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Chapitre 11

Mise en forme des métaux et alliages (partie 2/2)

Lecture : 17 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - Décrire les principes et les paramètres de la mise en forme à froid des tôles métalliques. - Sélectionner le procédé adapté (cintrage, emboutissage, poinçonnage, pliage, roulage) selon la géométrie et l’épaisseur de la pièce. - Régler une presse hydraulique ou une poinçonneuse en tenant compte de la force nécessaire, de la vitesse d’avance et de la lubrification. - Réaliser un contrôle qualité visuel et dimensionnel des pièces formées à froid et identifier les défauts les plus fréquents. - Appliquer les règles de sécurité et d’hygiène spécifiques aux ateliers de tôlerie (port des EPI, consignes de verrouillage, prévention des risques liés aux pressions élevées). - Réviser les notions acquises sur la mise en forme à chaud et établir un bilan de compétences personnel. - Mettre en œuvre un projet intégré de fabrication d’un élément de toiture métallique, du cahier des charges au contrôle final, en respectant les normes camerounaises et les délais impartis. **Prérequis** : - Connaissances de base en métallurgie (structures cristallines, limites d’élasticité, limite de rupture). - Maîtrise des notions de contrainte, de déformation et de travail plastique. - Savoir lire un plan industriel (cotes, tolérances, symboles de soudure). - Avoir suivi les chapitres précédents sur la mise en forme à chaud et les propriétés mécaniques des alliages. ## Introduction contextualisée Dans les industries camerounaises de la construction, de l’agro‑alimentaire et de l’énergie, les tôles métalliques (acier doux, acier galvanisé, aluminium) sont largement utilisées pour fabriquer des couvertures, des gaines de ventilation, des réservoirs ou des pièces de machines. La mise en forme à froid permet d’obtenir ces pièces sans chauffer le métal, ce qui préserve ses propriétés mécaniques, réduit la consommation d’énergie et limite les déformations thermiques. Toutefois, ce procédé exige une maîtrise précise des forces de déformation, de la géométrie des outillages et des paramètres de lubrification. Le présent chapitre vise à doter l’élève des compétences techniques et professionnelles nécessaires pour intervenir efficacement dans un atelier de tôlerie, tout en intégrant les démarches d’évaluation, de remédiation et de projet conformes au référentiel de compétences du Baccalauréat technique séries F6. ## I. Mise en forme à froid des tôles ### A. Principes de la mise en forme à froid La mise en forme à froid consiste à plastiquement déformer une tôle à température ambiante (ou légèrement supérieure, < 150 °C) en appliquant une contrainte supérieure à la limite d’élasticité du matériau. Contrairement à la mise en forme à chaud, aucune recrystallisation ne se produit pendant la déformation ; le travail plastique augmente la dureté et la résistance (écrouissage) mais diminue l’allongement à la rupture. > La contrainte appliquée σ doit être supérieure à la limite d’élasticité R_e du matériau pour initier la déformation plastique. ### B. Procédés principaux | Procédé | Description | Application typique au Cameroun | |---------|-------------|---------------------------------| | Cintrage | Déformation autour d’un rayon de courbure pour obtenir des courbes ou des coudes. | Fabrication de gaines de climatisation pour bâtiments publics. | | Emboutissage | Passage de la tôle dans une matrice et un poinçon pour obtenir une forme creuse (boîte, godet). | Production de réservoirs d’eau de pluie en acier galvanisé. | | Poinçonnage | Découpage ou perçage à l’aide d’un poinçon et d’une matrice. | Réalisation d’orifices pour fixation de panneaux solaires. | | Pliage | Flexion le long d’une ligne droite pour changer l’angle entre deux panneaux. | Fabrication de cadres de portes métalliques. | | Roulage | Passage entre deux cylindres parallèles pour réduire l’épaisseur ou obtenir un profil cylindrique. | Production de tubes pour conduits d’aération. | ### C. Outillages et machines - **Presse hydraulique** : génère une force réglable (de quelques tonnes à plusieurs centaines de tonnes) via un vérin à huile. Utilisée pour l’emboutissage, le poinçonnage et le pliage lourd. - **Poinçonneuse mécanique** : actionnée par un volant d’inertie, adaptée aux cadences élevées pour le poinçonnage et le découpage de petites pièces. - **Cintreuse à rouleaux** : trois rouleaux réglables permettent d’obtenir des rayons de courbure précis ; souvent utilisée pour les gaines de ventilation. - **Rouleau de réduction** : deux cylindres opposés réduisent l’épaisseur de la tôle tout en allongeant la pièce ; indispensable pour la production de tôles minces (< 0,5 mm). ### D. Paramètres de procédé 1. **Force de déformation (F)** : fonction de la résistance à l’écrouissage σ, de la surface projetée A et du coefficient de forme K : \[ F = K \cdot \sigma \cdot A \] (K dépend du procédé : K≈1 pour le pliage, K≈1,5 pour l’emboutissage). 2. **Vitesse d’avance (v)** : influence la température locale par adiabaticité ; une vitesse trop élevée peut provoquer un échauffement local et réduire l’écrouissage. 3. **Lubrification** : réduit le coefficient de frottement μ entre outil et pièce ; les lubrifiants à base d’huile minérale ou de savon sont courants en atelier. 4. **Épaisseur initiale (t₀) et épaisseur finale (t_f)** : le taux de réduction r = (t₀‑t_f)/t₀ doit rester inférieur à la limite d’écrouissage du matériau (généralement r < 0,3 pour l’acier doux). > Pour un acier doux de R_e = 250 MPa, un emboutissage avec K = 1,5 et A = 2000 mm² nécessite une force minimale F ≈ 1,5 × 250 × 2000 = 750 000 N ≈ 750 kN. ### E. Contrôle qualité et défauts courants - **Contrôle visuel** : recherche de fissures, de plis, de marques d’outillage. - **Contrôle dimensionnel** : pied à coulisse, micromètre, jauge d’épaisseur ; tolérances généralement ±0,1 mm pour l’épaisseur, ±0,5 mm pour les dimensions linéaires. - **Essai de dureté** (Rockwell B) pour vérifier l’écrouissage. - **Défauts fréquents** : *Fissure de traction* : apparaît lorsque la contrainte locale dépasse la limite de rupture après écrouissage. *Plis* : causés par un mauvais guidage de la tôle dans la matrice ou un jeu excessif entre poinçon et matrice. *Retour élastique* (spring‑back) : déformation qui revient partiellement après relâchement de la charge, surtout dans les aciers à haute limite d’élasticité. *Marquage d’outil* : traces laissées par un poinçon usé ou mal lubrifié. ### F. Sécurité et hygiène - Port obligatoire de lunettes de protection, de gants anti‑coupure et de chaussures de sécurité avec embout acier. - Verrouillage (lock‑out/tag‑out) des presses avant toute intervention sur les outillages. - Maintenance régulière des systèmes hydrauliques : vérification des niveaux d’huile, détection de fuites. - Aspiration des brouillards d’huile et des particules métalliques ; ventilation locale pour éviter l’inhalation de vapeurs. - Formation aux gestes de secours en cas de blessure par écrasement ou de projection de métal. ## II. Révision générale, évaluation et remédiation ### A. Rappel des notions clés du chapitre précédent - **Mise en forme à chaud** : déformation au-dessus de la température de recrystallisation (≈ 0,6 T_fusion) permettant des déformations importantes sans écrouissage significatif. - **Propriétés mécaniques influencées** : limite d’élasticité, limite de rupture, allongement, ténacité. - **Traitements thermiques associés** : recuit, normalisation (pour rétablir la ductilité après mise en forme à froid). ### B. Méthodes d’évaluation | Type d’évaluation | Objectif | Exemple de mise en œuvre | |-------------------|----------|--------------------------| | Contrôle non destructif (CND) | Détecter défauts internes sans endommager la pièce | Ultrasons pour repérer des fissures internes dans un réservoir d’acier galvanisé. | | Essai de traction | Mesurer R_e, R_m, A% | Échantillon découpé dans une tôle emboutie, testé selon la norme ISO 6892‑1. | | Essai de dureté | Vérifier l’écrouissage | Mesure Rockwell B sur une zone pliée et sur une zone non pliée pour comparer. | | Analyse métallographique | Observer la structure des grains | Préparation d’une coupe métallographique d’une zone de cintrage pour voir l’étirement des grains. | | Évaluation fonctionnelle | Vérifier l’aptitude à l’usage prévu | Test d’étanchéité d’un réservoir d’eau sous pression de 0,5 bar. | ### C. Stratégies de remédiation 1. **Exercices ciblés** : feuilles de travail portant sur le calcul de forces de pliage, le choix du lubrifiant, l’interprétation de résultats d’essais de traction. 2. **Travaux dirigés (TD)** : mise en situation réelle où l’élève doit diagnostiquer un défaut (ex. pli présentant un retour élastique excessif) et proposer un réglage de presse (augmentation de la vitesse, changement de matrice). 3. **Utilisation de simulateurs** : logiciels de CAO/FAO permettant de visualiser la répartition des contraintes lors d’un emboutissage avant le passage en atelier. 4. **Feedback immédiat** : après chaque manipulation, l’instructeur fournit une grille d’observation (sécurité, qualité dimensionnelle, respect des consignes) et un plan d’amélioration personnalisé. 5. **Bilan de compétences** : l’élève remplit un tableau auto‑évaluatif listant chaque compétence du chapitre (mise en forme à froid, contrôle qualité, sécurité) avec un niveau d’acquisition (débutant, intermédiaire, avancé). ### D. Élaboration d’un bilan de compétences - Chaque compétence est notée sur une échelle de 0 à 4. - Un score total ≥ 20/28 indique une maîtrise suffisante pour passer à l’évaluation sommative. - Les points faibles identifient les modules de remédiation à suivre avant l’examen blanc. ## III. INTEGRATION ACTIVITIES ### A. Mise en situation professionnelle : fabrication d’un élément de toiture métallique pour un bâtiment scolaire au Cameroun Le projet consiste à réaliser un **panneau de couverture ondulé** en acier galvanisé de 0,8 mm d’épaisseur, destiné à remplacer la toiture d’une salle de classe de 6 m × 4 m dans un lycée de Yaoundé. ### B. Étapes du projet | Étape | Description | Livrable | |-------|-------------|----------| | 1. Analyse du cahier des charges | Détermination des charges (vent, neige), choix du profil (onde de 20 mm de hauteur, pas de 100 mm), définition des tolérances. | Cahier des charges signé. | | 2. Choix du matériau | Acier galvanisé Z275 (masse volumique 7850 kg/m³, revêtement 275 g/m²). | Fiche technique du matériau. | | 3. Tracé et développement | Calcul du développement linéaire : L_dev = (π × D_moyen) + 2 × épaisseur × nombre d’ondes. Pour une onde de 20 mm de hauteur et 100 mm de pas, D_moyen ≈ 100 mm → L_dev ≈ 314 mm + 2 × 0,8 mm × 10 ≈ 330 mm par mètre linéaire. | Plan de développement sur papier calque. | | 4. Mise en forme à froid | Utilisation d’une profileuse à rouleaux (trois rouleaux réglables) pour former l’onde ; réglage de la pression selon la formule F = K·σ·A (K≈1,2, σ≈350 MPa après écrouissage, A≈ largeur × épaisseur). | Première bande profilée contrôlée. | | 5. Découpe et poinçonnage | Découpe à longueur souhaitée (6 m) avec une cisaille guillotine ; poinçonnage des trous de fixation (diamètre 12 mm, pas 300 mm). | Pièces