Chapitre 6
LA REPRESSION DES INFRACTIONS FORESTIERES (partie 1/5)
Lecture : 16 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :
- Définir les notions d’infraction forestière, de procédure répressive et de transaction dans le contexte de la législation forestière camerounaise.
- Décrire étape par étape la procédure répressive des infractions forestières, de la constatation à la décision de justice.
- Expliquer les conditions, les effets et les limites de la transaction pénale en matière forestière, notamment la procédure de proposition, d’acceptation et d’homologation.
- Appliquer ces connaissances à des situations professionnelles réelles (contrôle sur le terrain, rédaction de procès‑verbal, négociation d’une transaction).
**Prérequis** :
- Connaître la classification des forêts (domaine privé, domaine public, aires protégées) et les principaux textes législatifs (Law No 94/01 du 20 janvier 1994 portant régime forestier, ses textes d’application).
- Savoir distinguer une infraction pénale d’une contravention et maîtriser les notions de responsabilité pénale et civile.
- Avoir suivi le module sur les principes généraux du droit pénal spécial (principe de légalité, non‑rétroactivité, individuation de la peine).
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## Introduction contextualisée
Au Cameroun, la forêt couvre près de 22 millions d’hectares, soit environ 46 % du territoire national. Elle constitue une source essentielle de revenus (bois d’œuvre, énergie, produits non ligneux) et joue un rôle clé dans la régulation du climat et la préservation de la biodiversité. Face à la pression croissante liée à l’exploitation illégale, le législateur a instauré un dispositif répressif spécifique destiné à prévenir, constater et sanctionner les infractions forestières.
Ce dispositif s’articule autour de trois temps forts :
1. **La prévention** (sensibilisation, patrouilles, systèmes d’alerte).
2. **La procédure répressive** (enquête, poursuite, jugement).
3. **Les mesures alternatives aux poursuites** dont la transaction, qui permet de régler rapidement certains litiges tout en assurant la réparation du préjudice subi par l’État.
Le présent chapitre se concentre sur la procédure répressive (Leçon 2) et sur la première partie de la transaction (Leçon 3), après une brève introduction générale (Leçon 1).
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## I. Introduction (Leçon 1)
### 1.1. Définitions clés
> **Infraction forestière** : acte ou omission contraire aux dispositions du régime forestier camerounais, susceptible d’entraîner une responsabilité pénale (ex. coupe illégale, détention de bois sans titre, dégradation d’une aire protégée).
> **Procédure répressive** : ensemble des actes juridiques destinés à établir la responsabilité de l’auteur d’une infraction et à appliquer la sanction prévue par la loi.
> **Transaction** : accord écrit entre le ministère chargé des forêts (représenté par son délégué) et l’auteur présumé d’une infraction, visant à éteindre l’action publique moyennant le paiement d’une amende transactionnelle et, le cas échéant, la réparation du dommage.
### 1.2. Cadre législatif et réglementaire
- **Law No 94/01 du 20 janvier 1994** portant régime forestier (articles 84 à 92 relatifs aux infractions et sanctions).
- **Décret No 2005/089 du 23 mars 2005** fixant les modalités d’application de la loi forestière (procédure de constatation, de transaction).
- **Arrêté ministériel du 12 avril 2010** établissant le barème des amendes forfaitaires selon la catégorie d’infraction (bois de feu, bois d’œuvre, espèces protégées).
### 1.3. Objectifs de la répression forestière
- Dissuader les pratiques illégales par la certitude de la sanction.
- Garantir la réparation du préjudice écologique et économique subi par l’État et les communautés locales.
- Préserver la durabilité de la gestion forestière conformément aux engagements internationaux (Convention sur la diversité biologique, Accord de Paris).
> **À retenir** : La répression forestière vise à la fois la prévention, la sanction et la réparation, conformément aux principes du droit pénal spécial et du droit de l’environnement.
