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Chapitre 4

Aluminium (partie 2/2)

Lecture : 17 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - Décrire les paramètres opératoires (température, courant, composition du bain) qui régissent le procédé Hall‑Héroult et expliquer leur influence sur le rendement et la qualité de l’aluminium primaire. - Identifier les contraintes environnementales (émissions de fluorures, de CO₂, gestion des résidus) liées à l’électrolyse de l’alumine et proposer des mesures d’atténuation conformes à la réglementation camerounaise (arrêté n° 2015/001 du MINEEP). - Présenter les principaux procédés de fabrication secondaire (refonte, recyclage, alliages) et leurs applications industrielles au Cameroun (construction, transport, emballage). - Réaliser un calcul simple de bilan matière et d’énergie pour une cuve Hall‑Héroult typique (exemple : 150 kA, 960 °C). - Appliquer les règles de sécurité et d’hygiène spécifiques aux ateliers d’électrolyse (port des EPI, surveillance des gaz toxiques, prévention des incendies). **Prérequis :** - Notions de base en électrochimie (potentiel d’électrode, loi de Faraday). - Connaissances sur les propriétés physiques et chimiques de l’alumine (Al₂O₃) et de l’aluminium métallique. - Familiarité avec les unités du Système International (A, V, J, mol, kg). - Notions de sécurité industrielle (PIR, PPE, consignes de confinement). --- ## Introduction contextualisée L’aluminium est le deuxième métal le plus utilisé au monde après l’acier. Au Cameroun, la demande croissante provient surtout du secteur de la construction (profilés, fenêtres, revêtements) et de l’industrie du transport (châssis de véhicules, pièces d’avion). La production nationale repose actuellement sur l’importation d’alumine provenant de Guinée et sur le recours à des unités de refonte secondaire situées à Douala et Yaoundé. Comprendre le procédé Hall‑Héroult, cœur de la production primaire, ainsi que les voies de valorisation du métal usagé, permet aux futurs techniciens de contribuer à l’amélioration de l’efficacité énergétique, à la réduction de l’empreinte carbone et au respect des normes environnementales en vigueur au Cameroun. --- ## I. INTEGRATION ACTIVITIES Cette activité de mise en situation permet aux élèves de relier les connaissances acquises en chimie générale aux réalités industrielles locales. ### 1. Analyse d’un flux de matière d’une cuve Hall‑Héroult - **Données fournies** : courant moyen I = 150 kA, tension U = 4,5 V, durée de fonctionnement t = 24 h, rendement courant η = 0,92. - **Objectif** : calculer la masse d’aluminium produite et la consommation d’énergie spécifique. ### 2. Étude de cas environnemental - Un relevé de l’Agence Nationale de l’Environnement (ANEC) montre une émission moyenne de 1,6 kg de HF par tonne d’Al produite. - Les élèves doivent proposer un scénario de traitement (scrubber à chaux) permettant de réduire cette émission sous le seuil de 0,2 kg HF/t Al, conformément à l’arrêté du MINEEP. ### 3. Visite virtuelle d’une unité de refonte secondaire - À l’aide d’une vidéo tournée à l’usine de recyclage d’Alucam (Douala), les élèves identifient les étapes de tri, de décoquillage, de fusion et de coulée. - Ils remplissent une fiche de suivi indiquant les températures de fusion (≈ 660 °C), les pertes d’oxydation (≈ 0,5 % masse) et le taux de récupération (≈ 85 %). > **À retenir** : L’intégration activité vise à mettre en pratique les bilans de matière et d’énergie ainsi que la prise en compte des contraintes environnementales dès la conception d’un procédé métallurgique. --- ## II. Leçon 9 : Conditions opératoires et environnement du procédé Hall‑Héroult ### 1. Principe du procédé Hall‑Héroult L’électrolyse de l’alumine dissoute dans un bain de cryolite fondue (Na₃AlF₆) se déroule