Chapitre 6
INSTALLATION D'UN SYSTÈME D'ALARME TECHNIQUE (partie 1/2)
Lecture : 18 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :
- présenter le rôle et les composants d’un système d’alarme incendie (SAI) ;
- identifier les différents types de détecteurs et leurs domaines d’application ;
- lire et interpréter un schéma fonctionnel de SAI conforme aux normes camerounaises ;
- réaliser les étapes d’intégration d’un SAI sur un chantier simulé (repérage, tirage de câbles, fixation, raccordement, programmation, mise en service) ;
- diagnostiquer les pannes les plus fréquentes et mettre en œuvre les actions de remédiation appropriées ;
- appliquer les consignes de sécurité et d’hygiène liées aux travaux électriques et à la manipulation des dispositifs de sécurité incendie.
**Prérequis** : notions de base en électrotechnique (tension, courant, résistance, loi d’Ohm), lecture de plans électriques et de schémas unifilaires, connaissance des équipements de protection individuelle (EPI) utilisés en atelier, compréhension du principe de fonctionnement d’un détecteur de fumée ou de chaleur.
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## Introduction contextualisée
Au Cameroun, la sécurité incendie des établissements recevant du public (ERP) est régie par l’arrêté ministériel n° 012/MINTP du 15 mars 2018 portant approbation du règlement de sécurité incendie et par la norme NCSS 05‑001 relative aux systèmes d’alarme incendie. Dans les lycées techniques, les ateliers de menuiserie, de soudure ou les laboratoires de chimie, la présence de sources d’ignition (outils chauffants, flammes nue, produits inflammables) rend indispensable l’installation d’un SAI fiable. Un SAI bien conçu permet une détection précoce, une alerte sonore et visuelle immédiate, et facilite l’évacuation ordonnée des occupants, réduisant ainsi les risques de pertes humaines et matérielles. Ce chapitre prépare les élèves de Terminale MIE à intervenir sur des chantiers réels, à respecter les exigences réglementaires et à garantir la qualité de l’installation grâce à une démarche méthodique et sécurisée.
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## I. Présentation et Identification d'un système d’alarme incendie
### 1. Définition et rôle
> Un système d’alarme incendie est un ensemble de dispositifs électroniques destinés à détecter la présence de fumée, de chaleur ou de flammes, à traiter l’information et à déclencher une alarme sonore et/ou visuelle afin d’avertir les occupants et de commander les équipements de sécurité (porte‑coupe‑feu, ventilation d’urgence, etc.).
### 2. Composants principaux
| Composant | Fonction | Exemple de référence camerounaise |
|-----------|----------|-----------------------------------|
| Détecteur optique de fumée | Sensibilise aux particules de fumée visibles | **DS‑OPT‑200** (fabriqué localement) |
| Détecteur de chaleur à température fixe | Réagit lorsqu’une température seuil est dépassée | **DS‑TH‑55** |
| Détecteur linéaire de chaleur (câble) | Surveillance continue le long d’un conduit ou d’une ganse | **CABLE‑TH‑12** |
| Centrale d’alarme | Reçoit les signaux, effectue le traitement logique, commande les sirènes et les sorties de défaut | **CENTRALE‑FIRE‑X1** |
| Sirène sonore / flash lumineux | Émet l’alarme d’évacuation | **SIRENE‑110 dB** |
| Bouton d’alarme manuelle (BAM) | Permet le déclenchement volontaire par un occupant | **BAM‑ROUGE** |
| Alimentation de secours (batterie) | Garantit le fonctionnement en cas de coupure secteur | **BAT‑12 V 7 Ah** |
| Câblage (pair torsadé blindé) | Transmet les signaux entre détecteurs et centrale | **CABLE‑TP‑0,5 mm²** |
### 3. Types de détecteurs et principes de fonctionnement
- **Détecteur optique** : diffusion de la lumière infrarouge par les particules de fumée ; seuil de déclenchement réglable autour de 0,1 % d’obscurcissement.
- **Détecteur d’ionisation** : mesure du courant entre deux électrodes dans une chambre ionisée ; la fumée réduit ce courant. (Moins utilisé aujourd’hui du fait de la présence de source radioactive).
- **Détecteur thermique à température fixe** : élément sensible (alliage fusible ou lame bimétallique) qui commute brusquement lorsqu’une température prédéfinie (souvent 57 °C ou 68 °C) est atteinte.
