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Chapitre 27

SÉQ 12: Séismes.

Lecture : 16 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - décrire les manifestations observables d’un séisme (ondes, dégâts, phénomènes associés) ; - expliquer l’origine mécanique des séismes en lien avec les contraintes tectoniques et les failles ; - utiliser les échelles d’intensité (Mercalli) et de magnitude (Richter, moment) pour évaluer un séisme ; - localiser l’épicentre d’un séisme à partir des temps d’arrivée des ondes P et S enregistrés par trois stations sismiques ; - discuter des possibilités et des limites de la prévision sismique (probabilités, précurseurs, modèles). **Prérequis** : notions de plaque tectonique, de contraintes élastiques, de propagation d’ondes élastiques (vitesse des ondes P et S dans les milieux solides), connaissance de l’échelle de Richter de base, capacité à lire un sismogramme simple. --- ## Introduction contextualisée Les séismes sont parmi les phénomènes géophysiques les plus impressionnants et les plus dangereux. Au Cameroun, la faille du Cameroun (partie du système de la faille du Golfe de Guinée) génère régulièrement des tremblements de terre de magnitude modérée (M ≈ 4‑5) qui sont ressentis dans les régions du Littoral et du Centre. Comprendre leur origine, leurs manifestations et les méthodes permettant de les évaluer et de les localiser est essentiel pour la prévention des risques et la préparation des populations. Ce cours présente les concepts clés du programme officiel de SVT en 3ᵉ, séances 35 et 36, en suivant une approche par compétences : description, explication, utilisation de formules, résolution de problèmes et esprit critique. --- ## I. Séance 35 : Manifestations, origine des séismes et méthodes d’évaluation de l’intensité des séismes ### A. Manifestations des séismes Un séisme se manifeste par : - **Ondes sismiques** : ondes de compression (P) et de cisaillement (S) qui se propagent dans le solide terrestre, suivies d’ondes de surface (Love et Rayleigh) responsables des dégâts les plus importants. - **Vibrations du sol** : ressenties comme un tremblement, pouvant provoquer la chute d’objets, la fissuration de bâtiments, voire l’effondrement. - **Phénomènes associés** : tsunamis (si le séisme se produit sous l’océan), glissements de terrain, liquefaction des sols sableux, modifications du niveau de la nappe phréatique. > **>** *Les ondes P sont les plus rapides (v ≈ 6‑8 km s⁻¹ dans la croûte), les ondes S suivent (v ≈ 3,5‑4,5 km s⁻¹), et les ondes de surface sont les plus lentes mais les plus destructrices.* ### B. Origine des séismes L’origine mécanique repose sur l’accumulation de contraintes élastiques dans les roches jusqu’à ce que la contrainte de cisaillement dépasse la résistance de la faille. Le mécanisme se déroule en trois étapes : 1. **Charge tectonique** : déplacement relatif des plaques crée une contrainte de cisaillement τ sur la faille. 2. **Déformation élastique** : les roches se déforment élastiquement selon la loi de Hooke : τ = G·γ, où G est le module de cisaillement et γ la déformation angulaire. 3. **Rupture** : lorsque τ atteint la contrainte de rupture τᵣ, la faille glisse soudainement, libérant l’énergie élastique stockée sous forme d’ondes sismiques. L’énergie libérée E (en joules) est liée au déplacement moyen D sur la faille, à la surface de rupture S et au module de cisaillement G par : $$E = \frac{1}{2}\, G\, S\, D^{2}$$ > **>** *Cette relation montre que l’énergie varie avec le carré du déplacement : un doublement de D quadruple l’énergie libérée.