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Chapitre 5

Installer la tuyauterie et l'équipement des réseaux d'alimentation en combustible (partie 1/3)

Lecture : 21 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de : - Identifier et choisir les équipements appropriés aux réseaux d’alimentation en combustible (gaz naturel, GPL, fioul domestique). - Réaliser l’assemblage de tuyauterie selon les procédés de soudure, brasure ou raccord mécanique adaptés au matériau et à la pression de service. - Dimensionner et mettre en place les arrivées d’air de combustion et les conduits d’évacuation de fumée en respectant les normes de sécurité et d’efficacité énergétique. - Effectuer les essais d’étanchéité, de pression et de tirage, puis rédiger un rapport de mise en service conforme aux exigences du MINESEC/IGE. **Prérequis** : - Lecture et interprétation de plans d’installation (schémas unifilaires, coupes, détails d’assemblage). - Notions de propriétés des fluides (densité, viscosité, pouvoir calorifique inférieur). - Bases de la métallurgie (types d’acier, cuivre, matériaux synthétiques) et des procédés d’assemblage (soudure à l’arc, TIG, brasure, raccords filetés). - Consignes de sécurité incendie et de prévention des risques liés aux gaz combustibles (arrêtés ministériels camerounais, normes NF EN). --- ## Introduction contextualisée Au Cameroun, la demande en installations de chauffage, de production d’eau chaude sanitaire et de processus industriels repose largement sur les réseaux d’alimentation en combustible gaz (naturel ou GPL) et fioul domestique. Que ce soit dans les résidences urbaines de Yaoundé ou Douala, les hôtels de la côte ou les unités agro‑alimentaires de l’Ouest, la fiabilité de ces réseaux conditionne la sécurité des occupants, la performance énergétique et la conformité aux réglementations environnementales. Le technicien en installations hydrauliques doit donc maîtriser non seulement la mise en place de la tuyauterie, mais aussi le choix et la pose des équipements de régulation, de sécurité et de contrôle, ainsi que la conception des arrivées d’air et des conduits de fumée. Ce chapitre présente, étape par étape, les compétences attendues pour la partie 1/3 du programme officiel : équipement des réseaux, assemblage de tuyauterie et ventilation/combustion. --- ## I. Leçon 9 : Équipement des réseaux de combustible ### 9.1 Définition et rôle des équipements Les équipements d’un réseau de combustible sont tous les dispositifs qui permettent de réguler, de protéger, de contrôler et de sécuriser l’acheminement du fluide depuis la source (bouteille, citerne, réseau de distribution) jusqu’aux appareils de consommation (chaudière, brûleur, cuisinière). Ils assurent : - La réduction de la pression à un niveau adapté aux appareils (détendeur). - L’isolement rapide en cas de fuite ou d’intervention (vanne de coupure, vanne d’arrêt). - La prévention des retours de flamme ou de gaz (clapet anti‑retour, dispositif anti‑retour de flamme). - La mesure et la surveillance (manomètre, débitmètre, détecteur de fuite de gaz, détecteur de monoxyde de carbone). > **Un détendeur doit être installé immédiatement après le point de livraison et avant tout appareil consommateur, afin de garantir une pression de service stable et conforme aux normes.