Chapitre 5
Budget des approvisionnements (partie 1/2)
Lecture : 17 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
- Définir et distinguer les différents niveaux de stock (minimum, maximum, de sécurité, de réapprovisionnement, d’alerte).
- Identifier et quantifier les coûts liés à la détention, à l’acquisition, à la commande et à la rupture de stock.
- Appliquer le modèle de Wilson (EOQ) pour déterminer le lot économique, la cadence optimale de commandes et le temps entre deux commandes.
- Réaliser des calculs chiffrés liés à la gestion des approvisionnements dans un contexte professionnel camerounais (entreprise agroalimentaire, atelier de menuiserie, bureau de distribution).
- Interpréter les résultats et proposer des ajustements en fonction des variations de la demande, du coût de stockage ou du délai de livraison.
**Prérequis nécessaires :**
- Maîtrise des notions de base de la comptabilité générale (débit, crédit, compte de résultat, bilan).
- Connaissance des concepts de coût unitaire, de coût total et de marge bénéficiaire.
- Savoir manipuler des formules algébriques simples (racine carrée, produit, division).
- Avoir étudié le chapitre précédent sur la prévision des ventes et la planification de la production.
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## Introduction contextualisée
Dans les entreprises camerounaises, qu’elles soient industrielles, commerciales ou de services, la gestion des approvisionnements constitue un levier majeur de compétitivité. Un stock trop élevé immobilise des capitaux, augmente les coûts de détention et risque l’obsolescence, tandis qu’un stock insuffisant provoque des ruptures de livraison, des pertes de ventes et une détérioration de l'image de marque. La maîtrise des niveaux de stock, l’évaluation précise des coûts associés et l’utilisation de modèles d’optimisation tels que celui de Wilson permettent de concilier service client et performance financière. Ce cours présente, étape par étape, les outils indispensables à un technicien supérieur en comptabilité de management pour élaborer un budget des approvisionnements fiable et réaliste, en s’appuyant sur des exemples concrets tirés du contexte économique local (entreprises de transformation du cacao, ateliers de fabrication de meubles en bois, sociétés de distribution de produits pharmaceutiques).
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## I. Leçon 10 : Etude des différents niveaux de stocks
### A. Définition du stock
> Le stock représente la quantité physique de matières premières, de produits en cours de fabrication ou de produits finis détenus par une entreprise afin de répondre à la demande future.
### B. Niveaux de stock classiques
1. **Stock minimum (ou stock de sécurité)** : niveau en dessous duquel il ne faut pas descendre sous peine de rupture. Il correspond à la quantité de sécurité.
2. **Stock d’alerte (point de commande)** : niveau de stock auquel il faut déclencher une nouvelle commande afin d’éviter la rupture. Il s’obtient en ajoutant au stock de sécurité la consommation prévisible pendant le délai de livraison.
3. **Stock maximum** : plafond au-delà duquel les coûts de détention deviennent excessifs.
4. **Stock de réapprovisionnement** : quantité à commander lorsque le stock atteint le point de commande (stock d’alerte). Il correspond généralement au lot économique ou à un lot prédéterminé.
5. **Stock moyen** : moyenne arithmétique entre le stock minimum et le stock maximum (ou entre le stock après réception et le stock avant épuisement).
### C. Facteurs influençant les niveaux de stock
- **Variabilité de la demande** : plus la demande est fluctuante, plus le stock de sécurité doit être important.
- **Délai de livraison (lead time)** : un délai long augmente le besoin de stock de sécurité.
- **Coût de détention** : un coût élevé incite à réduire les niveaux de stock.
- **Coût de rupture** : un coût élevé justifie un stock de sécurité plus conséquent.
- **Conditions de paiement fournisseurs** : des escomptes pour paiement rapide peuvent influencer la taille des lots commandés.
### D. Exemple chiffré – Entreprise de transformation du cacao à Yaoundé
L’entreprise « CacaoPlus » consomme 12 000 kg de fèves de cacao par mois. Le délai moyen de livraison du fournisseur est de 15 jours. Le service souhaité implique un stock de sécurité couvrant 10 jours de consommation.
1. Consommation journalière = 12 000 kg / 30 jours = **400 kg/jour**.
2. Stock de sécurité = 400 kg/jour × 10 jours = **4 000 kg**.
3. Stock minimum (ou de sécurité) = stock de sécurité = **4 000 kg** (on considère que l’alerte se déclenche quand le stock atteint ce niveau).
