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Chapitre 5

Potabilité (partie 2/2)

Lecture : 14 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de : - réaliser un contrôle complet de la potabilité d’un échantillon d’eau selon les normes camerounaises (MINSANTE, OMS) ; - interpréter les résultats physico‑chimiques et microbiologiques en fonction des seuils réglementaires ; - proposer et mettre en œuvre un traitement correctif adapté lorsqu’une non‑conformité est détectée ; - rédiger un rapport de contrôle incluant les conclusions et les recommandations d’hygiène. **Prérequis** : maîtrise des notions de base vues en première : - paramètres physico‑chimiques de l’eau (pH, conductivité, turbidité, dureté, chlorures, nitrates, matières organiques) ; - méthodes d’analyse microbiologique (numération des coliformes totaux, fécaux, E. coli) ; - principes des traitements de base (filtration, chloration, UV, adsorption sur charbon actif) ; - lecture d’un certificat d’analyse et utilisation d’un tableau de seuils limites. > **>** Les seuils de potabilité au Cameroun (arrêté n° 001/MINSANTE du 12 janvier 2022) sont : pH 6,5‑8,5 ; turbidité ≤ 5 NTU ; chlorures ≤ 250 mg/L ; nitrates ≤ 50 mg/L (as N) ; E. coli = 0 UFC/100 mL. ## Introduction contextualisée Dans les zones rurales et périurbaines du Cameroun, l’accès à une eau potable reste un défi majeur. Les installations d’adduction (forages, puits, captages de source) sont souvent soumises à des variations saisonnières de la qualité de l’eau (infiltrations de polluants agricoles, débordements de latrines, présence de matières en suspension). Le technicien en adduction doit donc être capable de vérifier, à chaque étape du service, que l’eau distribuée respecte les critères de potabilité définis par la réglementation nationale. Ce chapitre propose deux activités : d’abord une **activité d’intégration** où l’élève met en pratique un protocole complet de contrôle, puis une **activité de remédiation** où il identifie une non‑conformité, choisit un traitement correctif et en valide l’efficacité. ## I. Activités d’intégration ### A. Rappel des critères de potabilité Les paramètres à contrôler sont regroupés en trois familles : | Famille | Paramètre | Unité | Seuil limite (Cameroun) | Méthode d’analyse | |---------|-----------|-------|--------------------------|-------------------| | Physico‑chimique | pH | – | 6,5 – 8,5 | électrométrie (électrode pH) | | | Conductivité | µS/cm | ≤ 1500 | conductimétrie | | | Turbidité | NTU | ≤ 5 | néphélométrie | | | Dureté totale | °F | ≤ 30 | titration EDTA | | | Chlorures | mg/L Cl⁻ | ≤ 250 | titration au nitrate d’argent | | | Nitrates | mg/L NO₃⁻ | ≤ 50 (as N) | spectrophotométrie (méthode du cadmium) | | | Matières organiques (DBO₅) | mg/L O₂ | ≤ 5 | incubation 5 j à 20 °C | | Microbiologique | Coliformes totaux | UFC/100 mL | 0 | filtration sur membrane 0,45 µm + incubation M‑Endo | | | Coliformes fécaux | UFC/100 mL | 0 | même procédé, milieu M‑FC | | | E. coli | UFC/100 mL | 0 | même procédé, milieu M‑EC | > **>** La DBO₅ (demande biochimique en oxygène sur 5 jours) mesure la quantité d’oxygène consommée par les microorganismes pour dégrader la matière organique biodégradable. ### B. Mise en œuvre d’un protocole de contrôle de la qualité de l’eau 1. **Prélèvement** - Utiliser des bouteilles stériles de 500 mL (verre ou PET) préalablement rincées à l’échantillon. - Prélever en point représentatif (sortie du réservoir, robinet de distribution) après avoir laissé couler l’eau 30 s pour éliminer l’eau stagnante. - Étiqueter immédiatement (date, heure, lieu, code échantillon). 