selon la réaction globale : \[ \text{2 Al}_2\text{O}_3 \;+\; 3 \text{C} \;\xrightarrow{\text{électrolyse}}\; 4 \text{Al} \;+\; 3 \text{CO}_2 \] - **Anode** : consommation du carbone (coke pétrolier) produisant du CO₂. - **Cathode** : réduction de l’Al³⁺ en Al liquide qui se dépose sur le fond de la cuve. ### 2. Paramètres opératoires clés | Paramètre | Valeur typique | Unité | Influence sur le procédé | |-----------|----------------|-------|--------------------------| | Courant électrique (I) | 150 – 300 | kA | Détermine le débit de production (loi de Faraday). | | Tension de cellule (U) | 4,0 – 5,0 | V | Impacte la consommation d’énergie spécifique (kWh/kg Al). | | Température du bain (T) | 950 – 970 | °C | Assure la fluidité du bain et la solubilité de l’Al₂O₃. | | Ratio NaF/AlF₃ dans le bain | 1,2 – 1,5 | – | Influe sur le point de fusion et la conductivité. | | Taux d’alumine dissoute | 5 – 10 | % masse | Doit rester dans la fenêtre de solubilité pour éviter la précipitation. | | Rendement courant (η) | 0,85 – 0,95 | – | Fraction du courant effectivement utilisée pour la réduction de l’Al. | > **À retenir** : La loi de Faraday relie la quantité d’aluminium produite (m) au courant (I) et au temps (t) : > \[ > m = \frac{\eta \, I \, t \, M_{\text{Al}}}{n \, F} > \] > où \(M_{\text{Al}} = 26,98\) g mol⁻¹, \(n = 3\) électrons par atome d’Al, \(F = 96 485\) C mol⁻¹. ### 3. Exemple chiffré entièrement résolu **Données** : I = 200 kA, t = 24 h, η = 0,90. 1. Convertir le temps en secondes : \(t = 24 \times 3600 = 86 400\) s. 2. Appliquer la loi de Faraday : \[ m = \frac{0,90 \times 200 000 \times 86 400 \times 26,98}{3 \times 96 485} \approx 4 350 \text{ kg} \] 3. Consommation d’énergie : \[ E = U \times I \times t = 4,5 \text{ V} \times 200 000 \text{ A} \times 86 400 \text{ s} = 7,78 \times 10^{10} \text{ J} \] Convertir en kWh : \(E = \dfrac{7,78 \times 10^{10}}{3,6 \times 10^{6}} \approx 21 600\) kWh. 4. Énergie spécifique : \[ \frac{E}{m} = \frac{21 600 \text{ kWh}}{4,35 \text{ t}} \approx 4 970 \text{ kWh/t Al} \] Ce résultat se situe dans la fourchette habituelle (13 000–16 000 kWh/t Al) lorsqu’on tient compte des pertes réelles ; l’exemple illustre l’influence du rendement courant et de la tension de cellule. ### 4. Contraintes environnementales | Polluant | Source principale | Limite camerounaise (arrêté MINEEP) | Méthode de réduction | |----------|-------------------|--------------------------------------|----------------------| | Fluorure d’hydrogène (HF) | Volatilisation du bain (cryolite) | 0,2 kg HF/t Al | Scrubber à chaux (Ca(OH)₂) → CaF₂ + H₂O | | Dioxyde de carbone (CO₂) | Consommation d’anode en carbone | 1,5 t CO₂/t Al (objectif national) | Anodes inertes (Ni‑Fe), récupération de chaleur | | Poussières d’alumine | Manipulation du solide | 50 mg/Nm³ | Filtres à manches, humidification | | Déchets de bain (spent bath) | Épuisement du cryolite | Stockage sécurisé, valorisation en sel de déneigement | Traitement thermique, recyclage du NaF/AlF₃ | > **À retenir** : Le traitement des gaz fluorés par scrubber à chaux transforme le HF en fluorure de calcium insoluble, facilement filtrable, réduisant ainsi les émissions sous le seuil réglementaire. ### 5. Sécurité et hygiène en atelier d’électrolyse - **Équipements de protection individuelle (EPI)** : combinaison anti‑statique, lunettes de protection, gants en nitrile, masque respiratoire à cartouche HF. - **Surveillance atmosphérique** : détecteurs de HF et de CO₂ placés au niveau des points de fuite (couverts de cuve, systèmes de ventilation). - **Procédure d’arrêt d’urgence** : coupure du courant, injection de nébulisation d’eau pour refroidir le bain, activation du système de confinement des vapeurs. - **Formation** : exercices d’évacuation semestriels, formation aux premiers secours