** ### 9.2 Types d’équipements selon le combustible | Équipement | Gaz naturel / GPL | Fioul domestique | Fonction principale | |------------|-------------------|------------------|---------------------| | Détendeur à membrane | Oui (pression d’entrée 0,2–0,5 bar) | Non | Réduction de pression | | Détendeur à piston | Oui (haute pression) | Non | Réduction de pression élevée | | Vanne d’arrêt à boisseau sphérique | Oui | Oui | Coupure rapide | | Clapet anti‑retour à battant | Oui | Oui | Empêche le retour de fluide | | Manomètre de pression | Oui | Oui | Contrôle de pression | | Détecteur de fuite de gaz (catalytique) | Oui | Non | Détection de CH₄, C₃H₈ | | Détecteur de monoxyde de carbone (électrochimique) | Oui (post‑combustion) | Oui (post‑combustion) | Sécurité des locaux | | Filtre à particules | Non | Oui | Élimination des impuretés du fioul | | Pompe de transfert (fioul) | Non | Oui | Alimentation du brûleur à pression constante | ### 9.3 Choix en fonction du combustible et de la pression de service - **Gaz naturel** : pression de distribution généralement 20 mbar (0,02 bar) après détendeur. On privilégie les détendeurs à membrane et les vannes à boisseau sphérique en laiton ou en acier inoxydable. - **GPL** : pression de service 21 mbar (0,021 bar) ; les mêmes équipements que pour le gaz naturel sont utilisés, mais les joints doivent être compatibles avec les hydrocarbures plus agressifs (joints en NBR ou en Viton). - **Fioul domestique** : pression de service 0,5–1,5 bar selon le type de brûleur. On utilise des détendeurs à piston, des filtres à 5 µm et des pompes à engrenages ou à piston pour maintenir un débit constant. > **La pression de service d’un réseau de gaz domestique ne doit jamais dépasser 21 mbar (GPL) ou 20 mbar (gaz naturel) conformément à l’arrêté n°001/MINTP du 02 janvier 2015.** ### 9.4 Installation et fixation - **Emplacement** : les détendeurs et les vannes d’arrêt sont placés à l’extérieur du local technique, à au moins 0,5 m de toute source de chaleur (chauffe‑eau, four) et à 1 m minimum des ouvertures (portes, fenêtres) afin de limiter la diffusion d’éventuelles fuites. - **Support** : fixation sur des consoles métalliques ou des équerres ancrées au mur avec des chevilles adaptées au matériau du support (béton, parpaing). Les équipements doivent être accessibles pour la visite périodique (au moins une fois par an). - **Étanchéité des raccords** : utilisation d’un joint anaerobique ou d’une pâte d’étanchéité homologuée pour le gaz (ex. : Loctite 55) sur les filetages ; serrage selon le couple préconisé par le fabricant (ex. : 25 Nm pour un raccord ½’’ en acier). Pour les réseaux de fioul, le ruban de PTFE peut être utilisé tant qu’il est compatible avec les hydrocarbures. ### 9.5 Mise en service et essais d’étanchéité 1. **Vérification visuelle** de l’alignement et du serrage. 2. **Essai à l’air** : pressurisation du réseau à 1,5 × la pression de service avec de l’air sec, maintien pendant 10 min, contrôle des pertes de pression (< 0,02 bar). 3. **Essai au gaz** (gaz naturel ou GPL) : même procédure, mais avec le gaz réel, en présence d’un détecteur de fuite ; toute fuite détectée doit être colmatée avant la mise en service définitive. 4. **Documentation** : relevé des pressions, température ambiante, date, nom du technicien, signature et validation du responsable d’installation. > **Un réseau est considéré étanche si la chute de pression observée lors de l’essai à l’air est inférieure à 0,02 bar après 10 min de stabilisation.