Chapitre 8
IMPÔTS ET TAXES DIVERSES
Lecture : 13 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : à la fin de cette leçon, l’élève sera capable de
- définir les notions d’échafaudage, de maçonnerie, de mortier et de béton ;
- distinguer les différents types d’échafaudages (fixe, roulant, suspendu) et leurs domaines d’application ;
- lire et interpréter un plan de maçonnerie (coupes, élévations, détails) ;
- mettre en place un échafaudage de sécurité conforme aux normes camerounaises (arrêté MINTP) ;
- réaliser un mur en parpaings ou en briques avec les bonnes techniques de jointoiement, de nivellement et d’aplomb ;
- calculer les quantités de matériaux nécessaires (nombre de parpaings, volume de mortier, longueur de tubes) à partir d’un dessin ;
- appliquer les règles de sécurité individuelles et collectives (EPI, prévention des chutes, manutention) ;
- remplir un suivi de chantier ou un bon de travail lié à l’exécution de la maçonnerie et des échafaudages.
**Prérequis** : notions de lecture de plans simples, maîtrise des unités de mesure (mètre, centimètre, kilogramme), capacité à effectuer des opérations de pourcentage et de règle de trois, connaissances de base sur les matériaux de construction (parpaings, briques, ciment, sable, eau) et sur la prévention des risques généraux sur un chantier.
## Introduction contextualisée
Dans le secteur du BTP au Cameroun, la maçonnerie constitue le cœur de nombreux ouvrages : murs de clôture, murs porteurs, cloisons, gaines techniques, etc. La qualité de l’exécution dépend directement de la préparation du chantier, de la mise en place d’échafaudages sûrs et adaptés, ainsi que du respect des règles de mise en œuvre des mortiers et des maçonneries. Les accidents liés aux chutes de hauteur ou à l’effondrement d’échafaudages restent parmi les causes majeures de sinistres sur les chantiers. Connaître les normes camerounaises (arrêté MINTP relatif aux échafaudages de travail, normes NF P 93-350 adaptées) et savoir réaliser un mur avec les bonnes pratiques permet au futur technicien de garantir la sécurité, la durabilité et la conformité de l’ouvrage, tout en optimisant les coûts et les délais.
## I. Préparation du chantier et mise en place des échafaudages
### A. Définition et rôle de l'échafaudage
> **Échafaudage** : ouvrage temporaire constitué de tubes métalliques, de couplers et de planches permettant d'accéder en hauteur aux zones de travail et de soutenir les charges de travail et de matériaux.
> **Objectif** : fournir une plateforme de travail sûre, stable et adaptée aux besoins du chantier (maçonnerie, enduit, couverture, démolition).
### B. Types d'échafaudages et normes applicables
| Type d'échafaudage | Description | Référence réglementaire camerounaise | Charge admissible maximale (uniformément répartie) |
|--------------------|-------------|--------------------------------------|---------------------------------------------------|
| Échafaudage fixe de façade | Tubes acier Ø 48,3 mm, couplers, planchers bois ou métallique, ancré à la structure | Arrêté n° 001/MINTP du 12 janvier 2022 relatif aux échafaudages de travail | 200 kg/m² |
| Échafaudage roulant | Même structure avec roues blocables, utilisé pour travaux de courte durée | Même arrêté, article 5 | 150 kg/m² |
| Échafaudage suspendu | Plateforme suspendue par câbles, utilisée pour façades hautes ou difficilement accessibles | Référence NF P 93-350 (adoptée au Cameroun) | Selon calcul du câble, généralement 250 kg |
### C. Montage et démontage d'un échafaudage de façade
1. **Vérification du sol** : s’assurer de la planéité et de la portance (≥ 2 t/m²) ; mettre en place des plaques de répartition si nécessaire.
2. **Installation des standards** : espacement vertical 2,0 m, horizontal 1,5 m (selon la charge prévue).
3. **Fixation des traverses et des diagonales** : assurer la rigidité du cadre.
4. **Pose des planchers** : planches de 2,5 m de longueur, recouvrement ≥ 15 cm, fixation avec des clips ou des boulons de sécurité.
5. **Installation des garde-corps** : main courante à 1,00 m, plinthe à 0,15 m, barre intermédiaire à 0,50 m.
