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Chapitre 30

Le Cameroun indépendant

Lecture : 29 minQuiz de 16 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À l’issue de ce cours, l’élève sera capable de : 1. Situer chronologiquement les deux grandes périodes de l’histoire du Cameroun indépendant (1960‑1982 et 1982‑aujourd’hui) et identifier les ruptures et continuités qui les caractérisent. 2. Décrire le parcours, l’idéologie et les réalisations majeures d’Ahmadou Ahidjo et de Paul Biya, en les mettant en relation avec les enjeux politiques, économiques et sociaux de leurs époques. 3. Analyser les causes et les conséquences des principales réformes (État parti unique, libéralisation économique, retour au multipartisme, décentralisation) ainsi que les politiques extérieures (non‑alignement, coopération franco‑camerounaise, intégration sous‑régionale). 4. Mobiliser un vocabulaire précis (État parti unique, plan quinquennal, structural adjustment, décentralisation, etc.) pour expliquer des documents historiques ou des cas concrets. 5. Élaborer une réponse structurée à une dissertation, un commentaire de document ou une question de cours, en respectant la méthodologie exigée au baccalauréat. **Prérequis** : L’élève doit déjà maîtriser : - Les notions de colonisation, de mandat et de trusteeship concernant le Cameroun allemand puis franco‑britannique. - Les étapes de l’accession à l’indépendance (référendum de 1960, unification du Cameroun français et du Southern Cameroons en 1961). - Les concepts de parti unique, de néopatrimonialisme, de politique de développement et de non‑alignement tels qu’ils apparaissent dans les programmes de seconde et de première. - La capacité à lire un tableau chronologique et à extraire des informations d’un texte historique. --- ## Introduction contextualisée Le Cameroun, devenu indépendant le 1er janvier 1960 pour la partie française et le 1er octobre 1961 pour la partie britannique (Southern Cameroons), hérite d’un territoire marqué par une double administration coloniale, des frontières artificielles et une économie largement orientée vers l’exportation de matières premières (café, cacao, coton, bois). Le défi des premiers dirigeants consiste à construire un État-nation unifié tout en répondant aux attentes de développement économique et de modernisation sociale. Deux figures dominent cette trajectoire : Ahmadou Ahidjo, premier président de la République fédérale puis de la République unie, qui dirige le pays de 1960 à 1982 ; et Paul Biya, son successeur, qui occupe la présidence depuis le 6 novembre 1982. Leurs parcours, bien que liés par une continuité institutionnelle, reflètent des évolutions idéologiques et des réponses différentes aux crises internes (révoltes urbaines, revendications anglophones) et externes (chocs pétroliers, ajustements structurels, mondialisation). Ce cours propose d’examiner successivement : - **Leçon 18** : le Cameroun de 1960 à 1982, avec un focus sur Ahmadou Ahidjo (Dossier 7). - **Leçon 19** : le Cameroun de 1982 à nos jours, avec un focus sur Paul Biya (Dossier 8). Chaque partie sera articulée autour du contexte, des acteurs clés, des faits datés, des causes et conséquences, ainsi que d’exemples concrets camerounais et africains. Un tableau récapitulatif, une étude de document, des sujets type examen et une liste d’erreurs fréquentes viendront consolider les acquis. > **>** 1er janvier 1960 : proclamation de l’indépendance du Cameroun français. > **>** 1er octobre 1961 : réunification du Southern Cameroons avec la République du Cameroun. > **>** 6 novembre 1982 : passation de pouvoir entre Ahmadou Ahidjo et Paul Biya. --- ## I. Le Cameroun de 1960 à 1982 (Leçon 18) ### A. Contexte de l’indépendance Après la Seconde Guerre mondiale, le Cameroun français est placé sous tutelle des Nations Unies (trusteeship) tandis que la partie britannique devient également un territoire sous tutelle des Nations Unies, administré par le Royaume-Uni. Les mouvements nationalistes, tels que l’Union des Populations du Cameroun (UPC) fondée en 1948, réclament l’indépendance immédiate et la réunification. La répression de l’UPC (interdite en 1955, puis lutte armée) pousse les autorités françaises à favoriser une transition dirigée par des leaders modérés. Le référendum du 23 avril 1959 aboutit à l’indépendance du Cameroun français sous la présidence d’Ahmadou Ahidjo, alors vice‑premier ministre. Le 1er octobre 1961, après un plébiscite dans le Southern Cameroons, la réunification est réalisée, donnant naissance à la République fédérale du Cameroun (deux États fédérés : Cameroun oriental et Cameroun occidental). ### B. Les premières années de la République (1960‑1965) 1. **Instaurations institutionnelles** : adoption d’une constitution fédérale le 1er septembre 1961 ; création de l’Assemblée fédérale et du gouvernement fédéral. 2. **Consolidation du pouvoir** : Ahidjo neutralise les opposants (UPC, certains leaders du Kamerun National Congress) par des arrestations, des exilés et la création du Parti Camerounais de l’Unité Nationale (PCUN) en 1966, qui devient le parti légal unique dès cette année. 