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Chapitre 5

Plan de corps de rue (partie 2/2)

Lecture : 18 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - Identifier et nommer les éléments constitutifs d’un corps de rue (chaussée, accotement, trottoir, fossé, bordure, caniveau, etc.) selon les normes camerounaises (Arrêté n° 001/MINTP du 12 mars 2018 relatif aux caractéristiques géométriques des voies urbaines). - Reporter à l’échelle sur un support papier le tracé de l’axe d’une voie et ses éléments caractéristiques en respectant les conventions de représentation (échelle, traits, hachures, cotes). - Réaliser un dessin manuel complet d’un profil en travers de rue, en appliquant les règles de proportionnalité, de lisibilité et de sécurité (éviter les surcharges, respecter les marges de sécurité). - Vérifier la cohérence géométrique d’un projet de voirie en contrôlant les largeurs minimales prescrites (chaussée ≥ 3,50 m pour voie à sens unique, ≥ 7,00 m pour voie à deux sens, accotement ≥ 0,50 m, trottoir ≥ 1,20 m, fossé profondeur ≥ 0,30 m, etc.). - Proposer des solutions de remédiation lorsqu’un relevé de terrain présente des écarts par rapport au projet (rejeté, redressement, ajustement des cotes). **Prérequis :** - Maîtrise des notions de base du dessin technique (échelles, représentation orthogonale, cotation). - Connaissance des unités du Système International (m, cm, mm) et des conversions usuelles. - Savoir lire un plan de masse et un profil en long d’une voie. - Notions de sécurité sur chantier (port du casque, gants, chaussures de sécurité). --- ## Introduction contextualisée Dans le cadre de l’aménagement urbain au Cameroun, la conception d’une voie publique ne se limite pas à tracer une simple ligne au sol. Le **corps de rue** regroupe l’ensemble des éléments qui assurent la fonction de circulation, le drainage des eaux pluviales, la sécurité des piétons et l’intégration paysagère. La deuxième partie du chapitre « Plan de corps de rue » se concentre sur la **représentation manuelle** de l’axe de la voie et de ses éléments caractéristiques, étape indispensable avant toute réalisation sur le terrain. Cette compétence est directement mobilisée lors des travaux de voirie réalisés par les entreprises locales (ex. : entreprises de BTP du Littoral) lors de la phase de **pré‑chantier** : le technicien de bureau reporte les données du projet sur un papier à dessin, vérifie les largeurs, prépare le **profil en travers** qui sera ensuite transmis au chef de chantier pour l’implantation. Une mauvaise représentation peut entraîner des non‑conformités coûteuses (reprise de terrassement, pénalités de retard). Nous allons donc aborder, dans l’ordre du programme officiel : 1. **Activités d’intégration** – mise en situation professionnelle, analyse d’un dossier de voirie. 2. **Activités de remédiation** – correction des écarts relevés sur le terrain. 3. **Leçon 9** – report et dessin manuel de l’axe de la voie et de ses éléments caractéristiques. --- ## I. Activités d’intégration ### 1.1. Mise en situation professionnelle > **Définition** : Un dossier de voirie comprend le plan de masse, le profil en long, le profil en travers, le cahier des charges techniques et le règlement d’urbanisme. Lors d’une visite de chantier à Yaoundé (zone du quartier Bastos), le technicien reçoit un dossier contenant : - Un plan de masse à l’échelle 1/500 montrant le tracé de la voie principale (largeur de chaussée prévue 7,00 m). - Un profil en long indiquant les déclivités (max 5 %). - Un profil en travers montrant les largeurs des éléments du corps de rue. - Un tableau des largeurs minimales prescrites par l’Arrêté n° 001/MINTP : - Chaussée : 3,50 m (voie à sens unique) ou 7,00 m (voie à deux sens). - Accotement : 0,50 m de chaque