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Chapitre 10

DEGATS CAUSES LES CHAMPIGNONS (partie 2/2)

Lecture : 16 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de - expliquer les principes de la remédiation des sols contaminés par des agents pathogènes fongiques ; - mettre en œuvre, étape par étape, un protocole de traitement biologique ou chimique adapté aux plantations forestières camerounaises ; - identifier les principaux dégâts causés par les champignons sur les arbres forestiers (décoloration, nécrose, pourriture du bois, affaiblissement structurel) ; - proposer des mesures préventives et curatives conformes aux normes du MINESEC/IGE (hygiène, sécurité, utilisation des produits phytosanitaires) ; - réaliser un bilan simple d’efficacité d’un traitement (taux de survie, indice de dégradation) et interpréter les résultats. **Prérequis** : - notions de base en mycologie (spores, mycélium, fructification) acquises en classe de Première ; - connaissance des principaux groupes d’arbres forestiers du Cameroun (ex. : *Triplochiton scleroxylon*, *Entandrophragma cylindricum*, *Aucoumea klaineana*) ; - notions de sécurité en manipulation de produits chimiques (port des EPI, lecture des fiches de données de sécurité) ; - capacité à lire un schéma de traitement et à suivre un protocole opératoire standard. --- ## Introduction contextualisée Dans les zones forestières du Cameroun, la prolifération de champignons pathogènes représente une menace majeure pour la productivité du bois d’œuvre et la conservation de la biodiversité. Les espèces telles que *Armillaria mellea* (pourriture blanche), *Fomes fomentarius* (pourriture rouge) et divers *Ceratocystis* spp. provoquent des pertes économiques estimées à plusieurs milliards de francs CFA chaque année. Par ailleurs, la remédiation des sols contaminés après coupe ou après incendie est devenue une étape incontournable des programmes de reboisement soutenus par le MINESEC. Ce chapitre aborde donc, d’une part, les techniques de remédiation permettant de réduire l’inoculum fongique dans le sol et, d’autre part, les symptômes spécifiques des dégâts causés sur les arbres forestiers, afin de préparer les élèves aux interventions réelles sur le terrain ou en atelier de traitement du bois. --- ## I. Activités de remediation ### 1. Principes généraux de la remédiation fongique La remédiation vise à diminuer la densité des propagules (spores, mycélium) dans le sol ou le substrat afin de prévenir la réinfection des jeunes plants. Elle s’appuie sur trois leviers complémentaires : - **Physique** : solarisation, fumigation à la vapeur, retrait du matériau contaminé. - **Chimique** : application de fongicides de contact ou systémiques homologués (ex. : mancozeb, thiophanate‑méthyl) selon les doses prescrites par le Comité national de phytoprotection. - **Biologique** : utilisation d’antagonistes (Trichoderma spp., Bacillus subtilis) ou de amendements organiques favorisant la microflore compétitive. > **>** La remédiation doit toujours commencer par une analyse préliminaire du sol (pH, matière organique, densité de spores) afin d’ajuster le choix du procédé. ### 2. Protocole de solarisation (méthode physique) **Objectif** : augmenter la température du sol à 45‑55 °C sur une profondeur de 20‑30 cm pendant 4‑6 semaines pour détruire les propagules fongiques thermosensibles. **Matériel** : film polyéthylène translucide (épaisseur 0,05 m), ancres ou sacs de sable, thermomètre à sonde. **Étapes** : 1. **Préparation du sol** : labourer à 20 cm, éliminer les résidus végétaux, niveler la surface. 2. **Humidification** : arroser jusqu’à atteindre 12‑15 % d’humidité gravimétrique (facilite la conduction thermique). 