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Chapitre 13

La naissance de l'Etat du Cameroun (partie 2/2)

Lecture : 15 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce cours, l’élève sera capable de :** - Expliquer les étapes qui ont conduit le Cameroun de l’État fédéral (1961‑1972) à l’État unitaire actuel. - Analyser les enjeux politiques, sociaux et économiques de la Conférence de Foumban (1961) et son rôle dans la naissance de la fédération. - Mobiliser des notions clés (fédéralisme, unification, référendum, constitution) pour interpréter des documents historiques. - Réaliser un commentaire de document ou une dissertation en appliquant la méthodologie exigée au BEPC. **Prérequis :** - Connaître la colonisation allemande puis franco‑britannique du Cameroun (1884‑1960). - Savoir ce qu’est un État fédéral et les différences avec un État unitaire. - Avoir étudié les indépendances africaines des années 1950‑1960. --- ## Introduction contextualisée Après l’indépendance du Cameroun français le 1er janvier 1960 sous la présidence d'Ahmadou Ahidjo et celle du Cameroun britannique le 1er octobre 1961 après un plébiscite (11 février 1961) qui choisit l’union avec le Cameroun français plutôt que l’intégration au Nigeria, le territoire se retrouve divisé en deux entités administratives distinctes : le Cameroun oriental (ancien mandat français) et le Cameroun occidental (ancien mandat britannique). La question de l’unité nationale se pose immédiatement : faut‑il maintenir deux systèmes politiques séparés ou chercher une forme d’union qui respecte les particularités de chaque région ? La Conférence de Foumban, tenue du 12 au 21 juillet 1961 à Foumban (ouest du Cameroun), constitue le moment où les dirigeants camerounais, sous l’égide des autorités françaises et britanniques, élaborent le projet d’un État fédéral. Cette expérience fédérale, toutefois, sera de courte durée : en 1972, un référendum transforme le fédéralisme en État unitaire. Comprendre ces deux étapes permet de saisir les racines du débat actuel sur la décentralisation et la gestion de la diversité culturelle au Cameroun. --- ## I. Le Cameroun : de l’État fédéral à nos jours (Leçon 18) ### 1. Contexte de la naissance de l’État fédéral (1961‑1972) - **Indépendances séparées** : Cameroun français indépendant le 1er janvier 1960 sous la présidence d'Ahmadou Ahidjo ; Cameroun britannique obtient l’indépendance le 1er octobre 1961 après le plébiscite du 11 février 1961 qui choisit l’union avec le Cameroun français plutôt que l’intégration au Nigeria. - **Objectif de la fédération** : concilier l’autonomie des deux anciens mandats tout en assurant une unité politique et économique. - **Acteurs principaux** : Ahmadou Ahidjo (Président du Cameroun français), John Ngu Foncha (Premier ministre du Cameroun britannique), les représentants français et britanniques, les chefs traditionnels (notamment le Sultan Njoya de Bamoun). ### 2. Structure de l’État fédéral (constitution de 1961) - **Deux États fédérés** : État du Cameroun oriental (ancien Cameroun français) et État du Cameroun occidental (ancien Cameroun britannique). - **Pouvoirs** : chaque État fédéré dispose d’un gouvernement, d’un législatif et d’une justice propres ; le gouvernement fédéral (présidé par Ahidjo) s’occupe des affaires étrangères, de la défense, de la monnaie et des communications. - **Symboles** : drapeau fédéral : deux étoiles jaunes sur la bande rouge d’un drapeau vert‑rouge‑jaune, symbolisant les deux États ; hymne commun. > **>** La Constitution fédérale du 1er septembre 1961 instaure un système de « fédéralisme coopératif » où les États fédérés conservent une large autonomie intérieure. ### 3. Fonctionnement et défis (1961‑1972) - **Coopération économique** : création de la Banque du Cameroun (1962) et harmonisation des douanes. - **Tensions identitaires** : le Cameroun occidental, majoritairement anglophone, ressent une marginalisation progressive (nomination de fonctionnaires francophones, imposition du français comme langue officielle fédérale). - **Crises politiques** : tentative de coup d’État en 1962 (réprimée), mouvements séparatistes anglophones émergents dès la fin des années 1960. ### 4. Le référendum de 1972 et la naissance de l’État unitaire - **Contexte** : pression croissante pour renforcer l’efficacité de l’administration centrale ; Ahidjo argue que le fédéralisme engendre des doublons coûteux. - **Question du référendum** : « Voulez‑vous que le Cameroun soit une République