Chapitre 14
Systèmes commandés par ordinateur (partie 2/2)
Lecture : 18 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
- Décrire le fonctionnement des actionneurs commandés par un calculateur automobile et expliquer les signaux de commande utilisés (PWM, courant, tension).
- Identifier les différents types d’actionneurs (électromagnétiques, hydrauliques, pneumatiques, piezoélectriques) et leurs applications typiques dans un véhicule.
- Réaliser le schéma de câblage d’un actionneur simple et vérifier la conformité aux normes de sécurité (ISO 26262, NF C 15-100).
- Expliquer le principe du multiplexage automobile, les avantages du bus CAN et les caractéristiques d’une trame CAN.
- Calculer le débit d’un bus CAN à partir de la vitesse de transmission et de la taille des trames.
- Interpréter un diagramme de bus LIN/CAN et proposer une architecture de multiplexage adaptée à un système d’éclairage ou de climatisation d’un véhicule léger.
- Appliquer les règles de dépannage (vérification de continuité, mesure de résistance d’isolement, lecture des codes défaut) en respectant les consignes de sécurité hygiène et environnement.
**Prérequis :**
- Notions de base en électricité automobile (tension, courant, résistance, loi d’Ohm).
- Connaissance des composants électroniques usuels (diodes, transistors, résistances, capacités).
- Lecture de schémas électriques simples et utilisation d’un multimètre numérique.
- Notions de sécurité en atelier (port des EPI, consignes de mise à la terre, manipulation des fluides sous pression).
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## Introduction contextualisée
Dans les véhicules modernes, pratiquement toutes les fonctions sont pilotées par un ou plusieurs calculateurs électroniques (ECU). Ces unités reçoivent des informations provenant de divers capteurs, les traitent selon des algorithmes embarqués et envoient des commandes aux actionneurs qui effectuent les mouvements mécaniques ou les variations de fluide nécessaires. Le chapitre précédent a présenté les capteurs et le traitement des données ; ici nous nous intéressons à la **commande de sortie** (les actionneurs) et au **multiplexage**, qui permet de réduire le nombre de fils tout en assurant une communication fiable entre les différents modules électroniques.
Au Cameroun, le parc automobile comprend de plus en plus de véhicules équipés de systèmes électroniques avancés (injection directe, freinage ABS, climatisation automatique). Les techniciens doivent donc maîtriser non seulement le câblage traditionnel, mais aussi les réseaux de bus (CAN, LIN) qui sont devenus la norme dans les ateliers de maintenance agréés. Ce chapitre fournit les connaissances théoriques et les procédés pratiques indispensables pour intervenir en toute sécurité sur ces systèmes.
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## I. Commande de sortie du calculateur (les actionneurs)
### A. Généralités sur les actionneurs
Un actionneur est un dispositif qui convertit un signal électrique provenant du calculateur en une action physique (mouvement linéaire ou rotatif, variation de pression, génération de chaleur, etc.). Selon la nature de l’action, on distingue :
| Type d’actionneur | Principe de fonctionnement | Exemple d’application |
|-------------------|----------------------------|-----------------------|
| Électromagnétique | Force créée par un champ magnétique bobiné | Injecteur de carburant, électrovanne de EGR |
| Hydraulique | Mouvement d’un piston sous pression d’huile | Servo‑direction, freinage ABS |
| Pneumatique | Mouvement d’un piston sous air comprimé | Klaxon, suspension active |
| Piezoélectrique | Déformation d’un cristal sous tension | Allumage à étincelle haute fréquence, capteur de pression |
> **>** Un actionneur doit être choisi en fonction de la puissance requise, du temps de réponse et de l’environnement (température, vibrations, présence de fluides).
### B. Types d’actionneurs et leurs caractéristiques
1. **Actionneur électromagnétique**
- Bobine de fil de cuivre entourant un noyau ferromagnétique.
- Lorsque le calculateur applique une tension, un courant I traverse la bobine créant un champ B = μ₀·N·I / l (N = nombre de spires, l = longueur du noyau).
- Le champ attire une armature mobile produisant une force F = B·I·l.
- Temps de réponse typique : 1–5 ms.
