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Chapitre 11

IMAGERIE MEDICALE (partie 2/2)

Lecture : 18 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - Décrire les principes physiques et les indications cliniques des principaux dispositifs d’imagerie médicale utilisés au Cameroun (radiographie, échographie, tomodensitométrie, IRM, mammographie). - Expliquer les démarches d’intégration de l’imagerie dans le parcours de soins d’un patient, en respectant les protocoles de prescription, de réalisation et de restitution des résultats. - Identifier les écarts de pratique ou de connaissance chez les personnels de santé et concevoir un plan de remédiation adapté (formation, atelier pratique, simulation). - Appliquer les règles de sécurité radiologique et d’hygiène liées à l’utilisation des équipements d’imagerie (distance, temps, blindage, port des EPI, gestion des déchets). - Réaliser un calcul simple de dose de produit de contraste ou de temps d’exposition dans un contexte professionnel. **Prérequis :** - Notions de base en physique des rayonnements (ionisants et non ionisants) acquises en classe de Seconde. - Connaissance des appareils de radiographie conventionnelle et d’échographie étudiés en Première (chapitre « Dispositifs médicaux de diagnostic »). - Maîtrise des unités du Système international (sievert, gray, millisievert, milligray, becquerel, tesla). - Habitude de lecture de protocoles de soins et de fiches de suivi patient. --- ## Introduction contextualisée L’imagerie médicale constitue aujourd’hui un pilier incontournable du diagnostic et du suivi thérapeutique au Cameroun. Dans les structures de référence telles que le Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé (CHUY), l’Hôpital Général de Yaoundé ou les centres de santé de district, on retrouve successivement la radiographie conventionnelle, l’échographie, le scanner TDM (tomodensitométrie) et, de plus en plus, l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Chaque modalité répond à des indications spécifiques, implique des contraintes de sécurité différentes et nécessite une intégration rigoureuse dans le parcours de soins afin d’éviter les doublons d’examen, les retards de diagnostic ou les expositions inutilement élevées aux rayonnements ionisants. Par ailleurs, l’évolution rapide des technologies et l’arrivée de nouveaux équipements (scanners multibarrettes, IRM à champ élevé) génèrent des besoins de mise à niveau du personnel technique et médical. Les activités de remédiation visent donc à combler les écarts de compétence observés lors des audits internes, des contrôles de qualité ou des retours d’expérience clinique. Elles s’appuient sur des ateliers pratiques, des simulations sur phantom et des formations continues conformes aux recommandations de l’OMS et du MINESEC. Ce chapitre propose donc deux séquences complémentaires : d’une part, l’intégration de l’imagerie dans le parcours de soins (prescription, réalisation, interprétation, restitution) ; d’autre part, la remédiation des pratiques afin d’assurer la qualité, la sécurité et l’efficacité des examens d’imagerie au sein des établissements de santé camerounais. --- ## I. Activités d’intégration ### 1. Notions de base de l’imagerie médicale (rappel) > **Définition** : L’imagerie médicale regroupe l’ensemble des techniques permettant d’obtenir des représentations visualisables du corps humain à des fins diagnostiques, thérapeutiques ou de suivi. Les principales catégories sont : - **Imagerie utilisant des rayonnements ionisants** : radiographie conventionnelle, tomodensitométrie (TDM), mammographie, fluoroscopie. - **Imagerie utilisant des rayonnements non ionisants** : échographie (ultrasons), imagerie par résonance magnétique (IRM). - **Imagerie fonctionnelle** : scintigraphie, TEP‑CT (moins répandue au Cameroun). Chaque modality repose sur un principe physique distinct : absorption différentielle des rayons X, réflexion et diffusion des ultrasons, résonance des spins nucléaires dans un champ magnétique fort, etc. ### 2. Principaux dispositifs d’imagerie utilisés au Cameroun | Modalité | Principe physique | Indications fréquentes au Cameroun | Équipement typique (exemple) | Contraintes de sécurité | |----------|-------------------|------------------------------------|------------------------------|--------------------------| | Radiographie