4. Stock maximum = stock minimum + quantité commandée habituelle. Supposons un lot de commande de 6 000 kg : stock maximum = 4 000 kg + 6 000 kg = **10 000 kg**.
5. Stock moyen = (stock minimum + stock maximum)/2 = (4 000 + 10 000)/2 = **7 000 kg**.
> Le stock de sécurité permet d’absorber une variation de la demande de ±25 % sans risque de rupture, compte tenu du délai de livraison.
### E. Tableau récapitulatif des niveaux de stock
| Niveau de stock | Formule de calcul | Valeur (exemple CacaoPlus) |
|--------------------------|-----------------------------------------------|----------------------------|
| Stock minimum (ou de sécurité) | Stock de sécurité | 4 000 kg |
| Stock d’alerte (point de commande) | (Consommation journalière × Délai de livraison) + Stock de sécurité | (400 × 15)+4 000 = 10 000 kg |
| Stock maximum | Stock minimum + Lot de commande | 10 000 kg |
| Stock moyen | (Stock minimum + Stock maximum) / 2 | 7 000 kg |
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## II. Leçon 11 : Etude des différents coûts liés aux stocks
### A. Coût d’acquisition (ou d’achat)
> Le coût d’acquisition correspond au prix unitaire d’achat d’une matière première ou d’un produit, hors taxes, majoré des frais de transport, de douane et d’assurance jusqu’à l’entrée en stock.
### B. Coût de détention (holding cost)
> Le coût de détention regroupe les frais financiers liés à l’immobilisation du capital, les coûts de stockage (loyer, énergie, assurance, manutention) et les coûts d’obsolescence ou de dégradation. Il s’exprime généralement en pourcentage du coût d’acquisition par unité et par an.
### C. Coût de rupture de stock (stock‑out cost)
> Le coût de rupture comprend les pertes de ventes, les pénalités contractuelles, les frais de livraison express et l’impact sur la réputation client. Il est souvent difficile à quantifier précisément ; on utilise parfois un coût unitaire estimé par unité manquante.
### D. Coût de commande (ordering cost)
> Le coût de commande inclut les frais administratifs liés à la passation d’une commande (salaires du service achats, frais de télécommunication, frais de traitement documentaire) et les coûts de réception (contrôle qualité, mise en stock).
### E. Formule du coût total annuel lié aux stocks
Soit :
- **D** = demande annuelle (unités/an)
- **Q** = taille du lot commandé (unités)
- **Cₐ** = coût d’acquisition unitaire (FCFA/unité)
- **Cₕ** = coût de détention unitaire annuel (FCFA/unité·an)
- **Cₒ** = coût de commande unitaire (FCFA/commande)
Le coût total annuel (CTA) se décompose ainsi :
CTA = (D × Cₐ) + (Q/2 × Cₕ) + (D/Q × Cₒ)
> Le premier terme représente le coût d’achat annuel, le deuxième le coût de détention moyen (stock moyen = Q/2), le troisième le coût de commande annuel (nombre de commandes = D/Q).
### F. Exemple chiffré – Atelier de menuiserie à Douala
L’atelier « BoisCraft » utilise des panneaux de contreplaqué. Données annuelles :
- D = 2 400 panneaux/an
- Cₐ = 12 000 FCFA/panneau
- Cₕ = 20 % de Cₐ = 0,20 × 12 000 = **2 400 FCFA/panneau·an**
- Cₒ = 15 000 FCFA/commande
On souhaite déterminer le coût total annuel pour différents lots de commande afin d’identifier le lot optimal (on le fera dans la leçon suivante, mais on montre ici le calcul).
**Essai avec Q = 200 panneaux** :
- Coût d’achat = 2 400 × 12 000 = 28 800 000 FCFA
- Coût de détention = (200/2) × 2 400 = 100 × 2 400 = 240 000 FCFA
- Coût de commande = (2 400/200) × 15 000 = 12 × 15 000 = 180 000 FCFA
- CTA = 28 800 000 + 240 000 + 180 000 = **29 220 000 FCFA**
**Essai avec Q = 600 panneaux** :
- Coût de détention = (600/2) × 2 400 = 300 × 2 400 = 720 000 FCFA
- Coût de commande = (2 400/600) × 15 000 = 4 × 15 000 = 60 000 FCFA
- CTA = 28 800 000 + 720 000 + 60 000 = **29 580 000 FCFA**
On observe que le coût total varie peu autour de 29 millions FCFA ; le lot optimal sera déterminé précisément avec le modèle de Wilson.