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## II. La procédure répressive des infractions forestières (Leçon 2)
### 2.1. Étapes de la procédure
| Étape | Acteur principal | Acte juridique | Délai moyen* |
|-------|------------------|----------------|--------------|
| 1. Constatation | Agent forestier (garde, technicien) | Procès‑verbal de constatation (PV) | Immédiat sur le terrain |
| 2. Transmission | Chef de poste forestier | Transmission du PV au procureur de la République | ≤ 48 h |
| 3. Enquête préliminaire | Police judiciaire / gendarmerie | Auditions, saisies, expertises | 5‑15 jours |
| 4. Décision de poursuite | Procureur de la République | Ordonnance de poursuite ou classement sans suite | ≤ 30 jours après réception du PV |
| 5. Jugement | Tribunal de première instance (chambre correctionnelle) | Audience, délibération, prononcé de la peine | 2‑4 mois selon la charge du tribunal |
| 6. Exécution de la peine | Administration pénitentiaire / service du Trésor | Paiement de l’amende, exécution de travaux d’intérêt général, peine d’emprisonnement | Selon la peine prononcée |
\*Les délais sont indicatifs et peuvent varier selon la région et la charge des juridictions.
### 2.2. Contenu du procès‑verbal de constatation
Le PV doit contenir, sous peine de nullité, les mentions suivantes :
- Date, heure et lieu exacts de la constatation.
- Identité et qualité de l’agent constatant (nom, grade, numéro de matricule).
- Description précise des faits (type d’infraction, essence du bois concerné, volume estimé, présence ou absence de titre d’exploitation).
- Références légales applicables (article du Code forestier, décret d’application).
- Déclarations de l’auteur présumé (le cas échéant) et observations des témoins.
- Signature de l’agent et, si possible, de l’auteur présumé ou de son représentant.
> **À retenir** : Un PV incomplet ou irrégulier peut entraîner l’annulation de la poursuite devant le juge.
### 2.3. Sanctions prévues par la loi forestière
Selon l’article 88 de la Law 94/01, les peines sont :
- **Amende** : variant de 50 000 FCFA à 5 000 000 FCFA selon la gravité (coupe illégale de bois d’œuvre > 1 m³, détention de bois sans titre, etc.).
- **Emprisonnement** : de 2 mois à 2 ans, voire plus en cas de récidive ou d’infraction commise en bande organisée.
- **Peines complémentaires** : confiscation du matériel, interdiction d’exercer une activité forestière pendant 1 à 5 ans, remise en état du site dégradé (reboisement, réhabilitation).
#### Exemple chiffré d’amende forfaitaire
Un agent constate la coupe illégale de 2,5 m³ de bois d’œuvre d’essence *Entandrophragma cylindrique* (sapelli) dans une forêt de production. Selon l’arrêté du 12 avril 2010, le barème prévoit 150 000 FCFA par m³ pour ce type d’infraction.
Calcul :
\[
\text{Amende} = 2,5 \,\text{m}^3 \times 150\,000 \,\frac{\text{FCFA}}{\text{m}^3} = 375\,000 \,\text{FCFA}
\]
> **À retenir** : L’amende forfaitaire se calcule en multipliant le volume constaté par le tarif unitaire fixé par l’arrêté ministériel en vigueur.
### 2.4. Voies de recours
- **Opposition** devant le tribunal de première instance dans les 15 jours suivant la notification de l’ordonnance de poursuite.
- **Appel** contre le jugement rendu par le tribunal de première instance, dans le délai d’un mois.
- **Pourvoi en cassation** pour violation de la loi, devant la Cour suprême.
> **À retenir** : L’exercice des voies de recours est suspensif de l’exécution de la peine, sauf décision contraire du juge ordonnant l’exécution provisoire.
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## III. La transaction (partie 1) (Leçon 3)
### 3.1. Principe et finalité
La transaction constitue une mesure alternative aux poursuites pénales, prévue à l’article 90 de la Law 94/01. Elle permet d’éteindre l’action publique lorsque l’auteur de l’infraction reconnaît les faits, accepte de réparer le préjudice et s’acquitte d’une amende transactionnelle. Son objectif est double :
- **Efficacité** : règlement rapide du litige, évitant l’encombrement des juridictions.
- **Réparation** : garantie du paiement d’une indemnité et de la remise en état du site lorsqu’elle est prévue.
### 3.2. Conditions de recours à la transaction
1. **Infraction éligible** : seules les infractions dites « de faible gravité » (ex. coupe illégale de bois de feu < 1 m³, détention de bois sans titre de faible volume, petite dégradation de piste) peuvent faire l’objet d’une transaction.