* #### Exemple 1 – Calcul de l’énergie libérée Une faille de longueur 15 km et de largeur 10 km (S = 150 km² = 1,5 × 10⁸ m²) subit un déplacement moyen D = 0,5 m. Le module de cisaillement de la croûte est G ≈ 3 × 10¹⁰ Pa. 1. Calcul de S en m² : S = 1,5 × 10⁸ m². 2. Application de la formule : $$E = \frac{1}{2}\,(3\times10^{10})\,(1,5\times10^{8})\,(0,5)^{2}$$ $$E = 0,5 \times 3\times10^{10} \times 1,5\times10^{8} \times 0,25$$ $$E = 0,5 \times 3 \times 1,5 \times 0,25 \times 10^{18}$$ $$E = 0,5 \times 1,125 \times 10^{18} = 5,625\times10^{17}\ \text{J}$$ **Résultat** : E ≈ 5,6 × 10¹⁷ J, comparable à l’énergie de plusieurs centaines de mégatonnes de TNT. #### Exemple 2 – Influence du déplacement Si le déplacement passe de 0,5 m à 1,0 m (double), l’énergie devient : $$E' = \frac{1}{2} G S (2D)^{2} = 4 \times \frac{1}{2} G S D^{2} = 4E$$ Ainsi, l’énergie quadruple, confirmant la dépendance au carré du déplacement. ### C. Méthodes d’évaluation de l’intensité des séismes #### 1. Échelle de Mercalli-Modifiée (MMI) Échelle qualitative de I à XII basée sur les effets observés (personnes, bâtiments, objets). - I : imperceptible, seulement enregistré par les instruments. - VI : ressenti par tous, certains objets déplacés, légères fissures dans le plâtre. - IX : dégâts considérables, bâtiments partiellement détruits, voies de terre endommagées. - XII : destruction totale, paysages modifiés. > **>** *L’intensité dépend de la distance à l’épicentre, du type de sol et de la qualité de la construction.* #### 2. Échelle de Richter (magnitude locale Mₗ) Définie en 1935 par Charles Richter : $$M_{L}= \log_{10}\left(\frac{A}{A_{0}}\right)$$ où A est l’amplitude maximale (en µm) de l’onde enregistrée sur un sismomètre Wood‑Anderson à 100 km de l’épicentre, et A₀ = 1 µm (référence). > **>** *Chaque augmentation d’une unité de magnitude correspond à environ 31,6 fois plus d’énergie libérée.* #### 3. Magnitude de moment (Mw) La plus utilisée aujourd’hui, indépendante de la distance et du type d’instrument : $$M_{w}= \frac{2}{3}\log_{10}(M_{0})-6,07$$ avec le moment sismique M₀ (en N·m) : $$M_{0}= \mu\, S\, D$$ où μ est le module de rigidité (≈ G), S la surface de rupture, D le déplacement moyen. > **>** *Mw permet de comparer des séismes très différents (ex. séisme de profondeur vs superficiel).* #### Exemple 3 – Calcul de magnitude Richter Un sismomètre situé à 100 km enregistre une amplitude maximale A = 250 µm. $$M_{L}= \log_{10}\left(\frac{250}{1}\right)=\log_{10}(250)=2,3979\approx 2,4$$ **Résultat** : magnitude locale Mₗ ≈ 2,4 (séisme très faible, généralement non ressenti). #### Exemple 4 – Passage de Mₗ à Mw Supposons un séisme avec Mₗ = 5,0 enregistré à 100 km. On estime que l’énergie correspondante est environ 10¹,⁵ fois celle d’un séisme de Mₗ = 4,0. En pratique, pour un séisme modéré, Mw ≈ Mₗ + 0,2 (correction empirique). Ainsi, Mw ≈ 5,2. --- ## II. Séance 36 : Localisation des séismes à l’échelle mondiale et prévision des séismes ### A. Localisation des séismes (triangulation) Le principe repose sur la différence de temps d’arrivée entre les ondes P (plus rapides) et S (plus lentes) enregistrées dans au moins trois stations sismiques. 1. **Mesure du différentiel Δt = tₛ – tₚ** pour chaque station. 