3. **Politique économique** : lancement du premier Plan quinquennal (1961‑1965) visant l’industrialisation légère (usines de transformation du cacao, du coton, du bois) et l’amélioration des infrastructures routières (Route Nationale 1 Yaoundé‑Douala). 4. **Politique sociale** : création de l’Institut de Recherche Agronomique pour le Développement (IRAD) en 1974, expansion de l’enseignement primaire (taux de scolarisation passant de 30 % en 1960 à 45 % en 1965). > **>** 1961 : adoption de la constitution fédérale. > **>** 1966 : création du PCUN, parti unique légal. ### C. Ahmadou Ahidjo : l’homme et l’œuvre (Dossier 7) #### 1. Biographie - Né le 24 août 1924 à Garoua (région du Nord). - Issu d’une famille peule modeste ; il fait ses études à l’école primaire de Garoua puis à l’école normale de Yaoundé. - Entré dans la fonction publique coloniale comme télégraphiste, il rejoint l’Union Camerounaise (UC) en 1946, puis le Rassemblement Démocratique du Cameroun (RDC) en 1952. - Devient vice‑premier ministre en 1957, puis premier ministre du Cameroun français en 1958. - Président de la République fédérale du Cameroun (1961‑1972) puis de la République unie du Cameroun (1972‑1982). - Se retire volontairement le 6 novembre 1982, laissant le pouvoir à son successeur constitutionnel, Paul Biya. - Décédé le 30 novembre 1989 à Dakar, Sénégal, où il s’était exilé. #### 2. Idéologie et projet de nation Ahidjo se réclame d’un **nationalisme modéré** et d’un **étatisme développementaliste**. Son discours insiste sur : - L’unité nationale dépassant les clivages ethniques et régionaux (slogan « Unité, Travail, Progrès »). - La nécessité d’un État fort capable de diriger l’économie (interventionnisme, planification). - Le non‑alignement dans la guerre froide, tout en maintenant des liens étroits avec la France (coopération militaire, aide financière). - La promotion d’une « camerounaïté » fondée sur le respect des traditions tout en embrassant la modernité. #### 3. Politique intérieure | Domaine | Mesures principales | Résultats / limites | |---|---|---| | **État parti unique** | Création du PCUN (1966) ; parti légal unique dès 1966 ; référendum de 1972 instaurant la République unie ; suppression du fédéralisme. | Stabilisation du pouvoir mais atteinte au pluralisme ; mécontentement notamment dans les régions anglophones. | | **Économie** | Plans quinquennaux (1961‑1965, 1966‑1970, 1971‑1975) ; création de la Société Nationale d’Investissement (SNI) en 1968 ; politique de substitution aux importations (industries textiles, agro‑alimentaires). | Croissance du PIB réel moyenne de 5 %/an (1960‑1975) ; dépendance persistante aux exportations de matières premières ; dette extérieure croissante. | | **Éducation** | Loi d’orientation de 1963 rendant l’enseignement primaire gratuit et obligatoire ; création de l’Université de Yaoundé (1962) puis de l’Université de Ngaoundéré (1993). | Taux d’alphabétisation passe de 25 % (1960) à 45 % (1980) ; disparités régionales persistantes (Nord moins scolarisé). | | **Santé** | Programme de lutte contre la lèpre et la trypanosomiase ; construction de centres de santé rurale ; création de l’Institut Pasteur de Yaoundé (1961). | Amélioration de l’espérance de vie (de 38 ans en 1960 à 48 ans en 1980) ; accès limité dans les zones éloignées. | | **Infrastructures** | Bitumage de la RN1 (Yaoundé‑Douala) achevé en 1974 ; barrage de Lagdo (1982) pour l’hydroélectricité ; développement du port de Douala. | Facilitation du commerce intérieur et extérieur ; toutefois, entretien insuffisant mène à une dégradation rapide. | #### 4. Politique extérieure - **Non‑alignement** : participation active aux sommets de Belgrade (1961) et de Lusaka (1970) ; soutien aux mouvements de libération en Afrique australe (ANC, PAIGC). - **Coopération franco‑camerounaise** : accords de défense (1961) permettant la présence de bases françaises ; aide financière via le Fonds d’Aide et de Coopération (FAC). - **Intégration sous‑régionale** : membre fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA, 1963) ; participation à la création de la CEDEAO (1975) bien que le Cameroun n’en soit pas membre à part entière initialement (il rejoint l’Union Douanière et Économique de l’Afrique Centrale – UDEAC – en 1966). - **Relations avec le Nigeria** : négociation du traité de frontière de 1971 (accord de Yaoundé) visant à résoudre les différends frontaliers dans la région du Lac Tchad. #### 5. Bilan et limites - **Réalisations** : stabilité politique relative (pas de coups d’État réussis), croissance économique soutenue jusqu’au milieu des années 1970, amélioration des indicateurs sociaux de base. - **Crises** : rébellion de l’UPC (poursuivie jusqu’en 1970) ; mécontentement anglophone (manifestations de 1961‑1962, puis mouvements de revendication culturelle dans les années 1970) ; dépendance aux cours des matières premières rendant l’économie vulnérable aux chocs externes (crise pétrolière de 1973). - **Transition** : face à la montée des pressions internes (syndicats étudiants, mouvements de jeunesse) et à son état de santé déclinant, Ahidjo choisit de démissionner en faveur de son Premier ministre, Paul Biya, le 6 novembre 1982. > **>** 1972 : référendum