2. **Reconnaissance des faits** : l’auteur doit reconnaître expressément l’infraction, soit lors du constat, soit lors de l’audition préliminaire.
3. **Absence de récidive** : l’auteur ne doit pas avoir été condamné pour une infraction forestière au cours des cinq dernières années.
4. **Accord sur le montant** : l’amende transactionnelle doit être comprise entre le minimum et le maximum prévus par le barème, éventuellement majorée pour tenir compte du préjudice écologique.
5. **Homologation** : le protocole transactionnel doit être soumis au procureur de la République pour homologation ; sans cette validation, la transaction est nulle.
> **À retenir** : La transaction ne peut être proposée que si toutes les conditions ci‑dessus sont remplies ; le défaut d’une seule entraîne l’irrecevabilité de la mesure.
### 3.3. Contenu du protocole transactionnel
Le protocole, rédigé en triple exemplaire (un pour le ministère, un pour l’auteur, un pour le procureur), doit contenir :
- L’identification complète des parties (nom, prénom, adresse, profession).
- La description précise de l’infraction constatée (date, lieu, essence, volume, références légales).
- Le montant de l’amende transactionnelle, exprimé en FCFA, avec la référence du barème appliqué.
- Les éventuelles obligations de réparation (reboisement d’un nombre déterminé de plants, remise en état d’une piste, paiement de dommages‑intérêts aux communautés affectées).
- La déclaration de l’auteur reconnaissant les faits et s’engageant à respecter les obligations.
- La date et le lieu de signature, ainsi que les signatures de l’agent forestier délégué, de l’auteur et du représentant du procureur (après homologation).
### 3.4. Effets de la transaction homologuée
- **Extinction de l’action publique** : le procureur ne peut plus engager de poursuite pénale pour les faits objets de la transaction.
- **Interdiction de nouvelle poursuite** pour les mêmes faits, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration dans le protocole.
- **Possibilité d’exécution forcée** de l’amende et des obligations de réparation par voie de saisie ou de contrainte.
- **Inscription au casier judiciaire** : la transaction ne constitue pas une condamnation, mais elle peut être mentionnée dans le fichier des infractions administratives.
> **À retenir** : Une fois homologuée, la transaction produit les mêmes effets qu’une décision de justice définitive, à l’exception de l’inscription au casier comme condamnation pénale.
### 3.5. Exemple de rédaction d’un protocole transactionnel
**PROTOCOLE DE TRANSACTION**
Entre :
- Le Ministère des Forêts et de la Faune, représenté par Monsieur Jean BASILE, Délégué régional du Littoral, matricule F‑2023‑0456.
- Monsieur Paul NGUETSE, exploitant forestier, demeurant à Bassa, quartier Mvog‑Beti, matricule F‑2021‑7890.
**Objet** : Transaction relative à une coupe illégale de bois de feu d’essence *Terminalia superba* (frake) constatée le 10 mars 2024 dans la forêt communautaire de Bassa, volume estimé 0,8 m³.
**Constat** :
- PV n° 2024/0157 établi par l’agent forestier M. A. KOUOUE le 10/03/2024 à 09h15.
- Infraction prévue à l’article 86, alinéa 2 de la Law 94/01 (coupe de bois de feu sans titre).
**Montant de l’amende transactionnelle** :
Barème arrêté du 12/04/2010 : 80 000 FCFA/m³ pour bois de feu de frake.
\[
0,8 \,\text{m}^3 \times 80\,000 \,\frac{\text{FCFA}}{\text{m}^3}=64\,000 \,\text{FCFA}
\]
Arrondi à 65 000 FCFA (majoration de 1 500 FCFA pour frais de procédure).
**Obligations de réparation** :
- Reboisement de 20 plants de frake sur la parcelle dégradée (fournis par le service de reboisement du ministère).
- Remise en état de la piste d’accès longue de 30 m (remblaiement et compactage).
**Engagements de Monsieur NGUETSE** :
- Reconnaît les faits tels que décrits ci‑dessus.
- S’acquitte de l’amende de 65 000 FCFA auprès du Trésor public dans un délai de 15 jours à compter de la signature du présent protocole.
- Réalise les travaux de reboisement et de remise en état sous le contrôle du délégué régional dans un délai de 60 jours.
