Chapitre 1
Chimie analytique (partie 1/8)
Lecture : 13 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :
- définir et manipuler les différentes unités de concentration (molarité, molalité, fraction molaire, pourcentage massique et volumique, parties par million) ;
- distinguer une analyse qualitative d’une analyse quantitative et choisir la méthode appropriée (volumétrique, gravimétrique, instrumentale) ;
- réaliser les calculs de stoichiométrie liés aux titrages acide‑base, redox et de précipitation ;
- interpréter les résultats d’une analyse gravimétrique et connaître les principes de base des techniques instrumentales (spectrophotométrie, conductimétrie, potentiométrie).
**Prérequis** :
- notions de mole, de masse molaire et d’équation chimique équilibrée ;
- maîtrise des calculs de proportions et des règles de trois ;
- connaissance des principaux acides, bases et sels courants (NaCl, HCl, NaOH, H₂SO₄, etc.) ;
- utilisation d’une balance analytique et d’un burette (manipulation de base).
> **À retenir** : $n = \dfrac{m}{M}$ où $n$ est la quantité de matière (mol), $m$ la masse (g) et $M$ la masse molaire (g·mol⁻¹).
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## Introduction contextualisée
La chimie analytique occupe une place centrale dans les laboratoires de contrôle qualité, d’environnement et de recherche. Elle permet de répondre à deux questions fondamentales : *Qu’est‑ce qui est présent dans un échantillon ?* (analyse qualitative) et *En quelle quantité ?* (analyse quantitative). Au Cameroun, les industries agroalimentaires, les mines et les stations d’épuration s’appuient quotidiennement sur des titrages, des pesées et des mesures instrumentales pour garantir la conformité de leurs produits aux normes nationales et internationales. Ce chapitre introduit les outils de base qui seront approfondis tout au long de l’année : les unités de concentration, les grandes familles de méthodes analytiques et quelques exemples concrets de mise en œuvre.
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## I. Concentrations et unités
### 1. Définitions et unités usuelles
- **Molarité (C)** : nombre de moles de soluté par litre de solution.
$$C = \dfrac{n_{\text{soluté}}}{V_{\text{solution}}}\quad\text{avec }V\text{ en L}$$
- **Molalité (m)** : nombre de moles de soluté par kilogramme de solvant.
$$m = \dfrac{n_{\text{soluté}}}{m_{\text{solvant}}}\quad\text{avec }m_{\text{solvant}}\text{ en kg}$$
- **Fraction molaire (X)** : rapport du nombre de moles d’un composant au nombre total de moles du mélange.
$$X_i = \dfrac{n_i}{\sum_j n_j}$$
- **Pourcentage massique (% m/m)** : masse de soluté pour 100 g de solution.
$$\% m/m = \dfrac{m_{\text{soluté}}}{m_{\text{solution}}}\times 100$$
- **Pourcentage volumique (% v/v)** : volume de soluté pour 100 mL de solution (utile pour les liquides miscibles).
$$\% v/v = \dfrac{V_{\text{soluté}}}{V_{\text{solution}}}\times 100$$
- **Parties par million (ppm)** : masse de soluté pour 10⁶ g de solution (ou µg·g⁻¹).
$$\text{ppm}= \dfrac{m_{\text{soluté}}}{m_{\text{solution}}}\times 10^{6}$$
> **À retenir** : La molarité dépend de la température (via le volume) tandis que la molalité est indépendante de la température.
### 2. Relations entre unités
Pour une solution diluée où la densité $\rho\approx 1$ g·mL⁻¹, on peut approximer :
$$C\approx \frac{10\times \% m/m}{M}\quad\text{(C en mol·L⁻¹, \% m/m en %, M en g·mol⁻¹)}$$
$$m\approx C\quad\text{(si }\rho\approx1\text{ et }V\approx m_{\text{solvant}})$$
### 3. Exemples résolus
**Exemple 1 – Conversion de pourcentage massique en molarité**
On dissout 5,0 g de NaCl (M = 58,44 g·mol⁻¹) dans 250 mL d’eau.
1. Masse de la solution ≈ 5,0 g + 250 g = 255 g (densité ≈1).
2. \% m/m = $\dfrac{5,0}{255}\times100 = 1,96\%$.
3. Volume de solution ≈ 250 mL = 0,250 L.
4. $n_{\text{NaCl}} = \dfrac{5,0}{58,44}=0,0856$ mol.
5. $C = \dfrac{0,0856}{0,250}=0,342$ mol·L⁻¹.
**Exemple 2 – Préparation d’une solution 0,10 M de K₂Cr₂O₇**
Masse molaire de K₂Cr₂O₇ = 294,18 g·mol⁻¹.