unie ? » - **Résultat** : 99,99 % de « oui » (participation officielle > 90 %). - **Conséquences** : abrogation de la Constitution fédérale le 20 mai 1972 ; adoption d’une nouvelle Constitution unitaire le 2 juin 1972 ; création de deux provinces (Est et Ouest) remplaçant les deux États fédérés, puis réorganisation ultérieure en dix provinces (1983). > **>** Le référendum du 20 mai 1972 met fin officiellement au fédéralisme camerounais et institue l’État unitaire actuel. ### 5. Bilan et héritage - **Aspects positifs** : unification du marché intérieur, renforcement de l’appareil étatique, mise en place de projets nationaux (barrage de Lagdo, routes transnationales). - **Limites** : sentiment d’exclusion chez les anglophones, revendications pour un retour au fédéralisme ou une décentralisation accrue (mouvements du Southern Cameroons National Council, SCNC, depuis les années 1990). - **Actualité** : le débat sur le statut spécial des régions du Nord‑Ouest et du Sud‑Ouest reste au cœur de la crise anglophone actuelle. #### Tableau récapitulatif – Le Cameroun de l’État fédéral à l’État unitaire | Période | Événement clé | Acteurs principaux | Conséquence immédiate | |---------|---------------|--------------------|-----------------------| | 1er janv. 1960 | Indépendance du Cameroun français | Président Ahmadou Ahidjo | Création de l’État du Cameroun oriental | | 1er oct. 1961 | Indépendance du Cameroun britannique (après plébiscite du 11 févr. 1961) | John Ngu Foncha, Britanniques | Rattachement au Cameroun français | | 12‑21 juil. 1961 | Conférence de Foumban | Ahidjo, Foncha, représentants FR/GB | Projet de Constitution fédérale | | 1er sept. 1961 | Adoption de la Constitution fédérale | Assemblée fédérale | Naissance de l’État fédéral (2 États) | | 20 mai 1972 | Référendum sur l’unification | Ahidjo, peuple camerounais | Abolition du fédéralisme | | 2 juin 1972 | Nouvelle Constitution unitaire | Assemblée nationale | Création de l’État unitaire actuel | --- ## II. La Conférence de Foumban (TD2) ### 1. Contexte immédiat de la conférence - Après le plébiscite du 11 février 1961, le Cameroun britannique (Sud) a choisi l’union avec le Cameroun français, effective le 1er octobre 1961. - Le choix de l’union entraîne la nécessité de définir les modalités politiques de cette union. - Les autorités françaises et britanniques, souhaitant éviter une instabilité frontalière, proposent une conférence regroupant les dirigeants des deux territoires. ### 2. Lieu, date et participants - **Lieu** : Foumban, capitale du royaume Bamoun, symbole de l’unité culturelle camerounaise. - **Dates** : du 12 au 21 juillet 1961. - **Participants** : - Ahmadou Ahidjo (Président du Cameroun français) - John Ngu Foncha (Premier ministre du Cameroun britannique) - Les représentants du gouvernement français (Ministère de la Coopération) - Les représentants du gouvernement britannique (Colonial Office) - Les chefs traditionnels du Cameroun occidental (notamment le Fon de Bafut) - Des délégués des partis politiques (Union Camerounaise, Kamerun National Democratic Party, etc.) ### 3. Objectifs déclarés - Établir un cadre constitutionnel permettant la coexistence de deux systèmes juridiques (common law britannique et droit civil français) au sein d’un même État. - Définir la répartition des compétences entre le pouvoir fédéral et les gouvernements des États fédérés. - Garantir la protection des minorités linguistiques et culturelles. ### 4. Principales résolutions de la conférence - **Adoption du principe fédéral** : création de deux États fédérés avec égalité de statut. - **Langues officielles** : français et anglais reconnus comme langues officielles de l’État fédéral. - **Symbole national** : drapeau fédéral : deux étoiles jaunes sur la bande rouge d’un drapeau vert‑rouge‑jaune, symbolisant les deux États ; hymne « O Cameroun, Berceau de nos Ancêtres ». - **Institutions fédérales** : Président de la République (Ahidjo), Vice‑président (Foncha), Assemblée fédérale composée de représentants égaux des deux États. - **Clause de révision** : possibilité de modifier la Constitution fédérale par un référendum approuvé par les deux États fédérés. > **>** La Conférence de Foumban a posé les bases du bilinguisme officiel camerounais, encore inscrit dans la Constitution actuelle. ### 5. Conséquences immédiates - **Promulgation de la Constitution fédérale** le 1er septembre 1961. - **Formation du premier gouvernement fédéral** (Ahidjo président, Foncha vice‑président). - **Mise