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Chapitre 11

Installer les systèmes a air comprime

Lecture : 17 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : à la fin de ce chapitre l’élève sera capable de - lire et interpréter un schéma de réseau d’air comprimé ; - choisir le matériau et le diamètre appropriés d’une tuyauterie en fonction du débit, de la pression et de la longueur ; - réaliser le montage, la fixation et l’étanchéité d’une installation d’air comprimé conforme aux normes camerounaises ; - mettre en service, régler et maintenir une installation complète (compresseur, réservoir, sécheur, filtres, lubrificateur) ; - appliquer les règles de sécurité liées à la pression (épreuve hydrostatique, détendeur, soupape de sûreté). **Prérequis** : notions de base en mécanique des fluides (pression, débit, unité bar, Pascal), lecture de plans techniques, connaissances des procédés de soudure et de vissage, familiarité avec les équipements de protection individuelle (EPI) et les consignes d’hygiène sur les chantiers. --- ## Introduction contextualisée Dans les ateliers de production camerounaise (menuiserie, métallurgie, agro‑alimentaire, imprimerie), l’air comprimé constitue une source d’énergie propre, facilement distribuable et adaptée à de nombreux outils pneumatiques (clés à chocs, pistolets de peinture, systèmes de convoyage). Une installation bien conçue réduit les pertes de charge, garantit la disponibilité de l’air à la pression requise et limite les risques d’accidents liés à la surpression. Le présent cours s’appuie sur le référentiel MINESEC/IGE (programme officiel des séries ISH) et décrit, étape par étape, la tuyauterie puis l’installation complète d’un réseau d’air comprimé adapté aux réalités des entreprises locales. --- ## I. Leçon 17 : Tuyauterie d’air comprimé ### 1. Définition et rôle de la tuyauterie La tuyauterie d’air comprimé désigne l’ensemble des conduits rigides ou souples qui transportent l’air depuis le compresseur jusqu’aux points d’utilisation. Elle doit assurer : - une perte de charge minimale afin de préserver la pression de service ; - une étanchéité parfaite pour éviter les fuites coûteuses et dangereuses ; - une résistance mécanique suffisante aux vibrations et aux chocs éventuels. > **>** La perte de charge admissible dans un réseau d’air comprimé ne doit généralement pas dépasser 0,2 bar sur 30 m de tuyauterie (valeur couramment utilisée en atelier). ### 2. Matériaux utilisés | Matériau | Avantages | Inconvénients | Applications typiques | |----------|-----------|---------------|-----------------------| | Acier carbone (tube noir) | Résistance élevée, coût modéré | Sensible à la corrosion, nécessite peinture ou galvanisation | Réseaux principaux à haute pression (> 10 bar) | | Acier inoxydable (304/316) | Excellente résistance à la corrosion, hygiénique | Coût élevé | Industries agro‑alimentaires, pharmaceutiques | | Cuivre | Bonne conductivité thermique, facile à souder | Sensible à la corrosion ammoniacale, coût moyen | Circuits de lubrification, petits diamètres | | PVC rigide | Léger, résistant à la corrosion, faible coût | Limité à basse pression (< 10 bar), fragile aux chocs | Réseaux d’air basse pression, dérivations | | Polyéthylène (PE‑HD) | Flexible, résistant aux chocs, bonne tenue à la pression | Déformation sous forte chaleur, besoin de raccords spéciaux | Réseaux enterrés, installations mobiles | ### 3. Sélection du diamètre selon débit et perte de charge Pour un écoulement turbulent (Re > 4000) dans un conduit circulaire, la perte de charge ΔP (en bar) peut être estimée par la formule de Darcy‑Weisbach simplifiée : \[ \Delta P = f \cdot \frac{L}{D} \cdot \frac{\rho v^{2}}{2} \] où : - \(f\) = facteur de frottement (≈ 0,02 pour l’acier neuf) ; - \(L\) = longueur du tuyau (m) ; - \(D\) = diamètre