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Chapitre 10

Le problème israélo-palestinien : une poudrière au Proche-Orient

Lecture : 28 minQuiz de 8 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de : 1. Expliquer les origines historiques, religieuses et nationales du conflit israélo‑palestinien, en situant les événements clés depuis la fin du XIXᵉ siècle jusqu’à aujourd’hui. 2. Analyser les principales guerres (1948, 1956, 1967, 1973, 1982, 2006, 2008‑2009, 2014, 2021) et leurs conséquences territoriales, démographiques et humanitaires. 3. Évaluer les différents processus de paix (accords de Camp David, accords d’Oslo, feuille de route, initiatives arabes) en identifiant les facteurs de succès et d’échec. 4. Situer le conflit dans le cadre géopolitique du Proche‑Orient et en montrer les répercussions sur la sécurité régionale, les flux de réfugiés et les relations internationales (ONU, UE, États‑Unis, Ligue arabe, Afrique). 5. Mobiliser un vocabulaire précis (sionisme, nakba, intifada, colonies, droit au retour, etc.) et produire des arguments étayés pour une dissertation ou un commentaire de document au baccalauréat. **Prérequis** : L’élève doit déjà maîtriser : - Les notions de nation, d’État, de souveraineté et de droit international (charte de l’ONU, résolutions 242 et 338). - Le contexte de la décolonisation au Moyen‑Orient après la Première Guerre mondiale (mandats britanniques et français). - Les grandes lignes de la Guerre froide et son influence sur les alliances régionales. - La capacité à lire un document historique (texte, carte, photographie) et à en extraire l’information pertinente. --- ## Introduction contextualisée Le conflit israélo‑palestinien est souvent qualifié de « poudrière au Proche‑Orient » parce qu’il combine des revendications nationales profondément enracinées, des revendications religieuses liées à des lieux saints communs (Jérusalem, Hébron, Naplouse) et des enjeux stratégiques (eau, territoire, accès à la mer). Depuis la fin du XIXᵉ siècle, l’arrivée de vagues d’immigrants juifs en Palestine ottomane, encouragée par le mouvement sioniste, a rencontré la résistance de la population arabe palestinienne, majoritaire depuis des siècles. La déclaration Balfour (1917) a donné un soutien britannique à l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine, tandis que les Arabes y voyaient une menace pour leurs aspirations à l’indépendance. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Holocauste a intensifié la pression internationale en faveur d’un État juif. Le plan de partage de l’ONU (résolution 181, 29 novembre 1947) proposait la création de deux États, juif et arabe, avec Jérusalem sous régime international. Son acceptance par la communauté juive et son rejet par la majorité arabe ont déclenché la première guerre israélo‑arabe (1948‑1949), suivie de la Nakba (« catastrophe ») palestinienne, avec l’exode d’environ 750 000 Palestiniens. Depuis, le conflit s’est enchaîné à travers guerres, intifadas, colonies israéliennes, négociations de paix et crises humanitaires, tout en restant un facteur d’instabilité pour l’ensemble du Moyen‑Orient et un sujet de préoccupation constante pour la communauté internationale. --- ## I. Origines du conflit (fin XIXᵉ siècle – 1948) ### A. Le sionisme et l’immigration juive en Palestine - **Définition** : Le sionisme est un mouvement national juif visant à établir un foyer national pour le peuple juif en Terre d’Israël (Palestine). - **Acteurs clés** : Theodor Herzl (père du sionisme politique, *Der Judenstaat*, 1896), Chaim Weizmann (chimiste, futur premier président d’Israël), David Ben‑Gourion (premier Premier ministre israélien). - **Faits datés** : Premier Congrès sioniste (Bâle, 1897) ; première Aliyah (1882‑1903) – quelques dizaines de milliers d’immigrants ; deuxième Aliyah (1904‑1914) – environ 40 000 immigrants, majoritairement socialistes. - **Conséquences** : Création de kibboutzim, développement de l’économie agricole juive, tensions avec les fellahs arabes concernant l’accès à la terre et à l’eau. > "> Le premier Congrès sioniste de 1897 a fixé comme objectif « la création d’un foyer national juif en Palestine, reconnu publiquement et juridiquement »." ### B. Le nationalisme arabe palestinien - **Définition** : Le nationalisme palestinien désigne l’aspiration du peuple arabe de Palestine à l’autodétermination et à la création d’un État indépendant. - **Acteurs clés** : Les notables de Jérusalem, de Jaffa et de Haïfa ; les journaux *Falastin* (1911) et *Al‑Carmel* (1908). - **Faits datés** : Révolte de 1936‑1939 (grève générale et révolte armée contre l’immigration juive et la politique britannique). - **Conséquences** : Renforcement