Se connecterS'abonner

Chapitre 20

Appréhender la technologie d'appareillage des procédés (partie 3/3)

Lecture : 17 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - Décrire le fonctionnement et les domaines d’application des principaux producteurs de chaleur (chaudières, échangeurs à plaques, fours industriels) et des broyeurs (à boulets, à marteaux, à cylindres). - Réaliser un schéma simplifié d’un échangeur thermique et calculer la puissance thermique nécessaire ou la surface d’échange requise. - Expliquer le principe de fonctionnement des différents types de filtres (pression, dépression, tambour, cartouche) et justifier leur choix selon la nature du fluide et la taille des particules. - Identifier les normes de sécurité et d’hygiène applicables aux appareils de chauffage, de broyage et de filtration en milieu industriel camerounais. - Procéder à une évaluation diagnostique, analyser les résultats et mettre en place une remédiation ciblée. **Prérequis :** - Notions de base en thermodynamique (première loi, transfert de chaleur). - Connaissances sur les propriétés des fluides (viscosité, densité, capacité thermique). - Principes de mécanique des solides (résistance à l’usure, taille des particules). - Lecture de schémas techniques et utilisation d’unités du Système International (SI). --- ## Introduction contextualisée Dans les unités de transformation du Cameroun (agroalimentaire, minier, textile, production d’énergie), la maîtrise de la chaleur, de la réduction de taille des solides et de la séparation solide‑liquide est essentielle pour garantir la qualité du produit, optimiser la consommation énergétique et respecter les normes environnementales. Les producteurs de chaleur fournissent l’énergie nécessaire aux réactions chimiques, aux séchages ou aux stérilisations. Les broyeurs permettent d’obtenir la granulométrie requise pour améliorer la réactivité ou faciliter le transport. Les filtres assurent la clarification des liquides, la récupération de produits précieux ou la protection des équipements aval. Ce chapitre présente, de façon concrète et professionnelle, les appareils les plus rencontrés dans les ateliers camerounais, leurs principes de fonctionnement, les règles de sécurité associées et les méthodes de dimensionnement de base. --- ## I. Producteurs de chaleur et broyeurs ### A. Producteurs de chaleur 1. **Définition et classification** Un *producteur de chaleur* est un dispositif qui transfère de l’énergie thermique d’une source chaude (combustion, résistance électrique, vapeur) à un fluide caloporteur (eau, huile thermique, air) destiné à être utilisé dans un procédé. On distingue : - **Chaudières** : production de vapeur ou d’eau surchauffée par combustion de combustibles solides, liquides ou gazeux. - **Échangeurs thermiques** : transfert de chaleur entre deux fluides sans mélange (à plaques, tubulaires, à corps plongé). - **Fours industriels** : chauffage direct ou indirect de matières solides (céramique, métallurgie, séchage). 2. **Principes de fonctionnement** - *Chaudières* : la chaleur dégagée par la combustion est transférée aux parois du foyer, puis au fluide par convection et rayonnement. - *Échangeur à plaques* : les fluides circulent dans des canaux formés par des plaques ondulées ; la grande surface d’échange et la turbulence élevée augmentent le coefficient global *U*. - *Four à chauffage indirect* : la chaleur est produite dans une chambre séparée et transmise par les parois réfractaires à la charge. 3. **Équations de base** - Puissance thermique fournie : \[ Q = \dot{m}\,c_p\,\Delta T \] où \(\dot{m}\) est le débit massique (kg s⁻¹), \(c_p\) la capacité thermique spécifique (J kg⁻¹ K⁻¹) et \(\Delta T\) l’élévation de température (K). - Surface d’échange nécessaire pour un échangeur à plaques : \[ A = \frac{Q}{U\,\Delta T_{lm}} \] avec \(U\) le coefficient global de transfert (W m⁻² K⁻¹) et \(\Delta T_{lm}\) la différence de température logarithmique. 