conventionnelle | Absorption différentielle des rayons X | Pathologies pulmonaires (TB, pneumonie), fractures osseuses, contrôle de prothèses | Générateur RX 500 mA, table bucky, cassette numérique | Distance ≥ 2 m, temps d’exposition ≤ 0,1 s, port de plomb (0,5 mm Pb équivalent) | | Échographie | Réflexion et diffusion des ultrasons (2‑20 MHz) | Obstétrique (suivi de grossesse), abdominal (foie, reins), cardiaque, guidage de ponctions | Sonde linéaire 7‑15 MHz, sonde convexe 2‑5 MHz, appareil portable | Aucun rayonnement ionisant ; respect des seuils thermiques et mécaniques (TI < 0,7, MI < 0,5) | | Tomodensitométrie (TDM) | Reconstruction tomographique à partir de multiples coupes RX | Traumatismes crâniens, évaluation vasculaire (angio‑TDM), dépistage du cancer, suivi post‑opératoire | Scanner 16‑barrettes, tube RX 120 kV, 200 mA | Dose efficace typique 5‑10 mSv (examen thoraco‑abdominale) ; utilisation de protocoles low‑dose, blindage de la salle, suivi de la dose individuelle | | Imagerie par résonance magnétique (IRM) | Résonance des protons d’hydrogène dans champ magnétique statique (1,5‑3 T) + gradients | Pathologie cérébrale (AVC, tumeurs), ostéo‑articulaire, hépatique, pelvienne | Aimant supraconducteur 1,5 T, table patient, coils dédiés | Champ magnétique strict (zone 5 Gauss), objets ferromagnétiques interdits, surveillance des implants, bruit acoustique (casque antibruit) | | Mammographie | Radiographie à faible énergie (20‑35 kV) avec compression | Dépistage du cancer du sein, évaluation de lésions palpables | Mammographe numérique, plaque de compression | Dose moyenne 0,4 mSv par vue ; utilisation de filtres Mo/Rh, contrôle qualité semestriel | > **Règle de sécurité radiologique** : Le principe ALARA (As Low As Reasonably Achievable) doit guider chaque examen : minimiser la dose tout en conservant la qualité diagnostique. ### 3. Procédures d’intégration dans le parcours de soins 1. **Prescription** : Le médecin traitant ou le spécialiste rédige une ordonnance d’imagerie précisant : - Le type d’examen (ex. : « RX thorax PA », « Échographie abdominale complète », « TDM cerveau sans injection »). - La question clinique (ex. : « Recherche de consolidation pulmonaire », « Évaluation de lithiases rénales »). - Les contre‑indications éventuelles (ex. : grossesse pour TDM, pacemaker pour IRM). - Les précautions particulières (jeûne, hydratation, arrêt de certains médicaments). 2. **Pré‑examen** : Le manipulateur en électroradiologie (MER) ou le technologue vérifie : - L’identité du patient (nom, prénom, date de naissance, numéro de dossier). - La conformité de l’ordonnance (présence du tampon du prescripteur, signature). - L’état du patient (conscience, capacité à rester immobile, présence d’objets métalliques). - La préparation spécifique (ex. : ingestion de produit de contraste iodé pour TDM abdominopelvien). 3. **Réalisation de l’examen** : - Positionnement du patient selon les protocoles d’acquisition (ex. : position supine pour RX thorax, décubitus latéral pour échographie hépatique). - Application des facteurs techniques (kV, mAs, temps de rotation, séquence IRM). - Utilisation de dispositifs de protection (tablier plombé, gonades shield, coussinets d’atténuation). - Contrôle en temps réel de la qualité de l’image (pas de mouvement, bon contraste, champ de vision adéquat). 4. **Post‑examen** : - Vérification de l’exhaustivité de l’acquisition (nombre de coupes, couverture anatomique). - Enregistrement et archivage selon le système PACS (Picture Archiving and Communication System) ou support numérique sécurisé. - Transmission du compte‑rendu au prescripteur dans un délai compatible avec l’urgence clinique (ex. : < 2 h pour un TDM traumatologique). - Gestion des déchets (produits de contraste usés, seringues, compresses) conformément à la réglementation camerounaise sur les déchets médicaux dangereux. 