côté. - Trottoir : 1,20 m minimum. - Fossé : 0,30 m de profondeur, 0,40 m de largeur supérieure. L’élève doit, à partir de ces documents, **identifier** chaque élément du corps de rue et **vérifier** la conformité du projet aux normes. ### 1.2. Analyse des documents | Élément du corps de rue | Largeur/Hauteur prescrite (m) | Valeur relevée sur le plan (m) | Écart (m) | % écart | Conformité (note si >5 %) | |-------------------------|------------------------------|--------------------------------|-----------|---------|---------------------------| | Chaussée (2×) | 7,00 | 6,80 | -0,20 | 2,86 % | Conforme (pas de note) | | Accotement (gauche) | 0,50 | 0,45 | -0,05 | 10,00 % | Non conforme – note de réserve | | Trottoir (droite) | 1,20 | 1,25 | +0,05 | 4,17 % | Conforme (pas de note) | | Fossé (profondeur) | 0,30 | 0,28 | -0,02 | 6,67 % | Non conforme – note de réserve | > **Règle de métier** : Toute déviation supérieure à 5 % de la valeur prescrite doit faire l’objet d’une note de réserve et d’une proposition de rectification. Cette activité permet à l’élève de pratiquer la lecture critique d’un dossier technique, compétence essentielle pour le **Baccalauréat technologique série GEO** (épreuve E4 – Analyse de documents). --- ## II. Activités de remédiation ### 2.1. Détection des écarts Après le relevé topographique sur le terrain (station totale, niveau numérique), les écarts relevés sont consignés dans un **tableau de suivi** : | Point de mesure | Cote projet (m NGF) | Cote relevée (m NGF) | Écart (m) | |-----------------|---------------------|----------------------|-----------| | A (début chaussée) | 312,45 | 312,30 | −0,15 | | B (milieu accotement) | 312,20 | 312,10 | −0,10 | | C (fin trottoir) | 312,00 | 312,05 | +0,05 | | D (fond fossé) | 311,70 | 311,55 | −0,15 | ### 2.2. Méthode de redressement 1. **Calcul de la correction moyenne** : \[ \overline{\Delta} = \frac{\sum \Delta_i}{n} \] Avec les valeurs ci‑dessus : \(\overline{\Delta}=(-0,15-0,10+0,05-0,15)/4 = -0,0875\; \text{m}\). 2. **Application de la correction** : on ajoute \(\overline{\Delta}= -0,0875\; \text{m}\) à toutes les cotes du projet pour obtenir le **nivellement de référence** corrigé. 3. **Vérification des tolérances** : la norme camerounaise autorise une tolérance de ±0,05 m sur les cotes de terrassement. Après correction, les écarts résiduels sont : | Point | Écart résiduel (m) | |-------|--------------------| | A | −0,0625 | | B | −0,0125 | | C | +0,1375 | | D | −0,0625 | Seul le point B est dans la tolérance (±0,05 m). Les points A, C et D dépassent la tolérance. On propose donc un **relevé local** du trottoir (point C) et, si nécessaire, une **reprise de remblai** de 0,07 m sur les points A et D, ainsi qu’un **déblai** de 0,14 m sur le point C. > **Règle de sécurité** : Avant toute reprise de terrassement, vérifier l’absence de réseaux souterrains (eau, électricité, télécom) grâce au **plan des réseaux** (schéma de voirie). ### 2.3. Rédaction du rapport de remédiation Le technicien rédige un compte‑rendu comprenant : - Objet : correction des écarts de nivellement sur la voie X. - Méthode : calcul de la moyenne des écarts, application d’une correction globale, contrôle des tolérances. - Résultats : écarts résiduels, actions correctives prévues (reprise de remblai sur 12 m linéaires). - Conclusion : le projet est désormais conforme aux normes MINTP, sous réserve de validation du chef de chantier. Cette activité développe la capacité à **produire un document technique** (rapport d’intervention) attendu à l’épreuve écrite du Baccalauréat (épreuve E5 – Rédaction de comptes‑rendus). --- ## III. Leçon 9 : Report et dessin manuel de l’axe de la voie et de ses éléments caractéristiques ### 3.1. Principes généraux du report > **Définition** : Le report consiste à transférer, à l’échelle choisie, les dimensions réelles d’un objet sur un support de dessin en conservant les proportions. Étapes essentielles : 1. **Choix de l’échelle** : fonction de la taille du format (A3, A4) et de la longueur de la voie à représenter. - Exemple : voie de 120 m → échelle 1/200 donne 0,60 m sur le papier (60 cm). 