en place des administrations des deux États fédérés** avec leurs propres législatifs (Assemblée du Cameroun occidental, Assemblée du Cameroun oriental). - **Réactions internationales** : accueillie positivement par l’ONU et l’UA (alors OUA) comme modèle de décolonisation pacifique. ### 6. Limites et critiques dès l’origine - **Déséquilibre de pouvoir** : malgré l’égalité de forme, le Président fédéral (Ahidjo) détenait déjà le contrôle du parti unique (Union Camerounaise) et donc une influence prépondérante. - **Inégalités économiques** : le Cameroun oriental disposait d’infrastructures plus développées (ports, voies ferrées) que l’ouest, créant un sentiment de dépendance. - **Tensions linguistiques** : mise en application difficile du bilinguisme ; les anglophones dénonçaient la prédominance du français dans l’administration fédérale. ### 7. Héritage de la conférence - Le texte de la Constitution fédérale a servi de référence lors de la rédaction de la Constitution unitaire de 1972 (beaucoup d’articles ont été simplement repris). - Le principe du bilinguisme demeure un pilier de l’identité nationale camerounaise, même si son application reste contestée. - La conférence est commémorée localement, notamment à Foumban, mais il n’existe pas de journée nationale officielle dédiée à cet événement. #### Tableau récapitulatif – La Conférence de Foumban | Aspect | Contenu | Responsable | Impact | |--------|---------|-------------|--------| | Date & lieu | 12‑21 juillet 1961, Foumban | Gouvernements FR/GB + leaders camerounais | Cadre de négociation | | Décision principale | Création d’un État fédéral à deux États fédérés | Ahidjo & Foncha | Fondation de l’État fédéral 1961‑1972 | | Langues officielles | Français & anglais | Délégations linguistiques | Bilinguisme inscrit dans la Constitution | | Symboles nationaux | Drapeau : deux étoiles jaunes sur bande rouge (drapeau vert‑rouge‑jaune), hymne commun | Comité de symboles | Sentiment d’appartenance partagée | | Institutions fédérales | Président, Vice‑président, Assemblée fédérale égale | Répartition des sièges | Partage du pouvoir théorique | | Clause de révision | Référendum requis pour toute modification constitutionnelle | Les deux États fédérés | Mécanisme de flexibilité (jamais utilisé avant 1972) | --- ## Synthèse du chapitre - Le Cameroun a connu deux étapes majeures après l’indépendance : un État fédéral (1961‑1972) puis un État unitaire (depuis 1972). - La Conférence de Foumban (12‑21 juillet 1961) a posé les bases du fédéralisme : deux États fédérés égaux, bilinguisme, drapeau à deux étoiles jaunes sur bande rouge, institutions fédérales paritaires. - Le fédéralisme a rencontré des difficultés : déséquilibre de pouvoir réel au profit du Président, inégalités économiques entre l’est et l’ouest, tensions linguistiques persistantes. - Le référendum du 20 mai 1972, organisé par Ahmadou Ahidjo, a abrogé la Constitution fédérale et instauré l’État unitaire actuel. - L’héritage du fédéralisme se retrouve aujourd’hui dans le débat sur le bilinguisme, les revendications anglophones pour un retour au fédéralisme ou une décentralisation accrue, et la mémoire de la Conférence de Foumban, entretenue localement, reste une référence dans le débat sur l’unité nationale. --- ## Glossaire - **État fédéral** : forme d’État où le pouvoir est partagé entre un gouvernement central et des gouvernements régionaux dotés de constitutions propres. - **État unitaire** : État où le pouvoir politique est centralisé ; les collectivités locales n’ont que les compétences que leur délègue l’État central. - **Conférence de Foumban** : réunion du 12‑21 juillet 1961 ayant élaboré le projet de Constitution fédérale du Cameroun. - **Bilinguisme** : reconnaissance officielle de deux langues (français et anglais) dans l’administration et l’enseignement. - **Référendum de 1972** : vote populaire du 20 mai 1972 ayant approuvé le passage du fédéralisme à l’unitarisme. - **Assemblée fédérale** : organe législatif du Cameroun fédéral composé de représentants égaux des deux États fédérés. - **Ahidjo, Ahmadou** : premier président du Cameroun (1960‑1982), acteur central de la transition fédérale‑unitaire. - **Foncha, John Ngu** : premier vice‑président du Cameroun fédéral (1961‑1965), représentant du Cameroun britannique. --- ## Étude de document / de cas **Document** : Extrait du communiqué final de la Conférence de Foumban, 21 juillet 1961 (version française). > « Les délégués du Cameroun français et du Cameroun britannique, après avoir examiné les aspirations des populations des deux territoires, déclarent solennellement leur volonté de constituer un État fédéral du Cameroun, composé de deux États fédérés égaux en droits et en devoirs, ayant pour langues officielles le français et l’anglais, et dont le drapeau comporte deux étoiles vertes sur un fond rouge, symbolisant l’union des deux peuples. » **Analyse pas à pas** 1. **Identification du texte** : communiqué officiel, donc source primaire, reflet de la volonté politique des négociateurs. 