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Chapitre 6

Les systèmes de refroidissement (partie 1/2)

Lecture : 17 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de : - expliquer le principe de fonctionnement d’un système de refroidissement moteur ; - réaliser les opérations de maintenance préventive et curative du circuit de refroidissement, du radiateur et de la pompe à eau ; - diagnostiquer les défauts les plus fréquents (obstruction, corrosion, cavitation, fuites) et proposer les interventions appropriées ; - appliquer les consignes de sécurité liées à la pression, à la température et aux produits chimiques utilisés en atelier. **Prérequis** : notions de thermodynamique (transferts de chaleur, capacité calorifique), lecture de schémas hydrauliques, bases de la mécanique des fluides, utilisation des équipements de protection individuelle (EPI) et connaissance des normes de sécurité en milieu industriel camerounais (arrêté n° 2005/001 du MINTP relatif à la prévention des risques mécaniques). > Le liquide de refroidissement doit présenter un point d’ébullition supérieur à 105 °C sous pression afin d’éviter la vaporisation dans le circuit. ## Introduction contextualisée Au Cameroun, la forte chaleur ambiante (moyenne annuelle > 24 °C) et les charges élevées des moteurs diesel utilisés dans le transport routier, l’agriculture mécanisée et les groupes électrogènes imposent un refroidissement efficace. Un système de refroidissement défaillant entraîne une hausse rapide de la température du liquide de refroidissement, provoquant la dilatation thermique des pièces, la perte de puissance et, à terme, la casse du moteur. La maintenance préventive du circuit, du radiateur et de la pompe à eau permet donc de garantir la disponibilité des équipements, de réduire les coûts d’exploitation et de respecter les exigences environnementales (limitation des émissions de NOx liées à la surchauffe). ## I. Maintenance des systèmes de refroidissement ### 1.1 Fonctionnement du circuit de refroidissement Le circuit fermé comporte : un bloc moteur avec des canaux de refroidissement, un radiateur, une pompe à eau, un thermostat, un vase d’expansion et des durites. Le liquide de refroidissement (glycol‑eau, généralement 50 % / 50 %) absorbe la chaleur produite par la combustion, monte en température, est poussé par la pompe vers le radiateur où il cède sa chaleur à l’air ambiant, puis retourne au moteur. Le thermostat régule le débit en fonction de la température du liquide (ouverture autour de 85 °C, pleine ouverture à 95 °C). > Le débit nominal du liquide de refroidissement d’un moteur diesel de 150 kW est généralement compris entre 1500 et 2500 L/h. ### 1.2 Composants principaux - **Bloc moteur** : canaux usinés, revêtement anti‑corrosion. - **Radiateur** : échangeur de chaleur à tubes et ailettes. - **Pompe à eau** : centrifuge, entraînée par courroie ou directement par l’arbre moteur. - **Thermostat** : élément à cire qui s’ouvre sous l’effet de la chaleur. - **Vase d’expansion** : compense les variations de volume dues à la dilatation thermique. - **Durites** : caoutchouc renforcé, résistantes à la chaleur et à la pression. ### 1.3 Contrôles visuels et de niveau 1. Vérifier le niveau du liquide dans le vase d’expansion à moteur froid (entre les repères « MIN » et « MAX »). 2. Inspecter l’état des durites (présence de craquelures, gonflements, traces de liquide). 3. Contrôler la propreté du bouchon du radiateur (absence de dépôts). 4. Vérifier l’absence de fuites sous le véhicule (taches de liquide coloré). > Un niveau inférieur au repère « MIN » indique une perte de liquide pouvant conduire à une surchauffe en moins de 10 minutes de fonctionnement. ### 1.4 Procédure de vidange et remplissage 1. Positionner le véhicule sur une surface plane, moteur froid. 