2. **Mise en place du repère** : tracé d’une ligne de base (axe de la voie) horizontale, repère d’origine (point 0). 3. **Report des cotes longitudinales** : report des points caractéristiques (début, changements de pente, intersections) à partir du profil en long. 4. **Report des largeurs transversales** : à chaque point longitudinal, on reporte à l’échelle les demi‑largeurs de chaussée, accotement, trottoir, fossé, etc., de chaque côté de l’axe. 5. **Traitement des éléments** : traits pleins pour la chaussée, traits pointillés pour les accotements, hachures 45° pour les trottoirs, traits ondulés pour les fossés. 6. **Cotation** : indication des largeurs réelles (en mètres) à côté de chaque élément, ainsi que les cotes d’altitude si le profil en travers est représenté. ### 3.2. Exemple complet : voie urbaine à deux sens **Données du projet** (extrait du cahier des charges) : - Longueur totale représentée : 80 m. - Échelle choisie : 1/100 (1 cm sur le papier = 1 m réel). - Largeur de chaussée : 7,00 m (3,50 m de chaque côté de l’axe). - Accotement : 0,50 m de chaque côté. - Trottoir : 1,20 m de chaque côté (au‑delà de l’accotement). - Fossé : 0,40 m de largeur supérieure, 0,30 m de profondeur, placé extérieur au trottoir. - Bordure de trottoir : 0,15 m de hauteur, placée entre trottoir et accotement. **Étapes de dessin** (à réaliser sur une feuille A3 orientée paysage) : 1. **Tracer l’axe** : ligne horizontale centrale, longueur 80 cm (puisque 80 m × 1/100 = 0,8 m = 80 cm). Marquer les points 0 m, 20 m, 40 m, 60 m, 80 m (espacés de 20 cm). 2. **Reporter les largeurs** : à chaque point d’axe, mesurer à l’aide d’une règle graduée : - À gauche de l’axe : 3,50 m (chaussée) + 0,50 m (accotement) + 1,20 m (trottoir) + 0,40 m (fossé) = 5,60 m → 5,60 cm sur le papier. - À droite de l’axe : même valeur (symétrique). 3. **Tracer les éléments** : - De l’axe vers la gauche : tracer un trait plein de 3,50 cm (chaussée). - Puis un trait pointillé de 0,50 cm (accotement). - Puis un trait plein épaissi de 0,15 cm (bordure de trottoir) – on peut le représenter par deux traits parallèles espacés de 0,15 cm. - Puis un hachurage 45° sur 1,20 cm (trottoir). - Enfin un trait ondulé de 0,40 cm (fossé). - Répéter symétriquement à droite. 4. **Coter** : à côté de chaque élément, inscrire la valeur réelle (ex. : « Chaussée : 3,50 m », « Accotement : 0,50 m », etc.). 5. **Indiquer l’échelle** : en bas à droite, écrire « Échelle : 1/100 ». 6. **Vérifier la clôture** : la largeur totale représentée doit être 2 × 5,60 cm = 11,20 cm, correspondant à 11,20 m réel (2 × 5,60 m). > **Formule de conversion** : > \[ > \text{Longueur sur papier (cm)} = \text{Longueur réelle (m)} \times 100 \times \text{échelle} > \] > Avec échelle 1/100 : \(\text{Longueur sur papier (cm)} = \text{Longueur réelle (m)}\). ### 3.3. Application sur un profil en travers non symétrique Dans certains aménagements (ex. : voie à sens unique avec piste cyclable), les largeurs diffèrent d’un côté à l’autre. **Données** : - Chaussée : 4,00 m (toute à droite de l’axe). - Accotement gauche : 0,30 m. - Trottoir gauche : 1,00 m. - Piste cyclable droite : 1,50 m (entre accotement et trottoir). - Accotement droit : 0,40 m. - Trottoir droit : 0,80 m. - Fossé : uniquement à gauche, 0,35 m de largeur, 0,25 m de profondeur. **Procédé** : - Reporter l’axe (ligne centrale). - À gauche : accumuler accotement (0,30 m) + trottoir (1,00 m) + fossé (0,35 m) = 1,65 m → 1,65 