instaurant la République unie (suppression du fédéralisme). > **>** 1974 : achèvement du bitumage de la RN1 Yaoundé‑Douala. > **>** 1982 : mise en service du barrage de Lagdo (hydroélectricité). ### Tableau récapitulatif I | Période | Événement clé | Date | Acteur principal | Conséquence immédiate | |---|---|---|---|---| | Indépendance | Proclamation de l’indépendance du Cameroun français | 1er janv. 1960 | Ahmadou Ahidjo (Président de la République du Cameroun) | Naissance de l’État camerounais | | Réunification | Plébiscite du Southern Cameroons | 1er oct. 1961 | Ahmadou Ahidjo | Création de la République fédérale | | Parti unique | Création du PCUN | 1966 | Ahmadou Ahidjo | Parti légal unique | | République unie | Référendum abolissant le fédéralisme | 1972 | Ahmadou Ahidjo | Centralisation du pouvoir | | Départ | Démission d’Ahidjo | 6 nov. 1982 | Ahmadou Ahidjo | Transmission du pouvoir à Paul Biya | --- ## II. Le Cameroun de 1982 à nos jours (Leçon 19) ### A. Transition du pouvoir (1982) Le 6 novembre 1982, Ahmadou Ahidjo annonce sa démission pour raisons de santé, conformément à la pratique constitutionnelle (article 5) qui prévoit que le Premier ministre assure l’intérim puis succède au Président. Paul Biya, alors Premier ministre depuis le 30 juin 1975, prête serment devant l’Assemblée nationale. Cette passation se fait sans violence, mais elle s’inscrit dans un contexte de tensions latentes : - **Économique** : début de la crise de la dette extérieure (service de la dette représentant plus de 30 % des recettes d’exportation en 1982). - **Sociale** : grèves étudiantes à Yaoundé et Douala (1980‑1981) dénonçant le chômage et la mauvaise gouvernance. - **Politique** : méfiance des milieux militaires et des partisans d’Ahidjo, qui perçoivent Biya comme un technocrate dépourvu de base populaire. ### B. Les premières années de Biya (1982‑1990) 1. **Consolidation du pouvoir** : Biya conserve le PCUN comme parti unique, mais il commence à placer des fidèles (notamment issus du milieu universitaire et de l’administration) à des postes clés. 2. **Réajustement économique** : face à la chute des prix du cacao et du café, le gouvernement accepte un **programme d’ajustement structurel** (PAS) avec le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale en 1988. Ce programme comprend : - Des mesures d’austérité budgétaire, de libéralisation du commerce et de préparation à la dévaluation ; la dévaluation effective de 50 % du franc CFA intervient en janvier 1994. - Réduction des subventions à l’État (suppression de la gratuité de certains soins, augmentation des frais de scolarité universitaire). - Privatisation d’entreprises publiques (ex. : CAMAIR privatisée en 1990 ; SONARA reste publique). 3. **Ouverture politique limitée** : en réaction à la pression intérieure et aux exigences des bailleurs de fonds, Biya autorise la création d’une **Commission Nationale de Réforme Politique** (CNRP) en 1990, qui recommande le retour au multipartisme. ### C. Paul Biya : l’homme et l’œuvre (Dossier 8) #### 1. Biographie - Né le 13 février 1933 à Mvomeka’a, dans la région du Sud (alors Cameroun occidental). - Fils d’un fonctionnaire du service des forêts ; il fait ses études au petit séminaire de Mvolyé, puis au lycée Leclerc de Yaoundé. - Diplômé en droit public à l’Université de Paris (Sorbonne) en 1960. - Entré dans la fonction publique camerounaise comme chargé de mission à la Présidence (1962). - Ministre de l’Éducation nationale (1968‑1970), puis Ministre des Affaires étrangères (1970‑1975). - Premier ministre du 30 juin 1975 au 6 novembre 1982. - Président de la République depuis le 6 novembre 1982 (réélu en 1988, 1992, 1997, 2004, 2011, 2018, 2025). - Toujours en fonction à la date de rédaction du cours (2025). #### 2. Idéologie et projet de continuité/renouveau Biya se présente comme le **garant de la stabilité** héritée d’Ahidjo, tout en promouvant un **renouveau démocratique** conditionné par les exigences internationales. Ses axes idéologiques sont : - **Continuité institutionnelle** : maintien de la constitution de 1972 (Républicaine unie) et renforcement du pouvoir exécutif. - **Développement économique libéralisé** : encouragement de l’investissement étranger privé, réformes du climat des affaires (création du Centre de Promotion des Investissements – CPI en 1990). - **Démocratie encadrée** : autorisation du multipartisme (loi n° 90‑055 du 19 décembre 1990) mais avec un système électoral majoritaire à un tour qui favorise le parti au pouvoir (RDPC, créé en 1985). - **Décentralisation** : adoption de la loi d’orientation de la décentralisation (2004) visant à créer des régions et des communes dotées de compétences élargies, bien que la mise en œuvre reste lente. - **Politique extérieure de solidarité sud‑sud** : renforcement des liens avec la Chine, l’Inde et le Brésil, tout en préservant la coopération traditionnelle avec la France et les États‑Unis. #### 3. Politique intérieure | Domaine | Mesures principales | Résultats / limites | |---|---|---| | **Parti politique** | Création du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) en 1985 ; absorption du PCUN. | Parti dominant (plus de 80 % des sièges à l’Assemblée nationale depuis 1992). | | **Multipartisme** | Loi du 19 décembre 1990 autorisant la formation de partis politiques ; premières élections multipartites en 1992. | Apparition de l’opposition (SDF, UDC, UPC) mais fraudes alléguées et maintien du RDPC au pouvoir. | | **Économie** | PAS (1988‑1994) ; création de la Zone Franche Industrielle de Douala (1992) ; relance du secteur pétrolier (exploitation du champ de Kribi, 2000‑). | Croissance du PIB réel moyenne de 4 %/an (1994‑2008) ; réduction de la pauvreté relative (de 53 % en 1996 à 39 % en 2014 selon l’ENEC) ; persistance du chômage des jeunes (>20 %). | | **Éducation** | Réforme de l’enseignement supérieur (Loi d’orientation n° 2001‑005 du 16 avril 2001) créant l’Université de Buea (1992), l’Université de Bamenda (2011), l’Université de Maroua (2008) ; introduction du système LMD (Licence‑Master‑Doctorat) en 2007. | Augmentation du nombre d’étudiants (de 30 000 en 1990 à plus de 200 000 en 2020) ; difficultés d’insertion professionnelle des diplômés. | | **Santé** | Programme de lutte contre le VIH/SIDA (PNLS) lancé en 1992 ; construction de centres de santé intégrés ; mise en place de l’assurance maladie universelle (projet en cours depuis 2018). | Prévalence du VIH passée de 5,2 % (1995) à 4,3 % (2020) ; accès aux soins encore limité en zones rurales. | | **Infrastructures** | Projet de développement des corridors de transport (Corridor Douala‑Yaoundé‑N’Djamena achevé 2010) ; barrage de Memve’ele (2018) ; extension du port autonome de Douala (nouveau terminal à quai, 2021). | Amélioration de la connectivité intérieure et extérieure ; toutefois, dépassements de coûts et retards fréquents. | | **Décentralisation** | Loi d’orientation n° 2004‑017 du 22 juillet 2004 créant 10 régions ; élections régionales partielles en 2020. | Transfert limité de compétences (santé, éducation de base) ; dépendance financière persiste envers l’État central. | | **Sécurité** | Répression des mouvements sécessionnistes dans les régions du Nord‑Ouest et du Sud‑Ouest (crise anglophone) à partir de 2016 ; opérations militaires (Opération « Alma ») ; dialogues nationaux (2019). | Escalade du conflit (plus de 3 000 morts estimés, 700 000 déplacés internes) ; critiques internationales sur les droits de l’homme. | #### 4. Politique extérieure - **Non‑alignement renouvelé** : participation aux sommets de l’Union Africaine (UA) ; soutien aux initiatives de paix en République Centrafricaine et au Soudan du Sud. - **Coopération avec la France** : maintien des accords de défense (renouvelés en 2008) ; présence de bases françaises à Yaoundé et à Garoua ; aide au développement via l’AFD. - **Partenariats émergents** : accords de coopération technique avec la Chine (construction d’infrastructures, prêts concessionnels) ; participation au Forum sur la Coopération Chine‑Afrique (FOCAC). - **Intégration régionale** : membre actif de la CEMAC (Union Douanière et Économique de l’Afrique Centrale) ; soutien à la mise en œuvre du marché commun CEMAC‑ECCAS ; rôle de médiateur dans les conflits frontaliers (ex. : arrêt de la CIJ de 2002 attribuant la péninsule de Bakassi au Cameroun, suivi de l’accord de Greentree (2006) pour le retrait des troupes nigérianes). - **Diaspora** : création du Haut Conseil des Camerounais de l’Étranger (HCCE) en 2006 pour encourager les investissements et les transferts de fonds. #### 5. Défis actuels (2020‑2025) - **Crise anglophone** : poursuite des hostilités malgré le Grand Dialogue National (2019) ; besoin d’une solution politique inclusive. - **Gouvernance et corruption** : classement du Cameroun à 144/180 dans l’indice de perception de la corruption (Transparency International, 2023). - **Dépendance aux matières premières** : vulnérabilité aux fluctuations des prix du pétrole, du cacao et du bois. - **Jeunesse et emploi** : plus de 60 % de la population âgée de moins de 25 ans ; taux de chômage des jeunes autour de 22 % (ENET 2023). - **Changements climatiques** : augmentation des phénomènes d’inondations dans le bassin du Logone et de la sécheresse dans le Nord, nécessitant des politiques d’adaptation. > **>** 19 décembre 1990 : loi autorisant le multipartisme au Cameroun. > **>** 22 juillet 2004 : promulgation de la loi d’orientation de la décentralisation (10 régions). > **>** 2016 : déclenchement de la crise anglophone dans les régions du Nord‑Ouest et du Sud‑Ouest. ### Tableau récapitulatif II | Période | Événement clé | Date | Acteur principal | Conséquence immédiate | |---|---|---|---|---| | Transition | Démission d’Ahidjo, prestation de serment de Biya | 6 nov. 1982 | Ahmadou Ahidjo (démission) / Paul Biya (successeur) | Continuité du pouvoir exécutif | | Ajustement structurel | Accord PAS avec FMI/Banque Mondiale | 1988 | Gouvernement Biya | Préparation à la dévaluation, libéralisation | | Multipartisme | Loi autorisant la formation de partis politiques | 19 déc. 1990 | Assemblée nationale | Première élection multipartite (1992) | | Décentralisation | Loi d’orientation créant 10 régions | 22 juil. 2004 | Gouvernement Biya | Début du processus de décentralisation | | Crise anglophone | Début des protestations puis