4. **Exemple chiffré (atelier de transformation du cacao au Cameroun)** On doit chauffer 2 000 kg h⁻¹ d’eau de 25 °C à 85 °C pour un procédé de stérilisation. - \(\dot{m}=2000/3600=0,556\) kg s⁻¹ - \(c_p\) de l’eau ≈ 4180 J kg⁻¹ K⁻¹ - \(\Delta T = 85-25 = 60\) K - \(Q = 0,556 \times 4180 \times 60 ≈ 139 kW\) En supposant un échangeur à plaques avec \(U = 2500\) W m⁻² K⁻¹ et \(\Delta T_{lm}=45\) K, la surface nécessaire est : \[ A = \frac{139\,000}{2500 \times 45} ≈ 1,24\;m² \] Un échangeur de 1,5 m² serait donc choisi, avec une marge de sécurité de 20 %. 5. **Normes de sécurité et d’hygiène** - Vérification régulière de la pression de service (manomètres, soupapes de sûreté). - Isolation thermique des tuyauteries pour éviter les brûlures. - Entretien des brûleurs (nettoyage des gicleurs, contrôle de la combustion) afin de limiter les émissions de CO et de NOx. - Port d’équipements de protection individuelle (gants thermiques, lunettes de protection) lors des interventions. > **> Producteur de chaleur** : dispositif qui transfère de l’énergie thermique à un fluide caloporteur sans mélange avec la source de chaleur. ### B. Broyeurs 1. **Définition et rôle** Un *broyeur* est une machine qui réduit la taille des particules solides par des mécanismes d’impact, de compression, d’attrition ou de cisaillement, afin d’obtenir une granulométrie adaptée au procédé suivant (mélange, réaction, filtration). 2. **Principaux types rencontrés au Cameroun** - **Broyeur à boulets** : cylindre tournant contenant des boulets d’acier ; l’impact et le frottement réduisent la taille des particules (utilisé pour les minerais, les ciments). - **Broyeur à marteaux** : rotor équipé de marteaux pivulants qui frappent la matière contre une grille de calibrage (adapté aux produits agricoles, aux déchets de bois). - **Broyeur à cylindres** : deux ou trois cylindres parallèles tournant à vitesses différentes ; la matière est écrasée et ciselée (employé pour le sucre, le cacao, le caoutchouc). 3. **Principe de fonctionnement** - *À boulets* : l’énergie cinétique des boulets est transférée aux particules lors des chocs ; la taille finale dépend de la vitesse de rotation, du diamètre du broyeur et de la taille des boulets. - *À marteaux* : la matière est accélérée par les marteaux, puis projetée contre la grille ; la taille de sortie est réglée par l’écart entre les marteaux et la grille. - *À cylindres* : la compression entre les cylindres génère une contrainte de cisaillement qui fracture les particules ; l’écart entre les cylindres détermine la granulométrie. 4. **Équations de dimensionnement simplifiées** - Puissance approximative d’un broyeur à boulets (formule de Bond) : \[ P = 10\,W_i \left(\frac{1}{\sqrt{P_{80}}} - \frac{1}{\sqrt{F_{80}}}\right) \dot{m} \] où \(W_i\) est l’indice de travail (kWh t⁻¹), \(P_{80}\) et \(F_{80}\) les tailles auxquelles 80 % du produit passent (µm), \(\dot{m}\) le débit (t h⁻¹). - Pour un broyeur à marteaux, la puissance nécessaire peut être estimée par : \[ P = K \dot{m} \sqrt{d_{max}} \] avec \(K\) un coefficient dépendant du matériau et \(d_{max}\) la taille maximale d’alimentation (mm). 5. **Exemple chiffré (broyeur à marteaux pour le traitement du manioc)** On veut réduire des copeaux de manioc de 10 mm à une taille inférieure à 2 mm, débit de 5 t h⁻¹. En supposant \(K = 0,25\) kW h t⁻¹ mm⁻⁰·⁵ : \[ P = 0,25 \times 5 \times \sqrt{10} ≈ 0,25 \times 5 \times 3,16 ≈ 3,95\;kW \] On choisira un moteur de 5 kW avec un facteur de service de 1,2. 