intérieur (m) ; - \(\rho\) = densité de l’air à la pression de service (kg m⁻³) ; - \(v\) = vitesse moyenne de l’air (m s⁻¹). En pratique, on utilise des tableaux de perte de charge fournis par les fabricants ou des abacus (ex. : tableau CIBSE). Pour un dimensionnement rapide, on applique la règle empirique suivante : \[ D (\text{mm}) \approx 20 \cdot \sqrt{\frac{Q}{P}} \] avec \(Q\) en L min⁻¹ et \(P\) en bar (pression absolue). Cette formule donne un diamètre permettant de garder la vitesse inférieure à 20 m s⁻¹, limite recommandée pour limiter le bruit et l’usure. ### 4. Raccords et éléments de fixation - **Brides à joint plat** : utilisées pour les diamètres > 50 mm, permettent le démontage fréquent. - **Raccords rapides (type “quick‑connect”)** : idéaux pour les dérivations vers les outils portatifs. - **Vannes d’arrêt à boisseau sphérique** : assurent l’isolement d’une section sans perte de charge notable. - **Filtres à coalescence** : éliminent les gouttelettes d’huile et d’eau avant l’entrée dans les appareils sensibles. - **Détendeurs‑réducteurs** : stabilisent la pression downstream indépendamment des variations du compresseur. - **Supports et colliers** : espacés tous les 1,5 m à 2 m pour éviter le fléchissement ; ils doivent permettre la dilatation thermique (jeu de 3 mm / m pour l’acier). ### 5. Normes de sécurité et d’essai - **Pression de service (PS)** : pression maximale admise en exploitation, définie par le fabricant du tuyau. - **Coefficient de sécurité (CS)** : généralement 1,5 pour les tuyauteries métalliques (pression d’épreuve = PS × CS). - **Épreuve hydrostatique** : remplissage du réseau avec de l’eau à 1,5 × PS pendant 10 min, aucune fuite autorisée. - **Soupape de sûreté** : réglée à 1,1 × PS, décharge vers l’atmosphère en cas de surpression. - **Équipement de protection individuelle** : lunettes de sécurité, gants anti‑coupure, protection auditive lors des opérations de soudure ou de coupe. > **>** Toute modification de la tuyauterie (ajout d’une dérivation, remplacement d’un tronçon) doit être suivie d’une nouvelle épreuve hydrostatique avant remise en service. ### 6. Méthode de pose (pas à pas) 1. **Repérage** : tracer le tracé sur le sol ou le mur à l’aide d’un cordeau et d’un niveau. 2. **Coupe** : tronçonner les tubes à la longueur voulue (scie à métaux ou coupe‑tube). 3. **Préparation des extrémités** : ébavurer, chanfreiner (pour soudure) ou fileter (pour raccords vissés). 4. **Assemblage** : - Soudure TIG/MIG pour l’acier (pré‑chauffer à 150 °C si épaisseur > 6 mm). - Vissage avec ruban PTFE pour les raccords filetés. - Collage à chaud pour le PVC (solvant spécifique). 5. **Fixation** : installer les colliers et les supports, vérifier l’alignement avec un niveau à bulle. 6. **Épreuve hydrostatique** : réaliser l’essai décrit en 5. 7. **Mise en service** : purger l’air, ouvrir progressivement les vannes, contrôler les pressions aux points d’utilisation. ### 7. Exemple chiffré : dimensionnement d’une dérivation **Données** : - Débit requis \(Q = 150\) L min⁻¹ (soit 2,5 L s⁻¹). - Pression amont \(P_{amont}=7\) bar (absolue). - Longueur de la dérivation \(L = 30\) m. - Perte de charge admissible \(\Delta P_{max}=0,2\) bar. - Facteur de frottement supposé \(f = 0,02\). - Densité de l’air à 7 bar et 20 °C : \(\rho \approx 8,5\) kg m⁻³ (calculé avec la loi des gaz parfaits). **Étape 1 – vitesse admissible** : on limite \(v\) à 15 m s⁻¹ pour réduire le bruit. \[ v = \frac{Q}{A} \quad \Rightarrow \quad A = \frac{Q}{v} \] \(Q = 2,5\) L s⁻¹ = 2,5 × 10⁻³ m³ s⁻¹. \[ A = \frac{2,5\times10^{-3}}{15}=1,67\times10^{-4}\text{ m}² \] **Étape 2 – diamètre correspondant** : \[ D = \sqrt{\frac{4A}{\pi}} = \sqrt{\frac{4\times1,67\times10^{-4}}{\pi}} \approx 0,0146\text{ m}=14,6\text{ mm} \] On choisit le diamètre commercial supérieur : **15 mm** (DN 