Chapitre 2
Méthodes chromatographiques (partie 2/3)
Lecture : 18 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :
- Décrire le principe, le matériel et les étapes de la chromatographie sur colonne et de la chromatographie en phase gazeuse (CPG).
- Choisir une phase mobile adaptée à la polarité des analytes et à la nature de la phase stationnaire.
- Calculer le facteur de rétention (k′) ou le volume d’élution (Ve) à partir des données de distribution ou du temps mort.
- Réaliser une séparation simple d’un mélange d’extrait végétal ou d’un résidu de pesticide en suivant un protocole de laboratoire.
- Interpréter un chromatogramme (identification des pics, mesure des aires, quantification par étalonnage).
- Appliquer les règles de sécurité liées à l’utilisation de solvants organiques, de gaz sous pression et de détecteurs à flamme.
**Prérequis** :
- Notions de chromatographie sur papier et TLC (phase stationnaire, phase mobile, Rf).
- Concepts de polarité, d’interactions moléculaires (liaisons hydrogène, forces de Van der Waals, interactions dipolaires).
- Lois des gaz parfaits (PV = nRT) et notion de débit volumique.
- Notions de préparation de solutions (masse volumique, dilution).
- Règles d’hygiène et de sécurité en laboratoire de chimie (port des EPI, manipulation des produits dangereux).
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## Introduction contextualisée
Au Cameroun, les laboratoires de contrôle qualité des produits agroalimentaires (cacao, café, huile de palme), les services de surveillance environnementale (analyse des eaux, des sols) et les unités de recherche pharmaceutique recourent régulièrement à la chromatographie pour séparer, identifier et quantifier des composés présents à l’état de traces. La chromatographie sur colonne demeure une technique de préparation d’échantillons indispensable avant une analyse plus fine, tandis que la chromatographie en phase gazeuse (CPG) est la méthode de référence pour l’analyse des composés volatils ou semi‑volatils (pesticides, hydrocarbures, arômes). Maîtriser ces deux approches permet aux futurs techniciens supérieurs de travailler dans les secteurs de l’industrie, de la santé publique et de la recherche, en respectant les normes nationales (MINESUP, MINADER) et les bonnes pratiques de laboratoire (BPL).
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## I. Chromatographie sur colonne
### A. Principe
La chromatographie sur colonne sépare les composants d’un mélange en fonction de leur coefficient de répartition (Kd) entre une phase stationnaire solide (souvent de la silice ou de l’alumine) et une phase mobile liquide (solvant ou mélange de solvants). Un composé fortement retenu par la phase stationnaire avance lentement, tandis qu’un composé moins retenu est élué plus rapidement.
> La séparation repose sur l’équilibre dynamique : plus le composé interagit avec la phase stationnaire, plus son temps de rétention est élevé.
### B. Matériel et phases
- **Colonne** : tube en verre ou en acier inoxydable, diamètre 10‑30 mm, longueur 10‑50 cm, rempli de phase stationnaire (silice 60 Å, alumina, ou gel de dextran).
- **Réservoir de solvant** : bouteille avec entrée/sortie pour le débit constant (souvent à l’aide d’une pompe péristaltique ou d’un système à gravité).
- **Collecteur de fractions** : tubes à essai ou rack de recueil, parfois couplé à un détecteur UV‑vis pour suivi en ligne.
- **Phase mobile** : solvants organiques (hexane, acétate d’éthyle, méthanol, eau) purs ou en mélange, choisis selon l’indice de polarité (ET30).
### C. Procédure pas à pas
1. **Préparation de la colonne** : verser doucement la phase stationnaire humidifiée avec un solvant peu polar (ex. hexane) afin d’éviter les bulles d’air.
2. **Équilibration** : faire passer 5 à 10 volumes de colonne (Vc) de la phase mobile initiale pour stabiliser le lit.
3. **Chargement de l’échantillon** : dissoudre le mélange dans un volume minimal de solvant faible polarité et déposer en haut de la colonne (ou sur un disque de coton).
4. **Éluation** : faire écouler la phase mobile à débit constant (0,5‑2 mL/min selon le diamètre). Collecter les fractions à intervalles réguliers (ex. chaque 2 mL).
5. **Analyse des fractions** : TLC, spectrophotométrie ou CPG selon la nature des analytes.
