Se connecterS'abonner

Chapitre 7

LABORATOIRE (partie 3/4)

Lecture : 15 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - Décrire le principe, les composants et le fonctionnement de la chaîne ELISA (laveur de microplaque, incubateur, spectrophotomètre). - Expliquer le déroulement d’une électrophorèse sur gel (bac de migration, générateur électrique, densitomètre) et interpréter les résultats. - Présenter le cytomètre de flux, les agitateurs et les incubateurs (étuves, bain‑marie) ainsi que leurs applications en laboratoire médical. - Appliquer les règles de sécurité, d’hygiène et de bonnes pratiques de manipulation (BPM) propres à chaque dispositif. - Réaliser des calculs simples liés à la quantification ELISA (loi de Beer‑Lambert) et à la détermination de la tension d’alimentation en électrophorèse. **Prérequis** : Connaissances de base en biologie cellulaire, en biochimie (réactions antigène‑anticorps, migration des protéines), en physique (loi d’Ohm, loi de Beer‑Lambert) et en hygiène hospitalière (port des EPP, décontamination des surfaces). --- ## Introduction contextualisée Au Cameroun, les laboratoires de biologie médicale des hôpitaux de référence (Yaoundé, Douala, Garoua) s’appuient sur des chaînes d’analyse automatisées ou semi‑automatisées pour diagnostiquer les infections (VIH, hépatites, paludisme), les troubles métaboliques et les anomalies génétiques. La maîtrise des équipements décrits dans ce chapitre permet au technicien de laboratoire de garantir la fiabilité des résultats, de respecter les normes OMS/ISO 15189 et de participer activement à la surveillance épidémiologique nationale. --- ## I. Chaîne ELISA (Leçon 14) ### 1. Principe de l’ELISA L’Enzyme‑Linked Immunosorbent Assay (ELISA) détecte et quantifie un antigène ou un anticorps grâce à une réaction enzymatique qui produit un composé coloré mesurable en absorbance. Le format le plus utilisé en diagnostic est l’ELISA « sandwich » pour les antigènes solubles (ex. : antigène HBsAg). > **>** L’ELISA repose sur trois étapes successives : fixation de l’anticorps capture, incubation avec l’échantillon, ajout de l’anticorps détecteur conjugué à une enzyme (souvent la peroxydase de raifort, HRP). ### 2. Composants de la chaîne | Équipement | Fonction principale | Caractéristiques techniques usuelles | |------------|--------------------|--------------------------------------| | Laveur de microplaque | Élimine les réactifs non liés entre les étapes | 8‑ ou 12‑canaux, volume de lavage 200‑300 µl, programmation de cycles (3‑5 lavages) | | Incubateur à température contrôlée | Maintient la température de réaction (souvent 37 °C) | Plage 4‑60 °C, précision ±0,5 °C, agitation douce optionnelle | | Spectrophotomètre à lecture de puits | Mesure l’absorbance à une longueur d’onde spécifique (450 nm, parfois 620 nm comme référence) | Gamme 0‑4 Abs, résolution 0,001 Abs, lecture en 96 puits | ### 3. Déroulement pas à pas (protocole type) 1. **Préparation** : Réchauffer les réactifs à température ambiante, préparer les tampons de lavage (PBS‑Tween 0,05 %). 2. **Fixation de l’anticorps capture** : Déposer 100 µl d’anticorps capture (10 µg/ml) dans chaque puits, incuber 1 h à 37 °C. 3. **Lavage** : 3 cycles de lavage avec le laveur. 4. **Blocage** : Ajouter 200 µl de solution de blocage (BSA 1 %), incuber 30 min à 37 °C, laver. 5. **Incubation de l’échantillon** : 100 µl d’échantillon ou de étalon, incuber 1 h à 37 °C, laver. 6. **Ajout de l’anticorps détecteur‑enzyme** : 100 µl d’anticorps détecteur‑HRP (1 µg/ml), incuber 45 min à 37 °C, laver. 