2. Placer un récipient sous le bouchon de vidange du radiateur. 3. Ouvrir le bouchon de vidange et laisser s’écouler complètement le liquide usé. 4. Fermer le bouchon, ouvrir le bouchon du vase d’expansion et rincer le circuit avec de l’eau distillée (environ 2 L) pour éliminer les résidus. 5. Refermer le vase, préparer le mélange neuf (glycol‑eau 50 % / 50 % avec inhibiteur de corrosion conforme à la norme NF EN 12898). 6. Remplir lentement le vase jusqu’au repère « MAX » tout en actionnant la pompe à la main (ou en faisant tourner le moteur au ralenti) pour chasser l’air. 7. Refermer le bouchon, faire tourner le moteur jusqu’à atteindre la température de fonctionnement, puis revérifier le niveau et compléter si nécessaire. > Le mélange doit contenir entre 40 % et 60 % de glycol afin d’assurer à la fois protection antigel (−20 °C) et élévation du point d’ébullition (+10 °C sous 1,5 bar). ### 1.5 Normes de sécurité et d’hygiène - Porter des gants nitrile, des lunettes de protection et un tablier résistant aux produits chimiques. - Éviter toute inhalation de vapeurs de glycol ; travailler dans un espace ventilé ou sous hotte. - Respecter la pression de service du circuit (généralement 1,0 – 1,5 bar) ; ne jamais ouvrir le bouchon du radiateur à chaud. - Éliminer les liquides usés selon la réglementation camerounaise sur les déchets dangereux (décret n° 2012/045 du MINEPDED). ### 1.6 Exemple chiffré : calcul du débit nécessaire Un moteur diesel de 120 kW produit environ 120 kW de chaleur à évacuer par le liquide de refroidissement (rendement mécanique ≈ 30 %, environ 30 % de la puissance perdue est transférée au liquide de refroidissement). La capacité calorifique du liquide de refroidissement (glycol‑eau 50 %) vaut c ≈ 3,8 kJ · kg⁻¹ · K⁻¹. On souhaite limiter l’élévation de température du liquide à ΔT = 15 K entre l’entrée et la sortie du radiateur. Débit massique requis : \[ \dot m = \frac{\dot Q}{c \, \Delta T} = \frac{120\,000\ \text{W}}{3\,800\ \text{J kg}^{-1}\text{K}^{-1}\times 15\ \text{K}} \approx 2,10\ \text{kg s}^{-1} \] Comme la densité du mélange est ρ ≈ 1 050 kg · m⁻³, le débit volumique est : \[ \dot V = \frac{\dot m}{\rho} \approx \frac{2,10}{1\,050} \approx 2,0\times10^{-3}\ \text{m}^{3}\text{s}^{-1} = 7,2\ \text{m}^{3}\text{h}^{-1} = 7\,200\ \text{L h}^{-1} \] Ce débit correspond aux valeurs usuelles pour un moteur de cette puissance. ## II. Maintenance des radiateurs ### 2.1 Types de radiateurs - **Radiateur en aluminium** : léger, bonne conductivité thermique (≈ 205 W · m⁻¹ · K⁻¹), sensible à la corrosion galvanique lorsqu’il est couplé à des pièces en cuivre sans protection. - **Radiateur cuivre‑laiton** : plus lourd, très résistant à la corrosion, utilisé surtout sur les moteurs lourds et les groupes électrogènes. ### 2.2 Défauts courants | Défaut | Origine | Conséquence | Détection | |--------|---------|-------------|-----------| | Obstruction des tuyaux | dépôts de calcaire, particules d’usure | réduction du débit, hausse ΔT | test de débit faible | | Corrosion interne | liquide de refroidissement dégradé, pH < 7 | perforations, fuites | test de pression, couleur du liquide | | Fuite aux soudures | fatigue thermique, vibrations | perte de pression, vapeur visible | inspection visuelle, test à l’eau savonneuse | | Déformation des ailettes | choc mécanique, surpression | perte d’échange thermique | contrôle visuel, mesure de la température de surface | > Un radiateur dont le débit mesuré est inférieur à 70 % du débit nominal doit être considéré comme obstrué et nécessite un nettoyage ou un remplacement. ### 2.3 Contrôle de l’état 1. **Test de pression** : boucher les entrées/sorties, pressuriser à 1,5 × la pression de service (ex. 2,25 bar) avec un manomètre, observer la chute de pression pendant 2 min. Une chute > 0,2 bar indique une fuite. 