6. **Normes de sécurité et d’hygiène** - Protection des points d’entrée et de sortie (carter, grilles) pour éviter les projections. - Arrêt d’urgence facilement accessible. - Surveillance de la température des roulements (lubrification régulière) afin d’éviter la surchauffe et les incendies. - Port de protections auditives et de masques anti‑poussière lors du fonctionnement. > **> Broyeur** : machine qui diminue la taille des particules solides par impact, compression, attrition ou cisaillement. --- ## II. Filtres : schéma, principe de fonctionnement et utilité ### A. Généralités sur la filtration La filtration est une opération de séparation solide‑liquide (ou gaz‑solide) où le fluide traverse un milieu poreux qui retient les particules supérieures à une certaine taille. Elle permet : - La clarification de liquides (eau de process, jus, huiles). - La récupération de produits précieux (cristaux, catalyseurs). - La protection d’équipements aval (pompes, échangeurs). ### B. Types de filtres rencontrés en industrie camerounaise | Type de filtre | Mode de fonctionnement | Schéma simplifié (description) | Domaines d’application typiques | |----------------|------------------------|--------------------------------|---------------------------------| | **Filtre à pression** | Le fluide est poussé à travers le milieu filtrant par une pompe ou une surpression gaz. | Entrée → chambre de surpression → milieu filtrant (toile, sable, cartouche) → sortie filtrée → retour au réservoir. | Clarification des jus de fruits, filtration des eaux de refroidissement, filtration des boues de forage. | | **Filtre à dépression (vide)** | Le fluide est aspiré à travers le milieu par une pompe à vide créée en aval du filtre. | Réservoir → tuyau d’aspiration → milieu filtrant → cuve à vide → pompe à vide → sortie. | Filtration des huiles végétales, clarification des sirops, séparation des boues légères. | | **Filtre à tambour rotatif** | Un tambour partiellement immergé tourne ; le liquide est aspiré à travers la surface filtrante tandis que le gâteau se forme à l’extérieur et est raclé. | Tambour perforé recouvert de toile → immersion partielle → aspiration interne → racleur de gâteau → déchargement. | Traitement des eaux usées municipales, récupération de solides dans les minéraux, filtration des boues de papeterie. | | **Filtre à cartouche** | Le fluide traverse une ou plusieurs cartouches filtrantes (plissées, à profondeur) situées dans un boîtier fermé. | Entrée → boîtier → cartouche(s) → sortie filtrée. | Filtration stérile des produits pharmaceutiques, filtration des huiles moteur, clarification des eaux de boisson. | ### C. Principe de fonctionnement détaillé 1. **Mécanisme de rétention** - *Effet de tamis* : particules plus grandes que les pores du milieu sont arrêtées à la surface. - *Adsorption* : particules fines sont capturées par des forces de Van der Waals ou des liaisons chimiques sur la surface du milieu. - *Diffusion et interception* : pour les particules submicroniques, le mouvement brownien les amène à toucher les fibres du filtre. 2. **Équations de base** - Débit de filtration (loi de Darcy) : \[ Q = \frac{k\,A\,\Delta P}{\mu\,L} \] où \(k\) est la perméabilité du milieu (m²), \(A\) la surface filtrante (m²), \(\Delta P\) la perte de charge (Pa), \(\mu\) la viscosité dynamique du fluide (Pa·s) et \(L\) l’épaisseur du milieu filtrant (m). - Courbe de colmatage : la perte de charge augmente avec la masse de gâteau déposée \(m_c\) selon : \[ \Delta P = \Delta P_0 + \alpha \frac{m_c}{A} \] où \(\alpha\) est la résistance spécifique du gâteau (m·kg⁻¹). 3. **Exemple chiffré (filtre à pression pour la clarification d’huile de palme)** On doit filtrer 3 m³ h⁻¹ d’huile de palme (viscosité \(\mu = 0,04\) Pa·s) à travers un lit de sable de perméabilité \(k = 1,2\times10^{-9}\) m², épaisseur \(L = 0,25\) m, surface \(A = 0,8\) m², avec une perte de charge admissible de 15 kPa. \[ Q = \frac{1,2\times10^{-9}\times0,8\times15\,000}{0,04\times0,25} = \frac{1,44\times10^{-5}}{0,01} = 1,44\times10^{-3}\; \text{m³ s⁻¹} = 5,18\; \text{m³ h⁻¹} \] Le débit théorique dépasse le besoin ; on peut donc réduire la surface ou augmenter l’épaisseur pour ajuster la perte de charge à la valeur souhaitée. 