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Chapitre 6

Réseaux Géodésiques (partie 2/2)

Lecture : 17 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - Décrire les étapes d’observation d’un réseau géodésique (mesure des directions, réduction, calcul des directions finales, prise en compte de l’excès sphérique, mesure des distances zénithales). - Expliquer la configuration d’un réseau géodésique (forme, densité des points, choix des baselines). - Comparer les méthodes conventionnelles, inertielles et satellitaires (GPS, GLONASS) de levé géodésique, en précisant leurs principes, leurs précisions usuelles et leurs conditions d’emploi au Cameroun. - Réaliser un calcul simple de réduction d’une direction observée et de détermination d’une coordonnée plane à partir d’une observation zénithale. - Identifier les sources d’erreur majeures et appliquer les règles de sécurité liées à l’utilisation des instruments (théodolite, niveau, récepteur GNSS). **Prérequis** : - Notions de géodésie de base (ellipsoïde de référence, géoïde, systèmes de coordonnées géographiques et planes). - Maîtrise du théorème des sinus et des cosinus pour le calcul des triangles sphériques. - Connaissance des instruments de topographie classiques (théodolite, niveau, mètre ruban) et des principes du levé par triangulation. - Notions de sécurité sur chantier (port du casque, vérification de la stabilité du trépied, éloignement des lignes électriques). --- ## Introduction contextualisée Au Cameroun, les projets d’aménagement du territoire (routes, barrages, lotissements urbains, réseaux d’eau et d’électricité) nécessitent une référence géodésique précise. Le réseau géodésique national, basé sur l’ellipsoïde de Clarke 1880 et le datum ADINDAN, constitue le squelette sur lequel viennent se greffer les levés topographiques de détail. La deuxième partie du chapitre « Réseaux géodésiques » vise à maîtriser les observations de terrain (directions, distances zénithales) et à comprendre les différentes techniques de levé qui permettent de densifier ce réseau ou de réaliser des travaux de géoréférencement modernes. --- ## I. Activités de remédiation ### 1. Rappel des concepts fondamentaux > **Définition** : Un réseau géodésique est un ensemble de points dont les coordonnées géographiques (φ, λ) ou planes (X, Y) sont déterminées avec une précision supérieure à celle d’un levé topographique ordinaire, généralement au centimètre ou au décimètre près. > **Ellipsoïde de référence** : Surface mathématique qui approximera la forme de la Terre. Au Cameroun, l’ellipsoïde de Clarke 1880 (a = 6 378 249,2 m, f = 1/293,465) est utilisé avec le datum ADINDAN. > **Géoïde** : Surface équipotentielle du champ de gravité terrestre qui coïncide approximativement avec le niveau moyen des mers. La séparation géoïde‑ellipsoïde (N) varie entre -2 m et +1 m sur le territoire camerounais. ### 2. Notions de réduction d’observation Lorsqu’on mesure une direction α_obs au théodolite, il faut tenir compte de : - La **déviation verticale** (ξ, η) due à l’inclinaison du géoïde par rapport à l’ellipsoïde. - La **réfraction atmosphérique** (dépend de l’angle zénithal, de la pression, de la température et de l’humidité). - La **déformation du trépied** et l’erreur d’centering. La direction réduite α_red s’obtient par : \[ \alpha_{red}= \alpha_{obs} - \xi \cdot \tan z - \eta - C_{ref} \] où z est l’angle zénithal, ξ et η les composantes de la déviation verticale en secondes d’arc, C_{ref} la correction de réfraction. > **Règle** : Toujours consigner la température, la pression et l’humidité pour appliquer la correction de réfraction (C ≈ 0,0167 · tan z · (P/1013)·(283/(T+273))) en secondes d’arc. ### 3. Exercice de remédiation (non noté) *Donnée* : Une direction observée α_obs = 124° 32′ 15″, angle zénithal z = 78° 20′, déviation verticale ξ = +2,3″, η = ‑1,1″, température = 28 °C, pression = 1015 hPa. *Calcul* : 1. Réfraction ≈ 0,0167·tan 78°20′·(1015/1013)·(283/(28+273)) ≈ 4,57″. 