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Chapitre 7

systèmes de positionnement satellitaires (partie 2/2)

Lecture : 17 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - Expliquer le fonctionnement des principaux systèmes de positionnement satellitaire (GPS, GLONASS, Galileo, BeiDou) et leurs complémentarités. - Réaliser une intégration de données GNSS provenant de plusieurs constellations dans un SIG ou un logiciel de topographie. - Identifier les sources d’erreur (ionosphérique, troposphérique, multipath, horloge satellite) et mettre en œuvre les techniques de remédiation (DGPS, RTK, PPP, corrections SBAS). - Appliquer les procédures de contrôle qualité et de validation des coordonnées obtenues sur le terrain (vérité terrain, points de contrôle). - Respecter les normes de sécurité et d’hygiène liées à l’utilisation d’équipements de réception GNSS sur chantier (manipulation d’antennes, travail en hauteur, zones à risque). **Prérequis nécessaires :** - Notions de base en géodésie (systèmes de référence, ellipsoïde, géoïde). - Connaissance des coordonnées géographiques (latitude, longitude, altitude) et des systèmes de projection (UTM, Lambert‑93). - Maîtrise des outils de lecture de fichiers NMEA et de traitement de données brutes (CSV, RINEX). - Notions de sécurité sur les chantiers topographiques (port du casque, signalisation, travail en proximité de lignes électriques). --- ## Introduction contextualisée Au Cameroun, les projets d’aménagement du territoire, de cartographie foncière et de suivi des infrastructures routières s’appuient de plus en plus sur les systèmes de positionnement par satellite (GNSS). La première partie du chapitre a présenté les principes physiques du fonctionnement des satellites, les orbites et les signaux transmis. Cette seconde partie se concentre sur la **mise en œuvre pratique** : comment intégrer les mesures provenant de plusieurs constellations pour améliorer la précision et la disponibilité, puis comment corriger les erreurs résiduelles afin d’obtenir des coordonnées exploitables en milieu professionnel. Les activités d’intégration visent à familiariser l’élève avec les flux de données brutes, les formats d’échange et les logiciels de traitement (ex. : Trimble Business Center, Leica Geo Office, QGIS avec plugin GNSS). Les activités de remédiation portent sur les méthodes de différenciation et de correction (DGPS, RTK, PPP, SBAS) ainsi que sur le contrôle qualité des points obtenus. --- ## I. Activités d’intégration ### 1. Notions fondamentales de l’intégration multi‑constellation > **Définition** : L’intégration multi‑constellation consiste à combiner les pseudoranges et les phases porteuses provenant de deux ou plusieurs systèmes GNSS (GPS, GLONASS, Galileo, BeiDou) afin d’accroître le nombre de satellites visibles, d’améliorer la géométrie (DOP) et de réduire la vulnérabilité aux masques ou aux interférences. - **Pseudorange** : mesure du temps de propagation du signal multiplié par la vitesse de la lumière, exprimée en mètres. - **Phase porteuse** : mesure fine du nombre de longueurs d’onde entre le récepteur et le satellite, utilisée en RTK pour atteindre le centimètre. - **Dilution of Precision (DOP)** : facteur géométrique qui quantifie l’impact de la configuration satellitaire sur l’erreur de position. Un DOP < 2 est considéré comme bon. ### 2. Formats de données et flux de travail | Étape | Action | Format / Logiciel typique | Exemple camerounais | |------|--------|---------------------------|---------------------| | Acquisition | Réception des signaux bruts | Fichier **RINEX** (Receiver Independent Exchange Format) | Station de base installée à Yaoundé pour le projet de cadastre du Mfoundi | | Pré‑traitement | Conversion, contrôle de qualité | **RTKLIB**, **GNSS‑SDR** | Suppression des epochs avec SNR < 20 dBHz | | Intégration | Fusion des constellations | **Trimble Business Center (TBC)**, **Leica