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Chapitre 6

Réaliser un réseau de transport des fluides et installer les systèmes de tuyauterie industrielle (partie 1/2)

Lecture : 16 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : à la fin de ce chapitre l’élève sera capable de : - choisir le tracé optimal et le matériau approprié pour transporter un fluide donné (eau, vapeur, air comprimé, hydrocarbures) en tenant compte des contraintes techniques, économiques et de sécurité ; - réaliser le dimensionnement hydraulique d’une conduite (débit, perte de charge, diamètre nominal) à l’aide des formules usuelles ; - mettre en œuvre les étapes de pose (fouille, soutien, pente, ancrage) conformément aux normes camerounaises et aux bonnes pratiques de chantier ; - assembler des éléments de tuyauterie industrielle par soudure, bride ou sertissage, préparer les extrémités, contrôler la qualité du joint et appliquer les règles de sécurité liées à l’opération. **Prérequis** : connaissances de base en mécanique des fluids (débit, pression, viscosité), lecture de plans industriels, notions de métallurgie (acier carbone, inoxydable), utilisation d’outils de mesure (manomètre, débitmètre, niveau à bulle) et maîtrise des règles d’hygiène et de sécurité sur un chantier (port des EPI, consignes de coupure d’énergie). > Objectif : savoir choisir le tracé et le matériau adapté à un fluide donné. ## Introduction contextualisée Dans les établissements techniques du Cameroun, les réseaux de transport de fluides sont omniprésents : alimentation en eau potable des lycées, distribution de vapeur pour les ateliers de chauffage, réseaux d’air comprimé pour les machines-outils, ou encore conduites de carburant dans les centres de maintenance automobile. Une conception déficiente entraîne des surconsommations d’énergie, des fuites dangereuses ou des arrêts de production coûteux. Le programme officiel MINESEC/IGE insiste donc sur une approche par compétences : l’élève doit non seulement connaître les théories, mais aussi les mettre en pratique lors de travaux dirigés en atelier ou de sorties sur chantier. Ce cours présente, de façon progressive, le choix du tracé et du matériau (Leçon 9), le dimensionnement et la pose (Leçon 10), puis l’assemblage (Leçon 11), en s’appuyant sur des exemples concrets du contexte camerounais (normes NTN, règles de prévention des risques professionnels, matériaux disponibles sur le marché local). ## I. Leçon 9 : Choix trace et matériau transport ### A. Définition du tracé Le tracé d’une conduite représente le parcours géométrique que le fluide suit entre le point d’alimentation et le point de consommation. Il doit être le plus court possible tout en respectant les contraintes d’accès, les obstacles souterrains ou aériens, et les exigences de pente (pour l’écoulement gravitaire) ou de faible perte de charge (pour les systèmes sous pression). > Règle de métier : privilégier un tracé en ligne droite ou avec des coudes à rayon minimal (≥ 3 × D) afin de limiter les pertes de charge locales. ### B. Critères de choix du tracé 1. **Topographie du site** : éviter les traversées de zones instables (glissements de terrain, nappes phréatiques hautes). 2. **Accessibilité pour la maintenance** : prévoir des regards de visite tous les 20‑30 m ou à chaque changement de direction. 3. **Compatibilité avec les autres réseaux** : respecter les distances de sécurité minimale (ex. : 0,5 m entre une conduite d’eau potable et une conduite de gaz combustible). 