4. **Normes de sécurité et d’hygiène** - Vérification régulière de l’intégrité du milieu filtrant (pas de déchirure, pas de colmatage excessif). - Installation de vannes de décharge de pression pour éviter les surpressions dangereuses. - Nettoyage ou remplacement des cartouches selon les préconisations du fabricant afin d’éviter la prolifération bactérienne. - Port de gants résistants aux produits chimiques et de lunettes de protection lors du changement de milieux filtrants. > **> Filtre** : dispositif permettant la séparation solide‑liquide (ou gaz‑solide) par rétention des particules sur un milieu poreux. > **> Loi de Darcy** : \(Q = \dfrac{k A \Delta P}{\mu L}\) décrit le débit linéaire à travers un milieu poreux homogène. --- ## III. Révision générale, évaluation et remédiation ### A. Révision des notions clés | Thème | Points essentiels à retenir | |-------|-----------------------------| | Producteurs de chaleur | - Types : chaudières, échangeurs à plaques, fours.<br>- Équation de puissance : \(Q = \dot{m}c_p\Delta T\).<br>- Surface d’échange : \(A = Q/(U\Delta T_{lm})\).<br>- Sécurité : soupapes, isolation, entretien des brûleurs. | | Broyeurs | - Types : à boulets, à marteaux, à cylindres.<br>- Principe : impact, compression, attrition, cisaillement.<br>- Puissance approximative (Bond) : \(P = 10W_i\bigl(1/\sqrt{P_{80}}-1/\sqrt{F_{80}}\bigr)\dot{m}\).<br>- Sécurité : carters, arrêt d’urgence, lubrification, protections auditives. | | Filtres | - Types : pression, dépression, tambour, cartouche.<br>- Principe : tamisage, adsorption, diffusion.<br>- Loi de Darcy : \(Q = kA\Delta P/(\mu L)\).<br>- Colmatage : \(\Delta P = \Delta P_0 + \alpha m_c/A\).<br>- Sécurité : vannes de décharge, contrôle du milieu, EPI. | ### B. Évaluation diagnostique (exemple de sujet) **Situation professionnelle** : Une unité de transformation du café au Cameroun doit sécher les grains après la fermentation. On dispose d’une chaudière produisant de la vapeur à 180 °C et d’un échangeur à plaques pour chauffer l’air de séchage de 25 °C à 120 °C. Le débit d’air nécessaire est de 1,2 kg s⁻¹ (cp ≈ 1005 J kg⁻¹ K⁻¹). **Questions** : 1. Calculer la puissance thermique requise pour chauffer l’air. 2. Si le coefficient global d’échange de l’échangeur est \(U = 1800\) W m⁻² K⁻¹ et la différence de température logarithmique \(\Delta T_{lm}=80\) K, déterminer la surface d’échange minimale. 3. Proposer deux mesures de sécurité à mettre en place lors de la mise en service de la chaudière. **Corrigé** : 1. \(Q = \dot{m}c_p\Delta T = 1,2 \times 1005 \times (120-25) = 1,2 \times 1005 \times 95 ≈ 114,6\;kW\). 2. \(A = Q/(U\Delta T_{lm}) = 114\,600 / (1800 \times 80) ≈ 0,79\;m²\). On choisira un échangeur de 1,0 m² avec marge de 25 %. 3. - Installer une soupape de sûreté réglée à 1,5 fois la pression de service.<br>- Effectuer un test d’étanchéité des raccords avant la mise en pression et porter des gants anti‑chaleur lors des manipulations. ### C. Remédiation - Si l’élève confond **débit massique** et **débit volumétrique**, proposer un exercice de conversion utilisant la densité du fluide. - En cas d’erreur sur le calcul de \(\Delta T_{lm}\), rappeler la formule : \(\displaystyle \Delta T_{lm}= \frac{\Delta T_1-\Delta T_2}{\ln(\Delta T_1/\Delta T_2)}\) avec \(\Delta T_1 = T_{h,in}-T_{c,out}\) et \(\Delta T_2 = T_{h,out}-T_{c,in}\). - Pour les difficultés sur le choix du type de filtre, fournir un tableau de décision basé sur la taille des particules et la viscosité du fluide (voir annexe). --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | Producteur de chaleur | Dispositif qui transfère de l’énergie thermique à un fluide caloporteur sans mélange avec la source de chaleur. | | Échangeur à plaques | Échangeur thermique constitué de plaques ondulées créant des canaux où deux fluides s’écoulent en contre‑courant. | | Broyeur à boulets | Cylindre tournant contenant des boulets d’acier qui réduisent la taille des particules par impact et attrition. | | Broyeur à marteaux | Rotor équipé de marteaux pivulants qui frappent la matière contre une grille de calibrage. | | Filtre à pression | Filtre où le fluide est poussé à travers le milieu filtrant par une pompe ou une surpression gaz. | | Filtre à dépression | Filtre où le fluide est aspiré à travers le milieu par une pompe à vide créée en aval. | | Loi de Darcy | Relation linéaire entre le débit à travers un milieu poreux et la perte de charge : \(Q = kA\Delta P/(\mu L)\). | | Colmatage | Accumulation de particules sur le milieu filtrant augmentant la perte de charge avec le temps. | | ΔTlm (différence de température logarithmique) | Moyenne logarithmique des différences de température aux entrées et sorties d’un échangeur : \(\displaystyle \Delta T_{lm}= \frac{\Delta T_1-\Delta T_2}{\ln(\Delta T_1/\Delta T_2)}\). | | Indice de travail (Wi) | Paramètre caractérisant la résistance d’un matériau au broyage, exprimé en kWh t⁻¹, utilisé dans la formule de Bond. | | Perméabilité (k) | Mesure de la facilité avec laquelle un fluide s’écoule à travers un milieu poreux (m²). | | Gâteau de filtration | Couche de particules retenues qui se forme à la surface du milieu filtrant lors de la filtration. | --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Dimensionnement d’un échangeur à plaques **Énoncé** : Dans une usine de traitement du lait au Cameroun, il faut chauffer 800 kg h⁻¹ de lait de 4 °C à 65 °C en utilisant de l’eau chaude à 90 °C comme fluide caloporteur. L’eau chaude quitte l’échangeur à 55 °C. Le coefficient global d’échange est estimé à \(U = 2500\) W m⁻² K⁻¹. **Questions** : 1. Déterminer le débit massique d’eau nécessaire si l’on veut que sa température ne baisse pas de plus de 30 °C. 2. Calculer la puissance thermique à transférer. 3. Déterminer la surface d’échange minimale. **Corrigé** : 1. Le lait gagne \(Q = \dot{m}_{lait}c_{p,lait}\Delta T_{lait}\). \(\dot{m}_{lait}=800/3600=0,222\) kg s⁻¹, \(c_{p,lait}\approx 3900\) J kg⁻¹ K⁻¹, \(\Delta T_{lait}=65-4=61\) K. \(Q = 0,222 \times 3900 \times 61 ≈ 52,9\) kW. Pour l’eau, \(\Delta T_{eau}=90-55=35\) K (on veut ≤30 K, on prend 30 K comme limite). \(\dot{m}_{eau}= Q/(c_{p,eau}\Delta T_{eau}) = 52\,900/(4180\times30) ≈ 0,422\) kg s⁻¹ = 1,52 m³ h⁻¹ (densité ≈1 kg L⁻¹). 2. Puissance thermique = 52,9 kW (déjà calculée). 3. \(\Delta T_{lm}\) : \(\Delta T_1 = T_{eau,in} - T_{lait,out} = 90-65 = 25\) K. \(\Delta T_2 = T_{eau,out} - T_{lait,in} = 55-4 = 51\) K. \(\displaystyle \Delta T_{lm}= \frac{25-51}{\ln(25/51)} = \frac{-26}{\ln(0,490)} = \frac{-26}{-0,713} ≈ 36,5\) K. Surface : \(A = Q/(U\Delta T_{lm}) = 52\,900/(2500\times36,5) ≈ 0,58\) m². On choisira un échangeur de 0,7 m² avec marge de 20 %. ### Exercice 2 – Choix d’un broyeur pour le traitement du minerai de fer **Énoncé** : Une mine de fer du Nord‑Cameroun doit réduire du minerai de taille d’alimentation moyenne de 50 mm à une taille de produit de 5 mm, débit de 200 t h⁻¹. L’indice de travail du minerai est \(Wi = 12\) kWh t⁻¹. **Questions** : 1. Estimer la puissance nécessaire d’un broyeur à boulets utilisant la formule de Bond. 2. Proposer un type de broyeur adapté si l’on souhaite éviter la surchauffe due à l’impact élevé. 3. Citer une mesure de sécurité spécifique à ce type de broyeur. **Corrigé** : 1. Formule de Bond : \[ P = 10\,Wi\Bigl(\frac{1}{\sqrt{P_{80}}}-\frac{1}{\sqrt{F_{80}}}\Bigr)\dot{m} \] On considère \(F_{80}\approx 50\) mm, \(P_{80}\approx 5\) mm. \(\frac{1}{\sqrt{5}} = 0,447\) mm⁻⁰·⁵, \(\frac{1}{\sqrt{50}} = 0,141\) mm⁻⁰·⁵. Différence = 0,306 mm⁻⁰·⁵. \(P = 10 \times 12 \times 0,306 \times 200 = 10 \times 12 \times 61,2 = 7344\) kW ≈ 7,3 MW. (Cette valeur est indicative ; en pratique on applique un facteur de correction selon le remplissage et la vitesse.) 2. Pour réduire l’impact, on privilégiera un **broyeur à cylindres** (compression et cisaillement) ou un **broyeur à autogène** si le minerai est suffisamment compétent. 