de l’identité nationale palestinienne, mais aussi répression britannique (exil de leaders comme Haj Amin al‑Husseini). ### C. Le mandat britannique et les déclarations contradictoires - **Déclaration Balfour (2 novembre 1917)** : Le gouvernement britannique déclare soutenir « l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif », tout en précisant que rien ne sera fait qui puisse porter préjudice aux droits des communautés non juives existantes. - **Livre blanc de 1922** : Limite l’immigration juive à la capacité économique du pays. - **Livre blanc de 1939** : Restreint fortement l’immigration juive (75 000 sur cinq ans) et promet l’indépendance d’un État palestinien dans dix ans. - **Conséquences** : Les deux communautés perçoivent le mandat comme partiellement favorable à l’autre, alimentant la méfiance. ### D. Le plan de partage de l’ONU (résolution 181, 29 novembre 1947) - **Contenu** : Partition de la Palestine mandataire en un État juif (56 % du territoire), un État arabe (43 %) et un régime international pour Jérusalem. - **Vote** : 33 pour, 13 contre, 10 abstentions (dont le Royaume-Uni). - **Réactions** : Acceptation par l’Agence juive ; rejet par la Ligue arabe et la majorité palestinienne. - **Conséquence immédiate** : Début de la guerre civile intercommunautaire (novembre 1947 – mai 1948). #### Tableau I.1 – Chronologie des étapes préliminaires (1880‑1948) | Période | Événement majeur | Acteurs principaux | Conséquence immédiate | |---------|------------------|--------------------|-----------------------| | 1882‑1903 | Première Aliyah | Pioneers sionistes | Premiers colonies agricoles (Rishon LeZion) | | 1904‑1914 | Deuxième Aliyah | Sionistes socialistes | Fondation du kibboutz Degania | | 1917 | Déclaration Balfour | Gouvernement britannique | Promesse d’un foyer juif | | 1920‑1948 | Mandat britannique | Royaume‑Uni, Agence juive, Comité arabe palestinien | Tensions croissantes, révoltes de 1920, 1921, 1929, 1936‑39 | | 1947 | Résolution 181 (plan de partage) | ONU | Vote de partition, déclenchement de la guerre civile | | 1948 | Fin du mandat, proclamation d’Israël | David Ben‑Gourion, Ligue arabe | Guerre israélo‑arabe de 1948‑1949 | --- ## II. Les guerres et les étapes clés (1948‑1979) ### A. Première guerre israélo‑arabe (1948‑1949) – la Nakba - **Déclenchement** : Après la proclamation de l’État d’Israël (14 mai 1948), les armées égyptienne, syrienne, jordanienne, irakienne et libanaise interviennent. - **Résultats** : Israël contrôle 78 % de la Palestine mandataire (au lieu des 56 % prévus). Jérusalem Ouest devient israélienne, Jérusalem Est reste sous contrôle jordanien. - **Conséquences humaines** : Environ 750 000 Palestiniens deviennent réfugiés (Nakba). Création de l’UNRWA (1949) pour leur assistance. - **Conséquences territoriales** : Ligne d’armistice (ligne verte) définie par les accords de Rhodes (1949). > "> La Nakba désigne l’exode et le déplacement d’environ 750 000 Palestiniens en 1948, qui ont perdu leurs maisons et leurs terres." ### B. Crise de Suez (1956) - **Contexte** : Nationalisation du canal de Suez par Nasser (Égypte) ; Israël, soutenu secrètement par la France et le Royaume‑Uni, lance une opération militaire. - **Déroulement** : Israël envahit la péninsule du Sinaï (29 octobre 1956) ; les forces anglo‑françaises bombardent l’Égypte pour reprendre le canal. - **Résolution** : Pression des États‑Unis et de l’URSS oblige au retrait ; création de la UNEF (Force d’urgence des Nations unies) pour surveiller la frontière israélo‑égyptienne. - **Conséquences** : Affaiblissement du prestige britannique et français ; renforcement du rôle de Nasser comme leader du panarabisme ; Israël gagne en sécurité temporaire au Sinaï. ### C. Guerre des Six Jours (5‑10 juin 1967) - **Causes immédiates** : Blocus du détroit de Tiran par l’Égypte, signatures de pactes de défense entre Égypte, Syrie et Jordanie, discours belliqueux de Nasser. - **Déroulement** : Israël lance une attaque préemptive aérienne (5 juin) détruisant la plupart des forces aériennes arabes ; conquête du Sinaï, de la bande de Gaza, de la Cisjordanie (incluant Jérusalem-Est), du plateau du Golan. - **Résultats** : Israël triple la taille de son territoire contrôlé ; Jérusalem-Est annexée de facto (loi de 1967). - **Conséquences** : Résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU (22 novembre 1967) appelant au retrait des territoires occupés en échange de la reconnaissance d’Israël ; début de la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Gaza. > "> La résolution 242 énonce le principe « territoire contre paix », devenu la base de pratiquement tous les efforts de négociation ultérieurs." ### D. Guerre du Kippour (6‑25 octobre 1973) - **Déclenchement** : Offensive surprise coordonnée de l’Égypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. - **Déroulement** : Premières avancées arabes ( traversée du canal de Suez, reprise du Golan ) ; contre‑offensive israélienne après mobilisation des réserves ; traversée du canal par les Israéliens et encerclement de la troisième armée égyptienne. - **Résolution** : Cessez‑le‑feu sous l’égide de l’ONU (résolution 338) ; négociations de désengagement (accords de séparation des forces, 1974). - **Conséquences** : Malgré l’échec militaire arabe, le conflit a restauré la dignité égyptienne ; ouverture du processus diplomatique qui mènera aux accords de Camp David (1978). ### E. Guerre du Liban (1982) et ses répercussions - **Contexte** : Présence de l’OLP au Liban sud, attaques roquettes contre Israël. - **Opération Paix en Galilée** : Invasion israélienne (6 juin 1982) visant à éliminer l’OLP de Beyrouth. - **Résultats** : Évacuation de l’OLP vers Tunis (août 1982) ; massacre de Sabra et Chatila (septembre 1982) par des milices phalangistes libanaises, sous surveillance israélienne. - **Conséquences** : Augmentation du ressentiment arabe et palestinien envers Israël ; émergence du Hezbollah, soutenu par l’Iran, comme force de résistance au Sud‑Liban. #### Tableau II.1 – Synthèse des guerres majeures (1948‑1982) | Guerre | Dates | Principaux belligérants | Territoire gagné/perdu par Israël | Conséquence politique majeure | |--------|-------|--------------------------|-----------------------------------|------------------------------| | Première guerre israélo‑arabe | 1948‑1949 | Israël vs Égypte, Jordanie, Syrie, Irak, Liban | +22 % de la Palestine mandataire (78 % total) | Armistice, ligne verte, création de l’UNRWA | | Crise de Suez | 1956 | Israël, France, UK vs Égypte | Occupation temporaire du Sinaï | Retrait sous pression US/URSS, naissance de la UNEF | | Guerre des Six Jours | 1967 | Israël vs Égypte, Syrie, Jordanie | +Sinaï, Gaza, Cisjordanie, Golan | Résolution 242, début de la colonisation | | Guerre du Kippour | 1973 | Israël vs Égypte, Syrie | Aucun gain territorial permanent | Résolution 338, ouverture vers Camp David | | Guerre du Liban | 1982 | Israël vs OLP, Syrie | Occupation du Liban sud jusqu’en 2000 | Évacuation de l’OLP, émergence du Hezbollah | --- ## III. Processus de paix et leurs échecs (1990‑2020) ### A. La conférence de Madrid (1991) et les accords d’Oslo - **Contexte** : Après la guerre du Golfe (1990‑1991), les États‑Unis poussent à une négociation globale incluant Israël, les Palestiniens (représentés par l’OLP), la Jordanie et le Liban. - **Madrid** : Première rencontre directe entre Israéliens et Palestiniens (octobre 1991) ; cadre de négociations bilatérales. - **Accords d’Oslo I** (Washington, 13 septembre 1993) : Reconnaissance mutuelle (Israël reconnaît l’OLP comme représentant du peuple palestinien ; l’OLP reconnaît le droit d’Israël à exister). Création de l’Autorité palestinienne (AP) avec autorité limitée sur la bande de Gaza et Jéricho. - **Accords d’Oslo II** (Taba, 28 septembre 1995) : Division de la Cisjordanie en zones A (contrôle palestinien complet), B (contrôle civil palestinien, sécurité israélienne), C (contrôle israélien complet). - **Conséquences** : Espoir de paix, mais poursuite de la colonisation israélienne (augmentation du nombre de colons de ~110 000 en 1993 à >200 000 en 2000) et de violences (premières attaques suicides palestiniennes, 1994). > "> Les accords d’Oslo ont introduit le principe de « reconnaissance mutuelle » et établi l’Autorité palestinienne comme interlocuteur officiel d’Israël." ### B. Le sommet de Camp David (2000) et l’échec des négociations - **Participants** : Président américain Bill Clinton, Premier ministre israélien Ehud Barak, Président de l’AP Yasser Arafat. - **Propositions israéliennes** : Retrait de ~91‑92 % de la Cisjordanie, maintien de blocs de colonies autour de Jérusalem, souveraineté palestinienne sur des quartiers périphériques de Jérusalem-Est, retour limité de réfugiés (via compensation). - **Position palestinienne** : Demande de retrait complet des territoires occupés en 1967, souveraineté sur Jérusalem-Est comme capitale, droit au retour substantiel pour les réfugiés. - **Résultat** : Aucun accord ; déclenchement de la Seconde Intifada (al‑Aqsa) en septembre 2000. ### C. La feuille de route (2002) et le plan de désengagement unilatéral (2005) - **Feuille de route** : Présidée par le Quartet (États‑Unis, ONU, UE, Russie) ; prévoit trois phases : cessez‑le‑feu, réforme de l’AP, création d’un État palestinien d’ici 2005. - **Réalité** : Continuation de la violence, construction du mur de séparation (2002‑2004) jugé illégal par la CIJ (2004). - **Désengagement de Gaza** : Décision unilatérale d’Ariel Sharon (2005) de retirer toutes les colonies israéliennes de la bande de Gaza et de quatre colonies en Cisjordanie du Nord. - **Conséquences** : Retrait israélien de Gaza (septembre 2005) ; prise de contrôle du Hamas à Gaza en 2007 ; blocus israélien et égyptien de Gaza à partir de 2007. ### D. Les initiatives arabes et les tentatives de relance (2007‑2020) - **Initiative de paix arabe (2002)** : Proposée par l’Arabie saoudite, elle offre la normalisation des relations entre Israël et tous les États arabes en échange du retrait complet des territoires occupés de 1967, d’une solution juste au problème des réfugiés basée sur la résolution 194, et de l’établissement d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale. - **Conférence d’Annapolis (2007)** : Relance des négociations directes entre Ehud Olmert et Mahmoud Abbas ; propositions incluant le partage de Jérusalem et un échange de terres. Aucun accord définitif. - **Négociations de 2013‑2014** (John Kerry) : Échec malgré des cadres détaillés sur les frontières, la sécurité, les réfugiés et Jérusalem. - **Plan Trump « Deal of the Century » (2020)** : Proposait un État palestinien démilitarisé sur environ 70 % de la Cisjordanie, avec Jérusalem capitale indivisible d’Israël ; largement rejeté par les Palestiniens et la Ligue arabe comme unilatéral et favorable à Israël. #### Tableau III.1 – Évolutions du nombre de colons israéliens en Cisjordanie (incl. Jérusalem-Est) | Année | Nombre de colons (approx.) | Évolution (%) | |-------|----------------------------|---------------| | 1993 | 110 000 | – | | 2000 | 200 000 | +82 % | | 2005 | 250 000 | +25 % | | 2010 | 310 000 | +24 % | | 2015 | 380 000 | +23 % | | 2020 | 430 000 | +13 % | | 2023 | 460 000 | +7 % | > "> La colonisation israélienne en Cisjordanie a plus que quadruplé depuis les accords d’Oslo, constituant un des principaux obstacles à la solution des deux États." ### É. Conséquences humanitaires et régionales - **Afflux de réfugiés** : Plus de 5 millions de Palestiniens enregistrés comme réfugiés auprès de l’UNRWA (2023), répartis entre Jordanie, Liban, Syrie, Gaza et Cisjordanie. - **Blocus de Gaza** : Restrictions sévères sur l’importation de biens, l’accès à l’électricité et à l’eau ; taux de chômage dépassant 45 % (2022). - **Impact sur les pays voisins** : Jordanie accueille plus de 2 millions de réfugiés palestiniens ; Liban subit des tensions communautaires liées à la présence palestinienne ; Syrie voit l’implication de groupes palestiniens dans le conflit civil. - **Dimension internationale** : Le conflit demeure un point de tension récurrent au Conseil de sécurité de l’ONU ; les États‑Unis restent le principal allié militaire d’Israël, tandis que l’UE et de nombreux États du Sud appellent à la fin de l’occupation. --- ## IV. Enjeux actuels et perspectives (2020‑…) ### A. La normalisation des accords d’Abraham (2020‑2023) - **Accords** : Signés entre Israël et les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc (septembre‑décembre 2020). - **Contenu** : Établissement de relations diplomatiques, économiques et de coopération sécuritaire ; aucune mention explicite du règlement du conflit israélo‑palestinien. - **Réactions** : Condamnation par l’Autorité palestinienne et le Hamas, qui y voient une trahison de l’initiative de paix arabe ; soutien de certains États du Golfe qui considèrent la normalisation comme un moyen de renforcer leur sécurité face à l’Iran. ### B. Les escalades récurrentes à Gaza (2021, 2023) - **Mai 2021** : Après des tensions à Jérusalem (affaire Sheikh Jarrah, accès à la Esplanade des Mosquées), le Hamas lance des roquettes vers Israël ; Israël répond par une opération militaire de 11 jours (« Gardien des murs »). Plus de 250 palestiniens tués, dont de nombreux civils ; 13 israéliens morts. - **Octobre 2023** : Attaque surprise du Hamas le 7 octobre (opération « Inondation d’Al‑Aqsa ») entraînant la prise d’otages, des tirs de roquettes massifs et une réponse israélienne massive (« Épée de fer ») avec plus de 30 000 palestiniens tués (estimation ONU, novembre 2024) et une crise humanitaire sans précédent à Gaza. - **Conséquences** : Déplacement interne de près de 2 millions de personnes à Gaza ; destruction massive d’infrastructures (hôpitaux, écoles, réseaux d’eau et d’électricité) ; appel international à un cessez‑le‑feu durable et à la reconstruction. ### C. Débat sur la solution à un État vs deux États - **Solution à deux États** : Toujours soutenue par la majorité de la communauté internationale (ONU, UE, Ligue arabe) ; nécessite un arrêt de la colonisation, un partage