- **Détecteur thermique à vitesse de montée** : détecte une élévation rapide de la température (> 8 °C/min) indépendamment du seuil absolu, généralement via une thermistance ou un thermocouple.
- **Détecteur linéaire de chaleur** : câble spécial dont la résistance varie avec la température ; permet une surveillance continue sur de longues gaines.
### 4. Normes et règles de sécurité applicables au Cameroun
- **Arrêté n° 012/MINTP du 15 mars 2018** : définit les obligations d’installation, de maintenance et de contrôle périodique des SAI dans les ERP.
- **Norme NCSS 05‑001** : spécifie les caractéristiques techniques des détecteurs, des centrales et des systèmes de câblage (section minimale des conducteurs, classe de feu des gaines, indice de protection IP).
- **Règlement de sécurité intérieure des établissements scolaires** (MINEDUB) : exige un SAI de type adresseable dans les bâtiments comportant plus de 200 m² de surface utile.
- **Consignes de sécurité électrique** : port de gants isolants, lunettes de protection, vérification de l’absence de tension avant toute manipulation (consignation), utilisation d’outils isolés.
### 5. Schéma fonctionnel (bloc diagram)
```
[Alimentation secteur + Batterie de secours] --> [Centrale d'alarme]
[Entrée BAM] --> [Centrale d'alarme]
[Détecteurs] --> (signaux) --> [Centrale d'alarme] --> [Sirène/Flash]
|
--> [Sortie défaut] --> [Témoin lumineux panne]
```
> Le schéma montre que chaque détecteur envoie un signal d’état (normal/alarme) à la centrale, qui traite l’information selon la logique de programmation (zonage, délai de confirmation, etc.) et active les sorties d’alarme et de défaut. L’alimentation secteur est convertie en tension continue par l’alimentation de la centrale ; la batterie de secours prend le relais en cas de perte du secteur.
### 6. Exemple d’installation typique dans un établissement scolaire au Cameroun
Considérons un bloc de trois salles de classe de 20 m² chacune, un couloir de 10 m² et un local de stockage de produits chimiques de 15 m².
- **Règle de dimensionnement** (NCSS 05‑001) : un détecteur optique couvre au maximum 25 m² en hauteur sous plafond ≤ 3 m.
- **Calcul du nombre de détecteurs** :
- Salles de classe : 3 × 20 m² = 60 m² → 60 / 25 = 2,4 → **3 détecteurs** (arrondi supérieur).
- Couloir : 10 m² → 1 détecteur.
- Local stockage : 15 m² → 1 détecteur (détecteur de chaleur recommandé en présence de vapeurs).
- **Total** : 5 détecteurs (3 optiques, 2 thermiques).
> Le tableau suivant récapitule le dimensionnement :
| Zone | Surface (m²) | Type détecteur choisi | Quantité |
|------|--------------|-----------------------|----------|
| Salle de classe 1 | 20 | Optique | 1 |
| Salle de classe 2 | 20 | Optique | 1 |
| Salle de classe 3 | 20 | Optique | 1 |
| Couloir | 10 | Optique | 1 |
| Local stockage | 15 | Thermique (température fixe 57 °C) | 1 |
L’alimentation provient du tableau électrique du bâtiment (230 V CA), convertie en 24 V CC par l’alimentation de la centrale, avec une batterie de secours (12 V 7 Ah) assurant 30 min d’autonomie. Les détecteurs sont reliés à la centrale par un câble pair torsadé blindé de 0,5 mm², posé dans des gaines métalliques certifiées IP 44.
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## II. Activités d’intégration
### 1. Objectif de l’activité
Mettre en œuvre, sur un chantier simulé, l’installation complète d’un SAI conforme au cahier des charges d’un lycée technique de Yaoundé, en respectant les étapes de l’étude, de la réalisation, de la mise en service et du contrôle qualité.
