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Chapitre 33

18 : Energies renouvelables : Production des biocarburants

Lecture : 17 minQuiz de 12 questions

# 18 : Energies renouvelables : Production des biocarburants ## Objectifs et prérequis **Objectifs** : - Comprendre les principes de production des biocarburants à partir de matières premières renouvelables. - Maîtriser les étapes techniques de la production des biocarburants (transestérification, fermentation, distillation). - Analyser les avantages et limites des biocarburants par rapport aux carburants fossiles. - Réaliser des calculs de rendement énergétique et de bilan carbone simplifié. - Appliquer les connaissances à des situations concrètes via des exercices d’application. **Prérequis** : - Notions de chimie organique (fonctions alcool, acide carboxylique, ester). - Notions de thermochimie (enthalpie de réaction, pouvoir calorifique). - Notions de biologie (micro-organismes, fermentation). - Unités du Système international (mol, J, kJ, L, kg, %). - Lecture et interprétation de schémas de procédés industriels. --- ## Introduction Les biocarburants sont des carburants liquides ou gazeux produits à partir de biomasse renouvelable (végétaux, déchets organiques, algues). Ils s’inscrivent dans une stratégie de diversification énergétique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre liées aux transports. Deux voies principales existent : la voie alcoolique (bioéthanol) et la voie estérifiée (biodiesel). Ce chapitre traite de leur production industrielle, en insistant sur les transformations chimiques et biologiques clés, les rendements, et les enjeux environnementaux et économiques. Le TP N°26 permettra de mettre en pratique la synthèse du biodiesel par transestérification d’huiles végétales. --- ## I. Séance 94 : Production des biocarburants ### A. Définition et classification des biocarburants > **Définition** : Un biocarburant est un carburant dérivé de la biomasse, destiné à remplacer ou compléter les carburants fossiles dans les moteurs thermiques. Les biocarburants sont classés selon leur matière première et leur procédé de fabrication : - **Première génération** : issus de matières premières alimentaires (canne à sucre, maïs, blé, colza, tournesol, palmier à huile). Exemples : bioéthanol (fermentation de sucres), biodiesel (transestérification d’huiles végétales). - **Deuxième génération** : issus de matières premières non alimentaires (résidus agricoles, bois, déchets lignocellulosiques). Exemple : bioéthanol cellulosique. - **Troisième génération** : issus d’algues ou de microorganismes génétiquement modifiés. Exemple : biodiesel d’algues. > **À retenir** : Les biocarburants de première génération sont actuellement dominants mais posent des problèmes de concurrence avec l’alimentation (débat « nourriture vs carburant »). ### B. Voie alcoolique : production du bioéthanol Le bioéthanol (C₂H₅OH) est produit par fermentation anaérobie de sucres simples (glucose, fructose) ou de polysaccharides hydrolysés (amidon, cellulose). #### 1. Principe de la fermentation alcoolique La fermentation est catalysée par des levures (*Saccharomyces cerevisiae*) ou certaines bactéries (*Zymomonas mobilis*). Réaction globale : $$ \text{C}_6\text{H}_{12}\text{O}_6 \rightarrow 2\,\text{C}_2\text{H}_5\text{OH} + 2\,\text{CO}_2 $$ ΔH ≈ –70 kJ/mol (exothermique légère). #### 2. Étapes du procédé industriel - **Préparation de la matière première** : - Pour la canne à sucre : extraction du jus → clarification → concentration. - Pour le maïs ou le blé : mouture → liquéfaction (α-amylase) → saccharification (glucoamylase) → obtention de sirop de glucose. - **Fermentation** : - Inoculation avec levures, température 30–35 °C, pH 4–5, durée 24–48 h. - Rendement théorique : 0,51 g d’éthanol par g de glucose (97 % du rendement maximal en masse). - **Distillation** : - Séparation de l’éthanol du mélange aqueux (point d’ébullition : éthanol 78,4 °C, eau 100 °C). - Obtention