en cas de brûlure chimique. > **À retenir** : Toute intervention sur une cuve en fonctionnement doit être précédée d’une vérification de l’absence de tension (vérification au multimètre) et d’une autorisation de travail signé par le responsable de poste. --- ## III. Leçon 10 : Utilisations et procédés de fabrication de l’aluminium ### 1. Alliages d’aluminium les plus courants au Cameroun | Alliage | Composition principale (en %) | Propriétés clés | Applications typiques | |---------|------------------------------|-----------------|-----------------------| | AA 1050 | Al ≥ 99,5 | Très bonne conductivité électrique, forme facile | Câbles, feuilles d’emballage | | AA 3003 | Mn ≈ 1,0 | Bonne résistance à la corrosion, soudabilité | Gouttières, réservoirs | | AA 6061 | Mg ≈ 0,6, Si ≈ 0,6 | Haute résistance mécanique, traitement thermique | Châssis de véhicules, structures métalliques | | AA 7075 | Zn ≈ 5,6, Cu ≈ 1,6 | Très haute résistance, fatigue limitée | Pièces d’avion, équipements sportifs de haut niveau | > **À retenir** : Le traitement thermique T6 (solution chauffée à ~ 530 °C, trempe, puis vieillissement à 160 °C) augmente la résistance des alliages 6xxx et 7xxx jusqu’à 300 MPa. ### 2. Procédés de fabrication secondaire (refonte) #### 2.1. Collecte et tri - **Sources** : déchets de construction (profilés, fenêtres), emballages (canettes, feuilles), rebuts d’usinage. - **Tri** : séparation magnétique (pour éliminer les ferrailles), courants de Foucault (pour isoler l’Al des autres métaux non ferreux), densité (séparation par flottation dans un milieu lourd). #### 2.2. Pré‑chauffage et décoquillage - Les déchets sont chauffés à 400–500 °C dans un four rotatif afin d’éliminer les huiles, peintures et revêtements organiques. - Le dégazage est suivi d’un passage dans un broyeur à marteaux pour obtenir des granulés de 5–10 mm. #### 2.3. Fusion - Four à induction ou four à arc électrique, température de fusion 660 °C (point de fusion de l’Al pur). - Ajout de **flux** (NaCl‑KCl) pour réduire l’oxydation et faciliter l’écumage. - **Écumage** : retrait de l’oxyde d’aluminium (Al₂O₃) qui flotte à la surface du bain liquide. #### 2.4. Coulée et lingotage - Le métal liquide est versé dans des moules en fonte ou en acier préchauffés (≈ 200 °C) pour éviter les chocs thermiques. - Refroidissement contrôlé (air ou eau) pour obtenir des lingots de 10–20 kg, prêts à être re‑laminés ou extrudés. > **À retenir** : Le taux de récupération métallique dans une unité de refonte bien optimisée se situe entre 80 % et 90 %; les pertes principales proviennent de l’oxydation (formation d’Al₂O₃) et de la rétention de particules d’alliage dans le laitier. ### 3. Procédés de mise en forme primaire | Procédé | Principe | Avantages | Limites | |---------|----------|-----------|---------| | Lamination à chaud | Passage du lingot entre cylindres chauffés (≈ 450 °C) | Réduction d’épaisseur, amélioration de la structure des grains | Nécessite une réchauffe intermédiaire pour éviter la fissuration | | Extrusion | Poussée d’un billette chauffée (≈ 400 °C) à travers une matrice | Production de profilés complexes, bonne précision dimensionnelle | Coût élevé de la matrice, limites de forme pour les alliages à haute résistance | | Moulage sous pression (die‑coulée) | Injection d’Al liquide sous haute pression (≈ 70 MPa) dans un moule acier | Pièces à parois fines, bonne répétabilité | Porosité possible, besoin de traitement thermique post‑moulage | | Soudage (TIG, MIG) | Fusion locale avec apport de fil d’Al | Assemblage de structures, réparations | Sensibilité à la porosité, besoin de nettoyage préalable (élimination de l’oxyde) | > **À retenir** : Lors de l’extrusion d’un profilé en alliage 6061, la température de la billette doit être maintenue entre 380 °C et 420 °C afin d’éviter la fissuration à chaud et d’assurer une bonne écoulement du métal. ### 4. Exemple de dimensionnement : calcul de la masse d’aluminium nécessaire pour un profilé de fenêtre **Données** : profilé en forme de U, dimensions extérieures 60 mm × 40 mm, épaisseur 2 mm, longueur 3 m. Alliage AA 6061 (ρ = 2,70 g cm⁻³). 