6. **Mise en place des accès** : échelles intégrées ou escaliers avec main courante, conformes à l’article 7 de l’arrêté.
7. **Contrôle avant utilisation** : vérifier le serrage de tous les couplers, l’absence de déformation, la présence des plaques de charge indiquant la capacité maximale.
8. **Démontage** : effectuer les opérations dans l’ordre inverse du montage, stocker les éléments dans un lieu sec, contrôler l’usure (corrosion, fissures) avant réutilisation.
### D. Exemple chiffré : calcul du nombre de tubes et de planchers nécessaires pour un échafaudage de façade de 12 m de long, 6 m de haut, avec un pas de 1,5 m en largeur et 2 m en hauteur
\[
\begin{aligned}
\text{Nombre de standards par rangée} &= \frac{L}{e_h}+1 = \frac{12}{1,5}+1 = 8+1 = 9 \\
\text{Nombre de rangées en hauteur} &= \frac{H}{e_v}+1 = \frac{6}{2}+1 = 3+1 = 4 \\
\text{Total standards} &= 9 \times 4 = 36 \text{ tubes} \\
\text{Nombre de traverses horizontales par rangée} &= \frac{L}{e_h}+1 = 9 \\
\text{Total traverses} &= 9 \times (4-1) = 9 \times 3 = 27 \text{ tubes} \\
\text{Surface à couvrir} &= L \times H = 12 \times 6 = 72 \text{ m}^2 \\
\text{Surface d’un plancher} &= 1,5 \times 2 = 3 \text{ m}^2 \\
\text{Nombre de planchers nécessaires} &= \frac{72}{3} = 24 \text{ planchers} \\
\text{Longueur de tube pour garde-corps (approx.)} &= 2 \times (L+H) = 2 \times (12+6) = 36 \text{ m}
\end{aligned}
\]
Ainsi, pour cet échafaudage il faut prévoir **36 tubes standards**, **27 tubes traverses**, **24 planchers** et environ **36 m de tube** pour les garde-corps.
## Synthèse du chapitre
- L’échafaudage est un équipement temporaire essentiel pour travailler en hauteur en toute sécurité.
- Les principaux types utilisés au Cameroun sont l’échafaudage fixe de façade, l’échafaudage roulant et l’échafaudage suspendu, chacun soumis à des normes spécifiques (arrêté MINTP, NF P 93-350).
- Le montage respecte des étapes clés : vérification du sol, installation des standards, fixation des traverses/diagonales, pose des planchers, mise en place des garde-corps et des accès, contrôle préalable à l’utilisation.
- Le calcul des quantités de tubes, traverses et planchers se base sur les pas (espacements) et la surface à couvrir.
- La sécurité implique le port d’EPI (casque, harnais, gants, chaussures de sécurité), le respect des charges admissibles, la vérification quotidienne des assemblages et l’interdiction de modifier l’échafaudage sans autorisation.
- En maçonnerie, la préparation du mortier (dosage ciment/sable/eau), le respect de l’aplomb, du niveau et de l’épaisseur des joints garantissent la qualité et la durabilité de l’ouvrage.
- La lecture de plans (coupes, élévations, détails) permet de déterminer les quantités de matériaux (parpaings, briques, mortier) nécessaires à la réalisation d’un mur.
## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| Échafaudage | Ouvrage temporaire constitué de tubes, de couplers et de planches permettant d'accéder en hauteur et de soutenir des charges de travail. |
| Standard | Tube vertical formant les poteaux principaux de l’échafaudage. |
| Traverse | Tube horizontal reliant les standards et assurant la rigidité du cadre. |
| Plancher | Élément de travail (planche ou panneau) sur lequel l’opérateur se déplace. |
| Garde-corps | Dispositif de protection constitué d’une main courante, d’une plinthe et éventuellement d’une barre intermédiaire, destiné à prévenir les chutes de hauteur. |
| Coupler | Dispositif de fixation permettant d’assembler deux tubes à angle droit ou parallèle. |
| Ancrage | Point d’attache de l’échafaudage à la structure permanente pour assurer sa stabilité. |
| Charge admissible maximale | Charge maximale uniformément répartie que l’échafaudage peut supporter sans risque de rupture ou de déformation excessive. |
| Pas (espacement) | Distance entre deux standards successifs (verticale ou horizontale) utilisée pour le calcul du nombre d’éléments. |
| Mortier | Mélange de ciment, de sable et d’eau utilisé pour lier les éléments de maçonnerie (parpaings, briques). |
| Aplomb | Verticalité d’un élément de maçonnerie vérifiée à l’aide d’un fil à plomb ou d’un niveau à bulle. |
| Niveau | Horizontalité d’un élément de maçonnerie vérifiée à l’aide d’un niveau à bulle ou d’un laser. |
| Joint d’assemblage | Épaisseur de mortier entre deux éléments de maçonnerie, généralement 10 mm à 15 mm pour les parpaings. |
## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1
Un mur de clôture doit être réalisé en parpaings de dimensions 20 cm × 20 cm × 40 cm (épaisseur × hauteur × longueur). Le mur a une longueur de 10 m, une hauteur de 2,5 m et une épaisseur de 20 cm. L’épaisseur du joint de mortier est de 10 mm.