2. α_red = 124°32′15″ − (2,3″·tan 78°20′) − (‑1,1″) − 4,57″ ≈ 124°32′00,4″. --- ## II. Leçon 9 : Observations des réseaux géodésiques ### A. Mesure des directions 1. **Principe** : Le théodolite mesure l’angle horizontal entre deux visées. La précision dépend de la résolution du cercle gradué (généralement 1″) et de la stabilité de l’instrument. 2. **Procédure** : - Centrer le théodolite sur le point station (vérification du niveau à bulle). - Orienter le cercle sur un point de référence connu (azimut de départ). - Viser successivement les cibles, noter les lectures brutes. - Appliquer les corrections de déviation verticale, de réfraction et d’erreur d’centering. > **Formule de réduction complète** : \[ \alpha_f = \alpha_{obs} - C_{ref} - C_{dec} - C_{inst} \] où C_ref = correction de réfraction, C_dec = correction de déviation verticale, C_inst = erreur d’instrument (déterminée par étalonnage). ### B. Calcul des directions finales Après réduction, on obtient les directions brutes α_i. Pour obtenir les directions finales du réseau, on effectue un **ajustement par moindres carrés** sur le système d’équations de condition : \[ \mathbf{v} = \mathbf{A}\,\mathbf{x} - \mathbf{l} \] où **v** = vector des résidus, **A** = matrice des coefficients géométriques, **x** = vector des inconnues (corrections des directions), **l** = vector des observations réduites. > **À retenir** : L’ajustement permet de répartir les erreurs aléatoires et de fournir une précision estimée (écart-type moyen) pour chaque direction. ### C. Excès sphérique Sur un triangle tracé sur l’ellipsoïde, la somme de ses trois angles dépasse 180° ; cet excès E (en secondes d’arc) est lié à la surface du triangle : \[ E = \frac{S}{R^{2}} \cdot 206265 \] avec S = aire du triangle (m²), R = rayon moyen de la Terre (≈ 6 371 km). > **Exemple** : Un triangle de côtés 5 km, 5 km, 5 km (équilatéral) a une aire S ≈ 10,825 km² = 1,0825·10⁷ m². > E = (1,0825·10⁷ / (6,371·10⁶)²)·206265 ≈ 0,055″. Cet excès doit être soustrait de la somme des angles mesurés pour obtenir la somme plane théorique (180°). ### D. Mesure des distances zénithales 1. **Principe** : On mesure l’angle zénithal z à une cible connue (hauteur H) ; la distance horizontale D s’obtient par : \[ D = H \cdot \cot z \] 2. **Corrections** : Même que pour les directions (réfraction, déviation verticale). La hauteur de l’instrument (hi) et de la cible (ht) doivent être connues. > **Formule complète** : \[ D = (H_t - H_i) \cdot \cot(z_{obs} + C_{ref} + C_{dec}) \] ### E. Configuration d’un réseau géodésique - **Forme** : Triangulation (triangles), trilatération (côtés) ou combinaison (réseaux hybrides). - **Densité** : Dépend de la précision requise ; pour un travail de nivellement au centimètre, un maillage de 5 km × 5 km est souvent suffisant au Cameroun. - **Choix des baselines** : Privilégier les lignes de vue dégagées, éviter les zones de forte réfraction (vallées humides, proximité de feux de brousse). - **Redondance** : Au moins trois observations indépendantes par point pour permettre l’ajustement. > **À retenir** : Un bon réseau géodésique présente un facteur de forme (ratio entre la plus grande et la plus petite distance) proche de 1, afin d’éviter la dilution de la précision. --- ## III. Leçon 10 : Méthodes géodésiques de levé ### A. Méthodes conventionnelles 1. **Triangulation** : Mesure uniquement des angles ; les côtés sont calculés à partir d’une ou plusieurs bases connues. Précision typique : 1 ppm (partie par million) après ajustement. 2. **Trilatération** : Mesure des côtés (mètre ruban, télémètre laser) ; les angles sont déduits. Utilisée quand la visibilité est limitée. 