Chapitre 8
Planification et appareils de restitution
Lecture : 18 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
- Élaborer un organigramme de planification d’un levé photogrammétrique et en détailler chaque étape.
- Réaliser une reconnaissance photogrammétrique sur le terrain, choisir la méthode de levé appropriée, utiliser les instruments de mesure et assurer la précision requise.
- Décrire le processus de restitution photogrammétrique, classer les appareils de restitution et expliquer leur fonctionnement.
- Appliquer ces connaissances à des situations professionnelles camerounaises (topographie, aménagement du territoire, suivi de chantiers).
**Prérequis :**
- Notions de base en géomatique (échelle, système de coordonnées, projection).
- Connaissance des principes de la photographie aérienne (focale, hauteur de vol, recouvrement).
- Maîtrise de l’utilisation d’un GPS et d’une station totale.
- Familiarité avec les logiciels de traitement d’image (ex. : QGIS, Photoshop) et les règles de sécurité sur un chantier.
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## Introduction
La photogrammétrie constitue une technique incontournable pour l’acquisition et la représentation des données spatiales au Cameroun, notamment dans les domaines de la cartographie topographique, du suivi des infrastructures routières et de la gestion des ressources naturelles. La réussite d’un projet photogrammétrique repose sur trois phases essentielles : la **planification**, la **reconnaissance sur le terrain** et la **restitution** des images en modèles numériques ou en orthophotos. Ce chapitre présente, de façon progressive et conforme au programme officiel MINESEC/IGE, les méthodes, les instruments et les bonnes pratiques associés à chaque phase, en s’appuyant sur des exemples concrets de chantier camerounais (levés de routes nationales, suivi de barrages, cartographie de zones urbaines en pleine expansion).
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## I. Leçon 13 : Planification d’un levé photogrammétrique – organigramme et description des étapes
### A. Objectifs de la planification
La planification vise à définir, avant toute acquisition, les paramètres techniques permettant d’obtenir les produits attendus avec la précision requise, tout en optimisant les coûts et les délais. Elle comprend la détermination de l’échelle souhaitée, du recouvrement nécessaire, de l’altitude de vol et du nombre de points de contrôle au sol (PCS).
> Une bonne planification réduit les risques de reprise de vol et garantit la conformité aux normes de précision (ex. : ± 5 cm en planimétrie pour un levé au 1 : 5000).
### B. Organigramme type
Un organigramme de planification se présente généralement sous la forme suivante :
1. **Analyse du besoin** (type de produit, échelle, précision).
2. **Étude de faisabilité** (contraintes réglementaires, accès au site, conditions météorologiques).
3. **Choix des paramètres de vol** (focale, hauteur, vitesse, recouvrement longitudinal et transversal).
4. **Sélection des points de contrôle** (nombre, répartition, précision du levé terrestre).
5. **Préparation du vol** (plan de vol, autorisations, briefing de l’équipage).
6. **Traitement post‑acquisition** (tri des images, contrôle qualité, génération des produits).
### C. Étapes détaillées
| Étape | Description | Livrable / Vérification |
|-------|-------------|--------------------------|
| 1. Analyse du besoin | Recueillir les exigences du maître d’ouvrage (ex. : orthophoto 1 : 2000 pour un lotissement). | Cahier des charges signé. |
| 2. Étude de faisabilité | Vérifier les autorisations de survol (ANAC), l’accessibilité du site, la saison (saison sèche préférée au Cameroun). | Rapport de faisabilité. |
| 3. Choix des paramètres de vol | Calculer l’altitude de vol : H = f × E (avec f et H dans la même unité) ou, equivalentement, H = (GSD × f) / e où GSD = e × E. Exemple : f = 150 mm, E = 1 : 5000 → H = 150 mm × 5000 = 750 000 mm = 750 m. | Tableau de paramètres (focale, H, recouvrement 60 % longitudinal, 30 % transversal). |
| 4. Sélection des PCS | Déterminer le nombre minimal de PCS : N ≈ ( aire du levé ) / ( superficie couverte par un PCS ). Pour une zone de 1 km² et un PCS couvrant 0,04 ha, N ≈ 2500. Répartir en grille régulière, privilégier les points visibles et stables. | Fichier de coordonnées PCS (GPS RTK, précision < 2 cm). |
| 5. Préparation du vol | Élaborer le plan de vol (waypoints, vitesse, déclenchement), obtenir les autorisations, réaliser le briefing sécurité (port du casque, vérification du drone). | Plan de vol chargé dans le logiciel de mission. |
| 6. Traitement post‑acquisition | Vérifier la couverture, le recouvrement, la netteté des images ; réaliser l’orientation intérieure/extérieure ; générer le nuage de points, le MNT et l’orthophoto. | Rapport de contrôle qualité (résidu < 1 pixel). |
> La formule d’altitude de vol H = f × E (ou, equivalentement, H = (GSD × f) / e avec GSD = e × E) est fondamentale ; elle relie la focale, l’échelle souhaitée et, via le GSD, la taille du pixel du capteur.
