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Chapitre 21

ANALYSE FONCTIONNELLE ET STRUCTURELLE DES SYSTEMES MECANIQUES (partie 3/4)

Lecture : 18 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - représenter un système mécanique sous forme de schéma fonctionnel en identifiant les flux d’énergie, de matière et de signal ; - interpréter et spécifier l’état de surface d’une pièce à l’aide des symboles normalisés (ISO 1302) et en relating cette caractéristique à ses exigences fonctionnelles ; - appliquer les tolérances géométriques (GD&T) pour contrôler la forme, l’orientation et la localisation des éléments d’un assemblage, en distinguant ces tolérances des tolérances dimensionnelles. **Prérequis :** notions de représentation technique (vue en projection orthogonale, cotes, coupes), connaissance des unités du Système international, notions de base sur les contraintes mécaniques et les propriétés des matériaux (élasticité, dureté). --- ## Introduction Dans la conception industrielle, la fonction d’un système mécanique prime sur sa forme géométrique. Pour garantir que chaque composant remplisse son rôle tout en étant fabriquable et contrôlable, les ingénieurs utilisent trois outils complémentaires : le schéma fonctionnel, qui décrit les échanges d’énergie, de matière et d’information ; l’état de surface, qui conditionne le comportement au contact (usure, étanchéité, fatigue) ; et les tolérances géométriques, qui assurent la bonne mise en place relative des pièces malgré les variations de fabrication. Ce chapitre présente ces trois notions dans l’ordre du programme officiel, en s’appuyant sur des exemples camerounais (véhicules de transport, équipements hydroélectriques du barrage de Lagdo, matériels agricoles de la région de l’Ouest) afin de rendre le cours concret et pertinent pour l’examen du Probatoire. --- ## I. Les Schémas Fonctionnels ### A. Définition et rôle > Un schéma fonctionnel est une représentation graphique qui met en évidence les fonctions d’un système mécanique sous forme de blocs reliés par des flux (énergie, matière, signal). Il permet de séparer la **what** (que fait le système) du **how** (comment il le fait), facilitant l’analyse, la conception modulaire et la communication entre les équipes de conception, de fabrication et de maintenance. ### B. Éléments constitutifs | Élément | Symbole habituel | Signification | |---------|------------------|---------------| | Bloc fonctionnel | Rectangle | Réalise une fonction spécifique (ex. : convertir, transmettre, réguler) | | Flux d’énergie | Flèche pleine | Transfert de puissance mécanique, hydraulique, pneumatique, électrique | | Flux de matière | Flèche pointillée | Mouvement de solides, liquides, gaz (ex. : huile, air comprimé) | | Flux de signal | Flèche en tiret‑point | Information de commande ou de mesure (ex. : signal électrique, commande pneumatique) | | Entrée/sortie extérieure | Cercle | Interaction avec l’environnement ou un autre système | ### C. Méthodologie de construction 1. **Identifier la fonction globale** du système (ex. : freiner un véhicule). 2. **Décomposer** cette fonction en sous‑fonctions élémentaires (ex. : générer une force de friction, transmettre cette force aux roues, commander l’action du conducteur). 3. **Attribuer** chaque sous‑fonction à un bloc. 4. **Déterminer** les flux nécessaires entre les blocs (énergie hydraulique pour actionner le vérin, signal électrique du pédale, matière : liquide de frein). 5. **Vérifier** la cohérence : chaque entrée d’un bloc doit avoir une sortie correspondante ailleurs. ### D. Exemple concret : système de freinage à air d’un camion de transport interurbain (Yaoundé‑Douala) - **Bloc 1** : pédale de frein → génère un signal pneumatique proportional à la force appliquée. - **Bloc 2** : réservoir d’air comprimé → fournit l’énergie pneumatique. - **Bloc 3** : valve de commande → module le débit d’air selon le signal de la pédale. - **Bloc 4** : vérins de frein à chaque roue → transforment l’énergie pneumatique en force mécanique sur les sabots. - **Flux** : signal (pédale → valve), énergie (réservoir → vérins), matière (air évacué vers l’atmosphère). Ce schéma permet rapidement de repérer une défaillance : si le réservoir ne maintient pas la pression, le flux d’énergie est interrompu et le freinage échoue, indépendamment de l’état des sabots. ### E. Tableau récapitulatif | Étape | Action | Résultat attendu | |-------|--------|------------------| | 1 | Définir la fonction globale | Vision claire du but du système | | 2 | Décomposer en sous‑fonctions | Liste de blocs à représenter | | 3 | Associer chaque sous‑fonction à un bloc | Blocs fonctionnels identifiés | | 4 | Déterminer les flux entre blocs | Flux d’énergie, matière, signal spécifiés | | 5 | Vérifier la cohérence des entrées/sorties | Schéma fonctionnel complet et cohérent | --- ## II. Les Etats de Surfaces ### A. Définition et composantes > L’état de surface décrit la topographie microscopique d’une surface solide, caractérisée par la **rugosité** (Ra, Rz), l’ondulation (waviness) et le **lay** (direction dominante des traces d’usinage). Il influence directement l’adhérence, l’usure, l’étanchéité, la fatigue et le comportement thermique d’une pièce. ### B. Symboles normalisés (ISO 1302) | Paramètre | Symbole ISO | Unité | Plage typique (usinage général) | Influence fonctionnelle | |-----------|-------------|-------|--------------------------------|--------------------------| | Rugosité moyenne (Ra) | Symbole de rugosité (deux lignes de longueur inégale) | µm | 0,2 – 6,3 | Usure, étanchéité, friction | | Ondulation (W) | Symbole de rugosité avec deux lignes horizontales | mm | 0,02 – 0,5 | Fatigue, répartition de charge | | Lay | Symbole de rugosité avec une ligne horizontale | – | – | Anisotropie, direction de lubrification | | Rugosité maximale (Rz) | Symbole de rugosité avec indication Rz | µm | 1,0 – 25,0 | Limite de défaut de surface | ### C. Méthodes de mesure - **Profilomètre à contact** : trace un stylet sur la surface et enregistre le profil vertical (Ra, Rz). - **Profilomètre laser** : mesure sans contact, utile pour les pièces délicates ou en ligne de production. - **Comparateur à cadran** : utilisé pour contrôler les erreurs de forme (planéité, cylindricité) mais pas pour mesurer la rugosité directement. ### D. Conséquences fonctionnelles | Propriété de surface | Effet sur le fonctionnement | |----------------------|-----------------------------| | Faible rugosité (Ra < 0,4 µm) | Réduction de l’usure, amélioration de l’étanchéité (joints, pistons) | | Rugosité élevée (Ra > 3,2 µm) | Augmentation du coefficient de frottement, risque de grippage | | Ondulation importante | Concentration de contraintes → initiation de fissures de fatigue | | Lay mal orienté | Anisotropie de l’usure, mauvaise répartition du lubrifiant | ### E. Exemple camerounais : paliers de vilebrequin d’un groupe électrogène hydroélectrique du barrage de Lagdo Les paliers sont soumis à des charges alternées et à une lubrification à l’huile. Un état de surface avec **Ra ≤ 0,8 µm** et lay parallèle à l’axe garantit un film d’huile uniforme, minimisant l’usure et empêchant le grippage lors des variations de charge liées au débit du fleuve Sanaga. Un contrôle régulier par profilomètre permet de détecter une augmentation de Ra due à l’usure abrasive et de planifier un rechapage avant que la température de fonctionnement ne dépasse les limites de sécurité. ### F. Tableau récapitulatif | Paramètre | Symbole | Unité | Plage typique (usinage général) | Influence fonctionnelle | |-----------|---------|-------|--------------------------------|--------------------------| | Rugosité moyenne (Ra) | Symbole de rugosité (deux lignes de longueur inégale) | µm | 0,2 – 6,3 | Usure, étanchéité, friction | | Ondulation (W) | Symbole de rugosité avec deux lignes horizontales | mm | 0,02 – 0,5 | Fatigue, répartition de charge | | Lay | Symbole de rugosité avec une ligne horizontale | – | – | Anisotropie, direction de lubrification | | Rugosité maximale (Rz) | Symbole de rugosité avec indication Rz | µm | 1,0 – 25,0 | Limite de défaut de surface | --- ## III. Les Tolérances Géométriques ### A. Définition et distinction avec les tolérances