d’éthanol anhydre (>99,5 % vol) par distillation extractive ou adsorption sur tamis moléculaire. - **Déshydratation finale** : pour obtenir le carburant destiné aux moteurs (teneur en eau <0,5 %). #### 3. Rendement énergétique et bilan carbone - Pouvoir calorifique inférieur (PCI) de l’éthanol : 26,8 MJ/kg (contre 44 MJ/kg pour l’essence). - Rendement énergétique net (énergie produite / énergie consommée pour la production) : - Canne à sucre (Brésil) : ~8,0 - Maïs (États-Unis) : ~1,3 à 1,6 - Blé (Europe) : ~1,0 à 1,2 - Bilan carbone : dépend de la méthode de culture (engrais, mécanisation) et de l’origine de l’énergie utilisée en usine. - Canne à sucre : réduction de 70–90 % des émissions de CO₂ par rapport à l’essence. - Maïs : réduction de 20–40 % (débat sur l’efficacité réelle). > **À retenir** : Le rendement énergétique du bioéthanol de canne à sucre est nettement supérieur à celui du maïs en raison de la moindre consommation d’énergie fossile en culture et en transformation. #### 4. Exercice d’application : calcul du rendement en bioéthanol **Énoncé** : Une usine traite 10 tonnes de maïs contenant 70 % d’amidon. L’amidon est entièrement hydrolyosé en glucose (C₆H₁₂O₆), puis fermenté en éthanol selon la réaction : C₆H₁₂O₆ → 2 C₂H₅OH + 2 CO₂ Calculer la masse théorique de bioéthanol obtenue (en kg). **Correction** : - Masse d’amidon = 10 000 kg × 0,70 = 7 000 kg - Hydrolyse de l’amidon : (C₆H₁₀O₅)ₙ + n H₂O → n C₆H₁₂O₆ Masse molaire glucose = 180 g/mol Masse molaire unité d’amidon (C₆H₁₀O₅) = 162 g/mol → 162 g d’amidon donnent 180 g de glucose Masse de glucose = 7 000 kg × (180/162) = 7 000 × 1,111 = 7 777,8 kg - Fermentation : 180 g de glucose donnent 2 × 46 = 92 g d’éthanol Masse molaire éthanol = 46 g/mol Rendement massique = 92/180 = 0,511 Masse d’éthanol = 7 777,8 kg × 0,511 = **3 974 kg** ≈ 3,97 tonnes de bioéthanol théorique. **Remarque** : En pratique, le rendement réel est inférieur (80–90 % du théorique) à cause des pertes (contamination, évaporation, rendement enzymatique <100 %). > **À retenir** : Le rendement théorique en éthanol à partir du glucose est de 0,51 g/g de glucose. ### C. Voie estérifiée : production du biodiesel Le biodiesel est un ester méthylique (ou éthylique) d’acide gras, obtenu par transestérification d’huiles végétales ou de graisses animales avec un alcool (méthanol ou éthanol) en présence d’un catalyseur (souvent NaOH ou KOH). #### 1. Principe de la transestérification Réaction générale : Triglycéride + 3 Méthanol ⇌ 3 Ester méthylique d’acide gras (biodiesel) + Glycérol Exemple avec trioléine (triglycéride de l’acide oléique) : $$ \text{C}_3\text{H}_5\text{(OOC C}_{17}\text{H}_{33}\text{)}_3 + 3\,\text{CH}_3\text{OH} \rightleftharpoons 3\,\text{CH}_3\text{OOC C}_{17}\text{H}_{33} + \text{C}_3\text{H}_8\text{O}_3 $$ (triglycéride) + (méthanol) ⇌ (biodiesel) + (glycérol) La réaction est réversible ; l’excès de méthanol et l’élimination du glycérol poussent l’équilibre vers la droite. #### 2. Étapes du procédé industriel - **Prétraitement de l’huile** : - Dégommage (élimination des phospholipides) - Neutralisation (élimination des acides gras libres si >0,5 %) - Séchage (élimination de l’eau) - **Transestérification** : - Mélange huile + méthanol (rapport molaire 1:6 à 1:10) + catalyseur (NaOH 0,5–1 % poids huile) - Température : 50–65 °C, agitation, durée 1–2 h - Formation de deux phases : - Phase supérieure : ester méthylique (biodiesel) + méthanol résiduel - Phase inférieure : glycérol + catalyseur + méthanol - **Séparation** : décantation ou centrifugation pour séparer les phases. - **Purification du biodiesel** : - Lavage à l’eau (élimination du catalyseur, savons, méthanol) - Séchage - Distillation sous vide (élimination du méthanol résiduel) - **Récupération du glycérol** : raffinage pour usage industriel (cosmétique, pharmaceutique) ou combustion. #### 3. Propriétés du biodiesel - Densité : ~0,88 g/cm³ (contre 0,72–0,78 pour le diesel fossile) - Viscose : légèrement plus élevée que le