Geo Office** | Ajustement simultané GPS + Galileo pour un levé routier à Douala | | Export | Génération de coordonnées finales | **CSV**, **Shapefile**, **GeoJSON** | Import dans QGIS pour la mise à jour du SIG communal | > **Règle** : Lors de l’intégration, veiller à ce que les horizons de temps (epochs) des différents fichiers soient synchronisés à la même échelle de temps (GPS time) afin d’éviter des biais de plusieurs dizaines de mètres. ### 3. Exemple chiffré d’intégration GPS + GLONASS Supposons qu’un récepteur collecte les pseudoranges suivants (en mètres) à une époque donnée : | Satellite | Système | Pseudorange (m) | |-----------|---------|-----------------| | GPS‑01 | GPS | 20 200 000 | | GPS‑02 | GPS | 20 150 000 | | GLO‑01 | GLONASS | 19 980 000 | | GLO‑02 | GLONASS | 20 050 000 | En supposant une approximation initiale de la position (X₀, Y₀, Z₀) = (1 100 000, 250 000, ‑ 100 000) m (référentiel WGS84), on linéarise l’équation du pseudorange : \[ \rho_i = \sqrt{(x-x_i)^2+(y-y_i)^2+(z-z_i)^2}+c\,\delta t + \varepsilon_i \] où \((x_i,y_i,z_i)\) sont les coordonnées connues du satellite, \(c\,\delta t\) l’erreur d’horloge du récepteur, et \(\varepsilon_i\) le résidu. En construisant la matrice de conception **H** (4 × 4) et en résolvant le système des moindres carrés \(\Delta \mathbf{x}= (H^T H)^{-1} H^T \mathbf{residus}\), on obtient une correction \(\Delta \mathbf{x} = ( +2,3,\; -1,1,\; +0,5,\; +0,02 )\) m (les trois premières composantes sont les corrections en X, Y, Z ; la dernière est l’erreur d’horloge en mètres). La position améliorée devient : \[ \begin{aligned} X &= 1 100 000 + 2,3 = 1 100 002,3\ \text{m}\\ Y &= 250 000 - 1,1 = 249 998,9\ \text{m}\\ Z &= -100 000 + 0,5 = -99 999,5\ \text{m} \end{aligned} \] Cet exemple montre comment l’ajout de deux satellites GLONASS réduit l’incertitude sur la solution (DOP passe de 2,8 à 1,6). ### 4. Procédure pas à pas en atelier (exemple de levé topographique) 1. **Installation de la base** : placer l’antenne GNSS sur un trépied stable, vérifier le niveau à bulle (< 5′), enregistrer les coordonnées connues du point de base (obtenues par nivellement géodésique antérieur). 2. **Configuration du récepteur** : activer le suivi GPS + GLONASS + Galileo, définir le taux d’échantillonnage à 1 Hz, activer l’enregistrement des fichiers RINEX. 3. **Acquisition sur le terrain** : déplacer la station rover le long du tracé, réaliser des points d’arrêt toutes les 20 m, noter le numéro de point et le code descriptif (ex. : PK + 0+020). 4. **Transfert des données** : copier les fichiers RINEX de la base et du rover sur un PC, lancer le traitement différentiel dans le logiciel choisi. 5. **Contrôle qualité** : examiner les résidus, vérifier que le RMS < 0,02 m en planimétrie et < 0,04 m en altimétrie, valider les points avant export. > **Consigne de sécurité** : porter un casque de protection et un gilet réfléchissant lors du travail près des voies ferrées ou des chantiers routiers ; maintenir une distance minimale de 5 m des lignes électriques aériennes. --- ## II. Activités de remédiation ### 1. Sources d’erreur en GNSS | Type d’erreur | Origine | Amplitude typique (m) | Méthode de correction | |---------------|---------|-----------------------|-----------------------| | Erreur d’horloge satellite | Désynchronisation de l’horloge embarquée | 2–3 | Modélisation dans le message de navigation | | Erreur d’horloge récepteur | Quartz du récepteur | 1–5 | Estimation dans la solution (paramètre δt) | | Effet ionosphérique | Retard du signal dans l’ionosphère | 0–10 (jour) | Modèle Klobuchar, corrections SBAS, dual‑frequency | | Effet troposphérique | Retard dans la troposphère (sec + humide) | 0–2 | Modèles Saastamoinen ou VMF1 | | Multipath | Réflexion du signal sur des objets proches | 0–1,5 | Antennes à faible gain latéral, traitement de signaux | | Erreur d’orbite | Imprécision des éphémérides | 0,5–2 | Éphémérides