7. **Réaction de révélation** : Ajouter 100 µl de substrat TMB, incuber 15 min à l’obscurité, arrêter avec 50 µl d’acide sulfurique 2 M. 8. **Lecture** : Mesurer l’absorbance à 450 nm (référence 620 nm) avec le spectrophotomètre. ### 4. Principe de quantification – Loi de Beer‑Lambert L’absorbance mesurée (A) est proportionnelle à la concentration (c) de l’analyte : \[ A = \varepsilon \, l \, c \] - \(\varepsilon\) : coefficient d’absorptivité molaire (L·mol⁻¹·cm⁻¹) du produit coloré (ex. : TMB oxydé, \(\varepsilon_{450}= 1,2\times10^{4}\) L·mol⁻¹·cm⁻¹). - \(l\) : longueur du trajet optique (cm) – généralement 0,5 cm pour un puits de microplaque. - \(c\) : concentration du produit (mol·L⁻¹). > **>** En pratique, on utilise une courbe d’étalon (absorbance vs concentration connue) et on interpolera la concentration de l’échantillon. ### 5. Exemple chiffré entièrement résolu Un laboratoire mesure une absorbance moyenne de 0,642 ± 0,008 pour un puits d’échantillon. La courbe d’étalon donne la relation linéaire : \[ A = 0,025\,c\;(\text{µg/ml}) + 0,010 \] où \(c\) est la concentration de l’antigène en µg/ml. **Calcul** : \[ 0,642 = 0,025\,c + 0,010 \;\Longrightarrow\; c = \frac{0,642-0,010}{0,025}= \frac{0,632}{0,025}= 25,28\;\text{µg/ml} \] Incertitude propagée (ΔA = 0,008) : \[ \Delta c = \frac{\Delta A}{0,025}= \frac{0,008}{0,025}=0,32\;\text{µg/ml} \] **Résultat** : \(c = 25,3 \pm 0,3\;\text{µg/ml}\). ### 6. Normes, sécurité et bonnes pratiques - Porter des gants nitrile, une blouse et des lunettes de protection. - Décontaminer le laveur et le spectrophotomètre avec une solution d’hypochlorite 0,5 % après chaque série. - Respecter les temps d’incubation indiqués par le fabricant (souvent 37 °C ± 1 °C). - Éliminer les déchets biologiques dans des conteneurs de risque infectieux (classe III). --- ## II. Chaîne d’électrophorèse (Leçon 15) ### 1. Principe de l’électrophorèse sur gel Les molécules chargées (ADN, ARN, protéines) migrent dans un milieu gélifié sous l’effet d’un champ électrique. La vitesse de migration dépend de la charge nette, de la taille et de la forme de la molécule, ainsi que de la concentration du gel et du tampon utilisé. > **>** En électrophorèse des protéines (SDS‑PAGE), le sulfate de dodécylsodium (SDS) confère une charge négative proportionnelle à la masse, permettant une séparation principalement selon la taille. ### 2. Composants de la chaîne | Équipement | Fonction | Spécifications usuelles | |------------|----------|--------------------------| | Bac de migration (cuve) | Contient le gel et le tampon de migration | Volume 200‑500 ml, électrodes en platine, système de refroidissement optionnel | | Générateur électrique (alimentation) | Fournit une tension constante ou un courant constant | Tension 0‑300 V, courant 0‑500 mA, affichage numérique, protection contre les surcharges | | Densitomètre (ou système d’imagerie) | Quantifie les bandes colorées ou fluorescentes | Lecture en absorbance (540 nm) ou fluorescence, résolution 10 µm, logiciel d’analyse de bandes | ### 3. Déroulement pas à pas (SDS‑PAGE) 1. **Préparation du gel** : Mélanger acrylamide/bis‑acrylamide (10 % pour séparer 10‑200 kDa), tampon Tris‑HCl pH 8,8, SDS 0,1 %, initiateur (APS) et catalyseur (TEMED). Verser entre deux plaques, laisser polymériser 30‑45 min. 2. **Préparation des échantillons** : Mélanger 20 µl de protéine avec 5 µl de buffer de chargement (SDS 2 %, glycérol 10 %, bromophénol bleu, β‑méthanol) et chauffer 95 °C 5 min. 3. **Chargement** : Insérer les échantillons et les marqueurs de poids moléculaire dans les puits du gel. 4. **Migration** : Connecter les électrodes au générateur, appliquer une tension de 100 V (ou 20 mA) pendant 45‑60 min jusqu’à ce que le bromophénol bleu atteigne le bas du gel. 5. **Coloration** : Tremper le gel dans une solution de bleu de Coomassie (0,1 % Coomassie R‑250, 45 % méthanol, 10 % acide acétique) 1 h, puis décolorer avec le même mélange sans colorant jusqu’à obtention d’un fond clair. 