Chapitre 8
Programme de production (partie 1/2)
Lecture : 19 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
- Analyser les différents temps qui composent le cycle de production (temps de réglage, temps d’usinage, temps d’attente, temps de déplacement, temps de contrôle).
- Calculer le temps de cycle théorique et le temps de cycle réel d’un poste de travail.
- Élaborer un budget de production en fonction d’un objectif de maximisation du profit sous contrainte de capacité.
- Utiliser le tableau de bord de suivi de la production pour détecter les écarts et proposer des actions correctives.
**Prérequis :**
- Notions de base de la comptabilité de gestion (coûts variables, coûts fixes, marge sur coût variable).
- Lecture et interprétation d’un état de résultat prévisionnel.
- Maîtrise des opérations de base sur les pourcentages et les règle de trois.
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## Introduction contextualisée
Dans les entreprises industrielles camerounaises (transformation du cacao, fabrication de matériaux de construction, agro‑alimentaire), la compétitivité dépend fortement de la maîtrise du temps de production et de la capacité à planifier les quantités à fabriquer afin d’optimiser l’utilisation des ressources (machines, main‑d’œuvre, matières premières). Une analyse fine des temps permet de repérer les goulots d’étranglement, tandis qu’un budget de production bien construit assure que la quantité produite répond à la demande prévue sans générer de surstocks coûteux ou de ruptures de stock. Ce chapitre présente, d’abord, les méthodes d’analyse des temps de production (Leçon 6) puis, ensuite, la construction d’un budget de production lorsqu’on cherche à maximiser le profit sous contrainte de capacité (Leçon 7).
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## I. Leçon 6 : Analyse des temps de production
### 1. Définitions et vocabulaire professionnel
> **Temps de réglage (T<sub>r</sub>)** : temps nécessaire pour préparer la machine ou le poste de travail avant le début d’une série (changement d’outillage, réglage des paramètres).
> **Temps d’usinage (T<sub>u</sub>)** : temps réel pendant lequel la matière est transformée (coupe, assemblage, cuisson, etc.).
> **Temps d’attente (T<sub>a</sub>)** : temps pendant lequel la pièce ou le lot attend la disponibilité d’une machine, d’un opérateur ou d’un matériau.
> **Temps de déplacement (T<sub>d</sub>)** : temps consacré au transport de la pièce entre deux postes de travail ou entre le magasin et la ligne.
> **Temps de contrôle (T<sub>c</sub>)** : temps dédié à la vérification de la conformité (mesure, essai, inspection).
> **Temps de cycle théorique (T<sub>cyth</sub>)** : somme des temps valeur ajoutée (T<sub>u</sub> + T<sub>c</sub>) pour une pièce, hors temps non valeur ajoutée.
> **Temps de cycle réel (T<sub>creel</sub>)** : temps effectivement observé entre le démarrage de deux pièces consécutives sur le même poste, incluant tous les temps (T<sub>r</sub> + T<sub>u</sub> + T<sub>a</sub> + T<sub>d</sub> + T<sub>c</sub>).
### 2. Méthode d’analyse des temps (chronométrie)
1. **Décomposition du poste** : identifier chaque élément opérationnel (réglage, usinage, attente, déplacement, contrôle).
2. **Observation chronométrée** : réaliser plusieurs cycles (au moins 5) à l’aide d’un chronomètre ou d’un logiciel de suivi, noter chaque temps élémentaire.
3. **Calcul des moyennes** : pour chaque élément, faire la moyenne des observations.
4. **Application du coefficient de performance** : ajuster les temps observés au rendement normal de l’opérateur (souvent 85 % à 95 % selon la norme NF X 06‑005).
5. **Détermination du temps de cycle théorique et réel** : appliquer les formules ci‑dessous.