précises (IGS) ou corrections DGPS/RTK | | Biais de réception (DCB) | Différences de délais entre fréquences | 0–0,5 | Calibration du récepteur, utilisation de fréquences multiples | > **Définition** : Le **Dilution of Precision (DOP)** quantifie l’amplification de l’erreur de mesure due à la géométrie satellitaire. Un DOP élevé (> 4) dégrade fortement la précision même si les mesures individuelles sont bonnes. ### 2. Techniques de remédiation #### a. DGPS (Différentiel GPS) - Principe : une station de base connue émet les corrections des pseudoranges (ou des positions) via une liaison radio (RTCM) ou Internet (NTRIP). - Précision typique : 0,5–2 m en temps réel. - Application courante au Cameroun : suivi des travaux de voirie dans les zones urbaines où la couverture cellulaire est bonne. #### b. RTK (Real‑Time Kinematic) - Principe : comparaison des phases porteuses entre base et rover, résolution d’entiers ambiguës, fourniture de coordonnées au centimètre. - Nécessite un lien de communication < 10 km (radio UHF ou modem 4G) et une bonne visibilité satellitaire. - Précision : 0,01 m (plan) / 0,02 m (alt). - Exemple d’utilisation : levé de parcelles agricoles pour le programme de sécurisation foncière du MINDAF. #### c. PPP (Precise Point Positioning) - Principe : utilisation d’éphémérides et d’horloges satellitaires précises (IGS) ainsi que de modèles d’ionosphère/troposphère globaux ; pas besoin de station de base locale. - Précision : quelques centimètres après une période de convergence (10–30 min). - Avantages : déploiement rapide en zones reculées (ex. : suivi de pistes d’atterrissage dans l’Extrême‑Nord). #### d. SBAS (Satellite‑Based Augmentation System) - Systèmes : WAAS (États‑Unis), EGNOS (Europe), MSAS (Japon), GAGAN (Inde). - Au Cameroun, le signal EGNOS est partiellement recevable dans le sud du pays ; il fournit des corrections d’ionosphère et d’intégrité. - Précision améliorée : 1–3 m en temps réel. ### 3. Exemple chiffré de correction RTK Un rover mesure les phases porteuses suivantes (en cycles) sur la fréquence L1 (λ = 0,190 m) pour deux satellites : | Satellite | Phase mesurée (cycles) | Phase de base (cycles) | Différence (cycles) | |-----------|------------------------|------------------------|---------------------| | GPS‑05 | 124 567,8 | 124 560,2 | 7,6 | | GLO‑12 | 98 432,1 | 98 425,5 | 6,6 | La différence de phase en mètres est : \[ \Delta \phi = \lambda \times \Delta N \] où \(\Delta N\) est le nombre de cycles d’ambiguïté résolu (ici on suppose que l’ambiguïté entière a été fixée à 0 après la résolution). \[ \Delta \phi_{GPS}=0,190 \times 7,6 = 1,444\ \text{m} \] \[ \Delta \phi_{GLO}=0,190 \times 6,6 = 1,254\ \text{m} \] Ces valeurs sont utilisées dans l’équation de mesure de phase pour résoudre la position du rover avec une incertitude de l’ordre du centimètre après application du filtre de Kalman intégré au récepteur. > **Règle** : En RTK, vérifier le **ratio de résolution** (fix / float) fourni par le récepteur ; un ratio > 3 indique une résolution fiable d’entiers. ### 4. Procédure de remédiation en chantier (exemple de contrôle de qualité d’un tracé routier) 1. **Mise en place d’une base RTK** sur un point de contrôle géodésique connu (ex. : point BN‑01 du réseau IGN Cameroun). 2. **Configuration du rover** en mode RTK‑fixed, liaison radio 460 MHz, taux d’échantillonnage 5 Hz. 3. **Acquisition** : relever les points d’axe tous les 5 m, noter le statut de la solution (fixed, float, ou aucune). 4. **Contrôle** : si plus de 5 % des points sont en mode float, contrôler la visibilité satellitaire (masques d’arbres, bâtiments) et éventuellement déplacer la base ou ajouter un réflecteur. 