6. **Acquisition** : Scanner le gel avec le densitomètre à 590 nm (absorbance du bleu de Coomassie). 7. **Analyse** : Utiliser le logiciel pour déterminer la distance de migration de chaque bande et calculer la masse moléculaire via la courbe d’étalon des marqueurs. ### 4. Relation entre tension, courant et résistance (loi d’Ohm) Le gel présente une résistance électrique \(R\) qui dépend de sa concentration et du tampon. La tension appliquée \(V\) et le courant \(I\) sont liés par : \[ V = I \, R \] > **>** Pour un gel de 10 % acrylamide dans un tampon Tris‑glycine, la résistance typique est d’environ 150 Ω à 100 V, ce qui donne un courant d’environ 0,67 mA. ### 5. Exemple chiffré : détermination de la tension nécessaire Un technicien souhaite maintenir un courant de 200 mA pour accélérer la migration d’un gel de 12 % (résistance mesurée \(R = 120\;Ω\)). \[ V = I \times R = 0,200\;A \times 120\;Ω = 24\;V \] Il règlera donc le générateur à 24 V (en mode courant constant) ou, en mode tension constante, il appliquera 24 V et vérifiera que le courant se stabilise autour de 200 mA. ### 6. Normes, sécurité et bonnes pratiques - Utiliser des lunettes de protection et des gants résistants aux produits chimiques (acrylamide est neurotoxique). - Effectuer la préparation du gel dans une hotte à flux laminaire afin d’éviter l’inhalation de poussières d’acrylamide. - Mettre le générateur hors tension avant de toucher les électrodes ou de changer le gel. - Éliminer les gels usés comme déchets dangereux (contenant acrylamide). - Vérifier l’intégrité des câbles et des connexions avant chaque mise sous tension. --- ## III. Cytomètre de flux, agitateurs et incubateurs (Leçon 16) ### 1. Cytomètre de flux Le cytomètre de flux analyse individuellement des particules en suspension (cellules, billes) lorsqu’elles traversent un faisceau laser. Il mesure la diffusion de lumière (frontale et latérale) et la fluorescence émise par des fluorochromes couplés à des anticorps. > **>** Les trois paramètres de base enregistrés sont : FSC (Forward Scatter) – taille granulaire, SSC (Side Scatter) – complexité interne, et la fluorescence dans un ou plusieurs canaux (ex. : FITC, PE, APC). #### Composants essentiels - **Système d’injection** : seringue sous pression ou pompe péristaltique, débit typique 10‑100 µl/min. - **Cellule de flux** : chambre où le flux hydrodynamique aligne les particules en monocouche. - **Laser(s)** : généralement un laser à 488 nm (argon) et/ou un laser à 638 nm (rouge). - **Détecteurs** : photodiodes pour FSC/SSC, photomultiplicateurs tubes (PMT) pour la fluorescence. - **Système d’acquisition et d’analyse** : logiciel (ex. : FlowJo, FCS Express) qui génère des histogrammes et des diagrammes de densité. #### Applications courantes au Cameroun - Numération des lymphocytes CD4⁺ chez les patients VIH (guide thérapeutique). - Détection de cellules leucémiques blastiques dans les prélèvements de moelle osseuse. - Évaluation de l’expression de marqueurs d’activation sur les monocytes lors de sepsis. #### Sécurité et entretien - Porter des gants et une blouse lors de la préparation des échantillons (risque