2. **Conversion en distance** à l’aide de la courbe temps‑distance (ou formule approximative) : $$d \approx k \, \Delta t$$ où k dépend de la vitesse moyenne des ondes dans la croûte (k ≈ 8 km s⁻¹ pour Δt en secondes, valeur moyenne obtenue en considérant vₚ ≈ 6,5 km s⁻¹ et vₛ ≈ 3,5 km s⁻¹ : 1/(1/vₛ‑1/vₚ) ≈ 8 km s⁻¹). 3. **Report des cercles** de rayon d autour de chaque station sur une carte ; l’intersection des trois cercles donne l’épicentre. > **>** *Avec seulement deux stations, on obtient deux points d’intersection possibles ; la troisième station lève l’ambiguïté.* #### Exemple 5 – Localisation à partir de Δt Trois stations enregistrent les différentiels suivants : - Station A : Δtₐ = 12 s - Station B : Δt_b = 8 s - Station C : Δt_c = 5 s En utilisant k = 8 km s⁻¹ : - dₐ = 8 × 12 = 96 km - d_b = 8 × 8 = 64 km - d_c = 8 × 5 = 40 km Sur une carte, on trace trois cercles de rayons 96, 64 et 40 km autour des stations A, B, C. Leur intersection unique se situe à environ 30 km au nord‑est de la station B – c’est l’épicentre estimé. #### Exemple 6 – Influence des vitesses réelles Si on utilise les vitesses réelles vₚ = 6,5 km s⁻¹ et vₛ = 3,5 km s⁻¹, la distance exacte est donnée par : $$d = \frac{v_{p} v_{s}}{v_{p}-v_{s}}\,\Delta t$$ Le facteur devient : $$\frac{6,5\times3,5}{6,5-3,5}= \frac{22,75}{3}=7,58\ \text{km s}^{-1}$$ Ainsi, avec Δtₐ = 12 s, dₐ = 7,58 × 12 ≈ 91 km (au lieu de 96 km). La différence montre l’importance d’utiliser les vitesses réelles pour une localisation précise. ### B. Prévision des séismes La prévision sismique se distingue de la prédiction (heure, lieu, magnitude exacte) qui reste impossible à ce jour. On parle de **prévision probabiliste** : estimation de la probabilité qu’un séisme de certaine magnitude se produise dans une zone donnée pendant un intervalle de temps. #### 1. Approche basée sur les taux de récurrence En supposant que les séismes suivent une loi de Gutenberg‑Richter : $$\log_{10} N = a - b M$$ où N est le nombre annuel de séismes de magnitude ≥ M, a et b sont des constantes empiriques (b ≈ 1 pour de nombreuses régions). > **>** *Cette loi montre qu’il y a beaucoup plus de petits séismes que de grands.* #### 2. Précurseurs géophysiques Certains phénomènes peuvent précéder un séisme, mais leur fiabilité reste faible : - variations du niveau de la nappe phréatique, - émissions de gaz radon, - anomalies du champ magnétique terrestre, - déformations du sol mesurées par GPS ou InSAR. Aucun de ces signes n’est suffisamment fiable pour être utilisé seul comme alerte précoce. #### 3. Modélisation de contraintes (Coulomb stress change) Le calcul du changement de contrainte de Coulomb ΔCFS sur une faille voisine après un séisme permet d’estimer si cette faille est rapprochée ou éloignée de son seuil de rupture. $$\Delta CFS = \Delta \tau + \mu' \Delta \sigma_{n}$$ où Δτ est le changement de contrainte de cisaillement, Δσₙ le changement de contrainte normale (positive si compressive), μ' le coefficient de frottement effectif (souvent 0,4‑0,6). > **>** *Un ΔCFS positif favorise le déclenchement d’un futur séisme sur la faille considérée.