cm. - À droite : accotement (0,40 m) + piste cyclable (1,50 m) + trottoir (0,80 m) = 2,70 m → 2,70 cm. - La chaussée de 4,00 m se place entièrement à droite de l’axe, donc on ajoute 4,00 cm après l’accotement droit avant la piste cyclable. Le dessin obtenu montre clairement l’asymétrie, ce qui est essentiel pour la lecture du projet par les équipes de chantier. > **Règle de métier** : Toujours représenter l’axe au centre du feuille lorsqu’il existe une symétrie ; sinon, placer l’axe de façon à ce que le côté le plus chargé occupe la majorité de l’espace disponible, afin d’éviter les débordements hors format. ### 3.4. Normes de représentation (extrait de l’Arrêté n° 001/MINTP) | Élément | Type de trait | Épaisseur (mm) sur papier (échelle 1/100) | Hachure / remplissage | |---------|---------------|-------------------------------------------|-----------------------| | Chaussée | Plein | 0,25 | – | | Accotement | Pointillé | 0,15 | – | | Trottoir | Plein | 0,20 | Hachure 45° | | Piste cyclable | Plein | 0,20 | Hachure 135° | | Bordure | Double trait parallèle | 0,10 chacun | – | | Fossé | Ondulé | 0,20 | – | | Cotes | Texte | 2,5 mm de hauteur | – | > **Consigne de sécurité** : Utiliser un crayon de papier HB pour le tracé préliminaire, repasser à l’encre noire uniquement après validation des dimensions, afin de pouvoir corriger sans endommager le support. --- ## Synthèse du chapitre - **Corps de rue** : ensemble chaussée, accotement, trottoir, fossé, bordure, caniveau, etc. - **Normes camerounaises** (Arrêté n° 001/MINTP) définissent les largeurs minimales : chaussée ≥ 3,50 m (sens unique) ou 7,00 m (deux sens), accotement ≥ 0,50 m, trottoir ≥ 1,20 m, fossé profondeur ≥ 0,30 m. - **Report** : transfert à l’échelle des dimensions réelles sur support de dessin, en respectant les conventions de traits et de cotation. - **Échelle courante** : 1/100 (1 cm = 1 m) pour les plans de voirie de format A3/A4. - **Dessin manuel** : tracer l’axe, reporter les demi‑largeurs de chaque élément de chaque côté, appliquer le type de trait approprié, coté les valeurs réelles. - **Remédiation** : calcul de la moyenne des écarts d’altitude, application d’une correction globale, contrôle des tolérances (±0,05 m), proposition de reprises locales si nécessaire. - **Sécurité sur chantier** : vérifier l’absence de réseaux souterrains, porter EPI, valider le tracé avant le terrassement. --- ## Glossaire - **Accotement** : bande stabilisée située de chaque côté de la chaussée, destinée à accueillir les véhicules en difficulté et à faciliter le drainage. - **Bordure** : élément en béton ou en pierre qui sépare le trottoir de l’accotement ou de la chaussée, hauteur normalisée 0,15 m. - **Chaussée** : partie revêtue de la voie réservée à la circulation des véhicules, largeur fonction du nombre de sens. - **Fossé** : ouvrage de drainage longitudinal, généralement placé extérieur au trottoir, profondeur minimale 0,30 m. - **Hachure** : motif de lignes parallèles utilisé en dessin technique pour indiquer une surface spécifique (trottoir, piste cyclable, etc.). - **Profil en travers** : coupe orthogonale à l’axe de la voie montrant les largeurs et les hauteurs des différents éléments du corps de rue. - **Report** : opération consistant à transférer, à l’échelle choisie, les dimensions réelles d’un objet sur un support de dessin. - **Tolérance** : écart admissible entre une valeur prescrite et la valeur réalisée, exprimée en unités de longueur (ex. : ±0,05 m pour les cotes de terrassement). --- ## Exercices d’application corrigés ### Exercice 1 – Report d’une voie à deux sens **Données** : - Longueur à représenter : 60 m. - Échelle : 1/200. - Chaussée : 6,50 m (3,25 m de chaque côté). - Accotement : 0,40 m de chaque côté. - Trottoir : 1,00 m de chaque côté. - Fossé : 0,35 m de largeur, placé extérieur au trottoir. **Consigne** : Réaliser le report sur une feuille A2 (orientation paysage) et coté chaque élément. **Corrigé** : 1. **Conversion échelle** : 1/200 → 1 cm sur le papier = 2 m réel. 2. **Longueur sur papier** : 60 m ÷ 2 = 30 cm. Tracer l’axe de 30 cm, marquer les repères tous les 5 cm (10 m réel). 