du conflit armé | 2016 | Mouvements de protestation (avocats, enseignants) puis groupes sécessionnistes | Escalade de la violence, déplacements internes | --- ## III. Synthèse du chapitre - **Période 1960‑1982** : construction de l’État sous Ahmadou Ahidjo, parti unique, planification économique, non‑alignement, amélioration des indicateurs sociaux de base, mais répression de l’opposition et dépendance aux matières premières. - **Période 1982‑aujourd’hui** : succession de Paul Biya, maintien d’un pouvoir exécutif fort, adoption du multipartisme sous contrainte internationale, libéralisation économique (PAS), tentatives de décentralisation, montée des défis sécuritaires (crise anglophone) et socio‑économiques (chômage juvénile, gouvernance). - **Continuités** : présidence forte, rôle central du parti au pouvoir (PCUN puis RDPC), reliance persistante sur la coopération franco‑camerounaise, importance de l’exportation de matières premières. - **Ruptures** : fin du fédéralisme (1972), ouverture politique (1990), intégration accrue aux économies mondiales et aux partenariats émergents (Chine, Inde), pression démographique et environnementale accrue. --- ## Glossaire | Terme | Définition | |---|---| | **État parti unique** | Système politique où un seul parti est légalement autorisé à exercer le pouvoir ; au Cameroun, le PCUN (puis le RDPC) a occupé cette position de 1966 à 1990. | | **Plan quinquennal** | Cadre de planification économique couvrant cinq ans, visant à fixer des objectifs de production, d’investissement et de développement sectoriel. | | **Non‑alignement** | Position diplomatique d’un État qui refuse de s’allier formellement avec aucun des blocs durant la guerre froide, tout en maintenant des relations indépendantes avec les deux camps. | | **Ajustement structurel (PAS)** | Ensemble de mesures économiques (dévaluation, libéralisation des prix, réduction des subventions, privatisation) prescrites par le FMI et la Banque Mondiale pour corriger les déséquilibres macroéconomiques. | | **Multipartisme** | Système politique permettant la coexistence légale de plusieurs partis politiques pouvant participer aux élections. | | **Décentralisation** | Transfert de compétences et de ressources de l’État central vers des collectivités territoriales (régions, départements, communes) afin de rapprocher la prise de décision des citoyens. | | **Franc CFA** | Monnaie commune utilisée par quatorze pays d’Afrique centrale et de l’Ouest, arrimée à l’euro (anciennement au franc français) et garantie par le Trésor français. | | **CEMAC** | Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale, union douanière regroupant le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée‑Équatoriale et le Tchad. | | **Crise anglophone** | Conflit armé et politique né en 2016 dans les régions du Nord‑Ouest et du Sud‑Ouest du Cameroun, opposant le gouvernement central à des groupes sécessionnistes réclamant l’indépendance de l’Ambazonie. | | **LMD** | Système d’études supérieur basé sur les grades Licence (3 ans), Master (2 ans) et Doctorat (3 ans ou plus), adopté au Cameroun en 2007 pour harmoniser l’enseignement supérieur avec le modèle européen. | | **IRAD** | Institut de Recherche Agronomique pour le Développement, organisme public chargé de la recherche agronomique et de la diffusion des innovations agricoles. | | **SNI** | Société Nationale d’Investissement, créée en 1968 pour financer et gérer des projets d’industrialisation et d’infrastructure au Cameroun. | | **FAC** | Fonds d’Aide et de Coopération, mécanisme français d’aide financière aux anciens territoires africains sous tutelle ou mandat. | | **UDEAC** | Union Douanière et Économique de l’Afrique Centrale, prédécesseur de la CEMAC, créée en 1964 pour promouvoir l’intégration économique des États d’Afrique centrale. | | **HCCE** | Haut Conseil des Camerounais de l’Étranger, instance consultative créée en 2006 pour fédérer la diaspora et encourager ses contributions au développement national. | --- ## Étude de document / de cas **Document** : Extrait du discours de Paul Biya prononcé le 6 février 1991 à l’occasion de la célébration du deuxième anniversaire de la loi autorisant le multipartisme. > « Mes chers compatriotes, la voie que nous avons empruntée vers le pluralisme n’est pas une simple concession à la pression extérieure, mais le reflet de notre volonté profonde de consolider l’unité nationale tout en respectant la diversité de nos aspirations. Le multipartisme, tel que nous le concevons, doit servir le développement, et non devenir un facteur de division. Nous veillerons à ce que les élections soient libres, transparentes et crédibles, afin que le peuple camerounais puisse véritablement choisir ses représentants. » **Analyse pas à pas** 1. **Identification du contexte** : Le discours intervient moins de trois mois après la promulgation de la loi du 19 décembre 1990 autorisant le multipartisme. Le pays sort d’une période de parti unique (PCUN/RDPC) et fait face à des pressions internes (grèves étudiantes, revendications de l’opposition naissante) et externes (conditionnalités des bailleurs de fonds liés à la démocratie). 