* #### Exemple 7 – Application de la loi de Gutenberg‑Richter Dans une région donnée, on a déterminé a = 4,5 et b = 1,0. Quelle est la fréquence annuelle des séismes de magnitude ≥ 6,0 ? $$\log_{10} N = 4,5 - 1,0 \times 6,0 = -1,5$$ $$N = 10^{-1,5}= 0,0316$$ Ainsi, on attend environ 0,03 séisme de magnitude ≥ 6 par an, soit un séisme de cette taille tous les ≈ 32 ans. #### Exemple 8 – Calcul de ΔCFS Après un séisme, une faille voisine subit un changement de contrainte de cisaillement Δτ = +0,2 MPa et un changement de contrainte normale Δσₙ = ‑0,1 MPa (décompression). Avec μ' = 0,5 : $$\Delta CFS = 0,2 + 0,5 \times (-0,1) = 0,2 - 0,05 = 0,15\ \text{MPa}$$ Comme ΔCFS > 0, la faille est rapprochée de son seuil de rupture ; la probabilité d’un séisme déclenché augmente. --- ## Synthèse du chapitre - **Manifestations** : ondes P, S, de surface ; vibrations du sol ; tsunamis, glissements, liquefaction. - **Origine** : accumulation de contrainte élastique sur une faille, rupture soudaine selon la loi de Hooke ; énergie libérée $E=\frac12 G S D^{2}$. - **Intensité** : échelle Mercalli (effets observés) ; magnitude Richter $M_{L}= \log_{10}(A/A_{0})$ ; magnitude de moment $M_{w}= \frac{2}{3}\log_{10}M_{0}-6,07$ avec $M_{0}= \mu S D$. - **Localisation** : mesure du différentiel Δt entre ondes P et S ; conversion en distance $d\approx k\Delta t$ (k≈8 km s⁻¹) ; triangulation avec ≥ 3 stations. - **Prévision** : approche probabiliste (loi de Gutenberg‑Richter) ; précurseurs peu fiables ; modèle de contrainte de Coulomb $\Delta CFS = \Delta \tau + \mu' \Delta \sigma_{n}$ pour estimer le déclenchement éventuel. > **>** *Retenir : la magnitude augmente logarithmiquement avec l’amplitude enregistrée ; chaque unité de Richter ≈ 31,6× plus d’énergie.* > **>** *Retenir : l’énergie libérée varie avec le carré du déplacement sur la faille.* > **>** *Retenir : la localisation précise nécessite au moins trois stations et la connaissance des vitesses réelles des ondes P et S.* > **>** *Retenir : un ΔCFS positif indique une augmentation de la probabilité de rupture sur une faille voisine.* --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | **Onde P** | onde de compression primaire, la plus rapide, se propage dans les solides et les liquides. | | **Onde S** | onde de cisaillement secondaire, plus lente, ne se propage que dans les solides. | | **Onde de surface** | onde qui se propage à la surface du terrestre (Love, Rayleigh) et cause les plus grands dégâts. | | **Faille** | fracture dans la croûte terrestre où se produit un glissement relatif des blocs rocheux. | | **Contrainte élastique** | force interne répartie sur une unité de surface résultant d’une déformation réversible. | | **Module de cisaillement (G)** | rapport entre la contrainte de cisaillement et la déformation angulaire dans un matériau élastique. | | **Magnitude de Richter (Mₗ)** | échelle logarithmique basée sur l’amplitude maximale enregistrée à 100 km de l’épicentre. | | **Magnitude de moment (Mw)** | mesure de l’énergie totale libérée, indépendante de la distance et du type d’instrument. | | **Échelle de Mercalli-Modifiée (MMI)** | échelle qualitative de I à XII décrivant les effets observés d’un séisme. | | **Δt (tₛ‑tₚ)** | différence de temps d’arrivée entre les ondes S et P, utilisée pour estimer la distance à l’épicentre. | | **Triangulation** | méthode de localisation d’un point à partir des distances mesurées depuis trois stations connues. | | **Loi de Gutenberg‑Richter** | relation $\log_{10}N = a - bM$ décrivant la fréquence des séismes selon leur magnitude. | | **Moment sismique (M₀)** | produit du module de rigidité, de la surface de rupture et du déplacement