** --- ## II. Leçon 10 : Assemblage de tuyauterie de gaz et fioul ### 10.1 Matériaux couramment utilisés | Matériau | Domaine d’application | Avantages | Limites | |----------|----------------------|-----------|---------| | Acier noir (SS400) | Gaz naturel, GPL, fioul (pression ≤ 4 bar) | Résistance mécanique, coût faible | Sensible à la corrosion, nécessite protection (peinture, galvanisation) | | Acier galvanisé | Gaz, fioul (pression ≤ 4 bar) | Résistance à la corrosion atmosphérique | Pas recommandé pour le GPL à haute température (risque d’écaillage) | | Cuivre recuit | Gaz domestique (pression ≤ 20 mbar) | Souplesse, bonne conductivité thermique | Pas adapté aux pressions élevées, coût supérieur | | Tubes PER (polyéthylène réticulé) | Eau chaude sanitaire, parfois fioul basse pression | Flexibilité, résistance à la corrosion | Non autorisé pour le gaz (quel que soit la pression) | | Tubes multicouche (Al‑PE‑PE) | Gaz, fioul (pression ≤ 4 bar) | Bonne tenue à la pression, légèreté | Nécessite des raccords à sertir spécifiques | ### 10.2 Techniques d’assemblage | Technique | Matériaux compatibles | Procédé | Applications typiques | |-----------|----------------------|---------|-----------------------| | Soudure à l’arc (électrode enrobée) | Acier noir, acier galvanisé | Fusion du métal d’apport avec électrode | Tuyauterie fixe, réseaux principaux | | Soudure TIG (argon) | Acier inoxydable, cuivre | Fusion avec électrode non consommable, gaz de protection | Raccords critiques, zones visibles | | Brasure à l’alliage Sn‑Ag‑Cu | Cuivre, laiton | Chauffage à 250‑300 °C, apport d’alliage | Raccords de petite taille, réparations | | Raccords filetés (NPT, BSP) | Acier, cuivre, laiton | Vissage avec étanchéité (joint anaerobique ou pâte d’étanchéité homologuée pour le gaz; pour le fioul, ruban PTFE autorisé) | Installations démontables, dérivations | | Raccords à compression (olive) | Cuivre, laiton | Serrage d’une olive sur le tube | Rétrofit, zones difficiles d’accès | | Raccords à sertir (presse) | Multicouche, PER | Déformation mécanique du raccord autour du tube | Installations rapides, sans flamme | ### 10.3 Préparation des extrémités 1. **Débavurage** : élimination des bavures internes et externes à l’aide d’une lime ou d’un ébavureur rotatif. 2. **Nettoyage** : dégraissage au solvant (acétone, alcool isopropylique) pour éliminer huiles et poussières. 3. **Chanfreinage** (soudure) : angle de 30°‑35° sur l’épaisseur du tube pour assurer une pénétration suffisante du métal d’apport. 4. **Alésage** (raccords à compression) : léger élargissement interne pour faciliter l’insertion de l’olive. > **Avant toute opération de soudure, le tube doit être parfaitement sec et exempt de toute trace d’huile ; une humidité résiduelle peut provoquer des porosités et compromettre l’étanchéité.** ### 10.4 Procédé pas à pas : soudure d’un coude 90° en acier noir DN 20 (exemple d’atelier) | Étape | Action | Détails | |-------|--------|---------| | 1 | Préparation | Couper le tube à longueur souhaitée, ébavurer, nettoyer, chanfreiner les deux extrémités à 30°. | | 2 | Positionnement | Aligner le coude avec les deux bouts de tube, maintenir avec des serre‑joints ou des pinces de soudure. | | 3 | Tack‑soudure | Effectuer deux points de soudure d’ancrage (≈ 5 mm) à 90° l’un de l’autre pour éviter le déplacement. | | 4 | Soudure de remplissage | Utiliser électrode E6013, diamètre 2,5 mm, courant 80‑100 A, passe de remplissage en mouvement circulaire, maintenir une température de bain entre 1500 °C et 1600 °C. | | 5 | Refroidissement | Laisser refroidir à l’air libre, éviter le refroidissement brusque (eau) qui pourrait provoquer des fissures. | | 6 | Contrôle | Inspection visuelle (pas de fissure, pas de sous‑fusion), essai au pénétrant fluorescent si requis, puis essai d’étanchéité à l’air (1,5 × pression de service). | ### 10.5 Contrôle qualité et essais - **Examen visuel** : recherche de défauts de surface (fissures, sous‑fusion, inclusions). - **Essai aux ultrasons** : mesure de l’épaisseur de soudure et détection de défauts internes (seuil de détection ≈ 2 mm). - **Essai d’étanchéité à l’air** : pressurisation à 1,5 × P<sub>service</sub> pendant 10 min, perte de pression admissible < 0,02 bar. - **Essai de pression hydraulique** (pour fioul) : 1,5 × P<sub>service</sub> avec de l’eau, maintien 15 min, aucune fuite. > **Un soudure est acceptée si l’épaisseur effective du cordon de soudure est égale ou supérieure à 0,7 × l’épaisseur du tube de base et si aucun défaut détectable n’est révélé par les essais non destructifs.** ### 10.6 Exemple chiffré : calcul de perte de charge dans un tronçon de gaz naturel **Données** : - Tuyau en acier noir, diamètre nominal DN 25 (D = 26,9 mm = 0,0269 m). - Longueur L = 15 m. - Débit massique q<sub>m</sub> = 0,0002 kg·s⁻¹ (0,2 g·s⁻¹). - Densité du gaz naturel à 15 °C et 1 bar ≈ 0,8 kg·m⁻³. - Viscosité dynamique μ ≈ 1,1 × 10⁻⁵ Pa·s. - Rugosité absolue ε ≈ 0,045 mm (acier neuf). **Étapes** : 1. **Vitesse moyenne** : \[ v = \frac{q_m}{\rho \, A} = \frac{0,0002}{0,8 \times \frac{\pi D^2}{4}} = \frac{0,0002}{0,8 \times \frac{\pi (0,0269)^2}{4}} \approx 0,44 \text{ m·s}^{-1} \] 2. **Nombre de Reynolds** : \[ Re = \frac{\rho v D}{\mu} = \frac{0,8 \times 0,44 \times 0,0269}{1,1 \times 10^{-5}} \approx 8,6 \times 10^{2} \] → écoulement laminaire (Re < 2000). 3. **Facteur de friction** (régime laminaire) : \[ f = \frac{64}{Re} \approx \frac{64}{860} \approx 0,074 \] 4. **Perte de charge** (équation de Darcy‑Weisbach) : \[ \Delta P = f \frac{L}{D} \frac{\rho v^{2}}{2} = 0,074 \times \frac{15}{0,0269} \times \frac{0,8 \times (0,44)^2}{2} \approx 0,074 \times 557,6 \times 0,0774 \approx 3,2 \text{ Pa} \] 5. **Conversion en mbar** : 1 Pa = 0,01 mbar → ΔP ≈ 0,032 mbar. **Résultat** : la perte de charge sur 15 m de tuyau DN 25 avec un débit de 0,0002 kg·s⁻¹ est négligeable (< 0,05 mbar), bien inférieure à la pression de service (20 mbar). > **Pour un réseau de gaz domestique, la perte de charge totale ne doit généralement pas dépasser 10 % de la pression de service afin de garantir un débit suffisant aux appareils les plus éloignés.** --- ## III. Leçon 11 : Alimentation d’air et évacuation de fumée ### 11.1 Besoin en air de combustion La combustion complète d’un combustible nécessite un apport d’air théorique donné par la stœchiométrie. En pratique, on ajoute un excès d’air (λ ≈ 1,2) pour assurer la bonne flamme et limiter les émissions de CO. - **Formule simplifiée** (pour les combustibles liquides et gazeux) : \[ Q_{air} = \lambda \times \frac{Q_{comb} \times AFR_{st}}{\rho_{air}} \] où \(Q_{comb}\) est le débit massique du combustible (kg·s⁻¹), \(AFR_{st}\) le rapport stœchiométrique air/combustible (kg air·kg combustible⁻¹), \(\lambda\) le coefficient d’excès d’air (généralement 1,2), et \(\rho_{air}\) la densité de l’air (≈ 1,2 kg·m⁻³ à 15 °C). Pour le gaz naturel, \(AFR_{st} \approx 17,2\); pour le GPL, \(AFR_{st} \approx 15,6\); pour le fioul domestique, \(AFR_{st} \approx 14,8\). > **Un excès d’air de 20 % (λ = 1,2) est généralement recommandé pour les brûleurs domestiques afin d’assurer une combustion complète et de limiter la formation de monoxyde de carbone.