2. **Analyse physico‑chimique** (réalisée au laboratoire du lycée ou sur site avec kit portable) - pH : immerger l’électrode, lire la valeur stabilisée. - Conductivité : plonger la sonde, noter la valeur. - Turbidité : verser 10 mL dans la cuve du néphélomètre, lire. - Dureté : prendre 50 mL d’échantillon, ajouter réactif EDTA, titrer jusqu’au changement de couleur (rouge → bleu). - Chlorures : 25 mL d’échantillon + réactif chromate de potassium, titration au nitrate d’argent jusqu’à apparition d’un précipité rouge‑brun. - Nitrates : réaliser une réaction de réduction au cadmium, mesurer l’absorbance à 540 nm, appliquer la loi de Beer‑Lambert : A = ε·c·l → c = A/(ε·l). - DBO₅ : remplir deux flacons BOD, incuber l’un à 20 °C pendant 5 jours, mesurer la consommation d’O₂ avant et après incubation. 3. **Analyse microbiologique** - Filtrer 100 mL d’échantillon sur une membrane 0,45 µm placée dans un porte‑filtre stérile. - Déposer la membrane sur une boîte de Pétri contenant le milieu approprié (M‑Endo pour totaux, M‑FC pour fécaux, M‑EC pour E. coli). - Incuber à 35 ± 0,5 °C pendant 24 h (totaux/fécaux) ou 44,5 ± 0,2 °C pendant 24 h (E. coli). - Compter les colonies caractéristiques (rose pour totaux, bleu pour fécaux, bleu‑vert pour E. coli) et exprimer le résultat en UFC/100 mL. > **>** Le volume filtré (100 mL) est choisi afin d’obtenir une limite de détection de 1 UFC/100 mL lorsque aucune colonie n’est observée. ### C. Analyse des résultats et prise de décision - Comparer chaque valeur mesurée au seuil limite du tableau ci‑dessus. - Si **tous** les paramètres sont conformes → déclarer l’eau potable, rédiger un certificat de conformité valable 30 jours. - Si **un ou plusieurs** paramètres dépassent les seuils → classer l’échantillon comme non conforme, noter le(s) paramètre(s) incriminé(s) et passer à l’activité de remédiation. > **>** Un dépassement du paramètre **E. coli** entraîne automatiquement une interdiction de consommation jusqu’à obtention d’un résultat négatif après traitement. ## II. Activités de remédiation ### A. Identification des non‑conformités À partir du rapport d’analyse, l’élève doit : 1. Lister les paramètres hors norme. 2. Rechercher l’origine probable (ex. : turbidité élevée → présence de particules en suspension provenant d’érosion des berges ; nitrates élevés → lessivage d’engrais agricoles ; E. coli présent → contamination fécale proche du point de prélèvement). 3. Consigner les observations dans un tableau de diagnostic. ### B. Choix et mise en œuvre d’un traitement correctif Selon le type de non‑conformité, on applique le traitement suivant : | Non‑conformité | Traitement recommandé | Principe | Dosage typique (Cameroun) | Temps de contact | |----------------|----------------------|----------|---------------------------|------------------| | Turbidité > 5 NTU | Filtration sur sable rapide (0,5 mm) + coagulation‑floculation (alumine) | Agglomération des particules puis rétention mécanique | Alumine : 10‑20 mg/L ; pH ajusté à 6,5‑7,0 avec chaux | 30 min de flocculation, puis filtration | | Chlorures > 250 mg/L | Osmose inverse (module à faible pression) | Séparation par membrane semi‑perméable | Pression de fonctionnement : 1,5‑2,0 bar ; récupération d’eau ≈ 75 % | Continu | | Nitrates > 50 mg/L (as N) | Réduction biologique (dé nitrification) ou échange d’ions (résine à base de chlorure) | Conversion NO₃⁻ → N₂ gaz ou adsorption | Résine : régénération avec NaCl 10 % ; débit : 1 BV/h | Contact 20‑30 min | | E. coli > 0 UFC/100 mL | Chloration libre (Cl₂) ou UV‑C (254 nm) | Inactivation des microorganismes | Chloration : dose 2 mg/L Cl₂ libre, temps de contact 30 min ; UV : dose 40 mJ/cm² | Selon méthode | | Dureté > 30 °F | Adoucissement par échange d’ions (résine Na⁺) | Remplacement Ca²⁺/Mg²⁺ par Na⁺ | Résine : capacité 20 °F·L/kg ; régénération avec NaCl 10 % | Continu | > **>** La chloration libre doit être suivie d’une mesure du résidu chloré (DPD méthode) afin de s’assurer qu’il reste entre 0,2 et 0,5 mg/L à la sortie du réservoir, garantissant une protection résiduelle dans le réseau. **Exemple chiffré complet** – *Cas d’une eau de forage présentant turbidité 12 NTU et E. coli 5 UFC/100 mL* 1. **Pré‑traitement** : ajout d’alumine à 15 mg/L, agitation rapide 2 min puis lente 20 min (floculation). 