3. **Méthode mixte (triangul‑trilatération)** : Combinaison des deux pour optimiser le nombre d’observations. > **Règle de sécurité** : Lors de l’utilisation d’un télémètre laser, porter des lunettes de protection adaptées à la longueur d’onde (souvent 905 nm ou 1550 nm). ### B. Méthodes inertielles - **Principe** : Une centrale à inertie (IMU) mesure les accélérations et les vitesses angulaires ; par intégration, on obtient la trajectoire. - **Avantages** : Fonctionne en environnement GNSS‑dégradé (tunnels, zones urbaines denses). - **Limites** : Derive (drift) de l’ordre de 0,1 à 1 m/h sans mise à jour externe ; nécessite un étalonnage fréquent et une bonne connaissance du champ gravitationnel local. - **Application camerounaise** : Utilisée dans les levés de pipelines où le récepteur GNSS ne peut pas maintenir un fix continu à cause de la végétation dense. > **À retenir** : La précision d’une centrale inertielle de tactique moyenne est de l’ordre de 10⁻⁴ g en accélération et 0,01°/h en gyroscopie, suffisante pour des levés de courte durée (< 30 min) avec recalage GNSS périodique. ### C. Méthodes satellitaires (GNSS) 1. **GPS (Global Positioning System)** : Constellation américaine, 24 satellites actifs, précision standard ≈ 5 m (code) ; avec différentiel (DGPS) ou RTK, précision centimétrique. 2. **GLONASS** : Constellation russe, similaire au GPS, améliore la disponibilité en haute latitude ; au Cameroun, l’ajout de GLONASS augmente le nombre de satellites visibles de 20 % à 30 %. 3. **Procédure RTK (Real‑Time Kinematic)** : - Une base fixe (référence connue) envoie ses corrections en temps réel via radio ou modem cellulaires. - Le rover applique ces corrections pour obtenir une position centimétrique (1‑2 cm horizontale, 2‑3 cm verticale). - Nécessite un lien de communication stable (portée radio ≤ 5 km en zone ouverte, jusqu’à 20 km avec répéteur). > **Formule de base du positionnement GNSS** : \[ \rho_i = \sqrt{(x - x_i)^2 + (y - y_i)^2 + (z - z_i)^2} + c\cdot\delta t - \delta t_i + \varepsilon_i \] où ρ_i est la pseudodistance mesurée au satellite i, (x_i,y_i,z_i) ses coordonnées connues, c·δt l’erreur d’horloge du récepteur, δt_i l’erreur d’horloge du satellite, ε_i le bruit et les retards atmosphériques. > **À retenir** : En RTK, l’erreur résiduelle après correction est principalement due aux retards troposphériques (modélisés par modèle Saastamoinen) et aux multipaths (réflexions sur le sol ou les bâtiments). ### D. Comparatif des méthodes | Méthode | Précision typique (horizontale) | Conditions d’emploi | Coût relatif | Temps d’observation | |------------------|----------------------------------|-----------------------------------|--------------|---------------------| | Triangulation | 1‑2 ppm (≈ 1‑2 cm/km) | Vues dégagées, terrain ouvert | Moyen | Élevé (angles multiples) | | Trilatération | 1‑2 cm (avec télémètre laser) | Visibilité limitée, accès facile | Moyen‑élevé | Moyen | | Inertielle | 1‑5 cm (drift corrigé) | Zones GNSS‑dégradées, mouvement | Élevé | Faible (continu) | | GPS/GNSS (RTK) | 1‑2 cm | Ciel ouvert, bonne réception | Élevé (base+rover) | Très faible (instantané) | | GLONASS (ajout) | Même que GPS, meilleure disponibilité | Zones à masquage partiel | Faible (addition) | Identique au GPS | --- ## Synthèse du chapitre - **Observation des directions** : mesure au théodolite → réduction (déviation verticale, réfraction, erreur d’instrument) → ajustement par moindres carrés → obtention des directions finales. - **Excès sphérique** : fonction de l’aire du triangle sur l’ellipsoïde ; doit être soustrait de la somme des angles mesurés pour retrouver 180°. - **Distance zénithale** : D = (Ht‑Hi)·cot(z + corrections) ; nécessite connaissance des hauteurs et corrections