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## II. Leçon 14 : Reconnaissance photogrammétrique – localisation, méthodes de levé, instruments, précision, numérotation et symbolisation des points
### A. Localisation du levé
La reconnaissance consiste à se rendre sur le terrain pour valider les hypothèses de planification, identifier les obstacles (arbres, lignes électriques) et implanter les points de contrôle. Elle se fait généralement à l’aide d’un GPS différentiel (RTK) et d’une station totale pour les points nécessitant une précision sub‑centimétrique.
> Au Cameroun, la saison sèche (novembre‑février) est privilégiée pour limiter la végétation dense qui peut masquer les points de contrôle.
### B. Méthodes de levé
| Méthode | Description | Quand l’utiliser |
|---------|-------------|------------------|
| **Levé aérien stéréoscopique** | Prise de vues chevauchantes depuis un avion ou un drone ; restitution en relief grâce à la vision stéréoscopique. | Grandes surfaces (> 5 ha), besoin de MNT détaillé. |
| **Levé aérien monoscopique** | Images individuelles sans recouvrement stéréoscopique ; utilisées pour l’orthophoto simple ou la mise à jour de cartes existantes. | Zones urbaines où le relief est faible. |
| **Levé terrestre photogrammétrique** | Station totale ou théodolite associée à une caméra métrique ; acquisition de clichés depuis le sol. | Chantiers de construction, ouvrages d’art, zones inaccessibles au vol. |
| **Levé par drone (UAV)** | Plateforme légère équipée d’un capteur métrique ; vol programmé à basse altitude. | Sites de taille moyenne (0,5‑5 ha), accès difficile, coût réduit. |
### C. Instruments
| Instrument | Fonction | Précision typique (Cameroun) |
|------------|----------|------------------------------|
| Appareil photo métrique (ex. : Leica RC30) | Capture d’images avec focale connue, faible distorsion. | ± 2 µm sur le plan focal. |
| GPS RTK (ex. : Trimble R10) | Positionnement différentiel en temps réel. | ± 1 cm horizontal, ± 2 cm vertical. |
| Station totale robotisée (ex. : Leica TS16) | Mesure d’angles et de distances avec suivi automatique. | ± 1 mm + 1 ppm. |
| Drone photogrammétrique (ex. : DJI Phantom 4 RTK) | Plateforme volante avec capteur 20 MP et GPS intégré. | ± 3 cm en planimétrie (post‑traitement). |
| Scanner laser terrestre (optionnel) | Acquisition de nuages de points denses pour compléter la photogrammétrie. | ± 5 mm. |
### D. Précision attendue
La précision du levé dépend de l’altitude de vol, de la qualité du capteur et de la densité des PCS. Pour un levé aérien au 1 : 5000 avec un capteur de 150 mm et un recouvrement de 60 %/30 %, la précision planimétrique théorique est de l’ordre de **± 5 cm** ; l’altimétrie atteint **± 10 cm**. En terrestre, avec une station totale et des cibles rétro‑réflectrices, on peut atteindre **± 2 cm** en planimétrie et **± 3 cm** en altimétrie.
> La précision doit être exprimée avec son unité et son type (ex. : ± 5 cm planimétrique, 95 % de confiance).
### E. Numérotation et symbolisation des points
- **Numérotation** : chaque point de contrôle reçoit un code alphanumérique de la forme **PCS‑XX‑YY**, où XX indique la zone (ex. : 01 pour le secteur Nord) et YY le numéro séquentiel dans la zone.
- **Symbolisation** : sur le terrain, on utilise des piquets en bois ou en métal peints en blanc avec un cercle noir de 10 cm de diamètre ; sur les plans numériques, le symbole est un petit carré rempli (▢) accompagné du code.
- **Enregistrement** : les coordonnées (X, Y, Z) et le code sont consignés dans un tableau de levé (format CSV) qui sera importé dans le logiciel de restitution.
> La symbolisation normalisée facilite le repérage lors du traitement et évite les confusions entre points de contrôle et points d’intérêt.
