Chapitre 4
Essais sur les bétons (partie 1/4)
Lecture : 16 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
- Décrire les essais permettant de caractériser l’eau, le ciment et les granulats entrant dans la composition du béton.
- Réaliser l’essai d’affaissement au cône d’Abrams et interpréter les résultats en fonction de la consistance souhaitée.
- Appliquer la méthode Dreux pour déterminer le dosage optimal d’un béton donné, en tenant compte des propriétés des constituants.
- Utiliser les normes camerounaises (NC B 03‑01, NC B 03‑02, NC B 03‑03) et respecter les règles de sécurité et d’hygiène sur un chantier ou en laboratoire.
**Prérequis :**
- Notions de base sur les constituants du béton (eau, ciment, granulats, adjuvants).
- Connaissance des unités de masse (kg, g) et de volume (L, m³).
- Savoir lire une fiche de données de sécurité (FDS).
- Maîtriser les opérations de pesée et de mesure de volume avec précision (± 1 %).
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## Introduction contextualisée
Le béton est le matériau de construction le plus utilisé au Cameroun, des ouvrages de voirie aux bâtiments industriels. Sa performance dépend étroitement de la qualité et du dosage de ses constituants. Avant de mettre en œuvre un béton sur chantier, le technicien doit vérifier que l’eau, le ciment et les granulats répondent aux exigences définies par les normes nationales et internationales. Les essais présentés dans ce chapitre (caractérisation des constituants, affaissement au cône d’Abrams, méthode Dreux) permettent de contrôler ces paramètres en laboratoire ou directement sur le chantier, d’ajuster le dosage et d’éviter les défauts tels que la ségrégation, le manque de résistance ou les fissures de retrait.
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## I. Leçon 6 : Essai de caractérisation des constituants du béton (eau, ciment, granulats) et propriétés chimiques
### 6.1 Caractérisation de l’eau de gâchage
L’eau utilisée pour gâcher le béton doit être propre, exempte de matières organiques, d’huiles, de sulfates et de chlorures en excès.
> **>** Eau potable conforme à la norme NC E 01‑01 : pH compris entre 6,5 et 8,5, conductivité inférieure à 800 µS/cm, matières en suspension ≤ 50 mg/L.
**Essais courants :**
- **Essai de pH** (pH-mètre ou papier indicateur).
- **Essai de conductivité** (conductimètre).
- **Essai de teneur en matières solides** (évaporation à 105 °C, pesée du résidu).
### 6.2 Caractérisation du ciment
Le ciment Portland ordinaire (CPO) est le plus répandu. Ses propriétés essentielles sont la finesse, la prise initiale et finale, et la résistance à la compression.
> **>** Finesse spécifique (Blaine) ≥ 300 m²/kg (NC C 01‑02).
> **>** Temps de prise initiale ≥ 45 min, prise finale ≤ 10 h (NC C 01‑03).
> **>** Résistance à la compression à 28 jours ≥ 32,5 MPa pour un CPO 32,5 (NC C 01‑04).
**Essais :**
- **Finesse** : méthode de Blaine (perméabilité à l’air).
- **Temps de prise** : aiguille de Vicat.
- **Résistance à la compression** : éprouvettes 4 × 4 × 16 cm, cure humide 24 h puis séchage, charge jusqu’à rupture.
### 6.3 Caractérisation des granulats
Les granulats sont classés selon leur taille (granulométrie) et leur forme. Ils influencent la travaillabilité, la densité et la résistance du béton.
| Classe granulats | Taille (mm) | Role principal |
|------------------|------------|----------------|
| Sable fin | 0,063 – 2 | Remplissage des vides, amélioration de la cohésion |
| Gravier moyen | 2 – 20 | Squelette structurel, résistance à la compression |
| Gravier gros | 20 – 63 | Réduction du retrait, amélioration de la durabilité |
> **>** Courbe granulométrique conforme à la norme NC G 01‑01 : pourcentage passant chaque tamis dans les limites prescrites.
**Essais :**
- **Analyse granulométrique** : tamisage successif, pesée des fractions.
- **Essai de densité apparente et du vide** : méthode du pycnomètre ou du volumètre.
- **Essai de teneur en matières fines** : lavage à l’eau, séchage, pesée.
- **Essai de forme et d’angularité** : méthode du flux ou du rapport d’allongement (facultatif mais utile pour les bétons de voirie).
### 6.4 Propriétés chimiques du béton
Après le gâchage, certaines réactions chimiques peuvent affecter la durabilité :
- **Réaction alcali‑silicate (RAS)** : formation de gel qui gonfle et fissure le béton lorsqu’il contient des silicates réactifs et un excès d’alcalis (Na₂O + K₂O > 0,6 % du poids du ciment).