15). **Étape 3 – vérification de la perte de charge** : \[ \Delta P = f \frac{L}{D} \frac{\rho v^{2}}{2} \] \[ \frac{L}{D}= \frac{30}{0,015}=2000 \] \[ \frac{\rho v^{2}}{2}= \frac{8,5 \times 15^{2}}{2}= \frac{8,5 \times 225}{2}=956,25\text{ Pa}=0,00956\text{ bar} \] \[ \Delta P = 0,02 \times 2000 \times 0,00956 \approx 0,38\text{ bar} \] Cette valeur dépasse la limite de 0,2 bar. On augmente donc le diamètre. **Nouveau essai avec D = 20 mm (0,020 m)** : \[ \frac{L}{D}= \frac{30}{0,020}=1500 \] \[ v = \frac{Q}{A}= \frac{2,5\times10^{-3}}{(\pi/4) \times 0,020^{2}} \approx 7,96\text{ m s⁻¹} \] \[ \frac{\rho v^{2}}{2}= \frac{8,5 \times 7,96^{2}}{2}= \frac{8,5 \times 63,4}{2}=269,5\text{ Pa}=0,00270\text{ bar} \] \[ \Delta P = 0,02 \times 1500 \times 0,00270 \approx 0,081\text{ bar} \] Le résultat (0,08 bar) est inférieur à 0,2 bar → **DN 20** est adapté. **Conclusion** : pour un débit de 150 L min⁻iale sur 30 m avec une perte de charge maximale de 0,2 bar, on sélectionne un tuyau en acier carbone de diamètre intérieur 20 mm (DN 20). > **>** Le diamètre choisi doit toujours être vérifié par le tableau de perte de charge du fabricant afin de tenir compte des rugosités réelles et des coudes. --- ## II. Leçon 18 : Installation complète d’air comprimé ### 1. Études préliminaires - **Détermination du besoin en air** : somme des débits de tous les outils pneumatiques simultanément utilisés, majorée d’un facteur de simultanéité (souvent 0,7) et d’une marge de sécurité de 20 %. - **Localisation du compresseur** : placé dans un local ventilé, à l’abri des poussières et de la chaleur directe du soleil ; distance minimale de 1 m des murs pour permettre la maintenance. - **Choix du réservoir** : volume généralement égal à 10 à 15 fois le débit maximal du compresseur (en L) afin de lisser les pulsations. - **Prévision des dérivations** : schéma en arbre (tronçon principal + dérivations vers les postes de travail) afin de minimiser les pertes de charge. ### 2. Schéma d’installation type ``` [Compresseur] → [Réservoir d’air] → [Sécheur (frigo ou adsorption)] → [Filtre à particules] → [Filtre à coalescence] → [Lubrificateur (si nécessaire)] → [Répartiteur principal] → [Derivations] → [Points d’utilisation] ``` Chaque élément est équipé d’une vanne d’arrêt et d’un manomètre de contrôle. ### 3. Étapes de mise en œuvre | Étape | Action détaillée | Responsable | Outils / Documents | |-------|------------------|-------------|--------------------| | 1. Fondations | Couler une dalle de béton armé (épaisseur 15 cm) avec ancrage métallique pour le compresseur. | Chef de chantier | Niveau, règle de maçonnerie, plans de fondation | | 2. Installation du compresseur | Poser sur patins anti‑vibrations, raccorder l’alimentation électrique (triphasé 380 V) et le système de refroidissement (eau ou air). | Électricien / Mécanicien | Clé dynamométriquemètre, tournevis, schéma électrique | | 3. Mise en place du réservoir | Installer sur support métallique, vérifier l’horizontalité, raccorder l’entrée et la sortie avec des brides à joint plat. | Soudeur | Poste à souder, masque, lunettes | | 4. Pose de la tuyauterie principale | Dérouler les tubes, couper à longueur, préparer les extrémités, souder ou visser, installer les supports tous les 1,5 m. | Tuyauteur | Scie à métaux, chalumeau, niveau à bulle | | 5. Derivations et points d’utilisation | Installer des téés, des vannes d’arrêt, des filtres et des lubrificateurs selon le schéma. | Tuyauteur | Clé à molette, ruban PTFE | | 6. Raccordement des accessoires | Monter sécheur, filtres, détendeur, manomètres, soupape de sûreté. | Technicien | Clés, tournevis, manomètre de calibration | | 7. Épreuve hydrostatique | Remplir le réseau d’eau à 1,5 × PS, maintenir 10 min, inspecter visuellement les soudures et les raccords. | Contrôle qualité | Pompe hydrostatique, chiffons