6. **Nettoyage** : rincer la colonne avec un solvant fort polar (ex. méthanol) puis avec un solvant de stockage (hexane).
> Le débit doit être régulier ; des variations provoquent un élargissement des pics et une perte de résolution.
### D. Facteur de rétention et volume d’élution
Le facteur de rétention k′ se définit comme :
\[
k' = \frac{t_R - t_M}{t_M}
\]
où \(t_R\) est le temps de rétention du composé et \(t_M\) le temps mort (temps nécessaire au solvant non retenu pour traverser la colonne).
Le volume d’élution Ve (volume de solvant nécessaire pour éluer un composé) s’obtient par :
\[
V_e = V_0 (1 + k')
\]
avec \(V_0\) le volume mort de la colonne (volume du solvant dans les interstices).
### E. Sélection du solvant
On utilise souvent un gradient de polarité : commencer avec un solvant apolaire (hexane) puis augmenter progressivement la proportion de solvant plus polar (acétate d’éthyle, méthanol). Le choix se base sur l’indice de polarité ET30 du solvant et sur la polarité des analytes (mesurée par leur log P).
### Tableau récapitulatif des solvants courants et de leur indice ET30 (kcal mol⁻¹)
| Solvant | ET30 | Polarité relative |
|------------------|------|-------------------|
| Hexane | 31,0 | Très faible |
| Toluène | 33,9 | Faible |
| Acétate d’éthyle | 38,1 | Moyen |
| Acétone | 42,2 | Moyen‑élevé |
| Méthanol | 55,5 | Élevé |
| Eau | 63,1 | Très élevé |
### F. Applications professionnelles au Cameroun
- Purification d’extraits de feuilles de *Moringa oleifera* pour obtenir des flavonoïdes avant analyse HPLC.
- Séparation des pigments caroténoïdes de l’huile de palme pour contrôle de la qualité.
- Pré‑concentration de résidus de pesticides dans des extraits de cacao avant analyse par CPG‑MS.
### G. Normes de sécurité et d’hygiène
- Porter lunettes de protection, gants nitrile et blouse.
- Travailler sous hotte aspirante lors de l’utilisation de solvants volatils (hexane, acétone).
- Éviter les flammes nues ; les solvants sont inflammables.
- Éliminer les déchets solvantés dans les contenus dédiés (déchets organiques).
### H. Exemple chiffré entièrement résolu
**Données** : Colonne de silice (longueur 20 cm, diamètre 1,5 cm). Volume mort mesuré \(V_0 = 8,0\) mL. Deux composés A et B présentent des coefficients de répartition \(K_{d,A}=2,0\) et \(K_{d,B}=0,5\) (phase stationnaire/solvant). La phase mobile est un mélange hexane/acétate d’éthyle 80/20 (v/v).
**Calcul du facteur de rétention** :
\(k' = K_d \times \frac{V_s}{V_m}\) où \(V_s/V_m\) est le rapport du volume de la phase stationnaire au volume de la phase mobile dans la colonne. Pour une colonne typiquement chargée à 30 % de phase stationnaire, \(V_s/V_m ≈ 0,43\).
- Pour A : \(k'_A = 2,0 × 0,43 = 0,86\)
- Pour B : \(k'_B = 0,5 × 0,43 = 0,215\)
**Volume d’élution** :
\(V_{e,A} = V_0 (1 + k'_A) = 8,0 × (1 + 0,86) = 14,9\) mL
\(V_{e,B} = V_0 (1 + k'_B) = 8,0 × (1 + 0,215) = 9,7\) mL
**Interprétation** : En collectant les fractions de 0 à 10 mL, on récupère surtout B ; entre 10 et 16 mL, on obtient A pur.
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## II. ACTIVITÉS D’INTÉGRATION
Cette activité relie la théorie à la pratique professionnelle : les élèves réalisent la purification d’un extrait de plante médicinale camerounaise (ex. *Garcinia kola* – kolatier) suivie d’une analyse rapide par CPG pour vérifier l’absence de solvants résiduels.
**Objectifs de l’activité** :
- Mettre en œuvre un protocole de chromatographie sur colonne du début à la fin.
- Évaluer l’efficacité de la séparation par TLC avant et après la colonne.