- **Attaque sulfatique** : pénétration de sulfates (sol ou eau) entraînant la formation d’ettringite et de gypsum, provoquant une expansion et une perte de résistance.
- **Carbonatation** : réaction du CO₂ avec l’hydroxyde de calcium, réduisant le pH et favorisant la corrosion des armatures.
> **>** Pour limiter la RAS, utiliser un ciment à faible teneur en alcalis (< 0,6 %) ou incorporer un adjuvant inhibiteur (ex. nitrate de calcium).
> **>** En présence de sulfates, privilégier un ciment résistant aux sulfates (type SR) et maintenir un rapport eau/ciment ≤ 0,45.
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## II. Leçon 7 : Affaissement au cône d’ABRAM’S
### 7.1 Principe
L’essai d’affaissement mesure la consistance (travailabilité) du béton frais en déterminant l’affaissement vertical d’un cône métallique rempli de béton, puis retiré. Plus l’affaissement est grand, plus le béton est fluide.
### 7.2 Matériel
- Cônes d’Abrams en acier inoxydable, hauteur 30 cm, diamètre supérieur 10 cm, diamètre inférieur 20 cm.
- Plaque de base lisse, humidifiée.
- Tige de démoulage en acier, diamètre 1,6 cm, longueur 60 cm.
- Règle graduée en millimètres.
- Seau, pelle, gants de protection, lunettes de sécurité.
### 7.3 Procédure pas à pas
1. **Préparation** : humidifier la plaque de base et l’intérieur du cône.
2. **Remplissage** : remplir le cône en trois couches égales (environ 1/3 de la hauteur chacune). Après chaque couche, tapoter 25 fois avec la tige de démoulage pour éliminer l’air emprisonné.
3. **Égalisation** : égaliser la surface supérieure avec la règle.
4. **Retrait du cône** : soulever le cône verticalement d’un mouvement régulier, sans rotation, en 5 ± 2 s.
5. **Mesure** : mesurer immédiatement l’affaissement, c’est‑à‑dire la différence de hauteur entre le cône d’origine et le sommet du béton affaissé, à l’aide de la règle graduée.
> **>** Affaissement typique : 0–25 mm (béton sec), 25–50 mm (béton plastique), 50–100 mm (béton fluide), > 100 mm (béton très fluide ou auto‑plaçant).
### 7.4 Interprétation des résultats
- **Affaissement trop faible** (< 25 mm) : mélange trop sec, risque de mauvaise maniabilité, besoin d’ajouter de l’eau ou un plastifiant.
- **Affaissement excessif** (> 100 mm) : mélange trop liquide, risque de ségrégation et de perte de résistance ; réduire l’eau ou augmenter la proportion de ciment/granulats fins.
- **Affaissement dans la plage cible** (déterminée par le projet, ex. 75 ± 15 mm pour une dalle de voirie) : consistance adaptée, passage à l’étape de mise en place.
### 7.5 Normes et sécurité
- **Norme de référence** : NC B 03‑01 (Essais sur le béton frais – Affaissement au cône d’Abrams).
- **Sécurité** : porter des gants résistants à la coupure et des lunettes de protection ; éviter les projections de béton frais sur la peau (irritation alcaline).
- **Hygiène** : nettoyer immédiatement le matériel à l’eau pour éviter la prise du béton sur les surfaces métalliques.
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## III. Leçon 8 : Méthode Dreux
### 8.1 Principe
La méthode Dreux permet de déterminer le dosage optimal d’un béton en fonction de la résistance cible à la compression, du type de ciment, de la granulométrie des agrégats et du rapport eau/ciment souhaité. Elle repose sur des courbes de corrélation établies expérimentalement entre la résistance à 28 jours et le dosage du ciment pour un w/c donné.
### 8.2 Matériel
- Balance de précision (± 0,01 kg).
- Cylindres de dosage (gradués en litres).
- Tamis d’analyse granulométrique.
- Malaxeur de laboratoire (capacité 5 L).
- Moules pour éprouvettes (10 × 10 × 20 cm).
- Chambre de cure (humidité relative ≥ 95 %, température 20 ± 2 °C).
- Presse de compression (capacité ≥ 300 kN).
### 8.3 Étapes de la méthode
1. **Détermination du w/c cible** : choisir le rapport eau/ciment en fonction de l’exposition (ex. w/c = 0,45 pour un béton armé en intérieur, w/c = 0,40 pour une structure exposée aux sulfates).