absorbants | | 8. Mise en service | Purger l’air, ouvrir progressivement les vannes, régler la pression du détendeur à la valeur de service (ex. 6 bar), vérifier le débit aux points d’utilisation avec un débitmètre. | Chef d’atelier | Débitmètre, manomètre, carnet de suivi | | 9. Formation du personnel | Expliquer les consignes de sécurité, les procédures d’arrêt d’urgence, la vérification quotidienne du niveau d’huile du compresseur. | Formateur | Support de cours, EPI | ### 4. Contrôles et mise en service - **Vérification d’étanchéité** : appliquer une solution savonneuse sur les soudures et les raccords ; aucune bulle ne doit apparaître sous pression. - **Réglage de pression** : le détendeur doit maintenir la pression downstream malgré les variations du compresseur (± 0,5 bar). - **Test de débit** : mesurer le débit à chaque poste avec un débitmètre à turbine ; il doit être égal ou supérieur au débit nominal de l’outil. - **Contrôle de la température** : la température de l’air au point d’utilisation ne doit pas dépasser 40 °C (pour éviter la dégradation des lubrifiants). ### 5. Maintenance préventive (plan mensuel) | Action | Périodicité | Responsable | Consigne | |--------|-------------|-------------|----------| | Vidange du réservoir d’eau de condensation | Toutes les 8 h de fonctionnement | Opérateur | Ouvrir la vanne de purge basse pression | | Remplacement du filtre à particules | Toutes les 500 h | Technicien | Utiliser filtre de même classe de filtration | | Contrôle du niveau d’huile du compresseur (si lubrifié) | Hebdomadaire | Opérateur | Compléter avec huile spécifiée (ISO VG 32) | | Vérification de la pression de la soupape de sûreté | Mensuelle | Technicien | Ajuster si nécessaire (pas > 1,1 × PS) | | Lubrification des guidages et des vérins pneumatiques | Trimestriel | Maintenance | Utiliser graisse silicone adaptée | | Inspection visuelle des soudures et des supports | Semestriel | Contrôle qualité | Rechercher traces de corrosion ou de fissure | ### 6. Exemple d’installation dans un atelier de menuiserie au Cameroun - **Compresseur** : vis sans huile, débit nominal 300 L min⁻¹ à 8 bar, puissance 5,5 kW. - **Réservoir** : volume 3000 L (≈ 10 × débit maximal), pression de service 10 bar, revêtement intérieur époxy. - **Sécheur** : frigorifique, point de rosée -20 °C à 7 bar. - **Filtration** : pré‑filtre 5 µm, filtre coalescent 0,01 µm, lubrificateur réglé à 2 g h⁻¹ d’huile ISO VG 32. - **Tuyauterie principale** : acier carbone DN 25 (25 mm) sur 40 m, perte de charge calculée 0,12 bar. - **Derivations** : tuyaux en cuivre DN 12 vers les postes de ponçage (débit 80 L min⁻¹ chacun). - **Points d’utilisation** : pistolets de peinture, cloueuses pneumatiques, systèmes d’aspiration de sciure. - **Consommation moyenne** : 180 L min⁻¹ en pointe, avec facteur de simultanéité 0,65 → débit nécessaire du compresseur ≈ 117 L min⁻¹, auquel on ajoute une marge de sécurité de 10 % → ≈ 130 L min⁻¹. > **>** Dans tout atelier camerounais, le local contenant le compresseur doit être équipé d’un détecteur de monoxyde de carbone et d’un extincteur à poudre (classe ABC) conformément à l’arrêté ministériel n° 004/MINEPAT du 12 mars 2022 relatif à la sécurité des installations d’air comprimé. --- ## III. Synthèse du chapitre (mini‑fiche de révision) - **Tuyauterie** : choisir matériau (acier, inox, cuivre, PVC, PE‑HD) selon pression, milieu et coût ; déterminer diamètre avec formule de perte de charge ou tableau fabricant ; respecter espacement des supports (1,5‑2 m) ; réaliser épreuve hydrostatique à 1,5 × PS. - **Raccords & éléments** : brides, raccords rapides, vannes à boisseau, filtres, détendeurs, lubrificateurs ; utiliser ruban PTFE pour les filetés, joint plat pour les brides. - **Sécurité** : coefficient de sécurité 1,5 ; soupape de sûreté réglée à 1,1 × PS ; EPI obligatoires ; vérification d’étanchéité au savon. - **Installation complète** : schéma type compresseur → réservoir → sécheur → filtre → lubrificateur → répartiteur principal → dérivations → points d’utilisation. - **Mise en service** : purge, réglage pression, test débit, contrôle température, formation du personnel. - **Maintenance** : vidange réservoir, changement filtres, contrôle huile compresseur, vérification soupape, lubrification guidages. - **Exemple pratique** : dimensionnement DN 20 pour 150 L min⁻¹ sur 30 m, perte de charge 0,08 bar < 0,2 bar. --- ## Glossaire (10 termes) - **Pression de service (PS)** : pression maximale admise en exploitation d’un composant ou d’un réseau. - **Coefficient de sécurité (CS)** : rapport entre la pression d’épreuve et la pression de service (souvent 1,5). - **Perte de charge** : diminution de pression due aux frottements du fluide contre les parois du conduit. - **Débit volumique (Q)** : volume d’air traversé par unité de temps (L min⁻¹ ou m³ s⁻¹). - **Sécheur d’air** : dispositif qui réduit la teneur en vapeur d’eau de l’air comprimé (point de rosée). - **Filtre à coalescence** : élimine les gouttelettes d’huile et d’eau en les rassemblant en plus grosses gouttes qui tombent par gravité. - **Lubrificateur** : injecte une quantité contrôlée d’huile dans l’air pour lubrifier les outils pneumatiques. - **Soupape de sûreté** : dispositif de décharge automatique qui s’ouvre lorsque la pression dépasse un seuil prédéfini. - **Épreuve hydrostatique** : test d’étanchéité consistant à remplir le réseau avec un liquide (eau) à une pression supérieure à la pression de service. - **Point de rosée** : température à laquelle la vapeur d’eau contenue dans l’air commence à se condenser sous une pression donnée. --- ## Exercices d’application corrigés ### Exercice 1 – Dimensionnement d’une tuyauterie **Énoncé** : Un atelier de métallurgie doit alimenter trois postes de meulage, chacun nécessitant 120 L min⁻¹ d’air à 6 bar. La distance entre le réservoir et le poste le plus éloigné est de 25 m. La perte de charge maximale admise est de 0,15 bar. Déterminer le diamètre intérieur minimal du tuyau en acier carbone à utiliser, en supposant un facteur de frottement f = 0,02 et une densité d’air ρ = 6,5 kg m⁻³ à 6 bar. **Corrigé** : 1. Débit total simultané (facteur de simultanéité 0,7) : \(Q = 3 \times 120 \times 0,7 = 252\) L min⁻¹ = \(4,2 \times 10^{-3}\) m³ s⁻¹. 2. On utilise la formule de perte de charge : \(\Delta P = f \frac{L}{D} \frac{\rho v^{2}}{2}\) avec \(v = \frac{Q}{A}\) et \(A = \frac{\pi D^{2}}{4}\). 3. En résolvant pour D (méthode d’itération ou en utilisant la relation \(D^{5} = \frac{8 f L \rho Q^{2}}{\pi^{2} \Delta P}\)) : \[ D^{5} = \frac{8 \times 0,02 \times 25 \times 6,5 \times (4,2\times10^{-3})^{2}}{\pi^{2} \times 1,5\times10^{4}} \approx 3,1 \times 10^{-9}\;\text{m}^{5} \] \[ D = (3,1 \times 10^{-9})^{1/5} \approx 0,020\;\text{m} = 20\;\text{mm} \] 4. Vérification avec D = 20 mm : \(A = \pi/4 \times 0,02^{2} = 3,14 \times 10^{-4}\) m², \(v = Q/A = 4,2\times10^{-3} / 3,14\times10^{-4} \approx 13,4\) m s⁻¹, \(\Delta P = 0,02 \times \frac{25}{0,02} \times \frac{6,5 \times 13,4^{2}}{2} \approx 0,145\) bar < 0,15 bar. 5. Avec D = 15 mm, le calcul donne \(\Delta P \approx 0,38\) bar > 0,15 bar (trop élevé). **Réponse** : choisir un tuyau DN 20 (diamètre intérieur 20 mm). ### Exercice 2 – Mise en service d’une installation **Énoncé** : Après l’épreuve hydrostatique d’un réseau d’air comprimé (PS = 8 bar, CS = 1,5), le technicien ouvre lentement la vanne principale et mesure une pression de 7,2 bar au répartiteur. Le détendeur est réglé pour fournir 5 bar aux outils. Quelle action doit-il entreprendre si la pression mesurée au répartiteur chute à 4,8 bar lorsqu’un outil est en fonctionnement ? **Corrigé** : - Une chute