2. **Test de débit** : faire circuler de l’eau à température connue, mesurer le débit à l’entrée et à la sortie avec un débitmètre; le rapport doit être > 0,85. 3. **Contrôle visuel** : rechercher des traces d’oxydation, des dépôts blanchâtres (calcaire) ou des traces d’huile (contamination). ### 2.4 Nettoyage (détartrage) - Préparer une solution d’acide citrique à 5 % (pH ≈ 2,5) ou un produit détartrant agréé (ex. Détartrant Radiateur®). - Faire circuler la solution à faible débit (≈ 10 L h⁻¹) pendant 20 à 30 min à température ambiante. - Rincer abondamment avec de l’eau déminéralisée jusqu’à ce que le pH de l’effluent soit neutre (6,5 – 7,5). - Sécher à l’air comprimé faible pression (< 0,5 bar) pour éviter l’entrée d’humidité dans le circuit. > L’utilisation d’acide chlorhydrique concentré est interdite en atelier car il attaque l’aluminium et génère des vapeurs toxiques. ### 2.5 Réparation - **Soudure TIG** pour les fissures sur les tuyaux en aluminium (après décapage et passivation). - **Remplacement d’ailette** : découper la zone endommagée, insérer une nouvelle ailette pré‑formée, souder par points. - **Joint d’étanchéité** : remplacer le joint torique du bouchon ou du raccord si usé. ### 2.6 Exemple chiffré : perte de charge dans un radiateur Un radiateur de type aluminium présente une longueur équivalente de tuyaux L = 2,5 m, un diamètre intérieur D = 12 mm et un coefficient de rugosité ε = 0,0015 mm. Le débit de liquide de refroidissement est V̇ = 2 000 L h⁻¹ (≈ 0,556 L s⁻¹). Vitesse moyenne : \[ v = \frac{4\dot V}{\pi D^{2}} = \frac{4 \times 0,556\times10^{-3}}{\pi (0,012)^{2}} \approx 4,9\ \text{m s}^{-1} \] Nombre de Reynolds : \[ Re = \frac{\rho v D}{\mu} \approx \frac{1050 \times 4,9 \times 0,012}{1,5\times10^{-3}} \approx 4,1\times10^{4} \] Facteur de friction (formule de Blasius pour Re < 10⁵) : \[ f = 0,3164\,Re^{-0,25} \approx 0,3164 \times (4,1\times10^{4})^{-0,25} \approx 0,022 \] Perte de charge linéaire : \[ \Delta P = f \frac{L}{D} \frac{\rho v^{2}}{2} = 0,022 \times \frac{2,5}{0,012} \times \frac{1050 \times (4,9)^{2}}{2} \approx 5,8\times10^{4}\ \text{Pa} = 0,58\ \text{bar} \] Cette perte reste inférieure à la pression de service (1,0 – 1,5 bar), donc le radiateur convient. ## III. Contrôle et réparation de la pompe à eau ### 3.1 Principe de fonctionnement La pompe à eau centrifuge transforme l’énergie mécanique de l’arbre en énergie cinétique du liquide, puis en énergie de pression grâce à la volute. Le débit théorique est proportionnel à la vitesse de rotation N (tr/min) et à la section de l’aube : \[ Q_{th} = K \, N \, D^{3} \] où K est une constante dépendant de la géométrie de l’aube et D le diamètre de l’aube. ### 3.2 Composants principaux - **Arbre** : acier traité, supporte les efforts radiaux et axiaux. - **Aube (ou roue)** : généralement en fonte ou en aluminium, profilée pour optimiser le rendement. - **Joint mécanique** : empêche les fuites le long de l’arbre, constitué d’une face fixe (céramique) et d’une face tournante (carbone ou graphite). - **Bagues d’étanchéité** : en caoutchouc nitrile, situées aux extrémités de l’arbre. - **Carter** : fonte ou aluminium, contient le liquide et supporte les charges. ### 3.3 Contrôles de routine 1. **Jeu axial** : mesurer le déplacement de l’arbre avec un comparateur à cadran (valeur admissible < 0,15 mm). 2. **Jeu radial** : vérifier l’excentricité de l’aube avec un pied à coulisse (valeur < 0,20 mm). 3. **État du joint mécanique** : inspecter l’usure des faces (rayures, dépôts) ; épaisseur minimale de la face carbone ≈ 2 mm. 4. **Cavitation** : écouter un bruit de « cliquetis » à haute vitesse ; vérifier la pression d’aspiration (doit rester > 0,5 bar absolu). 