2. **Sélection du type de ciment** : selon la norme NC C 01‑02 (CPO 32,5, CPJ 45, etc.).
3. **Calcul du dosage de ciment** : utiliser la courbe de Dreux (ou son équation approximative) :
\[
C = \frac{R_{cible}}{k \times (w/c)^{n}}
\]
où :
- \(C\) = dosage du ciment (kg/m³)
- \(R_{cible}\) = résistance à la compression souhaitée (MPa)
- \(k, n\) = coefficients dépendant du type de ciment (ex. pour CPO 32,5 : k ≈ 0,30, n ≈ 1,6).
4. **Calcul de la quantité d’eau** : \(E = C \times (w/c)\).
5. **Dosage des granulats** :
- Volume total du béton = 1 m³.
- Volume du ciment = \(C / \rho_c\) (ρc ≈ 3150 kg/m³).
- Volume de l’eau = \(E / 1000\) (ρeau ≈ 1000 kg/m³).
- Volume des granulats = 1 – (volume ciment + volume eau).
- Répartir ce volume entre sable et gravier selon la courbe granulométrique souhaitée (ex. 40 % sable, 60 % gravier).
6. **Préparation d’un essai** : mélanger les quantités calculées, réaliser trois éprouvettes, les curer 28 jours, mesurer la résistance à la compression.
7. **Ajustement** : si la résistance mesurée diffère de la cible de plus de ± 5 %, modifier légèrement le dosage de ciment (augmenter pour augmenter la résistance, diminuer pour l’inverse) et répéter l’essai.
### 8.4 Exemple chiffré entièrement résolu
**Objectif** : béton de classe C 30/37 (résistance caractéristique à 28 jours ≥ 30 MPa) pour une dalle intérieure, w/c = 0,45, ciment CPO 32,5.
1. **Coefficients** : pour CPO 32,5, k = 0,30, n = 1,6 (valeurs fournies dans le guide Dreux du MINESEC).
2. **Dosage du ciment** :
\[
C = \frac{R_{cible}}{k \times (w/c)^{n}} = \frac{30}{0,30 \times (0,45)^{1,6}}
\]
Calcul de \((0,45)^{1,6}\) :
\[
0,45^{1,6} = e^{1,6 \ln 0,45} = e^{1,6 \times (-0,7985)} = e^{-1,2776} \approx 0,279
\]
Donc :
\[
C = \frac{30}{0,30 \times 0,279} = \frac{30}{0,0837} \approx 359 \text{ kg/m³}
\]
3. **Eau** : \(E = C \times (w/c) = 359 \times 0,45 \approx 162 \text{ kg} \approx 162 \text{ L/m³}\).
4. **Granulats** :
- Volume du ciment = \(C / \rho_c\) avec \(\rho_c \approx 3150 \text{ kg/m³}\) → \(V_c = 359 / 3150 \approx 0,114 \text{ m³}\).
- Volume de l’eau = \(E / 1000\) (ρₑₐᵤ ≈ 1000 kg/m³) → \(V_e = 162 / 1000 = 0,162 \text{ m³}\).
- Volume des granulats = \(1 - (V_c + V_e) = 1 - (0,114 + 0,162) = 0,724 \text{ m³}\).
- Répartition sable/gravier 40/60 :
- Sable : \(V_s = 0,724 \times 0,40 = 0,290 \text{ m³}\) → masse \(m_s = V_s \times \rho_s\) avec \(\rho_s \approx 1600 \text{ kg/m³}\) → \(m_s \approx 0,290 \times 1600 = 464 \text{ kg}\).
- Gravier : \(V_g = 0,724 \times 0,60 = 0,434 \text{ m³}\) → masse \(m_g = V_g \times \rho_g\) avec \(\rho_g \approx 2600 \text{ kg/m³}\) → \(m_g \approx 0,434 \times 2600 = 1128 \text{ kg}\).
5. **Dosage final (pour 1 m³ de béton)** :
- Ciment : ≈ 360 kg
- Eau : ≈ 162 L
- Sable : ≈ 460 kg
- Gravier : ≈ 1130 kg
6. **Vérification** : après malaxage, moulage de trois éprouvettes, cure 28 jours, essai de compression → résistance moyenne obtenue ≈ 31 MPa, conforme à la cible.
> **>** La méthode Dreux permet de passer d’une résistance cible à un dosage concret en quelques étapes de calcul, tout en intégrant les contraintes de w/c et de type de ciment.
### 8.5 Normes et précautions
- **Norme de référence** : NC B 03‑02 (Dosage des bétons – Méthode Dreux).