### 2. Étapes détaillées
| Étape | Description | Outils / Documents | Consignes de sécurité |
|-------|-------------|--------------------|-----------------------|
| **2.1 Analyse du cahier des charges** | Lecture du programme fonctionnel, identification des zones à protéger, détermination du type de détecteurs. | Cahier des charges, plans d’architecture, norme NCSS 05‑001. | Aucun travail sous tension. |
| **2.2 Repérage des emplacements** | Report des points de détection sur les plans, traçage au sol et au plafond à l’aide d’un cordeau et d’un niveau laser. | Cordeau, craie, mètre ruban, niveau laser. | Porter lunettes de protection, vérifier l’absence de câbles électriques cachés (détecteur de tension). |
| **2.3 Pose des gaines et tirage des câbles** | Installation de gaines métalliques, passage du câble TP 0,5 mm², fixation tous les 0,5 m avec des colliers. | Gaines métalliques, visseuse, colliers, pêche‑câble. | Utiliser des gants isolants, vérifier la continuité du blindage avec un ohmmètre avant tirage. |
| **2.4 Fixation des détecteurs** | Perçage du support, chevillage, vissage du détecteur, orientation conforme au champ de détection. | Perceuse, chevilles, tournevis, niveau à bulle. | Porter un casque anti‑bruit, s’assurer que le détecteur n’est pas obstrué par des objets. |
| **2.5 Raccordement à la centrale** | Dénudage des conducteurs, sertissage dans les borniers, vérification de la polarité (pour les détecteurs adressables). | Pince à dénuder, pince à sertir, tournevis de précision, multimètre. | Consigner l’alimentation centrale, vérifier l’absence de tension avec un voltmètre avant raccordement. |
| **2.6 Programmation de la centrale** | Attribution d’adresses, définition des zones, réglage des délais de confirmation, configuration des sorties d’alarme et de défaut. | Logiciel de configuration (fourni avec la centrale), câble RS‑232/USB. | Travailler hors tension, utiliser un bracelet antistatique si nécessaire. |
| **2.7 Mise en service et essais** | Alimentation du système, test de chaque détecteur (fumée simulée avec aérosol, chaleur avec pistolet thermique), vérification du déclenchement de la sirène et du retour d’état. | Aérosol de test fumée, pistolet thermique, multimètre, casque antibruit. | Éviter l’inhalation directe du fumigène, utiliser une hotte ou travailler dans un espace ventilé. |
| **2.8 Contrôle qualité et levée des réserves** | Vérification de la conformité aux plans, remplissage de la feuille de suivi, signature du responsable d’atelier. | Feuille de suivi, appareil photo. | Aucun travail sous tension pendant la vérification finale. |
### 3. Exemple d’atelier : installation dans un bloc de classe de 60 m²
- **Surface** : 60 m² → besoin de 3 détecteurs optiques (règle 25 m²).
- **Disposition** : détecteurs placés au centre de chaque tiers de la salle, à 1,2 m du mur afin d’éviter les zones mortes.
- **Câblage** : départ de la centrale situé dans le local technique, câble TP 0,5 mm² passé dans une gaine métallique le long du plafond, dérivations en boîtes de dérivation étanches (IP 44).
- **Temps estimé** : 5 h 15 min (repérage 30 min, pose gaines 1 h, fixation détecteurs 45 min, tirage câbles 1 h, raccordement 45 min, programmation 30 min, essais 45 min).
### 4. Tableau de suivi des travaux (extrait)
| Jour | Activité réalisée | Responsable | Observations | Validation |
|------|-------------------|-------------|--------------|------------|
| J1 | Analyse cahier des charges & repérage | Chef d’atelier | Tous les points marqués conformes | ✔ |
| J2 | Pose gaines & tirage câbles | Technicien câblage | Continuité blindage vérifiée (0,2 Ω) | ✔ |
| J3 | Fixation détecteurs | Technicien montage | Détecteurs de niveau, aucun obstacle | ✔ |
| J4 | Raccordement & programmation | Technicien centrale | Adresses attribuées, logique de zonage OK | ✔ |
| J5 | Essais & mise en service | Responsable sécurité | Déclenchement sirène < 2 s, retour défaut OK | ✔ |
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## III. Activités de remédiation
### 1. Détection des défauts courants
| Symptôme | Cause probable | Méthode de vérification |
|----------|----------------|--------------------------|
| Aucun signal d’alarme malgré fumée simulée | Défectuosité du détecteur, câble coupé, alimentation absente | Mesure de continuité du câble, contrôle de la tension d’alimentation du détecteur, test de remplacement du détecteur |
| Sirène qui sonne en permanence (fausse alarme) | Détecteur trop sensible, présence de poussière ou de vapeur, mauvais réglage de la centrale | Nettoyage du détecteur, mesure du niveau de fumée de fond, ajustement du seuil de sensibilité |
| Centrale indique défaut de ligne mais tous les détecteurs semblent OK | Court‑circuit sur le blindage, mauvaise connexion au bornet de la centrale | Test d’isolement (mégaohmmètre), resserrage des vis de bornet, vérification du blindage |
| Batterie de secours ne tient pas la charge | Batterie vieillissante, régulateur de charge défaillant | Mesure de la tension à vide et sous charge, test de capacité avec décharge contrôlée |
| Bouton d’alarme manuelle inopérant | Contact oxydé, câble sectionné | Contrôle de continuité du circuit BAM, nettoyage du contact, remplacement du bouton si nécessaire |
### 2. Méthodes de diagnostic
- **Test de continuité** avec un multimètre en position Ω (ohmmètre) pour vérifier l’intégrité des conducteurs et du blindage.
