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Chapitre 29

Origines et formation des mots français

Lecture : 39 minQuiz de 12 questions

# Origines et formation des mots français ## Introduction La langue française, parlée aujourd'hui par plus de 300 millions de personnes à travers le monde et langue officielle ou co-officielle dans une trentaine de pays, dont le Cameroun, n'est pas née ex nihilo. Elle est le fruit d'une histoire millénaire, faite de métissages, d'héritages et d'emprunts. Comprendre les origines et la formation des mots français, c'est comprendre comment une langue vit, évolue et s'enrichit au contact des autres. C'est également un outil précieux pour enrichir son vocabulaire, améliorer son orthographe et affiner sa compréhension des textes. Ce chapitre se propose d'explorer les différentes strates qui composent le lexique français : l'héritage gréco-latin, les emprunts aux langues étrangères, et les procédés internes de création lexicale que sont la dérivation, la composition, l'abréviation et la siglaison. Le lexique français n'est pas un ensemble figé ; il est en perpétuelle évolution. Chaque époque, chaque contact culturel, chaque besoin nouveau de communication laisse une trace dans la langue. Ainsi, étudier la formation des mots, c'est aussi étudier l'histoire des peuples, leurs échanges commerciaux, leurs conquêtes, leurs découvertes scientifiques et leurs innovations technologiques. Pour l'élève camerounais, cette étude revêt une importance particulière : elle lui permet de prendre conscience que le français qu'il parle et écrit est une langue vivante, qui s'est construite et continue de se construire, et dont il est lui-même un acteur à part entière. ## I. L'héritage ancien : le grec et le latin ### 1.1. Du latin au français : la naissance des langues romanes Le français est une langue romane, c'est-à-dire qu'elle est issue directement du latin, la langue parlée dans l'Antiquité par les Romains. Lorsque les légions romaines conquirent la Gaule au Ier siècle avant Jésus-Christ (la guerre des Gaules menée par Jules César se déroule de 58 à 51 av. J.-C.), elles imposèrent progressivement leur langue aux populations gauloises. Le latin parlé par les soldats, les commerçants et les colons, appelé *latin vulgaire* (par opposition au latin classique des écrivains et des orateurs), se mêla aux parlers locaux, notamment le gaulois, une langue celtique. Ce métissage donna naissance à des dialectes régionaux qui, au fil des siècles, évoluèrent de manière différenciée. Au Moyen Âge, on distingue deux grandes familles de parlers dans le territoire de l'actuelle France, séparées par une ligne imaginaire allant approximativement de Bordeaux à Lyon : - **La langue d'oc**, parlée au sud de cette ligne, du nom de la particule *oc* qui signifiait « oui » (du latin *hoc*). C'est l'ancêtre de l'occitan et du provençal. - **La langue d'oïl**, parlée au nord, du nom de la particule *oïl* qui signifiait également « oui » (du latin *hoc ille*). C'est de la langue d'oïl, et plus précisément du dialecte de l'Île-de-France, le francien, qu'est issu le français moderne. > **À RETENIR** : Le français est une langue romane, c'est-à-dire qu'il dérive du latin, plus précisément du latin vulgaire parlé en Gaule. Les deux grandes familles de parlers médiévaux sont la langue d'oc (au sud) et la langue d'oïl (au nord), cette dernière étant à l'origine du français actuel. Le latin n'a pas seulement donné naissance au français ; il a également engendré d'autres langues romanes comme l'italien, l'espagnol, le portugais, le roumain et le catalan. Cette parenté explique les nombreuses ressemblances lexicales et grammaticales entre ces langues. Par exemple, le mot latin *mater* a donné *mère* en français, *madre* en espagnol et en italien, *mãe* en portugais et *mamă* en roumain. ### 1.2. Le fonds latin du français Le latin constitue le socle fondamental du vocabulaire français. La plupart des mots les plus courants et les plus essentiels de la langue française proviennent directement du latin. Ces mots ont subi une évolution phonétique et morphologique naturelle au fil des siècles, mais leur filiation est clairement identifiable. Prenons quelques exemples significatifs : - **Vox** (voix, en latin) a donné *voix* en français. On retrouve cette racine dans de nombreux mots construits : *vocal*, *vocabulaire*, *vociférer*, *avocat* (celui qui appelle, qui invoque). Le mot latin *vox* désignait la voix humaine, le son émis par la bouche, mais aussi le mot, la parole, l'expression. En français moderne, *voix* conserve ces sens : la voix d'un chanteur, la voix passive en grammaire (où le sujet subit l'action), donner sa voix (voter). - **Populus** (peuple) a donné *peuple* en français. De cette racine dérivent *populaire*, *population*, *populace*, *populeux*. Le mot latin *populus* désignait l'ensemble des citoyens d'une cité, par opposition aux dirigeants. En français, *peuple* a conservé ce sens collectif et politique. - **Pater** (père) a donné *père* en français. Cette racine se retrouve dans *paternel*, *patriarche*, *patrie* (la terre des pères), *patron* (à l'origine, le père de famille, puis le maître). Le latin *pater* est également à l'origine du mot *pape* (du grec *papas*, père) et de *patrimoine* (l'héritage du père). - **Mater** (mère) a donné *mère* en français. On retrouve cette racine dans *maternel*, *maternité*, *matrice*, *matricule* (liste des mères, puis registre officiel). Le latin *mater* est également présent dans *mariage* (à l'origine, l'union qui fait de la femme une mère) et dans *matrone*. - **Fratrem** (frère, à l'accusatif) a donné *frère* en français. De cette racine dérivent *fraternel*, *fraternité*, *confrérie*. - **Sororem** (sœur) a donné *sœur* en français. On retrouve cette racine dans *sororal*, *sororité*. - **Hominem** (homme) a donné *homme* en français. De cette racine dérivent *humain*, *humanité*, *homicide* (qui tue l'homme), *humble* (littéralement, qui se prosterne à terre, comme l'homme). - **Cantare** (chanter) a donné *chanter* en français. De cette racine dérivent *chant*, *chanteur*, *cantique*, *récitant*. - **Aqua** (eau) a donné *eau* en français. On retrouve cette racine dans *aquatique*, *aquarium*, *aqueduc*, *aquarelle*. > **À RETENIR** : Le latin est la source principale du vocabulaire français. Les mots les plus courants du français (les mots du fonds primitif) proviennent directement du latin par évolution naturelle : *vox* > voix, *populus* > peuple, *pater* > père, *mater* > mère, *aqua* > eau, *hominem* > homme. Il est important de noter que certains mots français ont été empruntés au latin à deux reprises : une première fois par évolution naturelle (ce sont les mots populaires ou mots de la langue orale), et une seconde fois par emprunt savant, souvent à la