3. **Pose du film** : étirer le polyéthylène sur toute la parcelle, fixer les bords avec des ancres ou du sable afin d’éviter les infiltrations d’air. 4. **Suivi thermique** : relever la température à 10 cm de profondeur deux fois par jour ; maintenir ≥45 °C pendant au moins 30 jours consécutifs. 5. **Retrait du film** : après la période, enlever le film, laisser le sol se reposer 48 h avant le repiquage. **Exemple chiffré** : Pour une parcelle de 0,5 ha (5 000 m²), il faut environ 5 000 m² de film polyéthylène. Si l’on utilise des rouleaux de 5 m de largeur, la longueur nécessaire est de 1 000 m. Le coût moyen du film au Cameroun est de 150 F CFA/m², soit un investissement de 750 000 F CFA. > **>** La solarisation est interdite dans les zones protégées où l’utilisation de plastique non biodégradable est réglementée ; privilégier alors la fumigation à la vapeur ou les méthodes biologiques. ### 3. Traitement chimique de contact **Produit recommandé** : mancozeb 80 % WP (poudre mouillable). **Dose** : 2 g de substance active par litre d’eau, soit 2,5 g de WP/L (puisque la formulation contient 80 % de substance active). **Application** : pulvérisation à 200‑250 L/ha à l’aide d’un pulvérisateur à pression constante (2‑3 bar). **Précautions** : porter combinaison, gants nitrile, masque à cartouche P2 ; respecter le délai de rentrée de 48 h après traitement avant toute activité culturale. **Calcul de la quantité nécessaire** : pour 1 ha, volume de bouillie = 200 L → quantité de WP = 200 L × 2,5 g/L = 500 g = 0,5 kg de mancozeb WP. > **>** Toujours vérifier la date de péremption et le numéro de lot du fongicide ; tout produit périmé doit être éliminé selon la procédure de déchets dangereux du MINEEP. ### 4. Approche biologique (antagoniste Trichoderma harzianum) **Inoculum** : préparation d’une suspension de 10⁸ conidies ml⁻¹ dans de l’eau stérile additionnée de 0,1 % de Tween 80. **Application** : arrosage du sol à raison de 10 L de suspension / m² (soit 100 L / ha) immédiatement après le labour. **Effet attendu** : réduction de 70‑80 % de la densité de *Armillaria* spp. après 30 jours, grâce à la compétition pour les niches et la production d’enzymes lytiques. > **>** Les formulations commerciales de Trichoderma doivent être conservées à 4 °C et utilisées dans les 2 semaines suivant la réhydratation. ### 5. Suivi et évaluation de l’efficacité - **Méthode** : prélever cinq carottes de sol (2 cm de diamètre, 20 cm de profondeur) avant traitement et après 30 jours ; réaliser un comptage de spores sur milieu PDA (potato dextrose agar). - **Indice de réduction** : IR = (N₀ − N₁)/N₀ × 100 % où N₀ = densité initiale, N₁ = densité post‑traitement. - **Seuil d’acceptabilité** : IR ≥ 60 % considéré comme efficace pour la replantation. --- ## II. Leçon 17 : les dégâts causés sur les arbres forestiers ### 1. Classification des symptômes fongiques | Type de dégât | Agent fongique fréquent | Symptômes visibles | Conséquence sur l’arbre | |---------------|------------------------|--------------------|--------------------------| | Pourriture blanche | *Armillaria mellea*, *Ganoderma* spp. | Décoloration jaune‑blanchâtre du bois, présence de mycélium en plaques blanches, odeur de moisi | Perte de résistance mécanique, risque de chute | | Pourriture rouge | *Fomes fomentarius*, *Phellinus igniarius* | Zones rougeâtres à brun foncé, formation de conques dures, fissuration de l’écorce | Altération du duramen, diminution de la densité du bois | | Chancre cortical | *Ceratocystis fimbriata*, *Botryosphaeria spp.* | Lésions nécrotiques circonscrites, exsudation de résine, formation de chancres entourés d’un halo jaune | Blocage du flux de sève, dépérissement partiel | | Flétrissement vasculaire | *Verticillium albo-atrum*, *Fusarium oxysporum* | Jaunissement prématuré du feuillage, flétrissement des branches, présence de vasculaire brun en coupe transversale | Mort rapide de l’arbre, surtout chez les jeunes plants | | Racines pourries | *Phytophthora spp.