de Jérusalem et une résolution juste du problème des réfugiés. - **Solution à un État** : Défendue par certains intellectuels palestiniens et israéliens qui considèrent la faisabilité de deux États comme compromise par la colonisation ; propose un État binational avec égalité des droits, mais reste largement minoritaire et perçu comme menaçant l’identité juive d’Israël ou l’aspiration nationale palestinienne. - **Positions actuelles** : Le gouvernement israélien (coalition de droite, 2023‑2024) privilégie l’annexion de zones C de la Cisjordanie et la souveraineté totale sur Jérusalem ; l’Autorité palestinienne insiste sur le respect des frontières de 1967 et le droit au retour. ### D. Rôle de la société civile et des initiatives de base - **Organisations israéliennes de paix** : Peace Now, B’Tselem, Yesh Din – surveillent les colonies, documentent les violations des droits humains, militent pour un arrêt de la construction. - **Mouvements palestiniens de résistance non violente** : Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) ; comités populaires dans les villages de Cisjordanie organisant des manifestations hebdomadaires contre le mur et les colonies. - **Initiatives conjointes** : Projets de coopération économique (zones industrielles israéliennes‑palestiniennes à Jericho, projets d’énergie solaire dans le Néguev) visant à créer des interdépendances qui pourraient favoriser la paix. #### Tableau IV.1 – Principaux acteurs et leurs positions actuelles (2024) | Acteur | Position principale | Actions récentes | |--------|--------------------|------------------| | Gouvernement israélien (coalition de droite) | Sécurité avant tout ; annexion de zones C ; Jérusalem indivisible | Légalisation de postes avancés, expansion de la construction à Jérusalem-Est, opérations militaires à Gaza | | Autorité palestinienne (Fatah) | Deux États basé sur les frontières de 1967 ; Jérusalem-Est capitale | Demande d’adhésion pleine à l’ONU comme État membre, appel à la reprise des négociations sous l’égide du Quartet | | Hamas (Gaza) | Résistance armée ; refus de reconnaître Israël ; appel à la libération de la Palestine historique | Lancement de roquettes, gouvernance de la bande de Gaza, négociations indirectes via l’Égypte | | Ligue arabe | Soutien à l’initiative de paix arabe ; pression pour un règlement juste | Résolutions appelant au retrait israélien, soutien financier à l’UNRWA | | Communauté internationale (ONU, UE, États‑Unis) | Deux États comme cadre de référence ; appel à la cessation de la colonisation | Résolutions du Conseil de sécurité, aide humanitaire à Gaza, sanctions ciblées contre des colons violents | --- ## Synthèse du chapitre - **Origines** : Sionisme (fin XIXᵉ siècle) vs nationalisme arabe palestinien ; mandat britannique et déclarations contradictoires (Balfour, livres blancs). - **1948‑1949** : Première guerre israélo‑arabe, Nakba (~750 000 réfugiés), armistice (ligne verte). - **1956** : Crise de Suez, retrait sous pression US/URSS, naissance de la UNEF. - **1967** : Guerre des Six Jours, conquête du Sinaï, Gaza, Cisjordanie, Golan ; résolution 242 (« territoire contre paix »). - **1973** : Guerre du Kippour, résolution 338, ouverture vers Camp David. - **1982** : Guerre du Liban, évacuation de l’OLP, émergence du Hezbollah. - **1993‑1995** : Accords d’Oslo, création de l’Autorité palestinienne, reconnaissance mutuelle. - **2000** : Échec de Camp David, déclenchement de la Seconde Intifada. - **2002‑2005** : Feuille de route, mur de séparation, désengagement unilatéral de Gaza. - **2007‑2020** : Initiatives de paix (Annapolis, Kerry, Deal of the Century) sans succès ; poursuite de la colonisation. - **2020‑2024** : Accords d’Abraham (normalisation avec certains États du Golfe), escalades à Gaza (2021, 2023), débat sur une vs deux États, rôle de la société civile. - **Enjeux actuels** : Sécurité, colonisation, statut de Jérusalem, droit au retour, blocus de Gaza, réfugiés, normalisation régionale, perspectives de paix. --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | **Sionisme** | Mouvement national juif visant à établir un foyer national pour le peuple juif en Terre d’Israël. | | **Nakba** | « Catastrophe » en arabe, désigne l’exode et le déplacement d’environ 750 000 Palestiniens en 1948, qui ont perdu leurs maisons et leurs terres. | | **Intifada** | Soulèvement populaire palestinien contre l’occupation israélienne (première : 1987‑1993 ; seconde : 2000‑2005). | | **Colonies israéliennes** | Localités civiles établies par Israël dans les territoires occupés depuis 1967, considérées illégales par le droit international. | | **Droit au retour** | Principe selon lequel les réfugiés palestiniens de 1948 