5. **Vibration** : utiliser un vibromètre ; amplitude maximale admissible ≈ 2 mm/s à la fréquence de rotation. > Un jeu axial supérieur à 0,20 mm entraîne une usure prématurée du joint mécanique et peut provoquer une fuite sous pression. ### 3.4 Démontage, contrôle, remontage 1. Vidanger le circuit de refroidissement. 2. Desserer les boulons du carter en suivant un schéma croisé (couple de serrage selon la fiche constructeur, généralement 25 Nm). 3. Extraire l’arbre avec un extracteur adapté ; noter l’orientation des repères de montage. 4. Contrôler l’arbre (rayures, ovalisation) à l’aide d’un micromètre. 5. Examiner l’aube : présence de fissures, d’érosion ou de dépôts. 6. Vérifier le joint mécanique : remplacer si l’usure dépasse 0,5 mm ou si des traces de chaleur sont visibles. 7. Nettoyer toutes les pièces avec un solvant dégraissant, puis sécher à l’air comprimé. 8. Remonter en suivant l’ordre inverse, appliquer une fine couche de graisse haute température sur les bagues d’étanchéité. 9. Effectuer un test de pression à 1,5 × la pression de service pendant 5 min ; aucune chute de pression ne doit être observée. ### 3.5 Remplacement du joint mécanique - Extraire l’ancien joint à l’aide d’un extracteur de joint. - Nettoyer le logement avec une brosse en laiton et du dégraissant. - Installer le nouveau joint en veillant à ce que la face céramique soit parfaitement plane et que la face carbone soit lubrifiée avec une petite quantité de graisse silicone. - Vérifier l’alignement de l’arbre avant de serrer les boulons du carter. > Le couple de serrage du boulon de fixation du joint mécanique doit être compris entre 8 et 10 Nm selon la norme ISO 898‑1 pour éviter une déformation de la face d’étanchéité. ### 3.6 Exemple chiffré : débit de la pompe à eau à partir de la vitesse de rotation Une pompe à eau de diamètre d’aube D = 80 mm possède une constante K = 1,2 × 10⁻⁶ m³ · (tr/min)⁻¹ · mm⁻³ (déterminée à l’essai sur banc). Le moteur tourne à N = 3 200 tr/min. Débit théorique : \[ Q_{th}= K \, N \, D^{3} = 1,2\times10^{-6}\times 3\,200 \times (80)^{3} = 1,2\times10^{-6}\times 3\,200 \times 512\,000 \approx 1,97\ \text{m}^{3}\text{h}^{-1} = 1\,970\ \text{L h}^{-1} \] En tenant compte d’un rendement volumétrique ηᵥ ≈ 0,85 (fuites internes, pertes par cavitation), le débit réel est : \[ Q_{real}= \eta_{v}\, Q_{th} \approx 0,85 \times 1\,970 \approx 1\,675\ \text{L h}^{-1} \] Ce débit est compatible avec les besoins d’un moteur de 150 kW vu précédemment. ## Synthèse du chapitre - Le circuit de refroidissement évacue la chaleur du moteur via un liquide sous pression, régulé par un thermostat. - Maintenance préventive : contrôle du niveau, inspection des durites, vidange et remplissage selon procédure sécurisée. - Radiateur : vérifier l’obstruction, la corrosion, les fuites ; nettoyer par détartrage, réparer par soudure ou remplacement d’ailettes. - Pompe à eau : contrôler jeu axial/radial, état du joint mécanique, cavitation ; démonter, inspecter, remonter avec respect des couples de serrage. - Sécurité : EPI obligatoire, respect des pressions, manipulation des produits chimiques conforme à la réglementation camerounaise. - Formules clés : débit massique \(\dot m = \dot Q/(c\Delta T)\) ; perte de charge \(\Delta P = f(L/D)(\rho v^{2}/2)\) ; débit théorique de pompe \(Q_{th}=KND^{3}\). ## Glossaire > **Thermostat** : dispositif à cire qui ouvre le passage du liquide de refroidissement vers le radiateur lorsque la température atteint un seuil prédéfini (≈ 85‑95 °C). > **Joint mécanique** : dispositif d’étanchéité tournant qui empêche les fuites le long de l’arbre de la pompe à eau, constitué d’une face fixe et d’une face tournante. > **Cavitation** : formation de bulles de vapeur dans le liquide à basse pression, provoquant des chocs et l’érosion