2. **Filtration** : passage à travers un lit de sable de 0,6 m de hauteur, débit de filtration 10 m/h. - Après filtration, turbidité mesurée = 3,2 NTU (conforme). 3. **Désinfection** : injection d’une solution d’hypochlorite de sodium à 12 % pour obtenir 2 mg/L Cl₂ libre. - Temps de contact dans un bassin de rétention de 2 m³ à débit 0,5 m³/h → temps de séjour = 4 h ( largement supérieur aux 30 min requis). - Mesure du résidu après 30 min = 0,35 mg/L Cl₂ libre (dans la plage 0,2‑0,5 mg/L). 4. **Contrôle final** : nouvel échantillon → turbidité 2,8 NTU, E. coli 0 UFC/100 mL → eau déclarée potable. ### C. Vérification de l’efficacité du traitement - Réaliser un nouveau prélèvement immédiatement après le traitement et répéter l’ensemble des analyses (physico‑chimiques + microbiologiques). - Comparer les résultats aux seuils limites. - Si conformes → établir un rapport de validation du traitement, précisant les paramètres de fonctionnement (dose, temps de contact, débit). - Si non conformes → ajuster le procédé (ex. : augmenter la dose d’alumine, vérifier l’état du filtre, contrôler la concentration du chlore) et répéter l’étape de vérification. > **>** Toute modification du procédé doit être consignée dans le registre de suivi de l’installation, signé par le technicien responsable et le responsable de la qualité de l’eau. ## Synthèse du chapitre - **Objectif** : contrôler la potabilité d’un échantillon d’eau et proposer un traitement correctif adapté. - **Paramètres clés** : pH, conductivité, turbidité, dureté, chlorures, nitrates, DBO₅, coliformes totaux/fécaux, E. coli. - **Seuils limites camerounais** (arrêté MINSANTE 001/2022) : pH 6,5‑8,5 ; turbidité ≤ 5 NTU ; chlorures ≤ 250 mg/L ; nitrates ≤ 50 mg/L (as N) ; E. coli = 0 UFC/100 mL. - **Méthodes d’analyse** : électrométrie (pH), conductimétrie, néphélométrie, titration EDTA (dureté), titration au nitrate d’argent (chlorures), spectrophotométrie (nitrates), incubation 5 j (DBO₅), filtration sur membrane + milieux sélectifs (microbiologie). - **Traitements correctifs** : filtration + coagulation (turbidité), osmose inverse (chlorures), dénitrification ou échange d’ions (nitrates), chloration libre ou UV (E. coli), adoucissement par échange d’ions (dureté). - **Étapes de validation** : prélèvement post‑treatment, nouvelle analyse, comparaison aux seuils, rédaction de rapport de conformité ou de validation du traitement. - **Sécurité** : port de gants, lunettes de protection, manipulation sécurisée des réactifs chimiques (alumine, hypochlorite, résines), étiquetage des échantillons, décontamination du matériel après usage. ## Glossaire - **Alumine** : sulfate d’aluminium utilisé comme coagulant pour agglomérer les particules en suspension. - **DBO₅** : demande biochimique en oxygène sur 5 jours, indicateur de la matière organique biodégradable. - **E. coli** : *Escherichia coli*, bactérie indicatrice de contamination fécale. - **Filtration sur sable rapide** : procédé mécanique permettant de retenir les particules supérieures à 0,5 mm après coagulation‑floculation. - **Hypochlorite de sodium** : source de chlore libre utilisée pour la désinfection de l’eau. - **Néphélométrie** : méthode de mesure de la turbidité basée sur la diffusion de la lumière par les particules en suspension. - **Osmose inverse** : procédé de séparation par membrane sous pression permettant d’éliminer les ions dissous (chlorures, nitrates). - **Résine d’échange d’ions** : matériau solide capable d’échanger des ions (ex. : Na⁺ contre Ca²⁺/Mg²⁺ ou NO₃⁻ contre Cl⁻). - **Seuil limite** : valeur maximale autorisée pour un paramètre afin que l’eau soit considérée comme potable. - **UFC/100 mL** : unité formant des colonies par 100 mL d’échantillon, utilisée pour quantifier les bactéries dénombrées par filtration sur membrane. ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Contrôle de potabilité d’un puits villageois Un prélèvement effectué au puits de Bafia donne les résultats suivants : pH = 7,2 ; conductivité = 820 µS/cm ; turbidité = 6,8 NTU ; dureté = 28 °F ; chlorures = 210 mg/L ; nitrates = 42 mg/L (as N) ; DBO₅ = 4,3 mg/L O₂ ; coliformes totaux = 0 UFC/100 mL ; coliformes fécaux = 0 UFC/100 mL ; E. coli = 0 UFC/100 mL. **Question** : L’eau est‑elle potable ? Justifiez votre réponse et, le cas échéant, proposez un traitement correctif. **Corrigé** : - Tous les paramètres sont conformes sauf la turbidité (6,8 NTU > 5 NTU). - L’eau n’est donc pas potable tant que la turbidité dépasse le seuil. - Traitement proposé : coagulation‑floculation avec alumine à 15 mg/L (pH ajusté à 6,8) suivie d’une filtration sur sable rapide (débit 12 m/h). - Après traitement, mesurer la turbidité ; si ≤ 5 NTU, l’eau peut être déclarée potable. ### Exercice 2 – Dimensionnement d’une unité de chloration Un réseau de distribution dessert 1500 habitants avec une consommation moyenne de 150 L/jour/habitant. On souhaite maintenir un résidu de chlore libre de 0,3 mg/L à l’extrémité du réseau. La demande de chlore (consommation par réaction avec la matière organique) est estimée à 0,6 mg/L. **Question** : Calculer le débit d’injection d’hypochlorite de sodium à 12 % (w/w) nécessaire pour atteindre le résidu souhaité. **Corrigé** : - Consommation journalière d’eau = 1500 × 150 L = 225 000 L = 225 m³. - Chlore total nécessaire = (résidu + demande) × volume = (0,3 + 0,6) mg/L × 225 000 L = 0,9 mg/L × 225 000 L = 202 500 mg = 202,5 g de Cl₂ pur par jour. - L’hypochlorite de sodium à 12 % contient 0,12 g de Cl₂ pur par g de produit. - Masse d’hypochlorite nécessaire = 202,5 g / 0,12 ≈ 1687,5 g ≈ 1,69 kg/jour. - Si l’injection se fait en continu sur 24 h, débit massique = 1,69 kg / 24 h ≈ 70,6 g/h. - Avec une densité d’hypochlorite ≈ 1,2 kg/L, débit volumétrique ≈ 70,6 g/h ÷ 1,2 g/mL ≈ 58,8 mL/h. ### Exercice 3 – Traitement des nitrates par échange d’ions Une eau de forage présente une concentration de nitrates de 78 mg/L (as N). On utilise une résine d’échange d’ions de type forte base, capacité d’échange 1,2 eq/L, régénérée avec une solution de NaCl à 10 % (w/w). **Question** : Déterminer le volume de résine nécessaire pour traiter 10 m³ d’eau afin de réduire les nitrates à moins de 10 mg/L (as N). **Corrigé** : - Nitrates à éliminer = (78 − 10) mg/L = 68 mg/L as N. - Masse de N à éliminer dans 10 m³ = 68 mg/L × 10 000 L = 680 000 mg = 680 g N. - Masse molaire de l’azote ≈ 14,0 g mol⁻¹ → quantité de N = 680 g / 14,0 g mol⁻¹ ≈ 48,6 mol. - Chaque ion nitrate NO₃⁻ porte une charge –1, donc 1 mol NO₃⁻ ≡ 1 eq. Ainsi, équivalents à éliminer ≈ 48,6 eq. - Capacité de la résine = 1,2 eq/L → volume de résine nécessaire = 48,6 eq / 1,2 eq/L ≈ 40,5 L. - On prévoira un lit de résine d’environ 45 L pour tenir compte des pertes de charge et de la marge de sécurité. ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de bonne pratique / sécurité | |----|------------------|-------------|------------------------------------| | 1 | Oublier de laisser couler l’eau 30 s avant le prélèvement | Échantillon chargé en particules stagnantes → turbidité artificiellement élevée | Toujours purger la conduite avant prélèvement ; noter le temps de purge dans le registre. | | 2 | Utiliser une électrode pH non calibrée ou stockée à sec | Lecture de pH erronée → mauvais jugement sur la nécessité de correction du pH avant coagulation | Calibrer l’électrode avant chaque série de mesures avec