2. **Reformulation de l’idée centrale** : Biya présente le multipartisme comme un choix volontaire et non une contrainte, en le rattachant à l’objectif d’unité nationale. Il cherche à légitimer la réforme auprès d’une population encore méfiante du changement. 3. **Arguments avancés** : - **Légitimité interne** : « volonté profonde » suggère une décision souveraine. - **Objectif de développement** : le multipartisme doit servir le développement, sous-entendu que la stabilité politique est un préalable à la croissance économique. - **Garanties procédurales** : promesse d’élections libres, transparentes et crédibles, répondant aux exigences des observateurs internationaux. 4. **Limites et non-dits** : - Le discours ne précise pas les mécanismes de contrôle (commission électorale indépendante, accès équitable aux médias). - Il omet de mentionner le maintien d’un avantage substantiel du RDPC grâce au système électoral majoritaire à un tour et au découpage des circonscriptions favorable au parti au pouvoir. - Aucune référence aux risques de violence électorale ou aux tensions régionales (notamment anglophones) qui allaient émerger quelques années plus tard. 5. **Évaluation historique** : Malgré les déclarations de 1991, les premières élections multipartites de 1992 ont été entachées d’allégations de fraudes (bourrage d’urnes, intimidation) et le RDPC a conservé une majorité confortable. Le discours illustre donc la stratégie de **« démocratie de façade »** souvent observée dans les régimes autoritaires cherchant à satisfaire les exigences internationales tout en préservant le pouvoir réel. **Conclusion** : Ce document montre comment le pouvoir camerounais a utilisé le discours sur le multipartisme pour concilier légitimité interne et pression externe, tout en maintenant les structures de pouvoir existantes. Il sert d’exemple type pour analyser la différence entre **réforme déclarée** et **réforme effective** dans les régimes en transition. --- ## Méthode et sujets type examen ### Sujet 1 – Dissertation **Intitulé** : « Le Cameroun indépendant a‑t‑il réussi à concilier unité nationale et diversité régionale de 1960 à nos jours ? » **Plan détaillé** **I. Les fondements de l’unité nationale sous Ahidjo (1960‑1982)** - A. La fédéralisme comme compromis initial (1961‑1972) et son abolition en 1972. - B. La politique d’« Unité, Travail, Progrès » : symboles nationaux, éducation obligatoire, service national. - C. Les limites : répression de l’UPC, mécontentement anglophone, centralisation du pouvoir. **II. Les tentatives de gestion de la diversité sous Biya (1982‑présent)** - A. Le multipartisme comme reconnaissance de la pluralité politique (1990). - B. La décentralisation légale (2004) et ses réalisations partielles (compétences transférées, élections régionales 2020). - C. Les politiques d’inclusion : promotion des langues officielles, programmes de développement régional (ex. : Programme d’Urgence de Développement du Nord‑Ouest et du Sud‑Ouest, PUDNOSO). **III. Les défis persistants à l’unité nationale** - A. La crise anglophone : racines historiques, évolution du conflit, réponses gouvernementales et limites. - B. Les inégalités socio‑économiques entre régions (Sud vs Nord, Ouest vs Est) et leur impact sur le sentiment d’appartenance. - C. La gouvernance et la corruption comme facteurs de fragmentation du tissu social. **Conclusion** : Le Cameroun a construit une identité nationale forte grâce à des symboles et des institutions centrales, mais la gestion de la diversité régionale demeure incomplète, marquée par des tensions récurrents et des réformes souvent partielles. L’avenir dépendra d’une véritable mise en œuvre de la décentralisation, d’une réforme électorale équitable et d’un dialogue inclusif avec les communautés marginalisées. --- ### Sujet 2 – Commentaire de document **Document** : Extrait du rapport de la Banque Mondiale intitulé *Cameroun – Economic Update*, publié en juin 2023, page 12 : > « Le taux de croissance du PIB réel a atteint 4,2 % en 2022, porté principalement par la reprise du secteur des services et l’augmentation de la production pétrolière. Toutefois, la pauvreté demeure élevée, avec 39 % de la population vivant en dessous du seuil national de pauvreté, et le chômage des jeunes reste autour de 22 %. Les déficits infrastructuraux, notamment dans le secteur de l’électricité et des routes rurales, continuent de freiner l’investissement privé. » **Plan de commentaire** 1. **Mise en contexte** - Présenter la source (Banque Mondiale, institution financière internationale) et son objectif (suivi économique des pays en développement). - Situer le document dans la période post‑pandémie de Covid‑19 et dans la continuité des programmes d’ajustement structurel des années 1990‑2000. 2. **Analyse du contenu** - **Croissance du PIB** : expliquer les facteurs cités (services, pétrole) et les mettre en relation avec la structure économique camerounaise (secteur tertiaire dominant, dépendance aux hydrocarbures). - **Pauvreté** : définir le seuil national de pauvreté, discuter de la méthodologie de mesure et souligner la persistance de la pauvreté malgré la croissance (effet de répartition inégale). - **Chômage des jeunes** : mettre en lien avec la démographie (plus de 60 % de la population < 25 ans) et l’inadéquation entre formation scolaire et demande du marché du travail. - **Déficits infrastructuraux** : préciser les secteurs concernés (électricité, routes rurales) et leur impact sur la compétitivité et l’attractivité des investissements. 