des surfaces métalliques. > **Vase d’expansion** : réservoir qui compense les variations de volume du liquide de refroidissement dues à la dilatation thermique. > **Durite** : tuyau flexible en caoutchouc renforcé qui transporte le liquide entre le moteur, le radiateur et le vase d’expansion. > **Débit massique** : quantité de masse de liquide qui traverse une section donnée par unité de temps (kg s⁻¹). > **Perte de charge** : diminution de pression du fluide due aux frottements dans les conduites et les échangeurs (Pa ou bar). > **Rendement volumétrique** : rapport entre le débit réel et le débit théorique d’une pompe, tenant compte des fuites internes et de la cavitation. ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Vidange et remplissage Un camion de transport de marchandises équipé d’un moteur diesel de 180 kW présente un niveau de liquide de refroidissement inférieur au repère « MIN ». Le technicien doit effectuer une vidange complète puis remplir avec un mélange glycol‑eau 50 % / 50 % (point d’ébullition 108 °C sous 1,2 bar). **Consigne** : Décrire étape par étape la procédure de vidange et de remplissage, en indiquant les précautions de sécurité et les quantités approximatives de liquide nécessaires sachant que le circuit contient environ 12 L. **Corrigé** 1. Positionner le véhicule sur sol plat, moteur froid, frein de stationnement engagé. 2. Placer un récipient de capacité ≥ 15 L sous le bouchon de vidange du radiateur. 3. Ouvrir le bouchon de vidange à l’aide d’une clé adaptée ; laisser s’écouler complètement le liquide usé (environ 12 L). 4. Fermer le bouchon de vidange. 5. Ouvrir le bouchon du vase d’expansion, verser lentement 2 L d’eau distillée pour rincer le circuit, puis laisser s’écouler. 6. Refermer le vase d’expansion. 7. Préparer le mélange neuf : 6 L de glycol concentré + 6 L d’eau déminéralisée (total 12 L). 8. Verser le mélange dans le vase d’expansion jusqu’au repère « MAX » tout en faisant tourner le moteur au ralenti (≈ 800 tr/min) pour chasser l’air. 9. Refermer le bouchon du vase, faire monter le moteur en température jusqu’à ce que le thermostat s’ouvre (aiguille du tableau de bord atteint 90 °C). 10. Arrêter le moteur, laisser refroidir, revérifier le niveau et compléter si nécessaire jusqu’au repère « MAX ». 11. Éliminer le liquide usé dans un conteneur homologué pour déchets dangereux, porter gants nitrile et lunettes pendant toute l’opération. ### Exercice 2 – Détection d’obstruction du radiateur Lors d’un contrôle technique, le débit de liquide mesuré à la sortie du radiateur est de 900 L h⁻ alors que le débit nominal du moteur (200 kW) est de 1 800 L h⁻. **Consigne** : Calculer le pourcentage d’obstruction et proposer les actions correctives. **Corrigé** Pourcentage d’obstruction = \( (1 - \frac{Q_{mesurée}}{Q_{nominale}}) \times 100 \) \( = (1 - \frac{900}{1 800}) \times 100 = (1 - 0,5) \times 100 = 50 % \). Le radiateur est obstrué à environ 50 %. Actions : - Effectuer un détartrage avec solution d’acide citrique 5 % pendant 30 min à faible débit. - Rincer abondamment à l’eau déminéralisée jusqu’à neutralisation du pH. - Contrôler à nouveau le débit ; si celui‑ci reste < 1 200 L h⁻¹, envisager le remplacement du radiateur ou un nettoyage mécanique à haute pression (≤ 150 bar) après démontage des réservoirs. ### Exercice 3 – Jeu axial de la pompe à eau Un technicien mesure un jeu axial de 0,22 mm sur l’arbre de la pompe à eau d’un moteur de 150 kW. **Consigne** : Indiquer si ce jeu est conforme, expliquer les risques et prescrire l’intervention nécessaire. **Corrigé** Le jeu axial admissible selon les recommandations constructeur est < 0,15 mm. Un jeu de 0,22 mm dépasse la limite ; cela entraîne : - Une usure accélérée du joint mécanique (risque de fuite). - Une augmentation des vibrations pouvant endommager les paliers. Intervention : démonter la pompe, inspecter l’arbre pour ovalisation ou usure, remplacer l’arbre ou les bagues d’étanchéité si nécessaire, remonter avec un jeu axial réglé entre 0,08 et 0,12 mm (ajout de rondelles d’épaisseur appropriée). ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de sécurité / bonne pratique | |------------------|-------------|------------------------------------| | Ouvrir le bouchon du radiateur à chaud | Projection de liquide sous pression → brûlures graves | Attendre que le moteur soit froid (< 40 °C) ou utiliser un dispositif de dépressurisation avant toute ouverture. | | Utiliser de l’eau du robinet non traitée pour le mélange | Formation de calcaire, réduction du débit, corrosion | Toujours utiliser de l’eau déminéralisée ou distillée pour préparer le mélange glycol‑eau. | | Négliger le serrage croisé des boulons du carter de la pompe | Déformation du carter, fuite d’huile ou de liquide | Appliquer le couple de serrage spécifié en suivant un schéma croisé (ex. 25 Nm étape par étape). | | Ignorer les signes de cavitation (bruit de cliquetis) | Érosion de l’aube, perte de rendement, éventuelle casse | Vérifier la pression d’aspiration, assurer une hauteur suffisante du réservoir, contrôler l’état du filtre d’aspiration. | | Réutiliser un joint mécanique usé après simple nettoyage | Fuites sous pression, perte de liquide, surchauffe | Remplacer systématiquement le joint mécanique dès qu’une usure > 0,5 mm ou une trace de chaleur est détectée. | | Verser le mélange directement dans le vase sans chasser l’air | Formation de poches d’air → points chauds, surchauffe localisée | Faire tourner le moteur au ralenti ou utiliser une pompe de dégazage pour éliminer l’air avant de fermer le vase. | > Le respect du couple de serrage spécifié évite les déformations du carter et garantit l’étanchéité du système. > Toujours vérifier la pression du circuit avant toute intervention sur le bouchon du radiateur. > Utiliser uniquement des produits de nettoyage agréés pour les radiateurs en aluminium afin d’éviter la corrosion galvanique. > Former les apprenants à la lecture des schémas hydrauliques et à l’utilisation du manomètre de pression pour diagnostiquer les défauts de façon fiable. --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel est le rôle principal du liquide de refroidissement dans un moteur à combustion interne ?
  2. 2. Quel composant assure la circulation du liquide de refroidissement dans le circuit ?
  3. 3. Quel symptôme indique généralement un radiateur obstrué ou partiellement bouché ?
  4. 4. Dans un système de refroidissement contenant 8 L de liquide, on souhaite obtenir une concentration de 50 % d'antigel (glycol éthylique). Quel volume d'antigel pur doit-on ajouter si le liquide actuel contient déjà 20 % d'antigel ?
  5. 5. Après le remplacement du radiateur d'un véhicule, quelle opération est indispensable avant de remettre le moteur en marche ?
  6. 6. Pourquoi est-il recommandé de vérifier l'état du joint de la pompe à eau lors de la maintenance du système de refroidissement ?
  7. 7. Un technicien mesure la température du liquide de refroidissement à la sortie du radiateur et obtient 95 °C alors que le thermostat est réglé pour s'ouvrir à 85 °C. Quelle conclusion peut-on tirer ?
  8. 8. Lors du contrôle de la pompe à eau, on observe un jeu axial de 0,35 mm alors que la tolérance constructeur est de 0,20 mm max. Quelle action convient-il de prendre ?
  9. 9. À quelle condition la cavitation est-elle la plus susceptible de se produire dans la pompe à eau d'un système de refroidissement ?
  10. 10. À haute altitude, pourquoi le bouchon de radiateur doit-il souvent être réglé à une pression plus élevée que au niveau de la mer ?