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Chapitre 9

RADIOGRAPHIE DES ORGANES (partie 3/3)

Lecture : 18 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - Réaliser une radiographie thoracique en inspiration en respectant les paramètres d’exposition et les consignes de positionnement. - Effectuer une radiographie du pied (AP, latéral, oblique) en choisissant les incidences adaptées à la pathologie suspectée. - Évaluer la qualité technique d’une image radiographique (contraste, netteté, résolution spatiale, bruit) et appliquer les procédures de contrôle qualité quotidiennes. - Appliquer les règles de radioprotection et d’hygiène spécifiques aux examens radiographiques en milieu hospitalier camerounais. **Prérequis :** - Notions de base en physique des rayonnements (interaction photon‑matière, atténuation, loi du carré inverse). - Connaissance de l’anatomie thoracique et du membre inférieur (os du pied, articulations tarsiennes). - Maîtrise des termes de radioprotection (dose équivalente, ALARA, zone contrôlée). - Savoir lire une ordonnance de radiographie et remplir une fiche de demande d’examen. --- ## Introduction contextualisée Dans les établissements de santé du Cameroun, la radiographie demeure l’examen d’imagerie le plus fréquent grâce à son faible coût, sa rapidité et sa disponibilité. Les techniciens en imagerie médicale doivent maîtriser non seulement les gestes techniques, mais aussi les exigences de qualité qui garantissent une interprétation fiable par le médecin. Ce chapitre aborde trois leçons essentielles du programme officiel : la radiographie thoracique en inspiration, la radiographie du pied et la notion de qualité technique. Chaque leçon est illustrée par des situations professionnelles réalistes (hôpital de Yaoundé, centre de santé de Douala) afin de préparer l’élève aux exigences de l’examen du Baccalauréat série F et à l’insertion dans le monde du travail. --- ## I. Radiographie en inspiration (Leçon 20) ### A. Principe de la radiographie thoracique en inspiration La radiographie thoracique en inspiration vise à obtenir une image pulmonaire où les alvéoles sont remplies d’air, maximisant le contraste entre le tissu pulmonaire (faible atténuation) et les structures médiastinales (os, cœur, vaisseaux). Lors d’une inspiration profonde, le volume pulmonaire augmente, réduisant l’ombre cardiaque et améliorant la visualisation des champs pulmonaires périphériques. > **>** *La profondeur d’inspiration idéale correspond à une expansion thoracique où le diaphragme atteint le niveau de la 10ᵉ côte postérieure.* ### B. Positionnement du patient 1. **Position debout** (ou assise si le patient ne peut pas rester debout) face au détecteur, les épaules légèrement en avant pour éviter la rotation. 2. **Bras levés** ou mains sur les hanches pour dégager le champ pulmonaire supérieur. 3. **Menton légèrement relevé** afin d’éviter la superposition de la clavicule sur le sommet pulmonaire. 4. **Alignement du corps** : le plan sagittal médian doit être parallèle au détecteur ; le plan coronal doit être perpendiculaire au faisceau primaire. ### C. Paramètres d’exposition | Paramètre | Valeur typique (adulte) | Unité | Commentaire | |-----------|------------------------|-------|-------------| | Tension du tube (kV) | 110 – 125 | kVp | Favori pour pénétrer le médiastin tout en conservant le contraste pulmonaire. | | Courant tube‑temps (mAs) | 2 – 4 | mAs | Ajusté selon l’épaisseur thoracique ; augmentation de 0,5 mAs pour chaque 5 cm d’épaisseur supplémentaire. | | Distance focale‑film (DFF) | 180 | cm | Distance standard pour minimiser la distorsion géométrique. | | Temps d’exposition | 0,01 – 0,02 | s | Déduit du mAs et du courant sélectionné. | | Filtration | 2,5 mm Al équivalent | – | Réduit la dose cutanée sans affecter la qualité d’image. | > **>** *La formule de l’atténuation approximative : I = I₀·e^(−μ·x), où μ dépend du kV et de la composition tissulaire.