5. **Restitution et suivi** : - Le radiologue interprète les images, rédige un compte‑rendu structuré (observations, impression, recommandations). - Le résultat est communiqué au médecin prescripteur et, si nécessaire, au patient. - En cas d’anomalie critique, une alerte téléphonique est effectuée immédiatement. > **Point clé d’intégration** : Chaque étape doit être tracée dans le dossier patient (papier ou électronique) afin de garantir la continuité des soins et la traçabilité exigée par les normes ISO 15189 (laboratoires) et les bonnes pratiques d’imagerie. ### 4. Normes de sécurité et d’hygiène - **Protection radiologique** : Respect des limites de dose annuelle pour les travailleurs (20 mSv) et pour le public (1 mSv). Utilisation de dosimètres personnels (film ou TLD). - **Hygiène des équipements** : Nettoyage des tables, des sondes échographiques et des coils IRM avec des désinfectants de niveau intermédiaire (ex. : solution d’alcool à 70 % ou chlorhexidine 0,5 %) entre chaque patient. - **Gestion des produits de contraste** : Vérification de la date de péremption, test d’allergie préalable (questionnaire), perfusion sous surveillance, disponibilité d’un kit de réanimation (adrénaline, corticoïdes, antihistaminiques). - **Sécurité magnétique (IRM)** : Interdiction d’entrée avec objets ferromagnétiques (béquilles, montres, cartes à bande magnétique). Formation annuelle du personnel sur les procédures d’arrêt d’urgence (quench). - **Formation continue** : Participation à des sessions de mise à niveau sur les nouvelles protocoles low‑dose, les recommandations de l’OMS sur l’utilisation judicieuse des examens d’imagerie, et les ateliers de simulation d’incidents (ex. : extravasation de produit de contraste). --- ## II. Activités de remédiation ### 1. Identification des écarts et des besoins de formation > **Définition** : L’écart désigne la différence entre la pratique observée et la référence établie (protocole, recommandation, norme de sécurité). Les sources d’identification sont : - **Audits internes** (vérification de conformité des fiches d’examen, des doses enregistrées). - **Retours d’expérience** (incidents déclarés, près‑miss, analyses de rejets de produits de contraste). - **Évaluations de compétences** (tests écrits, OSCE – Objective Structured Clinical Examination sur phantom). - **Enquêtes de satisfaction** (patients, prescripteurs). Les écarts les plus fréquemment rencontrés au Cameroun concernent : - Le non‑respect des consignes de jeûne avant une TDM avec contraste (risque de réaction allergique ou de mauvaise opacification). - L’utilisation de protocoles de dose trop élevés en radiographie pédiatrique (absence de réglage adapté au poids). - Le défaut de dépistage des objets ferromagnétiques avant une IRM (risque de projectile). - La mauvaise manipulation des sondes échographiques (gel insuffisant, pression excessive). ### 2. Élaboration de plans de remédiation Un plan de remédiation se structure en quatre phases : | Phase | Action | Responsable | Délai typique | |-------|--------|-------------|---------------| | **Diagnostic** | Recueil des données d’écart (audit, questionnaires) | Responsable qualité / formateur | 2 semaines | | **Conception** | Définition des objectifs pédagogiques (ex. : « Réduire de 30 % les doses pédiatriques en RX thorax ») | Formateur + référent clinique | 1 semaine | | **Mise en œuvre** | Organisation d’ateliers pratiques, de simulations sur phantom, de cours magistraux, de e‑learning | Formateur + manipulateurs seniors | 4‑6 semaines | | **Évaluation** | Test de connaissances post‑formation, mesure d’indicateurs de performance (dose moyenne, taux de rejets) | Responsable qualité | 4 semaines après fin de formation | > **Exemple d’objectif SMART** : « D’ici trois mois, 90 % des manipulateurs du service de radiologie du CHUY seront capables d’ajuster les paramètres kV/mAs en fonction du poids de l’enfant (< 15 kg) pour une radiographie thoracique, avec une tolérance de ±10 % sur la dose mesurée. » ### 3. Mise en œuvre d’ateliers pratiques et de simulations - **Atelier de réglage de dose pédiatrique** : Utilisation d’un phantom enfant (10 kg) équipé de dosimètres TLD. Les participants règlent le générateur (kV, mAs) selon les tableaux de poids‑âge, puis mesurent la dose réelle. Un débriefing compare les valeurs obtenues aux valeurs de référence (ex. : 0,02 mSv pour un thorax PA). - **Simulation d’incident de contraste** : Un mannequin perfusé avec un produit de contraste simulé (solution saline colorée) permet de pratiquer la détection précoce d’une extravasation (gonflement, douleur) et la mise en place du protocole de prise en charge (arrêt de