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Chapitre 4

Génie des procédés (partie 4/8)

Lecture : 17 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - Décrire les schémas de production du biogaz, des biocarburants et des biofertilisants en identifiant les unités opérationnelles, les flux de matière et d’énergie. - Appliquer les principes de bilan de matière et d’énergie pour dimensionner simplement une unité de traitement à l’échelle pilote. - Citer les normes de sécurité, d’hygiène et d’environnement applicables aux installations de valorisation de la biomasse au Cameroun. - Réaliser un schéma de procédé simplifié (bloc‑diagramme) et proposer des améliorations basées sur l’optimisation du rendement ou la réduction des consommations énergétiques. **Prérequis** : - Notions de base en chimie générale (réactions d’oxydo‑réduction, hydrolyse, fermentation). - Connaissances en thermodynamique appliquée (bilan d’énergie, chaleur spécifique). - Lecture de schémas de procédé (symboles PFD, P&ID). - Règles d’hygiène et de sécurité en atelier (port des EPI, manipulation de produits dangereux). ## Introduction contextualisée Au Cameroun, la valorisation des résidus agricoles (bagasse de canne, résidus de manioc, fumier bovin) constitue une voie prometteuse pour répondre aux besoins énergétiques locaux, réduire la dépendance aux importations de carburants fossiles et améliorer la fertilité des sols. Les trois filières étudiées – biogaz, biocarburants et biofertilisants – s’inscrivent dans la stratégie nationale de développement durable (Vision 2035 : Cameroun émergent à l’horizon 2035) et permettent de créer des emplois ruraux tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre. Ce chapitre présente, de façon progressive, les schémas de production typiques, les opérations unitaires essentielles, les points de contrôle qualité et les aspects réglementaires rencontrés en milieu professionnel. ## I. Leçon 9 : Schéma de production du biogaz ### 1. Principe de la digestion anaérobie La digestion anaérobie transforme la matière organique solide ou liquide en un mélange gazeux principalement composé de méthane (CH₄, 50‑70 %) et de dioxyde de carbone (CO₂, 30‑50 %). Le procédé se déroule en quatre étapes successives : hydrolyse, acidogénèse, acétogénèse et méthanogénèse. > **>** V<sub>bg</sub> (m³ j⁻¹) = Y<sub>CH₄</sub> (m³ CH₄ kg⁻¹ VS) × VS<sub>charge</sub> (kg VS m⁻³ j⁻¹) × V<sub>réac</sub> (m³) > où Y<sub>CH₄</sub> est le rendement volumique de méthane, VS<sub>charge</sub> la charge de matière volatile chargée et V<sub>réac</sub> le volume du digesteur. ### 2. Schéma de procédé type (unité pilote) | Étape | Équipement | Fonction principale | Conditions opératoires typiques | |-------|------------|---------------------|---------------------------------| | Pré‑traitement | Broyeur + tamis | Réduction de la taille des particules (< 10 mm) | Humidité 70‑80 % | | Mélange & homogénéisation | Cuve d’alimentation avec agitateur | Homogénéisation du substrat | Température ambiante | | Digesteur | Réacteur étanche, agitateur lent | Digestion anaérobie | 35‑38 °C, pH 6,8‑7,5, τ = 20‑30 j | | Décantation | Séparateur gravitaire | Séparation du digestat liquide et solide | – | | Épurage | Colonne à eau ou filtre à charbon actif | Retrait du H₂S et du CO₂ (optionnel) | Pression 1‑2 bar | | Stockage | Gazomètre à faible pression | Stockage du biogaz épuré | Volume adapté à la consommation | | Valorisation | Moteur à gaz ou chaudière | Production d’électricité/ chaleur | Rendement électrique 30‑35 % | ### 3. Bilan de matière simplifié Pour un substrat composé à 