Renaissance, lorsque les érudits ont puisé directement dans le latin classique pour enrichir la langue (ce sont les mots savants). On parle alors de **doublets**. Par exemple : - *Fragile* (mot savant) et *frêle* (mot populaire) proviennent tous deux du latin *fragilis*. - *Causa* a donné *chose* (mot populaire) et *cause* (mot savant). - *Navigare* a donné *nager* (mot populaire) et *naviguer* (mot savant). - *Hospitalem* a donné *hôtel* (mot populaire) et *hôpital* (mot savant). ### 1.3. L'apport grec Le grec ancien a également contribué de manière considérable à la formation du vocabulaire français, mais de manière différente du latin. Alors que le latin est à l'origine de la structure même de la langue française, le grec a surtout fourni des racines savantes, utilisées pour créer des mots techniques, scientifiques et philosophiques. Cette influence s'est exercée en plusieurs vagues : - Dès l'Antiquité, les Romains eux-mêmes ont emprunté de nombreux mots au grec, et ces mots sont passés en français par l'intermédiaire du latin. C'est le cas par exemple de *école* (du grec *scholê*), *théâtre* (du grec *theatron*), *église* (du grec *ekklêsia*). - À la Renaissance (XVe-XVIe siècles), le retour aux textes antiques a provoqué un afflux massif de mots grecs dans la langue française, notamment dans les domaines de la philosophie, de la médecine, des sciences et des arts. - Aux XIXe et XXe siècles, le grec a continué de fournir des racines pour la création de mots scientifiques et techniques nouveaux. Les racines grecques les plus productives du français sont nombreuses. En voici quelques-unes, avec les exemples fournis par le programme : - **Philein** (aimer) : cette racine grecque entre dans la composition de nombreux mots français. On la retrouve dans *philosophe* (littéralement, celui qui aime la sagesse, de *philein*, aimer, et *sophia*, sagesse), *philanthrope* (celui qui aime les hommes, de *philein* et *anthropos*, homme), *bibliophile* (celui qui aime les livres, de *philein* et *biblion*, livre), *francophile* (celui qui aime la France), *philharmonique* (qui aime l'harmonie). Le suffixe *-phile* est également très productif : *cinéphile*, *audiophile*, *germanophile*. Au Cameroun, on pourrait parler de *camerounophile* pour désigner une personne qui aime le Cameroun. - **Sophia** (sagesse) : cette racine entre dans la composition de *philosophie* (l'amour de la sagesse), *sophiste* (à l'origine, celui qui enseigne la sagesse, puis celui qui use de raisonnements fallacieux), *sophisme* (raisonnement faux qui a l'apparence de la vérité), *théosophie* (la sagesse divine). On la retrouve également dans des prénoms comme *Sophie*. - **Anthropos** (homme) : cette racine entre dans la composition de *anthropologie* (l'étude de l'homme), *anthropophage* (qui mange de la chair humaine, de *anthropos* et *phagein*, manger), *anthropoïde* (qui ressemble à l'homme), *misanthrope* (celui qui hait les hommes, de *misein*, haïr, et *anthropos*). Au Cameroun, les études d'*anthropologie* sont particulièrement importantes pour comprendre la diversité des cultures et des traditions du pays. D'autres racines grecques sont extrêmement productives en français : - **Bios** (vie) : *biologie*, *biographie*, *biopsie*, *symbiose*. - **Gê** (terre) : *géographie*, *géologie*, *géométrie* (la mesure de la terre). - **Logos** (discours, parole, raison) : *logique*, *dialogue*, *biologie*, *psychologie*, *théologie*. - **Pathos** (souffrance, émotion) : *pathologie*, *sympathie*, *antipathie*, *apathie*. - **Polis** (cité) : *politique*, *métropole*, *cosmopolite* (citoyen du monde). - **Tekhnê** (art, technique) : *technique*, *technologie*, *polytechnique*. > **À RETENIR** : Le grec ancien a fourni au français de nombreuses racines savantes, utilisées principalement dans les domaines scientifiques, techniques et philosophiques. Les racines *philein* (aimer), *sophia* (sagesse) et *anthropos* (homme) entrent dans la composition de mots comme *philosophe*, *philanthrope*, *anthropologie*. ### 1.4. L'héritage gaulois Il ne faut pas oublier que le français n'est pas uniquement issu du latin. La langue gauloise, parlée par les populations celtiques de la Gaule avant la conquête romaine, a laissé quelques traces dans le vocabulaire français, principalement dans les domaines de la vie rurale, de l'agriculture et de la toponymie. On estime à environ 200 le nombre de mots français d'origine gauloise. Parmi eux : - *Bouc*, *mouton*, *cheval* (certains noms d'animaux d'élevage). - *Chêne*, *bouleau*, *if* (certains noms d'arbres). - *Boue*, *marais*, *lande* (certains termes de géographie). - *Cervoise* (bière), *char* (véhicule), *braies* (pantalon gaulois). - De nombreux noms de lieux : *Paris* (du nom du peuple gaulois des Parisii), *Lyon* (de *Lugdunum*), *Cameroun* n'est pas d'origine gauloise, mais de nombreux villages camerounais portent des noms dont l'étymologie remonte aux langues locales, ce qui montre que la toponymie est une source précieuse pour l'histoire des peuples. ## II. Les emprunts aux langues étrangères ### 2.1. Définition de l'emprunt L'emprunt est un procédé par lequel une langue adopte un mot ou une expression d'une autre langue. C'est un phénomène universel, qui témoigne des contacts entre les peuples : échanges commerciaux, conquêtes, colonisation, relations culturelles, scientifiques, technologiques, etc. L'emprunt peut être : - **Direct** : le mot est adopté tel quel, avec son orthographe et sa prononciation d'origine (ex. : *week-end*, *pizza*). - **Adapté** : le mot est modifié pour s'intégrer au système phonétique et morphologique de la langue d'accueil (ex. : *football* est devenu *foot* en français familier ; *shampooing* vient de l'anglais *shampoo*). > **À RETENIR** : L'emprunt est l'adoption par une langue d'un mot ou d'une expression provenant d'une autre langue. Il témoigne des contacts entre les peuples et contribue à l'enrichissement du vocabulaire. Le français a emprunté à de très nombreuses langues au cours de son histoire. Les emprunts les plus anciens proviennent des langues germaniques (francique, gotique), apportés par les envahisseurs francs et wisigoths au moment des grandes invasions. Ces emprunts anciens sont si bien intégrés qu'ils ne sont plus perçus comme étrangers : *guerre*, *garde*, *honte*, *riche*, *blanc*, *bleu*, *choisir*, *danser*. ### 2.2. Les emprunts à l'anglais L'anglais est, depuis le XIXe siècle et surtout le XXe siècle, la langue qui fournit le plus grand nombre d'emprunts au français. Cette influence s'explique par la puissance économique, politique, scientifique et culturelle des pays anglophones (Royaume-Uni, États-Unis), ainsi que par la mondialisation et le développement d'Internet. Les emprunts à l'anglais concernent principalement les domaines suivants : - **Le sport** : *tennis*, *football*, *basket-ball*, *volley-ball*, *golf*, *rugby*, *boxe*, *sprint*, *record*, *champion* (ce dernier vient en réalité du latin *campus* par l'intermédiaire du français, mais a été réemprunté à l'anglais). - **La vie quotidienne et les loisirs** : *week-end*, *shopping*, *fast-food*, *hamburger*, *sandwich*, *cocktail*, *pique-nique* (mot d'origine française réemprunté à l'anglais), *camping*, *parking*. - **Les technologies et le numérique** : *computer* (souvent remplacé par *ordinateur*), *internet*, *e-mail* (souvent remplacé par *courriel*), *software* (souvent remplacé par *logiciel*), *hardware* (souvent remplacé par *matériel*), *smartphone*, *tablette*. - **Les affaires et l'économie** : *business*, *marketing*, *management*, *leader*, *staff*, *challenge*. Prenons les exemples du programme : - **Tennis** : ce mot vient de l'anglais *tennis*, lui-même issu du français *tenez !