3. Mesure de sécurité : installer un **protecteur de surcharge** sur le moteur qui coupe l’alimentation dès que le couple dépasse une valeur seuil, empêchant ainsi la rupture des boulons ou l’échauffement excessif des revêtements. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |------------------|-------------|--------------------------------------| | Confondre **débit volumétrique** et **débit massique** dans les bilans énergétiques. | Calcul erroné de la puissance thermique, sous‑ ou sur‑dimensionnement des équipements. | Toujours convertir le débit volumétrique en débit massique en utilisant la densité du fluide (\(\dot{m}= \rho Q\)). | | Oublier de prendre en compte la **viscosité** du fluide lors de l’application de la loi de Darcy. | Sous‑estimation de la perte de charge, risque de colmatage rapide ou de rupture du filtre. | Vérifier la viscosité à la température de fonctionnement et l’introduire dans l’équation \(Q = kA\Delta P/(\mu L)\). | | Utiliser une **vitesse de rotation trop élevée** dans un broyeur à boulets, provoquant une centrifugation des boulets. | Réduction de l’efficacité de broyage, usure prématurée du revêtement. | Respecter la vitesse critique \(N_c = 42,3/\sqrt{D}\) (D en mètres) et travailler à 65‑75 % de \(N_c\). | | Négliger le **nettoyage périodique** du milieu filtrant (cartouche, toile). | Augmentation de la perte de charge, passage de particules non désirées, contamination du produit. | Établir un planning de contrôle basé sur la perte de charge mesurée ; remplacer ou nettoyer dès que \(\Delta P\) dépasse 30 % de la valeur neuve. | | Omettre l’installation d’une **soupape de sûreté** sur une chaudière à vapeur. | Risque d’explosion en cas de surpression. | Installer une soupape réglée à 1,1‑1,2 fois la pression de service et la tester périodiquement selon la norme NF EN 12953. | | Utiliser des **gants inadéquats** lors du changement d’un milieu filtrant impregné d’huile ou de solvant. | Brûlures chimiques, irritation cutanée. | Porter des gants résistants aux produits concernés (nitrile pour les huiles, néoprène pour les solvants) et des lunettes de protection. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel est le rôle principal d'un producteur de chaleur dans un procédé industriel ?
  2. 2. Quel est l'effet principal d'un broyeur sur les particules solides d'une suspension ?
  3. 3. Quel principe décrit le fonctionnement d'un filtre à milieu poreux utilisé en génie des procédés ?
  4. 4. Un échangeur de chaleur doit fournir 500 kW pour chauffer un fluide de 20 °C à 80 °C. La capacité thermique spécifique du fluide est de 4,2 kJ·kg⁻¹·K⁻¹. Quel est le débit massique approximatif nécessaire ?
  5. 5. Dans une opération de filtration à pression constante, laquelle des modifications suivantes augmentera le débit de filtrat le plus efficacement ?
  6. 6. Un broyeur réduit la taille moyenne des particules sphériques de 5 mm à 0,5 mm. En supposant une masse constante, quel est le facteur d'augmentation de la surface spécifique (surface par unité de masse) ?
  7. 7. Un producteur de chaleur consomme 0,05 kg·s⁻¹ de combustible dont le pouvoir calorifique inférieur est de 42 MJ·kg⁻¹. Quelle est la puissance thermique fournie ?
  8. 8. Un filtre fonctionne à chute de pression constante. Si l'épaisseur du gâteau double, la résistance du gâteau double également, ce qui réduit le débit de moitié. Quel sera le nouveau débit si le débit initial était de 8 L·min⁻¹ ?
  9. 9. Dans un procédé de séchage, un solide humide à 20 °C contient 30 % d'eau (masse). On veut le réduire à 5 % d'eau en évaporant l'eau avec un producteur de chaleur fournissant 1,5 MW. La chaleur latente de vaporisation de l'eau est 2260 kJ·kg⁻¹. En supposant que toute la chaleur sert à l'évaporation, quel est le débit massique de solide humide pouvant être traité ?
  10. 10. Pour une suspension formant un gâteau compressible, quel type de filtre est généralement le plus adapté et pourquoi ?