### 3. Formules et unités
- Temps de cycle théorique :
\[
T_{cyth}=T_u+T_c
\]
- Temps de cycle réel :
\[
T_{creel}=T_r+T_u+T_a+T_d+T_c
\]
- Taux d’utilisation de la machine :
\[
\tau = \frac{T_{cyth}}{T_{creel}}\times 100\%
\]
- Nombre théorique de pièces produites par heure :
\[
N_{th}= \frac{3600}{T_{cyth}} \quad\text{(pièces/h)}
\]
- Nombre réel de pièces produites par heure :
\[
N_{re}= \frac{3600}{T_{creel}} \quad\text{(pièces/h)}
\]
> **Règle de sécurité** : lors de la chronométrie, porter les équipements de protection individuelle (EPI) adaptés (lunettes de sécurité, protections auditives) et respecter les consignes d’arrêt d’urgence de la machine.
### 4. Exemple chiffré – Atelier de transformation du cacao à Yaoundé
Un poste de torréfaction fonctionne ainsi (moyennes sur 5 cycles) :
| Élément | Temps moyen (s) |
|--------------------|-----------------|
| Réglage (T<sub>r</sub>) | 30 |
| Usinage (T<sub>u</sub>) | 120 |
| Attente (T<sub>a</sub>) | 20 |
| Déplacement (T<sub>d</sub>)| 10 |
| Contrôle (T<sub>c</sub>) | 15 |
Calculs :
- \(T_{cyth}=120+15=135\text{ s}\)
- \(T_{creel}=30+120+20+10+15=195\text{ s}\)
- \(\tau = \frac{135}{195}\times100\% \approx 69,2\%\)
- \(N_{th}= \frac{3600}{135}\approx 26,7\text{ pièces/h}\)
- \(N_{re}= \frac{3600}{195}\approx 18,5\text{ pièces/h}\)
Interprétation : le poste travaille à moins de 70 % de sa capacité théorique ; les temps d’attente et de réglage représentent des leviers d’amélioration (réduction du réglage par SMED, amélioration de l’approvisionnement).
### 5. Tableau de suivi (tableau de bord)
| Indicateur | Valeur cible | Valeur réelle | Écart | Action corrective |
|--------------------------|--------------|---------------|-------|-------------------|
| Taux d’utilisation (%) | ≥80 | 69,2 | -10,8 | Réduire T<sub>r</sub> de 15 s (SMED) |
| Pièces produites /h | ≥25 | 18,5 | -6,5 | Optimiser flux d’attente (kanban) |
| Temps de réglage (s) | ≤20 | 30 | +10 | Former opérateurs au changement rapide |
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## II. Leçon 7 : Budget de production : cas de maximisation
### 1. Objectif du budget de production
Le budget de production détermine la quantité à fabriquer durant une période comptable (souvent un trimestre) afin de répondre au budget des ventes tout en tenant compte des stocks d’ouverture et de fermeture souhaités. Lorsqu’on cherche à **maximiser le profit**, on ajoute une contrainte de capacité de production (machine, main‑d’œuvre) et on résout un problème d’optimisation linéaire : maximiser la marge sur coût variable sous contrainte de capacité.
### 2. Étapes de construction du budget de production
| Étape | Description | Formule |
|-------|-------------|---------|
| 1. Prévoir les ventes (Q<sub>v</sub>) | Issue du budget des ventes | – |
| 2. Déterminer le stock d’ouverture (S<sub>o</sub>) | Stock réel à la période précédente | – |
| 3. Fixer le stock de fermeture souhaité (S<sub>f</sub>) | Selon politique de gestion des stocks | – |
| 4. Calculer la quantité à produire (Q<sub>p</sub>) | Q<sub>p</sub> = Q<sub>v</sub> + S<sub>f</sub> – S<sub>o</sub> | – |
| 5. Vérifier la capacité disponible (C<sub>disp</sub>) | C<sub>disp</sub> = (Nb de machines × Horaire disponible) – Temps d’arrêt prévus | – |
| 6. S’assurer que Q<sub>p</sub> × T<sub>u</sub> ≤ C<sub>disp</sub> | Sinon, ajuster Q<sub>p</sub> ou chercher à augmenter capacité | – |
| 7. Calculer le coût de production unitaire (CPU) | CPU = CM<sub>v</sub> + (CF<sub>f</sub> / Q<sub>p</sub>) où CM<sub>v</sub> = coût variable unitaire, CF<sub>f</sub> = coût fixe de période | – |
| 8. Déterminer la marge sur coût variable unitaire (MCVU) | MCVU = Prix de vente unitaire – CM<sub>v</sub> | – |
| 9. Maximiser le profit total | Profit = Q<sub>p</sub> × MCVU – CF<sub>f</sub> (sous contrainte de capacité) | – |
### 3. Modèle d’optimisation linéaire (cas simple)
Supposons une seule matière première, deux produits (A et B).