et leurs descendants auraient le droit de retourner dans leurs foyers d’origine en Israël. | | **Résolution 242** | Résolution du Conseil de sécurité de l’ONU (22 novembre 1967) appelant au retrait des forces israéliennes des territoires occupés en échange de la reconnaissance d’Israël. | | **Résolution 338** | Résolution du Conseil de sécurité de l’ONU (22 octobre 1973) demandant un cessez‑le‑feu immédiat après la guerre du Kippour et la mise en œuvre de la résolution 242. | | **Autorité palestinienne (AP)** | Entité administrative créée par les accords d’Oslo (1993) exerçant une autorité limitée sur certaines zones de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. | | **Blocus de Gaza** | Ensemble de restrictions imposées par Israël et l’Égypte depuis 2007 limitant l’entrée et la sortie de personnes et de biens à Gaza. | | **Accords d’Abraham** | Série de traités de normalisation signés en 2020 entre Israël et les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc. | | **Feuille de route** | Plan présenté par le Quartet (États‑Unis, ONU, UE, Russie) en 2002 prévoyant des étapes vers un règlement du conflit d’ici 2005. | | **Mur de séparation** | Barrière de béton et de fils barbelés construite par Israël en Cisjordanie à partir de 2002, destinée selon Israël à prévenir les attentats, considérée illégale par la CIJ en 2004. | | **UNRWA** | Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche‑Orient, créé en 1949. | | **BDS** | Mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions visant à exercer une pression économique et politique sur Israël pour mettre fin à l’occupation. | | **Zone A/B/C** | Division de la Cisjordanie issue des accords d’Oslo II : A (contrôle palestinien complet), B (contrôle civil palestinien, sécurité israélienne), C (contrôle israélien complet). | --- ## Étude de document / de cas **Document** : Extrait de la résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU (22 novembre 1967) – version officielle en français. > « Le Conseil de sécurité, > Rappelant l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre et la nécessité de travailler pour un juste et durable paix au Moyen‑Orient, > 1. Affirme que la réalisation des principes de la Charte des Nations unies exige l’instauration d’une paix juste et durable au Moyen‑Orient qui devrait comprendre : > a) le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit ; > b) la cessation de tous les états de belligérance ainsi que le respect et la reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État dans la région et leur droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues ; > c) une solution juste du problème des réfugiés. » ### Analyse pas à pas (type bac) 1. **Identification du document** - Nature : résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. - Date : 22 novembre 1967, immédiatement après la guerre des Six Jours. - Auteur : organe collectif (les 15 membres du Conseil de sécurité, avec les États‑Unis et l’URSS comme puissances majeures). 2. **Contexte** - La guerre des Six Jours a entraîné la conquête par Israël du Sinaï, de la bande de Gaza, de la Cisjordanie (y compris Jérusalem‑Est) et du plateau du Golan. - La communauté internationale cherche à éviter une escalade supplémentaire et à poser les bases d’un règlement. 3. **Contenu et arguments** - **Principe d’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre** : rappelle le droit international (article 2(4) de la Charte de l’ONU). - **Trois points essentiels** : a) **Retrait des forces israéliennes** : formulation volontairement vague (« des territoires occupés lors du récent conflit ») laissant place à interprétation (total ou partiel). b) **Cessation des états de belligérance et reconnaissance mutuelle** : appelle à la paix et à la reconnaissance de la souveraineté de tous les États de la région (incluant donc un État palestinien futur). c) **Solution juste du problème des réfugiés** : introduit la question des réfugiés palestiniens, sans préciser les modalités (retour, compensation, réinstallation). 4. **Portée et limites** - La résolution est délibérément ambiguë sur l’étendue du retrait (« des territoires » plutôt que « tous les territoires »), ce qui a permis à Israël d’interpréter le retrait comme partiel (ex. maintien du Golan, de Jérusalem‑Est). - Elle ne précise pas les garanties de sécurité pour Israël, laissant ce point à négocier ultérieurement. - Malgré son caractère fondamental, la résolution n’a jamais été pleinement mise en œuvre ; les négociations ultérieures (Camp David, Oslo, etc.) l’ont utilisée comme référence mais ont dû combler ses lacunes. 