Pour 1,00 L : $n = C·V = 0,10·1,00 = 0,10$ mol.
Masse nécessaire : $m = n·M = 0,10·294,18 = 29,4$ g.
On pese 29,4 g de K₂Cr₂O₇, on les transfère dans un ballon jaugé de 1 L, on ajoute de l’eau distillée jusqu’à la marque.
> **À retenir** : Pour préparer une solution molaire, peser la masse calculée, transférer dans un récipient volumétrique et compléter avec le solvant jusqu’à la marque de volume.
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## II. Analyse chimique qualitative et quantitative
### 1. Analyse qualitative
Objectif : identifier la présence d’une espèce chimique sans mesurer sa quantité.
- **Réactions de précipitation** : ajout d’un réactif formant un insoluble caractéristique (ex. : AgNO₃ + Cl⁻ → AgCl↓ blanc).
- **Réactions de complexation** : formation d’un complexe coloré (ex. : Fe³⁺ + SCN⁻ → [Fe(SCN)]²⁺ rouge).
- **Épreuves à la flamme** : couleur caractéristique des cations alcalins et alcalino-terreux (Na⁺ → jaune intense, K⁺ → lilacé).
- **Tests d’odeur ou de goût** (à utiliser avec précaution en laboratoire).
> **À retenir** : Un test qualitatif doit être spécifique (peu de faux positifs) et sensible (détecter de faibles quantités).
### 2. Analyse quantitative
Objectif : déterminer la quantité d’une espèce. Deux grandes approches :
- **Méthodes classiques** : volumétrie (titrage) et gravimétrie.
- **Méthodes instrumentales** : spectrophotométrie, conductimétrie, potentiométrie, chromatographie, etc.
#### 2.1. Principes du titrage
- Réaction stœchiométrique connue et rapide.
- Indicateur ou méthode de détection du point d’équivalence (pH-métrie, conductimétrie, potentiométrie).
- Formule de base : $n_A C_A V_A = n_B C_B V_B$ où $n_A$ et $n_B$ sont les coefficients stœchiométriques des réactifs A et B dans l’équation équilibrée.
> **À retenir** : Au point d’équivalence, les quantités de matière des réactifs sont liées par l’équation de réaction équilibrée.
#### 2.2. Principes de la gravimétrie
- Précipitation sélective d’un composé insoluble, filtration, séchage, pesée.
- La masse du précipité permet de remonter à la quantité de l’analyte via la formule du précipité.
- Nécessité d’une pureté et d’une stabilité du précipité (éviter la co‑précipitation, la post‑précipitation).
> **À retenir** : La gravimétrie offre une haute précision lorsqu’on contrôle rigoureusement les étapes de précipitation, lavage, séchage et pesée.
#### 2.3. Facteur de conversion en gravimétrie
- Facteur de conversion :
$$\text{Facteur} = \dfrac{M_{\text{analyte}} \times \text{coeff. stœchiométrique de l’analyte}}{M_{\text{précipité}} \times \text{coeff. stœchiométrique du précipité}}$$
où $M$ désigne la masse molaire et les coefficients ceux de l’équation équilibrée de formation du précipité.
### 3. Exemples résolus
**Exemple 3 – Titrage acide‑base**
On titrera 25,0 mL d’une solution d’acide chlorhydrique inconnue avec une solution de NaOH 0,100 M. Le volume de NaOH nécessaire pour atteindre l’équivalence est 22,4 mL.
Réaction : $\text{HCl} + \text{NaOH} \rightarrow \text{NaCl} + \text{H}_2\text{O}$ (1:1).
$n_{\text{NaOH}} = C·V = 0,100·0,0224 = 0,00224$ mol.
Donc $n_{\text{HCl}} = 0,00224$ mol.
$C_{\text{HCl}} = \dfrac{n}{V_{\text{HCl}}} = \dfrac{0,00224}{0,0250}=0,0896$ M ≈ 0,090 M.
**Exemple 4 – Dosage gravimétrique du sulfate**
On ajoute une solution excédentaire de BaCl₂ à 50,0 mL d’un échantillon contenant SO₄²⁻. Le précipité BaSO₄ est filtré, séché et pesé : 0,215 g.
Réaction : $\text{Ba}^{2+} + \text{SO}_4^{2-} \rightarrow \text{BaSO}_4↓$.
Masse molaire BaSO₄ = 233,39 g·mol⁻¹.
$n_{\text{BaSO}_4} = \dfrac{0,215}{233,39}=9,22·10^{-4}$ mol.