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## III. Leçon 15 : Appareils de restitution – processus, classification et description
### A. Processus de restitution
1. **Numérisation des images** (si analogique) : conversion en format numérique (TIFF, RAW) avec contrôle de la densité optique.
2. **Orientation intérieure** : détermination des paramètres internes du capteur (focale, point principal, distorsion) à partir du certificat d’étalonnage.
3. **Orientation extérieure** : calcul de la position et de l’orientation de chaque station de prise de vue à l’aide des points de contrôle (méthode de la resection ou du bundle block adjustment).
4. **Restitution stéréoscopique** : génération d’un modèle de relief en visionnant les paires d’images sous un stéréoplotteur ou via un logiciel de corrélation d’images.
5. **Production des dérivés** : création du MNT (modèle numérique de terrain), de l’orthophoto (corrigée des reliefs et des inclinaisons), et éventuellement de courbes de niveau ou de modèles 3D.
> L’étape d’ajustement de faisceau (bundle block adjustment) minimise les résidus des coordonnées image‑objet et est considérée comme le cœur de la restitution moderne.
### B. Classification des appareils de restitution
| Classe | Exemples | Caractéristiques principales |
|--------|----------|------------------------------|
| **Appareils analogiques** | Stéréoplotteur optique (ex. : Zeiss Stereoplanigraph) | Utilisation de lunettes stéréoscopiques, manipulation manuelle des marques de flottement. |
| **Appareils numériques de première génération** | Stéréoplotteur à écran CRT avec tablette de numérisation | Conversion analogique‑numérique, encore dépendant de l’opérateur pour le suivi de la stéréo. |
| **Stations de travail photogrammétriques modernes** | Logiciels sur PC (ex. : Agisoft Metashape, Pix4Dmapper, Bentley ContextCapture) + GPU puissant | Traitement entièrement automatisé, génération de nuages de points denses, MNT, orthophoto en quelques heures. |
| **Systèmes intégrés UAV‑post‑traitement** | Drone + logiciel embarqué (ex. : DJI Terra) | Acquisition et traitement quasi‑en temps réel, adapté aux suivis de chantier. |
| **Systèmes de réalité augmentée / virtuelle** | Casques VR avec rendu de nuages de points | Visualisation immersive pour la validation de projets d’aménagement.
### C. Description des principaux appareils utilisés au Cameroun
1. **Stéréoplotteur optique analogique (Zeiss Stereoplanigraph)**
- Principe : les images sont placées sur deux plateaux ; l’opérateur voit un modèle en relief grâce à un système de miroirs et règle les marques de flottement pour saisir les coordonnées XYZ.
- Avantages : faible coût d’acquisition, ne nécessite pas d’électricité puissante.
- Inconvénients : dépend fortement de l’expérience de l’opérateur, faible productivité (≈ 5 pts/h).
2. **Stéréoplotteur numérique à écran LCD (Intergraph Z/I Imaging)**
- Principe : les images sont affichées numériquement ; l’opérateur utilise une souris 3D pour pointer les mêmes points que sur un appareil analogique.
- Précision : similaire à l’analogique, mais avec possibilité d’enregistrement automatique des points.
- Usage courant : bureaux d’études topographiques dans les grandes villes (Yaoundé, Douala).
3. **Poste de travail photogrammétrique sur PC (Agisoft Metashape)**
- Flux de travail : import des images → alignement (feature detection) → génération du nuage de points → construction du maillage → texturation → export MNT/orthophoto.
- Matériel recommandé : CPU ≥ 8 cœurs, RAM ≥ 32 Go, GPU GTX 1080 ou supérieur.
- Précision obtenue : ± 2 cm planimétrique avec des PCS RTK et un recouvrement de 80 %/60 %.
- Avantages : haut degré d’automatisation, reproductibilité, possibilité de traitement par lots.
- Inconvénients : coût logiciel (licence annuelle) et besoin de formation spécifique.
4. **Système intégré DJI Phantom 4 RTK + DJI Terra**
- Le drone capture des images avec un capteur 20 MP et un GPS RTK intégré (± 1 cm).
- DJI Terra réalise l’alignement, la génération du nuage de points et l’export d’orthophoto en moins de 30 min pour une superficie de 1 ha.
- Utilisé fréquemment pour le suivi des travaux de voirie et le contrôle des ouvrages d’art (ponts, barrages).
> Le choix de l’appareil de restitution dépend du volume de données, du budget disponible et du niveau de précision exigé par le cahier des charges.