- **Sécurité** : porter un masque anti‑poussière lors de la manipulation du ciment sec ; éviter l’inhalation de poussières de silice provenant des granulats.
- **Hygiène** : se laver les mains après manipulation du ciment frais (pH alcalin pouvant provoquer des irritations cutanées).
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## Synthèse du chapitre
- **Caractérisation des constituants** : eau (pH, conductivité, matières en suspension), ciment (finesse Blaine, temps de prise Vicat, résistance à la compression), granulats (analyse granulométrique, densité apparente, forme).
- **Affaissement au cône d’Abrams** : mesure de la consistance, procédure en trois couches, interprétation selon l’affaissement (0‑25 mm sec, 25‑50 mm plastique, 50‑100 mm fluide, > 100 mm très fluide).
- **Méthode Dreux** : détermination du dosage de ciment à partir d’une résistance cible, du w/c et du type de ciment, calcul de l’eau et des granulats, validation par essais sur éprouvettes.
- **Sécurité & normes** : respect des NC B 03‑01, NC B 03‑02, NC B 03‑03 ; port de gants, lunettes, masque anti‑poussière ; nettoyage immédiat du matériel.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| Affaissement | Mesure de l’affaissement vertical du béton frais après retrait du cône d’Abrams, indicateur de consistance. |
| Blaine | Méthode de mesure de la finesse spécifique du ciment (surface spécifique en m²/kg). |
| Courbe granulométrique | Représentation du pourcentage de matériau passant chaque tamis en fonction de l’ouverture du tamis. |
| Eau de gâchage | Eau utilisée pour mélanger le béton, doit respecter des critères de pureté (pH, conductivité, matières en suspension). |
| Méthode Dreux | Procédé de calcul du dosage d’un béton à partir d’une résistance cible, du w/c et du type de ciment. |
| Rapport eau/ciment (w/c) | Rapport masse d’eau / masse de ciment, influence la résistance et la travaillabilité du béton. |
| Résistance à la compression | Capacité du béton à supporter une charge axiale sans rupture, mesurée en MPa sur éprouvettes cubiques ou cylindriques. |
| Vicat | Appareil permettant de déterminer les temps de prise initiale et finale d’un pâte de ciment. |
| Granulats | Matériaux inertes (sable, gravier, cailloux) incorporés au béton pour fournir le squelette et réduire le retrait. |
| Adjuvant | Produit chimique ajouté en petite quantité pour modifier les propriétés du béton (plastifiant, retardateur, accélérateur, etc.). |
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Caractérisation de l’eau
Un prélèvement d’eau de chantier présente les valeurs suivantes : pH = 9,2, conductivité = 1200 µS/cm, matières en suspension = 80 mg/L.
**Question** : Cette eau est‑elle conforme à la norme NC E 01‑01 pour le gâchage du béton ? Justifiez votre réponse.
**Corrigé** :
- Le pH doit être compris entre 6,5 et 8,5 ; ici pH = 9,2 > 8,5 → non conforme.
- La conductivité doit être < 800 µS/cm ; ici 1200 µS/cm > 800 → non conforme.
- Les matières en suspension doivent être ≤ 50 mg/L ; ici 80 mg/L > 50 → non conforme.
**Conclusion** : l’eau ne respecte aucun des trois critères ; elle doit être traitée (filtration, adjonction d’acide pour baisser le pH) ou remplacée avant utilisation.
### Exercice 2 – Affaissement au cône d’Abrams
Lors d’un essai d’affaissement, on obtient les mesures suivantes après retrait du cône : hauteur du béton affaissé = 18 cm, hauteur initiale du cône = 30 cm.
**Question** : Calculer l’affaissement et déterminer la classe de consistance du béton.
**Corrigé** :
Affaissement = 30 cm − 18 cm = 12 cm = 120 mm.
Selon la classification :
- 0‑25 mm : béton sec
- 25‑50 mm : plastique
- 50‑100 mm : fluide
- > 100 mm : très fluide (auto‑plaçant).
Donc l’affaissement de 120 mm correspond à un béton **très fluide** (auto‑plaçant).
### Exercice 3 – Méthode Dreux (dosage)
On souhaite obtenir un béton de résistance caractéristique = 25 MPa, avec un w/c = 0,50, en utilisant un ciment CPJ 45. Les coefficients de la méthode Dreux pour ce ciment sont k = 0,25 et n = 1,6 (valeurs tirées du tableau officiel du MINESEC).