> Le coût de détention représente généralement la part la plus sensible du coût total lorsqu’on varie la taille du lot.
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## III. Leçon 12 : La détermination de la cadence optimale et du lot économique par le modèle de Wilson
### A. Présentation du modèle EOQ (Wilson)
> Le modèle économique de lot (Economic Order Quantity, EOQ), également appelé modèle de Wilson, vise à minimiser la somme des coûts de détention et des coûts de commande, sous l’hypothèse d’une demande constante et connue, d’un délai de livraison fixe et d’aucun coût de rupture.
### B. Hypothèses du modèle
1. La demande **D** est connue, constante et déterministe (unités/an).
2. Le délai de livraison **L** est connu et constant.
3. Le coût d’acquisition unitaire **Cₐ** est indépendant de la quantité commandée (pas de remise pour quantité).
4. Le coût de détention unitaire **Cₕ** est constant et proportionnel à Cₐ.
5. Le coût de commande **Cₒ** est fixe par commande, indépendamment de la taille du lot.
6. Aucun coût de rupture n’est considéré (service de 100 %).
7. Le réapprovisionnement est instantané dès réception du lot.
### C. Formule du lot économique Q*
En dérivant le coût total annuel (hors coût d’achat, qui est constant) par rapport à Q et en posant la dérivée à zéro, on obtient :
Q* = √(2 × D × Cₒ / Cₕ)
> Cette formule donne la taille de lot qui équilibre exactement le coût de détention annuel et le coût de commande annuel.
### D. Formule du nombre de commandes N*
N* = D / Q*
### E. Formule du temps entre deux commandes T* (en années)
T* = Q* / D
> On peut également exprimer T* en jours : T* (jours) = (Q* / D) × 365.
### F. Exemple complet – Société de distribution de produits pharmaceutiques à Bamenda
Données :
- D = 18 000 unités/an (boîtes de médicaments)
- Cₐ = 2 500 FCFA/unité
- Taux de détention = 25 % l’an → Cₕ = 0,25 × 2 500 = **625 FCFA/unité·an**
- Cₒ = 20 000 FCFA/commande
**Calcul du lot économique** :
Q* = √(2 × 18 000 × 20 000 / 625)
= √(720 000 000 / 625)
= √(1 152 000)
≈ **1 073 unités** (on arrondit à 1 070 pour faciliter la manipulation).
**Nombre de commandes annuel** :
N* = 18 000 / 1 070 ≈ 16,82 → **17 commandes/an** (on prévoit 17 commandes, la dernière étant légèrement plus petite).
**Temps entre deux commandes** :
T* = 1 070 / 18 000 = 0,0594 an
En jours : 0,0594 × 365 ≈ **21,7 jours** → environ **22 jours**.
**Vérification des coûts** :
- Coût de détention moyen = (Q*/2) × Cₕ = (1 070/2) × 625 = 535 × 625 = 334 375 FCFA
- Coût de commande annuel = N* × Cₒ = 17 × 20 000 = 340 000 FCFA
- Somme des deux coûts = 334 375 + 340 000 = **674 375 FCFA**
- Coût d’achat annuel = D × Cₐ = 18 000 × 2 500 = 45 000 000 FCFA
- CTA total = 45 000 000 + 674 375 ≈ **45 674 375 FCFA**
> Le modèle montre que le coût de détention et le coût de commande sont pratiquement égaux (≈ 334 k vs 340 k), confirmant l’optimalité du lot calculé.
### G. Sensibilité aux paramètres
- Si **Cₕ** augmente de 20 % (passant de 625 à 750 FCFA), Q* diminue : Q* = √(2·D·Cₒ / 1,2·Cₕ) → Q* ≈ 978 unités (‑9 %).
- Si **Cₒ** diminue de 30 % (passant de 20 000 à 14 000 FCFA), Q* diminue également : Q* ≈ 896 unités (‑16 %).
- Une hausse de la demande **D** augmente Q* proportionnellement à √D.
Ces variations montrent l’importance de mettre à jour régulièrement les paramètres du modèle.