5. **Export** : générer le fichier DXF du tracé, l’importer dans le logiciel de conception routière (Civil 3D) pour vérification du rayon de courbure et du profil en long. > **Consigne de sécurité** : lors du déplacement de la base ou du rover sur un chantier en cours, porter un harnais de sécurité si le travail se fait à proximité d’excavations profondes (> 1,5 m). --- ## Synthèse du chapitre - **Intégration multi‑constellation** : combinaison des pseudoranges et phases de GPS, GLONASS, Galileo, BeiDou pour améliorer le DOP et la disponibilité. - **Formats de données** : RINEX pour l’échange, NTRIP/RTCM pour les corrections différentielles, CSV/Shapefile pour l’export SIG. - **Exemple de calcul** : résolution d’un système de pseudoranges par moindres carrés montre l’impact de l’ajout de satellites sur la précision (passage de DOP 2,8 à 1,6). - **Techniques de remédiation** : DGPS (0,5–2 m), RTK (cm), PPP (cm après convergence), SBAS (1–3 m). - **Sources d’erreur** : horloge, ionosphère, troposphère, multipath, orbite, biais réception ; chacune possède une méthode de correction spécifique. - **Procédures terrain** : installation de base, contrôle de la liaison, vérification du ratio de résolution RTK, contrôle qualité (RMS < 0,02 m planimétrie). - **Sécurité** : casque, gilet réfléchissant, harnais près des fouilles, distance des lignes électriques, respect des zones de travail définies par le chef de chantier. --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | GNSS | Global Navigation Satellite System, ensemble des constellations (GPS, GLONASS, Galileo, BeiDou) fournissant des signaux de positionnement. | | Pseudorange | Mesure du temps de propagation du signal multiplié par la vitesse de la lumière, exprimée en mètres. | | Phase porteuse | Mesure fine du nombre de longueurs d’onde entre récepteur et satellite, utilisée pour le positionnement haute précision. | | DOP (Dilution of Precision) | Facteur géométrique quantifiant l’impact de la configuration satellitaire sur l’erreur de position. | | RTK | Real‑Time Kinematic, technique de différenciation en temps réel des phases porteuses pour obtenir une précision centimétrique. | | DGPS | Differential GPS, correction des pseudoranges via une station de base connue. | | PPP | Precise Point Positioning, positionnement précis utilisant des éphémérides et horloges satellitaires globales. | | SBAS | Satellite‑Based Augmentation System, système d’amélioration basé sur des satellites géostationnaires (ex. : EGNOS). | | RINEX | Receiver Independent Exchange Format, format standard d’échange de données GNSS brutes. | | NTRIP | Networked Transport of RTCM via Internet Protocol, protocole de diffusion des corrections différentielles sur Internet. | | Ratio de résolution | Indicateur fourni par le récepteur RTK comparant la solution fixée à la solution flottante ; un ratio > 3 indique une résolution fiable. | | Éphémérides précises | Données d’orbite et d’horloge satellitaire fournies par des centres comme l’IGS, utilisées en PPP. | | Multipath | Phénomène où le signal GNSS atteint l’antenne après réflexion sur des objets proches, provoquant des erreurs de mesure. | | Ionosphère | Couche chargée de l’atmosphère supérieure qui retarde le signal GNSS proportionnellement à son contenu électronique. | | Troposphère | Partie inférieure de l’atmosphère qui provoque un retard dû à l’humidité et à la pression, modélisable par des modèles standards. | --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Intégration GPS + Galileo **Situation** : Un technicien topographe doit relever un tracé de conduite d’eau dans la périphérie de Bamenda (Cameroun). Il dispose d’un récepteur capable de suivre GPS et Galileo. À une époque donnée, il obtient les pseudoranges suivants (en mètres) : | Satellite | Système | Pseudorange | |-----------|---------|-------------| | GPS‑03 | GPS | 20 210 000 | | GPS‑07 | GPS | 20 180 000 | | GAL‑04 | Galileo | 20 050 000 | | GAL‑09 | Galileo | 20 030 000 | Les coordonnées approximatives du récepteur sont (X₀, Y₀, Z₀) = (1 150 000, 300 000, ‑ 50 000) m. Les positions des satellites (en mètres, référentiel WGS84) sont connues et fournies en annexe (non reproduites ici pour brièveté). **Demande** : 1. Établir l’équation linéarisée du pseudorange pour chaque satellite. 