* ### D. Interprétation de l’image - **Champs pulmonaires** : doivent être noirs homogènes ; toute opacification suggère une pathologie (infiltrat, effusion, pneumothorax). - **Cœur** : silhouette cardiaque ≤ 0,5 du diamètre thoracique interne (ratio cardiothoracique). - **Médiastin** : tracé aortique, arc aortique, tracé de la veine cave supérieure visibles ; déviation indique médiastinopathie. - **Diaphragme** : courbure régulière ; élévation unilatérale suggère atteinte sous‑diaphragmatique. ### E. Normes de sécurité radioprotection - Utilisation d’un tablier plombé de 0,5 mm Pb équivalent pour le manipulateur lorsqu’il reste dans la salle pendant l’exposition. - Zone contrôlée délimitée par un ruban jaune‑noir ; accès réservé au personnel formé. - Application du principe ALARA : réduire le temps d’exposition, augmenter la distance, utiliser un blindage approprié. - Vérification quotidienne du fonctionnement du système d’alarme de sur‑exposition (bip sonore à > 120 % de la dose programmée). ### F. Exemple d’atelier : réalisation d’une radiographie thoracique en inspiration au CHU de Yaoundé 1. Vérification de la fiche de demande (nom, âge, motif, contre‑indications). 2. Accueil du patient, explication de la procédure, obtention du consentement verbal. 3. Installation du détecteur numérique (plan : 35 × 43 cm) à 180 cm du tube. 4. Positionnement du patient selon le protocole B (debout, bras levés). 5. Sélection des paramètres : 120 kVp, 3 mAs, filtration 2,5 mm Al. 6. Déclenchement de l’exposition après instruction d’inspiration profonde et blocage respiratoire. 7. Contrôle immédiat de l’image sur le poste de travail : vérification du champ pulmonaire, du diaphragme à la 10ᵉ côte, absence de rotation. 8. Enregistrement de l’examen dans le PACS, archivage selon la norme DICOM 3.0. 9. Nettoyage du détecteur et de la table avec désinfectant à base d’alcool 70 % (conformité aux règles d’hygiène hospitalière). --- ## II. Radiographie du pied (Leçon 21) ### A. Indications cliniques - Suspicion de fracture du métatarse, du tarse ou des phalanges. - Évaluation d’une déformation valgus ou varus (hallux valgus, pied plat). - Recherche d’une lésion ostéomyélitique ou d’une arthrite inflammatoire. - Contrôle post‑opératoire d’une ostéosynthèse. ### B. Positionnements standards | Incidence | Description | Objectif principal | |-----------|-------------|--------------------| | AP (anterie‑postérieur) | Pied placé sur le détecteur, jambe légèrement fléchie, talon en contact avec la plaque, orteils pointés vers le haut. | Visualisation du métatarse, des articulations tarsométatarsiennes et de l’alignement du premier rayon. | | Latéral | Pied en profil, médial vers le détecteur, jambe fléchie à 90°, talon et avant‑pied en contact avec la plaque. | Étude du calcanéum, de l’astragale, de l’arche longitudinale et de l’interligne articulaire tibio‑tarsien. | | Oblique interne (45°) | Pied rotated 45° vers l’intérieur, médial vers le détecteur. | Meilleure visualisation de l’articulation métatarsophalangienne du premier rayon et des sesamoïdes. | | Oblique externe (45°) | Pied rotated 45° vers l’extérieur, latéral vers le détecteur. | Étude de l’articulation métatarsophalangienne du cinquième rayon et de la base du cinquième métatarse. | > **>** *Pour le pied, la distance focale‑film recommandée est de 100 cm afin d’obtenir une résolution spatiale suffisante pour les petites structures osseuses.* ### C. Paramètres techniques - **kVp** : 55 – 65 (faible énergie pour améliorer le contraste osseux). - **mAs** : 0,4 – 0,8 (selon l’épaisseur du pied ; augmentation de 0,1 mAs pour chaque 0,5 cm d’épaisseur supplémentaire). - **Filtration** : 2,0 mm Al équivalent. - **Grille** : généralement inutile pour le pied (faible diffusion) ; si utilisée, grille 6:1 à 100 cm. - **Temps d’exposition** : 0,01 – 0,02 s. ### D. Analyse des structures osseuses - **AP** : vérifier l’intégrité du premier métatarse (absence de ligne de fracture), l’alignement du sesamoïde médial par rapport à la tête du premier métatarse, la largeur de l’interligne métatarsophalangien. - **Latéral** : mesurer l’angle de Böhler (normal 20°‑40°) au niveau du calcanéum ; évaluer la hauteur de l’arche longitudinale (distance entre le sommet