atmosphériques. - **Configuration du réseau** : choix de la forme (triangulation, trilatération, hybride), densité adaptée à la précision visée, redondance minimale de 3 observations par point, facteur de forme proche de 1. - **Méthodes conventionnelles** : triangulation (angles uniquement), trilatération (côtés uniquement), mixte ; précisions de l’ordre du centimètre à décamètre selon l’instrument et le milieu. - **Méthodes inertielles** : mesure autonome, dérivante, utilisée en milieu GNSS‑dégradé ; nécessite recalage périodique. - **Méthodes satellitaires (GPS/GLONASS)** : principe des pseudodistances, corrections différentielles (DGPS, RTK) pour atteindre le centimètre ; dépend de la visibilité du ciel et de la qualité du lien de transmission. - **Sécurité** : port de casque, vérification de la stabilité du trépied, protection oculaire pour les lasers, éloignement des lignes électriques, contrôle de la réception radio en RTK. --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | **Ellipsoïde de référence** | Surface mathématique utilisée pour approximer la forme de la Terre dans un système de coordonnées géodésiques. | | **Géoïde** | Surface équipotentielle du champ de gravité terrestre qui coïncide approximativement avec le niveau moyen des mers. | | **Déviation verticale** | Angle entre la normale à l’ellipsoïde et la direction du fil à plomb (véritable verticale) due aux anomalies du géoïde. | | **Excès sphérique** | Quantité par laquelle la somme des angles d’un triangle tracé sur l’ellipsoïde dépasse 180°, fonction de l’aire du triangle. | | **Réduction d’observation** | Application de corrections (réfraction, déviation verticale, erreur d’instrument) à une mesure brute pour obtenir une valeur conforme au système de référence. | | **Ajustement par moindres carrés** | Méthode statistique permettant de déterminer les valeurs les plus probables des inconnues en minimisant la somme des carrés des résidus. | | **RTK (Real‑Time Kinematic)** | Technique GNSS fournissant des positions en temps réel avec précision centimétrique grâce à une liaison de corrections d’une base fixe. | | **Multipath** | Phénomène où le signal GNSS atteint le récepteur après réflexion sur des objets proches, provoquant des erreurs de mesure. | | **Saastamoinen** | Modèle empirique permettant de calculer le retard troposphérique subi par un signal GNSS en fonction de la pression, température et humidité. | | **Facteur de forme** | Rapport entre la plus grande et la plus petite distance d’un réseau géodésique ; valeur proche de 1 indique une bonne répartition géométrique. | | **Dérive inertielle** | Accumulation d’erreur dans les mesures d’une centrale à inertie due à l’intégration des bruits d’accélération et de gyroscope. | | **Pseudodistance** | Mesure brute de la distance entre un satellite GNSS et un récepteur, incluant l’erreur d’horloge du récepteur et les retards atmosphériques. | --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Réduction d’une direction et calcul d’une coordonnée plane **Données** : - Point A (X₀ = 500 000,00 m, Y₀ = 300 000,00 m) dans le système de projection UTM zone 32N (WGS84). - Direction observée depuis A vers B : α_obs = 45° 12′ 30″, angle zénithal z = 68° 20′, température = 26 °C, pression = 1010 hPa. - Déviation verticale : ξ = +1,8″, η = ‑0,9″. - Distance horizontale mesurée (après réduction) : D = 1 250,00 m. **Demande** : 1. Calculer la direction réduite α_red. 2. Déterminer les coordonnées (X_B, Y_B) du point B. **Corrigé** : 1. **Correction de réfraction** (formule en secondes d’arc) : \[ C_{ref}=0,0167 \cdot \tan z \cdot \frac{P}{1013} \cdot \frac{283}{T+273} \] Avec z = 68°20′ → tan z ≈ 2,65, P = 1010 hPa, T = 26 °C → \[ C_{ref}=0,0167 \times 2,65 \times \frac{1010}{1013} \times \frac{283}{299}\approx 2,51\text{″} \] 2. **Correction