biologique). - Décontaminer la cuve avec de l’alcool à 70 % après chaque série. - Vérifier l’alignement du laser hebdomadairement à l’aide de billes de calibration. - Respecter les consignes de manipulation des lasers (classe II ou III selon la puissance). ### 2. Agitateurs Les agitateurs assurent un mélange homogène des réactifs, des milieux de culture ou des suspensions cellulaires. Deux types sont fréquemment rencontrés : - **Agitateur à plateau orbital** : mouvement circulaire, vitesse réglable 20‑300 rpm, utilisé pour les boîtes de Pétri ou les flacons. - **Agitateur à vortex** : mouvement rapide et localisé, idéal pour la ré suspension de pellets cellulaires ou le mélange de petits volumes (≤ 2 ml). > **>** Un bon agitation prévient les gradients de concentration et améliore la cinétique des réactions enzymatiques (ex. : ELISA). #### Consignes d’utilisation - Équilibrer les tubes ou les flacons avant de démarrer l’appareil afin d’éviter les vibrations excessives. - Ne jamais dépasser la vitesse maximale spécifiée par le fabricant (souvent 300 rpm pour les plateaux). - Nettoyer la plateforme avec un désinfectant après chaque utilisation, surtout lorsqu’on travaille avec des agents pathogènes. ### 3. Incubateurs (étuves et bain‑marie) Les incubateurs maintiennent une température constante pour la culture cellulaire, les réactions enzymatiques ou la dénaturation d’acides nucléiques. #### Étuve (incubateur à air chaud) - Plage de température : 5 °C‑80 °C (certaines modèles vont jusqu’à 100 °C). - Uniformité : ± 0,5 °C à 37 °C grâce à une circulation d’air forcée. - Utilisation : incubation des plaques ELISA à 37 °C, culture de bactéries sur milieu solide, dénaturation d’ADN à 95 °C (PCR). #### Bain‑marie (incubateur à immersion) - Chauffe un liquide (eau ou huile) dans lequel les récipients sont immergés. - Plage typique : 20 °C‑100 °C, précision ± 0,2 °C. - Avantages : transfert de chaleur très efficace, idéal pour la dénaturation d’enzymes ou la fusion d’échantillons avant électrophorèse. > **>** Lors de l’utilisation d’un bain‑marie, toujours vérifier le niveau du liquide pour éviter l’exposition des récipients à l’air, ce qui provoquerait un chauffage non uniforme. #### Sécurité - Ne jamais laisser un incubateur sans surveillance lorsqu’il fonctionne à des températures supérieures à 60 °C (risque de brûlure ou d’incendie). - Utiliser des pinces résistantes à la chaleur pour manipuler les tubes ou les plaques. - Effectuer un contrôle de température hebdomadaire avec un thermomètre étalonné. --- ## Synthèse du chapitre (mini‑fiche de révision) - **ELISA** : fixation → incubation → lavage → révélation → lecture spectrophotométrique (450 nm). Principe de quantification : \(A = \varepsilon l c\). - **Électrophorèse** : gel (acrylamide) + tampon → migration sous champ électrique → détection (coloration ou fluorescence). Loi d’Ohm : \(V = I R\). - **Cytomètre de flux** : hydrodynamisation → excitation laser → détection de diffusion et fluorescence → analyse logicielle. - **Agitateurs** : orbital (mouvement de plateau) ou vortex (mouvement localisé) pour homogénéiser les réactifs. - **Incubateurs** : étuve (air chaud) pour culture et réactions à température fixe ; bain‑marie (immersion) pour transfert thermique rapide et uniforme. - **Sécurité** : EPP obligatoire, décontamination après usage, vérification régulière des appareils (température, débit, alignement laser). - **Normes** : respect des bonnes pratiques de laboratoire (BPL), des consignes du fabricant et des réglementations nationales (arrêté ministériel relatif