dimensionnelles > Une **tolérance géométrique** spécifie la variation autorisée de la forme, de l’orientation ou de la localisation d’une caractéristique réelle par rapport à sa forme théorique parfaite (plan, cylindre, axe, etc.). Elle diffère de la **tolérance dimensionnelle**, qui ne contrôle que la taille (diamètre, longueur) sans garantir la géométrie (ex. : un trou peut être dans la tolérance de diamètre mais être conique ou décentré). ### B. Principaux symboles GD&T (basés sur ASME Y14.5 / ISO 1101) | Symbole | Caractéristique géométrique | Exemple d’application | |---------|----------------------------|-----------------------| | Planéité | Surface d’appui d’un vérin hydraulique | | Cylindricité | Alésage d’un palier de turbine | | ⊥ | Perpendicularité | Axe d’un arbre par rapport à une bride | | ∥ | Parallélisme | Deux surfaces de guidage d’une glissière | | ⌖ | Position | Centrage d’un alésage par rapport à un plan de référence | | ⊙ | Concentricité | Alignement de deux axes cylindriques (ex. : arbre et moyeu) | | ⌰ | Run‑out (coulée) | Variation radiale d’une surface lors d’une rotation | | ◉ | Symétrie | Symétrie d’une rainure par rapport à un plan médian | ### C. Types de tolérances géométriques 1. **Tolérances de forme** : planéité, rectitude, circularité, cylindricité. 2. **Tolérances d’orientation** : perpendicularité, parallélisme, angulaire. 3. **Tolérances de localisation** : position, concentricité, symétrie. 4. **Tolérances de run‑out** : run‑out radial, run‑out axial. ### D. Méthode de spécification 1. **Choisir le datum (référence)** : surface, axe ou plan servant de base. 2. **Appliquer le symbole géométrique** caractéristique souhaitée. 3. **Indiquer la valeur de tolérance** (en mm ou µm). 4. **Ajouter éventuellement un modificateur** (MMC, LMC, RFS) selon le contexte fonctionnel. ### E. Exemple concret : alésage d’un arbre de transmission d’un tracteur agricole (Maroua, région du Nord) - **Fonction** : transmettre le couple du moteur aux roues arrière tout en supportant des charges radiales et axiales. - **Caractéristique critique** : l’alésage doit être cylindrique et coaxial avec l’arbre pour éviter les vibrations prématurées. - **Spécification GD&T** : - Cylindricité ≤ 0,02 mm (forme) - ⌖ Position ≤ 0,05 mm MMC par rapport à l’axe théorique de l’arbre (localisation) - ⊥ Perpendicularité ≤ 0,03 mm par rapport à la face de montage (orientation) Ces tolérances garantissent un jeu radial adapté à la lubrification à l’huile, limitent les vibrations et augmentent la durée de vie du joint homocinétique. ### F. Tableau récapitulatif | Type de tolérance | Symbole | Contrôle | Exemple d’usage | |-------------------|---------|----------|-----------------| | Forme (planéité) | Planéité | Déviation de la surface par rapport à un plan parfait | Plateau d’appui d’un vérin | | Forme (cylindricité) | Cylindricité | Déviation par rapport à un cylindre parfait | Alésage de palier | | Orientation (perpendicularité) | ⊥ | Angle par rapport à un datum | Axe d’arbre vs bride | | Localisation (position) | ⌖ | Déviation du centre réel par rapport au centre théorique | Centrage d’un alésage | | Run‑out (radial) | ⌰ | Variation radiale lors d’une rotation | Disque de frein | --- ## Synthèse du chapitre - **Schéma fonctionnel** : représentation par blocs et flux (énergie, matière, signal) pour analyser la fonction globale d’un système mécanique. - **État de surface** : caractérisé par la rugosité (Ra, Rz), l’ondulation et le lay ; mesuré par profilomètre ; influence l’usure, l’étanchéité, la fatigue. - **Tolérances géométriques** : contrôlent forme, orientation, localisation et run‑out ; symboles GD&T (planéité, cylindricité, perpendicularité, position, run‑out, …) ; complémentaires aux tolérances dimensionnelles. - **Interaction** : un bon schéma fonctionnel guide le choix des caractéristiques de surface et des tolérances nécessaires pour assurer la fiabilité du système. - **Exemples camerounais** : freinage à air de camion (Yaoundé‑Douala), paliers de groupe électrogène (Lagdo), alésage d’arbre de transmission de tracteur (Maroua). --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | Schéma fonctionnel | Diagramme blocs‑flux montrant les échanges d’énergie, de matière et de signal d’un système. | | Flux d’énergie | Transfert de puissance (mécanique, hydraulique, pneumatique, électrique) entre deux blocs. | | Rugosité (Ra) | Moyenne absolue des écarts du profil de surface par rapport à sa ligne moyenne, exprimée en µm. | | Ondulation | Composante de longueur d’onde moyenne de la surface, provoquée par les vibrations de la machine-outil. | | Lay | Direction dominante des traces d’usinage sur une surface. | | Tolérance géométrique | Limite autorisée de déviation de la forme, de l’orientation ou de la localisation d’une caractéristique réelle. | | Datum | Élément de référence (surface, axe, plan) utilisé pour définir les tolérances géométriques. | | MMC (Maximum Material Condition) | Condition où la caractéristique contient la quantité maximale de matière dans ses limites de tolérance. | | Run‑out | Variation de la position d’une surface lors d’une rotation autour d’un axe de référence. | | Cylindricité | Tolérance de forme qui limite l’écart d’une surface réelle par rapport à un cylindre parfait. | | Perpendicularité | Tolérance d’orientation qui contrôle l’angle de 90° entre deux caractéristiques. | | Position | Tolérance de localisation qui définit l’emplacement exact d’une caractéristique par rapport à un ou plusieurs datums. | | Planéité | Tolérance de forme qui limite l’écart d’une surface par rapport à un plan parfait. | | Concentricité | Tolérance de localisation qui contrôle l’alignement des axes de deux caractéristiques cylindriques. | | Symétrie | Tolérance de localisation qui assure la symétrie d’une caractéristique par rapport à un plan datum. | --- ## Étude de document / de cas **Document** : extrait du plan d’assemblage d’un réducteur de vitesse utilisé dans une usine de transformation du cacao à Yaoundé (source : catalogue du fabricant allemand SEW‑Eurodrive, version 2022, adapté pour le marché local). **Situation** : le réducteur comporte un arbre d’entrée (Ø 30 mm) qui transmet le mouvement à un jeu de vis sans fin. L’arbre doit supporter un couple de 250 Nm et une vitesse de rotation de 1500 tr/min. **Analyse pas à pas** 1. **Identification de la fonction globale** (schéma fonctionnel) - Bloc A : moteur électrique → fournit énergie mécanique (couple, vitesse). - Bloc B : réducteur → transforme vitesse élevée en couple élevé (fonction de réduction). - Bloc C : arbre de sortie → transmet le couple au mélangeur de cacao. - Flux : énergie mécanique du moteur → réducteur → arbre de sortie. 2. **Détermination des contraintes sur l’arbre d’entrée** - Effort tangentiel : T = 250 Nm → force tangentielle sur le rayon r = 15 mm → F = T/r ≈ 16 667 N. - Effort centrifuge négligeable à 1500 tr/min. 3. **Choix de l’état de surface** - L’arbre travaille en contact avec un palier à billes lubrifié à l’huile. - Pour garantir un film d’huile continu et éviter l’usure adhésive, on spécifie **Ra ≤ 0,4 µm** et lay parallèle à l’axe. - Une rugosité supérieure augmenterait le coefficient de frottement et provoquerait un échauffement excessif. 4. **Spécification des tolérances géométriques** - **Cylindricité** de l’arbre : ≤ 0,01 mm (forme) afin d’assurer un jeu radial constant avec le palier. - **Perpendicularité** de la surface de montage par rapport à l’axe : ⊥ ≤ 0,02 mm (orientation) pour éviter les charges excentrées sur le palier. - **Position** de l’alésage du palier par rapport à l’axe de l’arbre : ⌖ ≤ 0,03 mm MMC (localisation) afin de maintenir le jeu radial dans la plage préconisée par le fabricant du palier (10‑20 µm). 