- Utiliser la CPG en mode « headspace » pour détecter d’éventuels résidus de solvant (hexane, acétone).
- Rédiger un rapport de laboratoire conforme aux normes BPL (objectif, matériel, procédure, résultats, conclusion).
**Déroulement (4 h)** :
1. **Préparation de l’extrait** : macération de 5 g de poudre de kolatier dans 50 mL d’acétone pendant 30 min, filtration.
2. **Chargement sur colonne** : colonne de silice (15 cm × 1 cm), équilibrée avec hexane.
3. **Éluation en gradient** : 0‑30 % acétate d’éthyle dans hexane (pas de 5 % toutes les 5 mL). Collecte de fractions de 2 mL.
4. **Analyse TLC** : révélation sous UV (254 nm) et avec révélateur à l’aniline‑phthalate pour les flavonoïdes.
5. **Regroupement des fractions pures** : évaporation du solvant sous réduit à 40 °C.
6. **Analyse CPG headspace** : injection de 0,5 mL de vapeur au-dessus de l’échantillon sec, colonne DB‑5 (30 m × 0,25 mm, 0,25 µm), détecteur FID, température de colonne 40 °C → 250 °C (5 °C/min), gaz carrier hélium 1 mL/min.
7. **Interprétation** : absence de pics correspondant à l’acétone (tR ≈ 0,8 min) indique une bonne élimination du solvant.
**Évaluation** :
- Qualité de la séparation (résolution Rs > 1,5 entre flavonoïdes majeurs).
- Respect des consignes de sécurité (port des EPI, utilisation de hotte).
- Clarté et conformité du rapport de laboratoire.
> L’intégration de deux techniques chromatographiques permet de passer de l’extraction brute à un produit pur, prêt pour une analyse quantitative ou une formulation pharmaceutique.
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## III. Chromatographie en phase gazeuse
### A. Principe
La CPG sépare les composés volatils selon leur affinité pour une phase stationnaire liquide ou solide enfermée dans une colonne capillaire, tandis qu’un gaz carrier (hélium, hydrogène ou azote) les transporte. La rétention dépend de la volatilité (point d’ébullition), de la polarité et des interactions avec la phase stationnaire.
> Le temps de rétention \(t_R\) d’un composé est la somme du temps mort \(t_M\) et du temps dû à l’interaction avec la phase stationnaire.
### B. Instrumentation typique
- **Injecteur** : split/splitless, température 200‑250 °C.
- **Colonne capillaire** : silice fusionnée, revêtement de phase stationnaire (ex. DB‑5, DB‑WAX, HP‑5MS). Longueur 10‑60 m, diamètre interne 0,10‑0,32 mm, épaisseur de film 0,10‑0,50 µm.
- **Four** : programmation de température (rampe linéaire ou échelonnée).
- **Détecteur** : FID (flamme d’ionisation), TCD (conductivité thermique), ECD (capture d’électrons), MS (spectrométrie de masse).
- **Gaz carrier** : hélium (préféré pour la sécurité), hydrogène (sensibilité supérieure, nécessite précautions anti‑explosion), azote (économique, moindre efficacité).
### C. Paramètres influençant la séparation
- **Température de colonne** : augmente l’élution des composés moins volatils.
- **Débit du gaz carrier** : influe sur le temps mort et l’efficacité (nombre de plateaux théoriques N).
- **Mode d’injection** : split (dilution) pour échantillons concentrés, splitless pour traces.
- **Rapport de split** : généralement 10:1 à 100:1 selon la concentration.
### D. Calcul du temps de rétention et du facteur de rétention
Le temps mort \(t_M\) se calcule par :
\[
t_M = \frac{L}{u}
\]
où \(L\) est la longueur de la colonne (m) et \(u\) la vitesse linéaire du gaz carrier (m s⁻¹).
Le facteur de rétention \(k'\) :
\[
k' = \frac{t_R - t_M}{t_M}
\]
Le nombre de plateaux théoriques N (mesure de l’efficacité) :
\[
N = 16 \left(\frac{t_R}{w_{b}}\right)^2
\]
où \(w_b\) est la largeur de la base du pic (en temps).