4. **Contraintes d’exploitation** : prévoir des points de purge et de vidange aux basses et hautes points du réseau. ### C. Choix du matériau Le matériau doit résister à la pression de service, à la température du fluide, à la corrosion interne et externe, et être compatible avec les normes d’hygiène (eau potable) ou de sécurité (gaz inflammables). | Fluide typique | Plage de T (°C) | Pression de service (MPa) | Matériaux conseillés (Cameroun) | Justification | |----------------|----------------|---------------------------|----------------------------------|---------------| | Eau potable | 0‑45 | ≤ 0,6 | Acier galvanisé, PEHD, PVC‑U | Résistance à la corrosion, coût modéré, certification NSF/ANSI 61 | | Vapeur saturée | 100‑200 | 0,1‑0,8 | Acier carbone (sch. 40), Inox 304 | Bonne conductivité thermique, résistance à la haute température | | Air comprimé | 0‑60 | 0,5‑1,0 | Acier noir, Inox 316, PEHD renforcé | Faible perméabilité, résistance à la fatigue cyclique | | Hydrocarbures (diesel) | -20‑80 | ≤ 0,5 | Acier carbone avec revêtement époxy, PEHD | Résistance à la perméation, protection contre la corrosion externe | > Règle de sécurité : pour les fluides sous pression > 0,5 MPa, privilégier l’acier carbone ou l’inox avec contrôle de soudure selon la norme ISO 9692‑1. ### D. Normes et références camerounaises - **NTN C 001‑2018** : spécifications des tuyaux en acier pour réseaux d’eau potable. - **NTN C 004‑2020** : tuyaux en polyéthylène haute densité (PEHD) pour assainissement et irrigation. - **Arrêté ministériel n° 005/MINTP du 12 mars 2021** : distances de sécurité minimale entre réseaux fluides et électriques. ## II. Leçon 10 : Dimensionnement et pose ### A. Débit et perte de charge Le débit volumique \(Q\) (m³ s⁻¹) est déterminé par le besoin du procédé (ex. : 2 L s⁻¹ pour un laboratoire de chimie). La perte de charge linéaire \(\Delta p\) (Pa) sur une longueur \(L\) (m) s’évalue avec l’équation de Darcy‑Weisbach : \[ \Delta p = f \,\frac{L}{D}\,\frac{\rho v^{2}}{2} \] où : - \(f\) = facteur de frottement (dépend du nombre de Reynolds et de la rugosité) ; - \(D\) = diamètre intérieur (m) ; - \(\rho\) = densité du fluide (kg m⁻³) ; - \(v\) = vitesse moyenne = \(Q / A\) avec \(A = \pi D^{2}/4\). Pour les écoulements turbulents dans des tuyaux lisses, on peut utiliser l’approximation de Blasius : \(f = 0,316 \, Re^{-0,25}\) avec \(Re = \rho v D / \mu\). > Formule de Darcy-Weisbach : \(\Delta p = f (L/D) (\rho v^{2}/2)\) ### B. Sélection du diamètre nominal Étape de calcul : 1. Déterminer le débit de conception \(Q_{c}\) (avec un facteur de sûreté de 1,2). 2. Choisir une vitesse limite admissible (ex. : 1,5 m s⁻¹ pour l’eau potable, 3 m s⁻¹ pour la vapeur). 3. Calculer le diamètre théorique \(D_{th} = \sqrt{4Q_{c}/(\pi v_{lim})}\). 4. Arrondir au diamètre normalisé le plus proche (DN 20, DN 25, DN 32, …) en vérifiant que la vitesse réelle reste inférieure à la limite. **Exemple chiffré** : alimentation d’un bloc sanitaire d’un lycée (10 lavabos, débit unitaire 0,15 L s⁻¹). - \(Q_{c}=10×0,15×1,2 = 1,8\) L s⁻¹ = 0,0018 m³ s⁻¹. - Vitesse limite \(v_{lim}=1,5\) m s⁻¹. - \(D_{th}= \sqrt{4×0,0018/(π×1,5)} = 0,039\) m ≈ 39 mm. - DN le plus proche : **DN 40** (diamètre intérieur ≈ 38,1 mm). - Vitesse réelle : \(v = Q/(πD^{2}/4) = 0,0018/(π×0,0381^{2}/4) = 1,58\) m s⁻¹ (légèrement au‑dessus, on passe à DN 50 pour rester sous 1,5 m s⁻¹). ### C. Pose de la conduite 1. **Fouille** : largeur minimale = D + 0,20 m ; profondeur = 0,60 m + 0,10 m × (pression/0,1 MPa) pour protéger contre les charges externes. 2. **Couche de pose** : lit de sable compacté (épaisseur 0,10 m) pour répartir les charges et éviter les points durs. 3. **Support et ancrage** : - Tuyaux enterrés : coussinets de béton tous les 2 m ou selon la classe de sol. - Tuyaux apparents : consoles métalliques ou supports en U, espacement ≤ 1,5 m pour DN ≤ 100 mm, ≤ 2,5 m pour DN > 100 mm. 4. **Pente** : pour l’écoulement gravitaire (eau usée, pluviale) prévoir 1 % – 2 % (10‑20 mm / m). Pour les réseaux sous pression, la pente n’est pas nécessaire mais on évite les poches d’air en plaçant des purgeaux aux points hauts. 