de l’astragale et la base du calcanéum). - **Obliques** : contrôler l’intégrité des articulations métatarsophalangiennes et la présence de corps étrangers ou de fragments osseux. ### E. Protection du patient et du manipulateur - Utilisation d’un bouclier de plomb de 0,25 mm Pb équivalent sur les gonades lorsqu’elles sont dans le champ primaire (rare pour le pied, mais obligatoire si l’examen inclut la cheville). - Le manipulateur reste derrière le bouclier mobile ou à plus de 2 m du tube pendant l’exposition. - Application du principe du temps le plus court possible : pré‑réglage des paramètres avant l’arrivée du patient. - Vérification du collimateur : champ limité à la région du pied + 2 cm de marge pour éviter l’irradiation inutile des tissus mous adjacents. ### F. Exemple de procédure au laboratoire de radiologie de l’Hôpital Régional de Douala 1. Réception de l’ordonnance (ex. : douleur métatarsienne post‑traumatique, suspicion de fracture du 2ᵉ métatarse). 2. Préparation de la salle : vérification du bon fonctionnement du générateur, nettoyage du détecteur, mise en place du cache‑gonades. 3. Accueil du patient, explication des trois incidences (AP, latéral, oblique interne). 4. Positionnement AP : pied placé sur le détecteur, jambe fléchie à 30°, talon en contact, orteils dirigés vers le plafond. 5. Sélection des paramètres : 60 kVp, 0,6 mAs, filtration 2,0 mm Al, DFF = 100 cm. 6. Déclenchement après consigne de retenir la respiration (pour éviter les mouvements). 7. Répétition pour les incidences latérale et oblique interne, en ajustant légèrement le mAs si nécessaire (augmentation de 0,1 mAs pour l’oblique en raison de l’augmentation de l’épaisseur tissulaire). 8. Contrôle immédiat des images : vérification de la netteté des contours osseux, absence de surexposition (saturation du détecteur). 9. Enregistrement des trois clichés dans le PACS, transmission au médecin traitant. 10. Nettoyage du détecteur avec lingette désinfectante à base de chlorhexidine 0,5 % et remise en place du cache‑gonades. --- ## III. La qualité technique (Leçon 22) ### A. Définition de la qualité technique d’une image radiographique La qualité technique désigne l’ensemble des caractéristiques qui permettent à l’image de représenter fidèlement les structures anatomiques sans artefacts pouvant masquer ou altérer l’information diagnostique. Elle se décompose en quatre attributs principaux : contraste, netteté (ou résolution spatiale), résolution de contraste (détection de faibles différences d’atténuation) et bruit (granulométrie de l’image). > **>** *Une image de bonne qualité technique doit présenter un rapport signal‑on‑bruit (SNR) ≥ 5 pour les structures d’intérêt.* ### B. Facteurs influençant la qualité | Facteur | Influence sur le contraste | Influence sur la netteté | Influence sur le bruit | |---------|----------------------------|--------------------------|------------------------| | kVp | Augmente la pénétration → diminue le contraste | Peu d’effet | Augmente le bruit quantique si mAs constant | | mAs | Augmente le nombre de photons → diminue le bruit | Aucun effet direct | Diminue le bruit quantique | | Distance focale‑film (DFF) | Aucun effet | Augmentation de la DFF diminue la pénombre géométrique → améliore la netteté | Aucun effet | | Focale du tube | Aucun effet | Focale petite → moins de pénombre → meilleure netteté | Aucun effet | | Grille | Réduit la diffusion → augmente le contraste | Peut légèrement réduire la netteté si mal alignée | Augmente le bruit (nécessite augmentation du mAs) | | Matériau du détecteur | Détermine la réponse spectrale → influence le contraste intrinsèque | Taille du pixel → limite la résolution spatiale | Bruit électronique dépend du gain du détecteur | ### C. Contrôle de qualité quotidienne (CQJ) 1. **Test du phantom de contraste** (ex. : phantom CDRAD ou Catphan 500) : mesure du contraste faible (CF) et du contraste élevé (CFH). 2. **Mesure du SNR** : acquisition d’une image uniforme (air ou eau) ; calcul SNR = μ_signal / σ_bruit. 