- Exemple : injecteur common‑rail (pression 2000 bar, ouverture 0,2 ms).
2. **Actionneur hydraulique**
- Utilise la pression d’un fluide (huile minérale) pour déplacer un piston.
- La force exercée est F = P·A (P = pression, A = surface du piston).
- Temps de réponse plus lent (10–50 ms) mais capable de forces élevées (kN).
- Exemple : vérin de freinage ABS.
3. **Actionneur pneumatique**
- Fonctionne avec de l’air comprimé (pression 6–8 bar).
- Avantages : légèreté, rapidité, absence de fuite d’huile.
- Inconvénients : besoin d’un compresseur et d’un réservoir.
- Exemple : klaxon électrique.
4. **Actionneur piezoélectrique**
- Cristal qui se déforme sous application d’une tension élevée (quelques centaines de volts).
- Très rapide (µs) mais déplacement limité (µm).
- Utilisé pour l’allumage à étincelle et certains capteurs de pression.
### C. Principe de commande par le calculateur
Le calculateur ne fournit généralement pas une tension continue pure ; il module la puissance moyenne grâce à des signaux **PWM** (Pulse Width Modulation).
- **PWM** : signal carré de fréquence f (souvent 100 Hz à 20 kHz selon l’actionneur) dont le rapport cyclique α = Ton / T détermine la tension moyenne Vmoy = α·Vcc.
- Pour les actionneurs nécessitant un courant précis (injecteurs, électrovannes), le calculateur pilote un **driver** (transistor MOSFET ou Darlington) qui régule le courant grâce à une contre‑réaction (mesure de la chute de tension sur une résistance shunt).
- Certains actionneurs (ex. servo‑direction) reçoivent une **tension analogique** directement provenant d’un DAC (convertisseur numérique‑analogique) du calculateur.
> **>** La fréquence du PWM doit être suffisamment élevée pour éviter les vibrations mécaniquesaudibles, mais suffisamment basse pour limiter les pertes de commutation dans le transistor de puissance.
### D. Schéma de câblage typique (exemple injecteur)
```
+12 V ----+----[Relais d’alimentation]----+----> Vcc (injecteur)
| |
| |
| +---------+----------+
| | |
| [Driver MOSFET] [Résistance shunt]
| | |
| +---------+----------+
| |
| +---------+----------+
+----> Signal PWM du calculateur ---------> Gate MOSFET
|
+----> Masse (châssis)
```
- Le relais d’alimentation protège le calculateur contre les courants d’appel.
- Le driver MOSFET assure la commutation rapide du courant à travers l’injecteur.
- La résistance shunt (souvent 0,1 Ω) permet de mesurer le courant réel ; la tension aux bornes de cette résistance est renvoyée au calculateur via une entrée analogique pour boucler le contrôle en courant.
### E. Exemple d’atelier : commande d’un injecteur common‑rail sur un moteur diesel 2,5 L (véhicule de transport de marchandises au Cameroun)
**Données :**
- Pression d’injection : 1800 bar.
- Temps d’ouverture souhaité : 0,30 ms par cycle.
- Fréquence du moteur à 2000 tr/min → 33,3 rev/s → 66,6 cycles d’injection par seconde (4 temps).
- Tension d’alimentation du calculateur : Vcc = 12 V.
- Courant nominal de l’injecteur : I = 12 A.
**Étapes :**
1. **Détermination du rapport cyclique PWM**
- Période du PWM choisie : f = 10 kHz → T = 0,1 ms.
- Pour obtenir une ouverture de 0,30 ms, il faut que l’injecteur soit alimenté pendant 3 périodes consécutives (α = 3·T / Tperiode_moteur).
- Comme le moteur tourne à 66,6 Hz, la période d’injection est 1/66,6 ≈ 15 ms.
- α = 0,30 ms / 15 ms = 0,02 (2 %).
- Le calculateur génère donc un PWM à 10 kHz avec un rapport cyclique de 2 % pendant la fenêtre d’injection.
2. **Vérification du courant moyen**
- Courant moyen Imoy = α·I = 0,02·12 A = 0,24 A.
- Cette valeur est compatible avec la capacité du driver MOSFET (souvent classé pour 5 A en continu).