Comme la réaction est 1:1, $n_{\text{SO}_4^{2-}} = 9,22·10^{-4}$ mol.
Masse de SO₄²⁻ dans l’échantillon : $m = n·M_{\text{SO}_4^{2-}} = 9,22·10^{-4}·96,06 = 0,0886$ g.
Pour 50,0 mL, la concentration massique = $\dfrac{0,0886\text{ g}}{0,0500\text{ L}} = 1,77$ g·L⁻¹.
> **À retenir** : En gravimétrie, la pureté du précipité est vérifiée par son aspect (cristallin, sans couleur) et par un test de solubilité dans un solvant approprié.
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## III. Analyses volumétriques, gravimétriques et instrumentales
### 1. Analyses volumétriques (titrages)
#### 1.1. Titrages acide‑base
- Indicateur de couleur (phénolphtaléine, méthyl orange) ou mesure du pH.
- Courbe de titration : pH en fonction du volume de titrant ajouté.
- Équivalence : pH ≈ 7 pour acide fort/base forte, >7 pour acide faible/base forte, <7 pour acide fort/base faible.
#### 1.2. Titrages redox
- Utilisation d’un indicateur redox (ex. : diphenylamine pour le titrage du Fe²⁺ par KMnO₄) ou d’une potentiométrie.
- Exemple classique : $\text{MnO}_4^- + 5\text{Fe}^{2+} + 8\text{H}^+ \rightarrow \text{Mn}^{2+} + 5\text{Fe}^{3+} + 4\text{H}_2\text{O}$.
#### 1.3. Titrages de précipitation
- Exemple : titration du Cl⁻ par AgNO₃ (méthode de Mohr) avec indicateur chromate (CrO₄²⁻) qui forme un précipité rouge Ag₂CrO₄ à l’excès d’Ag⁺.
### 2. Analyses gravimétriques
- Choix du précipité : faible solubilité, connue, facile à filtrer et à sécher.
- Étapes : précipitation, digestion (chauffage doux pour améliorer la cristallinité), filtration, lavage, séchage ou calcination, pesée.
- Facteur de conversion : voir section II.2.3.
### 3. Analyses instrumentales (aperçu)
| Technique | Principe | Application typique |
|-----------|----------|---------------------|
| Spectrophotométrie UV‑Vis | Absorption de lumière selon la loi de Beer‑Lambert $A = \varepsilon b C$ | Dosage des composés colorés ou complexés |
| Conductimétrie | Variation de la conductivité électrique d’une solution | Titrages d’acides/bases, suivi de réactions de précipitation |
| Potentiométrie | Mesure du potentiel d’une électrode sélective | pH-métrie, dosage d’ions (Cl⁻, F⁻, K⁺) |
| Chromatographie (GC, HPLC) | Séparation des composés selon leur affinité à une phase stationnaire | Analyse de mélanges complexes (pesticides, hydrocarbures) |
> **À retenir** : La loi de Beer‑Lambert est valable tant que l’absorbance reste inférieure à environ 0,5 (voire jusqu’à 1,0 selon l’instrument) afin d’éviter les déviations dues à la dispersion ou à la saturation du détecteur.
### 4. Exemples résolus (instrumentation)
**Exemple 5 – Dosage spectrophotométrique du fer**
On forme le complexe [Fe(phen)₃]²⁺ (ε = 11 000 L·mol⁻¹·cm⁻¹ à 510 nm) en ajoutant de l’orthophénanthroline à une solution contenant Fe²⁺. On mesure une absorbance A = 0,462 dans une cuve de 1,00 cm de chemin.
$C = \dfrac{A}{\varepsilon b} = \dfrac{0,462}{11000·1,00}=4,20·10^{-5}$ mol·L⁻¹.
Si le volume de l’échantillon était 25,0 mL, la quantité de Fe²⁺ = $C·V = 4,20·10^{-5}·0,0250 = 1,05·10^{-6}$ mol, soit $m = n·M_{\text{Fe}} = 1,05·10^{-6}·55,85 = 5,86·10^{-5}$ g = 58,6 µg.
**Exemple 6 – Titrage conductimétrique d’un mélange d’acide fort et faible**
On titrera 30,0 mL d’un mélange contenant HCl (fort) et CH₃COOH (faible) avec NaOH 0,100 M. La conductivité diminue linéairement jusqu’à un premier point d’inflexion (neutralisation de HCl), puis présente une pente plus faible (neutralisation de CH₃COOH).
Supposons que le volume de NaOH pour le premier point d’inflexion soit 12,0 mL.
$n_{\text{HCl}} = C·V = 0,100·0,0120 = 0,00120$ mol.