- Variables : x<sub>A</sub> = quantité de A à produire, x<sub>B</sub> = quantité de B à produire.
- Contrainte de capacité machine :
\[
a_A x_A + a_B x_B \le C_{disp}
\]
où a<sub>A</sub>, a<sub>B</sub> = temps machine unitaire (h/pièce) pour A et B.
- Objectif : maximiser la marge sur coût variable totale
\[
\max \; Z = m_A x_A + m_B x_B
\]
où m<sub>A</sub>, m<sub>B</sub> = marge sur coût variable unitaire (FCFA/pièce).
Résolution par méthode graphique ou simplex (pour deux variables, on teste les sommets du polygone feasible).
### 4. Exemple chiffré – Menuiserie industrielle à Douala
La menuiserie produit deux types de portes :
| Produit | Prix de vente unitaire (FCFA) | Coût variable unitaire (FCFA) | Marge sur coût variable unitaire (m) | Temps machine unitaire (h) |
|---------|------------------------------|------------------------------|--------------------------------------|----------------------------|
| Porte standard (A) | 150 000 | 90 000 | 60 000 | 0,5 |
| Porte renforcée (B) | 250 000 | 130 000 | 120 000 | 0,8 |
Capacité machine mensuelle : 2 machines × 160 h/machine = 320 h.
Temps d’arrêt prévu (maintenance) : 20 h → C<sub>disp</sub> = 300 h.
Contrainte :
\[
0,5x_A + 0,8x_B \le 300
\]
On cherche à maximiser :
\[
Z = 60\,000x_A + 120\,000x_B
\]
**Résolution (méthode des sommets)** :
- Si x<sub>B</sub> = 0 → 0,5x<sub>A</sub> ≤ 300 → x<sub>A</sub> ≤ 600 → Z = 60 000×600 = 36 000 000 FCFA.
- Si x<sub>A</sub> = 0 → 0,8x<sub>B</sub> ≤ 300 → x<sub>B</sub> ≤ 375 → Z = 120 000×375 = 45 000 000 FCFA.
- Intersection de la contrainte avec l’axe : résoudre 0,5x<sub>A</sub> + 0,8x<sub>B</sub> = 300.
Prendre x<sub>A</sub> = 200 → 0,5×200 = 100 → 0,8x<sub>B</sub> = 200 → x<sub>B</sub> = 250.
Z = 60 000×200 + 120 000×250 = 12 000 000 + 30 000 000 = 42 000 000 FCFA.
Le meilleur profit est obtenu avec **x<sub>A</sub> = 0, x<sub>B</sub> = 375** (seulement portes renforcées).
Vérification du stock : supposons stock d’ouverture 0, stock de fermeture souhaité 20 unités de chaque produit.
Quantité à produire :
- A : Q<sub>v</sub> (prévisions ventes) = 150 → Q<sub>p</sub> = 150 + 20 – 0 = 170 (mais capacité ne permet pas, on revoit les prévisions).
Dans cet exemple, on montre que la contrainte de capacité prime sur le budget des ventes ; il faut réviser les prévisions de vente ou augmenter la capacité (ajout d’un poste, horaire supplémentaire).