### E. Exemple chiffré entièrement résolu
**Données** : Colonne DB‑5, longueur \(L = 30\) m, diamètre interne 0,25 mm, film 0,25 µm. Gaz carrier hélium, débit volumique \(F = 1,0\) mL min⁻¹ à 250 °C et 1 atm. Viscosité de l’hélium à 250 °C ≈ 2,0 × 10⁻⁵ Pa·s, pression moyenne ≈ 1 atm = 101 325 Pa.
**Calcul de la vitesse linéaire** :
\(u = \frac{F}{\pi r^2}\) avec \(r = 0,125\) mm = 1,25 × 10⁻⁴ m.
\(F = 1,0\) mL min⁻¹ = 1,0 × 10⁻⁶ m³ min⁻¹ = 1,667 × 10⁻⁸ m³ s⁻¹.
\(u = \frac{1,667 × 10^{-8}}{\pi (1,25 × 10^{-4})^2} = \frac{1,667 × 10^{-8}}{4,91 × 10^{-8}} ≈ 0,34\) m s⁻¹.
**Temps mort** :
\(t_M = \frac{L}{u} = \frac{30}{0,34} ≈ 88,2\) s ≈ 1,47 min.
**Donnée expérimentale** : Pour un composé C (par exemple, le benzène), le temps de rétention mesuré \(t_R = 2,10\) min.
**Facteur de rétention** :
\(k' = \frac{2,10 - 1,47}{1,47} = \frac{0,63}{1,47} ≈ 0,43\).
**Interprétation** : Le benzène est légèrement retenu par la phase stationnaire polydiméthylsiloxane (faible interaction).
### F. Sécurité et bonnes pratiques
- Le gaz hydrogène est hautement inflammable ; utiliser des détecteurs de fuite et éviter les étincelles.
- Le détecteur FID nécessite une flamme d’hydrogène/air ; vérifier régulièrement l’allumage et la stabilité de la flamme.
- Respecter les limites d’exposition aux gaz carrier (hélium : asphyxie par déplacement d’oxygène ; azote : risque d’asphyxie dans espaces confinés).
- Effectuer un contrôle de fuite du système avant chaque séquence d’analyse (test à l’aide d’un détecteur de fuite électronique).
- Toujours travailler sous hotte lors de l’injection d’échantillons contenant des solvants toxiques ou des composés volatils dangereux.
> La vérification quotidienne du débit et de la température de la colonne garantit la reproductibilité des temps de rétention, essentielle pour l’analyse quantitative.
### G. Applications professionnelles au Cameroun
- Détection des résidus de pesticides organochlorés dans les fèves de cacao (méthode officielle AOAC 2007.01).
- Analyse des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dans les eaux de forage près des sites pétroliers.
- Contrôle de la pureté des essences végétales (huile de citronnelle, géraniol) utilisées dans l’industrie cosmétique locale.
### H. Tableau récapitulatif des détecteurs courants
| Détecteur | Plage de linéarité (concentration) | Sensibilité typique | Applications principales |
|-----------|------------------------------------|---------------------|--------------------------|
| FID | 10⁻¹² – 10⁻⁶ g | ~10⁻¹² g | Composés organiques volatils (HC, alcools, esters) |
| TCD | 10⁻⁹ – 10⁻³ g | ~10⁻⁹ g | Gaz permanents (H₂, O₂, N₂, CO, CO₂) |
| ECD | 10⁻¹⁴ – 10⁻⁹ g | ~10⁻¹⁴ g | Composés halogénés, nitrocomposés, pesticides |
| MS | 10⁻¹⁵ – 10⁻⁶ g | ~10⁻¹⁵ g | Identification structurale, métabolomique, traces de polluants |
### I. Exemple chiffré de quantification par étalonnage
On souhaite déterminer la concentration de l’acétate d’éthyle dans un extrait de fruit. On prépare cinq étalons (0,5, 1,0, 2,0, 4,0, 8,0 mg L⁻¹) et on mesure leurs aires de pic : respectivement 12 000, 24 500, 49 800, 99 600, 199 200 unités d’aire.
**Régression linéaire** : aire = a·C + b. En utilisant les deux points extrêmes :
\(a = (199 200 - 12 000)/(8,0 - 0,5) = 187 200/7,5 ≈ 24 960\) unités · L · mg⁻¹.