3. **Évaluation critique** - Souligner que le rapport met en avant les **résultats macroéconomiques** sans approfondir les **causes structurelles** (faiblesse de la gouvernance, corruption, dépendance aux commodités). - Noter l’absence de référence aux **dimensions sociales et sécuritaires** (crise anglophone, déplacements internes) qui influencent également la performance économique. - Discuter de la pertinence des recommandations implicites du rapport (amélioration du climat des affaires, investissement dans les infrastructures) au regard des politiques réelles du gouvernement (plan de relance économique 2021‑2025, projets d’infrastructure en cours). 4. **Conclusion** - Le document fournit une photographie utile de la situation économique camerounaise en 2022‑2023, mais il doit être complété par une analyse des facteurs politiques, sociaux et environnementaux pour comprendre pleinement les défis du développement durable. --- ### Sujet 3 – Question de cours **Intitulé** : « Expliquez les principales étapes et les enjeux de la transition du pouvoir d’Ahmadou Ahidjo à Paul Biya en 1982, puis évaluez l’impact de cette transition sur la stabilité politique du Cameroun. » **Plan de réponse** **I. Contexte de la transition (1980‑1982)** - A. État de santé déclinant d’Ahidjo et rumeurs de succession. - B. Position de Paul Biya : Premier ministre depuis 1975, technocrate issu de l’administration, soutien de l’armée et de la France. - C. Pressions internes : grèves étudiantes (1980‑1981), mécontentement syndical, montée de l’opinion publique en faveur d’un renouvellement. **II. Modalités de la transition** - A. Annonce de la démission d’Ahidjo le 6 novembre 1982 (discours à la télévision nationale). - B. Application de l’article 5 de la constitution : succession automatique du Premier ministre. - C. Cérémonie d’investiture de Biya devant l’Assemblée nationale, serment de fidélité à la République. **III. Conséquences immédiates** - A. Continuité du parti au pouvoir (PCUN puis RDPC) : pas de rupture idéologique immédiate. - B. Maintien des politiques économiques (plan quinquennal en cours) et étrangères (non‑alignement, coopération franco‑camerounaise). - C. Perception initiale de stabilité : aucune manifestation de rue majeure, reconnaissance internationale rapide. **IV. Impact à moyen et long terme sur la stabilité politique** - A. **Stabilité apparente** : absence de coup d’État, succession constitutionnelle respectée, renforcement de l’image de stabilité auprès des partenaires étrangers. - B. **Consolidation du pouvoir exécutif** : Biya renforce le contrôle présidentiel (création du RDPC en 1985, centralisation du parti, utilisation du mécanisme électoral majoritaire à un tour). - C. **Sources de tension latente** : - 1. Mécontentement dans les régions anglophones (sentiment de marginalisation malgré la continuité du pouvoir). - 2. Dépendance aux rentes pétrolières et aux fluctuations des cours des matières premières, générant des vulnérabilités économiques pouvant déclencher des troubles sociaux. - 3. Gestion de la succession interne au sein du RDPC (luttes de pouvoir, rumeurs de succession dès les années 2000). - D. **Évaluation globale** : La transition de 1982 a assuré une **stabilité de façade** en préservant l’ordre constitutionnel et en évitant une rupture violente, mais elle a également permis la **pérennisation d’un système autoritaire** qui a progressivement accumulé des déficits de légitimité, notamment face aux revendications régionales et aux attentes démocratiques de la jeunesse. **Conclusion** : Le passage du pouvoir d’Ahidjo à Biya en 1982 a été une transition ordonnée qui a maintenu la continuité institutionnelle, mais elle a aussi posé les bases d’un régime où la stabilité politique repose davantage sur le contrôle du pouvoir exécutif que sur une véritable participation populaire, rendant le Cameroun vulnérable à des crises lorsqu’elles émergent (ex. : crise anglophone à partir de 2016). --- ## Erreurs fréquentes | Erreur fréquente | Explication de la confusion | Correction | |---|---|---| | **Confondre fédéralisme et décentralisation** | Certains élèves pensent que la création des 10 régions en 2004 rétablit le fédéralisme d’origine. | Le fédéralisme (1961‑1972) impliquait deux États fédérés avec des constitutions distinctes et une souveraineté partagée. La décentralisation actuelle transfère seulement certaines compétences à des collectivités territoriales sans remettre en cause l’unité de l’État. | | **Attribuer l’indépendance du Cameroun britannique à Ahidjo** | L’idée que Ahidjo a également dirigé la réunification du Southern Cameroons est répandue. | Ahidjo a dirigé uniquement la partie française. La réunification résulte du plébiscite du Southern Cameroons (1 oct. 1961) organisé sous l’égide de l’ONU ; le président du Cameroun français a accepté