### H. Limites du modèle de Wilson dans la pratique camerounaise
- La demande n’est jamais parfaitement constante (saisonnalité des produits agricoles, variations des campagnes de vaccination).
- Les remises pour quantité importante sont fréquentes (ex. : remise de 5 % au-delà de 2 000 unités).
- Les délais de livraison peuvent être aléatoires en raison des contraintes routières ou des procédures douanières.
- Le coût de rupture n’est nul que dans un contexte de service idéal ; en réalité, les pénalités ou la perte de clientèle peuvent être significatives.
Dans ces cas, on recourt à des modèles étendus (lot économique avec remise, modèle de Wagner-Whitin, ou méthodes de simulation).
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## Synthèse du chapitre
- **Niveaux de stock** : minimum (ou de sécurité), maximum, de réapprovisionnement, d’alerte (point de commande) ; déterminés par la consommation journalière, le délai de livraison et le service souhaité.
- **Coûts liés aux stocks** : coût d’acquisition, coût de détention (holding), coût de commande, coût de rupture ; le coût total annuel = coût d’achat + (Q/2)·Cₕ + (D/Q)·Cₒ.
- **Modèle de Wilson (EOQ)** : Q* = √(2·D·Cₒ / Cₕ) ; N* = D / Q* ; T* = Q* / D ; hypothèses de demande constante, délai fixe, pas de remise, coût de rupture nul.
- **Application pratique** : exemples chiffrés provenant d’entreprises camerounaises (transformation du cacao, menuiserie, distribution pharmaceutique) illustrant le calcul des niveaux de stock, des coûts totaux et du lot économique.
- **Limites** : variabilité de la demande, remises quantitatives, incertitude des délais, nécessité de modèles plus sophistiqués en contexte réel.
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## Glossaire
- **Stock de sécurité** : quantité supplémentaire détenue pour faire face à la variabilité de la demande ou du délai de livraison.
- **Point de commande** : niveau de stock auquel il faut déclencher une nouvelle commande afin d’éviter la rupture.
- **Coût de détention (holding cost)** : frais financiers et logistiques liés au stockage d’une unité pendant une période donnée (ex. : FCFA/unité·an).
- **Coût de commande (ordering cost)** : frais fixes engagés chaque fois qu’une commande est passée, indépendamment de la taille du lot.
- **Lot économique (EOQ)** : taille de commande qui minimise la somme des coûts de détention et de commande.
- **Cadence optimale** : fréquence à laquelle les commandes doivent être passées pour atteindre le lot économique (N* commandes/an).
- **Temps entre commandes** : intervalle de temps séparant deux réapprovisionnements successifs lorsqu’on suit le lot économique.
- **Demande annuelle (D)** : quantité totale d’un article nécessaire sur une année, exprimée en unités/an.
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Détermination des niveaux de stock
Une usine de transformation de l’huile de palme à Bafoussam consomme 9 600 litres d’huile brute par mois. Le délai moyen de livraison du fournisseur est de 20 jours. L’entreprise souhaite maintenir un stock de sécurité couvrant 12 jours de consommation.
**Calcul :**
1. Consommation journalière = 9 600 L / 30 jours = **320 L/jour**.
2. Stock de sécurité = 320 L/jour × 12 jours = **3 840 L**.
3. Stock minimum (ou de sécurité) = stock de sécurité = **3 840 L**.
4. En supposant un lot de commande de 4 800 L, stock maximum = 3 840 + 4 800 = **8 640 L**.
5. Stock moyen = (3 840 + 8 640)/2 = **6 240 L**.
6. Point de commande = (consommation journalière × délai) + stock de sécurité = (320 × 20) + 3 840 = 6 400 + 3 840 = **10 240 L**.
> Le point de commande dépasse le stock maximum calculé avec un lot de 4 800 L ; il faut donc augmenter la taille du lot ou réduire le délai.
### Exercice 2 – Calcul du coût total annuel
Une société de distribution de boissons gazeuses à Garoua utilise des bouteilles en PET. Données :
- D = 30 000 bouteilles/an
- Cₐ = 800 FCFA/bouteille
- Taux de détention = 18 % l’an → Cₕ = 0,18 × 800 = **144 FCFA/bouteille·an**
- Cₒ = 12 000 FCFA/commande
On considère deux scénarios de lot : Q₁ = 1 000 bouteilles, Q₂ = 2 500 bouteilles.