découpées et perforées. | | 6. Assemblage | Chevauchement des bandes avec un recouvrement de 150 mm, fixation par vis autotaraudeuses inoxydables (M6 × 30 mm) et joint d’étanchéité en butyle. | Panneau assemblé prêt à poser. | | 7. Contrôle qualité | Vérification de l’ondulation (profilométrie), mesure de l’épaisseur aux points de recouvrement, essai d’étanchéité sous pression d’air 0,2 bar. | Rapport de contrôle (conforme/non conforme). | | 8. Pose sur le chantier | Levage à l’aide d’un palan, fixation sur les chevrons en bois traité, application d’un mastic de jointure. | Toiture installée. | | 9. Nettoyage et restitution | Nettoyage de l’atelier, retour des outils, archivage des documents. | Zone de travail propre. | ### C. Gestion de projet - **Planning** : diagramme de Gantt de 10 jours (2 jours préparation, 3 jours mise en forme, 2 jours découpe/poinçonnage, 1 jour assemblage, 1 jour contrôle, 1 jour pose). - **Budget** : coût matière (acier galvanisé ≈ 1200 FCFA/kg → volume = 6 m × 4 m × 0,8 mm = 0,0192 m³ → masse ≈ 151 kg → coût ≈ 181 000 FCFA), coût outillage amorti (ex. 10 000 FCFA), main‑d’œuvre (2 ouvriers × 8 h × 1500 FCFA/h = 24 000 FCFA), total estimé ≈ 215 000 FCFA (< 250 000 FCFA). - **Normes et réglementations** : respect du DTU 40.1 (couverture métallique), des règles de prévention du risque de chute (harnais, échafaudage), et des exigences environnementales (gestion des déchets métalliques). ### D. Présentation orale et rapport technique Chaque groupe présente son projet devant la classe (10 min) puis remet un rapport écrit de 5 pages comprenant : cahier des charges, choix de matériaux, calculs, planning, budget, résultats du contrôle qualité, leçons apprises et pistes d’amélioration. ## Synthèse du chapitre - La mise en forme à froid des tôles repose sur une déformation plastique à température ambiante, provoquant un écrouissage qui augmente la dureté mais réduit l’allongement. - Les procédés principaux (cintrage, emboutissage, poinçonnage, pliage, roulage) sont choisis selon la géométrie souhaitée et l’épaisseur de la tôle. - Les paramètres clés sont la force de déformation (F = K·σ·A), la vitesse d’avance, la lubrification et le taux de réduction ; ils doivent être calculés pour éviter fissures, plis ou retour élastique excessif. - Le contrôle qualité comprend l’inspection visuelle, la mesure dimensionnelle, l’essai de dureté et, si nécessaire, des essais non destructifs (ultrasons, ressuage). - La sécurité en atelier exige le port d’EPI, le verrouillage des machines, la maintenance des systèmes hydrauliques et une bonne ventilation pour limiter l’exposition aux brouillards d’huile. - La révision générale permet de consolider les acquis sur la mise en forme à chaud, les propriétés mécaniques et les traitements thermiques, tandis que les stratégies de remédiation (exercices ciblés, TD, simulateurs, feedback) renforcent les points faibles identifiés. - L’activité d’intégration met en pratique toutes ces connaissances à travers un projet réel de fabrication d’un élément de toiture métallique, incluant la planification, le budgétage, le respect des normes camerounaises et la présentation d’un rapport technique. ## Glossaire - **Écrouissage** : augmentation de la dureté et de la résistance d’un métal due à la déformation plastique à froid. - **Limite d’élasticité (R_e)** : contrainte au-delà de laquelle la déformation devient plastique. - **Force de déformation (F)** : charge nécessaire pour provoquer la déformation plastique, fonction de la contrainte du matériau et de la surface projetée. - **Retour élastique (spring‑back)** : récupération partielle de la forme initiale après relâchement de la charge de déformation. - **Lubrifiant** : substance appliquée entre l’outil et la pièce