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## Synthèse du chapitre
- **Planification** : définir besoin, étudier faisabilité, choisir paramètres de vol (focale, hauteur, recouvrement), déterminer les PCS, préparer le vol, contrôler la qualité post‑acquisition.
- **Reconnaissance** : valider sur le terrain, implanter les points de contrôle avec GPS RTK ou station totale, choisir la méthode de levé (aérienne stéréo/mono, terrestre, drone) selon la superficie et l’accessibilité, assurer la précision (± 5 cm planimétrique pour un levé 1 : 5000).
- **Restitution** : numériser, orientation intérieure/extérieure, ajustement de faisceau, génération du modèle de relief et de l’orthophoto ; appareils classés en analogiques, numériques de première génération, stations de travail PC et systèmes intégrés UAV.
- **Précision** : liée à l’altitude de vol, à la qualité du capteur et à la densité des PCS ; ex. : H = f × E.
- **Symbolisation** : points de contrôle codés PCS‑XX‑YY, représentés sur le terrain par un piquet blanc cerclé noir et sur les plans par un carré ▢.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| **Échelle** | Rapport entre une distance sur l’image et la même distance sur le terrain (ex. : 1 : 5000). |
| **Recouvrement** | Pourcentage de surface commune entre deux images consécutives (longitudinal) ou entre deux bandes adjacentes (transversal). |
| **Point de contrôle au sol (PCS)** | Point dont les coordonnées XYZ sont connues avec une haute précision, utilisé pour l’orientation extérieure. |
| **Focale (f)** | Distance entre le centre optique du capteur et le plan de l’image, exprimée en millimètres. |
| **Taille du pixel (e)** | Dimension physique d’un pixel du capteur, exprimée en micromètres (µm). |
| **Orientation intérieure** | Détermination des paramètres internes du capteur (focale, point principal, distorsion) à partir du certificat d’étalonnage. |
| **Orientation extérieure** | Calcul de la position et de l’orientation de chaque station de prise de vue à l’aide des PCS. |
| **Ajustement de faisceau (bundle block adjustment)** | Optimisation mathématique qui minimise les résidus entre les coordonnées image mesurées et les coordonnées objet calculées pour toutes les images et tous les points. |
| **MNT (Modèle Numérique de Terrain)** | Représentation numérique de l’altitude du sol sous forme de grille régulière ou de nuage de points. |
| **Orthophoto** | Image aérienne corrigée des effets de relief et d’inclinaison, présentant une échelle uniforme. |
| **Stéréoplotteur** | Appareil permettant la vision stéréoscopique de paires d’images pour la restitution en relief. |
| **UAV (Unmanned Aerial Vehicle)** | Drone aérien utilisé pour l’acquisition d’images photogrammétriques à basse altitude. |
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Calcul de l’altitude de vol
**Données :**
- Focale de la caméra métrique : f = 120 mm.
- Échelle souhaitée du produit final : 1 : 3000.
- Taille du pixel du capteur : e = 4,5 µm.
**Question :** Quelle doit être l’altitude de vol H (en mètres) pour obtenir cette échelle ?
**Corrigé :**
La relation entre l’altitude de vol H, la focale f et l’échelle E est :
\[
H = f \times E
\]
(avec f et H exprimés dans la même unité).
Équivalentement, en utilisant la taille du pixel e et le GSD :
\[
\text{GSD} = \frac{H \times e}{f}, \quad H = \frac{\text{GSD} \times f}{e}, \quad \text{avec GSD} = e \times E.
\]
Conversion des unités : f = 120 mm = 0,120 m.
\[
H = 0,120 \times 3000 = 360 \text{ m}.
\]
**Réponse :** L’altitude de vol doit être réglée à **360 m** au-dessus du sol.
> Vérifier toujours que l’altitude obtenue respecte les contraintes réglementaires de hauteur de vol au Cameroun (généralement < 120 m pour les drones sans autorisation spéciale). À 360 m, une autorisation spéciale de l’ANAC est requise ou il faut recourir à un avion équipé d’un capteur métrique.
### Exercice 2 – Nombre minimal de points de contrôle
**Données :**
- Surface à lever : 2,5 km².
- Chaque PCS couvre effectivement une zone de 0,025 ha (250 m²) lorsqu’on utilise un GPS RTK avec une précision de 2 cm et un maillage d’environ 16 m × 16 m.
**Question :** Quel est le nombre minimal de PCS à implanter ?
**Corrigé :**
Convertir la surface en hectares : 2,5 km² = 250 ha.