**Calculer** :
a) Le nombre de parpaings nécessaires (en tenant compte du joint).
b) Le volume de mortier nécessaire pour les joints (en supposant que le mortier remplit uniquement les joints verticaux et horizontaux).
**Corrigé** :
a) Dimensions réelles d’un parpaing avec joint :
- Longueur effective = 40 cm + joint = 40 cm + 1 cm = 41 cm
- Hauteur effective = 20 cm + joint = 20 cm + 1 cm = 21 cm
Nombre de parpaings le long de la longueur = \( \frac{10 000 mm}{410 mm} \approx 24,39 \) → on arrondit à **25** parpaings (on complète la dernière rangée avec une découpe).
Nombre de rangées en hauteur = \( \frac{2 500 mm}{210 mm} \approx 11,90 \) → **12** rangées.
Nombre total de parpaings = 25 × 12 = **300** parpaings (en incluant les pertes de coupe, on prévoit généralement 5 % de supplément, soit environ 315).
b) Volume de mortier :
- Surface totale des joints verticaux : (nombre de rangées) × (hauteur du mur) × (épaisseur du joint) × (nombre de parpaings par rangée - 1)
= 12 × 2500 mm × 10 mm × (25‑1) = 12 × 2500 × 10 × 24 = 7 200 000 mm³ = 7,2 L.
- Surface totale des joints horizontaux : (nombre de parpaings par rangée) × (longueur du mur) × (épaisseur du joint) × (nombre de rangées - 1)
= 25 × 10 000 mm × 10 mm × (12‑1) = 25 × 10 000 × 10 × 11 = 27 500 000 mm³ = 27,5 L.
Volume total de mortier ≈ 7,2 L + 27,5 L = **34,7 L** (on arrondit à 35 L, soit environ 0,035 m³).
### Exercice 2
Un échafaudage fixe de façade doit être installé le long d’un mur de 15 m de longueur et 4 m de hauteur. Le pas choisi est de 1,8 m en horizontal et 2,0 m en vertical. Chaque tube standard a une masse de 8 kg/m et chaque traverse a une masse de 6 kg/m.
**Calculer** :
a) Le nombre de standards et de traverses nécessaires.
b) La masse totale de l’échafaudage (tubes uniquement, sans planchers ni garde-corps).
c) Vérifier si la charge admissible maximale de 200 kg/m² est respectée sachant que la charge de travail prévue est de 120 kg/m² (ouvriers + matériaux).
**Corrigé** :
a) Nombre de standards par rangée = \( \frac{15}{1,8}+1 = 8,33+1 \approx 9,33 \) → on prend **10** standards par rangée (on arrondit au supérieur pour garantir le recouvrement).
Nombre de rangées en hauteur = \( \frac{4}{2,0}+1 = 2+1 = 3 \) rangées.
Total standards = 10 × 3 = **30** tubes.
Nombre de traverses par rangée = \( \frac{15}{1,8}+1 = 10 \) (comme pour les standards).
Total traverses = 10 × (3‑1) = 10 × 2 = **20** tubes.
b) Masse des standards : longueur moyenne d’un standard ≈ hauteur du mur + dépassement (on prend 4,5 m pour simplifier) → 30 × 4,5 m × 8 kg/m = 30 × 36 kg = 1080 kg.
Masse des traverses : longueur moyenne d’une traverse ≈ longueur du mur + dépassement (on prend 16 m) → 20 × 16 m × 6 kg/m = 20 × 96 kg = 1920 kg.