**Fait à** Bassa, le 12 mars 2024.
**Signatures** :
_____________________ Jean BASILE (Délégué régional)
_____________________ Paul NGUETSE (Exploitant)
_____________________ Représentant du Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Douala (après homologation)
> **À retenir** : Le protocole doit être clair, chiffré et signé par toutes les parties ; toute omission peut entraîner son rejet par le procureur.
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## Synthèse du chapitre
- **Infraction forestière** : acte contraire au régime forestier, sanctionné pénalement.
- **Procédure répressive** : constatation (PV) → transmission → enquête → décision de poursuite → jugement → exécution.
- **Sanctions** : amende (50 000‑5 000 000 FCFA), emprisonnement (2 mois‑2 ans), peines complémentaires (confiscation, interdiction, remise en état).
- **Transaction** : mesure alternative aux poursuites, réservée aux infractions de faible gravité, nécessite reconnaissance, absence de récidive, accord sur l’amende et homologation par le procureur.
- **Effets de la transaction** : extinction de l’action publique, interdiction de nouvelle poursuite pour les mêmes faits, exécution forcée de l’amende et des obligations de réparation.
- **Documents clés** : procès‑verbal de constatation, protocole transactionnel (triple exemplaire).
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## Glossaire (8 termes)
> **Amende forfaitaire** : somme d’argent fixe prévue par l’arrêté ministériel, calculée en fonction du volume et de l’essence du bois concerné.
> **Constatation** : acte par lequel un agent forestier relève et décrit une infraction forestière, matérialisé par un procès‑verbal.
> **Délit forestier** : infraction punie d’une peine d’emprisonnement supérieure à deux mois ou d’une amende supérieure à 500 000 FCFA.
> **Homologation** : validation officielle par le procureur de la République d’un protocole transactionnel, lui donnant force exécutoire.
> **Infraction de faible gravité** : acte contraire au régime forestier dont le volume de bois concerné est inférieur à un seuil fixé par la réglementation (généralement 1 m³ pour le bois de feu).
> **Procès‑verbal (PV)** : document écrit rédigé par l’agent constatant, contenant les éléments légaux nécessaires à la poursuite.
> **Réparation du préjudice** : obligation imposée à l’auteur de l’infraction de rétablir l’état initial du site (reboisement, remise en état) ou de verser une indemnité.
> **Transaction pénale** : accord écrit entre l’administration et l’auteur présumé d’une infraction, visant à éteindre l’action publique moyennant paiement d’une amende et/ou exécution d’obligations de réparation.
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Rédaction d’un procès‑verbal
**Situation** : Lors d’une patrouille dans la réserve du Dja, l’agent forestier M. A. TCHOUANGA constate, le 05 avril 2024 à 14h30, la présence de 1,2 m³ de bois d’œuvre d’essence *Pericopsis elata* (afromosia) coupé sans titre, près du poste de garde B. Le contrevenant, Monsieur Samuel MEBENGA, est présent et reconnaît les faits.
**Consigne** : Rédiger le procès‑verbal de constatation en respectant les mentions obligatoires.
**Corrigé** :
```
PROCÈS‑VERBAL DE CONSTATATION D’INFRACTION FORESTIÈRE
N° 2024/0213
Date : 05/04/2024
Heure : 14h30
Lieu : Réserve de faune du Dja, secteur Nord, coordonnées GPS 3°45’12’’N, 13°20’05’’E
Agent constatant : Monsieur A. TCHOUANGA, Garde forestier, matricule F‑2022‑0189, affecté au poste de garde B.
Constat :
Sur les lieux, il a été observé un abattage illégal de bois d’œuvre d’essence Pericopsis elata (afromosia). Le volume estimé, mesuré par la méthode du diamètre à hauteur de poitrine (DHP) et de la hauteur, s’élève à 1,2 m³. Aucun titre d’exploitation ni autorisation de coupe n’a été présenté par le contrevenant.
Contrevenant : Monsieur Samuel MEBENGA, exploitant forestier, demeurant à Bertoua, quartier Ngoura, matricule F‑2020‑3421.
Déclarations du contrevenant : Monsieur MEBENGA reconnaît avoir procédé à la coupe sans titre, invoquant un besoin urgent de bois pour la construction d’une habitation.
Témoins : Aucun témoin présent sur les lieux.