3. **Mesure en atelier**
- Brancher une pince ampèremétrique sur le fil d’alimentation de l’injecteur.
- Observer une impulsion de courant de ~12 A d’une durée de 0,30 ms toutes les 15 ms.
- Vérifier avec un oscilloscope que le front montant du signal PWM coïncide avec le déclenchement du courant.
4. **Contrôle de sécurité**
- S’assurer que le relais d’alimentation est bien enclenché avant de mettre le contact.
- Porter des lunettes de protection et des gants anti‑coupure lors de la manipulation du rail à haute pression.
- Vérifier l’absence de fuite de carburant avant de démarrer le moteur.
> **>** Toute intervention sur un système d’injection sous pression doit respecter la procédure de dépressurisation (ouverture du bouchon de purge) afin d’éviter les projections de carburant sous haute pression.
### F. Normes et règles de sécurité associées
- **ISO 26262** : gestion de la sécurité fonctionnelle des systèmes électroniques automobiles.
- **NF C 15-100** : installations électriques à basse tension – prescriptions particulières pour les véhicules.
- **Directive 2006/42/CE** (machines) : applicable aux actionneurs hydrauliques et pneumatiques.
- En atelier : port obligatoire de lunettes de sécurité, gants isolants, chaussures de sécurité ; utilisation d’un extincteur à poudre ABC à proximité des zones de travail avec fluides sous pression.
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## II. Multiplexage
### A. Définition et intérêt
Le multiplexage consiste à transmettre plusieurs signaux numériques sur un même support physique (fil torsadé, paire blindée, fibre optique) en les encapsulant dans des trames selon un protocole défini. Dans l’automobile, il permet :
- Réduction du poids et du coût du faisceau de câbles (jusqu’à 70 % de fils en moins).
- Amélioration de la fiabilité grâce à la détection d’erreurs (bit de parité, CRC).
- Facilité de diagnostic (codes défaut normalisés OBD‑II).
- Évolutivité : ajout de nouvelles fonctions sans refaire le faisceau.
### B. Principaux bus utilisés
| Bus | Débit typique | Topologie | Application principale |
|-----|---------------|-----------|------------------------|
| CAN (Controller Area Network) | 125 kbps – 1 Mbps | Ligne bus (multidrop) | Gestion moteur, transmission, freinage ABS |
| LIN (Local Interconnect Network) | 20 kbps | Maître‑esclave (monomaitre) | Éclairage, lève‑vitres, climatisation |
| FlexRay | 10 Mbps | Ligne bus ou en étoile | Systèmes de sécurité actifs (direction assistée, suspension active) |
| MOST (Media Oriented Systems Transport) | 25 Mbps – 1,5 Gbps | Anneau | Infotainment, audio/vidéo |
Dans le cadre du programme technique camerounais, l’accent est mis sur le **CAN** et le **LIN**, car ils équipent la majorité des véhicules légers et utilitaires présents sur le territoire.
### C. Structure d’une trame CAN (format standard 11 bits)
| Champ | Taille (bits) | Description |
|-------|---------------|-------------|
| SOF (Start of Frame) | 1 | Bit dominant indiquant le début de la trame |
| Identifiant | 11 | Priorité (plus petit = plus haute priorité) |
| RTR (Remote Transmission Request) | 1 | 0 = trame de données, 1 = trame distante |
| IDE (Identifier Extension) | 1 | 0 = format standard |
| r0 (réservé) | 1 | Toujours dominant |
| DLC (Data Length Code) | 4 | Nombre d’octets de données (0‑8) |
| Données | 0‑64 | 0 à 8 octets d’information utile |
| CRC (Cyclic Redundancy Check) | 15 | Détection d’erreurs |
| CRC Delimiter | 1 | Bit récessif |
| ACK (Acknowledgement) | 1 | Bit récessif envoyé par les récepteurs |
| ACK Delimiter | 1 | Bit récessif |
| EOF (End of Frame) | 7 | Bits récessifs marquant la fin de la trame |
| IFS (Inter‑Frame Space) | 3 | Temps d’attente avant la prochaine trame |
> **>** Le champ d’identifiant détermine la priorité du message : un identifiant plus petit (plus de bits dominants au début) accède au bus en premier en cas de collision (arbitrage par bit à bit).