5. **Vérification de la cohérence** - Le schéma fonctionnel montre que l’énergie mécanique transite sans perte notable si l’arbre reste rigide et bien aligné. - L’état de surface faible garantit une lubrification efficace, réduisant les pertes par frottement. - Les tolérances géométriques assurent que l’arbre ne présente ni conicité ni désalignement qui pourraient induire des vibrations prématurées ou une usure localisée du palier. **Conclusion** : en combinant schéma fonctionnel, état de surface adéquat et tolérances géométriques précises, le réducteur peut fonctionner 24 h/24 pendant plusieurs années sans dépasser la température limite de 80 °C, assurant ainsi la continuité de la production de pâte de cacao dans l’usine de Yaoundé. --- ## Méthode et sujets type examen ### Sujet 1 – Dissertation **Titre** : « L’importance des tolérances géométriques dans la fiabilité des systèmes mécaniques : illustration par un système de freinage à air ». **Plan détaillé** 1. **Introduction** - Définir la fiabilité mécanique et le rôle des tolérances. - Annoncer l’axe : montrer comment les tolérances géométriques (forme, orientation, localisation) conditionnent la sécurité du freinage. 2. **I. Les tolérances de forme et leur influence sur le contact** - Exemple : cylindricité de l’alésage du vérin de frein → jeu radial constant → usure uniforme des joints. - Conséquence d’une mauvaise cylindricité : concentration de pression, fuite d’air, perte de puissance de freinage. 3. **II. Les tolérances d’orientation et la transmission de la force** - Exemple : perpendicularité de la plaque de fixation du vérin par rapport au châssis → alignement de la poussée → éviter les moments parasites. - Impact d’un défaut d’orientation : contraintes de flexion sur le vérin, risque de rupture prématurée. 4. **III. Les tolérances de localisation et la synchronisation des éléments** - Exemple : position de l’alésage du palier de guidage du tuyau d’air par rapport au corps du vérin → synchronisation du débit d’air → réponse rapide du freinage. - Conséquence d’un mauvais positionnement : retard de réponse, augmentation de la distance d’arrêt. 5. **Conclusion** - Synthèse : les tolérances géométriques sont indispensables pour garantir la fonction de freinage, la sécurité du conducteur et la durabilité du système. - Ouverture : évoquer l’évolution vers les systèmes de freinage électronique et les nouvelles exigences de tolérances dynamiques. ### Sujet 2 – Commentaire de document **Document** : extrait d’un cahier des charges d’un palier de turbine hydroélectrique du barrage de Lagdo (spécifiant Ra ≤ 0,6 µm, cylindricité ≤ 0,015 mm, perpendicularité ≤ 0,02 mm). **Consignes** : expliquer comment chaque spécification répond à une contrainte de fonctionnement du palier (charge alternée, lubrification à l’huile, température de l’eau). **Plan** 1. Présenter le contexte : fonction du palier, charges subies, milieu de fonctionnement. 2. Analyser la spécification de rugosité : lien avec l’épaisseur du film d’huile et l’usure adhésive. 3. Analyser la spécification de cylindricité : effet sur le jeu radial constant et la répartition de la charge sur les billes. 4. Analyser la spécification de perpendicularité : influence sur l’alignement de l’arbre et l’apparition de moments de flexion. 5. Conclure sur l’interdépendance des trois spécifications pour assurer une durée de vie supérieure à 150 000 h. ### Sujet 3 – Question de cours **Question** : « Définir le schéma fonctionnel d’un système mécanique et illustrer sa construction par l’exemple d’un système de direction assistée d’un véhicule de transport en commun (Yaoundé). » **Plan de réponse** 1. Définition du schéma fonctionnel (blocs, flux d’énergie, de matière, de signal). 2. Étape 1 : fonction globale — orienter les roues en fonction du mouvement du volant. 3. Étape 2 : décomposition en sous‑fonctions — (générer un signal de commande, amplifier la puissance hydraulique, transmettre le mouvement aux rotules). 4. Étape 3 : attribution des blocs — capteur de couple sur le volant, valve de distribution hydraulique, vérin de direction, liaison mécanique rotule‑fusée. 5. Étape 4 : identification des flux — signal électrique du capteur → valve, énergie hydraulique du réservoir → vérin, matière (fluide hydraulique) circulant en boucle, retour du signal de position du vérin au capteur (boucle fermée). 6. Schéma final : représentation simplifiée (blocs reliés par des flèches légendées). 