\(b = 12 000 - a·0,5 = 12 000 - 12 480 ≈ -480\) (négligeable).
**Échantillon inconnu** : aire mesurée = 74 800 unités.
\(C = (aire - b)/a = (74 800 + 480)/24 960 ≈ 75 280/24 960 ≈ 3,01\) mg L⁻¹.
**Résultat** : concentration d’acétate d’éthyle ≈ 3,0 mg L⁻¹ dans l’extrait.
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## Synthèse du chapitre
- La chromatographie sur colonne utilise une phase stationnaire solide et une phase mobile liquide ; la séparation dépend du coefficient de répartition Kd et du facteur de rétention k′.
- Le choix du solvant (polarité, mélange) et le gradient d’élution sont essentiels pour obtenir une bonne résolution.
- La CPG sépare les composés volatils grâce à un gaz carrier et une phase stationnaire capillaire ; le temps de rétention dépend de la volatilité, de la polarité et de la température de colonne.
- Les détecteurs (FID, TCD, ECD, MS) offrent des plages de linéarité et des sensibilités adaptées à différents types d’analytes.
- Les calculs de k′, Ve, tM et N permettent de prédire et d’interpréter les comportements des analytes.
- La sécurité implique la manipulation de solvants inflammables, de gaz sous pression et de flammes ; le port d’EPI et l’utilisation de hottes sont obligatoires.
- Au Cameroun, ces techniques sont appliquées au contrôle qualité des produits agricoles, à la surveillance environnementale et à l’analyse des résidus de pesticides.
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## Glossaire
- **Phase stationnaire** : matière solide ou liquide fixée à l’intérieur de la colonne qui interagit avec les analytes.
- **Phase mobile** : solvant (LC) ou gaz (GC) qui entraîne les analytes à travers la colonne.
- **Facteur de rétention (k′)** : rapport du temps retenu dû à l’interaction avec la phase stationnaire au temps mort.
- **Volume mort (V₀)** : volume de phase mobile présent dans les interstices de la colonne non occupé par la phase stationnaire.
- **Temps mort (tM)** : temps nécessaire au solvant non retenu pour traverser la colonne.
- **Débit volumique (F)** : volume de gaz ou de liquide passant par l’unité de temps (mL min⁻¹ ou m³ s⁻¹).
- **Gaz carrier** : gaz inerte (He, H₂, N₂) qui transporte les analytes dans la colonne chromatographique en phase gazeuse.
- **Détecteur FID** : flamme d’ionisation qui mesure les ions produits par la combustion des composés organiques.
- **Détecteur TCD** : mesure les variations de conductivité thermique du gaz carrier provoquées par la présence d’analytes.
- **Nombre de plateaux théoriques (N)** : indicateur de l’efficacité de la colonne, plus N est élevé, meilleure est la résolution.
- **Gradient d’élution** : variation programmée de la composition de la phase mobile au cours de l’analyse.
- **Split/splitless** : modes d’injection en CPG permettant de diluer (split) ou de concentrer (splitless) l’échantillon avant la colonne.
- **Résolution (Rs)** : mesure de la séparation entre deux pics adjacents ; Rs > 1,5 indique une séparation satisfaisante.
- **Étalonnage** : procédure consistant à mesurer la réponse du détecteur pour plusieurs concentrations connues afin de construire une courbe d’étalonnage.
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Chromatographie sur colonne
**Énoncé** : Une colonne de silice (longueur 25 cm, diamètre 2 cm) possède un volume mort mesuré \(V_0 = 12,0\) mL. Deux composés X et Y présentent des coefficients de répartition \(K_{d,X}=1,5\) et \(K_{d,Y}=0,3\). La phase mobile est un mélange dichlorométhane/méthanol 90/10 (v/v).
1. Calculer les facteurs de rétention k′X et k′Y (en supposant \(V_s/V_m = 0,35\)).
2. Déterminer les volumes d’élution VeX et VeY.
3. Proposer un schéma de collecte des fractions permettant d’obtenir X pur à plus de 95 %.
**Corrigé** :
1. \(k′ = K_d × (V_s/V_m)\)
- \(k′_X = 1,5 × 0,35 = 0,525\)
- \(k′_Y = 0,3 × 0,35 = 0,105\)
2. \(Ve = V_0 (1 + k′)\)
- \(Ve_X = 12,0 × (1 + 0,525) = 12,0 × 1,525 = 18,3\) mL
- \(Ve_Y = 12,0 × (1 + 0,105) = 12,0 × 1,105 = 13,3\) mL
3. Pour obtenir X pur, on collecte les fractions entre 13,3 mL et 18,3 mL. En pratique, on prend les fractions de 14 mL à 18 mL (volume de 4 mL) ; le contaminant Y étant essentiellement élué avant 13,3 mL, sa présence dans cette zone est négligeable (<5 %).