** ### 11.2 Conduits d’air d’admission - **Matériaux** : PVC rigide (pour air froid), acier galvanisé ou aluminium (pour air chaud ou en présence de vapeurs d’huile). - **Dimensionnement** : vitesse d’air recommandée 2‑4 m·s⁻¹ afin de éviter les bruits et les pertes de charge excessives. \[ D = \sqrt{\frac{4 Q_{air}}{\pi v}} \] - **Emplacement** : prise d’air située à l’extérieur du bâtiment, à au moins 0,5 m au-dessus du sol et à 1 m de toute ouverture (porte, fenêtre) pour éviter le refoulement de gaz brûlés. - **Protection** : grille anti‑insectes et clapet anti‑retour pour empêcher l’inversion de flux en cas de dépression. ### 11.3 Évacuation des fumées #### 11.3.1 Conduits de fumée - **Matériaux** : acier inoxydable 304/316 (résistance à la condensation acide), ou conduits en céramique réfractaire pour les hautes températures (> 250 °C). - **Forme** : circulaire préférée ; section rectangulaire autorisée si rapport hauteur/largeur ≤ 2. - **Pente minimale** : 3 % (3 cm de montée par mètre) vers l’extérieur pour faciliter l’écoulement des condensats. - **Hauteur minimale** : la sortie du conduit doit dépasser le faitage du toit d’au moins 0,5 m, ou être située à une hauteur telle que le tirage naturel soit suffisant (voir règle ci‑dessous). #### 11.3.2 Tirage naturel vs tirage mécanique - **Tirage naturel** : dépend de la différence de température entre les gaz de fumée et l’air ambiant, ainsi que de la hauteur du conduit (effet de cheminée). \[ \Delta P_{tirage} = C \, h \, \left(\frac{T_{fg} - T_{air}}{T_{air}}\right) \] où C ≈ 0,034 Pa·m⁻¹·K⁻¹, h la hauteur effective du conduit, T en kelvins. - **Tirage mécanique** : ventilateur d’extraction (extracteur) installé en sortie de conduit lorsqu’un tirage naturel insuffisant est détecté (ex. : bâtiments hauts, conduits longs, nombreux coudes). > **La hauteur minimale d’un conduit de fumée doit être égale à 5 m au-dessus du faitage du toit ou 0,5 m au-dessus de tout obstacle situé à moins de 3 m horizontalement, afin d’assurer un tirage naturel suffisant pour une chaudière de 20 kW fonctionnant au fioul.** ### 11.4 Normes de sécurité et d’entretien - **Détecteurs de monoxyde de carbone** : installation obligatoire dans chaque logement comportant un appareil à combustion (norme NF EN 50291‑1). - **Distance de sécurité** : les conduits de fumée doivent respecter un écartement minimal de 0,2 m par rapport aux matériaux combustibles (bois, isolation) sauf protection calorifuge spécifique. - **Entretien** : ramonage obligatoire au moins deux fois par an pour les conduits desservant des appareils à combustion solide ou liquide ; une fois par an pour les appareils à gaz. - **Contrôle du tirage** : mesure de la dépression en entrée de conduit avec un manomètre à colonne d’eau ; valeur minimale recommandée 5 Pa pour un brûleur domestique. ### 11.5 Exemple de dimensionnement d’un conduit de fumée pour une chaudière fioul de 20 kW **Données** : - Puissance utile P = 20 kW. - Rendement η ≈ 0,85 → puissance thermique fournie Q<sub>th</sub> = P/η ≈ 23,5 kW. - Consommation de fioul ≈ 2,0 kg·h⁻¹ (PCI fioul ≈ 42 MJ·kg⁻¹). - Température moyenne des fumées T<sub>fg</sub> ≈ 180 °C = 453 K. - Température de l’air ambiant T<sub>air</sub> ≈ 15 °C = 288 K. - Hauteur disponible du conduit h = 6 m (du sol à la sortie). **Calcul du tirage naturel** : \[ \Delta P_{tirage} = 0,034 \times 6 \times \left(\frac{453-288}{288}\right) \approx 0,204 \times 0,572 \approx 0,117 \text{ Pa} \] Cette valeur est faible ; on prévoit donc un extracteur mécanique