Références légales :
- Law No 94/01 du 20 janvier 1994, article 86, alinéa 1 (coupe de bois d’œuvre sans titre).
- Décret No 2005/089 du 23 mars 2005, article 12 (modalités de constatation).
Fait à Bertoua, le 05/04/2024, à 15h00.
Signature de l’agent constatant : _____________________
Signature du contrevenant (lu et approuvé) : _____________________
```
> **À retenir** : Le PV doit contenir la date, l’heure, le lieu, l’identité de l’agent, la description précise des faits, les références légales, les déclarations du contrevenant et les signatures.
### Exercice 2 – Calcul d’une amende transactionnelle
**Situation** : Un agent constate la coupe illégale de 0,6 m³ de bois de feu d’essence *Irvingia gabonensis* (mango sauvage) dans une forêt communautaire de l’Est. L’arrêté du 12 avril 2010 fixe le barème à 70 000 FCFA/m³ pour ce type de bois.
**Consigne** : Calculer le montant de l’amende transactionnelle, en appliquant une majoration de 10 % pour frais de procédure.
**Corrigé** :
- Amende de base = 0,6 m³ × 70 000 FCFA/m³ = 42 000 FCFA.
- Majoration = 10 % × 42 000 FCFA = 4 200 FCFA.
- Amende transactionnelle = 42 000 FCFA + 4 200 FCFA = **46 200 FCFA**.
> **À retenir** : L’amende transactionnelle = (volume × tarif unitaire) × (1 + taux de majoration).
### Exercice 3 – Vérification de l’éligibilité à la transaction
**Situation** : Monsieur Luc KOUMA, exploitant forestier, a été condamné en 2021 pour une coupe illégale de bois d’œuvre (peine d’amende de 800 000 FCFA). En mars 2024, il est surpris en train de couper 0,9 m³ de bois de feu sans titre dans la même zone.
**Consigne** : Déterminer si une transaction peut être proposée, en justifiant votre réponse.
**Corrigé** :
- L’infraction constatée (coupe de bois de feu < 1 m³) relève de la catégorie « faible gravité », donc éligible en principe.
- Cependant, l’article 90 de la Law 94/01 exclut la transaction en cas de récidive dans les cinq années précédentes. Monsieur KOUMA a été condamné en 2021, soit moins de cinq ans avant les faits de 2024.
- **Conclusion** : La transaction **ne peut pas** être proposée ; il convient de suivre la procédure répressive classique.
> **À retenir** : La récidive dans un délai de cinq ans constitue un motif d’exclusion de la transaction pénale.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
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| Omission de la référence légale dans le PV | Nullité du procès‑verbal, classement sans suite | Toujours citer l’article précis du Code forestier ou du décret d’application correspondant à l’infraction constatée. |
| Signature du contrevenant obtenue sous la contrainte | Risque d’annulation de la transaction pour défaut de consentement libre | S’assurer que le contrevenant comprend les faits et signe volontairement ; prévoir la présence d’un témoin neutre si nécessaire. |
| Utilisation d’un barème d’amende périmé | Application d’un montant erroné, recours possible du contrevenant | Vérifier la date de l’arrêté ministériel en vigueur avant chaque calcul ; conserver une copie à jour dans le véhicule de patrouille. |
| Oubli de la mention de la remise en état dans le protocole transactionnel | Exécution incomplète de la réparation du préjudice, contentieux ultérieur | Inclure systématiquement une clause de réhabilitation (reboisement, remise en état des pistes) lorsque l’infraction a causé un dommage matériel. |
| Transmission du PV au-delà de 48 h | Risque de prescription de l’action publique (délai de raisonnable) | Prévoir un circuit de transmission rapide (radio, messagerie sécurisée) et accuser réception auprès du procureur dès la remise du document. |
| Négligence du port des équipements de protection individuelle (EPI) lors de la constatation sur le terrain | Exposition à des risques physiques (chutes, coupures, animaux dangereux) | Porter obligatoirement casque, gants, bottes de sécurité et vêtement haute visibilité ; vérifier l’état des EPI avant chaque sortie. |
> **À retenir** : Le respect scrupuleux des formes procédurales et des consignes de sécurité garantit la validité des actes et la protection des agents sur le terrain.
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*Fin du cours.*
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