* que les joueurs de paume (ancêtre du tennis) criaient avant de servir. Le mot a été réemprunté à l'anglais avec son sens moderne. Le tennis est un sport très pratiqué au Cameroun, notamment dans les grandes villes comme Douala et Yaoundé. - **Football** : ce mot est composé de *foot* (pied) et *ball* (ballon). Il désigne le sport le plus populaire au monde, et le Cameroun y excelle particulièrement, avec une équipe nationale (les Lions Indomptables) qui a remporté à plusieurs reprises la Coupe d'Afrique des Nations. - **Week-end** : ce mot composé de *week* (semaine) et *end* (fin) désigne la fin de semaine, c'est-à-dire le samedi et le dimanche. En français, on utilise parfois l'expression *fin de semaine* pour le remplacer, notamment au Québec et dans certains pays d'Afrique francophone. > **À RETENIR** : Les emprunts à l'anglais concernent principalement le sport (*tennis*, *football*), la vie quotidienne (*week-end*) et les technologies. Certains de ces emprunts sont critiqués par les puristes, qui proposent des équivalents français (*fin de semaine* pour *week-end*, *courriel* pour *e-mail*). ### 2.3. Les emprunts à l'italien L'italien a exercé une influence considérable sur le français, principalement à la Renaissance (XVe-XVIe siècles), lorsque les guerres d'Italie menées par les rois de France (Charles VIII, Louis XII, François Ier) mirent les Français en contact avec la civilisation italienne, alors la plus raffinée d'Europe. Les emprunts à l'italien concernent principalement les domaines suivants : - **La musique** : *opéra*, *piano*, *violon*, *violoncelle*, *soprano*, *alto*, *adagio*, *allegro*, *fortissimo*, *bravo*. - **Les arts et l'architecture** : *balcon*, *fresque*, *façade*, *corridor*, *mezzanine*, *loggia*. - **La cuisine** : *spaghetti*, *pizza*, *macaroni*, *lasagne*, *risotto*, *espresso*, *cappuccino*. - **La vie sociale et politique** : *banque*, *banquier*, *carnaval*, *masque*, *courrier*, *escorte*. Prenons les exemples du programme : - **Spaghetti** : ce mot italien, pluriel de *spaghetto* (diminutif de *spago*, ficelle), désigne des pâtes alimentaires longues et fines. Il est entré en français au XIXe siècle. Les *spaghetti* sont aujourd'hui consommés dans le monde entier, y compris au Cameroun où ils sont souvent préparés avec des sauces locales. - **Pizza** : ce mot italien, d'origine incertaine (peut-être du latin *pinsa*, participe passé de *pinsere*, piler, écraser), désigne un plat composé d'une pâte à pain garnie de tomate, de fromage et d'autres ingrédients. La *pizza* est devenue un plat universel, décliné à l'infini selon les pays et les cultures. - **Balcon** : ce mot italien, issu du lombard *balko* (poutre), désigne une plate-forme en saillie sur une façade, protégée par une balustrade. Le mot est entré en français au XVIe siècle. Au Cameroun, les *balcons* sont des éléments courants de l'architecture urbaine, notamment à Douala et à Yaoundé. > **À RETENIR** : Les emprunts à l'italien, nombreux à la Renaissance, concernent principalement la musique (*opéra*, *piano*), l'architecture (*balcon*, *façade*) et la cuisine (*spaghetti*, *pizza*). ### 2.4. Les emprunts à l'espagnol L'espagnol a également fourni un certain nombre de mots au français, principalement à partir du XVIe siècle, lorsque l'Espagne était une grande puissance européenne et coloniale. Les emprunts à l'espagnol concernent principalement les domaines suivants : - **La guerre et la marine** : *escadrille*, *armada*, *sieste* (à l'origine, la sixième heure, moment de repos), *camarade* (de *cámara*, chambre, celui qui partage la chambre). - **La danse et la musique** : *fandango*, *boléro*, *salsa*, *tango* (d'origine argentine), *castagnettes*. - **La nourriture et les produits exotiques** : *chocolat* (du nahuatl *xocolatl* par l'intermédiaire de l'espagnol), *vanille*, *tabac*, *cigare*, *tomate*, *pomme de terre* (de *patata*), *maïs* (de *maíz*). - **La vie quotidienne** : *sieste*, *moustique*, *café* (de l'arabe *qahwa* par l'intermédiaire du turc et de l'italien). Prenons les exemples du programme : - **Caméra** : ce mot vient de l'espagnol *cámara*, lui-même issu du latin *camera* (chambre). En espagnol, *cámara* a pris le sens de « chambre noire », l'appareil optique utilisé par les photographes, puis d'appareil de prise de vues. Le mot est entré en français au XXe siècle avec le développement du cinéma et de la télévision. Aujourd'hui, les *caméras* sont omniprésentes : caméras de surveillance, caméras de téléphones portables, caméras de vidéosurveillance. - **Escadrille** : ce mot vient de l'espagnol *escuadrilla*, diminutif de *escuadra* (escadre, troupe). Il désigne une petite escadre, c'est-à-dire une formation de navires de guerre ou d'avions. Le mot est entré en français au XVIIe siècle pour désigner une petite troupe, puis a pris son sens militaire moderne. > **À RETENIR** : Les emprunts à l'espagnol concernent principalement la guerre (*escadrille*), les produits exotiques (*chocolat*, *tabac*, *tomate*) et la vie quotidienne (*sieste*, *caméra*). ### 2.5. Les emprunts à l'allemand L'allemand a fourni au français un nombre plus restreint de mots, mais certains sont très courants. Les emprunts à l'allemand concernent principalement les domaines suivants : - **La musique** : *lied* (chant), *walzer* (valse), *yodel*. - **La philosophie et les sciences** : *Gestalt* (forme), *Zeitgeist* (esprit du temps), *ersatz* (succédané). - **La vie quotidienne et la culture** : *képi* (de *Käppi*, bonnet), *choucroute* (de *Sauerkraut*, chou aigre), *bretzel*, *loustic* (de *lustig*, joyeux), *vasistas* (de *was ist das ?