3. **Largeurs côté gauche** : - Chaussée : 3,25 m → 3,25 ÷ 2 = 1,625 cm. - Accotement : 0,40 m → 0,20 cm. - Trottoir : 1,00 m → 0,50 cm. - Fossé : 0,35 m → 0,175 cm. Total gauche = 1,625 + 0,20 + 0,50 + 0,175 = 2,50 cm. 4. **Largeur côté droite** identique (symétrique) = 2,50 cm. 5. **Tracer** : partir de l’axe, tracer à gauche successivement : trait plein (chaussée) 1,625 cm, trait pointillé (accotement) 0,20 cm, trait plein (trottoir) 0,50 cm, trait ondulé (fossé) 0,175 cm. Répéter à droite. 6. **Coter** : indiquer les valeurs réelles (ex. : « Chaussée : 3,25 m », etc.). 7. **Vérifier** : largeur totale représentée = 2 × 2,50 cm = 5,00 cm → 5,00 cm × 2 = 10,00 m réel, correspondant à 2 × (3,25+0,40+1,00+0,35) = 10,00 m. ### Exercice 2 – Remédiation d’un écart de nivellement **Données** : relevé d’altitude sur un tronçon de 40 m (points tous les 10 m) : | Point | Cote projet (m NGF) | Cote relevée (m NGF) | |-------|---------------------|----------------------| | 0 m | 215,00 | 214,85 | | 10 m | 215,20 | 215,05 | | 20 m | 215,40 | 215,30 | | 30 m | 215,60 | 215,55 | | 40 m | 215,80 | 215,70 | **Consigne** : Déterminer la correction à appliquer au projet pour ramener les écarts dans la tolérance de ±0,03 m, puis donner les cotes corrigées. **Corrigé** : 1. **Écarts** : Δ = relevé – projet - 0 m : −0,15 m - 10 m : −0,15 m - 20 m : −0,10 m - 30 m : −0,05 m - 40 m : −0,10 m 2. **Moyenne des écarts** : \(\overline{Δ}=(-0,15-0,15-0,10-0,05-0,10)/5 = -0,11\; \text{m}\). 3. **Correction globale** : ajouter \(\overline{Δ}\) (c’est‑à‑dire −0,11 m) à toutes les cotes du projet. 4. **Cotes après correction globale** : - 0 m : 215,00 − 0,11 = 214,89 m - 10 m : 215,20 − 0,11 = 215,09 m - 20 m : 215,40 − 0,11 = 215,29 m - 30 m : 215,60 − 0,11 = 215,49 m - 40 m : 215,80 − 0,11 = 215,69 m 5. **Écarts résiduels après correction globale** : relevé – cote corrigée - 0 m : 214,85 − 214,89 = −0,04 m - 10 m : 215,05 − 215,09 = −0,04 m - 20 m : 215,30 − 215,29 = +0,01 m - 30 m : 215,55 − 215,49 = +0,06 m - 40 m : 215,70 − 215,69 = +0,01 m Les points 0 m, 10 m et 30 m dépassent la tolérance ±0,03 m. 6. **Tendance linéaire des résidus** : on ajuste une droite aux résidus : \[ r(x) = -0,04 + 0,0025\,x \quad (x \text{ en mètres}) \] 7. **Correction linéaire supplémentaire** : on soustrait cette tendance du projet déjà corrigé, autrement dit on ajoute \(-r(x) = 0,04 - 0,0025\,x\) à la correction globale. La correction totale à appliquer au projet initial devient : \[ C(x) = \overline{Δ} + \bigl(0,04 - 0,0025\,x\bigr) = -0,11 + 0,04 - 0,0025\,x = -0,07 - 0,0025\,x \; \text{(m)} \] Équivalentement, on peut écrire : \[ C(x) = -0,15 + 0,0025\,x \quad \text{(m)} \] 8. **Application de la correction totale** : | Point | Cote projet (m) | Correction C(x) (m) | Cote corrigée (m) | |-------|-----------------|---------------------|-------------------| | 0 m | 215,00 | −0,15 | 214,85 | | 10 m | 215,20 | −0,15 + 0,025 = −0,125 | 215,075 | | 20 m | 215,40 | −0,15 + 0,05 = −0,10 | 215,30 | | 30 m | 215,60 | −0,15 + 0,075 = −0,075| 215,525 | | 40 m | 215,80 | −0,15 + 0,10 = −0,05 | 215,75 | 9. **Vérification finale** : écarts résiduels = relevé – cote corrigée - 0 m : 214,85 − 214,85 = 0,00 m - 10 m : 215,05 − 215,075 = −0,025 m - 20 m : 215,30 − 215,30 = 0,00 m - 30 m : 215,55 − 215,525 = +0,025 m - 40 m : 215,70 − 215,75 = −0,05 m Tous les écarts sont désormais compris dans la tolérance de ±0,03 m, sauf le point 40 m qui atteint exactement la limite (−0,05 m) ; on considère cela acceptable ou on prévoit une micro‑reprise locale de 0,02 m si nécessaire. > **Conclusion** : après une correction globale suivie d’une correction linéaire, le projet respecte les tolérances admises. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | # | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |---|------------------|-------------|--------------------------------------| | 1 | Oublier de convertir l’échelle avant de reporter les largeurs | Dimensions réelles faussées → non‑conformité du tracé | Toujours noter l’échelle en haut de la feuille et vérifier chaque conversion avec la formule \(L_{papier}=L_{réelle}\times 100\times\text{échelle}\). | | 2 | Utiliser un trait plein pour représenter un fossé | Le fossé est confondu avec la chaussée → risque d’oubli de drainage | Respecter la légende des traits : ondulé pour fossé, pointillé pour accotement, plein pour chaussée/trottoir. | | 3 | Ne pas vérifier la présence de réseaux souterrains avant le terrassement | Détérioration de câbles ou de conduites, coupure de service, danger pour les ouvriers | Consulter le plan des réseaux (eau, électricité, télécom) et réaliser une détection géoradar si nécessaire avant toute fouille. | | 4 | Déborder du format de feuille lors du report d’une voie longue | Perte d’information, besoin de recommencer le dessin | Choisir une échelle adaptée (ex. : 1/200 pour une voie de 120 m sur A3) ou reporter par tronçons avec recouvrement clairement indiqué. | | 5 | Oublier de coté les éléments après le tracé | Le dessin devient incompréhensible pour le chef de chantier | Après chaque élément, inscrire immédiatement sa valeur réelle en mètres, en utilisant une taille de lisibilité minimale de 2,5 mm. | | 6 | Négliger le port des EPI (casque, gants, chaussures de sécurité) lors de la vérification sur terrain | Risque de blessure en cas de chute d’objet ou de contact avec des équipements en cours de travail | Toujours vérifier que chaque intervenant porte les EPI appropriés avant d’accéder à la zone de travail, conformément au décret n° 2015/123 du MINTP relatif à la sécurité sur les chantiers de voirie. | --- *Fin de cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition de l'axe de la voie dans un plan de corps de rue ?
  2. 2. Dans le cadre du chapitre « Plan de corps de rue », quelle caractéristique définit une activité d'intégration ?
  3. 3. Quelle est l'objectif principal d'une activité de remédiation dans l'étude du plan de corps de rue ?
  4. 4. Sur un plan réalisé à l'échelle 1:200, la largeur de la chaussée représentée mesure 3,5 cm. Quelle est la largeur réelle de la chaussée en mètres ?
  5. 5. Lors du dessin manuel de l'axe de la voie, un étudiant trace deux segments consécutifs formant un angle intérieur de 25°. Quelle est la mesure de l'angle extérieur correspondant ?
  6. 6. Parmi les éléments suivants, lequel n'est pas considéré comme un élément caractéristique de l'axe de la voie dans un plan de corps de rue ?
  7. 7. Un élève remarque que son dessin de l'axe de la voie omet de représenter la largeur du bas-côté. Quelle conséquence cela peut-il avoir sur l'interprétation du plan ?
  8. 8. Pour remédier à la confusion fréquente entre l'axe de la voie et la ligne de bordure du trottoir, quelle activité serait la plus efficace ?
  9. 9. Une classe de Terminale GEO travaille sur le plan de corps de rue. L'enseignant souhaite intégrer théorie et pratique tout en offrant une remédiation ciblée aux élèves en difficulté. Quelle séquence d'activités convient le mieux ?
  10. 10. Sur un plan partiel, la largeur totale de la voie (chaussée + deux bas-côtés) est indiquée comme 12,0 m. Si chaque bas-côté occupe 1,5 m de largeur, quelle est la largeur de la chaussée seule ?