fournissant une dépression de 10 Pa (typique pour un petit ventilateur centrifuge). **Dimensionnement du diamètre** (vitesse des fumées 4‑6 m·s⁻¹) : Débit volumique des fumées approximé par : \[ \dot{V}_{fg} = \frac{Q_{th}}{c_p \, \Delta T} \approx \frac{23,5\times10^3}{1,0 \times 10^3 \times (453-288)} \approx \frac{23,5\times10^3}{1,0 \times 10^3 \times 165} \approx 0,142 \text{ kg·s}^{-1} \] En supposant une densité des fumées proche de 1 kg·m⁻³, on obtient un débit volumique \(\dot{V}_{fg} \approx 0,142 \text{ m}^3\text{·s}^{-1}\). En prenant v = 5 m·s⁻¹ : \[ D = \sqrt{\frac{4 \dot{V}_{fg}}{\pi v}} = \sqrt{\frac{4 \times 0,142}{\pi \times 5}} \approx \sqrt{\frac{0,568}{15,708}} \approx \sqrt{0,0362} \approx 0,19 \text{ m} \;(190 \text{ mm}) \] On choisira donc un conduit de diamètre nominal 200 mm (8 ’’) en acier inoxydable, avec une pente de 3 % vers l’extérieur et un extracteur de 10 Pa installé en sortie. > **Un conduit de fumée mal dimensionné (diamètre trop faible ou pente insuffisante) entraîne un refoulement de fumées, une augmentation du risque d’intoxication au CO et une perte d’efficacité du brûleur.** --- ## Synthèse du chapitre - **Équipement des réseaux** : détendeur, vanne d’arrêt, clapet anti‑retour, manomètre, détecteur de fuite, filtre (fioul) ; installation à l’extérieur, éloigné des sources de chaleur, pression de service ≤ 21 mbar (GPL) / ≤ 20 mbar (gaz naturel). - **Assemblage de tuyauterie** : choix du matériau (acier noir, cuivre, PER, multicouche) ; procédés (soudure à l’arc, TIG, brasure, raccords filetés, à compression, à sertir) ; préparation (débavurage, nettoyage, chanfreinage) ; contrôle qualité (visuel, ultrasons, essai d’étanchéité). - **Alimentation d’air et évacuation de fumée** : besoin d’air Q<sub>air</sub> = λ·Q<sub>comb</sub>·AFR<sub>st</sub>/ρ<sub>air</sub> ; conduits d’air 2‑4 m·s⁻¹ ; conduits de fumée pente ≥ 3 %, hauteur ≥ 5 m au-dessus du faitage ou 0,5 m au-dessus d’un obstacle < 3 m ; tirage naturel ΔP = C·h·(T<sub>fg</sub>-T<sub>air</sub>)/T<sub>air</sub> ; extracteur mécanique si nécessaire ; détecteurs de CO obligatoires ; entretien (ramonage, vérification du tirage). --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | Détendeur | Dispositif qui réduit la pression du combustible à un niveau adapté aux appareils consommateurs. | | Clapet anti‑retour | Valve qui permet le passage du fluide dans un seul sens, empêchant tout retour éventuel. | | Soudure TIG | Procédé de soudure à l’arc sous gaz inerte (argon) utilisant une électrode non consommable, adapté aux métaux fins et aux assemblages exigeants. | | Pression de service | Pression de fonctionnement normale d’un réseau, définie par la réglementation (ex. : 20 mbar pour le gaz naturel). | | Tirage naturel | Mouvement ascendant des gaz de fumée dû à la différence de densité entre les gaz chauds et l’air ambiant, fonction de la hauteur du conduit. | | Détecteur de monoxyde de carbone | Appareil qui mesure la présence de CO dans l’air et déclenche une alarme lorsque le seuil de toxicité est dépassé. | | Pompe de transfert (fioul) | Dispositif qui assure l’alimentation en pression constante du brûleur à partir du réservoir de fioul. | | Ramonage | Opération de nettoyage mécanique du conduit de fumée visant à éliminer les suies et dépôts pouvant obstructer le tirage. | | Excès d’air (λ) | Rapport entre l’air réellement fourni et l’air théorique nécessaire à la combustion complète ; λ > 1 indique un excès. | | Raccord à sertir | Type de raccord