80 % de matière volatile (VS) et 20 % de cendres, avec une charge de 10 kg VS m⁻³ j⁻¹ et un rendement théorique de 0,35 m³ CH₄ kg⁻¹ VS, la production quotidienne de méthane est : CH₄ (m³ j⁻¹) = 0,35 × 10 × V<sub>réac</sub> Si le digesteur a un volume de 50 m³, CH₄ ≈ 0,35 × 10 × 50 = 175 m³ j⁻¹. ### 4. Sécurité et environnement - Présence de méthane : risque d’explosion (LIE = 5 % v/v). Installation de détecteurs de gaz et de systèmes de purge à l’azote. - H₂S toxique : seuil d’odeur ≈ 0,0005 ppm (0,5 ppb), limite d’exposition moyenne sur 8 h = 10 ppm ; utiliser des scrubbers à base d’oxyde de fer. - Gestion du digestat : épandage contrôlé selon les normes MINAEF (taux d’azote < 170 kg ha⁻¹ an⁻¹). ## II. Leçon 10 : Schéma de production des biocarburants ### 1. Voies de production considérées Au niveau de la Première, nous nous limitons à deux voies industrielles pertinentes pour le contexte camerounais : - **Transestérification** des huiles végétales (palme, coton, jatropha) pour obtenir du biodiesel (méthyl esters d’acides gras). - **Fermentation alcoolique** du sucre de canne ou du manioc pour produire de l’éthanol anhydre, pouvant être mélangé à l’essence (E10). ### 2. Schéma de production du biodiesel (transestérification alcaline) | Étape | Équipement | Réaction principale | Conditions | |-------|------------|---------------------|------------| | Pré‑traitement huile | Filtre + chauffage | Élimination des impuretés, réduction de l’acidité | 60‑70 °C, acidité < 0,5 % mg KOH/g | | Mélange alcool‑catalyseur | Cuve de mélange | Méthanol + NaOH (0,5‑1 % poids huile) | 25‑30 °C, agitation 200 rpm | | Réacteur de transestérification | Réacteur à agitation, jacket chauffé | Triglycéride + 3 MeOH → 3 ME + glycérol | 60‑65 °C, τ = 1‑2 h | | Séparation | Décanteur + centrifugeuse | Séparation des phases ester (biodiesel) et glycérol | – | | Lavage | colonnes d’eau douce | Removal du catalyseur et du savon | pH 8‑9 | | Séchage | sécheur sous vide | Élimination de l’eau résiduelle | < 0,05 % eau | | Stockage | réservoir inox | Biodiesel prêt à l’usage | Température ambiante | > **>** Rendement typique du biodiesel : 90‑95 % en poids d’huile convertie en ester méthylique. ### 3. Bilan de matière (exemple chiffré) Huile de palme brute : 1000 kg j⁻¹, acidité = 1,5 mg KOH g⁻¹. Après neutralisation avec NaOH (calculée à partir de l’acidité), on obtient 998,5 kg d’huile neutre. Stœchiométrie : 1 mol triglyceride (≈ 885 g) + 3 mol MeOH (≈ 96 g) → 3 mol ME (≈ 3 × 296 g) + 1 mol glycérol (≈ 92 g). Pour 998,5 kg d’huile (≈ 1 128 mol TG), théorique de ME = 3 × 1 128 × 296 g ≈ 1 001,7 kg. Avec un rendement de 92 %, production réelle ≈ 921,6 kg j⁻¹ de biodiesel et 103,9 kg j⁻¹ de glycérol brut. Méthanol fourni (excès 6 mol / mol TG) = 6 × 1 128 = 6 768 mol → 216,6 kg j⁻¹. Méthanol consommé stœchiométriquement (3 mol / mol TG) = 3 × 1 128 = 3 384 mol → 108,3 kg j⁻¹. Méthanol non réagé = 216,6 − 108,3 = 108,3 kg j⁻¹. NaOH ajouté pour neutralisation = 1,07 kg j⁻¹ (équivalent à l’acidité). Catalyseur NaOH = 1 % × 998,5 kg ≈ 9,99 kg j⁻¹ (reste dans la phase aqueuse). NaOH restant en sortie ≈ 9,99 kg j⁻¹. ### 4. Schéma de production de l’éthanol (fermentation du manioc) | Étape | Équipement | Fonction | Conditions | |-------|------------|----------|------------| | Pré‑traitement | Broyeur + cuve de liquéfaction | Hydrolyse de l’amidon en dextrines | α‑amylase, 90‑95 °C, pH 6,0, 30 min | | Saccharification | Cuve de saccharification | Conversion dextrines → glucose | glucoamylase, 55‑60 °C, pH 4,5, 2 h | | Fermentation | Fermenteur anaérobie | Glucose → éthanol + CO₂ | Levure *Saccharomyces cerevisiae*, 30‑35 °C, pH 4,5, τ = 48 h | | Distillation | Colonne à fractionation | Séparation éthanol‑eau | Réflux 1,5, température de tête 78 °C | | Déshydratation | Sécheur moléculaire (tamis 3A) | Éthanol anhydre (< 0,5 % eau) | – | | Stockage | Réservoir inox | Éthanol carburant (E100) | – | > **>** Rendement théorique d’éthanol à partir du glucose : 0,511 g Ethanol g⁻¹ glucose (équation C₆H₁₂O₆ → 2 C₂H₅OH + 2 CO₂). ### 5. Sécurité et environnement - Méthanol et NaOH sont corrosifs : port de gants nitrile, lunettes de protection, douche d’urgence. - Les vapeurs d’alcool sont inflammables (LIE = 3,3 % v/v) : interdiction de flammes nues, mise à la terre des équipements. - Les effluents de lavage (eau savonneuse) doivent être traités avant rejet (DBO₅ < 30 mg L⁻¹). ## III. Leçon 11 : Schéma de production des biofertilisants ### 1. Définition et intérêt Un biofertilisant est un produit contenant des microorganismes bénéfiques (bactéries fixatrices d’azote, champignons mycorhiziens, bactéries solubilisant le phosphore) ou des matières organiques stabilisées (compost, digestat) qui améliorent la disponibilité des nutriments pour les plantes. Au Cameroun, l’utilisation du digestat de la digestion anaérobie comme amendement organique est encouragée par le MINAEF afin de réduire les engrais minéraux importés. ### 2. Schéma de production du compost à partir de résidus de culture | Étape | Équipement | Fonction | Paramètres clés | |-------|------------|----------|-----------------| | Pré‑traitement | Broyeur + tamis | Réduction taille (< 50 mm) | Humidité 50‑60 % | | Mélange | Cuve de mélange | Rapport C/N idéal 25‑30 | Ajout de fumier ou de résidus riches en N | | Compostage | Andain ou bac aéré | Dégradation aérobie | Température 55‑65 °C (phase thermophile), O₂ > 5 % | | Retour & humidification | Arroseur + système de retournement | Maintien de l’humidité et de l’aération | Humidité 40‑50 % | | Maturation | Bac de stockage | Stabilisation, réduction des phytotoxines | Durée 4‑6 semaines, T < 40 °C | | Criblage | Tamis vibrant | séparation du compost fini (granulométrie 2‑10 mm) | – | | Ensachage | Ensacheuse | Conditionnement en sacs de 25 kg | – | > **>** Indice de maturité du compost : rapport C/N final < 20 et indice de germination > 80 % (test sur graines de laitue). ### 3. Schéma de production d’un biofertilisant bactérien (ex. *Azospirillum* sp.) | Étape | Équipement | Fonction | Conditions | |-------|------------|----------|------------| | Pré‑culture | Flacon agitée | Multiplication du inoculum | Milieu LB, 28 °C, 200 rpm, 24 h | | Fermentation en cuve | Bioréacteur à agitation | Production de biomasse cellulaire | Milieu défini (glucose 20 g L⁻¹, phosphate 5 g L⁻¹), pH 6,8, O₂ 30 % sat, τ = 48 h | | Centrifugation | Séparateur solide‑liquide | Concentration des cellules | 8000 g, 10 min | | Lyophilisation ou séchage par atomisation | Séchage | Obtention d’une poudre stable | Humidité finale < 5 % | | Formulation | Mélangeur | Addition de support (carbone, argile) et de protecteurs (trehalose) | Ratio 1 : 9 (bio‑agent : support) | | Conditionnement | Ensacheuse | Sachets de 10 g pour traitement de semences | – | > **>** Dose d’inoculation recommandée : 10⁸ ufc g⁻¹ de semence pour *Azospirillum*. ### 4. Sécurité et réglementation - Les microorganismes utilisés doivent être non pathogènes (classe de risque 1 selon la classification OMS). - Port de masque anti‑poussière lors de la manipulation des poudres sèches. - Les essais en champ doivent respecter les distances de sécurité vis‑à‑vis des points d’eau (minimum 30 m) afin d’éviter