5. **Intérêt pour l’étude du conflit** - La résolution 242 constitue le « cadre de référence » de pratiquement tous les processus de paix subséquents. - Son ambiguïté explique pourquoi les parties ont pu s’en réclamer tout en poursuivant des politiques contradictoires (colonisation, poursuite de la guerre). - Elle introduit la notion de « solution juste du problème des réfugiés », thème récurrent qui reste aujourd’hui l’un des points les plus sensibles du conflit. **Conclusion de l’étude** : La résolution 242 illustre la tentative de la communauté internationale de poser les bases d’un règlement fondé sur le droit international, tout en révélant les limites de l’ambiguïté diplomatique face à des réalités sur le terrain fortement asymétriques. --- ## Méthode et sujets type examen ### Sujet 1 – Dissertation **Intitulé** : « Le conflit israélo‑palestinien est‑il principalement un conflit de territoires ou un conflit d’identités ? » **Plan détaillé** I. **Le conflit comme lutte territoriale** - A. Les enjeux fonciers : colonisation, frontières de 1967, Jérusalem. - B. Les résolutions de l’ONU (242, 338) et le principe « territoire contre paix ». - C. Exemple : la construction du mur de séparation et son impact sur la vie quotidienne des Palestiniens (ex. village de Bil’in). II. **Le conflit comme conflit d’identités et de récits nationaux** - A. Le sionisme comme mouvement de libération nationale juive. - B. Le nationalisme palestinien et la Nakba comme fondement de l’identité collective. - C. Les dimensions religieuses : Jérusalem comme ville sainte pour juifs, musulmans et chrétiens. III. **Interaction entre territoire et identité** - A. Comment la colonisation façonne les récits (ex. les colonies comme « faits accomplis » renforçant la revendication juive sur la terre). - B. Comment la résistance palestinienne (intifadas, BDS) défend à la fois la terre et l’identité. - C. Synthèse : le conflit est indissociablement territorial et identitaire ; toute solution doit adresser les deux dimensions. ### Sujet 2 – Commentaire de document **Document** : Extrait du discours de Yasser Arafat devant l’Assemblée générale des Nations unies, 13 novembre 1974 (reconnaissance de l’OLP comme représentant légitime du peuple palestinien). > « Nous, représentants du peuple palestinien, déclarons solennellement que l’Organisation de libération de la Palestine est le seul représentant légitime du peuple palestinien partout où il se trouve. Nous affirmons notre droit à l’autodétermination, à l’établissement d’un État indépendant sur notre terre nationale, et à la libération de Jérusalem, capitale éternelle de notre État futur. » **Plan de commentaire** 1. **Situation du document** - Date : 13 novembre 1974, contexte de la guerre du Kippour (1973) et de la montée de l’OLP comme acteur international. - Auteur : Yasser Arafat, président de l’OLP, figure centrale du nationalisme palestinien. - Public : Assemblée générale de l’ONU, organe représentant la communauté internationale. 2. **Analyse du contenu** - Affirmation de la légitimité de l’OLP : réponse aux tentatives israéliennes de marginaliser l’OLP comme organisation terroriste. - Revendication de l’autodétermination : référence au droit des peuples à disposer d’eux‑mêmes (Charte de l’ONU, article 1). - Mention de Jérusalem comme capitale : revendication symbolique et politique centrale. 3. **Arguments et stratégies** - Légitimation internationale : chercher à obtenir le statut d’observateur à l’ONU (obtenu en 1974). - Mobilisation du soutien arabe et du tiers‑monde : appel à la solidarité avec les peuples en lutte contre le colonialisme. - Préparation du terrain pour les futures négociations (Madrid, Oslo). 4. **Limites et critiques** - Le discours ne précise pas les frontières de l’État palestinien futur. - Il ne traite pas de la question des réfugiés ni de la reconnaissance d’Israël. - La légitimité de l’OLP est contestée par certaines factions palestiniennes (ex. groupes de gauche, Hamas naissant). 5. **Ouverture** - Ce discours marque le passage de la lutte armée à la diplomatie internationale, prélude aux accords de Madrid et d’Oslo. - Il montre comment la reconnaissance internationale peut devenir un levier de pression sur Israël, tout en soulignant la nécessité de compléter la revendication par des concessions concrètes (frontières, sécurité, réfugiés). ### Sujet 3 – Question de cours **Intitulé** : Expliquer les étapes et les enjeux du processus de paix d’Oslo (1993‑2000) et analyser les raisons de son échec éventuel. **Plan de réponse** I. **Les étapes du processus d’Oslo** - A. Préambule : reconnaissance mutuelle (lettres de reconnaissance, septembre 1993). - B. Oslo I (Washington, 13 septembre 1993) : création de l’Autorité palestinienne, retrait de Gaza et Jéricho. - C. Oslo