### D. Exemple de calcul de débit
Supposons un réseau CAN configuré à 500 kbps, chaque trame transporte 8 octets de données (64 bits) plus l’en‑tête et le contrôle (SOF+ID+RTR+IDE+r0+DLC+CRC+ACK+EOF+IFS ≈ 47 bits).
- Bits totaux par trame ≈ 64 (données) + 47 (overhead) = 111 bits.
- Nombre maximal de trames par seconde = débit / bits par trame = 500 000 / 111 ≈ 4504 trames/s.
- Débit utile (données seulement) = 4504 trames/s × 64 bits = 288 256 bits/s ≈ 288 kbps.
Ainsi, environ 57 % du débit brut est consacré aux données utiles, le reste à la synchronisation et à la détection d’erreurs.
### E. Exemple professionnel : multiplexage du tableau de bord d’un véhicule léger de marque Toyota Corolla (année 2022) utilisé au Cameroun pour le transport de passagers
**Contexte :** Le tableau de bord regroupe les fonctions suivantes : indicateur de vitesse, compte‑tour, jauge de carburant, température du liquide de refroidissement, témoins d’alarme (pression d’huile, batterie, ABS). Toutes ces informations proviennent de différents ECU (moteur, transmission, ABS, climatisation).
**Architecture retenue :**
- **Bus CAN à 500 kbps** pour les données critiques (vitesse, régime, température moteur, pression d’huile).
- **Bus LIN à 20 kbps** pour les fonctions d’éclairage intérieur et les commandes de lève‑vitres (moins critiques, faible débit).
**Procédé de mise en œuvre en atelier :**
1. **Identification des points d’accès** : localisation des connecteurs CAN‑H et CAN‑L sous le tableau de bord (généralement un connecteur 4‑broches : CAN‑H, CAN‑L, GND, +12 V).
2. **Vérification de la continuité** : avec un ohmmètre, mesurer la résistance entre CAN‑H et CAN‑L (doit être environ 60 Ω, correspondant à deux résistances de terminaison de 120 Ω en parallèle).
3. **Contrôle du signal** : à l’aide d’un oscilloscope, observer un signal différentiel où le niveau dominant représente un « 0 » logique et le niveau récessif un « 1 ». La fréquence doit être proche de 500 kbps (temps de bit ≈ 2 µs).
4. **Insertion d’un nœud supplémentaire** : souder un dérivé (T‑tap) sur le faisceau CAN, ajouter une résistance de terminaison de 120 Ω si le nœud se trouve à l’extrémité du bus.
5. **Test fonctionnel** : utiliser un scanner OBD‑II pour lire les identifiants de trame (ex. 0x0C0 pour la vitesse, 0x0C5 pour le régime) et vérifier que les valeurs affichées correspondent aux mesures réelles (tachymètre, compteur de vitesse).
> **>** Toute modification du faisceau CAN doit respecter la longueur maximale de stub (derivation) de 0,3 m à 500 kbps afin de ne pas dégrader les réflexions de signal.
### F. Règles d’installation et de dépannage
- **Résistances de terminaison** : chaque extrémité du bus CAN doit présenter une résistance de 120 Ω entre CAN‑H et CAN‑L. Un manque ou un excès de terminaison provoque des réflexions et des erreurs de bit stuffing.
- **Gestion des masses** : toutes les masses du réseau doivent être référencées à un même point (châssis véhicule) afin d’éviter les différences de potentiel qui créent des courants de terre parasites.
- **Protection contre les surtensions** : utiliser des diodes de clamping (ex. TVS) sur chaque ligne CAN‑H/CAN‑L pour absorber les transients dus aux commutations de charges inductives (relais, moteurs).
- **Procédure de lecture des défauts** : connecter un scanner OBD‑II, noter les codes DTC (ex. P0600 – défaut de communication CAN), puis vérifier la continuité du bus, les résistances de terminaison et l’état des transceivers (souvent des composants SN65HVD230).