$C_{\text{HCl}} = \dfrac{0,00120}{0,0300}=0,0400$ M.
Après ce point, la pente change ; le volume supplémentaire nécessaire pour atteindre le second point d’inflection est 18,0 mL.
$n_{\text{CH}_3\text{COOH,total}} = 0,100·(0,0120+0,0180)=0,00300$ mol.
$n_{\text{CH}_3\text{COOH}} = n_{\text{total}} - n_{\text{HCl}} = 0,00300-0,00120=0,00180$ mol.
$C_{\text{CH}_3\text{COOH}} = \dfrac{0,00180}{0,0300}=0,0600$ M.
> **À retenir** : En conductimétrie, le point d’inflexion correspond à la consommation complète de l’espèce la plus réactive (souvent l’acide fort).
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## Synthèse du chapitre
- **Unités de concentration** : molarité $C=n/V$, molalité $m=n/m_{\text{solvant}}$, fraction molaire $X_i=n_i/\Sigma n_j$, % m/m, % v/v, ppm.
- **Relations** : pour les solutions diluées ($\rho≈1$ g·mL⁻¹), $C≈10·\%m/m / M$.
- **Analyse qualitative** : réactions de précipitation, complexation, épreuves à la flamme ; nécessite spécificité et sensibilité.
- **Analyse quantitative** :
- *Volumétrie* : titrage acide‑base, redox, précipitation ; formule $n_A C_A V_A = n_B C_B V_B$ où $n_A$, $n_B$ sont les coefficients stœchiométriques.
- *Gravimétrie* : précipitation, filtration, séchage, pesée ; facteur de conversion basé sur les masses molaires et les coefficients stœchiométriques (voir section II.2.3).
- *Instrumentale* : spectrophotométrie (Beer‑Lambert), conductimétrie, potentiométrie, chromatographie.
- **Bonnes pratiques** : vérifier la pureté des précipités, utiliser des indicateurs adaptés, contrôler la température pour la molarité, réaliser des essais blancs.
- **Applications** : contrôle de la qualité de l’eau, dosage des nutriments dans les sols, analyse des métaux dans les minerais, suivi des réactions industrielles.
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## Glossaire
- **Molarité (C)** : concentration exprimée en moles de soluté par litre de solution.
- **Molalité (m)** : concentration exprimée en moles de soluté par kilogramme de solvant.
- **Fraction molaire (X)** : rapport du nombre de moles d’un composant au nombre total de moles du mélange.
- **Parties par million (ppm)** : unité de concentration égale à un microgramme de soluté par gramme de solution (ou mg·kg⁻¹).
- **Point d’équivalence** : stade d’un titrage où les quantités de matière des réactifs sont exactement dans le rapport stœchiométrique de la réaction équilibrée.
- **Précipité** : solide insoluble formé lors d’une réaction en phase aqueuse, pouvant être filtré, séché et pesé.
- **Indicateur** : substance qui change de couleur (ou de propriété) près du point d’équivalence d’un titrage.
- **Loi de Beer‑Lambert** : relation linéaire entre l’absorbance $A$, le coefficient d’absorption molaire $\varepsilon$, l’épaisseur de la cuve $b$ et la concentration $C$ : $A=\varepsilon b C$.
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1
On prépare 250 mL d’une solution de sulfate de cuivre(II) pentahydraté CuSO₄·5H₂O (M = 249,68 g·mol⁻¹) à une concentration de 0,200 M. Quelle masse de sel faut‑il peser ?
**Corrigé**
$n = C·V = 0,200·0,250 = 0,0500$ mol.
$m = n·M = 0,0500·249,68 = 12,484$ g ≈ **12,5 g**.
### Exercice 2
Une solution d’acide nitrique HNO₃ (M = 63,01 g·mol⁻¹) a une densité de 1,42 g·mL⁻¹ et contient 65,0 % m/m d’HNO₃. Calculer sa molarité.
**Corrigé**
Dans 100 g de solution, masse d’HNO₃ = 65,0 g → volume de la solution = $100\text{ g} / 1,42\text{ g·mL}^{-1}=70,4\text{ mL}=0,0704\text{ L}$.
Moles d’HNO₃ = $65,0/63,01 = 1,032$ mol.
$C = 1,032/0,0704 = 14,66$ M ≈ **14,7 M**.
### Exercice 3
On titre 20,0 mL d’une solution d’acide acétique CH₃COOH (M = 60,05 g·mol⁻¹) avec une solution de NaOH 0,150 M. Le volume de NaOH nécessaire pour atteindre l’équivalence est 18,4 mL. Déterminer la concentration de l’acide acétique.