**Question** : Calculer le dosage de ciment (kg/m³) nécessaire.
**Corrigé** :
\[
C = \frac{R_{cible}}{k \times (w/c)^{n}} = \frac{25}{0,25 \times (0,50)^{1,6}}
\]
Calcul de \((0,50)^{1,6}\) :
\[
0,50^{1,6} = e^{1,6 \ln 0,5} = e^{1,6 \times (-0,6931)} = e^{-1,1090} \approx 0,330
\]
Donc :
\[
C = \frac{25}{0,25 \times 0,330} = \frac{25}{0,0825} \approx 303 \text{ kg/m³}
\]
Ce dosage est réaliste pour un béton de résistance moyenne.
Ensuite, on calcule l’eau : \(E = C \times (w/c) = 303 \times 0,50 = 151,5 \text{ kg} \approx 152 \text{ L/m³}\).
Volume du ciment : \(V_c = 303 / 3150 \approx 0,096 \text{ m³}\).
Volume de l’eau : \(V_e = 152 / 1000 = 0,152 \text{ m³}\).
Volume des granulats : \(1 - (0,096 + 0,152) = 0,752 \text{ m³}\).
Répartition sable/gravier 40/60 :
- Sable : \(0,752 \times 0,40 = 0,301 \text{ m³}\) → masse \(0,301 \times 1600 \approx 482 \text{ kg}\).
- Gravier : \(0,752 \times 0,60 = 0,451 \text{ m³}\) → masse \(0,451 \times 2600 \approx 1173 \text{ kg}\).
**Dosage final (pour 1 m³)** : ciment ≈ 300 kg, eau ≈ 152 L, sable ≈ 480 kg, gravier ≈ 1170 kg.
On peut vérifier par un essai sur éprouvettes que la résistance obtenue est proche de 25 MPa.
### Exercice 4 – Vérification d’un dosage
Un technicien prépare 1 m³ de béton avec les proportions suivantes : ciment = 300 kg, eau = 135 L, sable = 600 kg, gravier = 1100 kg.
**Question** : Vérifier le w/c et commenter la pertinence du dosage pour un béton destiné à une dalle intérieure (w/c recommandé ≈ 0,45).
**Corrigé** :
w/c = masse eau / masse ciment = 135 kg / 300 kg = 0,45.
Le w/c est exactement égal à la valeur recommandée.
Le dosage de ciment (300 kg/m³) est dans la plage habituelle pour un béton de résistance moyenne (25‑30 MPa).
Les granulats (sable + gravier = 1700 kg) représentent environ 85 % du poids total, ce qui est typique.
**Conclusion** : le dosage est adapté pour une dalle intérieure, à condition que la granulométrie soit bien répartie (ex. 35 % sable, 65 % gravier).
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| Situation | Erreur fréquente | Conséquence | Bonne pratique / règle de sécurité |
|-----------|------------------|-------------|------------------------------------|
| 1. Mesure de l’affaissement | Retirer le cône avec une rotation ou à vitesse variable | Affaissement faux (souvent sous‑estimé) → dosage inadéquat | Soulever le cône verticalement, sans rotation, en 5 ± 2 s ; utiliser une main guidée par un dispositif de maintien si nécessaire. |
| 2. Dosage de l’eau | Ajouter de l’eau au « feeling » sans pesée | w/c trop élevé → perte de résistance, ségrégation, fissures de retrait | Peser l’eau avec une balance de précision (± 0,01 kg) ; noter le volume correspondant (1 L ≈ 1 kg). |
| 3. Utilisation du ciment | Utiliser du ciment périmé ou stocké à l’humidité | Prise anormale, réduction de la résistance | Vérifier la date de fabrication et l’état du sac ; stocker le ciment dans un endroit sec, à l’abri de l’humidité, utiliser dans les 6 mois suivant la fabrication. |
| 4. Granulats sales | Employer du sable contenant de l’argile ou des matières organiques | Affaiblissement de l’adhérence ciment‑granulat, risque de fissuration | Laver les granulats si nécessaire ; réaliser un essai de teneur en matières fines avant utilisation. |
| 5. Sécurité personnelle | Manipuler le ciment sec sans protection respiratoire | Inhalation de poussière alcaline → irritation des voies respiratoires, risque de silicose | Porter un masque anti‑poussière (type P2) et des lunettes de sécurité lors du transfert du ciment sec. |
| 6. Nettoyage du matériel | Laisser le béton frais durer sur les outils | Détérioration du matériel, perte de précision des mesures | Nettoyer immédiatement les outils à l’eau abondante après chaque utilisation ; utiliser une brosse métallique pour les résidus tenaces. |
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*Fin de la fiche de cours.*
Quiz du chapitre
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