*, qu'est-ce que c'est ? — une fenêtre qu'on ouvrait en répondant à la question du passant). Prenons les exemples du programme : - **Valse** : ce mot vient de l'allemand *Walzer*, dérivé de *walzen* (tourner, rouler). Il désigne une danse à trois temps, d'origine autrichienne et allemande, devenue extrêmement populaire en Europe au XIXe siècle. La *valse* est également une forme musicale, illustrée notamment par les compositeurs Johann Strauss père et fils. Le mot est entré en français à la fin du XVIIIe siècle. - **Vampire** : ce mot vient de l'allemand *Vampir*, lui-même emprunté au serbe *vampir* (ou au polonais *wąpierz*). Il désigne, dans les croyances populaires d'Europe centrale et orientale, un mort qui sort de sa tombe pour sucer le sang des vivants. Le mot est entré en français au XVIIIe siècle et a connu une grande fortune littéraire et cinématographique, du roman *Dracula* de Bram Stoker aux nombreux films de vampires. > **À RETENIR** : Les emprunts à l'allemand sont moins nombreux mais parfois très courants : *valse*, *vampire*, *choucroute*, *képi*, *vasistas*. ### 2.6. Les emprunts à l'arabe L'arabe a exercé une influence importante sur le français, principalement au Moyen Âge, par l'intermédiaire des échanges commerciaux et culturels avec le monde arabo-musulman (Espagne musulmane, Sicile, Croisades). Les emprunts à l'arabe concernent principalement les domaines suivants : - **Les sciences et les mathématiques** : *algèbre* (de *al-jabr*, réduction), *algorithme* (du nom du mathématicien persan Al-Khwarizmi), *zéro* (de *sifr*, vide), *chiffre* (de *sifr*), *alchimie* (de *al-kimiya*), *alambic*. - **Le commerce et la vie quotidienne** : *magasin* (de *makhzan*, entrepôt), *douane* (de *diwan*), *tarif* (de *ta'rif*, notification), *sucre* (de *sukkar*), *coton* (de *qutn*), *alcool* (de *al-kuhl*). - **La nourriture** : *abricot* (de *al-barquq*), *artichaut* (de *al-kharshuf*), *épinard* (de *isfanakh*), *orange* (de *naranj*), *citron* (de *laymun*). - **La culture et la religion** : *coran* (de *qur'an*), *islam* (de *islam*, soumission), *ramadan*, *mosquée* (de *masjid*), *minaret*. Prenons les exemples du programme : - **Algorithme** : ce mot vient de l'arabe *al-Khwarizmi*, nom du célèbre mathématicien persan Muhammad ibn Musa al-Khwarizmi (IXe siècle), auteur d'un traité d'algèbre qui a été traduit en latin au XIIe siècle. Par déformation, son nom est devenu *algorismus* en latin, puis *algorithme* en français. Le mot désigne un ensemble de règles opératoires propres à un calcul, et plus généralement, en informatique, une suite d'opérations permettant de résoudre un problème. C'est un mot d'une importance capitale à l'ère du numérique. - **Zéro** : ce mot vient de l'arabe *sifr* (vide, rien), qui a également donné *chiffre*. Le *zéro* est un concept mathématique fondamental, introduit en Europe par l'intermédiaire des mathématiciens arabes, qui l'avaient eux-mêmes emprunté aux Indiens. Le mot est entré en français au XVe siècle. Le *zéro* est à la fois un nombre (le plus petit des entiers naturels) et un chiffre (celui qui marque l'absence de quantité). > **À RETENIR** : Les emprunts à l'arabe, nombreux au Moyen Âge, concernent principalement les sciences (*algèbre*, *algorithme*, *zéro*), le commerce (*magasin*, *douane*, *tarif*) et la vie quotidienne (*sucre*, *coton*, *alcool*). ### 2.7. Les emprunts aux langues africaines Le français, langue officielle du Cameroun et de nombreux pays d'Afrique, a également emprunté des mots aux langues africaines. Ces emprunts, plus récents, témoignent de la vitalité des cultures africaines et de leur contribution à la francophonie. Ils concernent principalement les domaines suivants : - **L'habillement** : *boubou* (grande robe ample portée par les hommes et les femmes en Afrique de l'Ouest et centrale), *pagne* (pièce d'étoffe portée autour de la taille), *lappa* (en Afrique de l'Ouest). - **La musique et la danse** : *tam-tam* (tambour africain), *balafon* (instrument de musique à lames de bois), *sanza* (instrument à lamelles), *makossa* (genre musical camerounais), *bikutsi* (genre musical camerounais), *rumba* (d'origine congolaise), *soukous* (musique congolaise). - **La nourriture** : *gombo* (plante potagère et sauce qui en est faite), *banane* (d'origine ouest-africaine), *igname* (d'origine ouest-africaine), *taro* (d'origine polynésienne et africaine), *millet* (d'origine africaine). - **La vie sociale et culturelle** : *griot* (conteur, musicien, généalogiste en Afrique de l'Ouest), *marabout* (de l'arabe *murabit*, mais utilisé en Afrique avec un sens particulier), *safari* (de l'arabe *safar* par l'intermédiaire du swahili), *samba* (d'origine brésilienne, mais avec des racines africaines). Prenons les exemples du programme : - **Boubou** : ce mot, d'origine ouest-africaine (peut-être du wolof *mbubb*), désigne une grande robe ample, souvent brodée, portée par les hommes et les femmes dans de nombreux pays d'Afrique de l'Ouest et centrale. Au Cameroun, le *boubou* est porté lors des cérémonies (mariages, baptêmes, funérailles) et témoigne de l'élégance et de la dignité de celui ou celle qui le porte. Le mot est entré dans les dictionnaires français au XXe siècle. - **Tam-tam** : ce mot, d'origine onomatopéique (il imite le son de l'instrument), désigne un tambour africain, mais aussi, par extension, un rassemblement festif ou une communication à distance par tambour. Le *tam-tam* est un instrument essentiel dans de nombreuses cultures africaines : il sert à communiquer, à rythmer les danses et les cérémonies, à appeler les esprits. Au Cameroun, le *tam-tam* est particulièrement présent dans les régions de l'Ouest et du Littoral, où il accompagne les danses traditionnelles comme le *bikutsi* ou le *mangambeu*. > **À RETENIR** : Les emprunts aux langues africaines, plus récents, concernent principalement l'habillement (*boubou*), la musique (*tam-tam*, *balafon*, *makossa*) et la nourriture (*gombo*, *banane*). Ils témoignent de la contribution des cultures africaines à la francophonie. ### 2.8. Les autres sources d'emprunts Le français a également emprunté à de nombreuses autres langues : - **Aux langues celtiques** (gaulois, breton) : *char*, *bouleau*, *lande*, *menhir* (du breton *men*, pierre, et *hir*, longue). - **Aux langues scandinaves** (vieux norrois) : *crique*, *flot*, *vague*, *ski* (du norvégien). - **Au néerlandais** : *boulanger* (de *bolwerk*), *mannequin* (de *manneken*, petit homme), *plaisir* (de *plezier*). - **Au russe** : *steppe*, *tsar*, *vodka*, *spoutnik*, *perestroïka*. - **Au japonais** : *kimono*, *saké*, *karaoké*, *manga*, *tsunami*, *judo*, *karaté*. - **Aux langues amérindiennes** : *tabac*, *tomate*, *cacao*, *chocolat*, *hamac*, *canoë*, *ouragan*. - **Aux langues chinoises** : *thé* (du chinois *cha* par l'intermédiaire du néerlandais), *soja*, *kung-fu*, *tao*. ## III. La dérivation ### 3.1. Définition et notions de base La dérivation est le procédé de formation des mots le plus productif du français. Elle consiste à créer un mot nouveau (le **dérivé**) à partir d'un mot existant (le **mot de