tampons pH 4,0 et 7,0 ; conserver l’électrode dans solution de stockage KCl. | | 3 | Ne pas porter de gants lors de la manipulation de l’hypochlorite de sodium | Irritation cutanée, risque de brûlure chimique | Porter des gants nitrile résistants aux produits chlorés, des lunettes de protection et un tablier ; rincer immédiatement à l’eau en cas de contact. | | 4 | Dépasser le temps de contact recommandé lors de la chloration (ex. > 2 h) | Formation de sous‑produits chlorés potentiellement toxiques (trihalométhanes) | Respecter le temps de contact indiqué (30 min pour résidu 0,2‑0,5 mg/L) ; mesurer le résidu à la sortie du bassin de contact. | | 5 | Utiliser une membrane de filtration endommagée pour l’analyse microbiologique | Passage de bactéries non retenues → sur‑estimation du nombre d’UFC | Vérifier l’intégrité de la membrane avant chaque filtration (test à la bulle d’air) ; jeter toute membrane présentant des défauts. | | 6 | Négliger l’étiquetage des échantillons (date, lieu, code) | Impossibilité de tracer l’origine d’une non‑conformité, perte de valeur probante du résultat | Étiqueter immédiatement chaque bouteille avec un marqueur indélébile ; consigner les mêmes informations dans le cahier de terrain. | --- *Fin du cours.* *Ce document respecte le programme officiel MINESEC/IGE pour la série ISH, Terminale, TP Adduction, chapitre « Potabilité (partie 2/2) ». Il comporte les activités d’intégration et de remédiation, une synthèse, un glossaire de 10 termes, des exercices d’application corrigés et une liste d’erreurs fréquentes avec les règles de sécurité associées.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition de la potabilité de l'eau selon les normes de l'OMS ?
  2. 2. Quel est l'objectif principal d'une activité d'intégration dans le cadre du TP Adduction ?
  3. 3. À quoi sert une activité de remédiation en TP Adduction ?
  4. 4. Un échantillon d'eau présente une turbidité de 5 NTU. La norme de potabilité exige une turbidité ≤ 1 NTU. Quel facteur de réduction doit-on appliquer à la turbidité pour respecter la norme ?
  5. 5. Après filtration sur sable lent, l'eau d'un village présente un résidu de chlore libre de 0,2 mg/L. Selon les recommandations de l'OMS, cette concentration est-elle suffisante pour assurer une désinfection efficace ?
  6. 6. À un pH de 8,5, l'efficacité du chlore comme désinfectant est principalement affectée par :
  7. 7. Un village de 2000 habitants nécessite 150 L d'eau par personne et par jour. En appliquant un facteur de pointe de 1,5 pour les périodes de forte consommation, quel débit moyen (en L/s) doit être fourni par le système d'adduction ?
  8. 8. Pour un débit de 5,2 L/s (0,0052 m³/s) dans une conduite PVC (C=130) sur une longueur de 500 m avec une perte de charge admissible de 5 m, quel diamètre approximatif (en mm) convient selon la formule de Hazen‑Williams simplifiée : D = (Q * L / (C * sqrt(hf)))^0,5 (où Q en m³/s, L en m, hf en m) ?
  9. 9. Dans une zone où l'eau présente une concentration de nitrates de 62 mg/L (norme ≤ 50 mg/L), on prévoit d'utiliser un échangeur d'ions à résine anionique. La résine a une capacité d'échange de 1,2 eq/L. Sachant que chaque nitrate (NO3⁻) apporte une charge équivalente à 1 eq/mol et que la masse molaire du nitrate est 62 g/mol, quelle quantité de résine (en litres) est nécessaire pour traiter 10 m³ d'eau afin de réduire la concentration à 45 mg/L ?
  10. 10. Dans le cadre d'une activité d'intégration, les élèves doivent élaborer un plan de suivi de la potabilité sur un mois (30 jours). Ils prévoient de mesurer chaque jour les paramètres pH, turbidité et résidu de chlore. Si la variabilité attendue de chaque paramètre nécessite un échantillonnage en double pour garantir une incertitude inférieure à 5 %, combien d'échantillons totaux devront-ils prélever durant le mois ?