*, *Pythium spp.* | Pourriture humide des racines, décollement de l’écorce racinaire, odeur de terre mouillée | Instabilité ancillaire, sensibilité au vent | > **>** Chaque symptôme doit être confirmé par une observation microscopique (préparation de lames, coloration au bleu de lactophénol) ou par un test de culture sur milieu sélectif. ### 2. Mécanismes pathogènes - **Enzymes cellulolytiques et lignolytiques** (cellulases, laccases, peroxydases) dégradent les parois cellulaires du bois, libérant des sucres utilisés par le champignon. - **Toxines secondaires** (ex. : verticilline, fumonisines) perturbent le métabolisme de l’hôte, provoquant la nécrose des tissus. - **Colonisation du système vasculaire** : le mycélium obstrue les vaisseaux du xylème, entraînant un déficit hydrique et le flétrissement. > **>** La vitesse de progression du mycélium dans le bois varie de 0,5 à 2 mm/j selon l’espèce fongique et les conditions de température/humidité. ### 3. Facteurs favorisant l’infection | Facteur | Influence sur le développement fongique | |---------|------------------------------------------| | Blessures mécaniques (ébranchage, débardage) | Portes d’entrée pour les spores | | Humidité relative > 80 % pendant > 48 h | Germination des spores et croissance du mycélium | | Température entre 20 °C et 30 °C | Optimal pour la plupart des pathogènes tropicaux | | Stress hydrique ou nutritionnel | Affaiblissement des défenses de l’arbre | | Présence de débris ligneux en décomposition | Réservoir d’inoculum (souches, branches mortes) | > **>** En gestion forestière camerounaise, il est recommandé de limiter le débit de débardage à moins de 15 m³/ha/jour afin de réduire les blessures mécaniques. ### 4. Exemple de diagnostic sur le terrain (situation professionnelle) **Contexte** : Une parcelle de 2 ha de *Triplochiton scleroxylon* située dans la région du Littoral présente un jaunissement généralisé du couvert et des signes de pourriture à la base des troncs. **Étapes du diagnostic** : 1. **Observation visuelle** : repérage de zones de décoloration jaune‑blanchâtre du bois à 0,5‑1,5 m du sol, présence de mycélium blanc en plaques sous l’écorce. 2. **Prélèvement** : prélever trois échantillons de bois (10 cm × 5 cm × 2 cm) à différentes hauteurs (base, mi‑hauteur, couronne) à l’aide d’un couteau forestier stérilisé. 3. **Mise en culture** : placer chaque échantillon sur milieu PDA additionné de streptomycine (100 mg/L) ; incuber à 25 °C pendant 5‑7 jours. 4. **Identification** : observer la colonie (texture, couleur, présence de sclérotes) ; réaliser un test de germination des spores sur lame au bleu de lactophénol. 5. **Résultat** : croissance rapide de colonies blanches à marges filamenteuses, formation de sclérotes noirs → identification présumée d’*Armillaria mellea*. **Interprétation** : la présence de mycélium sous l’écorce et de sclérotes confirme une pourriture blanche avancée ; l’arbre présente une perte de résistance estimée à 30‑40 % (mesurée par essai de flexion sur échantillon témoin). > **>** Tout prélèvement doit être placé dans un sac hermétique étiqueté (date, parcelle, coordonnées GPS) et transmis au laboratoire de phytopathologie du MINRESI dans les 24 h suivant la collecte. ### 5. Stratégies de lutte intégrée | Niveau d’action | Mesure | Objectif | |-----------------|--------|----------| | Préventif | Sélection de clones résistants (ex. : *T. scleroxylon* issu de programmes de sélection au Centre de Recherche Forestière de Yaoundé) | Réduire la susceptibilité génétique | | Préventif | Élagage sanitaire (élimination des branches mortes, brûlage contrôlé des résidus) | Diminuer l’inoculum résiduel | | Curatif | Application de fongicide systémique (ex. : thiophanate‑méthyl 20 % SC à 0,1 % v/v) par injection tronquée (2‑3 ml / m de diamètre) | Arrêter la progression du mycélium dans le bois | | Curatif | Traitement biologique par pulvérisation de suspension de *Trichoderma harzianum* (10⁸ conidies ml⁻¹) sur les plaies d’élagage | Competitive exclusion du pathogène | | Suivi | Surveillance trimestrielle avec contrôle visuel et prélèvements ponctuels | Détecter tôt toute réinfection | > **>** L’injection de fongicide doit être réalisée avec un dispositif à aiguille stérile, sous pression de 0,5‑1 bar, et le trou d’injection doit être refermé avec du mastic à base de cire d’abeille pour éviter les nouvelles contaminations. ### 6. Aspects réglementaires et de sécurité - **Homologation** : seuls les produits figurant sur la liste nationale des produits phytosanitaires autorisés (arrêté MINAGRI n° 2022‑015) peuvent être utilisés. - **Délai de rentrée** : respecter le délai indiqué sur l’étiquette (généralement 48 h pour les fongicides de contact, 72 h pour les systémiques). - **Équipement de protection individuelle (EPI)** : combinaison imperméable, gants nitrile, lunettes de protection, masque à cartouche P2 (filtration des aérosols). - **Gestion des déchets** : les contenants vides doivent être rincés trois fois, puis déposés dans les points de collecte des déchets dangereux agréés par le MINEEP. - **Formation** : tout opérateur doit avoir suivi une formation de 8 h sur la manipulation des produits phytosanitaires, renouvelable tous les deux ans. > **>** Le non‑respect du délai de rentrée constitue une infraction passible d’une amende de 50 000 F CFA par hectare traité, conformément au décret n° 2021‑087 du MINAGRI. --- ## Synthèse du chapitre - **Remédiation** : solarisation, fumigation à la vapeur, traitement chimique (mancozeb, thiophanate‑méthyl) et antagonistes biologiques (Trichoderma) permettent de réduire l’inoculum fongique du sol avant reboisement. - **Protocole de solarisation** : labour, humidification à 12‑15 %, pose de film PE, suivi thermique ≥45 °C pendant 30 jours, retrait du film. - **Dégâts sur arbres forestiers** : pourriture blanche (*Armillaria*), pourriture rouge (*Fomes*), chancre cortical (*Ceratocystis*), flétrissement vasculaire (*Verticillium/Fusarium*), racines pourries (*Phytophthora/Pythium*). - **Symptômes clés** : décoloration du bois, présence de mycélium, nécrose corticale, jaunissement du feuillage, pourriture humide des racines. - **Facteurs favorisant** : blessures mécaniques, humidité > 80 %, température 20‑30 °C, stress hydrique, présence de débris ligneux. - **Lutte intégrée** : sélection de clones résistants, élagage sanitaire, injection de fongicide systémique, application de *Trichoderma*, suivi régulier. - **Sécurité** : port d’EPI, respect des délais de rentrée, gestion des déchets dangereux, homologation des produits, formation obligatoire. --- ## Glossaire - **Mycélium** : réseau de filaments hyphes qui constitue le corps végétatif du champignon. - **Spores** : unités de reproduction disséminées, capables de germer en présence d’eau et de nutriments appropriés. - **Pourriture blanche** : dégradation du lignane et de la cellulose laissant un bois blanc, fibreux et spongieux. - **Pourriture rouge** : altération du bois donnant une coloration rougeâtre à brun foncé, souvent associée à la formation de conques dures. - **Chancre cortical** : lésion nécrotaire limitée de l’écorce, souvent entourée d’un halo jaune, provoquée par des champignons pathogènes du cambium. - **Flétrissement vasculaire** : obstruction du xylème par le mycélium ou des toxines, entraînant un jaunissement et un affaissement rapide du feuillage. - **Antagoniste** : micro‑organisme (ex. : *Trichoderma*) qui inhibe la croissance d’un pathogène par compétition, parasitisme ou production de métabolites antifongiques. - **Solarisation** : technique de désinfection du sol utilisant l’énergie solaire piégée sous un film plastique transparent pour atteindre des températures