pour réduire le frottement et l’échauffement local. - **Profilométrie** : mesure du profil de surface d’une pièce afin de vérifier la conformité d’une onde ou d’un pli. - **CND (Contrôle Non Destructif)** : ensemble de méthodes (ultrasons, ressuage, magnétoscopie) permettant de détecter des défauts sans endommager la pièce. - **DTU 40.1** : Document Technique Unifié relatif aux couvertures métalliques en bâtiment, référence au Cameroun pour les travaux de toiture. - **Z275** : classement de l’acier galvanisé indiquant une masse de revêtement de 275 g/m². - **K (coefficient de forme)** : facteur adimensionnel tenant compte de la géométrie du procédé dans le calcul de la force de déformation. - **Taux de réduction (r)** : rapport de l’épaisseur enlevée à l’épaisseur initiale, exprimé en pourcentage. - **Poinçonnage** : opération de découpe ou de perçage à l’aide d’un poinçon et d’une matrice. - **Matrice** : outil creux qui reçoit la tôle lors d’un poinçonnage ou d’un emboutissage. - **Plaque de pression** : élément d’une presse qui transmet la force hydraulique à l’outil supérieur. - **Joint d’étanchéité** : matériau (souvent butyle) utilisé pour assurer l’étanchéité entre deux éléments métalliques assemblés. ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Calcul de force de pliage **Énoncé** : Une tôle d’acier doux de largeur 150 mm et épaisseur 2 mm doit être pliée à 90° sur une presse à pliage. La limite d’élasticité de l’acier est R_e = 250 MPa. On considère un coefficient de forme K = 1,0 pour le pliage en V. Déterminer la force minimale que la presse doit développer. **Corrigé** : - Surface projetée A = largeur × épaisseur = 150 mm × 2 mm = 300 mm² = 3,0 × 10⁻⁴ m². - Contrainte à atteindre σ ≈ R_e = 250 MPa = 2,5 × 10⁸ Pa. - Force F = K·σ·A = 1,0 × 2,5 × 10⁸ Pa × 3,0 × 10⁻⁴ m² = 7,5 × 10⁴ N = 75 kN. **Réponse** : la presse doit fournir au moins **75 kN** (arrondir à 80 kN pour tenir compte des pertes). ### Exercice 2 – Choix du lubrifiant pour l’emboutissage **Énoncé** : Lors d’un emboutissage d’une tôle d’acier galvanisé de 0,8 mm d’épaisseur, l’opérateur observe des marques d’outil et une augmentation de la température locale. Proposer un lubrifiant adapté et justifier le choix. **Corrigé** : - Un lubrifiant à base d’huile minérale additivée de savon sulfonate (type « soluble oil ») convient bien à l’emboutissage de l’acier galvanisé car il forme un film lubrifiant stable, réduit le coefficient de frottement μ à environ 0,08 et possède de bonnes propriétés de refroidissement. - Ce type de lubrifiant est également compatible avec le revêtement zinc, évitant la corrosion sous film. - On recommande une application par pulvérisation à raison de 15‑20 ml/m² de surface de travail, avec renouvellement toutes les 20 minutes en fonction de la température observée. ### Exercice 3 – Détection d’un défaut de retour élastique **Énoncé** : Après pliage d’une tôle d’acier à haute limite d’élasticité (R_e = 550 MPa) à un angle de 90°, on mesure un angle réel de 82°. Identifier le phénomène et proposer deux actions correctives. **Corrigé** : - Le phénomène observé est le **retour élastique (spring‑back)** dû à la haute limite d’élasticité du matériau qui entraîne une récupération partielle de la déformation plastique après relâchement de la charge. - Actions correctives : 1. **Augmenter l’angle de pliage prévu** : pré‑plier à un angle supérieur (ex. 98°) afin que, après retour élastique, l’angle final soit proche de 90°. 2. **Effectuer un pré‑chauffage local** (température de 150‑200 °C) de la zone à plier pour réduire la limite d’élasticité locale et diminuer le spring‑back, tout en restant en dessous de la température de recrystallisation pour éviter l’écrouissage inverse. ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de sécurité / bonne pratique | |----|------------------|-------------|------------------------------------| | 1 | **Ne pas vérifier le serrage des outils avant le démarrage de la presse** | L’outil peut se déplacer en cours de cycle, provoquant une pièce hors tolérance ou une casse d’outil. | Effectuer un contrôle de serrage (clé dynamométrique) selon les préconisations du fabricant ; consigner le vérif. dans la fiche de poste. | | 2 | **Utiliser un lubrifiant inadapté (ex. graisse lourde) pour l’emboutissage de tôles fines** | Augmentation du coefficient de frottement, échauffement local, risque de déchirure de la tôle et de marquage d’outil. | Choisir un lubrifiant soluble à faible viscosité, conforme à la fiche de données de sécurité (FDS) du matériau ; appliquer en quantité maîtrisée. | | 3 | **Ne pas porter de lunettes de protection lors du poinçonnage** | Projection de copeaux métalliques pouvant causer des lésions oculaires graves. | Le port de lunettes de protection anti‑impact est obligatoire dans toute zone de poinçonnage ; vérifier l’état des lunettes avant chaque poste. | | 4 | **Surcharger la presse hydraulique au-delà de sa capacité nominale** | Risque de rupture du vérin, fuite d’huile pouvant entraîner un glissade ou un incendie. | Respecter le diagramme de charge de la machine ; utiliser un dynamomètre de charge pour valider la force réelle avant chaque série de production. | | 5 | **Négliger le verrouillage (lock‑out/tag‑out) lors du changement de matrice** | Mise en marche accidentelle de la presse pendant l’intervention, risque d’écrasement des membres. | Appliquer la procédure LOTO : couper l’alimentation hydraulique, placer un cadenas et un tag sur le dispositif d’isolement, vérifier l’absence de pression avant d’intervenir. | | 6 | **Ignorer les consignes de ventilation lors de l’utilisation de lubrifiants à base de solvants** | Inhalation de vapeurs toxiques pouvant provoquer des céphalées, des nausées ou des effets chroniques. | Installer une extraction locale (hotte aspirante) et renouveler l’air de l’atelier selon le débit recommandé (minimum 6 renouvellements/heure) ; porter un masque de protection respiratoire si nécessaire. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition de la mise en forme à froid d'une tôle métallique ?
  2. 2. Quel est l'avantage principal de la mise en forme à froid par rapport à la mise en forme à chaud ?
  3. 3. Quels équipements sont couramment utilisés pour la mise en forme à froid des tôles ?
  4. 4. Une tôle d'acier de 2 mm d'épaisseur est pliée avec un rayon de courbure de 5 mm et un angle de 90°. En utilisant un facteur K de 0,33, quelle est la valeur approximative de l'allongement de pliage (bend allowance) ?
  5. 5. Pour réduire le springback lors d'un pliage en U d'une tôle d'aluminium, quel paramètre est le plus efficace ?
  6. 6. Pourquoi la mise en forme à froid augmente-t-elle la limite d'élasticité d'un métal ?
  7. 7. Quel est l'effort de poinçonnage nécessaire pour découper un disque de 30 mm de diamètre dans une tôle d'acier de 1,5 mm d'épaisseur, sachant que la résistance au cisaillement du matériau est de 400 MPa ?
  8. 8. Lors d'un opération de tirage profond, si la force du coussin de maintien est trop faible, quel défaut apparaît principalement ?
  9. 9. Une tôle d'acier à limite d'élasticité initiale de 250 MPa subit un travail à froid de 20 % (réduction d'épaisseur). En utilisant la loi de Hollomon σ = σ0 + K·ε^n avec K = 500 MPa et n = 0,2, quelle est la nouvelle limite d'élasticité approximative ?
  10. 10. Dans la fabrication d'un gobelet à partir d'une tôle métallique, quelle opération devrait être réalisée en premier pour minimiser les défauts tels que le springback ou le wrinkling ?