5. **Remblai** : couche de sable (0,10 m) puis matériau de remblai granulaire, compacté en couches de 0,20 m. ### D. Contrôles avant mise en service - **Essai d’étanchéité** : pressurisation à 1,5 × pression de service pendant 15 min, aucune chute de pression > 0,05 bar. - **Essai de débit** : mesure du débit réel avec un débitmètre à ultrasons, comparaison avec le débit de conception (± 5 %). - **Contrôle visuel** : vérification de l’alignement, de l’absence de déformation, de la bonne pose des joints. > Contrôle hydrostatique : pression d’essai = 1,5 × pression de service. ## III. Leçon 11 : Assemblage tuyauterie industrielle ### A. Types de raccords | Type de raccord | Application typique | Avantages | Inconvénients | |-----------------|---------------------|-----------|---------------| | Soudure bout à bout (TIG, MIG, électrode) | Acier carbone, inox, haute pression | Étanchéité parfaite, résistance mécanique élevée | Nécessite qualification du soudeur, contrôle qualité lourd | | Bride à joint plat ou à joint torique | Réseaux modulables, maintenance fréquente | Démontable, inspection facile | Encombrement, coût du joint | | Raccord à compression (olive) | Tuyaux en cuivre, PEHD, faible pression | Rapide, sans soudure | Limité à basse pression (< 1,6 MPa) | | Sertissage (press‑fit) | Tuyaux en acier inoxydable, réseaux d’air comprimé | Étanchéité fiable, pas de chaleur | Nécessite outil de sertissage spécifique | | Raccord fileté (NPT, BSP) | Petits diamètres, accès difficile | Simple, démontable | Risque de fuite si mauvais filetage, limité à DN ≤ 50 mm | ### B. Procédés de soudure les plus utilisés au Cameroun - **Soudure TIG (Tungsten Inert Gas)** : idéal pour l’inox et les tôles fines (< 3 mm). Gaz de protection : argon pur. - **Soudure MIG/MAG (Metal Inert Gas/Active Gas)** : acier carbone, épaisseur > 3 mm. Mélange argon‑CO₂ (80/20) pour bonne pénétration. - **Soudure à l’électrode enrobée (SMAW)** : travaux de chantier, électrodes E6013 ou E7018 selon la résistance souhaitée. ### C. Préparation des extrémités 1. **Débavurage** : éliminer les bavures internes et externes à la lime ou à l’ébavureur rotatif. 2. **Chanfreinage** : angle de 30°‑35° sur chaque bout, profondeur égale à l’épaisseur de paroi pour permettre la pénétration du cordon de soudure. 3. **Nettoyage** : dégraissage à l’acétone ou à l’alcool isopropylique, puis brossage métallique pour enlever l’oxide. 4. **Alésage** (si nécessaire) : ajuster le diamètre intérieur au diamètre nominal du raccord. ### D. Contrôle qualité de l’assemblage - **Contrôle visuel** : recherche de fissures, de sous‑soudure, de porosité. - **Essai radiographique** (RT) : obligatoire pour les soudures de catégorie A (pression > 1,6 MPa ou fluide dangereux). - **Essai ultrasonore** (UT) : détection de défauts internes sans exposition aux rayons X. - **Essai hydrostatique** : pressurisation à 1,5 × pression de service pendant 10 min, observation de fuites. - **Essai de pénétration colorée** (PT) : pour détecter les défauts de surface sur soudures en acier inoxydable. > Contrôle hydrostatique : pression d’essai = 1,5 × pression de service. ### E. Sécurité lors de l’assemblage - Porter un masque à filtration des fumées (type P100) lorsqu’on soudure de l’inox ou de l’acier galvanisé. - Utiliser des écrans de protection anti‑UV pour le soudage TIG/MIG. - Vérifier l’absence de pression résiduelle avant de couper ou de meuler une conduite (procédure de lock‑out/tag‑out). - Maintenir un extincteur à poudre ou à CO₂ à