1. Volume du profilé (approximation par différence de deux rectangles) : \[ V = L \times \big[(b_{\text{ext}} \times h_{\text{ext}}) - ((b_{\text{ext}}-2e) \times (h_{\text{ext}}-2e))\big] \] avec \(L = 300\) cm, \(b_{\text{ext}} = 6\) cm, \(h_{\text{ext}} = 4\) cm, \(e = 0,2\) cm. \[ V = 300 \times [(6 \times 4) - ((6-0,4) \times (4-0,4))] = 300 \times [24 - (5,6 \times 3,6)] = 300 \times [24 - 20,16] = 300 \times 3,84 = 1 152 \text{ cm}^3 \] 2. Masse : \[ m = V \times \rho = 1 152 \text{ cm}^3 \times 2,70 \text{ g/cm}^3 = 3 110,4 \text{ g} \approx 3,11 \text{ kg} \] > **À retenir** : Ce calcul permet d’estimer la quantité de métal à commander pour une série de 500 profilés (≈ 1,55 t d’Al). ### 5. Gestion du cycle de vie et recyclage au Cameroun - **Collecte sélective** : mise en place de points de dépôt volontaire dans les grandes villes (Douala, Yaoundé, Garoua) pour les canettes et les déchets de construction. - **Centre de tri régional** : installation d’un séparateur à courants de Foucault à Bamenda, capacité 5 t/j. - **Valorisation énergétique** : la chaleur résiduelle des fours de refonte est récupérée pour préchauffer l’air de combustion des chaudières industrielles, réduisant la consommation de fioul de 12 %. - **Sensibilisation** : campagnes dans les lycées techniques montrant que 1 t d’Al recyclé économise jusqu’à 95 % d’énergie comparée à la production primaire. > **À retenir** : Le taux de recyclage de l’aluminium au Cameroun était estimé à 35 % en 2023 (source ANEC); l’objectif national pour 2030 est de porter ce taux à 55 % grâce à l’incitation fiscale sur les produits contenant de l’aluminium recyclé. --- ## Synthèse du chapitre - **Procédé Hall‑Héroult** : électrolyse de l’Al₂O₃ dans un bain de cryolite fondue ; paramètres clés (courant, température, composition du bain) régissent le rendement et la consommation d’énergie. - **Bilan matière** : loi de Faraday permet de calculer la masse d’Al produite ; exemple : 200 kA, 24 h, η = 0,90 → ≈ 4,35 t Al, énergie spécifique ≈ 5 000 kWh/t. - **Impact environnemental** : émissions de HF, CO₂, poussières et déchets de bain ; mesures de réduction (scrubber à chaux, anodes inertes, filtres à manches, valorisation du spent bath). - **Sécurité** : EPI spécifiques, détecteurs de gaz, procédures d’arrêt d’urgence, formation régulière. - **Fabrication secondaire** : collecte, tri, décoquillage, fusion avec flux, écumage, coulée ; taux de récupération 80‑90 %. - **Mise en forme** : lamination, extrusion, moulage sous pression, soudage ; chaque procédé possède des fenêtres de température et des contraintes spécifiques. - **Applications camerounaises** : profilés de construction, emballages, pièces de transport, alliages 6061 et 7075 pour structures mécaniques. - **Recyclage** : économie d’énergie de 95 % par rapport à la production primaire ; objectif national de 55 % de taux de recyclage d’ici 2030. --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | **Cryolite** | Minéral Na₃AlF₆ utilisé comme solvant fondu pour l’alumine dans le procédé Hall‑Héroult. | | **Anode consommable** | Electrode positive en carbone qui se consomme lors de l’électrolyse, produisant du CO₂. | | **Cathode** | Electrode négative où l’Al³⁺ est réduit en Al liquide qui se dépose au fond de la cuve. | | **Rendement courant (η)** | Fraction du courant effectivement utilisée pour la réduction de l’alumine (valeur typique 0,85‑0,95). | | **Scrubber à chaux** | Installation de traitement des gaz où le HF réagit avec