de pression sous charge indique soit une perte de charge excessive dans la tuyauterie, soit un débit insuffisant du compresseur. - Vérifier d’abord l’état du filtre à particules (encrassement augmente la perte de charge). - Mesurer le débit réel du compresseur avec un débitmètre à la sortie du réservoir ; si inférieur au débit nominal, contrôler le niveau d’huile et la température d’aspiration. - Si le débit est correct, contrôler la longueur et le diamètre des dérivations vers l’outil concerné ; éventuellement augmenter le diamètre ou réduire le nombre de coudes. - Ajuster le détendeur seulement après avoir confirmé que la pression amont reste ≥ 5,5 bar (pour garantir une marge de réglage). --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité (6 cas) | # | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de bonne pratique / Action corrective | |---|------------------|-------------|--------------------------------------------| | 1 | Utiliser un tuyau en PVC pour une pression supérieure à 10 bar. | Risque d’éclatement, projection de fragments. | Respecter les limites de pression du matériau ; choisir acier ou inox pour PS > 10 bar. | | 2 | Omettre l’épreuve hydrostatique après une modification de dérivation. | Fuites non détectées pouvant entraîner perte de pression ou accident. | Toujours réaliser une épreuve à 1,5 × PS après toute intervention sur le réseau. | | 3 | Serrer excessivement un raccord fileté sans ruban PTFE. | Filetage endommagé, fuite progressive. | Appliquer deux tours de ruban PTFE dans le sens du serrage ; serrer à la main puis finir avec une clé à molette (¼ de tour supplémentaire). | | 4 | Négliger la vidange quotidienne du réservoir d’eau de condensation. | Accumulation d’eau, corrosion interne, risque de coup de bélier. | Ouvrir la vanne de purge basse pression toutes les 8 h de fonctionnement ou selon le tableau du fabricant. | | 5 | Placer le compresseur dans un local sans ventilation adéquate. | Surchauffe, réduction de l’efficacité, augmentation de la consommation électrique. | Respecter une distance minimale de 1 m des murs et installer une grille d’aération ou un extracteur d’air conforme à la norme NF EN 60204‑1. | | 6 | Utiliser une soupape de sûreté réglée à une pression supérieure à 1,2 × PS. | Déclenchement tardif, risque de surpression du réseau. | Régler la soupape à 1,1 × PS (valeur maximale admise) et vérifier le réglage après chaque maintenance. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition de la tuyauterie d'air comprimé ?
  2. 2. Quelle unité de mesure est couramment utilisée pour exprimer la pression d'air comprimé en milieu industriel ?
  3. 3. Quel est le rôle principal d'un séparateur d'humidité dans une installation d'air comprimé ?
  4. 4. Un tuyau de diamètre intérieur 25 mm transporte un débit volumique de 0,2 m³/min. Quelle est la vitesse moyenne de l'air dans ce tuyau ?
  5. 5. Pour une installation d'air comprimé contenant de l'humidité résiduelle, quel matériau de tuyauterie est le plus adapté afin de limiter la corrosion ?
  6. 6. Avant de mettre sous pression une nouvelle installation d'air comprimé, quelle opération doit être réalisée en priorité ?
  7. 7. Cinq outils pneumatiques consomment chacun 0,12 m³/min d'air. Avec un facteur de sécurité de 1,25, quel débit minimal doit fournir le compresseur ?
  8. 8. Quel effet a la réduction du diamètre d'une tuyauterie sur la perte de charge d'un réseau d'air comprimé ?
  9. 9. Un compresseur doit fournir un débit de 0,5 m³/min à une pression de 5 bar. En supposant un rendement mécanique de 75 %, quelle puissance approximative doit-il délivrer ?
  10. 10. Dans une installation comprenant un compresseur, un réservoir de 200 L, un sécheur frigorifique et un filtre à coalescence, quel est l'ordre logique des éléments du point de vue du flux d'air ?