- **Mesure de tension** (V) aux borniers d’alimentation des détecteurs (doit être 12 V CC ± 10 % en présence du secteur).
- **Test de fumée simulée** à l’aide d’un aérosol agréé (conforme à la norme EN 54‑7) pour valider la réponse du détecteur optique.
- **Test de chaleur** avec un pistolet thermique réglé à 60 °C pour les détecteurs thermiques.
- **Lecture des événements** sur la centrale (journal d’alarmes) pour identifier les zones déclenchées à tort ou non déclenchées.
### 3. Procédure de correction (exemple)
**Scénario** : La centrale indique un défaut de ligne sur la zone 2, aucun détecteur ne déclenche en présence de fumée.
1. Mettre hors tension la centrale (consignation).
2. Vérifier la continuité du câble entre la centrale et le premier détecteur de la zone 2 (ohmmètre : lecture > 10 kΩ indique coupure).
3. Localiser la coupure : inspection visuelle de la gaine, recherche d’un point de pincement ou de rongeur.
4. Réparer : remplacer la section endommagée du câble, refaire les sertissages, rétablir le blindage.
5. Remettre sous tension, réaliser un test de fumée sur chaque détecteur de la zone.
6. Confirmer que la centrale revient à l’état « normal » et que le journal d’alarme enregistre le test.
> Toute intervention sur un circuit sous tension est strictement interdite ; la consignation (cadenas et étiquette) doit être appliquée avant toute manipulation.
### 4. Tableau des symptômes, causes et actions correctives
| Symptôme | Cause principale | Action corrective |
|----------|------------------|-------------------|
| Déclenchement intempestif de la sirène | Détecteur encrassé par poussières | Nettoyer le détecteur avec air comprimé, vérifier l’étanchéité du boîtier |
| Aucun retour d’état sur la centrale après alarme | Batterie de secours déchargée | Remplacer la batterie, vérifier le régulateur de charge |
| Sirène faible (< 80 dB) | Haut‑parleur défectueux ou mauvaise connexion | Contrôler la continuité du haut‑parleur, remplacer si nécessaire |
| Centrale ne démarre pas (pas d’affichage) | Fusible d’alimentation grillé | Remplacer le fusible, rechercher la cause de surcharge (court‑circuit) |
| Détecteur de chaleur ne répond pas au pistolet thermique | Élément sensible défaillant | Remplacer le détecteur, recalibrer la centrale si nécessaire |
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## Synthèse du chapitre
- Un système d’alarme incendie détecte fumée, chaleur ou flamme et déclenche une alarme sonore/visuelle.
- Les composants essentiels sont détecteurs, centrale, sirènes, boutons d’alarme manuelle et alimentation de secours.
- Les détecteurs optiques couvrent ≤ 25 m² ; les détecteurs thermiques sont privilégiés en présence de vapeurs ou de poussières.
- L’installation doit respecter l’arrêté n° 012/MINTP du 15 mars 2018 et la norme NCSS 05‑001 (section de câble ≥ 0,5 mm², gaines métalliques IP 44, consignation obligatoire).
- Le schéma fonctionnel montre la circulation du signal du détecteur vers la centrale puis vers les sorties d’alarme et de défaut.
- L’intégration suit un processus en huit étapes : analyse du cahier des charges, repérage, pose de gaines, tirage de câbles, fixation des détecteurs, raccordement, programmation, essais et contrôle qualité.