- **Sécurité** : travailler moteur éteint, débrancher la batterie avant de manipuler le faisceau CAN pour éviter les courts‑circuits accidentels.
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## III. Synthèse du chapitre
- **Actionneurs** : conversion d’un signal électrique en mouvement ou variation de fluide ; types électromagnétique, hydraulique, pneumatique, piezoélectrique.
- **Commande par calculateur** : signal PWM (fréquence 100 Hz‑20 kHz) pour moduler la puissance moyenne ; drivers MOSFET/Darlington pour réguler le courant ; mesure de courant via résistance shunt pour boucle fermée.
- **Schéma type** : relais d’alimentation → driver MOSFET → actionneur ; résistance shunt en retour vers le calculateur ; masse commune.
- **Normes** : ISO 26262 (sécurité fonctionnelle), NF C 15‑100 (installations électriques), directives machines pour hydraulique/pneumatique.
- **Multiplexage** : transmission de plusieurs signaux sur un même support ; réduction du faisceau, amélioration de la fiabilité, diagnostic normalisé.
- **Bus principaux** : CAN (125 kbps‑1 Mbps, priorité par identifiant) pour les systèmes critiques ; LIN (20 kbps, maître‑esclave) pour les accessoires faibles débit.
- **Trame CAN** : SOF (1 bit) + ID (11 bits) + RTR (1) + IDE (1) + r0 (1) + DLC (4) + Données (0‑64 bits) + CRC (15) + ACK (2) + EOF (7) + IFS (3).
- **Calcul de débit** : débit utile = (débit brut × données) / (données + overhead). Exemple à 500 kbps → ~288 kbps utiles.
- **Atelier** : vérification de continuité (60 Ω entre H/L), contrôle d’oscilloscope, ajout de nœuds avec résistances de terminaison, lecture des trames via scanner OBD‑II, respect des longueurs de stub (<0,3 m à 500 kbps).
- **Sécurité** : port des EPI, dépressurisation des systèmes hydrauliques/pneumatiques avant intervention, utilisation de résistances de terminaison correctes, protection contre les surtensions, respect des procédures de déconnexion de batterie.
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## Glossaire
- **Actionneur** : dispositif qui transforme un signal électrique du calculateur en une action mécanique, hydraulique, pneumatique ou optique.
- **PWM (Pulse Width Modulation)** : technique de modulation de la largeur d’impulsion permettant de varier la puissance moyenne d’un signal tout en conservant une fréquence fixe.
- **Bus CAN** : réseau de communication série robuste utilisé dans l’automobile, basé sur l’arbitrage par identifiant et la détection d’erreurs par CRC.
- **Trame CAN** : unité de donnée transmise sur le bus CAN, composée de champs de contrôle, d’identifiant, de données, de CRC et d’acquittement.
- **Résistance de terminaison** : résistance de 120 Ω placée aux extrémités d’un bus CAN pour absorber les réflexions de signal et garantir une bonne intégrité du signal.
- **Transceiver CAN** : circuit intégré qui convertit les niveaux logiques du contrôleur en niveaux différentiels du bus et vice‑versa (ex. SN65HVD230).
- **LIN (Local Interconnect Network)** : bus de faible débit (20 kbps) maître‑esclave destiné aux accessoires non critiques (éclairage, lève‑vitres).
- **OBD‑II** : système de diagnostic embarqué normalisé permettant la lecture des codes défaut et des paramètres en temps réel via une prise standardisée.
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Calcul du rapport cyclique PWM pour un électrovanne
**Données :**
- Tension d’alimentation du calculateur : Vcc = 12 V.
- Courant nominal de l’électrovanne : I = 0,8 A.
- Puissance moyenne souhaitée : Pmoy = 4,8 W.
**Question :** Déterminer le rapport cyclique α nécessaire et la tension moyenne aux bornes de l’électrovanne.
**Corrigé :**
Puissance moyenne Pmoy = Vmoy × Imoy.
Mais Imoy = α × I (puisque le courant est soit I soit 0 selon l’état du PWM).
Donc Pmoy = (α·Vcc) × (α·I) = α²·Vcc·I.
α = √(Pmoy / (Vcc·I)) = √(4,8 W / (12 V × 0,8 A)) = √(4,8 / 9,6) = √0,5 ≈ 0,707.