proximité du poste de soudure. - Respecter les distances de sécurité minimale avec les installations électriques (au moins 0,5 m). ## Synthèse du chapitre - Le tracé doit être le plus court possible tout en respectant les contraintes topographiques, d’accès et de distance de sécurité avec les autres réseaux. - Le choix du matériau dépend de la température, de la pression, de la nature du fluide et des normes d’hygiène ou de sécurité applicables (NTN, arrêtés ministériels). - Le dimensionnement hydraulique s’appuie sur l’équation de Darcy‑Weisbach ; on sélectionne le diamètre nominal en fonction d’une vitesse limite admissible et on vérifie la perte de charge. - La pose comprend la fouille, le lit de sable, le soutien/ancrage, la pente (pour écoulement gravitaire) et le remblai compacté. - Les contrôles pré‑mise en service (essai d’étanchéité, débit, visuel) garantissent la conformité du réseau. - L’assemblage se fait principalement par soudure (TIG, MIG, électrode), bride ou sertissage ; la préparation des extrémités (débavurage, chanfreinage, nettoyage) est cruciale. - Le contrôle qualité comprend inspection visuelle, essais radiographiques/ultrasonores, hydrostatique et pénétration colorée. - La sécurité implique EPI, procédures de lock‑out/tag‑out, ventilation, extincteurs et respect des distances avec les installations électriques. > Objectif : savoir choisir le tracé et le matériau adapté à un fluide donné. > Formule de Darcy-Weisbach : \(\Delta p = f (L/D) (\rho v^{2}/2)\) > Contrôle hydrostatique : pression d’essai = 1,5 × pression de service. > Règle de sécurité : toujours vérifier l'absence de pression avant de couper une tuyauterie. ## Glossaire - **Débit volumique (Q)** : volume de fluide qui traverse une section donnée par unité de temps (m³ s⁻¹). - **Perte de charge** : diminution de la pression d’un fluide due aux frottements contre les parois et aux perturbations locales (Pa). - **Facteur de frottement (f)** : coefficient sans dimension qui dépend du nombre de Reynolds et de la rugosité intérieure du tuyau. - **Nombre de Reynolds (Re)** : rapport des forces d’inertie aux forces visqueuses, utilisé pour caractériser le régime d’écoulement (laminaire ou turbulent). - **Diamètre nominal (DN)** : désignation normalisée du diamètre intérieur d’un tuyau, exprimée en millimètres. - **Bride** : dispositif de raccordement constitué de deux flasques boulonnées avec un joint d’étanchéité entre elles. - **Soudure TIG** : procédé de soudure à l’arc avec électrode de tungstène non consommable et gaz de protection inerte (argon). - **Essai hydrostatique** : test d’étanchéité consistant à pressuriser la conduite avec un liquide (souvent de l’eau) à une pression supérieure à la pression de service. - **Raccord à compression** : assemblage où une olive métallique se déforme sous l’écrou pour assurer l’étanchéité sur le tuyau. - **Lock‑out/tag‑out** : procédure de mise en sécurité consistant à isoler et à verrouiller une source d’énergie avant une intervention. - **PEHD** : polyéthylène haute densité, matériau thermoplastique utilisé pour les tuyaux d’assainissement et d’irrigation. - **Inox 304** : alliage d’acier inoxydable contenant 18 % de chrome et 8 % de nickel, résistant à la corrosion en milieu ordinaire. ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Dimensionnement d’un réseau d’eau potable **Énoncé** : Un lycée de Yaoundé doit alimenter un bloc de 12 lavabos (débit unitaire 0,12 L s⁻¹) et 4 chasses d’eau (débit unitaire 0,25 L s⁻ille). La longueur totale de la conduite principale est de 80 m. Déterminer le diamètre nominal adapté, en supposant une vitesse maximale de 1,5 m s⁻¹ et un coefficient de rugosité correspondant à l’acier neuf (ε = 0,045 mm). **Corrigé** : 1. Débit de conception : - Lavabos : 12 × 0,12 = 1,44 L s⁻¹ - Chasses : 4 × 0,25 = 1,00 L s⁻¹ - \(Q_{c}= (1,44+1,00)×1,2 = 2,93\) L s⁻¹ = 0,00293 m³ s⁻¹ (facteur de sûreté 1,2). 