diesel fossile (bon pour la lubrification, peut poser problème à froid) - Point d’éclair : >100 °C (très sûr à manipuler) - Point de coulée : dépend de la source (huile de palme : ~10 °C ; huile de colza : ~–10 °C) - PCI : ~37–39 MJ/kg (contre ~42,5 MJ/kg pour le diesel fossile) - Teneur en oxygène : ~10–12 % (favorise une combustion plus complète, réduit les particules et le CO) #### 4. Avantages et limites **Avantages** : - Réduction des émissions de particules fines, de monoxyde de carbone et d’hydrocarbures imbrûlés. - Biodegradabilité élevée. - Utilisation possible dans les moteurs diesel existants (en mélange B5 à B20, voire B100 avec adaptations). - Réduction nette des émissions de CO₂ sur le cycle de vie (si culture durable) : 40–80 % selon la matière première. **Limites** : - Consommation légèrement supérieure (à puissance égale) à cause du PCI inférieur. - Risque d’encrassement des filtres et des injecteurs à long terme (surtout avec B100). - Stabilité à l’oxydation inférieure (nécessite des additifs antioxydants). - Concours avec l’alimentation pour les matières premières de première génération. - Production de glycérol en excès (valorisation nécessaire). > **À retenir** : Le biodiesel présente un meilleur bilan environnemental que le diesel fossile en termes de particules et de CO, mais nécessite une gestion cuidadosa de la matière première et du glycérol coproduit. #### 5. Exercice d’application : calcul du rendement en biodiesel **Énoncé** : On transestérifie 500 kg d’huile de colza (triglycéride moyen : trioléine, M = 885 g/mol) avec un excès de méthanol. La réaction donne du méthyl oléate (biodiesel, M = 296 g/mol) et du glycérol (M = 92 g/mol). Calculer la masse théorique de biodiesel obtenue. **Correction** : Réaction : Triglycéride (C₅₇H₁₀₄O₆) + 3 CH₃OH → 3 CH₃OLéate (C₁₉H₃₆O₂) + C₃H₈O₃ - Masse molaire trioléine = 885 g/mol - Masse molaire méthyl oléate = 296 g/mol - D’après l’équation : 1 mol de triglycéride donne 3 mol de biodiesel → Masse de biodiesel par mol de triglycéride = 3 × 296 = 888 g - Rendement massique théorique = 888 / 885 ≈ 1,003 g biodiesel / g d’huile (légèrement >1 car le méthanol ajoute de la masse, mais on ne compte que l’huile comme matière première de base) En pratique, on considère souvent le rendement basé sur l’huile seule : Masse théorique de biodiesel = 500 kg × (888/885) = 500 × 1,0034 ≈ **501,7 kg** Cependant, comme le méthanol provient d’un réactif externe, l’usage industriel considère souvent le rendement par rapport à l’huile : → 1 kg d’huile donne théoriquement 1,003 kg de biodiesel (soit ~501,7 kg pour 500 kg d’huile). Mais comme la masse du méthanol est ajoutée, la masse totale des produits est supérieure à celle de l’huile seule. Pour éviter la confusion, on définit souvent le rendement comme : (masse de biodiesel obtenue) / (masse d’huile utilisée) Ici, théorique = 888/885 = 1,003 → 501,7 kg de biodiesel pour 500 kg d’huile. **Remarque** : En pratique, le rendement réel est de 90–98 % du théorique à cause des pertes (réaction incomplète, pertes lors de la séparation, formation de savons si FFA trop élevés). > **À retenir** : La transestérification d’une huile végétale donne théoriquement une masse de biodiesel légèrement supérieure à celle de l’huile de départ, du fait de l’ajout du méthanol. ### D. Comparaison entre bioéthanol et biodiesel | Critère | Bioéthanol | Biodiesel | |--------|------------|-----------| | Matière première principale | Canne à sucre, maïs, blé | Huile de colza, tournesol, palme, déchets | | Procédé de fabrication | Fermentation + distillation | Transestérification | | Produit principal | C₂H₅OH | Ester méthylique d’acide gras | | Sous-produit majeur | CO₂ | Glycérol | | Utilisation moteur | Moteurs essence (E5 à E85, voire E100) | Moteurs diesel (B5 à B100) | | PCI (MJ/kg) | 26,8 | 37–39 | | Densité (kg/L) | 0,79 | 0,88 | | Point d’éclair (°C) | 13 | >100 | | Avantages majeurs | Haute octane, réduction du CO | Bonne lubrification, très