base** ou **radical**) en ajoutant des éléments appelés **affixes** (préfixes, suffixes, infixes). Le mot de base peut être un mot simple (ex. : *terre*) ou un mot déjà dérivé (ex. : *terrien* dérivé de *terre*, puis *terrien* peut servir de base à *terrienne*). > **À RETENIR** : La dérivation est le procédé de formation des mots qui consiste à créer un mot nouveau (le dérivé) en ajoutant un affixe (préfixe ou suffixe) à un mot existant (le radical ou la racine). Il convient de distinguer plusieurs notions : - **La racine** : c'est l'élément minimal, commun à tous les mots d'une même famille, qui porte le sens fondamental. Elle peut être d'origine latine, grecque ou autre. Par exemple, la racine latine *voc-* (de *vox*, voix) se retrouve dans *voix*, *vocal*, *vocabulaire*, *vociférer*, *avocat*. La racine grecque *phil-* (de *philein*, aimer) se retrouve dans *philosophe*, *philanthrope*, *bibliophile*. - **Le radical** : c'est la partie du mot qui reste lorsque l'on retire la désinence (la terminaison) ou l'affixe. C'est la base à laquelle s'ajoutent les affixes. Par exemple, dans *chanteur*, le radical est *chant-* ; dans *inutile*, le radical est *utile* (ou *util-*). - **Le préfixe** : c'est un affixe placé avant le radical. Il modifie généralement le sens du mot de base, mais ne change pas sa catégorie grammaticale. Par exemple, *refaire* (préfixe *re-* + verbe *faire*) est toujours un verbe ; *inutile* (préfixe *in-* + adjectif *utile*) est toujours un adjectif. - **Le suffixe** : c'est un affixe placé après le radical. Il peut modifier le sens du mot de base et change souvent sa catégorie grammaticale. Par exemple, *chanteur* (radical *chant-* + suffixe *-eur*) est un nom dérivé d'un verbe ; *rapidement* (radical *rapide* + suffixe *-ment*) est un adverbe dérivé d'un adjectif. > **À RETENIR** : La racine est l'élément minimal porteur du sens fondamental ; le radical est la base à laquelle s'ajoutent les affixes ; le préfixe se place avant le radical et modifie le sens ; le suffixe se place après le radical et modifie souvent la catégorie grammaticale. ### 3.2. La préfixation La préfixation consiste à ajouter un préfixe au début d'un mot pour créer un mot nouveau. Les préfixes français proviennent principalement du latin et du grec. Ils modifient le sens du mot de base sans en changer la catégorie grammaticale. Voici les principaux préfixes et leur signification : **Préfixes latins :** - **in-, im-, il-, ir-** (négation, contraire) : *inutile*, *impossible*, *illégal*, *irrégulier*. Au Cameroun, on pourrait dire qu'un élève qui ne respecte pas le règlement intérieur est *indiscipliné*. - **re-, ré-** (répétition, retour) : *refaire*, *relire*, *revenir*, *réécrire*. Un élève qui *relit* sa copie avant de la rendre fait preuve de sérieux. - **dé-, dés-** (négation, privation, action inverse) : *défaire*, *déshabiller*, *désordre*, *désobéir*. - **pré-** (avant) : *prévoir*, *préhistoire*, *préfixe*. - **post-** (après) : *postposer*, *postface*, *postdater*. - **co-, con-, com-, col-, cor-** (avec, ensemble) : *coopérer*, *concentre*, *compatriote*, *collaborer*, *correspondre*. - **ex-** (hors de, ancien) : *exporter*, *ex-président*, *exclure*. - **inter-** (entre) : *international*, *interdépendance*, *interlocuteur*. - **trans-** (à travers) : *transporter*, *transnational*, *transformer*. - **sur-** (au-dessus) : *survoler*, *surpasser*, *surcharger*. - **sous-** (au-dessous) : *sous-estimer*, *sous-sol*, *sous-titre*. - **anti-** (contre) : *antidote*, *antivol*, *antipaludéen* (un médicament contre le paludisme, maladie très présente au Cameroun). **Préfixes grecs :** - **a-, an-** (privatif, sans) : *anonyme* (sans nom), *apathie* (sans émotion), *analphabète* (qui ne sait ni lire ni écrire). - **anti-** (contre) : *antipathie*, *antithèse*, *anticyclone*. - **archi-** (supériorité, excès) : *architecte* (chef de chantier), *archi-faux*, *archi-comu*. - **auto-** (soi-même) : *automobile*, *autobiographie*, *autodétermination*. - **bio-** (vie) : *biologie*, *biographie*, *biopsie*. - **géo-** (terre) : *géographie*, *géologie*, *géométrie*. - **hyper-** (au-dessus, excès) : *hypermarché*, *hypertension*, *hyperactif*. - **hypo-** (au-dessous) : *hypotension*, *hypodermique*. - **micro-** (petit) : *microscope*, *microphone*, *micro-entreprise*. - **macro-** (grand) : *macroéconomie*, *macroscopique*. - **multi-** (plusieurs) : *multinational*, *multimédia*, *multiculturel*. - **poly-** (plusieurs) : *polygame*, *polytechnique*, *polyvalent*. - **télé-** (loin) : *téléphone*, *télévision*, *télécabine*. > **À RETENIR** : La préfixation consiste à ajouter un préfixe au début d'un mot. Les préfixes modifient le sens du mot de base sans changer sa catégorie grammaticale. Les principaux préfixes expriment la négation (*in-*, *dé-*), la répétition (*re-*), la position (*pré-*, *post-*, *sur-*, *sous-*), l'opposition (*anti-*), etc. ### 3.3. La suffixation La suffixation consiste à ajouter un suffixe à la fin d'un mot (ou de son radical) pour créer un mot nouveau. Contrairement à la préfixation, la suffixation change souvent la catégorie grammaticale du mot de base. On distingue plusieurs types de suffixation selon la catégorie grammaticale du mot obtenu : #### a) La nominalisation (formation de noms) La nominalisation est le procédé qui consiste à former un nom à partir d'un verbe, d'un adjectif ou d'un autre nom. C'est un procédé extrêmement productif en français, notamment dans les textes administratifs, scientifiques et journalistiques. **Suffixes permettant de former des noms à partir de verbes :** - **-tion, -ation, -ition** : *nation* (de *naître*), *création* (de *créer*), *construction* (de *construire*), *répétition* (de *répéter*). Au Cameroun, on parle de la *construction* des routes, de la *modernisation* des infrastructures. - **-ment** : *changement* (de *changer*), *développement* (de *développer*), *gouvernement* (de *gouverner*), *enseignement* (de *enseigner*). - **-age** : *courage* (de *courir*), *passage* (de *passer*), *nettoyage* (de *nettoyer*), *bricolage* (de *bricoler*). - **-ure** : *ouverture* (de *ouvrir*), *fermeture* (de *fermer*), *écriture* (de *écrire*), *brûlure* (de *brûler*). - **-ance, -ence** : *naissance* (de *naître*), *connaissance* (de *connaître*), *dépendance* (de *dépendre*), *existence* (de *exister*). - **-eur, -euse, -rice** (nom d'agent) : *chanteur* (de *chanter*), *danseur* (de *danser*), *instituteur* (de *instituer*), *directrice* (de *diriger*). **Suffixes permettant de former des noms à partir d'adjectifs :** - **-ité, -té** : *beauté* (de *beau*), *bonté* (de *bon*), *rapidité* (de *rapide*), *solidarité* (de *solidaire*). Au Cameroun, la *solidarité* est une valeur fondamentale des sociétés traditionnelles. - **-esse** : *tendresse* (de *tendre*), *faiblesse* (de *faible*), *jeunesse* (de *jeune*), *noblesse* (de *noble*). - **-eur** : *hauteur* (de *haut*), *largeur* (de *large*), *chaleur* (de *chaud*), *pâleur* (de *pâle*). - **-ise** : *franchise* (de *franc*), *bêtise* (de *bête*), *maîtrise* (de *maître*). **Suffixes permettant de former des noms à partir d'autres noms :** - **-ier, -ière** (métier, arbre) : *boulanger* (de *boulange*), *poissonnier* (de *poisson*), *manguier* (de *mangue*), *palmier* (de *palme*). - **-iste** (profession, doctrine) : *journaliste* (de *journal*), *dentiste* (de *dent*), *socialiste* (de *social*), *camerouniste* (spécialiste du Cameroun). - **-isme** (doctrine, système) : *socialisme* (de *social*), *capitalisme* (de *capital*), *tourisme* (de *tour*), *régionalisme* (de *régional*). - **-erie** (lieu, activité) : *boulangerie* (de *boulanger*), *poissonnerie* (de *poisson*), *supercherie* (de *superche*), *tricherie* (de *tricher*). - **-itude** : *solitude* (de *seul*), *exactitude* (de *exact*), *certitude* (de *certain*). > **À RETENIR** : La nominalisation est le procédé qui consiste à former un nom à partir d'un verbe, d'un adjectif ou d'un autre nom. Les suffixes les plus courants sont *-tion*, *-ment*, *-age*, *-ité*, *-eur*, *-isme*, *-iste*. #### b) L'adjectivation (formation d'adjectifs) L'adjectivation est le procédé qui consiste à former un adjectif à partir d'un nom, d'un verbe ou d'un autre adjectif. **Suffixes permettant de former des adjectifs à partir de noms :** - **-eux, -euse** : *joyeux* (de *joie*), *peureux* (de *peur*), *dangereux* (de *danger*), *savoureux* (de *saveur*). - **-al, -ale, -aux** : *national* (de *nation*), *régional* (de *région*), *colonial* (de *colonie*), *tropical* (de *tropique*). Le climat *tropical* est caractéristique d'une grande partie du Cameroun. - **-el, -elle** : *naturel* (de *nature*), *culturel* (de *culture*), *traditionnel* (de *tradition*), *individuel* (de *individu*). - **-ien, -ienne** : *africain* (de *Afrique*), *camerounais* (de *Cameroun*), *parisien* (de *Paris*), *républicain* (de *république*). - **-ique** : *historique* (de *histoire*), *politique* (de *police*), *économique* (de *économie*), *démocratique* (de *démocratie*). - **-able, -ible** (possibilité) : *mangeable* (de *manger*), *buvable* (de *boire*), *lisible* (de *lire*), *crédible* (de *croire*). **Suffixes permettant de former des adjectifs à partir de verbes :** - **-ant, -ante** (participe présent) : *intéressant* (de *intéresser*), *fatigant* (de *fatiguer*), *suffisant* (de *suffire*), *brillant* (de *briller*). - **-if, -ive** : *créatif* (de *créer*), *sportif* (de *sport*), *informatif* (de *informer*), *constructif* (de *construire*). > **À RETENIR** : L'adjectivation est le procédé qui consiste à former un adjectif à partir d'un nom ou d'un verbe. Les suffixes les plus courants sont *-eux*, *-al*, *-el*, *-ien*, *-ique*, *-able*, *-if*. #### c) L'adverbialisation (formation d'adverbes) L'adverbialisation est le procédé qui consiste à former un adverbe à partir d'un adjectif. Le procédé le plus courant consiste à ajouter le suffixe **-ment** au féminin de l'adjectif : - *rapide* → *rapidement* - *heureux* → *heureusement* - *facile* → *facilement* - *courant* → *couramment* (avec un doublement du *m*) - *prudent* → *prudemment* (avec un doublement du *m*) - *vrai* → *vraiment* (avec un *e* muet) Il existe également des adverbes formés à partir d'adjectifs par d'autres procédés, mais le suffixe *-ment* est de loin le plus productif. > **À RETENIR** : L'adverbialisation est le procédé qui consiste à former un adverbe à partir d'un adjectif en ajoutant le suffixe *-ment* au féminin de l'adjectif : *rapide* → *rapidement*, *heureux* → *heureusement*. ### 3.4. La dérivation impropre La dérivation impropre, également appelée **conversion** ou **hypostase**, est un procédé de formation des mots qui consiste à changer la catégorie grammaticale d'un mot sans ajouter d'affixe. Le mot change de fonction et de sens, mais sa forme reste identique. C'est un procédé très productif en français, notamment dans la langue familière et dans les textes journalistiques. Les principaux cas de dérivation impropre sont : - **Le nom employé comme adjectif** : *une robe marron* (le nom *marron* est employé comme adjectif de couleur), *une chemise orange*, *des chaussures noisette*. Au Cameroun, on peut dire *un pagne wax* (le nom *wax* est employé comme adjectif). - **L'adjectif employé comme nom** : *le beau*, *le vrai*, *le juste*, *un jeune*, *une riche*. On dit par exemple *les jeunes* pour désigner les personnes jeunes, *les riches* pour désigner les personnes riches. - **Le participe employé comme nom** : *un étudiant* (participe présent de *étudier*), *un blessé* (participe passé de *blesser*), *une sortie* (participe passé féminin de *sortir*). - **L'infinitif employé comme nom** : *le déjeuner* (de *déjeuner*), *le dîner* (de *dîner*), *le rire* (de *rire*), *le savoir* (de *savoir*). On dit par exemple *le savoir-faire*. - **L'adverbe employé comme nom** : *le bien*, *le mal*, *le mieux*. - **La préposition ou la conjonction employée comme nom** : *les pour et les contre*, *le pourquoi du comment*. > **À RETENIR** : La dérivation impropre (ou conversion) consiste à changer la catégorie grammaticale d'un mot sans ajouter d'affixe : *un jeune* (adjectif devenu nom), *le rire* (verbe devenu nom), *une robe marron* (nom devenu adjectif). ## IV. La composition ### 4.1. Définition et types de composition La composition est un procédé de formation des mots qui consiste à réunir deux ou plusieurs mots (ou radicaux) existants pour créer un mot nouveau, appelé **mot composé**. Contrairement à la dérivation, qui utilise des affixes, la composition utilise des mots autonomes. > **À RETENIR** : La composition est le procédé de formation des mots qui consiste à réunir deux ou plusieurs mots existants pour créer un mot nouveau, le mot composé. On distingue plusieurs types de mots composés selon leur forme : ### 4.2. Les mots composés par trait d'union De nombreux mots composés sont reliés par un trait d'union. C'est le cas notamment : - **Des noms composés** : *timbre-poste*, *chef-d'œuvre*, *arc-en-ciel*, *pomme de terre* (sans trait d'union, mais composé), *porte-monnaie*, *garde-robe*, *chou-fleur*, *sage-femme*, *va-et-vient*, *rendez-vous*. - **Des adjectifs composés** : *sourd-muet*, *aigre-doux*, *franco-camerounais* (qui concerne à la fois la France et le Cameroun), *anglo-saxon*, *social-démocrate*. - **Des verbes composés** : *savoir-faire* (nom composé), *laisser-passer* (nom composé), *faire-part* (nom composé). - **Des mots composés avec des préfixes ou des particules** : *avant-garde*, *après-midi*, *contre-attaque*, *sous-sol*, *sur-place*, *vice-président*. Les règles d'accord des mots composés sont