### 5. Tableau récapitulatif du budget de production (après révision des ventes)
| Élément | Valeur |
|---------|--------|
| Prévisions de ventes révisées (A) | 100 unités |
| Prévisions de ventes révisées (B) | 300 unités |
| Stock d’ouverture (A,B) | 0 |
| Stock de fermeture souhaité (A,B) | 20 unités chacun |
| Quantité à produire (A) | 100 + 20 – 0 = 120 |
| Quantité à produire (B) | 300 + 20 – 0 = 320 |
| Temps machine nécessaire | 0,5×120 + 0,8×320 = 60 + 256 = 316 h |
| Capacité disponible | 300 h → dépassement de 16 h |
| Action : réduire Q<sub>B</sub> de 20 unités (nouveau Q<sub>B</sub>=300) → temps = 0,5×120 + 0,8×300 = 60 + 240 = 300 h (exactement capacité). |
| Nouveau budget de production | A = 120 unités, B = 300 unités |
| Marge sur coût variable totale | 60 000×120 + 120 000×300 = 7 200 000 + 36 000 000 = 43 200 000 FCFA |
| Coût fixe mensuel (location, salaires) | 10 000 000 FCFA |
| **Profit prévisionnel** | 33 200 000 FCFA |
> **Règle de métier** : lorsqu’une contrainte de capacité est atteinte, le produit ayant la **marge sur coût variable unitaire par heure de machine** la plus élevée doit être privilégié.
> Calcul : m<sub>A</sub>/0,5 = 120 000 FCFA/h ; m<sub>B</sub>/0,8 = 150 000 FCFA/h → B est prioritaire, ce qui confirme le résultat précédent.
### 6. Normes et références camerounaises
- Arrêté n° 001/MINESEC du 12 janvier 2022 relatif aux programmes de l’enseignement technique industriel (section Gestion de la production).
- Guide de bonnes pratiques de l’ATC (Agence de Technologie et de Compétences) – « Méthodologie de chronométrie en atelier », édition 2021.
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## Synthèse du chapitre
- **Analyse des temps** : distinguer temps valeur ajoutée (usinage, contrôle) et temps non valeur ajoutée (réglage, attente, déplacement, contrôle). Calculer T<sub>cyth</sub> et T<sub>creel</sub> ; taux d’utilisation τ = T<sub>cyth</sub>/T<sub>creel</sub>.
- **Outils** : chronométrie, tableau de suivi, coefficient de performance, SMED pour réduire T<sub>r</sub>.
- **Budget de production** : Q<sub>p</sub> = Q<sub>v</sub> + S<sub>f</sub> – S<sub>o</sub>.
- **Maximisation du profit sous contrainte de capacité** : résoudre max Σ(m<sub>i</sub>·x<sub>i</sub>) sous Σ(a<sub>i</sub>·x<sub>i</sub>) ≤ C<sub>disp</sub>.
- **Règle de décision** : choisir le produit avec le meilleur rapport marge sur coût variable / temps machine (m<sub>i</sub>/a<sub>i</sub>).
- **Application pratique** : exemples de torréfaction du cacao et de menuiserie industrielle montrent comment passer de l’analyse des temps à la décision de production optimale.
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## Glossaire
> **Temps de réglage (T<sub>r</sub>)** : durée nécessaire pour préparer un poste avant le démarrage d’une série.
> **Temps d’usinage (T<sub>u</sub>)** : temps réel de transformation de la matière.
> **Temps d’attente (T<sub>a</sub>)** : période où la pièce attend une ressource (machine, opérateur, matière).
> **Temps de déplacement (T<sub>d</sub>)** : temps consacré au transport de la pièce entre deux postes ou entre magasin et ligne.
> **Temps de contrôle (T<sub>c</sub>)** : durée de vérification de la conformité d’une pièce.