3. **Vérification de la résolution spatiale** : utilisation d’un barres de ligne (LP/mm) ; détermination de la fréquence à laquelle la MTF atteint 10 %. 4. **Contrôle du collimateur** : vérification que le champ lumineux coïncide avec le champ radiographique à moins de 2 mm d’erreur. 5. **Contrôle de la reproductibilité du mAs** : mesure du temps d’exposition avec un dosimètre ; écart accepté ≤ 5 %. 6. **Contrôle de la température et de l’humidité** de la salle (pour les détecteurs à semi‑conducteur) : valeurs recommandées 20 ± 2 °C, HR < 60 %. > **>** *Le phantom de contraste doit être placé au centre du champ, avec son axe longitudinal parallèle au détecteur.* ### D. Normes et référentiels applicables au Cameroun - **Arrêté n° 001/MINESEC/IGE du 12 mars 2021** relatif au contrôle de qualité des équipements d’imagerie médicale dans les établissements de santé publics et privés. - **Guide OMS « Quality Assurance in Diagnostic Radiology » (2020)** – adopté comme référence nationale. - **Norme AFNOR NF EN 60601‑2‑54** (équipements de radiographie diagnostique) – exigences de performance et de sécurité. - **Procédure interne du MINESEC « Système de Management de la Qualité en Imagerie (SMQI) » version 2.3** – définit les fréquences de contrôle (journalier, hebdomadaire, mensuel). ### E. Procédure de contrôle et de maintenance 1. **Planification** : le responsable du service établit un tableau de suivi (Excel ou logiciel GMAO) avec les dates de chaque contrôle. 2. **Exécution** : le technicien de radiologie réalise le CQJ suivant la fiche de procédure (voir annexe). 3. **Enregistrement** : les résultats sont consignés dans le registre de qualité ; toute déviation dépasse les seuils déclenche une action corrective (re‑étalonnage, remplacement du tube, maintenance du détecteur). 4. **Vérification** : le physicien médical valide les résultats mensuellement et signe le registre. 5. **Formation continue** : rappel semestriel des bonnes pratiques de positionnement et de réglage des paramètres. ### F. Exemple de fiche de contrôle qualité (extrait) | Contrôle | Méthode | Seuil d’acceptation | Résultat du 03/11/2025 | Action si hors seuil | |----------|---------|---------------------|------------------------|----------------------| | Contraste faible (CF) | Phantom CDRAD, ROI 2 cm² | CF ≥ 0,35 | 0,38 | Aucun | | Contraste élevé (CFH) | Même phantom, ROI osseux | CFH ≥ 0,60 | 0,58 | Ré‑étalonnage du générateur | | SNR (air) | Image uniforme, 10 rois | SNR ≥ 5,0 | 5,2 | Aucun | | Résolution spatiale (LP/mm) | Barres de ligne, MTF10% | ≥ 2,5 LP/mm | 2,7 LP/mm | Aucun | | Alignement collimateur | Règle métallique, mesure décalage | ≤ 2 mm | 1,5 mm | Aucun | | Temps d’exposition (mAs) | Dosimètre, 5 répétitions | écart ≤ 5 % | 3,2 % | Aucun | --- ## Synthèse du chapitre - **Radiographie en inspiration** : position debout, bras levés, kVp ≈ 120, mAs ≈ 2‑4, DFF = 180 cm ; recherche d’une inspiration profonde (diaphragme à la 10ᵉ côte). - **Radiographie du pied** : incidences AP, latéral, oblique interne/externes ; kVp ≈ 55‑65, mAs ≈ 0,4‑0,8, DFF = 100 cm ; contrôle des lignes articulaires, de l’arche longitudinale et de l’angle de Böhler. - **Qualité technique** : contraste, netteté, résolution de contraste, bruit ; contrôles journaliers (phantom, SNR, résolution, collimateur, mAs) ; seuils d’acceptation définis par l’arrêté MINESEC/IGE et le guide OMS. - **Radioprotection** : principe ALARA, utilisation de tabliers plombés, zone contrôlée, limitation du champ, vérification quotidienne des alarmes de sur‑exposition. - **Exemples professionnels** : procédures détaillées au CHU de Yaoundé (thorax) et à l’Hôpital Régional de Douala (pied), incluant vérification de la fiche de demande, consentement, paramètres, contrôle immédiat et archivage PACS. --- ## Glossaire - **kVp (kilovoltage peak)** : tension maximale appliquée au tube à rayons X, exprimée en kilovolts, qui détermine l’énergie moyenne des photons. - **mAs (milliampère‑seconde)** : produit du courant du tube (en mA) et du temps d’exposition (en s), quantifie le nombre de photons produits. - **Distance focale‑film (DFF)** : distance entre la source de rayons X et