**Scénario Q₁ = 1 000** :
- Coût d’achat = 30 000 × 800 = 24 000 000 FCFA
- Coût de détention = (1 000/2) × 144 = 500 × 144 = 72 000 FCFA
- Coût de commande = (30 000/1 000) × 12 000 = 30 × 12 000 = 360 000 FCFA
- CTA = 24 000 000 + 72 000 + 360 000 = **24 432 000 FCFA**
**Scénario Q₂ = 2 500** :
- Coût de détention = (2 500/2) × 144 = 1 250 × 144 = 180 000 FCFA
- Coût de commande = (30 000/2 500) × 12 000 = 12 × 12 000 = 144 000 FCFA
- CTA = 24 000 000 + 180 000 + 144 000 = **24 324 000 FCFA**
> Le lot de 2 500 bouteilles réduit légèrement le coût total annuel grâce à une diminution du coût de commande qui compense l’augmentation du coût de détention.
### Exercice 3 – Application du modèle de Wilson
Une menuiserie industrielle à Ngaoundéré utilise des panneaux de bois aggloméré. Données :
- D = 14 400 panneaux/an
- Cₐ = 15 000 FCFA/panneau
- Taux de détention = 22 % l’an → Cₕ = 0,22 × 15 000 = **3 300 FCFA/panneau·an**
- Cₒ = 25 000 FCFA/commande
**Calcul du lot économique** :
Q* = √(2 × 14 400 × 25 000 / 3 300)
= √(720 000 000 / 3 300)
= √(218 181,818…)
≈ **467 panneaux** (on arrondit à 470 pour faciliter la gestion).
**Nombre de commandes annuel** :
N* = 14 400 / 470 ≈ 30,6 → **31 commandes/an**.
**Temps entre deux commandes** :
T* = 470 / 14 400 = 0,0326 an → 0,0326 × 365 ≈ **11,9 jours** (environ 12 jours).
**Vérification des coûts** :
- Coût de détention moyen = (470/2) × 3 300 = 235 × 3 300 = 775 500 FCFA
- Coût de commande annuel = 31 × 25 000 = 775 000 FCFA
- Somme = 1 550 500 FCFA (les deux coûts sont pratiquement égaux).
- Coût d’achat annuel = 14 400 × 15 000 = 216 000 000 FCFA
- CTA total ≈ **217 550 500 FCFA**.
> Le lot de 470 panneaux équilibre les coûts de détention et de commande, confirmant l’optimalité du modèle dans ce contexte.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | Confondre **stock de sécurité** et **stock minimum** | Sous‑estimation du besoin réel de couverture, risque de rupture. | Toujours calculer le stock de sécurité à partir de la variabilité de la demande et du délai ; le stock minimum est égal au stock de sécurité uniquement si l’on définit l’alerte à ce niveau. |
| 2 | Oublier d’inclure le **coût de détention financier** (taux d’intérêt du capital immobilisé) dans Cₕ | Sous‑évaluation du coût total, décision de lot trop importante. | Intégrer le coût d’opportunité du capital (ex. : taux moyen de crédit bancaire) dans le pourcentage de détention. |
| 3 | Appliquer le modèle de Wilson alors qu’une **remise quantitative** existe | Lot économique non optimal, surcoût ou sous‑stockage. | Utiliser la version du modèle avec remise : comparer le coût total avec et sans remise, choisir le lot qui minimise le coût total réel. |
| 4 | Négliger le **temps de réception** (lead time variable) lors du calcul du point de commande | Rupture malgré un stock de sécurité apparemment suffisant. | Mettre à jour régulièrement le délai moyen et son écart‑type ; augmenter le stock de sécurité proportionnellement à l’incertitude du lead time. |
| 5 | Arrondir le lot économique à une valeur qui rend le nombre de commandes non entier sans ajuster la dernière commande | Difficulté de planification, surplus ou déficit de stock en fin de période. | Après arrondi de Q*, calculer le nombre réel de commandes (D/Q*) ; ajuster la taille de la dernière commande pour écouler exactement la demande annuelle. |
| 6 | Utiliser une **unité incohérente** (ex. : mélanger mois et jours) dans les formules | Résultats erronés, décisions de gestion inadéquates. | Toujours convertir toutes les grandeurs dans la même base temporelle (jours ou années) avant d’appliquer les formules. |
Quiz du chapitre
10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.