> **Temps de cycle théorique (T<sub>cyth</sub>)** : somme des temps valeur ajoutée (usinage + contrôle).
> **Temps de cycle réel (T<sub>creel</sub>)** : somme de tous les temps élémentaires d’un cycle observé.
> **Taux d’utilisation (τ)** : rapport T<sub>cyth</sub>/T<sub>creel</sub> exprimé en pourcentage, indique l’efficacité du poste.
> **Marge sur coût variable unitaire (MCVU)** : prix de vente unitaire moins coût variable unitaire.
> **Capacité disponible (C<sub>disp</sub>)** : temps machine effectivement utilisable après déduction des arrêts prévus.
> **SMED** : Single Minute Exchange of Die, méthode visant à réduire les temps de réglage à moins de 10 minutes.
> **Budget de production** : document prévisionnel qui détermine la quantité à fabriquer pour répondre aux ventes et aux objectifs de stock.
> **Contrainte de capacité** : limitation imposée par les ressources (machines, main‑d’œuvre) pouvant restreindre la quantité producible.
> **Optimisation linéaire** : méthode mathématique permettant de maximiser (ou minimiser) une fonction linéaire sous des contraintes linéaires.
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Analyse des temps (atelier de transformation du manioc)
Dans un atelier de transformation du manioc à Bafoussam, les temps moyens observés sur 6 cycles sont : réglage 25 s, usinage 180 s, attente 15 s, déplacement 8 s, contrôle 12 s.
1. Calculer le temps de cycle théorique et le temps de cycle réel.
2. Déterminer le taux d’utilisation du poste.
3. Si l’objectif est d’atteindre un taux d’utilisation de 80 %, quel temps de réglage faudrait‑il obtenir (en supposant que les autres temps restent inchangés) ?
**Corrigé**
1. T<sub>cyth</sub> = 180 s + 12 s = 192 s.
T<sub>creel</sub> = 25 + 180 + 15 + 8 + 12 = 240 s.
2. τ = 192 / 240 × 100 % = 80 %.
3. On veut τ = 0,80 = T<sub>cyth</sub> / (T<sub>r</sub> + 180 + 15 + 8 + 12).
T<sub>cyth</sub> = 192 s (inchangé).
Donc 0,80 = 192 / (T<sub>r</sub> + 215).
T<sub>r</sub> + 215 = 192 / 0,80 = 240 → T<sub>r</sub> = 240 – 215 = 25 s.
Le temps de réglage actuel est déjà 25 s ; donc le poste est déjà à 80 % d’utilisation.
### Exercice 2 – Budget de production avec maximisation (atelier de fabrication de savon)
Une unité de fabrication de savon à Ngaoundéré produit deux parfums :
| Parfum | Prix de vente (FCFA/uds) | Coût variable (FCFA/uds) | Marge sur coût variable (FCFA/uds) | Temps de mélange (h/uds) |
|--------|--------------------------|--------------------------|------------------------------------|--------------------------|
| Citron (C) | 800 | 500 | 300 | 0,2 |
| Lavande (L) | 1 200 | 700 | 500 | 0,35 |
Capacité du mélangeur : 1 machine × 200 h/mois = 200 h. Temps d’arrêt prévu (maintenance) : 20 h → C<sub>disp</sub> = 180 h.
Stock d’ouverture : 0 unité de chaque parfum.
Stock de fermeture souhaité : 30 unités de chaque parfum.
Prévisions de ventes : 120 unités de Citron, 80 unités de Lavande.
1. Déterminer les quantités à produire initialement (sans tenir compte de la capacité).
2. Vérifier si la capacité est suffisante.
3. Si la capacité est insuffisante, appliquer la règle de marge sur coût variable par heure pour choisir le produit à privilégier et recalculer le budget de production.
4. Calculer le profit prévisionnel (coût fixe mensuel = 4 000 000 FCFA).
**Corrigé**
1. Q<sub>p</sub> = Q<sub>v</sub> + S<sub>f</sub> – S<sub>o</sub>.
- Citron : 120 + 30 – 0 = 150 unités.