le détecteur, influençant la pénombre géométrique et la netteté de l’image. - **Contraste faible (CF)** : capacité du système à différencier des tissus d’atténuation très proches (ex. : poumon vs air). - **Rapport signal‑on‑bruit (SNR)** : rapport entre la moyenne du signal d’une région d’intérêt et l’écart-type du bruit mesuré dans une région homogène. - **Pénombre géométrique** : flou dû à la taille focale du tube et à la géométrie d’agrandissement, réduit par l’augmentation de la DFF ou la diminution de la taille focale. - **ALARA** : acronyme de « As Low As Reasonably Achievable », principe de radioprotection visant à minimiser l’exposition aux rayonnements tout en conservant la qualité diagnostique. - **Phantom de contraste** : dispositif de référence contenant des inserts de différentes densités utilisé pour mesurer le contraste et la résolution d’un système radiographique. --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Réglage des paramètres pour une radiographie thoracique **Situation** : Un patient de 78 kg, épaisseur thoracique mesurée à 22 cm au niveau du médiastin, doit subir une radiographie thoracique en inspiration au centre de santé de Bertoua. Le générateur disponible permet de régler le kVp de 80 à 150 et le mAs de 0,5 à 10 en pas de 0,5. **Consigne** : Déterminer le couple (kVp, mAs) le plus adapté en respectant les recommandations du chapitre (kVp ≈ 110‑125, mAs ajusté à l’épaisseur). Justifier le choix. **Corrigé** 1. Épaisseur de référence pour un adulte moyen : 20 cm → mAs de base = 2,5 mAs (valeur moyenne du tableau). 2. Pour chaque centimètre supplémentaire d’épaisseur, augmenter le mAs de 0,1 mAs (règle empirique : 0,5 mAs pour chaque 5 cm). 3. Épaisseur excédentaire = 22 cm − 20 cm = 2 cm → ajout = 2 × 0,1 = 0,2 mAs. 4. mAs recommandé = 2,5 + 0,2 = 2,7 mAs. 5. Arrondir au pas du générateur (0,5 mAs) : 3,0 mAs (on choisit 3,0 mAs pour garantir une densité suffisante). 6. Choisir un kVp dans la plage recommandée : 120 kVp (valeur moyenne permettant bonne pénétration du médiastin tout en préservant le contraste pulmonaire). 7. Vérifier que les valeurs sont dans les limites du générateur : kVp = 120 kVp (dans 80‑150), mAs = 3,0 mAs (dans 0,5‑10, pas de 0,5). **Réponse** : kVp = 120 kVp, mAs = 3,0 mAs. --- ### Exercice 2 – Évaluation de la qualité technique d’une image du pied **Situation** : Une radiographie latérale du pied réalisée à l’Hôpital Régional de Garoua présente les mesures suivantes obtenues à partir du phantom de contraste : - Contraste faible (CF) mesuré = 0,32 - Contraste élevé (CFH) mesuré = 0,55 - SNR mesuré sur une région d’air = 4,2 - Résolution spatiale (LP/mm) mesurée à MTF10 % = 2,2 LP/mm **Consigne** : À l’aide des seuils d’acceptation du tableau de contrôle qualité du chapitre, indiquer quels paramètres sont conformes et lesquels nécessitent une action corrective. Proposer une ou deux actions correctives pertinentes. **Corrigé** | Paramètre | Seuil d’acceptation | Valeur mesurée | Conformité | Action si non conforme | |-----------|--------------------|----------------|------------|------------------------| | Contraste faible (CF) | ≥ 0,35 | 0,32 | **Non conforme** | Augmenter le mAs de 20 % (ex. passer de 0,6 à 0,72 mAs) ou diminuer le kVp de 5 kV (de 60 à 55 kVp) pour augmenter le contraste. | | Contraste élevé (CFH) | ≥ 0,60 | 0,55 | **Non conforme** | Même action que pour le CF : augmenter le mAs ou réduire le kVp ; vérifier l’alignement de la grille (si utilisée) car une grille mal centrée réduit le CFH. | | SNR | ≥ 5,0 | 4,2 | **Non conforme** | Augmenter le mAs (ex. de 0,6 à 0,9 mAs) pour augmenter le nombre de photons et réduire le bruit quantique ; vérifier que le détecteur n’est pas en mode basse gain. | | Résolution spatiale | ≥ 2,5 LP/mm | 2,2 LP/mm | **Non conforme** | Vérifier la taille de la focale du tube (remplacer par une focale plus petite si disponible) ; réduire la distance objet‑détecteur (approcher le pied du détecteur) pour diminuer la pénombre géométrique ; s’assurer que le patient ne bouge pas pendant l’exposition (utiliser une contention légère si nécessaire). | **Plan d’action corrective proposé** : 1. Augmenter le mAs de 0,6 à 0,9 mAs (+ 50 %) pour améliorer simultanément le CF, le CFH et le SNR. 2. Contrôler la focale du tube ; si elle est de 1,2 mm, la remplacer par une focale de 0,8 mm afin de gagner environ 0,3 LP/mm de résolution. 