de déviation verticale** : \[ C_{dec}= \xi \cdot \tan z - \eta = 1,8″ \times 2,65 - (‑0,9″)= 4,77″ + 0,9″ = 5,67″ \] 3. **Direction réduite** : \[ \alpha_{red}= \alpha_{obs} - C_{ref} - C_{dec} \] \[ \alpha_{red}= 45°12′30″ - 2,51″ - 5,67″ = 45°12′21,82″ \] 4. **Conversion en radians** : \[ \alpha_{red}=45°12′21,82″ = 45,20606° = 0,7889\text{ rad} \] 5. **Calcul des coordonnées** : \[ \Delta X = D \cdot \cos\alpha_{red}=1250,00 \times \cos(0,7889)=1250,00 \times 0,7046= 880,8\text{ m} \] \[ \Delta Y = D \cdot \sin\alpha_{red}=1250,00 \times \sin(0,7889)=1250,00 \times 0,7096= 887,0\text{ m} \] \[ X_B = X_0 + \Delta X = 500\,000,00 + 880,8 = 500\,880,8\text{ m} \] \[ Y_B = Y_0 + \Delta Y = 300\,000,00 + 887,0 = 300\,887,0\text{ m} \] **Réponse** : α_red ≈ 45°12′21,8″ ; X_B ≈ 500 880,8 m ; Y_B ≈ 300 887,0 m. --- ### Exercice 2 – Position RTK avec correction de base **Données** : - Base fixe connue : X_base = 600 000,00 m, Y_base = 400 000,00 m, Z_base = 150,00 m (ellipsoïdal). - Rover mesure les pseudodistances suivantes (en mètres) à quatre satellites : - ρ₁ = 20 200,00 ; ρ₂ = 20 150,00 ; ρ₃ = 20 250,00 ; ρ₄ = 20 180,00. - Les coordonnées satellitaires (X_i, Y_i, Z_i) sont connues et donnent, après calcul des distances géométriques, les valeurs suivantes : - d₁ = 20 199,30 ; d₂ = 20 149,20 ; d₃ = 20 249,80 ; d₄ = 20 179,50. - L’horloge du récepteur présente un biais δt = +20 ns (c·δt ≈ 6,0 m). - On néglige les erreurs d’horloge satellitaire et les retards ionosphériques (corrigés par modèle). **Demande** : Déterminer la correction à appliquer aux pseudodistances du rover pour obtenir sa position (X, Y, Z) en supposant que la seule inconnue est le biais d’horloge du récepteur (on utilise la méthode des moindres carrés avec une seule inconnue). **Corrigé** : 1. **Équation de condition pour chaque satellite** : \[ \rho_i = d_i + c\cdot\delta t + \varepsilon_i \] où ε_i est le résidu. 2. **Former les différences** : \[ v_i = \rho_i - d_i - c\cdot\delta t \] On cherche δt qui minimise Σ v_i². 3. **Écrire sous forme matricielle** (une inconnue) : \[ \mathbf{v}= \mathbf{l} - \mathbf{A}\,\delta t \] avec l_i = ρ_i − d_i, A_i = c = 299 792 458 m/s. 4. **Calculer l_i** : - l₁ = 20 200,00 − 20 199,30 = 0,70 m - l₂ = 20 150,00 − 20 149,20 = 0,80 m - l₃ = 20 250,00 − 20 249,80 = 0,20 m - l₄ = 20 180,00 − 20 179,50 = 0,50 m 5. **Solution des moindres carrés** (une inconnue) : \[ \delta t = \frac{\mathbf{A}^T \mathbf{l}}{\mathbf{A}^T \mathbf{A}} = \frac{\sum l_i}{4c} \] \[ \sum l_i = 0,70+0,80+0,20+0,50 = 2,20\text{ m} \] \[ \delta t = \frac{2,20}{4 \times 299\,792\,458}\approx 1,83\times10^{-9}\text{ s}=1,83\text{ ns} \] 6. **Correction à appliquer** : c·δt ≈ 299 792 458 × 1,83·10⁻⁹ ≈ 0,55 m. Comme l’équation de mesure est ρ_i = d_i + c·δt, on **soustrait** cette correction des pseudodistances pour obtenir les distances géométriques : \[ \rho_i^{corr}= \rho_i - c\cdot\delta t \] Ainsi : - ρ₁^{corr}=20 200,00 − 0,55 = 20 199,45 m - ρ₂^{corr}=20 150,00 − 0,55 = 20 149,45 m - ρ₃^{corr}=20 250,00 − 0,55 = 20 249,45 m - ρ₄^{corr}=20 180,00 − 0,55 = 20 179,45 m Ces valeurs sont pratiquement égales aux distances géométriques d_i (différences de l’ordre de quelques centimètres dues aux arrondis). 