mécanique où une buse est déformée autour du tube à l’aide d’une presse, assurant une étanchéité sans soudure ni brasure. | --- ## Exercices d’applications corrigés ### Exercice 1 – Dimensionnement d’un détendeur pour une installation GPL **Données** : - Débit massique de GPL requis : 0,015 kg·s⁻¹. - Pression amont du réservoir : 5 bar. - Pression désirée aval (appareil) : 21 mbar. - Température du GPL : 15 °C (densité ≈ 0,55 kg·m⁻³). **Question** : Calculer le diamètre théorique de l’orifice du détendeur en supposant un écoulement critique (nombre de Mach = 1) et en utilisant la formule de débit massique pour un écoulement critique à travers une ouverture : \[ \dot{m}= C_d \, A \, P_0 \sqrt{\frac{\gamma}{R T_0}\left(\frac{2}{\gamma+1}\right)^{\frac{\gamma+1}{\gamma-1}}} \] où \(C_d\) = 0,8 (coefficient de décharge), \(\gamma\) = 1,13 (rapport des chaleurs spécifiques du GPL), \(R\) = 188 J·kg⁻¹·K⁻¹ (constante spécifique du GPL), \(T_0\) = 288 K, \(P_0\) = 5 bar = 5×10⁵ Pa. **Corrigé** : 1. Calcul du terme sous racine : \[ \sqrt{\frac{\gamma}{R T_0}\left(\frac{2}{\gamma+1}\right)^{\frac{\gamma+1}{\gamma-1}}} = \sqrt{\frac{1,13}{188 \times 288}\left(\frac{2}{2,13}\right)^{\frac{2,13}{0,13}}} \] \(\frac{2}{2,13}=0,939\). Exposant \(\frac{2,13}{0,13}=16,38\). \(0,939^{16,38}\approx 0,26\). Donc le produit intérieur = \(\frac{1,13}{54048}\times0,26\approx 5,44\times10^{-6}\). Racine carrée ≈ 0,00233 (kg·m⁻²·s⁻¹·Pa⁻¹). 2. Réarrangement pour obtenir la surface : \[ A = \frac{\dot{m}}{C_d \, P_0 \, \sqrt{\dots}} = \frac{0,015}{0,8 \times 5\times10^{5} \times 0,00233} = \frac{0,015}{0,8 \times 1165} = \frac{0,015}{932} \approx 1,61\times10^{-5}\text{ m²} \] 3. Diamètre équivalent : \[ D = \sqrt{\frac{4A}{\pi}} = \sqrt{\frac{4 \times 1,61\times10^{-5}}{\pi}} = \sqrt{\frac{6,44\times10^{-5}}{3,1416}} = \sqrt{2,05\times10^{-5}} \approx 4,53\times10^{-3}\text{ m} = 4,5\text{ mm} \] **Réponse** : Un orifice d’environ 4,5 mm de diamètre (ou un détendeur commercial de taille équivalente) permettra le débit requis à 5 bar amont et 21 mbar aval. --- ### Exercice 2 – Vérification de l’étanchéité d’un réseau de gaz naturel après assemblage **Données** : - Longueur totale du réseau testé : 30 m (tuyaux acier noir DN 20). - Pression de test appliquée : 1,5 × P<sub>service</sub> = 1,5 × 20 mbar = 30 mbar = 300 Pa. - Durée du test : 10 min. - Perte de pression mesurée à la fin du test : 4 Pa. **Question** : Le réseau est‑il considéré étanche selon la règle du cours ? Justifier votre réponse. **Corrigé** : La règle du cours indique qu’un réseau est considéré étanche si la perte de pression observée lors de l’essai à l’air est inférieure à 0,02 bar après 10 min de stabilisation. 0,02 bar = 2000 Pa. La perte mesurée est de 4 Pa, bien inférieure à 2000 Pa. Donc le réseau satisfait le critère d’étanchéité. **Conclusion** : Le réseau est étanche ; aucune fuite détectable n’est présente dans les conditions du test. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |----|------------------|-------------|--------------------------------------| | 1 | **Oubli du détendeur** ou installation d’un détendeur inadapté (ex. : détendeur à basse pression sur un réseau haute pression). | Suralimentation des appareils, risque de surchauffe, fuite, explosion potentielle. | Toujours vérifier la pression amont et aval du détendeur ; choisir le modèle conforme à la pression de service spécifiée par le fabricant de l’appareil. | | 2 | **Mauvaise préparation des extrémités** (présence de