le résultat, mais il n’a pas dirigé le territoire britannique avant la réunification. | | **Penser que le multipartisme a immédiatement entraîné l’alternance au pouvoir** | Après 1990, certains croient que l’opposition a gagné les élections dès le premier tour. | Le premier scrutin multipartite de 1992 a été remporté par le RDPC avec une forte majorité ; l’alternance n’a jamais eu lieu jusqu’à présent, le parti au pouvoir ayant adapté le système électoral pour maintenir son avantage. | | **Assimiler le franc CFA à une monnaie totalement souveraine** | Certains élèves considèrent que le CFA est une monnaie nationale comme l’euro. | Le franc CFA est arrimé à l’euro et garanti par le Trésor français ; sa convertibilité et sa parité sont fixées par des accords internationaux, limitant la souveraineté monétaire des États membres. | | **Confondre l’ajustement structurel avec la simple libéralisation des prix** | Le PAS est réduit à une seule mesure de hausse des prix. | Le PAS comprend un ensemble de mesures : dévaluation du taux de change, réduction du déficit budgétaire, réforme du secteur public, privatisation, libéralisation du commerce extérieur et réforme du secteur financier, visant à rétablir l’équilibre macroéconomique. | | **Sous-estimer l’impact de la crise anglophone sur l’économie nationale** | Certains considèrent que le conflit est purement politique et n’affecte pas le PIB. | La crise a entraîné la fermeture d’usines dans le Nord‑Ouest et le Sud‑Ouest, réduit la production agricole (café, cacao), augmenté les dépenses de sécurité et provoqué un déplacement de près d’un million de personnes, tout cela ayant un effet mesurable sur la croissance économique. | --- > **>** 1er janv. 1960 : indépendance du Cameroun français. > **>** 1er oct. 1961 : réunification du Southern Cameroons. > **>** 6 nov. 1982 : passation du pouvoir entre Ahidjo et Biya. > **>** 19 déc. 1990 : loi autorisant le multipartisme. > **>** 22 juil. 2004 : promulgation de la loi d’orientation de la décentralisation. > **>** 2016 : déclenchement de la crise anglophone. Ce cours fournit toutes les connaissances nécessaires pour maîtriser le chapitre « Le Cameroun indépendant » selon le programme officiel du MINESEC/IGE, préparer les évaluations du baccalauréat et développer une capacité d’analyse critique des évolutions politiques, économiques et sociales du Cameroun depuis son accession à la souveraineté. Bonne révision et bon succès à l’examen !

Quiz du chapitre

16 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la date officielle de l'indépendance du Cameroun ?
  2. 2. Qui a été le premier président de la République du Cameroun après l'indépendance ?
  3. 3. En quelle année le Cameroun occidental et le Cameroun oriental se sont-ils réunifiés pour former la République fédérale du Cameroun ?
  4. 4. Quel parti politique a été créé par Ahmadou Ahidjo en 1966 pour devenir le parti unique du Cameroun ?
  5. 5. Quel plan de développement a été lancé par Ahmadou Ahidjo en 1972 pour structurer l'économie camerounaise ?
  6. 6. Si le PIB du Cameroun passe de 200 milliards de FCFA en 1965 à 500 milliards de FCFA en 1975, quel est le taux de croissance annuel moyen approximatif sur cette période ?
  7. 7. Dans un discours de 1962, Ahmadou Ahidjo déclare : « Nous devons bâtir une nation où la diversité ethnique soit une force et non une source de division. » Quel est l'objectif principal de cet extrait ?
  8. 8. Le tableau suivant montre la production de cacao (en milliers de tonnes) au Cameroun : 1970 = 120, 1975 = 180, 1980 = 260. Quelle tendance décrit le mieux l'évolution de la production entre 1970 et 1980 ?
  9. 9. Sous la politique d'africanisation de la fonction publique d'Ahidjo, la proportion de postes de direction occupés par des expatriés passe de 70 % en 1970 à 30 % en 1980. Quel pourcentage de réduction de la présence expatriée représente ce changement ?
  10. 10. L'article 1 de la Constitution de 1972 stipule : « La République du Cameroun est un État indivisible, laïc, démocratique et social. » Quelle modification constitutionnelle cet extrait reflète-t-il par rapport à la constitution fédérale de 1961 ?
  11. 11. Le nombre d'étudiants inscrits dans les universités camerounaises passe de 15 000 en 1980 à 35 000 en 1990. Quel est le taux d'augmentation approximatif sur cette période ?
  12. 12. Lors du référendum de 1984 sur la réforme constitutionnelle passant à la République unie, les résultats furent : Oui = 83,5 %, Non = 16,5 %, Participation = 78 %. Quel pourcentage des électeurs inscrits a voté contre la réforme ?
  13. 13. En matière de décentralisation, quelle affirmation décrit le mieux l'évolution du Cameroun entre 1960 et 2020, en comparant les périodes d'Ahidjo et de Biya ?
  14. 14. Quel était le principal motif avancé par les historiens pour expliquer la tentative de coup d'État du 6 avril 1984 au Cameroun ?
  15. 15. Quel est l'effet le plus documenté de la politique de « Cameroun nouveau » lancée par Paul Biya en 1991 sur les droits humains au Cameroun ?
  16. 16. Quelle affirmation décrit le mieux la différence principale entre les stratégies de légitimation du pouvoir d'Ahidjo et de Biya ?