II (Taba, 28 septembre 1995) : division de la Cisjordanie en zones A, B, C ; calendrier de retrait supplémentaire. - D. Protocoles de mise en œuvre : coopération sécuritaire, élections palestiniennes (1996), négociations sur le statut final (Jerusalem, réfugiés, colonies, eau). II. **Les enjeux du processus** - A. Pour Israël : sécurisation de ses frontières, reconnaissance internationale, fin de la terreur. - B. Pour l’OLP/AP : établissement d’une infrastructure d’État, légitimité internationale, amélioration des conditions de vie. - C. Pour la communauté internationale : stabilité régionale, prévention d’une nouvelle guerre, respect du droit international. III. **Les raisons de l’échec (ou des limites)** - A. Continuation et accélération de la colonisation israélienne (augmentation du nombre de colons de ~110 000 à >200 000 entre 1993 et 2000). - B. Violence récurrente : attentats suicides du Hamas et du Jihad islamique, représailles israéliennes (ex. opération « Rameau d’olivier » 1996). - C. Déséquilibre de pouvoir : Israël maintenait le contrôle de la sécurité extérieure, des frontières et des ressources (eau, terres). - D. Manque de calendrier clair pour le statut final : les questions les plus difficiles (Jerusalem, réfugiés) renvoyées à une étape ultérieure sans garantie. - E. Échec de la direction palestinienne à réformer l’AP (corruption, inefficacité) affaiblissant sa crédibilité auprès de sa population et d’Israël. - F. Changement de contexte politique : élection d’un gouvernement israélien de droite (Netanyahu, 1996) moins favorable aux concessions. IV. **Conclusion** - Le processus d’Oslo a instauré un cadre de reconnaissance mutuelle et créé des institutions palestiniennes, mais il n’a pas réussi à transformer cet accord en paix durable parce que les actions concrètes sur le terrain (colonisation, violence) ont contredit les promesses politiques, et parce que les questions de fond ont été reportées sans mécanisme de mise en œuvre efficace. --- ## Erreurs fréquentes 1. **Confondre la Nakba avec l’exode de 1967** - La Nakba désigne spécifiquement l’exode de 1948‑1949, tandis que le déplacement de 1967 concerne surtout les habitants du Golan et de la Cisjordanie fuyant l’avancée israélienne. 2. **Penser que la résolution 242 exige un retrait total et immédiat** - Le texte parle du « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit », laissant délibérément ouverte la question de l’étendue du retrait ; Israël a souvent interprété cela comme un retrait partiel. 3. **Assimiler l’Autorité palestinienne à un État souverain** - L’AP exerce une autorité limitée (zones A et B) et ne contrôle pas les frontières, l’espace aérien ni les ressources naturelles ; elle n’est pas reconnue comme État par tous les membres de l’ONU. 4. **Croire que les colonies israéliennes sont situées uniquement en Cisjordanie** - Bien que la majorité se trouve en Cisjordanie (y compris Jérusalem‑Est), des colonies existent aussi dans le Golan (depuis 1967) et, jusqu’en 2005, dans la bande de Gaza. 5. **Confondre le Hamas avec l’OLP** - L’OLP (organisation de libération de la Palestine) est une coalition nationaliste fondée en 1964, reconnue comme représentant du peuple palestinien jusqu’à l’émergence du Hamas (mouvement islamiste) en 1987, qui gouverne désormais la bande de Gaza. 6. **Sous‑estimer l’impact du blocus de Gaza sur la vie civile** - Le blocus ne se limite pas à une restriction militaire ; il affecte l’accès à l’électricité, à l’eau, aux médicaments et aux biens de première nécessité, provoquant une crise humanitaire chronique. --- > **À retenir** : Le conflit israélo‑palestinien repose sur une double dynamique territoriale et identitaire, dont les racines remontent à la fin du XIXᵉ siècle et dont les évolutions sont marquées par des guerres, des accords de paix partiellement appliqués et des enjeux régionaux et internationaux persistants. Une compréhension nuancée de ces dimensions est indispensable pour analyser les événements passés, présents et futurs liés à cette « poudrière au Proche‑Orient ».

Quiz du chapitre

8 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Qui fonde le mouvement sioniste à la fin du XIXe siècle ?
  2. 2. Que prévoit la résolution 181 de l'ONU adoptée le 29 novembre 1947 ?
  3. 3. Quand l'Etat d'Israël est-il proclamé ?
  4. 4. Quels territoires Israël occupe-t-il à l'issue de la guerre des Six Jours (juin 1967) ?
  5. 5. Quelle organisation est créée en 1964 pour structurer la résistance palestinienne ?
  6. 6. Que mettent en place les accords d'Oslo de 1993 ?
  7. 7. Quel événement déclenche la guerre du Kippour en octobre 1973 ?
  8. 8. Que désigne le terme « Nakba » pour les Palestiniens ?