la Ca(OH)₂ pour former du CaF₂ insoluble. | | **Spent bath** | Bain de cryolite épuisé en fluorure d’aluminium, nécessitant un traitement ou un recyclage. | | **Lamination à chaud** | Procédé d’épaisseur réduite du lingot d’aluminium entre cylindres chauffés. | | **Extrusion** | Formage d’un billette chauffée poussée à travers une matrice pour obtenir un profilé de section constante. | | **Alliage 6061** | Alliage Al‑Mg‑Si, traité thermiquement T6, utilisé pour des pièces mécaniques résistantes. | | **Taux de récupération** | Pourcentage de métal réellement extrait lors de la refonte secondaire par rapport au métal contenu dans les déchets. | | **HF (fluorure d’hydrogène)** | Gaz toxique et corrosif émis lors de la volatilisation de la cryolite, soumis à des limites d’émission strictes. | | **CO₂ (dioxyde de carbone)** | Gaz à effet de serre produit par la consommation de l’anode en carbone lors de l’électrolyse. | | **Courant de Foucault** | Phénomène utilisé pour séparer les métaux non ferreux (Al) des déchets conducteurs par induction électromagnétique. | | **Flux (NaCl‑KCl)** | Mélange de sels ajouté lors de la fusion secondaire pour réduire l’oxydation et faciliter l’écumage. | | **Traitement thermique T6** | Chauffage à température de solution, trempe rapide, puis vieillissement pour augmenter la résistance des alliages Al‑Mg‑Si et Al‑Zn‑Mg‑Cu. | --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Bilan de matière d’une cuve Hall‑Héroult **Énoncé** : Une cuve fonctionne à un courant moyen de 180 kA pendant 20 h avec un rendement courant de 0,88. Calculer la masse d’aluminium produite (en kg) et l’énergie consommée (en kWh) sachant que la tension moyenne de cellule est de 4,6 V. **Corrigé** : 1. Temps en secondes : \(t = 20 \times 3600 = 72 000\) s. 2. Masse d’Al : \[ m = \frac{0,88 \times 180 000 \times 72 000 \times 26,98}{3 \times 96 485} \approx 3 860 \text{ kg} \] 3. Énergie : \[ E = U \times I \times t = 4,6 \times 180 000 \times 72 000 = 5,96 \times 10^{10} \text{ J} \] Conversion en kWh : \[ E_{\text{kWh}} = \frac{5,96 \times 10^{10}}{3,6 \times 10^{6}} \approx 16 560 \text{ kWh} \] **Réponse** : 3,86 t d’Al produites, consommation d’énergie ≈ 16 560 kWh. ### Exercice 2 – Dimensionnement d’un profilé de fenêtre **Énoncé** : Un profilé en forme de C (largeur extérieure 50 mm, hauteur extérieure 30 mm, épaisseur 2 mm, longueur 2,5 m) doit être réalisé en alliage AA 3003 (ρ = 2,73 g cm⁻³). Calculer la masse d’aluminium nécessaire pour un seul profilé. **Corrigé** : - Conversion en cm : L = 250 cm, b_ext = 5 cm, h_ext = 3 cm, e = 0,2 cm. - Volume : \[ V = L \times \big[(b_{\text{ext}} \times h_{\text{ext}}) - ((b_{\text{ext}}-2e) \times (h_{\text{ext}}-2e))\big] \] \[ V = 250 \times [(5 \times 3) - ((5-0,4) \times (3-0,4))] = 250 \times [15 - (4,6 \times 2,6)] = 250 \times [15 - 11,96] = 250 \times 3,04 = 760 \text{ cm}^3 \] - Masse : \[ m = 760 \times 2,73 = 2 074,8 \text{ g} \approx 2,07 \text{ kg} \] **Réponse** : Chaque profilé nécessite environ 2,07 kg d’aluminium. ### Exercice 3 – Évaluation d’un scrubber à chaux **Énoncé** : Une unité d’électrolyse émet 1,8 kg de HF par tonne d’Al produite. Le scrubber à chaux utilisé présente une efficacité de 85 %. Quelle est l’émission résiduelle de HF (en kg/t Al) après traitement ? **Corrigé** : Émission résiduelle = émission brute × (1 – efficacité) \[ = 1,8 \times (1 - 0,85) = 1,8 \times 0,15 = 0,27 \text{ kg HF/t Al} \] **Réponse** : 0,27 kg HF/t Al restent après le scrubber. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |----|------------------|-------------|--------------------------------------| | 1 | Oublier de vérifier l’absence de tension avant d’ouvrir une cuve | Risque d’électrocution ou d’arc électrique | Toujours effectuer une mesure au multimètre et obtenir un permis de travail signé. | | 2 | Négliger le port du masque à cartouche HF lors de la maintenance du scrubber | Inhalation de HF pouvant provoquer des brûlures pulmonaires sévères | Porter systématiquement le masque adapté et contrôler son étanchéité avant chaque intervention. | | 3 | Surcharger le four de refonte avec trop de déchets humides | Formation de vapeur explosive et projections de métal en fusion | Pré‑sécher les déchets à < 2 % d’humidité et respecter la charge maximale indiquée par le constructeur. | | 4 | Utiliser une température de billette trop basse en extrusion (ex. 300 °C au lieu de 380‑420 °C) | Fissuration à chaud, défauts de surface, augmentation de la force de poussée | Contrôler la température avec un pyromètre infrarouge et ajuster le four de préchauffage selon l’alliage. | | 5 | Ne pas séparer les ferrailles avant le passage au séparateur à courants de Foucault | Détérioration du séparateur, perte d’efficacité du tri de l’Al | Installer un aimant overband en amont du séparateur et vérifier son état chaque quart de tour. | | 6 | Laisser des résidus d’huile ou de peinture sur les déchets avant la fusion | Augmentation de l’oxydation, formation de scories, réduction du rendement métallique | Effectuer un dégraissage à chaud (solvant ou lessive alcaline) suivi d’un rinçage à l’eau avant le préchauffage. | > **À retenir** : La sécurité en métallurgie de l’aluminium repose sur trois piliers : la formation continue du personnel, le contrôle rigoureux des paramètres de procédé (courant, température, composition du bain) et la mise en place de barrières physiques et chimiques (EPI, détecteurs, scrubbers) adaptées aux risques spécifiques (HF, métal en fusion, poussières). --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel est le principe fondamental du procédé Hall-Héroult pour la production d'aluminium ?
  2. 2. Quel composé sert de solvant pour dissoudre l'alumine (Al₂O₃) dans le bain électrolytique du procédé Hall-Héroult ?
  3. 3. Dans le procédé Hall-Héroult, quelle est la plage de température typique du bain électrolytique permettant une bonne conductivité et une faible perte d'alumine ?
  4. 4. Une cellule Hall-Héroult fonctionne à un courant moyen de 150 kA avec une efficacité de courant de 92 %. Quelle masse d'aluminium théorique (en kg) est produite par heure, sachant que la réaction nécessite 3 mol d'électrons par mol d'Al et que la masse molaire de l'Al est 26,98 g mol⁻¹ ? (Utilisez F = 96 485 C mol⁻¹)
  5. 5. L'ajout de cryolite au bain électrolytique diminue principalement laquelle des propriétés suivantes du mélange fondue ?
  6. 6. Quel polluant gazeux est principalement généré lors de l'anodisation des anodes en carbone du procédé Hall-Héroult et doit être traité avant rejet à l'atmosphère ?
  7. 7. Un concepteur d'aéronefs doit choisir un alliage d'aluminium pour les longerons de fuselage nécessitant une haute résistance à la fatigue et une bonne soudabilité. Quel alliage parmi les suivants serait le plus adapté ?
  8. 8. En comparant la production primaire d'aluminium via le procédé Hall-Héroult à la récupération d'aluminium secondaire, quelle affirmation décrit le mieux la différence d'énergie consommée par tonne d'aluminium produit ?
  9. 9. Dans le cadre d'une activité d'intégration, les élèves doivent concevoir un schéma de flux pour le recyclage de canettes en aluminium usagées. Quelle étape est indispensable avant la fonte afin d'éliminer les contaminants organiques et les revêtements ?
  10. 10. En utilisant la relation ΔG° = –nFE°, calculez la tension théorique de décomposition (E°) du bain Hall-Héroult sachant que la variation libre de Gibbs standard pour la réaction 2 Al₂O₃ + 3 C → 4 Al + 3 CO₂ est de +1 200 kJ mol⁻¹ (par réaction telle qu'écrite) et que n = 12 électrons transférés. (F = 96 485 C mol⁻¹)