sûr, réduction des particules | | Limites majeurs | Faible énergie volumétrique, corrosion, absorption d’eau | Viscosité à froid, stabilité à l’oxydation, concurrence alimentaire | > **À retenir** : Le choix entre bioéthanol et biodiesel dépend du type de moteur, de la disponibilité des matières premières locales et des politiques énergétiques nationales. --- ## II. TP N° 26 : Technique de production des biocarburants ### A. Objectif du TP Réaliser la synthèse du biodiesel par transestérification d’une huile végétale (ex. : huile de tournesol) avec du méthanol en présence d’un catalyseur basique (NaOH), puis analyser le produit obtenu. ### B. Schéma de principe du procédé ``` Huile végétale + Méthanol + NaOH ↓ (50–65 °C, agitation, 1–2 h) [Biodiesel + Méthanol] + [Glycérol + NaOH + Méthanol] ↓ (décantation) Phase supérieure : Biodiesel brut Phase inférieure : Glycerol brut ↓ Lavage à l’eau → Séchage → Analyse ``` ### C. Protocole expérimental (résumé) 1. **Préparation** : - Mesurer 100 mL d’huile de tournesol dans un ballon de 250 mL équipé d’un agitateur magnétique et d’un thermomètre. - Chauffer à 50 °C. - Préparer une solution de méthanol-NaOH : 20 mL de méthanol + 0,5 g de NaOH (dissous, solution trouble puis claire). 2. **Réaction** : - Verser la solution méthanol-NaOH dans l’huile chaude. - Maintenir l’agitation et la température (50–55 °C) pendant 60 minutes. 3. **Décantation** : - Laisser reposer 10–15 minutes. - Observer la séparation en deux phases : - Phase supérieure pâle : biodiesel brut - Phase inférieure plus foncée : glycérol brut 4. **Séparation et lavage** : - Prélever délicatement la phase supérieure (biodiesel). - Laver deux fois avec 20 mL d’eau tiède (élimination du NaOH et du méthanol résiduel). - Laisser décanter, éliminer l’eau inférieure. - Sécher avec du sulfate de sodium anhydre (ou laisser évaporer à l’air chaud <40 °C). 5. **Analyse** : - Mesurer la densité du biodiesel obtenu (pycnomètre ou densimètre). - Effectuer un test de miscibilité avec le diesel fossile. - Observer la couleur et la clarté. - (Optionnel) Mesurer le point d’éclair ou réaliser un essai de combustion contrôlé. ### D. Résultats attendus et interprétation - **Phase de réaction** : le mélange devient trouble dès l’ajout du catalyseur (formation de micelles/savons si FFA présents), puis clair en cours de réaction. - **Décantation** : deux phases distinctes apparaissent nettement après repos. - **Biodiesel brut** : liquide limpide, jaune pâle, odeur caractéristique (légèrement alcoolique). - **Densité attendue** : entre 0,86 et 0,89 g/cm³ (valeur théorique pour le méthyl oléate : ~0,87 g/cm³). - **Miscibilité** : le biodiesel doit être totalement miscible avec le diesel fossile. - **Rendement** : on attend ~90–95 g de biodiesel pour 100 g d’huile de départ (rendement massique ~0,90–0,95). > **À retenir** : La formation de deux phases distinctes après réaction est un indicateur clé de la réussite de la transestérification. ### E. Sources d’erreur et améliorations | Source d’erreur | Conséquence | Action corrective | |------------------|-------------|-------------------| | Température trop basse (<45 °C) | Réaction lente, rendement faible | Augmenter la température, prolonger le temps | | Température trop élevée (>70 °C) | Vaporisation du méthanol, perte de réactif | Utiliser un réfrigérant ou condenser les vapeurs | | Quantité insuffisante de NaOH | Catalyseur limitant, réaction incomplète | Vérifier la pureté et la quantité du NaOH | | Eau ou FFA trop élevés dans l’huile | Formation de savons, émulsion, difficulté de séparation | Prétraiter l’huile (dégommage, neutralisation) | | Lavage insuffisant | Résidu de catalyseur, corrosion potentielle | Répéter les lavages jusqu’à neutralité de l’eau de lavage | | Séchage inadéquat | Présence d’eau, dégradation du biodiesel | Utiliser un agent dessicant ou chauffer doucement | > **À retenir** : Le contrôle de la température, de la pureté des réactifs et du lavage sont essentiels pour obtenir un biodiesel de qualité. ### F. Exercice d’application : interprétation de résultats de TP **Énoncé** : Lors du TP, un groupe obtient 85 g de biodiesel à partir de 100 g d’huile de tournesol. La densité mesurée est de 0,87 g/cm³. 1. Calculer le rendement massique de la réaction. 