moyen : $M_{0}= \mu S D$. | | **ΔCFS (changement de contrainte de Coulomb)** | indicateur du changement de probabilité de rupture sur une faille : $\Delta CFS = \Delta \tau + \mu' \Delta \sigma_{n}$. | | **Précurseur** | phénomène observable pouvant annoncer un séisme, mais dont la fiabilité reste limitée. | --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Magnitude Richter Un sismomètre placé à 100 km enregistre une amplitude maximale de 50 µm. Calculer la magnitude locale Mₗ. **Corrigé** : $$M_{L}= \log_{10}\left(\frac{50}{1}\right)=\log_{10}(50)=1,6989\approx 1,7$$ **Réponse** : Mₗ ≈ 1,7 (séisme très faible, généralement imperceptible). ### Exercice 2 – Énergie libérée Une faille de surface 20 km × 12 km subit un déplacement moyen de 0,8 m. Le module de cisaillement de la croûte est G = 3 × 10¹⁰ Pa. Calculer l’énergie libérée E. **Corrigé** : Surface S = 20 km × 12 km = 240 km² = 2,4 × 10⁸ m². $$E=\frac12 G S D^{2}=0,5\times(3\times10^{10})\times(2,4\times10^{8})\times(0,8)^{2}$$ $$E=0,5\times3\times10^{10}\times2,4\times10^{8}\times0,64$$ $$E=0,5\times3\times2,4\times0,64\times10^{18}=0,5\times4,608\times10^{18}=2,304\times10^{18}\ \text{J}$$ **Réponse** : E ≈ 2,3 × 10¹⁸ J. ### Exercice 3 – Localisation par triangulation Trois stations enregistrent les différentiels Δt suivants : - Station P : Δt = 10 s - Station Q : Δt = 6 s - Station R : Δt = 4 s En utilisant k = 8 km s⁻¹, déterminer les distances dₚ, d_q, d_r et indiquer comment on procéderait pour localiser l’épicentre sur une carte. **Corrigé** : dₚ = 8 × 10 = 80 km d_q = 8 × 6 = 48 km d_r = 8 × 4 = 32 km On trace trois cercles de rayons 80, 48 et 32 km autour des stations P, Q, R respectivement. L’intersection unique de ces trois cercles donne l’épicentre estimé. ### Exercice 4 – Loi de Gutenberg‑Richter Dans une zone sismique, les paramètres de la loi de Gutenberg‑Richter sont a = 5,0 et b = 0,9. Calculer le nombre annuel attendu de séismes de magnitude ≥ 7,0. **Corrigé** : $$\log_{10} N = a - bM = 5,0 - 0,9\times7,0 = 5,0 - 6,3 = -1,3$$ $$N = 10^{-1,3}= 0,0501$$ Ainsi, on attend environ 0,05 séisme de magnitude ≥ 7 par an, soit un séisme de cette taille tous les 20 ans environ. **Réponse** : N ≈ 5 × 10⁻² an⁻¹ (≈ 1 séisme chaque 20 ans). ### Exercice 5 – Changement de contrainte de Coulomb Après un séisme de magnitude 6,5, une faille voisine subit un changement de contrainte de cisaillement Δτ = +0,25 MPa et un changement de contrainte normale Δσₙ = +0,05 MPa (compression). Avec un coefficient de frottement effectif μ' = 0,4, calculer ΔCFS et interpréter le résultat. **Corrigé** : $$\Delta CFS = \Delta \tau + \mu' \Delta \sigma_{n}=0,25 + 0,4\times0,05 = 0,25 + 0,02 = 0,27\ \text{MPa}$$ Comme ΔCFS > 0, la faille voisine est rapprochée de son seuil de rupture ; la probabilité d’un séisme déclenché sur cette faille augmente. **Réponse** : ΔCFS = +0,27 MPa → augmentation de la tendance à la rupture. --- ## Erreurs fréquentes | Erreur fréquente | Pourquoi elle se produit | Comment l’éviter | |------------------|--------------------------|------------------| | **Confondre intensité (Mercalli) et magnitude (Richter/Mw)** | Les deux notions sont toutes deux notées par des nombres, mais l’intensité dépend du lieu observé tandis que la magnitude est une caractéristique intrinsèque du séisme. | Rappeler que l’intensité varie avec la distance et le type de sol, alors que la magnitude est