Nombre de PCS = Surface totale / Surface couverte par un PCS
\[
N = \frac{250 \text{ ha}}{0,025 \text{ ha/PCS}} = 10\,000 \text{ PCS}
\]
**Réponse :** Il faut prévoir **10 000 points de contrôle** pour garantir une couverture homogène.
> En pratique, on réduit ce nombre en augmentant la taille du maillage (ex. : 30 m × 30 m) ou en utilisant des techniques d’interpolation, mais il faut alors vérifier que la précision résultante reste conforme au cahier des charges.
### Exercice 3 – Choix de la méthode de levé
**Scénario :** Un bureau d’études doit réaliser le suivi mensuel d’un barrage de 12 ha situé dans une zone montagneuse difficile d’accès, avec présence de végétation dense et de lignes électriques à proximité.
**Question :** Quelle méthode de levé est la plus adaptée et pourquoi ?
**Corrigé :**
- **Levé aérien par drone (UAV)** est le plus adapté :
- Permet de voler sous la ligne électrique en respectant les hauteurs de sécurité (moins de 30 m au-dessus du barrage).
- Le drone peut être programmé pour suivre des trajectoires précises malgré le relief accidenté.
- La végétation dense est moins pénalisante car les images sont prises à basse altitude, augmentant la probabilité de voir le sol à travers les ouvertures.
- Le temps de mise en œuvre est court (quelques heures) et les coûts sont raisonnables pour un suivi mensuel.
- Le **levé aérien par avion** serait trop coûteux et nécessiterait des autorisations de vol plus complexes à cause des lignes électriques.
- Le **levé terrestre** serait extrêmement lent et dangereux en raison du terrain escarpé.
**Réponse :** Utiliser un **drone équipé d’un capteur métrique et d’un GPS RTK**, avec un recouvrement de 80 % longitudinal et 60 % transversal, voler à une hauteur d’environ 40 m au-dessus du barrage pour obtenir une échelle de 1 : 1000 et une précision planimétrique de ± 3 cm.
> Toujours réaliser une reconnaissance préalable pour identifier les zones d’interdiction de vol (ex. : périmètres de sécurité autour des lignes électriques) et obtenir les autorisations de l’ANAC.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | **Oublier de vérifier le recouvrement avant le vol** | Images manquantes → impossible de réaliser la restitution stéréoscopique → reprise de vol coûteuse. | Utiliser le logiciel de mission pour simuler le recouvrement ; effectuer un vol de test de 2‑3 images et vérifier le pourcentage de recouvrement sur le terrain. |
| 2 | **Implanter les PCS sur des points instables (ex. : sol meuble, près d’un arbre)** | Coordonnées erronées → dégradation de l’ajustement de faisceau → perte de précision globale. | Choisir des points sur du roc, du béton ou des piquets métalliques enfoncés profondément ; éviter les zones sujettes à l’érosion ou au gel‑dégel. |
| 3 | **Négliger la calibration de la caméra avant chaque campagne** | Distorsion non corrigée → erreurs systématiques sur les coordonnées image → biais dans le MNT. | Réaliser une calibration en laboratoire ou sur un champ de calibration connu ; conserver le certificat d’étalonnage et vérifier la date de validité (en général 12 mois). |
| 4 | **Voler au‑dessus de la hauteur maximale autorisée sans dérogation** | Risque de collision avec des aéronefs habillés ; sanctions légales ; mise en danger de tiers. | Consulter le NOTAM et les cartes aéronautiques ; respecter la limite de 120 m AGL pour les drones sauf autorisation spéciale de l’ANAC. |
| 5 | **Ne pas porter d’équipement de protection individuelle (EPI) lors de la pose de PCS près de la circulation** | Exposition au risque d’accident de la route. | Porter un gilet haute visibilité, un casque de sécurité et des chaussures de sécurité ; mettre en place une signalisation temporaire (panneaux, cônes) si le travail se fait sur une voie publique. |
| 6 | **Utiliser un logiciel de traitement avec une licence expirée ou piratée** | Risque de perte de données, absence de mises à jour de sécurité, non‑conformité aux normes professionnelles. | Vérifier la validité des licences avant le lancement du projet ; privilégier les versions académiques ou les licences site lorsqu’elles sont disponibles auprès de l’établissement. |
> Le respect des règles de sécurité et la vérification systématique des paramètres techniques sont autant de gages de qualité et de professionnalisme dans la pratique de la photogrammétrie au Cameroun.
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*Fin du cours.*
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