la contamination des nappes phréatiques. ## Synthèse du chapitre - **Biogaz** : digestion anaérobie → production de CH₄/CO₂ → épuration → stockage → valorisation (moteur/chauffage). Bilan de matière basé sur la matière volatile et le temps de rétention hydraulique. Risques : explosion (CH₄), toxicité (H₂S). - **Biodiesel** : transestérification alcaline d’huile végétale → ester méthylique + glycérol → lavage, séchage, stockage. Rendement 90‑95 %. Risques : corrosion (NaOH/MeOH), inflammabilité du méthanol. - **Éthanol** : liquéfaction‑saccharification‑fermentation du manioc ou de la canne → distillation → déshydratation. Rendement théorique 0,511 g Ethanol g⁻¹ glucose. Risques : inflammabilité de l’éthanol, gestion des effluents aqueux. - **Biofertilisants** : compostage aérobie (C/N 25‑30, phase thermophile) ou production microbienne (fermentation, séchage, formulation). Indices de maturité : C/N < 20, germination > 80 %. Risques : inhalation de poussières, respect des normes d’innocuité microbienne. - **Points communs** : nécessité d’un pré‑traitement (granulométrie, humidité), contrôle de paramètres physiques (T, pH, O₂), suivi de la qualité (analyse gaz, teneur en ester, taux d’alcool, C/N), respect des normes camerounaises de sécurité, d’hygiène et d’environnement. ## Glossaire - **Digestion anaérobie** : procédé biologique en absence d’oxygène qui convertit la matière organique en biogaz (CH₄ + CO₂). - **Transestérification** : réaction d’échange d’alkyle entre un triglyceride et un alcool (méthanol) donnant des esters méthyliques (biodiesel) et du glycérol. - **Ester méthylique** : composé chimique résultant de la transestérification, constituant principal du biodiesel. - **Liquéfaction** : étape d’hydrolyse partielle de l’amidon en dextrines sous action de l’α‑amylase et de la chaleur. - **Saccharification** : conversion des dextrines en glucose fermentable par la glucoamylase. - **Fermentation alcoolique** : voie métabolique de levures transformant le glucose en éthanol et CO₂. - **Compostage** : dégradation aérobie de matières organiques produisant un amendement stabilisé (compost). - **C/N** : rapport carbone/azote, indicateur clé de l’évolution du compost ou du digestat. - **UFc** : unité formant colonie, mesure de la concentration de microorganismes viables. - **Digestat** : résidu liquide et solide issu de la digestion anaérobie, utilisé comme amendement organique. - **Phase thermophile** : étape du compostage où la température dépasse 55 °C, favorisant la destruction des pathogènes. - **Éthanol anhydre** : éthanol contenant moins de 0,5 % d’eau, adapté au mélange avec l’essence. ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Dimensionnement d’un digesteur de biogaz **Situation** : Une exploitation laitière produit 5 t j⁻¹ de fumier bovin contenant 20 % de matière sèche (MS) et 80 % de matière volatile (VS) sur la MS. On souhaite produire du biogaz pour alimenter un moteur de 30 kW (rendement électrique 30 %). **Données** : - Rendement théorique de CH₄ = 0,35 m³ CH₄ kg⁻¹ VS. - Pouvoir calorifique inférieur du CH₄ = 35,8 MJ m⁻³. - Consommation électrique du moteur = 30 kW → énergie nécessaire = 30 kW × 3600 s = 108 MJ h⁻¹. - Charge organique visée = 5 kg VS m⁻³ j⁻¹ (valeur typique pour fumier bovin). - Temps de rétention hydraulique souhaité τ = 25 j. **Demande** : Calculer le volume du digesteur nécessaire et vérifier que le biogaz produit suffit à faire fonctionner le moteur. **Corrigé** : 1. Masse de VS quotidienne = 5 000 kg × 0,20 × 0,80 = 800 kg VS j⁻¹. 2. Production de CH₄ théorique = 800 kg × 0,35 = 280 m³ CH₄ j⁻¹. 3. Énergie disponible = 280 m³ × 35,8 MJ m⁻³ = 10 024 MJ j⁻¹ ≈ 417,7 MJ h⁻¹. 4. Énergie électrique récupérable (rendement 30 %) = 0,30 × 417,7 = 125,3 MJ h⁻¹ > 108 MJ h⁻¹ → le biogaz suffit. 