l’injection, élévation du membre, application de compresses froides, avis médical). - **Atelier de dépistage ferromagnétique** : Une zone « IRM » factice contenant divers objets (clés, stéthoscope, téléphone, montre) est présentée. Les participants doivent identifier et retirer tous les objets ferromagnétiques avant l’entrée dans la zone 5 Gauss, sous chronométrage. - **Formation en ligne sur les nouvelles recommandations low‑dose** : Modules e‑learning de 20 minutes chacun, suivis d’un quiz de validation (score ≥ 80 % requis). ### 4. Évaluation de l’efficacité de la remédiation Les indicateurs de performance suivis après chaque session sont : - **Taux de conformité aux protocoles** (pourcentage d’examens réalisés selon le cahier des charges). - **Dose moyenne délivrée** (mSv) comparée à la valeur de référence avant formation. - **Nombre d’incidents liés au produit de contraste** (extravasation, réaction allergique). - **Score aux tests de connaissances** (moyenne de groupe). - **Feedback des participants** (échelle de Likert sur pertinence et applicabilité). Un plan d’amélioration continue est déclenché si un indicateur ne s’améliore pas de plus de 15 % après deux cycles de remédiation. --- ## Synthèse du chapitre - **Imagerie médicale** : ensemble des techniques (RX, échographie, TDM, IRM, mammographie) permettant d’obtenir des images du corps humain à des fins diagnostiques. - **Principes physiques** : absorption des rayons X, réflexion des ultrasons, résonance magnétique, émission de positrons (TEP‑CT peu utilisée). - **Indications camerounaises** : pathologies infectieuses (TB), traumatismes, suivi obstétrical, dépistage du cancer, évaluation vasculaire. - **Intégration dans le parcours de soins** : prescription claire, vérification pré‑examen, réalisation selon protocoles, archivage PACS, restitution rapide, traçabilité complète. - **Sécurité radiologique** : principe ALARA, limites de dose (travailleurs 20 mSv/an, public 1 mSv/an), protection (distance, temps, blindage, EPI), suivi dosimétrique. - **Hygiène** : désinfection des sondes et tables, gestion des produits de contraste, prévention des réactions allergiques. - **Remédiation** : identification des écarts via audits, retours d’expérience, OSCE ; élaboration de plans SMART ; mise en œuvre d’ateliers pratiques (réglage dose pédiatrique, simulation extravasation, dépistage ferromagnétique) ; évaluation par indicateurs de dose, conformité, connaissances et feedback. - **Outils pratiques** : tableaux de réglage kV/mAs selon poids, fiches de contrôle de conformité, formulaires de déclaration d’incident, registres de dose individuelle. --- ## Glossaire > **ALARA** : Acronyme de *As Low As Reasonably Achievable* ; principe visant à maintenir l’exposition aux rayonnements ionisants aussi faible que raisonnablement possible tout en atteignant l’objectif diagnostique. > **Dosimètre** : dispositif portatif (film, TLD, OSL) mesurant la dose personnelle de rayonnements ionisants reçue par un travailleur. > **Extravasation** : fuite accidentelle d’un produit de contraste vasculaire dans le tissu péri‑vasculaire lors d’une injection intraveineuse. > **Fermeture magnétique (quench)** : perte soudaine de supraconductivité dans l’aimant d’une IRM, entraînant une montée rapide de la température et un dégagement d’hélium gazeux. > **Phantom** : objet artificiel reproduisant les propriétés d’absorption ou de résonance d’un tissu humain, utilisé pour le contrôle de qualité et la formation. > **PACS** : *Picture Archiving and Communication System* ; système informatique d’archivage, de récupération et de distribution des images médicales. > **Produit de contraste iodé** : substance contenant de l’iège administrée par voie intraveineuse pour augmenter l’atténuation des rayons X dans les vaisseaux ou les organes lors d’une TDM ou d’une angiographie. > **Seuil d’indice mécanique (MI)** : paramètre de sécurité en échographie limitant les effets mécaniques des ultrasons sur les tissus (MI < 0,5 recommandé en obstétrique). > **Tableau de réglage kV/mAs** : référentiel indiquant les valeurs de tension (kV) et de produit courant‑temps (mAs) à utiliser selon l’épaisseur ou le poids du patient pour obtenir une dose optimale. > **Zone 5 Gauss** : périmètre autour de l’aimant d’une IRM où le champ magnétique dépasse 5 Gauss (0,5 mT) ; seuls les objets non ferromagnétiques y sont autorisés. --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Réglage de la dose en radiographie pédiatrique **Situation** : Un enfant de 4 ans pesant 16 kg doit subir une radiographie thoracique postéro‑antérieure (PA). Le tableau de réglage du service indique : pour un poids de 10–15 kg, kV = 60, mAs = 2 ; pour 15–20 kg, kV = 63, mAs = 2,5. **Question** : Déterminer les paramètres à utiliser et calculer la dose efficace approximative sachant que le facteur de conversion pour une radiographie thoracique PA est 0,02 mSv/mAs à 60 kV (approximation linéaire). **Corrigé** : - Le poids de 16 kg se situe dans l’intervalle 15–20 kg → kV = 63 kV, mAs = 2,5. - Dose efficace ≈ (mAs) × facteur de conversion. - Facteur à 63 kV ≈ 0,02 mSv/mAs × (63/60) ≈ 0,021 mSv/mAs (légère augmentation avec kV). - Dose ≈ 2,5 × 0,021 ≈ 0,0525 mSv ≈ 0,05 mSv. **Réponse** : Utiliser 63 kV et 2,5 mAs ; dose efficace estimée ≈ 0,05 mSv. ### Exercice 2 – Gestion d’une extravasation de produit de contraste **Situation** : Lors d’une TDM abdominopelvienne avec injection de 100 mL de produit de contraste iodé (350 mgI/mL), le patient signale une douleur au niveau du bras droit après 30 mL injectés. L’examen est arrêté. **Question** : Décrire les étapes immédiates de prise en charge et les consignes à donner au patient pour les 24 heures suivantes. **Corrigé** : 1. Arrêter immédiatement l’injection. 2. Évaluer l’importance de l’extravasation : inspecter le site (gonflement, rougeur, chaleur). 3. Surélever le membre affecté au‑dessus du niveau du cœur pour réduire le flux sanguin local. 4. Appliquer une compresse froide (pas de glace directe) pendant 15 minutes, puis alterner chaud/froid toutes les 20 minutes pendant la première heure. 5. Informer le patient de surveiller l’apparition de signes d’ischémie (pâleur, augmentation de la douleur, perte de sensibilité) et de consulter en urgence si ceux‑ci surviennent. 6. Prescrire un anti‑inflammatoire non stéroïdien (ex. : ibuprofène 400 mg toutes les 6‑8 h si pas de contre‑indication) et un antihistaminique (ex. : cétirizine 10 mg/j) en prévention d’une réaction cutanée tardive. 7. Documenter l’incident dans le dossier patient et le registre des événements indésirables. 8. Réévaluer le besoin de l’examen : si l’étude diagnostique est compromise, reprogrammer une TDM après résolution de l’extravasation (généralement 24‑48 h). **Consignes pour les 24 h suivantes** : garder le bras surélevé autant que possible, éviter de porter des charges lourdes avec ce membre, appliquer des compresses tièdes si la douleur persiste après les premières heures, et revenir au service d’imagerie si la douleur s’intensifie ou si apparaissent des changements cutanés (vésicules, ulcération). ### Exercice 3 – Vérification de la conformité d’un protocole IRM **Situation** : Un patient porteur d’un stimulateur cardiaque pacemaker traditionnel (non compatible IRM) doit passer une IRM cérébrale pour suspicion de tumeur. **Question** : Quelle est la conduite à tenir et quelle alternative d’imagerie proposer ? **Corrigé** : - Le pacemaker traditionnel constitue une contre‑indication absolue à l’IRM en raison du risque de déplacement, de chauffage des électrodes et de dysfonctionnement du dispositif. - **Conduite à tenir** : 1. Informer le patient et le prescripteur de la contre‑indication. 2. Annuler l’examen IRM. 3. Proposer une imagerie alternative non dépendante du champ magnétique : - **Tomodensitométrie cérébrale** (TDM) avec ou sans injection de contraste selon la nécessité d’évaluer la vascularisation ou l’œdème. - **Échographie transcrânienne** (si fenêtre acoustique suffisante) – moins sensible mais utile pour dépister des lésions volumineuses ou des hémorragies importantes. - **Scintigraphie cérébrale** (TEC‑SC) – rarement utilisée en première ligne. - Dans ce contexte, la TDM cérébrale sans contraste est généralement l’examen de première intention pour évaluer une lésion structurale aiguë ou chronique, avec une dose efficace moyenne de ~2 mSv. - Si une caractérisation vasculaire est nécessaire, une angio‑TDM peut être réalisée (dose ~5 mSv). --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence potentielle | Règle de sécurité / bonne pratique à appliquer | |----|------------------|------------------------|-----------------------------------------------| | 1 | Oubli de vérifier la présence d’objets ferromagnétiques avant une IRM (ex. : montre, carte à bande magnétique) | Risque de projectile pouvant blesser le patient ou endommager l’aimant (coût de réparation > 10 000 USD) | **Check‑list pré‑IRM** : inspection systématique du patient et de ses effets personnels ; utilisation d’un détecteur de métaux portatif si disponible. | | 2 | Utilisation d’un protocole de dose adulte pour un enfant en radiographie thoracique | Surexposition inutile (dose pouvant dépasser 0,2 mSv au lieu de 0,05 mSv) → risque stochastique accru à long terme | Appliquer les **tableaux de réglage pédiatriques** basés sur le poids ou l’âge ; réaliser un contrôle de qualité mensuel des paramètres. | | 3 | Injection de produit de contraste sans vérifier les antécédents d’allergie ou la fonction rénale (TFG < 30 mL/min/1,73 m²) | Réaction allergique sévère (anaphylaxie) ou néphropathie à contraste | **Questionnaire pré‑examen** obligatoire ; mesure de la créatinine sanguine ; si TFG < 30 mL/min, envisager une alternative (échographie, TDM sans contraste) ou utiliser un produit de contraste à faible osmolalité avec prémédication. | | 4 | Négliger le nettoyage de la sonde échographique entre deux patients | Transmission croisée de pathogènes (ex. : Staphylococcus aureus, virus HPV) | Désinfection de niveau intermédiaire après chaque examen ; utilisation d’une housse de protection à usage unique lorsqu’elle est disponible. | | 5 | Oublier de porter le tablier plombé lors d’une fluoroscopie prolongée | Exposition du personnel à des doses pouvant dépasser la limite annuelle (20 mSv) en quelques semaines | **Port systématique** du tablier plombé (0,5 mm Pb équivalent) et des lunettes de protection ; contrôle périodique de l’intégrité du plomb (pas de fissures). | | 6 | Utilisation d’une technique de compression inadéquate en mammographie (trop lâche ou trop serrée) | Image de mauvaise qualité pouvant masquer une lésion ou causer une douleur inutile entraînant le refus de l’examen futur | Suivre le **protocole de compression** : force comprise entre 12 et 18 N, vérification visuelle de la symétrie des seins, communication avec la patiente pour ajuster le confort tout en maintenant la qualité d’image. | > **Rappel de règle de sécurité** : Avant chaque examen, le manipulateur doit réaliser un **temps d’arrêt** (time‑out) de 30 secondes pour vérifier l’identité du patient, la conformité de l’ordonnance, l’absence de contre‑indications et la disponibilité des équipements de protection. Cette pratique, inspirée des listes de contrôle chirurgicales, réduit significativement les événements indésirables en imagerie. --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition de la résolution spatiale en imagerie médicale ?
  2. 2. Quel est le principe physique fondamental de l'imagerie par résonance magnétique (IRM) ?
  3. 3. Comment se manifeste principalement un artefact de mouvement dans une image médicale ?
  4. 4. Un patient présente une suspicion de fracture du col du fémur. Quelle modalité d'imagerie est la plus appropriée en première intention ?
  5. 5. La dose efficace d'une radiographie thoracique est d'environ 0,1 mSv. Quelle est la dose cumulée approximative après cinq examens successifs ?
  6. 6. Dans une image IRM T2-weighted, le liquide céphalorachidien apparaît hyperintense. Pourquoi ?
  7. 7. Lors d'une radiographie dentaire, un technicien observe un artefact de bande métallique. Quelle en est la cause la plus probable ?
  8. 8. Lors d'une séance de remediation, les élèves doivent corriger un protocole d'acquisition CT qui entraîne une surexposition inutile. Quel paramètre devrait être ajusté en priorité pour réduire la dose tout en conservant une qualité diagnostique acceptable pour l'évaluation des lésions pulmonaires ?
  9. 9. Pour évaluer une sténose carotidienne, un étudiant doit choisir entre une échographie doppler couleur et une angiographie par résonance magnétique (ARM). Quel critère favorise l'échographie doppler comme première ligne ?
  10. 10. Sur une radiographie thoracique, une opacité homogène dans le champ pulmonaire inférieur droit avec perte des bordures vasculaires suggère principalement :