aux laboratoires de biologie médicale). --- ## Glossaire (10 termes) - **ELISA** : Enzyme‑Linked Immunosorbent Assay, technique immunoenzymatique de détection et de quantification d’antigènes ou d’anticorps. - **Laveur de microplaque** : appareil automatisé qui effectue les cycles de lavage entre les étapes d’un ELISA. - **Spectrophotomètre à puits** : instrument mesurant l’absorbance de chaque puits d’une microplaque à une longueur d’onde donnée. - **Électrophorèse sur gel** : méthode de séparation de molécules chargées dans un réseau gélifié sous l’effet d’un champ électrique. - **Densitomètre** : dispositif qui quantifie l’intensité des bandes colorées ou fluorescentes sur un gel après coloration. - **Cytomètre de flux** : appareil analysant individuellement des particules en fluorescence lorsqu’elles traversent un faisceau laser. - **FSC** : Forward Scatter, mesure de la diffusion de lumière avant‑arrière, corrélée à la taille de la particule. - **SSC** : Side Scatter, mesure de la diffusion latérale, liée à la granularité interne de la particule. - **Agitateur orbital** : appareil produisant un mouvement circulaire du plateau pour mélanger des suspensions. - **Bain‑marie** : dispositif de chauffage par immersion d’un récipient dans un liquide chaud maintenu à température constante. --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – ELISA (calcul de concentration) Un technicien obtient une absorbance moyenne de 0,487 pour un puits d’échantillon testé pour l’antigène HBeAg. La courbe d’étalon fournie par le kit est : \[ A = 0,018\,c\;(\text{UI/ml}) + 0,005 \] où \(c\) est la concentration en UI/ml. **Calculer la concentration de l’échantillon et son incertitude si l’écart-type de l’absorbance est de 0,006.** **Corrigé** \[ 0,487 = 0,018\,c + 0,005 \;\Longrightarrow\; c = \frac{0,487-0,005}{0,018}= \frac{0,482}{0,018}= 26,78\;\text{UI/ml} \] Incertitude : \[ \Delta c = \frac{\Delta A}{0,018}= \frac{0,006}{0,018}=0,33\;\text{UI/ml} \] **Résultat** : \(c = 26,8 \pm 0,3\;\text{UI/ml}\). --- ### Exercice 2 – Électrophorèse (détermination de la tension) Un gel de 8 % acrylamide présente une résistance mesurée de 180 Ω. Le technicien veut maintenir un courant de 150 mA pour obtenir une séparation optimale des protéines de 30‑70 kDa. **Quelle tension doit-il appliquer ?** **Corrigé** \[ V = I \times R = 0,150\;A \times 180\;Ω = 27\;V \] Il réglera donc le générateur à 27 V (mode tension constante) ou, en mode courant constant, il appliquera 27 V et vérifiera que le courant se stabilise autour de 150 mA. --- ### Exercice 3 – Cytomètre de flux (choix du fluorochrome) Un laboratoire souhaite mesurer simultanément l’expression de CD3 (marqueur lymphocytaire T) et de CD14 (marqueur monocyte) sur du sang total. Les lasers disponibles sont à 488 nm et 638 nm. **Quel couple de fluorochromes serait le plus adapté, en justifiant le choix ?** **Corrigé** - Pour le laser 488 nm, on peut utiliser le **FITC** (excitation ~490 nm, émission ~520 nm) ou le **PE** (excitation ~496 nm, émission ~578 nm). - Pour le laser 638 nm, on utilise généralement l’**APC** (excitation ~650 nm, émission ~660 nm) ou le **PerCP‑Cy5.5** (excitation ~488 nm, émission ~690 nm) mais ce dernier nécessite le laser 488 nm. Le meilleur couple, minimisant le chevauchement spectral, est : **FITC pour CD3** (détecté sur le canal vert) et **APC pour CD14** (détecté sur le canal rouge). FITC est excité efficacement par le laser 488 nm, tandis qu’APC nécessite le laser 638 nm ; leurs émissions sont bien séparées (≈ 520 nm vs ≈ 660 nm), ce qui permet une détection simultanée sans compensation importante. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité (6 cas) | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de bonne pratique / mesure corrective | |----|------------------|-------------|--------------------------------------------| | 1 | Oublier de changer la pointe du laveur entre deux plaques | Contamination croisée → faux‑positifs ou faux‑négatifs | Toujours utiliser une pointe stérile neuve pour chaque plaque ; vérifier la propreté du système de lavage avant chaque série. | | 2 | Dépasser la vitesse maximale de l’agitateur orbital (ex. : 400 rpm au lieu de 300 rpm) | Éclaboussure, aérosolisation de produits dangereux, risque d’inhalation | Respecter les limites du fabricant ; utiliser un couvercle ou une hotte lorsqu’on travaille avec des agents pathogènes. | | 3 | Placer les électrodes du générateur en contact direct avec le gel sans tampon adéquat | Court‑circuit, détérioration du gel, risque de choc électrique | S’assurer que le gel est bien immergé dans le tampon de migration et que les électrodes sont propres et correctement positionnées. | | 4 | Utiliser un bain‑marie sans vérifier le niveau d’eau | Surchauffe du récipient, dénaturation non uniforme, possible rupture du verre | Contrôler le niveau du liquide avant chaque mise en marche ; ajouter de l’eau chaude si nécessaire. | | 5 | Négliger la décontamination du cytomètre après un échantillon contenant du VIH | Risque d’infection de l’opérateur suivant, contamination des échantillons subséquents | Passer la cuve et les tuyaux avec une solution d’hypochlorite 0,5 % puis rincer à l’eau stérile après chaque série d’échantillons à risque. | | 6 | Oublier de porter des lunettes de protection lors de la manipulation de l’acrylamide pour la préparation du gel | Irritation oculaire, risque de lésion cornéenne permanente | Toujours porter des lunettes de sécurité et des gants nitrile lors de la pesée et du mélange de l’acrylamide ; travailler dans une hotte à flux laminaire. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel est le rôle principal du laveur de microplaque dans une chaîne ELISA ?
  2. 2. Dans un test ELISA, le spectrophotomètre mesure principalement :
  3. 3. Quel est le rôle du bac de migration en électrophorèse sur gel ?
  4. 4. Un puits d'ELISA donne une absorbance brute de 0,75 à 450 nm tandis que le puits blanc donne 0,05. Quelle est l'absorbance nette à utiliser pour le calcul de la concentration ?
  5. 5. Pour préparer un échantillon à tester en ELISA, il faut le diluer 1:100. Si vous prélevez 10 µL de l'échantillon concentré, quel volume de diluant devez-vous ajouter ?
  6. 6. Pourquoi l'incubateur utilisé lors de l'étape d'enzymo-immunoessai ELISA est-il généralement réglé à 37 °C ?
  7. 7. Dans une analyse par cytométrie de flux, une population de cellules marquée montre une fluorescence médiane de 2000 unités alors que le témoin non marqué montre 500 unités. Quel est le facteur d'augmentation de la fluorescence ?
  8. 8. Lors d'une électrophorèse, l'échelle de marqueurs montre que un fragment de 100 bp migre à 2,0 cm du puits, tandis qu'un fragment de 400 bp migre à 5,0 cm. En supposant une relation linéaire entre la distance de migration et le logarithme de la taille, quelle taille approximative aurait un fragment migrant à 3,5 cm ?
  9. 9. Quel est le principe du blocage avec du BSA dans un test ELISA ?
  10. 10. Trois lectures d'absorbance à 450 nm donnent les valeurs suivantes : 0,42 ; 0,48 ; 0,44. Quel est le coefficient de variation (CV) exprimé en pourcentage ?