Masse totale tubes = 1080 kg + 1920 kg = **3000 kg** (3 t).
c) Surface de l’échafaudage = longueur × hauteur = 15 m × 4 m = 60 m².
Charge maximale autorisée = 200 kg/m² × 60 m² = 12 000 kg.
Charge de travail prévue = 120 kg/m² × 60 m² = 7 200 kg.
Comme 7 200 kg < 12 000 kg, la charge admissible est respectée.
## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| Erreur fréquente | Conséquence | Règle de bonne pratique / sécurité |
|------------------|-------------|------------------------------------|
| Ancrage insuffisant ou absent de l’échafaudage à la structure permanente | Risque de basculement ou d’effondrement sous charge latérale (vent, poussée) | Ancrer l’échafaudage tous les 2 m en hauteur selon les points d’ancrage prévus par le fabricant ; vérifier la résistance du support (béton, maçonnerie) avant fixation. |
| Dépassement de la charge admissible (surcharge de matériaux ou de personnel) | Déformation, rupture des tubes, chute possible | Respecter la charge maximale indiquée sur les plaques de charge ; répartir les matériaux uniformément ; limiter le nombre d’ouvriers simultanément sur le même plancher. |
| Absence ou mauvaise installation des garde-corps (main courante manquante, plinthe trop basse) | Chutes de hauteur, blessures graves | Installer systématiquement un garde‑corps complet (main courante à 1 m, plinthe à 0,15 m, barre intermédiaire à 0,5 m) sur chaque côté ouvert de l’échafaudage ; vérifier le serrage avant chaque utilisation. |
| Utilisation de tubes endommagés (corrosion, fissures, coups) | Réduction de la résistance mécanique, rupture soudaine | Inspecter visuellement chaque tube avant montage ; rejeter tout élément présentant des signes de corrosion profonde, de fissure ou de déformation ; stocker les tubes dans un endroit sec et à l’abri des chocs. |
| Joint de mortier trop épais ou trop fin | Mauvaise adhérence, fissures, perte de résistance du mur | Respecter une épaisseur de joint de 10 mm à 15 mm pour les parpaings ; gâcher le mortier selon le dosage recommandé (1 part de ciment pour 3 parts de sable, eau suffisante pour une consistance plastique). |
| Négligence du contrôle de l’aplomb et du niveau lors de la pose du premier rang | Mur incliné, défauts structurels, difficulté à poursuivre la maçonnerie | Vérifier l’aplomb à l’aide d’un fil à plomb ou d’un niveau à bulle toutes les 3 à 4 pierres ; ajuster immédiatement à l’aide de la truelle ou du maillet en caoutchouc. |
| Oubli de porter les EPI (casque, harnais, gants, chaussures de sécurité) | Exposition aux chutes d’objets, aux glissades, aux écrasements | Imposer le port du casque de chantier, du harnais de sécurité attaché à une ligne de vie lorsqu’on travaille à plus de 2 m de hauteur, des gants anti‑coupure et des chaussures de sécurité à embout acier et semelle anti‑perforation. |
| Ne pas consigner les contrôles journaliers de l’échafaudage (serrage des couplers, état des planchers) | Dégradation non détectée, accident éventuel | Tenir un registre de contrôle signé chaque début de poste ; noter la date, l’heure, le nom du responsable et les observations ; intervenir immédiatement en cas d’anomalie. |
> **Règle de sécurité documentaire** : « Tous les plans de montage d’échafaudage, les certificats de conformité des tubes et des couplers, ainsi que les registres de contrôle journalier doivent être conservés pendant au moins cinq (5) ans, soit sous forme papier dans un classeur verrouillé, soit sous forme numérique avec sauvegarde chiffrée et contrôle d’accès. »
> **Règle de vérification de base** : « Avant toute mise en service d’un échafaudage ou le démarrage d’une rangée de maçonnerie, vérifier systématiquement : (i) la conformité des éléments (tubes, planchers, garde‑corps) aux normes, (ii) le serrage de tous les couplers, (iii) l’état du sol et des ancrages, (iv) le port des EPI requis, et (v) la présence d’une signalisation de zone de travail si nécessaire. »
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*Fin de la fiche de cours.*
Quiz du chapitre
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