- Lavande : 80 + 30 – 0 = 110 unités.
2. Temps nécessaire :
- Citron : 150 × 0,2 = 30 h.
- Lavande : 110 × 0,35 = 38,5 h.
Total = 68,5 h ≤ 180 h → capacité suffisante. (Dans ce cas, aucune contrainte ne se manifeste ; on passe directement au profit.)
Toutefois, pour illustrer la contrainte, supposons que les prévisions de ventes soient revues à la hausse : 250 uds Citron, 200 uds Lavande.
Alors Q<sub>p</sub> Citron = 250+30 = 280 uds → temps = 280×0,2 = 56 h.
Q<sub>p</sub> Lavande = 200+30 = 230 uds → temps = 230×0,35 = 80,5 h.
Total = 136,5 h < 180 h → encore suffisante.
Pour créer une contrainte, prenons 400 uds Citron et 300 uds Lavande.
Q<sub>p</sub> Citron = 400+30 = 430 uds → temps = 86 h.
Q<sub>p</sub> Lavande = 300+30 = 330 uds → temps = 115,5 h.
Total = 201,5 h > 180 h → dépassement de 21,5 h.
3. Calcul du rapport marge/temps :
- Citron : 300 FCFA / 0,2 h = 1 500 FCFA/h.
- Lavande : 500 FCFA / 0,35 h ≈ 1 428,57 FCFA/h.
Le Citron offre une meilleure rentabilité horaire, donc on le privilégie.
On garde la quantité maximale de Citron possible puis on complète avec Lavande.
Soit x<sub>C</sub> la quantité de Citron, x<sub>L</sub> celle de Lavande.
Contrainte : 0,2x<sub>C</sub> + 0,35x<sub>L</sub> ≤ 180.
On fixe x<sub>C</sub> à sa valeur maximale théorique si l’on ne produisait que du Citron : x<sub>C</sub>max = 180 / 0,2 = 900 uds.
Mais on doit aussi respecter le stock de fermeture souhaité (30 uds) et les ventes prévues (400 uds).
On cherche donc à produire au moins les ventes + stock de fermeture : 400 + 30 = 430 uds de Citron.
Temps utilisé par le Citron : 430 × 0,2 = 86 h.
Temps restant : 180 – 86 = 94 h.
Quantité maximale de Lavande possible avec le temps restant : x<sub>L</sub> = 94 / 0,35 ≈ 268,57 → on prend 268 uds (on arrête à l’entier inférieur).
Vérifions le stock de fermeture : on produit 268 uds Lavande, ventes prévues 300 uds, stock d’ouverture 0 → stock de fermeture = 268 – 300 = –32 (déficit).
Il faut donc réduire la production de Citron pour laisser plus de place à la Lavande afin d’atteindre le stock de fermeture.
Résolvons le système :
- Objectif : atteindre au moins le stock de fermeture de 30 uds pour chaque parfum.
- Donc x<sub>C</sub> ≥ 400 + 30 = 430, x<sub>L</sub> ≥ 300 + 30 = 330.
- Contrainte temps : 0,2x<sub>C</sub> + 0,35x<sub>L</sub> ≤ 180.
En remplissant les mínimums :
Temps utilisé par les mínimums = 0,2×430 + 0,35×330 = 86 + 115,5 = 201,5 h > 180 h → impossible.
Il faut donc réviser soit les prévisions de vente, soit augmenter la capacité, soit réduire le stock de fermeture souhaité.
Supposons que l’on accepte de réduire le stock de fermeture à 10 uds pour chaque parfum.
Alors mínimums : x<sub>C</sub> ≥ 400 + 10 = 410, x<sub>L</sub> ≥ 300 + 10 = 310.
Temps = 0,2×410 + 0,35×310 = 82 + 108,5 = 190,5 h > 180 h → encore trop.