Rapport cyclique α ≈ 0,707 (70,7 %).
Tension moyenne Vmoy = α·Vcc = 0,707 × 12 V ≈ 8,48 V.
Courant moyen Imoy = α·I = 0,707 × 0,8 A ≈ 0,566 A.
Vérification : Pmoy = Vmoy × Imoy ≈ 8,48 V × 0,566 A ≈ 4,80 W ✔
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### Exercice 2 – Vérification de la terminaison d’un bus CAN
**Données :**
- Un technicien mesure la résistance entre les fils CAN‑H et CAN‑L d’un véhicule et obtient 55 Ω.
- Le bus est configuré à 250 kbps.
**Question :** Le bus est‑il correctement terminé ? Que faut‑il faire ?
**Corrigé :**
Pour un bus CAN, la résistance théorique entre H et L lorsqu’il est correctement terminé aux deux extrémités est :
Rterm = 120 Ω // 120 Ω = 60 Ω (deux résistances de 120 Ω en parallèle).
Une mesure de 55 Ω indique une résistance légèrement inférieure à 60 Ω, ce qui peut résulter de :
- Une résistance de terminaison manquante ou partiellement court‑circuitée (ex. une résistance de 120 Ω en parallèle avec une faible résistance parasite).
- Une mauvaise connexion (oxydation) qui crée un chemin de conductance supplémentaire.
**Action corrective :**
1. Localiser les deux résistances de terminaison (souvent situées dans les boîtiers de connexion du calculateur et du nœud le plus éloigné).
2. Vérifier visuellement leur état et mesurer chacune individuellement ; chacune doit lire environ 120 Ω.
3. Si l’une est hors tolérance (>10 % de différence), la remplacer par une résistance de 120 Ω, 0,25 W, métallique ou à film métallique.
4. Re‑mesurer la résistance entre H et L ; elle doit se rapprocher de 60 Ω (±5 Ω).
5. Effectuer un test de communication avec un scanner OBD‑II pour s’assurer que l’arbitrage et l’acquittement fonctionnent sans erreurs de bit stuffing.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / action corrective |
|----|------------------|-------------|----------------------------------------|
| 1 | Oublier de débrancher la batterie avant de travailler sur le faisceau CAN | Court‑circuit pouvant endommager les transceivers ou provoquer des étincelles | Toujours déconnecter la borne négative de la batterie et attendre 30 s pour décharger les condensateurs. |
| 2 | Utiliser une résistance de terminaison de mauvaise valeur (ex. 60 Ω au lieu de 120 Ω) | Réflexions de signal, augmentation du taux d’erreurs, perte de communication | Vérifier la valeur avec un ohmmètre avant soudure ; respecter la norme 120 Ω ±1 % à chaque extrémité du bus. |
| 3 | Négliger la longueur du stub (derivation) lors de l’ajout d’un nœud | Réflexions qui dégradent le signal, surtout à haut débit (≥500 kbps) | Limiter la longueur du stub à ≤0,3 m pour 500 kbps, ≤1 m pour 125 kbps ; utiliser des dérivées en T avec des paires torsadées courtes. |
| 4 | Omettre de vérifier la continuité des masses avant de mettre sous tension | Différences de potentiel provoquant des courants de terre pouvant endommager les ECU | Mesurer la résistance entre toutes les masses et le châssis ; elle doit être < 1 Ω. Relier toutes les masses à un point unique si nécessaire. |
| 5 | Utiliser un oscilloscope avec une portée de tension insuffisante pour observer le signal CAN différentiel | Mauvaise interprétation du signal, risque de mauvais diagnostic | Utiliser une sonde différentielle ou deux sondes en mode soustraction avec une bande passante ≥5 MHz et une échelle de tension adaptée (±5 V). |
| 6 | Ne pas porter de lunettes de protection lors de la manipulation de systèmes hydrauliques sous pression | Risque de projection de fluide pouvant causer des lésions oculaires | Toujours porter des lunettes de protection anti‑impact et des gants résistants aux hydrocarbures avant d’ouvrir un raccord sous pression. |
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*Fin du cours.*
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