complexes et font l'objet de nombreuses exceptions. Par exemple, dans *des choux-fleurs*, les deux éléments s'accordent ; dans *des timbres-poste*, seul le premier élément s'accorde ; dans *des porte-monnaie*, aucun élément ne s'accorde (car *porte* est un verbe et *monnaie* est un complément). > **À RETENIR** : Les mots composés par trait d'union sont très nombreux en français : *timbre-poste*, *chef-d'œuvre*, *arc-en-ciel*, *porte-monnaie*, *chou-fleur*, *sourd-muet*. Leur accord obéit à des règles complexes. ### 4.3. Les mots composés morphologiquement simples Certains mots, bien que composés étymologiquement, sont perçus comme des mots simples par les locuteurs. C'est le cas notamment des mots composés à partir de racines grecques ou latines, qui ont été intégrés au français comme des mots uniques, sans trait d'union. Le programme donne deux exemples : - **Aquatique** : ce mot est composé de la racine latine *aqua* (eau) et du suffixe *-atique* (du latin *-aticus*). Il signifie « qui vit dans l'eau, qui concerne l'eau ». On parle de *plantes aquatiques*, de *sports aquatiques*. Au Cameroun, les *plantes aquatiques* comme le nénuphar sont présentes dans les fleuves et les lacs, notamment dans le lac Tchad et le fleuve Sanaga. Le mot *aquatique* est un dérivé savant de *aqua*, mais il peut aussi être considéré comme un mot composé dans la mesure où il combine une racine et un suffixe d'origine latine. - **Démocratie** : ce mot est composé de deux racines grecques : *dêmos* (peuple) et *kratos* (pouvoir, force). Il signifie littéralement « le pouvoir du peuple ». La *démocratie* est un régime politique dans lequel le peuple exerce le pouvoir, directement ou par l'intermédiaire de représentants élus. Le Cameroun est une république qui se veut démocratique, avec des élections régulières et des institutions représentatives. Le mot *démocratie* a donné naissance à de nombreux dérivés : *démocrate*, *démocratique*, *démocratiser*, *démocratisation*. D'autres exemples de mots composés morphologiquement simples : - **Philosophie** : de *philein* (aimer) et *sophia* (sagesse), littéralement « amour de la sagesse ». - **Anthropologie** : de *anthropos* (homme) et *logos* (discours, étude), littéralement « étude de l'homme ». - **Géographie** : de *gê* (terre) et *graphein* (écrire), littéralement « description de la terre ». - **Biologie** : de *bios* (vie) et *logos* (étude), littéralement « étude de la vie ». - **Thermomètre** : de *thermos* (chaud) et *metron* (mesure), littéralement « mesure de la chaleur ». - **Téléphone** : de *têle* (loin) et *phônê* (voix, son), littéralement « voix qui vient de loin ». > **À RETENIR** : Certains mots, bien que composés étymologiquement (à partir de racines grecques ou latines), sont perçus comme des mots simples : *aquatique* (de *aqua*, eau), *démocratie* (de *dêmos*, peuple, et *kratos*, pouvoir), *philosophie* (de *philein*, aimer, et *sophia*, sagesse). ### 4.4. La composition savante La composition savante est un procédé de formation des mots qui consiste à combiner des racines grecques ou latines pour créer des mots nouveaux, généralement dans les domaines scientifiques et techniques. Ce procédé est extrêmement productif, notamment pour nommer les découvertes et les inventions. Exemples de composition savante : - **Télévision** : de *têle* (loin) et *visio* (vue), littéralement « voir de loin ». - **Stéthoscope** : de *stêthos* (poitrine) et *skopein* (examiner), littéralement « examiner la poitrine ». - **Gastronomie** : de *gastêr* (ventre, estomac) et *nomos* (loi), littéralement « art de régler l'estomac », c'est-à-dire l'art de la bonne chère. - **Démographie** : de *dêmos* (peuple) et *graphein* (écrire), littéralement « description du peuple ». - **Xénophobie** : de *xenos* (étranger) et *phobos* (peur), littéralement « peur de l'étranger ». - **Francophonie** : de *franc* (français) et *phônê* (voix, langue), littéralement « ensemble des peuples qui parlent français ». Le Cameroun est un membre important de la *francophonie*. ## V. L'abréviation ### 5.1. Définition et types d'abréviations L'abréviation est un procédé de formation des mots qui consiste à raccourcir un mot ou une expression. C'est un procédé très courant dans la langue parlée, dans les écrits administratifs et dans les domaines techniques. On distingue plusieurs types d'abréviations : > **À RETENIR** : L'abréviation est le procédé de formation des mots qui consiste à raccourcir un mot ou une expression. Les deux principaux types d'abréviations sont l'apocope (suppression de la fin du mot) et l'aphérèse (suppression du début du mot). ### 5.2. L'apocope L'apocope est le procédé d'abréviation qui consiste à supprimer la fin d'un mot. C'est le type d'abréviation le plus courant en français. Les apocopes sont particulièrement fréquentes dans la langue familière et dans les domaines techniques. Exemples d'apocopes : - *cinéma* (de *cinématographe*) - *métro* (de *métropolitain*) - *vélo* (de *vélocipède*) - *photo* (de *photographie*) - *télé* (de *télévision*) - *auto* (de *automobile*) - *fac* (de *faculté*) - *maths* (de *mathématiques*) - *problème* → *problème* (pas d'apocope, mais *problème* est parfois abrégé en *blème* en argot) - *resto* (de *restaurant*) - *dirlo* (de *directeur*) - *prof* (de *professeur*) - *exam* (de *examen*) - *appart* (de *appartement*) - *cafet* (de *cafétéria*) Au Cameroun, on utilise couramment des apocopes comme *fac* (pour *faculté*), *lycée* (pour *lycée classique* ou *lycée moderne*), *bam* (pour *Bamenda*), *dla* (pour *Douala*), *yde* (pour *Yaoundé*). > **À RETENIR** : L'apocope est l'abréviation par suppression de la fin du mot : *cinéma* (de *cinématographe*), *vélo* (de *vélocipède*), *photo* (de *photographie*), *télé* (de *télévision*). ### 5.3. L'aphérèse L'aphérèse est le procédé d'abréviation qui consiste à supprimer le début d'un mot. C'est un procédé moins courant que l'apocope, mais on le rencontre dans certains mots courants. Exemples d'aphérèses : - *bus* (de *autobus*) - *car* (de *autocar*) - *phone* (de *téléphone*) - *piscine* → *piscine* (pas d'aphérèse, mais *piscine* est parfois abrégé en *piscine*) - *ricain* (de *américain*) - *zic* (de *musique*) - *blème* (de *problème*) - *poudrier* → *poudrier* (pas d'aphérèse) - *pitaine* (de *capitaine*) - *tro* (de *métro*) L'aphérèse est souvent utilisée dans la langue familière et dans l'argot. Par exemple, *ricain* pour *américain*, *blème* pour *problème*, *zic* pour *musique*. > **À RETENIR** : L'aphérèse est l'abréviation par suppression du début du mot : *bus* (de *autobus*), *car* (de *autocar*), *phone* (de *téléphone*), *ricain* (de *américain*). ## VI. La siglaison ### 6.1. Définition La siglaison est un procédé de formation des mots qui consiste à créer un mot à partir des initiales (ou des