Réduisons le stock de fermeture à 0 uds (politique de juste‑à‑temps).
Alors x<sub>C</sub> ≥ 400, x<sub>L</sub> ≥ 300.
Temps = 0,2×400 + 0,35×300 = 80 + 105 = 185 h > 180 h → encore un dépassement de 5 h.
On doit donc sacrifier un peu de production de Lavande (produit moins rentable horaire).
Laissons x<sub>C</sub> = 400 (exactement les ventes).
Temps utilisé par Citron = 80 h.
Temps restant = 100 h.
x<sub>L</sub> max = 100 / 0,35 ≈ 285,7 → on prend 285 uds.
Stock de fermeture Lavande = 285 – 300 = –15 uds (déficit de 15).
Si l’on accepte ce déficit (on pourra le couvrir par un approvisionnement externe ou un report), le budget de production devient :
- Citron : 400 uds
- Lavande : 285 uds
Vérifions le temps : 0,2×400 + 0,35×285 = 80 + 99,75 = 179,75 h ≈ 180 h (acceptable).
4. Calcul du profit :
- Marge totale Citron = 400 × 300 = 120 000 FCFA.
- Marge totale Lavande = 285 × 500 = 142 500 FCFA.
- Marge sur coût variable totale = 262 500 FCFA.
- Coût fixe mensuel = 4 000 000 FCFA.
- Profit prévisionnel = 262 500 – 4 000 000 = –3 737 500 FCFA (déficit).
Le déficit montre que, avec les coûts fixes actuels, le volume de production nécessaire pour couvrir les frais fixes n’est pas atteint. L’entreprise doit soit augmenter le prix de vente, soit réduire les coûts fixes, soit augmenter la capacité (ajouter un deuxième mélangeur) pour produire davantage et atteindre le seuil de rentabilité.
> **Point clé** : lorsque la contrainte de capacité est active, on produit d’abord le produit ayant le meilleur rapport marge sur coût variable / temps de ressource, puis on complète avec le second produit dans la limite du temps restant.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | Confondre **temps de réglage** avec **temps d’usinage** lors du calcul de T<sub>cyth</sub>. | Surestimation de la capacité théorique, leading to over‑production. | Toujours distinguer clairement les deux éléments ; noter T<sub>r</sub> séparément dans la fiche de chronométrie. |
| 2 | Oublier d’ajouter le **stock de fermeture souhaité** dans le calcul de Q<sub>p</sub>. | Stock réel inférieur à l’objectif, risque de rupture de livraison. | Appliquer systématiquement la formule Q<sub>p</sub> = Q<sub>v</sub> + S<sub>f</sub> – S<sub>o</sub> avant toute vérification de capacité. |
| 3 | Utiliser le **coût total unitaire** au lieu de la **marge sur coût variable** dans l’objectif de maximisation. | Résultat faussé, décision de production sous‑optimale. | Rappeler que le profit à maximiser sous contrainte de capacité dépend de la marge sur coût variable, pas du coût total. |
| 4 | Ne pas convertir les unités de temps (heures vs secondes) avant d’appliquer la contrainte de capacité. | Erreur d’ordre de grandeur, capacité soit sur‑estimée soit sous‑estimée. | Toujours travailler dans une même unité (ex. heures) ; convertir les temps observés en secondes → heures (diviser par 3600). |
| 5 | Ne pas porter les **EPI** lors de la chronométrie sur une machine en marche. | Risque de blessure (coupure, projection, bruit). | Porter lunettes de protection, protections auditives et gants adaptés ; respecter les consignes d’arrêt d’urgence. |
| 6 | Ignorer le **coefficient de performance** (rendement de l’opérateur) lors du passage du temps observé au temps normal. | Temps de cycle réel sous‑estimé, surcharge du planning. | Appliquer un coefficient compris entre 0,85 et 0,95 selon la norme NF X 06‑005 ou l’accord d’entreprise. |
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*Fin du cours.*
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