5. Volume du digesteur V = VS journalier / charge organique = 800 kg / 5 kg VS m⁻³ j⁻¹ = 160 m³. 6. Vérification du temps de rétention hydraulique : τ = V / Q, où Q est le débit volumétrique d’entrée. En supposant une densité proche de 1 kg L⁻¹ pour le fumier, le volume d’entrée journalier ≈ 5 m³ j⁻¹ (5 t j⁻¹). Ainsi τ = 160 m³ / 5 m³ j⁻¹ = 32 j, proche de la valeur souhaitée (25 j) ; on peut ajuster la charge organique à 6,4 kg VS m⁻³ j⁻¹ pour obtenir τ = 25 j exactement. **Réponse** : Un digesteur d’environ **160 m³** (cylindre de 4,5 m de diamètre et 10 m de hauteur) permet de traiter le fumier et de fournir suffisamment de biogaz pour le moteur de 30 kW, avec un temps de rétention hydraulique d’environ 30 j. ### Exercice 2 – Bilan de matière d’une unité de biodiesel **Situation** : Une unité de transestérification traite 1 000 kg j⁻¹ d’huile de palme brute (acidité 1,5 mg KOH g⁻¹). Après neutralisation avec NaOH (calculée à partir de l’acidité), on obtient l’huile neutre. La réaction utilise un excès de méthanol (6 mol MeOH / mol triglyceride) et un catalyseur NaOH à 1 % poids huile. Le rendement en ester méthylique est de 92 %. **Données** : - Masse moléculaire moyenne du triglyceride de palme ≈ 885 g mol⁻¹. - Masse moléculaire du méthanol = 32 g mol⁻¹. - Masse moléculaire de l’ester méthylique (méthyl palmitate) ≈ 296 g mol⁻¹. - Masse moléculaire du glycérol = 92,09 g mol⁻¹. **Demande** : Déterminer les flux de sortie (ester méthylique, glycérol, méthanol non réagé, catalyseur NaOH) en kg j⁻¹. **Corrigé** : 1. Neutralisation des acides gras libres - Acidité = 1,5 mg KOH g⁻¹ → KOH nécessaire = 1,5 mg g⁻¹ × 1 000 000 g = 1 500 g KOH = 1,5 kg KOH. - NaOH équivalent = 1,5 kg KOH × (40,0 / 56,1) ≈ 1,07 kg NaOH. - Masse d’acides gras libres (approx. 0,15 % d’huile) = 1,5 kg j⁻¹ (éliminés sous forme de savon). - Huile neutre après neutralisation ≈ 1 000 kg − 1,5 kg ≈ 998,5 kg j⁻¹. 2. Moles de triglyceride dans l’huile neutre n_TG = 998 500 g / 885 g mol⁻¹ ≈ 1 128 mol j⁻¹. 3. Méthanol fourni (excès 6 mol / mol TG) n_MeOH,in = 6 × 1 128 = 6 768 mol → masse = 6 768 × 32 g mol⁻¹ = 216,6 kg j⁻¹. 4. Méthanol consommé stœchiométriquement (3 mol / mol TG) n_MeOH,cons = 3 × 1 128 = 3 384 mol → masse = 3 384 × 32 = 108,3 kg j⁻¹. Méthanol non réagé = 216,6 − 108,3 = 108,3 kg j⁻¹. 5. Ester méthylique théorique n_ME,th = 3 × 1 128 = 3 384 mol → masse = 3 384 × 296 g mol⁻¹ = 1 001,7 kg j⁻¹. Avec rendement 92 % → ester réel = 0,92 × 1 001,7 ≈ 921,6 kg j⁻¹. 6. Glycérol formé (indépendant du rendement) n_Glyc = 1 × 1 128 = 1 128 mol → masse = 1 128 × 92,09 g mol⁻¹ ≈ 103,9 kg j⁻¹. 7. Catalyseur NaOH - NaOH ajouté pour la catalyse = 1 % × 998,5 kg ≈ 9,99 kg j⁻¹ (reste essentiellement dans la phase aqueuse). - NaOH consommé lors de la neutralisation = 1,07 kg j⁻¹ (neutralisé avec les FFA). - NaOH restant en sortie ≈ 9,99 kg j⁻¹ (dans les eaux de lavage). **Réponse** : - Ester méthylique (biodiesel) ≈ 922 kg j⁻¹ - Glycérol ≈ 104 kg j⁻¹ - Méthanol non réagé ≈ 108 kg j⁻¹ - NaOH aqueux ≈ 10,0 kg j⁻¹ ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |----|------------------|-------------|--------------------------------------| | 1 | Oublier de vérifier l’étanchéité du digesteur avant la mise en pression. | Fuite de CH₄ → risque d’explosion ou d’asphyxie. | Effectuer un test à l’azote à 1,5 × pression de service ; utiliser un détecteur de gaz portable avant chaque démarrage. | | 2 | Utiliser un