2. Comparer ce rendement au rendement théorique attendu (supposer que l’huile est principalement composée de trioléine, M = 885 g/mol, donnant 3 mol de méthyl oléate, M = 296 g/mol). 3. Proposer deux explications possibles si le rendement est inférieur au théorique. **Correction** : 1. Rendement massique = (masse de biodiesel obtenue) / (masse d’huile utilisée) = 85 g / 100 g = **0,85** ou **85 %**. 2. Rendement théorique : - Masse de biodiesel théorique pour 100 g d’huile : Comme vu précédemment : 1 g d’huile donne 888/885 = 1,003 g de biodiesel théorique. → 100 g d’huile donnent 100 × 1,003 = **100,3 g** de biodiesel théorique. Rendement théorique massique = 100,3 / 100 = 1,003 → mais comme on définit le rendement par rapport à l’huile, on attend ~100,3 g pour 100 g d’huile. Cependant, en pratique pédagogique, on considère souvent que le rendement théorique massique est proche de 1 (car la différence est petite et due au méthanol). Une approche plus courante en TP est de considérer : - Masse molaire huile (trioléine) = 885 g/mol → donne 3 × 296 = 888 g de biodiesel → Rendement massique théorique = 888 / 885 = 1,003 → donc pour 100 g d’huile, on attend 100,3 g de biodiesel. Rendement obtenu / rendement théorique = 85 / 100,3 ≈ 0,847 → **84,7 %** du rendement théorique. On peut dire que le rendement est de **85 %** par rapport à l’huile, et que le rendement théorique massique est de **100,3 %**, donc l’efficacité est de 85 / 100,3 ≈ 84,7 %. Pour simplifier, on accepte souvent que le rendement théorique attendu est de ~95–100 % en masse d’huile (en négligeant la petite contribution du méthanol dans le calcul de base). Ici, 85 % est inférieur à l’attendu (~95 %). 3. Explications possibles : - Réaction incomplète : température trop basse, temps de réaction insuffisant, mélange inadéquat. - Pertes lors du lavage ou de la séparation : émulsion entraînant une perte de phase biodiesel dans l’eau ou le glycérol. - Présence d’acides gras libres (FFA) dans l’huile entraînant la formation de savons qui consomment le catalyseur et piègent le biodiesel. - Vaporisation du méthanol pendant la réaction si le système n’est pas bien fermé. > **À retenir** : Un rendement inférieur à 90 % en TP suggère généralement des pertes mécaniques (séparation, lavage) ou une réaction incomplète (température, temps, catalyseur). --- ## Synthèse du chapitre (liste structurée) - Les biocarburants sont des carburants issus de la biomasse renouvelable, classés en générations selon la matière première. - Le bioéthanol est produit par fermentation de sucres (C₆H₁₂O₆ → 2 C₂H₅OH + 2 CO₂) suivie de distillation. - Le rendement théorique en éthanol à partir du glucose est de 0,51 g/g. - Le bilan énergétique du bioéthanol varie fortement selon la matière première (canne à sucre : rendement net élevé ; maïs : faible en régions tempérées). - Le biodiesel est produit par transestérification d’huiles végétales avec un alcool (méthanol) et un catalyseur basique. - La réaction de transestérification : triglycéride + 3 ROH ⇌ 3 ester + glycérol. - Le biodiesel présente un PCI inférieur au diesel fossile (~38 vs 42,5 MJ/kg) mais des avantages environnementaux (particules, CO, biodégradabilité). - La séparation des phases (biodiesel/glycérol) est cruciale après réaction. - Le lavage et le séchage sont nécessaires pour éliminer le catalyseur, le méthanol et l’eau résiduels. - En TP, un rendement de 85–95 % du théorique est considéré comme satisfaisant pour la transestérification d’huile végétale. - Les principaux défis des biocarburants de première génération sont la concurrence avec l’alimentation et la nécessité de pratiques agricoles durables. - La troisième génération (algues) promet des