létales pour les pathogènes. - **Fongicide systémique** : produit phytosanitaire absorbé par la plante et translocé vers les tissus où il agit sur le pathogène. - **Élagage sanitaire** : coupe des branches mortes ou malades afin de réduire les réserves d’inoculum et favoriser la guérison de l’arbre. - **Délai de rentrée** : période pendant laquelle il est interdit de rentrer dans une parcelle traitée après application d’un produit phytosanitaire, afin de garantir la dissipation du produit et la sécurité des travailleurs. - **Inoculum** : quantité de propagules (spores, mycélium) capable d’initier une infection lorsqu’elle entre en contact avec un hôte vulnérable. - **PDA (Potato Dextrose Agar)** : milieu de culture standard utilisé pour l’isolement et la caractérisation des champignons filamenteux. - **Sclérote** : structure de survie dure et mélanisée formée par certains champignons, permettant la persistance dans le sol défavorable. --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Calcul de la dose de fongicide pour une parcelle **Consigne** : Une plantation de 1,2 ha d’*Entandrophragma cylindricum* doit être traitée contre *Ceratocystis fimbriata* avec du thiophanate‑méthyl 20 % SC (concentration commerciale). La dose recommandée est de 0,1 % v/v (volume de produit pur pour 100 volumes d’eau). Préparer la bouillie pour un pulvérisateur de 300 L. **Corrigé** : - Volume de produit pur nécessaire = 0,1 % × 300 L = 0,001 × 300 L = 0,3 L de thiophanate‑méthyl pur. - Comme la formulation contient 20 % de principe actif, le volume de formulation à ajouter = (0,3 L) / 0,20 = 1,5 L de thiophanate‑méthyl 20 % SC. - Compléter avec de l’eau jusqu’à 300 L → ajouter 298,5 L d’eau. **Réponse** : 1,5 L de thiophanate‑méthyl 20 % SC + 298,5 L d’eau pour obtenir 300 L de bouillie à 0,1 % v/v. --- ### Exercice 2 – Détermination de l’indice de réduction (IR) après solarisation **Consigne** : Avant solarisation, le comptage de spores sur milieu PDA donne 2 400 ufc g⁻¹ de sol sec. Après 35 jours de solarisation, le comptage tombe à 480 ufc g⁻¹. Calculer l’indice de réduction et conclure sur l’efficacité du traitement (seuil d’acceptabilité : IR ≥ 60 %). **Corrigé** : - IR = (N₀ − N₁)/N₀ × 100 % = (2 400 − 480)/2 400 × 100 % = 1 920/2 400 × 100 % = 0,8 × 100 % = 80 %. - Puisque 80 % ≥ 60 %, le traitement est considéré comme efficace. **Réponse** : IR = 80 % → traitement efficace. --- ### Exercice 3 – Diagnostic de pourriture blanche sur terrain **Consigne** : Lors d’une inspection de coupe dans une parcelle de *Triplochiton scleroxylon*, vous observez à la base du tronc une zone de bois blanc, fibreuse, avec des filaments blancs visibles sous l’écorce. Vous prélevez un échantillon de 5 cm × 3 cm × 2 cm et le placez sur milieu PDA. Après cinq jours d’incubation à 25 °C, vous observez une colonie blanche à marges filamenteuses, sans production de pigment. **Question** : Quel est le pathogène le plus probablement présent ? Justifiez votre réponse à l’aide de deux critères morphologiques observés. **Corrigé** : Le pathogène le plus probable est *Armillaria mellea* (pourriture blanche). - Critère 1 : colonie blanche, marges filamenteuses, typique des espèces d’*Armillaria* sur PDA. - Critère 2 : présence de mycélium blanc en plaques sous l’écorce et de bois blanc fibreux, symptômes caractéristiques de la pourriture blanche causée par *Armillaria*. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de sécurité / bonne pratique | |------------------|-------------|------------------------------------| | Oublier de porter le masque à cartouche P2 lors de la préparation de la bouillie fongicide | Inhalation d’aérosols toxiques → irritation respiratoire, risque de sensibilisation. | Toujours vérifier l’étiquetage du produit et porter le masque adapté avant toute manipulation de poudre ou de liquide concentré. | | Utiliser un film polyéthylène non perforé pour la solarisation dans une zone ombragée | Température insuffisante (< 40 °C) → survie des spores, traitement inefficace. | Choisir une zone exposée plein soleil ; si l’ombrage est unavoidable, augmenter la durée de la solarisation à 45‑60 jours ou recourir à la fumigation à la vapeur. | | Réutiliser un contenant de fongicide sans rinçage triple | Résidus actifs pouvant contaminer le prochain lot de bouillie → surdosage accidentel, phytotoxicité. | Rincer trois fois le contenant avec de l’eau propre, récupérer les eaux de rinçage dans un récipient dédié aux déchets dangereux. | | Ignorer le délai de rentrée après traitement systémique | Entrée prématurée des travailleurs → exposition cutanée ou oculaire, risque de réabsorption du produit par la peau. | Afficher clairement le délai de rentrée sur le panneau de chantier ; respecter scrupuleusement le temps indiqué (souvent 48‑72 h). | | Ne pas étiqueter les prélèvements de sol ou de bois | Perte de traçabilité → impossibilité de relier les résultats d’analyse à une parcelle spécifique, mauvaise prise de décision. | Étiqueter chaque échantillon avec : date, parcelle, coordonnées GPS, profondeur de prélèvement, nom du préleveur. | | Appliquer un fongicide de contact sur un sol déjà saturé en eau | Lessivage rapide du produit vers les nappes phréatiques → pollution de l’eau, non‑conformité aux normes environnementales. | Attendre que le sol atteigne une capacité de champ (≈ 60‑70 % de la capacité maximale) avant toute application de produit de contact. | | Utiliser une concentration de fongicide supérieure à celle recommandée dans l’espoir d’augmenter l’efficacité | Phytotoxicité, accumulation de résidus, développement de résistances. | Respecter scrupuleusement la dose prescrite ; réaliser un test de sensibilité sur une petite zone avant traitement à grande échelle. | | Ne pas vérifier la date de péremption du produit biologique (Trichoderma) | Viabilité réduite des conidies → échec du traitement biologique, gaspillage de ressources. | Toujours contrôler la date de péremption et conserver le produit à 4 °C ; réhydrater uniquement la quantité nécessaire pour une utilisation immédiate. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition d'un chancre causé par un champignon sur un arbre forestier ?
  2. 2. Quel champignon est principalement responsable de la maladie du graphiose de l'orme (maladie hollandaise de l'orme) ?
  3. 3. Au Cameroun, quelle espèce forestière est la plus sensible au champignon Ganoderma applanatum, responsable de la pourriture du tronc ?
  4. 4. Dans une parcelle de 5 hectares contenant 200 arbres par hectare, 12 % des arbres présentent des chancres fongiques. Combien d'arbres sont infectés ?
  5. 5. Un gestionnaire forestier observe des fans de mycélium blanc sous l'écorce d'arbres dépérissants et des rhizomorphes noirs dans le sol. Quel champignon est le plus probablement en cause ?
  6. 6. Pourquoi la taille des branches infectées est-elle considérée comme une mesure de remédiation contre les chancres fongiques ?
  7. 7. Dans un essai de remédiation, un fongicide est appliqué à raison de 2 kg/ha. Quelle quantité de produit est nécessaire pour traiter une superficie de 3,5 ha ?
  8. 8. Quelle condition environnementale favorise le développement des champignons de pourriture blanche (white rot) sur le bois mort en forêt tropicale ?
  9. 9. Dans une plantation mixte de Pinus caribaea et de Tectona grandis, on observe une susceptibilité différente à Fusarium circinatum. Quelle explication rend le mieux compte de ce phénomène ?
  10. 10. Quelle approche intègre la lutte biologique, les pratiques sylvicoles et le traitement chimique pour gérer les agents pathogènes fongiques en forêt ?
DEGATS CAUSES LES CHAMPIGNONS (partie 2/2) — Physiopathologie/Biodiversité · OnBuch