7. **Position du rover** : Après correction, les pseudodistances coïncident avec les distances géométriques calculées à partir des coordonnées de la base. Donc la position du rover est essentiellement celle de la base, à savoir : \[ X \approx 600\,000,00\text{ m},\quad Y \approx 400\,000,00\text{ m},\quad Z \approx 150,00\text{ m} \] (éventuelles différences résiduelles de l’ordre du décimètre provenant des erreurs négligées). **Réponse** : Le biais d’horloge du récepteur est estimé à ≈ 1,8 ns (c·δt ≈ 0,55 m). Après soustraction de cette correction des pseudodistances, les mesures sont compatibles avec les distances géométriques, donnant une position du rover pratiquement confondue avec celle de la base (déviation résiduelle négligeable). --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |----|------------------|-------------|--------------------------------------| | 1 | Oublier de corriger la réfraction atmosphérique lors de la mesure d’une direction ou d’une distance zénithale. | Biais systématique de plusieurs secondes d’arc → erreur de position de l’ordre du décamètre sur de longues lignes. | Toujours noter température, pression et humidité ; appliquer la formule de réfraction avant toute réduction. | | 2 | Mauvaise centrage du théodolite ou du prisme sur le point de station (erreur d’centering > 2 mm). | Erreur d’orientation pouvant atteindre plusieurs centièmes de degré, surtout sur courtes distances. | Utiliser un plumet optique ou un laser de centrage ; vérifier la bulle à deux axes avant chaque visée. | | 3 | Utiliser un récepteur GNSS en RTK sans vérifier la qualité du lien radio (perte de paquets). | Solution flottante, perte de précision centimétrique, risque d’erreur de plusieurs mètres. | Effectuer un test de liaison avant le démarrage ; prévoir une fréquence de secours ou un modem cellulaire en backup. | | 4 | Négliger la dérive d’une centrale à inertie lors de levés longs (> 20 min) sans recalage GNSS. | Accumulation d’erreur pouvant dépasser le mètre, rendant les données inutilisables pour un levé de précision. | Planifier des points de recalage GNSS toutes les 10‑15 min ; noter la température de l’IMU pour appliquer les corrections de biais thermique. | | 5 | Mesurer une distance zénithale sans connaître précisément la hauteur de l’instrument et de la cible. | Erreur de proportionnelle à l’erreur de hauteur (ex. : 5 cm d’erreur de hauteur → plusieurs décimètres d’erreur sur distance de 100 m). | Utiliser une mire graduée ou un niveau à bulle pour déterminer hi et ht ; consigner ces valeurs dans le carnet de terrain. | | 6 | Travailler à proximité de lignes électriques haute tension sans maintenir les distances de sécurité. | Risque d’électrocution ou de perturbation des instruments électroniques (théodolite laser, GNSS). | Respecter une distance minimale de 5 m pour les lignes < 30 kV, 10 m pour 30‑90 kV, 15 m pour > 90 kV (norme camerounaise NF C 15‑100). | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition de l'excès sphérique en géodésie ?
  2. 2. Comment définit-on la configuration d'un réseau géodésique ?
  3. 3. Quelle méthode de levé utilise des unités de mesure inertielle pour déterminer la position d'un point ?
  4. 4. Un triangle sphérique observé sur la Terre a des angles de 85°, 60° et 55°. Quelle est son excès sphérique ?
  5. 5. Une direction mesurée de la station A vers B vaut 123°45'30". La convergence des méridiens à corriger vaut 0°12'15". Quelle est la direction réduite ?
  6. 6. Une distance zénithale mesurée vaut 85°20'10". La correction de réfraction à ajouter est +0°0'45". Quelle est la distance zénithale réduite ?
  7. 7. Une mesure GPS donne une portée oblique de 20 000 m vers un satellite situé à 30° d'élévation. Quelle est la composante horizontale de cette portée ?
  8. 8. Dans un réseau de triangulation classique, la somme des angles observés à une station est de 359°50'. L'erreur de fermeture est de 10'. Quelle correction égale doit être appliquée à chacun des trois angles ?
  9. 9. Pour un réseau géodésique couvrant une grande surface, l'excès sphérique des triangles non corrigé entraîne principalement quel type d'erreur dans les coordonnées planes calculées ?
  10. 10. Un récepteur suit le canal k = 4 d'un satellite GLONASS dont la fréquence porteuse est donnée par f = 1602 MHz + k·0,5625 MHz. Quelle est la fréquence porteuse suivie ?