2. Diamètre théorique : \(D_{th}= \sqrt{4Q_{c}/(\pi v_{lim})}= \sqrt{4×0,00293/(π×1,5)} = 0,0499\) m ≈ 50 mm. 3. DN le plus proche : **DN 50** (diamètre intérieur ≈ 48,3 mm). 4. Vitesse réelle : \(v = Q/(πD^{2}/4)=0,00293/(π×0,0483^{2}/4)=1,60\) m s⁻¹ → légèrement au‑dessus de la limite, on passe donc à **DN 65** (DI≈ 60,3 mm). Nouvelle vitesse : \(v=0,00293/(π×0,0603^{2}/4)=1,02\) m s⁻¹ < 1,5 m s⁻¹, acceptable. 5. Vérification de la perte de charge (optionnelle) : avec \(f≈0,018\) (Re≈ 4×10⁴, ε/D≈ 0,0009), \(\Delta p = f (L/D) (\rho v^{2}/2)=0,018×(80/0,0603)×(1000×1,02^{2}/2)≈ 1,2×10^{3}\) Pa ≈ 0,012 bar, négligeable. **Réponse** : DN 65 est le diamètre adapté. ### Exercice 2 – Choix du matériau pour un réseau de vapeur **Énoncé** : Une usine de transformation agroalimentaire à Douala doit transporter de la vapeur saturée à 180 °C sous une pression de 0,6 MPa vers un séchoir. Le fluide est en contact avec l’acier du tuyau. Proposer le matériau le plus approprié parmi les suivants : acier carbone, acier inoxydable 304, cuivre, PEHD. Justifier le choix en termes de résistance à la température, à la pression et à la corrosion. **Corrigé** : - Température 180 °C > limite du PEHD (≈ 60 °C) et du cuivre (≈ 250 °C mais risque d’oxydation rapide en vapeur). - Pression 0,6 MPa est supportable par l’acier carbone et l’inox 304. - En vapeur, l’oxydation de l’acier carbone peut conduire à la formation de rouille interne ; l’inox 304 résiste mieux à l’oxydation à haute température grâce à son teneur en chrome. - Le cuivre, bien que conducteur, est coûteux et sujet à la corrosion par la vapeur contenant des traces d’acide. **Conclusion** : **Acier inoxydable 304** est le matériau recommandé. ### Exercice 3 – Assemblage d’une tuyauterie en acier carbone DN 100 par soudure TIG **Énoncé** : Décrire, étape par étape, la procédure de préparation et de soudure d’un tronçon de tuyauterie DN 100 (épaisseur 6 mm) destiné à transporter de l’air comprimé à 0,8 MPa. Inclure les contrôles qualité à réaliser après soudure. **Corrigé** : 1. **Coupe** : tronçonner le tuyau à la longueur voulue avec une scie à métaux, éviter la déformation. 2. **Débavurage** : éliminer les bavures internes et externes à la lime triangulaire. 3. **Chanfreinage** : réaliser un chanfrein en V de 35° sur chaque bout, profondeur égale à l’épaisseur (6 mm) afin d’obtenir un angle de soudure de 70°. 4. **Nettoyage** : dégraisser à l’acétone, puis brosser avec une brosse en acier inoxydable pour enlever les oxydes. 5. **Alignement** : positionner les deux bouts avec un jeu de 0,5 mm maximum, vérifier l’alignement au niveau à bulle et au rapporteur d’angle. 6. **Soudure TIG** : - Régler le poste à 120 A, argon pur à 12 L min⁻¹. - Amorcer l’arc, effectuer un point de soudure d’ancrage (tack) tous les 50 mm. - Réaliser le cordon de soudure en passant progressivement de la racine au remplissage, en maintenant une vitesse de déplacement constante pour éviter les surchauffes. 7. **Refroidissement** : laisser refroidir à l’air libre, éviter le refroidissement brutal qui pourrait induire des contraintes résiduelles. 8. **Contrôles qualité** : - **Visuel** : recherche de fissures, de sous‑soudure, de débordement. - **Essai pénétrant coloré (PT)** : appliquer le révélateur, vérifier l’absence de traces rouges indiquant des défauts de surface. - **Essai hydrostatique** : pressuriser à 1,2 MPa (1,5× service) pendant 10 min, contrôler l’absence de chute de pression. - **Mesure de pénétration** : si requis, effectuer une coupe métallographique sur un échantillon témoin pour vérifier la profondeur de pénétration (≥ 0,7× épaisseur). **Résultat attendu** : soudure conforme aux exigences de la norme ISO 9692‑1, prête pour mise en service. ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |------------------|-------------|--------------------------------------| | **Oublier de purger l’air avant l’essai hydrostatique** | Formation de poches d’air pouvant entraîner une surpression locale et une rupture du tuyau. | Toujours ouvrir les purgeaux situés aux points hauts et laisser échapper l’air avant de pressuriser. | | **Utiliser une électrode inadaptée (ex. : E6013 pour de l’inox)** | Soudure fragile, risque de fissuration à chaud sous contrainte. | Choisir l’électrode en fonction du matériau de base (E308L pour inox 304, E7018 pour acier carbone). | | **Ne pas respecter la distance de sécurité avec les câbles électriques** | Risque d’arçage, électrocution ou endommagement de l’isolation. | Maintenir au moins 0,5 m entre une conduite métallique et une ligne électrique HT/BT, ou utiliser un séparateur isolant. | | **Souder sans protection respiratoire** | Inhalation de fumées métalliques (oxyde de fer, chrome hexavalent) pouvant provoquer des pathologies pulmonaires. | Porter un masque à filtration P100 ou travailler sous une hotte d’aspiration locale lors du soudage de l’inox ou de l’acier galvanisé. | | **Ne pas vérifier l’alignement avant soudure** | Mauvaise pénétration, contraintes de flexion, risque de fuite sous pression. | Utiliser des gabarits d’alignement et vérifier le jeu (< 0,5 mm) avant le tack. | | **Négliger le nettoyage des extrémités** | Inclusion de particules, oxydes ou graisse entraînant de la porosité et une mauvaise adhérence du métal d’apport. | Dégraisser systématiquement à l’acétone ou à l’alcool isopropylique, puis brosser avant chaque opération de soudure. | --- *Fin du cours de référence.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel paramètre influence principalement le choix du matériau d'une tuyauterie destinée à transporter un fluide corrosif ?
  2. 2. Dans l'équation de Darcy-Weisbach, quelle unité est utilisée pour exprimer le coefficient de rugosité absolue k ?
  3. 3. En hydraulique industrielle, que représente la notion de 'charge perdue' dans un réseau de tuyauterie ?
  4. 4. Calculez le nombre de Reynolds pour de l'eau (ρ=1000 kg/m³, μ=1×10⁻³ Pa·s) s'écoulant à 2 m/s dans un tuyau DN50 (diamètre intérieur 50 mm).
  5. 5. Un tuyau en acier transporte de la vapeur saturée à 2 bar. Avec une contrainte admissible de 150 MPa, quelle épaisseur minimale est requise selon la formule de Barlow pour un tuyau de diamètre extérieur 114,3 mm ?
  6. 6. Pour un écoulement turbulent dans un tuyau d'acier neuf (rugosité relative ε/D = 0,0005) avec Re = 2×10⁵, quel est le facteur de friction approximatif lu sur le diagramme de Moody ?
  7. 7. Un réseau doit débiter 0,05 m³/s d'eau avec une perte de charge admissible de 5 m sur 200 m de tuyau. En utilisant la formule de Hazen-Williams (C=130), quel diamètre intérieur approximatif est nécessaire ?
  8. 8. Quel type de raccord est le plus adapté pour assembler des tuyaux de vapeur haute pression nécessitant un démontage fréquent ?
  9. 9. Un mélange eau-glycol (30 % glycol) à 80 °C a une viscosité de 2,5×10⁻³ Pa·s et une densité de 1050 kg/m³. Avec un débit de 0,02 m³/s dans un tuyau DN80 (diamètre intérieur 78 mm), quelle est la perte de charge sur 100 m de tuyau lisse (f=0,018) ?
  10. 10. Un tuyau d'acier de 30 m transporte de l'huile chaude à 150 °C. Avec un coefficient de dilatation linéaire α = 12×10⁻⁶ /°C et une élévation de température de 120 °C (de 30 °C à 150 °C), quelle est l'extension libre ΔL du tuyau ?