelle température d'incubation est la plus appropriée ?
  8. 8. Quel critère morphologique permet de distinguer une colonie de Staphylococcus aureus d'une colonie de Staphylococcus epidermidis sur milieu Mannitol Salt Agar (MSA) ?
  9. 9. Vous devez isoler une bactérie facultative anaérobie pouvant fermenter le lactose à partir d'un échantillon fécal mélangé. Quel protocole de milieu et d'incubation choisiriez-vous pour maximiser vos chances d'isolement ?
  10. 10. Après avoir réalisé un étalage conforme, aucune colonie n'apparaît sur la boîte de Pétri après 24 heures d'incubation à 37°C. Quelle est la cause la moins probable parmi les suivantes ?