2. Construire la matrice de conception H et le vecteur des résidus. 3. Résoudre par moindres carrés pour obtenir la correction \(\Delta \mathbf{x}\). 4. Donner la position améliorée (X, Y, Z). **Corrigé** : 1. L’équation linéarisée est : \(\rho_i = \hat\rho_i + \frac{(x_0-x_i)}{\hat\rho_i}\Delta x + \frac{(y_0-y_i)}{\hat\rho_i}\Delta y + \frac{(z_0-z_i)}{\hat\rho_i}\Delta z + c\,\Delta t + \varepsilon_i\), où \(\hat\rho_i\) est la distance géométrique calculée à partir de la position approximative. 2. En calculant \(\hat\rho_i\) pour chaque satellite (valeurs approximatives : 20 205 000 m, 20 175 000 m, 20 045 000 m, 20 025 000 m) et en formant H (4 × 4) et le vecteur des résidus \(\mathbf{r} = \rho_i - \hat\rho_i\), on obtient : \[ H = \begin{bmatrix} -0,45 & 0,30 & 0,84 & 1\\ -0,48 & 0,28 & 0,83 & 1\\ -0,50 & 0,25 & 0,82 & 1\\ -0,52 & 0,22 & 0,81 & 1 \end{bmatrix},\qquad \mathbf{r} = \begin{bmatrix} +5,000\\ +5,000\\ +5,000\\ +5,000 \end{bmatrix}\text{ (m)} \] 3. La solution des moindres carrés \(\Delta \mathbf{x}= (H^T H)^{-1} H^T \mathbf{r}\) donne : \[ \Delta \mathbf{x} = \begin{bmatrix} +1,2\\ -0,8\\ +0,4\\ +0,01 \end{bmatrix}\text{ (m)} \] 4. Position améliorée : \[ \begin{aligned} X &= 1\,150\,000 + 1,2 = 1\,150\,001,2\ \text{m}\\ Y &= 300\,000 - 0,8 = 299\,999,2\ \text{m}\\ Z &= -50\,000 + 0,4 = -49\,999,6\ \text{m} \end{aligned} \] L’ajout des deux satellites Galileo a réduit le DOP de 2,9 à 1,7, améliorant ainsi la géométrie de la solution. --- ### Exercice 2 – Mise en œuvre RTK sur un chantier routier **Situation** : Une entreprise de travaux publics doit contrôler le tracé d’une nouvelle voie de contournement à Garoua. Elle dispose d’une base RTK installée sur un point géodésique connu (coordinates : X = 950 000 m, Y = 420 000 m, Z = ‑ 20 000 m) et d’un rover équipé d’une antenne à faible gain latéral. Le lien radio fonctionne à 460 MHz avec un débit de 19200 baud. **Demande** : 1. Décrire les étapes de mise en place de la base et du rover, en incluant les vérifications de niveau, de visibilité satellitaire et de liaison radio. 2. Indiquer quels paramètres du récepteur doivent être contrôlés pour s’assurer d’une résolution RTK‑fixed (ratio de résolution, nombre de satellites, SNR moyen). 3. Supposer que après 5 minutes d’acquisition, le récepteur affiche : 12 satellites suivis, SNR moyen = 28 dBHz, ratio de résolution = 4,2, et que la solution est en mode *fixed*. Calculer l’erreur théorique maximale en planimétrie si le DOP mesuré est de 1,3 et l’erreur moyenne de mesure du pseudorange est de 0,02 m. 4. Proposer une action corrective si le ratio de résolution tombait à 1,8 en cours de travail. **Corrigé** : 1. **Étapes** : - Installer la base sur un trépied, vérifier le niveau à bulle (< 5′), entrer les coordonnées connues dans le récepteur. - Activer le suivi GPS + GLONASS + Galileo, choisir le taux d’échantillonnage 1 Hz, activer la diffusion des corrections RTCM v3 via le modem radio. - Installer le rover sur son trépied, vérifier le niveau, orienter l’antenne vers le ciel (éviter les masques proches). - Établir la liaison radio (canal 460 MHz, même ID de station), vérifier la réception du flux RTCM (indicateur de lien vert). - Lancer la session RTK, attendre la convergence (généralement < 30 s en bon environnement). 2. **Paramètres à contrôler** : - Nombre de satellites suivis ≥ 8 (idéalement 10‑12). - SNR moyen ≥ 24 dBHz sur chaque fréquence utilisée. - Ratio de résolution (fix/float) ≥ 3 pour considérer la solution comme fiable. - Âge des corrections < 2 s (pour éviter la dégradation due à la latence). 3. **Erreur théorique maximale** : L’erreur de position en planimétrie est approximée par : \[ \sigma_{plan} = DOP_{plan} \times \sigma_{\rho} \] où \(\sigma_{\rho}\) est l’erreur type du pseudorange (0,02 m). \[ \sigma_{plan} = 1,3 \times 0,02 = 0,026\ \text{m} \approx 2,6\ \text{cm} \] Ainsi, l’erreur maximale attendue est d’environ **3 cm** en planimétrie. 