rendements surfaciques élevés sans concurrence directe avec les cultures alimentaires. --- ## Glossaire - **Transestérification** : réaction chimique où un ester réagit avec un alcool pour former un nouvel ester et un nouvel alcool, utilisée pour produire le biodiesel à partir d’huiles végétales. - **Fermentation alcoolique** : processus anaérobie où des levures transforment le glucose en éthanol et dioxyde de carbone. - **Biodiesel** : ester méthylique (ou éthylique) d’acide gras, utilisé comme carburant diesel renouvelable. - **Bioéthanol** : éthanol produit par fermentation de matières premières riches en sucre ou en amidon, utilisé comme carburant essence renouvelable. - **Pouvoir calorifique inférieur (PCI)** : quantité de chaleur libérée par la combustion complète d’un unité de masse de carburant, eau de combustion sous forme de vapeur. - **Glycérol** : sous-produit de la transestérification, triol utilisé dans l’industrie cosmétique, pharmaceutique et comme intermédiaire chimique. - **Catalyseur basique** : substance (comme NaOH ou KOH) qui accélère la réaction de transestérification sans être consommée. - **Acides gras libres (FFA)** : acides gras non esterifiés présents dans les huiles brutes, pouvant entraîner la formation de savons lors de la transestérification basique. - **Rendement massique** : rapport entre la masse de produit obtenue et la masse de réactif de référence utilisée, exprimé en pourcentage ou en fraction. - **Distillation** : procédé de séparation des composants d’un mélange liquide basé sur leurs différences de points d’ébullition. - **Miscibilité** : capacité de deux liquides à former une phase homogène en toutes proportions. - **Première génération** : biocarburants issus de matières premières agricoles destinées également à l’alimentation humaine ou animale. --- *Fin de la fiche de cours.*

Quiz du chapitre

12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel est le principal composant chimique des biocarburants de première génération produits à partir de maïs ou de canne à sucre ?
  2. 2. Quel procédé permet de transformer les huiles végétales en biodiesel adapté aux moteurs diesel ?
  3. 3. Quel est l'avantage environnemental principal des biocarburants de deuxième génération par rapport aux premières générations ?
  4. 4. Dans la production de biogaz par digestion anaérobie, quel gaz est majoritairement produit ?
  5. 5. Un élève camerounais souhaite produire du biodiesel à l'échelle locale à partir d'huile de palme brute. Quelle étape est indispensable pour éviter l'encrassement du moteur ?
  6. 6. Dans le contexte camerounais, quelle matière première est la plus prometteuse pour la production de biocarburants de deuxième génération sans compromettre la sécurité alimentaire ?
  7. 7. Un réacteur de fermentation produisant de l'éthanol à partir de mélasse montre une baisse soudaine du rendement. Quel facteur est le plus probablement en cause ?
  8. 8. Dans une unité de production de biogaz au Cameroun, le mélange entrant contient 70% de fumier de bovin et 30% de résidus de maïs. Quel est l'effet principal attendu si la proportion de résidus de maïs est augmentée à 50% ?
  9. 9. Quel est le rôle du glycérol produit lors de la transestérification des huiles végétales en biodiesel ?
  10. 10. Une étude compare deux procédés de production d'éthanol : l'un à partir de sucre de canne (première génération) et l'autre à partir de paille de riz (deuxième génération). Quel est le principal défi technique spécifique au deuxième procédé ?
  11. 11. Dans le cadre de la stratégie camerounaise de développement des énergies renouvelables, pourquoi la production de biocarburants à partir de jatropha curcas a-t-elle connu un échec relatif malgré son potentiel initial ?
  12. 12. Un chercheur modifie génétiquement une levure pour qu'elle produise de l'éthanol à partir du xylose, un sucre issu de l'hémicellulose. Quel avantage cela apporte-t-il dans la production de biocarburants de deuxième génération ?