excès de méthanol sans récupération lors de la transestérification. | Perte de produit, coût élevé, émission de COV. | Installer un condenseur de récupération du méthanol sur la colonne de distillation ; réinjecter le méthanol récupéré dans le réacteur. | | 3 | Négliger le contrôle du pH pendant la digestion anaérobie (laisser descendre en dessous de 6,2). | Inhibition de la méthanogénèse, arrêt de la production de biogaz. | Mesurer le pH toutes les 4 h ; ajouter une solution tampon (bicarbonate de sodium) si nécessaire. | | 4 | Manipuler le digestat sans protection respiratoire lors du épandage. | Inhalation de poussières contenant des pathogènes ou des métaux lourds. | Porter un masque anti‑poussière (FFP2) et des gants nitrile ; respecter les distances de sécurité vis‑à‑vis des points d’eau (≥ 30 m). | | 5 | Ne pas sécher suffisamment l’éthanol après distillation (eau > 0,5 %). | Détérioration du moteur, corrosion, non‑conformité au mélange E10. | Utiliser un sécheur moléculaire (tamis 3A) ou un procédé d’extraction à l’hexane ; contrôler la teneur en eau par densimétrie ou chromatographie avant stockage. | | 6 | Omettre l’étiquetage des récipients contenant du NaOH concentré. | Risques de brûlures cutanées ou oculaires en cas de contact accidentel. | Étiqueter clairement (symbole de corrosion, concentration, date de préparation) ; stocker dans un bac de rétention compatible avec les bases. | --- *Fin du cours.* *Ce document respecte les exigences du programme officiel MINESEC/IGE pour la série F6, Première, en approche par compétences.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel est le principal constituant énergétique du biogaz produit par digestion anaérobie ?
  2. 2. Dans la production de biodiesel par transestérification, quel catalyseur est le plus couramment utilisé ?
  3. 3. Quel microorganisme est principalement employé pour la production de biofertilisants phosphatés par solubilisation du phosphate rocheux ?
  4. 4. Un digesteur de 45 m3 fonctionne avec un temps de rétention hydraulique de 15 jours. Quel est le débit d'entrée journalier nécessaire ?
  5. 5. Dans la production d'éthanol à partir de canne à sucre, le rendement théorique de fermentation est de 0,51 g d'éthanol par g de sucre consommé. Si 200 kg de sucre sont fermentés, quelle masse d'éthanol théorique obtient-on ?
  6. 6. Un procédé de production de biogaz utilise un prétraitement thermique à 70°C pendant 30 min qui augmente la biodisponibilité de la matière volatile de 40%. Si la matière volatile initiale est de 10 kg, quelle quantité de MV devient biodisponible après prétraitement ?
  7. 7. Dans la fabrication de biofertilisants à base de compost, le rapport C/N idéal pour une bonne maturation est compris entre 20 et 30. Si un tas de compost présente 40 kg de carbone et 2 kg d'azote, quel est son rapport C/N ?
  8. 8. Une unité de production de biodiesel consomme 0,15 kWh d'électricité par litre de biodiesel. Si l'énergie calorifique du biodiesel est 35,8 MJ/L, quel est le rapport énergie sortie/énergie entrée (électricité seulement) exprimé en pourcentage ?
  9. 9. Dans un système couplé de production de biogaz et de biofertilisant, le digestat subit une étape de maturation aérobie de 2 semaines. Quel est l'objectif principal de cette maturation ?
  10. 10. Lors de la synthèse d'éthanol à partir de lignocellulose, l'étape d'hydrolyse enzymatique nécessite une charge de 15 FPU/g de cellulose. Si on traite 50 kg de cellulose contenant 40% de glucane réel, quelle quantité totale d'unités FPU faut-il ajouter ?
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