**Corrigé**
Réaction 1:1.
$n_{\text{NaOH}} = 0,150·0,0184 = 0,00276$ mol.
$n_{\text{CH}_3\text{COOH}} = n_{\text{NaOH}} = 0,00276$ mol.
$C_{\text{acide}} = 0,00276/0,0200 = 0,138$ M.
### Exercice 4
Un échantillon d’eau de rivière contient des ions chlorure. On ajoute une solution excédentaire de AgNO₃ à 50,0 mL de cet échantillon ; le précipité AgCl formé, après filtration, séchage et pesée, pèse 0,212 g. Calculer la concentration en chlorure (en mg·L⁻¹) de l’échantillon d’eau.
**Corrigé**
Réaction : $\text{Ag}^+ + \text{Cl}^- \rightarrow \text{AgCl}↓$.
$M_{\text{AgCl}} = 143,32$ g·mol⁻¹.
$n_{\text{AgCl}} = 0,212/143,32 = 1,48·10^{-3}$ mol.
$n_{\text{Cl}^-}=n_{\text{AgCl}}=1,48·10^{-3}$ mol.
Masse de Cl⁻ = $n·M_{\text{Cl}^-}=1,48·10^{-3}·35,45 = 5,25·10^{-2}$ g = 52,5 mg.
Dans 50,0 mL → concentration = $52,5\text{ mg}/0,0500\text{ L}=1 050$ mg·L⁻¹.
### Exercice 5
Une solution de permanganate de potassium KMnO₄ (M = 158,04 g·mol⁻¹) est utilisée pour titrer une solution d’ion fer(II) Fe²⁺ en milieu acide. La réaction est :
$\text{MnO}_4^- + 5\text{Fe}^{2+} + 8\text{H}^+ \rightarrow \text{Mn}^{2+} + 5\text{Fe}^{3+} + 4\text{H}_2\text{O}$.
On titre 25,0 mL de la solution Fe²⁺ avec du KMnO₄ 0,0200 M ; le volume de permanganate nécessaire est 15,6 mL. Calculer la concentration en Fe²⁺ de la solution titrée.
**Corrigé**
$n_{\text{MnO}_4^-}=0,0200·0,0156=3,12·10^{-4}$ mol.
D’après la stœchiométrie, $n_{\text{Fe}^{2+}} = 5·n_{\text{MnO}_4^-}=5·3,12·10^{-4}=1,56·10^{-3}$ mol.
$C_{\text{Fe}^{2+}} = 1,56·10^{-3}/0,0250 = 6,24·10^{-2}$ M = **0,0624 M**.
### Exercice 6
On veut déterminer la concentration d’un composé organique qui absorbe à 340 nm avec un coefficient d’absorption molaire $\varepsilon = 8,5·10^{3}$ L·mol⁻¹·cm⁻¹. Dans une cuve de 1,00 cm, l’absorbance mesurée est 0,578. Quelle est la concentration du composé ?
**Corrigé**
$C = A/(\varepsilon b) = 0,578/(8,5·10^{3}·1,00)=6,80·10^{-5}$ mol·L⁻¹.
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## Erreurs fréquentes
1. **Confondre molarité et molalité** : la molarité varie avec la température (volume change), la molalité ne varie pas. Toujours vérifier si le problème donne une densité ou précise la température avant de choisir l’unité.
2. **Oublier le facteur de dilution** lors de la préparation d’une solution à partir d’une solution mère : utiliser $C_1V_1 = C_2V_2$ et ne pas inverser les volumes.
3. **Ne pas tenir compte du coefficient stœchiométrique** dans les calculs de titrage (ex. : oublier le facteur 5 dans le titrage MnO₄⁻/Fe²⁺). Toujours écrire l’équation équilibrée avant de calculer.
4. **Utiliser un indicateur inadapté** au pH du point d’équivalence (ex. : phénolphtaléine pour un acide fort/base forte où le pH ≈ 7, l’indicateur change de couleur autour de 8,2‑10,0). Choisir l’indicateur dont l’intervalle de virage englobe le pH d’équivalence.
5. **Négliger la pureté du précipité** en gravimétrie : un précipité humide ou contenant des impuretés entraîne une surestimation de la masse. Toujours sécher à l’étuve à température constante et vérifier l’aspect (cristallin, sans coloration).
6. **Lire l’absorbance hors du domaine linéaire de la loi de Beer‑Lambert** (A > 1) : cela entraîne une sous‑estimation de la concentration. Diluer l’échantillon si l’absorbance dépasse 0,8‑1,0.
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*Fin du cours.*
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