7. Avantages du schéma fonctionnel — facilite le diagnostic (ex. : perte de pression hydraulique → vérifier réservoir ou valve), aide à la conception modulaire, améliore la communication interdisciplinaire. --- ## Erreurs fréquentes | Erreur fréquente | Pourquoi elle se produit | Comment l’éviter | |------------------|--------------------------|------------------| | Confondre **tolérance dimensionnelle** (ex. : ±0,2 mm) avec **tolérance géométrique** (ex. : cylindricité ≤ 0,01 mm) | L’élève pense que contrôler la taille suffit à garantir la forme. | Rappeler que la taille ne dit rien sur la forme, l’orientation ou la localisation ; utiliser systématiquement les symboles GD&T pour les caractéristiques critiques. | | Interpréter le symbole de rugosité **∽** comme une tolérance de dimension | Le symbole ressemble à une vague et est parfois confondu avec une cote. | Mémoriser que le symbole normalisé de la rugosité moyenne (Ra) est le symbole de texture de surface (deux lignes de longueur inégale, souvent représenté par une coche ✓), exprimé en µm, jamais une longueur. | | Omettre le **datum** lors de la spécification d’une tolérance de localisation | Le datum est considéré comme évident ou inutile. | Toujours indiquer le datum (ex. : ⌖ 0,05 mm MMC | A B) ; le datum définit la référence de mesure. | | Confondre **ondulation** et **rugosité** en pensant que les deux décrivent la même échelle de longueur d’onde | Les symboles ⌒ et ∽ ne sont pas les symboles normalisés pour l’ondulation et la rugosité. | Apprendre que l’ondulation est indiquée par le symbole de texture de surface avec deux lignes horizontales (ou une indication spécifique), tandis que la rugosité est indiquée par le symbole de texture de surface seul (ou avec la valeur Ra). Le lay est indiqué par une ligne horizontale through the symbole. | | Utiliser une valeur de tolérance de forme trop serrée sans tenir compte du procédé de fabrication | L’élève copie une valeur trouvée sur un schéma sans vérifier la faisabilité. | Vérifier les capacités du procédé (tournage, fraisage, rectification) ; choisir une tolérance compatible avec le procédé et le coût. | | Négliger l’influence du **lay** sur le comportement tribologique | Le lay est souvent considéré comme purement esthétique. | Analyser la direction du mouvement relatif ou du écoulement du lubrifiant ; spécifier le lay lorsqu’il est critique (ex. : surfaces de glissement, paliers). | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition principale d'un schéma fonctionnel en dessin industriel ?
  2. 2. Comment définit-on l'état de surface d'une pièce usinée ?
  3. 3. Quel est l'objectif principal d'une tolérance géométrique de type cylindricité ?
  4. 4. Dans un schéma fonctionnel d'une presse hydraulique, la fonction « générer une force » est assurée par quel sous-système ?
  5. 5. Une pièce doit présenter une rugosité Ra ≤ 0,8 µm pour assurer un bon glissement. Quel procédé d'usinage est le plus adapté ?
  6. 6. Sur un dessin, le symbole de tolérance géométrique ⦻ (cylindricité) est appliqué à un alésage de diamètre 20 mm. Quelle condition doit être satisfaite ?
  7. 7. Un arbre de diamètre nominal 30 mm possède une tolérance de cylindricité de 0,02 mm et une tolérance de perpendicularité de 0,03 mm par rapport à une face. Quelle est la déviation maximale autorisée en rayon par rapport à l'axe théorique, en supposant que les défauts s'additionnent ?
  8. 8. Pour améliorer la résistance à la corrosion d'un axe en acier soumis à un environnement marin, quel traitement de surface est le plus approprié ?
  9. 9. Dans un schéma fonctionnel d'un système de levage, la fonction « maintenir la charge en position » est assurée par un frein à disque. Si le disque présente une tolérance de planéité de 0,01 mm et une tolérance de cylindricité de 0,015 mm, quelle est l'influence principale sur la fonction de maintien ?
  10. 10. Un alésage de diamètre nominal 25 mm doit respecter simultanément une tolérance de cylindricité de 0,01 mm et une tolérance de concentricité de 0,02 mm par rapport à un axe de référence. En supposant que les erreurs se combinent au pire, quelle est la déviation radiale maximale autorisée de la surface de l'alésage par rapport à l'axe théorique ?