4. **Action corrective** : - Vérifier immédiatement la visibilité satellitaire (masques éventuels dus à des engins de chantier ou à des bâtiments temporaires). - Si possible, déplacer légèrement le rover ou la base pour ouvrir l’horizon. - Augmenter le masque d’élévation à 10° pour éliminer les signaux à faible élévation plus susceptibles au multipath. - Si la situation persiste, basculer temporairement en mode *DGPS* (pseudorange uniquement) pour maintenir une précision décimétrique en attendant le retour des conditions favorables. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |----|------------------|-------------|--------------------------------------| | 1 | **Mauvaise mise à niveau de l’antenne** (niveau à bulle > 10′) | Biais systématique de plusieurs décimètres sur les coordonnées Z | Vérifier le niveau à chaque installation ; utiliser un trépied à rotule avec verrouillage. | | 2 | **Lien radio interrompu** (batterie faible, antenne mal orientée) | Perte des corrections RTK → retour en mode flottant ou aucune solution | Contrôler le voltage de la batterie avant le travail ; garder une batterie de rechange ; orienter l’antenne radio vers la base avec un angle d’élévation de 10‑30°. | | 3 | **Masque d’élévation trop bas** (acceptation de signaux < 5°) | Augmentation du multipath et des erreurs d’ionosphère/troposphère | Fixer le masque d’élévation à 15° minimum en environnement urbain ou boisé. | | 4 | **Oubli de saisir les coordonnées connues de la base** | Solution relative sans ancrage absolu → dérive de plusieurs mètres | Toujours entrer les coordonnées du point de base (issues d’un levé géodésique antérieur) avant de démarrer la session. | | 5 | **Utilisation d’un câble RS‑232 endommagé** | Corruption du flux RTCM, pertes de paquets, âge des corrections > 5 s | Tester le câble avec un testeur de continuité ; remplacer immédiatement tout câble présentant des signes d’usure. | | 6 | **Travail sous ligne électrique haute tension sans distance de sécurité** | Risque d’électrocution, interférences électromagnétiques sur le récepteur | Maintenir une distance minimale de 5 m des conducteurs nus ; utiliser un détecteur de champ électrique si nécessaire. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition d'un système de positionnement par satellites (GNSS) ?
  2. 2. Quelle est la principale différence entre le système GPS américain et le système Galileo européen concernant le signal civil ?
  3. 3. Quel est le rôle d'un système d'augmentation par satellite (SBAS) tel que EGNOS ?
  4. 4. Une erreur d'horloge satellite de 10 nanosecondes se traduit par quelle erreur de portée approximative ?
  5. 5. Un récepteur GNSS à double fréquence (L1 et L2) peut éliminer principalement quelle erreur ?
  6. 6. Quel système d'augmentation fournit des corrections spécifiquement destinées à l'aviation civile en Europe ?
  7. 7. Un récepteur mesure la phase porteuse avec une précision de 0,01 cycle sur la fréquence L1 (λ ≈ 0,19 m). Quelle est la précision approximative en portée que cela implique ?
  8. 8. Lors d'une activité d'intégration, un élève combine les observations GPS et Galileo pour calculer le PDOP. Quel effet attendu obtient-on généralement en ajoutant les satellites Galileo au jeu de données GPS seul ?
  9. 9. Dans le cadre d'une activité de remédiation, on modélise le retard troposphérique avec le modèle Saastamoinen. Si le délai hydrostatique au zénith est de 2,3 m et que la fonction de cartographie pour une élévation de 30° vaut 2,0, quel est le délai troposphérique incliné ?
  10. 10. Une activité d'intégration utilise le PPP (Precise Point Positioning) pour obtenir une précision centimétrique sans station de référence locale. Quel est le temps de convergence typique nécessaire pour atteindre cette précision ?