unique pour un événement donné. Utiliser des exemples concrets (même séisme, intensité VI à l’épicentre, IV à 50 km). | | **Oublier le facteur ½ dans l’expression de l’énergie élastique** | En appliquant la formule $E = \frac12 G S D^{2}$, certains élèves omettent le ½, obtenant une énergie deux fois trop grande. | Toujours écrire la formule complète et vérifier les unités : $G$ (Pa) × $S$ (m²) × $D^{2}$ (m²) donne J ; le ½ provient de l’énergie moyenne d’un ressort élastique. | | **Utiliser une vitesse moyenne inadéquate pour convertir Δt en distance** | Certains prennent simplement $d = v_{p}\Delta t$ ou $d = v_{s}\Delta t$, ignorant que la différence de temps dépend des deux vitesses. | Rappeler la formule exacte $d = \frac{v_{p}v_{s}}{v_{p}-v_{s}}\Delta t$ et montrer que, pour des valeurs typiques, $k\approx8$ km s⁻¹ est une bonne approximation, mais qu’il faut l’ajuster si les vitesses locales sont connues. | | **Interpréter un ΔCFS négatif comme une certitude d’absence de séisme** | Un ΔCFS négatif diminue la probabilité mais ne l’annule pas totalement ; d’autres facteurs (hétérogénéité, fluides) peuvent déclencher un séisme. | Expliquer que ΔCFS est un indicateur de tendance, pas une détermination absolue ; compléter avec une approche probabiliste. | | **Confondre l’échelle de Richter avec l’échelle de moment** | Les deux donnent des nombres proches pour les séismes modérés, mais divergent pour les très grands ou très profonds séismes. | Souligner que Mw est basée sur le moment sismique et est la référence actuelle ; Richter reste utile pour les enregistrements locaux anciens. | | **Ne pas convertir les unités avant de calculer** | Utiliser des kilomètres pour la surface et des mètres pour le déplacement entraîne des erreurs d’ordre de grandeur. | Toujours convertir toutes les longueurs en mètres (ou en unités cohérentes) avant d’appliquer les formules. Insister sur la vérification des unités à chaque étape. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel terme désigne le point situé à l'intérieur de la Terre où la rupture sismique débute ?
  2. 2. Quelle échelle mesure l'énergie libérée par un séisme, indépendamment de ses effets locaux ?
  3. 3. Quel type d'onde sismique arrive en premier à une station sismographique ?
  4. 4. Un enregistrement sismique montre un délai de 12 secondes entre l'arrivée des ondes P et S. En utilisant la vitesse approximative de 8 km/s pour la différence P‑S, quelle est la distance approximative de l'épicentre ?
  5. 5. Une station enregistre l'arrivée de l'onde P à 08h15min30s et celle de l'onde S à 08h15min50s. Quelle est la distance de l'épicentre ?
  6. 6. Lors d'un séisme de intensité VI sur l'échelle de Mercalli, quels effets sont généralement observés ?
  7. 7. Sur la carte mondiale de la sismicité, où se concentre la majorité des séismes de forte magnitude ?
  8. 8. Pourquoi la prévision précise du moment et du lieu d'un séisme reste-t-elle actuellement impossible malgré les recherches sur les précurseurs ?
  9. 9. Le moment sismique M0 d'un séisme est de 5,0 × 10^18 N·m. En utilisant la formule Mw = (2/3) log10(M0) - 6,07, quelle est approximativement la magnitude de moment Mw ?
  10. 10. Trois stations sismiques enregistrent les distances suivantes à l'épicentre : A = 100 km, B = 150 km, C = 200 km. Quelle méthode permet de déterminer l'emplacement exact de l'épicentre à partir de ces données ?