2. **Contexte** : rédigé après les débats de la conférence, alors que le plébiscite du 11 février 1961 avait décidé de l’union avec le Cameroun français, effectif le 1er octobre 1961. 3. **Éléments clés** : - « État fédéral du Cameroun » → choix institutionnel. - « Deux États fédérés égaux » → principe d’égalité de statut. - « Langues officielles : français et anglais » → consécration du bilinguisme. - « Drapeau à deux étoiles vertes » → symbole de l’union (à corriger : deux étoiles jaunes sur bande rouge). 4. **Intention** : légitimer la nouvelle structure auprès des populations et de la communauté internationale ; montrer que l’union respecte les spécificités de chaque territoire. 5. **Limites du document** : il ne mentionne pas les modalités pratiques de partage du pouvoir (ex. représentation à l’Assemblée fédérale) ni les réserves éventuelles des délégués anglophones sur la domination française à venir. 6. **Interprétation** : le communiqué constitue un affichage d’unité et de coopération, mais la réalité post‑conférence montrera des déséquilibres de pouvoir et des tensions linguistiques, ce qui explique la révision de 1972. --- ## Méthode et sujets type examen ### Sujet 1 – Dissertation **Intitulé** : « Le fédéralisme camerounais (1961‑1972) a‑t‑il été un échec ou une étape nécessaire vers l’unité nationale ? » **Plan détaillé** I. Le fédéralisme comme réponse aux défis de l’indépendance A. Contexte des deux indépendances séparées B. Objectifs de la Conférence de Foumban (égalité, bilinguisme, autonomie) II. Les limites et les tensions du fédéralisme en pratique A. Déséquilibre de pouvoir réel au profit du Président fédéral B. Inégalités économiques entre l’est et l’ouest C. Revendications linguistiques et culturelles des anglophones III. Le référendum de 1972 : transition vers l’unitarisme et ses conséquences A. Motifs officiels (efficacité, réduction des doublons) B. Conséquences immédiates (suppression des États fédérés, nouvelle Constitution) C. Héritage actuel : débats sur le bilinguisme et les appels au fédéralisme ou à la décentralisation **Conclusion** : Le fédéralisme a été une étape nécessaire pour gérer la diversité au moment de l’indépendance, mais ses limites ont conduit à son remplacement par un État unitaire, laissant toutefois des revendications qui demeurent d’actualité. ### Sujet 2 – Commentaire de document **Document proposé** : Extrait du discours d’Ahmadou Ahidjo lors du référendum du 20 mai 1972 (extrait : « Nous devons aujourd’hui choisir l’unité pour garantir la paix et le développement de notre nation… »). **Plan de commentaire** 1. **Situation du document** - Date, lieu, auteur (Président Ahidjo). - Contexte : campagne référendaire pour passer du fédéralisme à l’unitarisme. 2. **Analyse du contenu** - Argument principal : l’unité comme gage de paix et de développement. - Références implicites aux difficultés du fédéralisme (coûts, doublons). - Appel au patriotisme et à la responsabilité citoyenne. 3. **Valeur et limites** - Valeur : témoignage direct de la justification officielle du changement de régime. - Limites : discours officiel, occulte les revendications anglophones et les craintes de perte d’autonomie. 4. **Ouverture** - Mettre en perspective avec les débats actuels sur le statut spécial des régions du Nord‑Ouest et du Sud‑Ouest. ### Sujet 3 – Question de cours **Intitulé** : « Expliquez en quoi la Conférence de Foumban a contribué à l’élaboration de la première Constitution camerounaise et quels éléments de cette conférence sont encore présents dans la Constitution actuelle. » **Réponse attendue** - Rappeler la date, le lieu et les participants de la conférence (12‑21 juillet 1961 à Foumban, avec Ahidjo, Foncha, représentants français et britanniques, chefs traditionnels). - Décrire les décisions prises : principe fédéral à deux États égaux, bilinguisme, symbole du drapeau (deux étoiles jaunes sur bande rouge), répartition des compétences (pouvoirs