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### Exercice 2 – Chromatographie en phase gazeuse
**Énoncé** : Une colonne DB‑5 de 30 m de longueur, 0,25 mm de diamètre interne, est utilisée avec de l’hélium comme gaz carrier à un débit volumique de 0,8 mL min⁻¹ à 220 °C et 1 atm. La température de la colonne est maintenue à 80 °C (isotherme). Un composé Z (acétate d’éthyle) présente un temps de rétention mesuré \(t_R = 1,85\) min.
1. Calculer la vitesse linéaire u du gaz carrier.
2. Déterminer le temps mort tM.
3. Calculer le facteur de rétention k′ de Z.
4. Si la largeur à la base du pic w_b vaut 0,20 min, calculer le nombre de plateaux théoriques N.
**Corrigé** :
1. Conversion du débit : \(0,8\) mL min⁻¹ = \(0,8 × 10^{-6}\) m³ min⁻¹ = \(1,333 × 10^{-8}\) m³ s⁻¹.
Rayon \(r = 0,125\) mm = \(1,25 × 10^{-4}\) m.
\(u = \frac{F}{\pi r^2} = \frac{1,333 × 10^{-8}}{\pi (1,25 × 10^{-4})^2} = \frac{1,333 × 10^{-8}}{4,91 × 10^{-8}} ≈ 0,272\) m s⁻¹.
2. \(t_M = L / u = 30 / 0,272 ≈ 110,3\) s = \(1,84\) min.
3. \(k′ = (t_R - t_M) / t_M = (1,85 - 1,84) / 1,84 ≈ 0,01 / 1,84 ≈ 0,0054\). (Très faible rétention, comme attendu pour un composé très volatil à cette température).
4. \(N = 16 (t_R / w_b)^2 = 16 (1,85 / 0,20)^2 = 16 (9,25)^2 = 16 × 85,56 ≈ 1 369\).
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | Utilisation d’un solvant trop polar en début d’élution sur colonne de silice | Les composés très polaires restent fortement adsorbés → élution incomplète, perte de produit | Commencer toujours avec un solvant apolaire (hexane, toluène) puis augmenter progressivement la polarité. |
| 2 | Négliger de vérifier les fuites du système de gaz carrier avant une analyse CPG | Entrée d’air ou perte de gaz → variation du débit, temps de rétention irréproductibles, risque d’explosion avec H₂ | Effectuer un test de fuite à l’aide d’un détecteur électronique ou d’une solution savonneuse sur les raccords ; remplacer les joints usés. |
| 3 | Chauffer la colonne au-delà de la température maximale recommandée de la phase stationnaire | Dégradation de la phase stationnaire, perte d’efficacité, émission de composés toxiques | Respecter les limites de température spécifiées par le fabricant (ex. DB‑5 : 340 °C max) ; programmer des rampes progressives. |
| 4 | Injection d’un échantillon contenant des particules non filtrées | Colmatage de la colonne, augmentation de la contre‑pression, endommagement du système | Filtrer les échantillons à 0,45 µm (ou 0,2 µm pour les colonnes capillaires) avant injection. |
| 5 | Utilisation d’un détecteur FID sans vérifier la flamme | Pas de signal ou signal instable → données non exploitables | Allumer la flamme d’hydrogène/air, vérifier la couleur bleue pâle, ajuster les débits d’hydrogène et d’air selon le manuel. |
| 6 | Élimination incorrecte des déchets solvantés (hexane, acétone) dans les éviers | Contamination de l’environnement, risque d’incendie, non‑conformité aux réglementations | Collecter les déchets dans des contenus dédiés, les étiqueter, et les faire évacuer par un service agréé de traitement des déchets dangereux. |
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*Fin du cours.*
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