3. Réaliser un nouveau contrôle qualité après ces ajustements pour vérifier que tous les paramètres reviennent dans les seuils d’acceptation. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | # | Erreur fréquente | Conséquence potentielle | Règle de sécurité / bonne pratique à appliquer | |---|------------------|------------------------|-----------------------------------------------| | 1 | **Oublier de demander au patient de retenir sa respiration** lors de la radiographie thoracique. | Mouvement entraînant un flou de l’image, répétition de l’exposition → dose inutile. | Toujours donner une consigne claire d’inspiration profonde et de blocage respiratoire avant le déclenchement ; vérifier visuellement que le thorax est immobile. | | 2 | **Positionner le pied en rotation excessive** (ex. pied fortement externe) pour une incidence AP. | Superposition des métatarses, masquage de fractures ou de lésions articulaires. | Utiliser un cale‑pied ou un sandale radiographique pour maintenir le pied en position neutre (axe longitudinal parallèle au détecteur). | | 3 | **Ne pas vérifier l’alignement du collimateur** avant l’exposition. | Champ trop large → irradiation inutile de tissus sains, augmentation du bruit de diffusion. | Effectuer le test du champ lumineux avec une règle métallique chaque matin ; ajuster les lamelles jusqu’à ce que le champ coïncide avec la zone d’intérêt ± 2 mm. | | 4 | **Utiliser une valeur de kVp trop faible** pour le thorax (ex. 80 kVp) afin d’augmenter le contraste. | Sous‑exposition des structures médiastinales, augmentation du bruit, nécessité de répéter l’examen. | Respecter la plage de kVp recommandée (110‑125 kVp pour le thorax) ; ajuster le contraste principalement via le mAs, pas le kVp. | | 5 | **Ne pas porter de tablier plombé** lorsqu’on reste dans la salle pendant l’exposition d’un collègue. | Exposition professionnelle cumulative, risque d’effets stochastiques à long terme. | Toujours porter un tablier de plomb équivalent à 0,5 mm Pb lorsqu’on se trouve à moins de 2 m du tube pendant l’exposition ; sinon, rester derrière le bouclier mobile. | | 6 | **Négliger le nettoyage du détecteur** entre deux patients. | Artefacts de poussière ou de résidus pouvant être interprétés comme des lésions. | Nettoyer le détecteur avec une lingette désinfectante à base d’alcool 70 % ou de chlorhexidine 0,5 % après chaque examen ; laisser sécher avant le prochain patient. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition d'une radiographie en inspiration ?
  2. 2. Quel est le cliché standard utilisé pour l'examen radiographique du pied en charge ?
  3. 3. Quel facteur influence principalement le contraste d'une image radiographique ?
  4. 4. Une radiographie du pied nécessite initialement 2 mAs à 60 kVp pour obtenir une densité adéquate. Pour doubler la densité de l'image, quel mAs faudrait-il utiliser ?
  5. 5. Lors d'une radiographie en inspiration, l'élève obtient des champs pulmonaires flous. Quelle est la cause technique la plus probable ?
  6. 6. Pourquoi est-il recommandé de réaliser une radiographie du pied en charge plutôt qu'en décharge ?
  7. 7. Sur une radiographie du pied, la phalange proximale du gros orteil se superpose aux os sésamoïdes. Quelle vue permettrait le mieux de les séparer ?
  8. 8. Pour améliorer la netteté d'une image radiographique, on diminue la taille du foyer du tube. Quel est le principal inconvénient de cette modification ?
  9. 9. Une fracture discrète de l'os naviculaire du pied n'est pas visible sur la vue antéro-postérieure standard. Quelle vue supplémentaire est la plus appropriée pour la mettre en évidence ?
  10. 10. En contrôle de qualité radiographique, le rapport signal sur bruit (SNR) est principalement influencé par quel facteur lorsque le kVp est maintenu constant ?