premières lettres) d'une expression. Le mot ainsi créé est appelé un **sigle**. Lorsque le sigle se prononce comme un mot ordinaire (et non lettre par lettre), on parle d'**acronyme**. > **À RETENIR** : La siglaison est le procédé de formation des mots qui consiste à créer un mot à partir des initiales d'une expression. Le résultat est un sigle. Lorsque le sigle se prononce comme un mot ordinaire, on parle d'acronyme. ### 6.2. Les sigles Un sigle se prononce lettre par lettre. C'est le cas notamment : - **Des institutions et des organisations** : ONU (Organisation des Nations Unies), UNESCO (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization — mais ce sigle se prononce comme un acronyme), OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord — acronyme), UE (Union Européenne), FMI (Fonds Monétaire International), OMS (Organisation Mondiale de la Santé). - **Des institutions camerounaises** : ONU (Organisation des Nations Unies), UA (Union Africaine), CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale — acronyme), MINEDUC (Ministère de l'Éducation Nationale — acronyme), MINESEC (Ministère des Enseignements Secondaires — acronyme), ENIEG (École Normale d'Instituteurs de l'Enseignement Général), ENS (École Normale Supérieure). - **Des entreprises et des administrations** : SNCF (Société Nationale des Chemins de Fer Français), EDF (Électricité de France), RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens), SONEL (Société Nationale d'Électricité — devenue Eneo au Cameroun), CAMTEL (Cameroun Télécommunications), SNH (Société Nationale des Hydrocarbures). - **Des termes techniques et scientifiques** : ADN (Acide Désoxyribonucléique), SIDA (Syndrome d'ImmunoDéficience Acquise — acronyme), VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine), TGV (Train à Grande Vitesse), HLM (Habitation à Loyer Modéré). ### 6.3. Les acronymes Un acronyme est un sigle qui se prononce comme un mot ordinaire. C'est le cas notamment : - **UNESCO** (se prononce *unéssko*) - **OTAN** (se prononce *otan*) - **SIDA** (se prononce *sida*) - **OVNI** (Objet Volant Non Identifié — se prononce *ovni*) - **TGV** (se prononce *té-jé-vé*, donc ce n'est pas un acronyme mais un sigle) - **CEMAC** (se prononce *sémak*) - **MINEDUC** (se prononce *minédük*) - **MINESEC** (se prononce *minésék*) - **ENAM** (École Nationale d'Administration et de Magistrature — se prononce *énam*) - **IRIC** (Institut des Relations Internationales du Cameroun — se prononce *irik*) - **CAP** (Certificat d'Aptitude Professionnelle — se prononce *kap*) - **BEPC** (Brevet d'Études du Premier Cycle — se prononce *bépéssé*, donc sigle et non acronyme) - **BAC** (Baccalauréat — se prononce *bak*) Les acronymes, une fois intégrés dans la langue, peuvent recevoir des dérivés : *sidéen* (personne atteinte du SIDA), *onusien* (relatif à l'ONU), *céfiste* (élève du CEF, Centre d'Enseignement de la Femme). > **À RETENIR** : Un sigle se prononce lettre par lettre (ONU, UE, ADN) ; un acronyme se prononce comme un mot ordinaire (UNESCO, OTAN, SIDA, OVNI, CEMAC). Les sigles et acronymes sont très nombreux dans les domaines administratifs, politiques et techniques. ### 6.4. Les autres types d'abréviations Outre l'apocope, l'aphérèse et la siglaison, il existe d'autres types d'abréviations : - **Les abréviations conventionnelles** : *M.* (Monsieur), *Mme* (Madame), *Mlle* (Mademoiselle), *Dr* (Docteur), *Pr* (Professeur), *av.* (avenue), *bd* (boulevard), *p.* (page), *t.* (tome), *etc.* (et cetera), *ex.* (exemple), *cf.* (confer, se reporter à). - **Les mots-values** (ou mots-valises) : ce sont des mots créés par la fusion de deux mots, avec suppression d'une partie de l'un ou des deux. Par exemple : *informatique* (de *information* et *automatique*), *francophonie* (de *français* et *phonie*), *courriel* (de *courrier* et *électronique*), *motel* (de *motor* et *hotel*), *smog* (de *smoke* et *fog*), *climatosceptique* (de *climat* et *sceptique*). ## Conclusion Au terme de ce chapitre, nous avons exploré les différentes voies par lesquelles le français s'est constitué et continue de s'enrichir. Nous avons vu que le français est d'abord une langue romane, issue du latin parlé en Gaule, qui s'est progressivement différenciée en langue d'oc et langue d'oïl. Le latin a fourni le socle fondamental du vocabulaire, tandis que le grec a apporté des racines savantes, particulièrement productives dans les domaines scientifiques et techniques. Nous avons ensuite examiné les emprunts, qui témoignent des contacts entre les peuples : emprunts à l'anglais (sport, technologies), à l'italien (musique, cuisine, architecture), à l'espagnol (guerre, produits exotiques), à l'allemand (musique, croyances), à l'arabe (sciences, commerce) et aux langues africaines (habillement, musique, nourriture). Ces emprunts montrent que le français est une langue ouverte, qui s'enrichit au contact des autres cultures, et que le Cameroun, pays multilingue et multiculturel, contribue à cette dynamique. Nous avons ensuite étudié les procédés internes de création lexicale : la dérivation (préfixation, suffixation, dérivation impropre), qui permet de créer des mots nouveaux à partir de mots existants ; la composition, qui réunit deux ou plusieurs mots pour former un mot composé ; l'abréviation (apocope, aphérèse) et la siglaison, qui raccourcissent les mots et les expressions pour faciliter la communication. Ce chapitre ouvre la voie au chapitre suivant, qui portera sur l'évolution du sens des mots. En effet, les mots ne sont pas des entités figées : ils changent de sens au fil du temps, par glissement, par métaphore, par métonymie, par spécialisation ou par généralisation. Comprendre comment les mots se forment et comment ils évoluent, c'est se donner les moyens d'enrichir son vocabulaire, de mieux comprendre les textes et de s'exprimer avec plus de précision et de nuance. C'est également prendre conscience que la langue est un patrimoine vivant, dont chaque locuteur est à la fois l'héritier et l'acteur.

Quiz du chapitre

12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle langue est à l'origine du français d'oïl ?
  2. 2. Quel mot français vient directement du grec 'philein' (aimer) ?
  3. 3. Dans la phrase 'Le peuple a parlé, vox populi', quel mot latin est utilisé ?
  4. 4. Quel mot est un emprunt à l'italien ?
  5. 5. Quel mot est un emprunt à l'arabe ?
  6. 6. Quel mot est un emprunt à une langue africaine ?
  7. 7. Dans le mot 'injuste', quel est le préfixe ?
  8. 8. Quel mot est formé par dérivation impropre ?
  9. 9. Quel mot est un mot composé morphologiquement simple (sans trait d'union) ?
  10. 10. Quel mot est formé par apocope ?
  11. 11. Quel sigle est formé par siglaison ?
  12. 12. Dans la phrase 'Il a une attitude très sympa', quel procédé de formation est utilisé pour 'sympa' ?