bavures, huile, oxydation) avant soudure ou brasure. | Porosités, fissures, défauts d’étanchéité, rupture sous pression. | Débourrer, nettoyer au solvant, chanfreiner selon l’épaisseur ; contrôler visuellement l’état de surface avant chaque opération d’assemblage. | | 3 | **Pente insuffisante du conduit de fumée** (< 1 %). | Refoulement de fumées, accumulation de condensats, corrosion accélérée, risque d’intoxication au CO. | Respecter une pente minimale de 3 % vers l’extérieur ; utiliser un niveau à bulle ou un laser de pente lors de la pose. | | 4 | **Installation d’un détecteur de CO trop loin de la source** (ex. : dans une pièce adjacente plutôt que dans le même volume que l’appareil). | Détection tardive, exposition prolongée au CO avant alarme. | Placer le détecteur à moins de 3 m de l’appareil à combustion, à hauteur de respiration (environ 1,5 m du sol), et éviter les zones de courants d’air forts qui pourraient diluer le gaz. | | 5 | **Utilisation de ruban de PTFE sur un filetage destiné à la haute température** (ex. : raccord de brûleur fioul à 250 °C). | Dégradation du ruban, fuite sous température élevée. | Employer un joint anaerobique ou un joint métallique adapté aux hautes températures pour les raccords soumis à la chaleur. | | 6 | **Ne pas effectuer le ramonage annuel** d’un conduit desservant une chaudière fioul. | Accumulation de suie, réduction du tirage, risque de feu de cheminée, augmentation de la consommation. | Planifier un ramonage au moins deux fois par an pour les appareils à combustible solide ou liquide, et une fois par an pour les appareils à gaz ; conserver le certificat de ramonage. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la fonction principale d'un détendeur dans un réseau d'alimentation en combustible ?
  2. 2. Quel matériau est généralement recommandé pour les tuyauteries transportant du fioul domestique à basse température ?
  3. 3. Dans le cadre de l'évacuation de fumée, quel est le rôle principal d'un clapet anti-retour ?
  4. 4. Un tuyau de gaz naturel de diamètre intérieur 20 mm doit transporter un débit de 0,15 m³/h à une pression de 20 mbar. Quelle est la vitesse approximative du gaz dans le tuyau ?
  5. 5. Lors de l'assemblage d'une tuyauterie de fioul, quel type de joint est le plus approprié pour garantir l'étanchéité à la pression de service de 10 bar ?
  6. 6. Dans une installation de chauffage au gaz, le conduit d'évacuation des fumées doit présenter une pente minimale afin d'assurer un bon écoulement des condensats. Quelle est cette pente généralement recommandée ?
  7. 7. Un technicien doit calculer la perte de charge linéaire dans un tuyau de gaz de diamètre 25 mm sur une longueur de 15 m, sachant que le débit est de 0,2 m³/h et que le facteur de friction f est 0,02. Quelle est la perte de charge approximative (en mbar) ?
  8. 8. Lors de la conception d'un réseau d'alimentation en combustible mixte (gaz et fioul) desservant une chaufferie, quel critère doit être prioritaire pour éviter les risques d'explosion liés aux mélanges de vapeurs ?
  9. 9. Un élève doit justifier le choix d'un matériau pour la tuyauterie d'évacuation des fumées d'une chaudière à condensation fonctionnant au fioul. Quel argument technique est le plus pertinent pour sélectionner l'acier inoxydable 316L plutôt que l'acier galvanisé ?
  10. 10. Lors de l'installation d'un détendeur de pression sur une ligne de gaz naturel de diamètre 15 mm, quelle est la procédure correcte pour vérifier son réglage après mise en service ?