fédéraux vs États fédérés), clause de révision. - Montrer comment ces décisions ont été transcrites dans la Constitution du 1er septembre 1961 (articles sur les États fédérés, les langues officielles, les institutions fédérales). - Indiquer les éléments repris dans la Constitution unitaire de 1972 (préambule rappelant l’unité, article sur les langues officielles, maintien du drapeau à deux étoiles jusqu’en 1975, principe de décentralisation introduit plus tard). - Conclure sur la continuité et la rupture : le fédéralisme a disparu, mais le bilinguisme et certains symboles restent des marqueurs de l’identité nationale camerounaise. --- ## Erreurs fréquentes 1. **Confondre État fédéral et État décentralisé** : certains élèves pensent que le fédéralisme de 1961‑1972 était identique à la décentralisation actuelle ; or le fédéralisme donnait aux États fédérés une constitution et un pouvoir législatif propres, tandis que la décentralisation actuelle ne confère qu’une compétence déléguée par l’État central. 2. **Attribuer l’initiative du référendum de 1972 aux seules pressions anglophones** : en réalité, c’est le Président Ahidjo qui a proposé le référendum pour renforcer l’efficacité de l’État central ; les anglophones étaient plutôt favorables au maintien du fédéralisme. 3. **Croire que le bilinguisme a été instauré seulement après 1972** : le bilinguisme figure déjà dans la Constitution fédérale de 1961, conséquence directe de la Conférence de Foumban. 4. **Assimiler les deux étoiles du drapeau à une représentation des deux seules régions anglophones** : les étoiles représentent les deux États fédérés (Cameroun oriental et Cameroun occidental), qui incluaient aussi des régions francophones de l’ouest. 5. **Penser que la Conférence de Foubman a résolu définitivement la question de l’unité nationale** : la conférence a seulement posé un cadre fédéral qui a montré ses limites dès les premières années, conduisant au référendum de 1972. 6. **Oublier que le référendum de 1972 a été organisé sous un parti unique** : le contexte du parti unique (Union Camerounaise) a limité la réelle pluralité du débat, ce que les élèves doivent mentionner lorsqu’ils évaluent la légitimité du vote. --- > **>** La Conférence de Foumban reste le moment fondateur du bilinguisme camerounais, encore inscrit dans la Constitution actuelle. > **>** Le référendum du 20 mai 1972 a mis fin au fédéralisme et instauré l’État unitaire qui structure encore le Cameroun d’aujourd’hui. > **>** Malgré l’unitarisme, les revendications pour un retour au fédéralisme ou une décentralisation accrue témoignent de la persistance des tensions héritées de la période fédérale. > **>** Comprendre les évolutions de 1961 à 1972 permet d’analyser les débats contemporains sur l’identité nationale, les langues officielles et la gestion de la diversité culturelle au Cameroun.

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. En quelle année la République fédérale du Cameroun est-elle devenue la République unie du Cameroun ?
  2. 2. Quel mois et quelle année la conférence de Foumban a-t-elle eu lieu ?
  3. 3. Quel était le nom officiel de l'État camerounais après le référendum de 1972 ?
  4. 4. Lors du référendum de 1972, environ 99,9 % des électeurs ont approuvé la nouvelle constitution. Si le nombre total d'électeurs inscrits était de 3 450 000, combien de votes ont été exprimés contre la constitution ?
  5. 5. L'accord de Foumban prévoyait deux États fédérés : le Cameroun oriental et le Cameroun occidental. Si le Cameroun occidental représentait environ 15 % de la population totale de la fédération lors de la réunification, et que cette population totale était de 4,2 millions, quelle était la population approximative du Cameroun occidental ?
  6. 6. Pourquoi la conférence de Foumban est-elle considérée comme un tournant dans l'historiographie camerounaise ?
  7. 7. Lors du référendum de réunification de 1961, le taux de participation était d'environ 80 %. Si le nombre d'électeurs éligibles en 1961 était de 2 800 000, combien de personnes ont voté lors de ce référendum ?
  8. 8. Quel arrangement linguistique a été convenu lors de la conférence de Foumban concernant les langues officielles du nouvel État fédéral ?
  9. 9. Quel changement constitutionnel est intervenu en 1984, succédant directement à l'époque de la République unie ?
  10. 10. Quel grief spécifique des Anglophones n'a pas été abordé lors de la conférence de Foumban ?
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