- La remédiation repose sur le diagnostic (continuité, tension, tests fumée/chaleur) et le remplacement ou le réglage des éléments défectueux.
- Les règles de sécurité (EPI, consignation, vérification d’absence de tension) sont applicables à chaque phase.
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## Glossaire
> **Détecteur optique** : dispositif qui mesure l’atténuation d’un faisceau lumineux par les particules de fumée.
> **Détecteur thermique à température fixe** : élément qui commute lorsqu’une température seuil prédéfinie est atteinte.
> **Centrale d’alarme** : unité de traitement qui reçoit les signaux des détecteurs, applique la logique de programmation et commande les sorties d’alarme et de défaut.
> **Bouton d’alarme manuelle (BAM)** : dispositif permettant à un occupant de déclencher volontairement l’alarme incendie.
> **Alimentation de secours** : batterie ou groupe électrogène qui assure le fonctionnement du SAI en cas de perte du secteur.
> **Gaine métallique** : conduit de protection des câbles électriques, offrant une résistance mécanique et un indice de protection IP.
> **Consignation** : procédure de mise hors tension et de verrouillage d’un circuit afin d’empêcher toute remise sous tension accidentelle.
> **Conducteur pair torsadé blindé (TPB)** : câble constitué de deux conducteurs isolés, torsadés et entourés d’un écran métallique pour réduire les interférences électromagnétiques.
> **Indice de protection (IP)** : code définissant le degré de protection d’un équipement contre les corps solides et les liquides (ex. IP 44 : protection contre les corps solides > 1 mm et les projections d’eau).
> **Zone de détection** : secteur géographique défini dans la programmation de la centrale regroupant un ou plusieurs détecteurs ayant la même logique d’alarme.
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Dimensionnement d’un SAI
**Énoncé** : Un atelier de soudure de 45 m² possède un plafond de 2,8 m de hauteur. Déterminer le nombre minimal de détecteurs optiques nécessaires selon la règle NCSS 05‑001 (un détecteur couvre au maximum 25 m²). Proposer une disposition schématique (texte) et justifier le choix.
**Corrigé** :
- Surface = 45 m².
- Nombre de détecteurs = ⌈45 / 25⌉ = ⌈1,8⌉ = 2 détecteurs.
- Disposition : placer les deux détecteurs à égale distance l’un de l’autre, chacun couvrant environ 22,5 m². Par exemple, détecteur A à 3 m du mur nord et détecteur B à 3 m du mur sud, sur la ligne médiane de l’atelier.
- Justification : chaque détecteur ne dépasse pas la limite de 25 m², assurant une redondance minimale en cas de masquage partiel par un équipement de soudure.
### Exercice 2 – Diagnostic d’une panne
**Énoncé** : Lors d’un test mensuel, la centrale indique un défaut de ligne sur la zone 3. Aucun détecteur de cette zone ne répond à un test de fumée. Après vérification visuelle, aucune dégradation apparente n’est constatée sur les gaines. Décrire la procédure de diagnostic étape par étape, les instruments à utiliser et les critères de décision pour réparer la panne.
**Corrigé** :
1. **Consignation** de la centrale (cadenas + étiquette).
2. **Mesure de continuité** du conducteur entre la centrale et le premier détecteur de la zone 3 à l’aide d’un ohmmètre.
- Si lecture > 10 kΩ → coupure détectée.
- Si lecture < 1 Ω → continuité bonne, passer à l’étape 3.
3. **Vérification du blindage** : mesure de résistance entre le blindage et la terre (mégaohmmètre). Valeur > 1 MΩ indique bon blindage.
4. **Inspection intermédiaire** : ouvrir les boîtes de dérivation situées à mi‑chemin, rechercher un fil coupé, une connexion desserrée ou de l’oxydation.
5. **Test d’isolement** : appliquer 500 V continu entre conducteur et blindage ; aucune fuite (< 0,5 mA) confirme l’absence de court‑circuit.
6. **Réparation** :
- En cas de coupure : remplacer la section de câble défectueuse, refaire les sertissages, rétablir le blindage.
- En cas de connexion desserrée : resserrer les vis, appliquer de la pâte conductrice si nécessaire.
7. **Remise sous tension** : retirer la consignation, alimenter la centrale.
8. **Essai fonctionnel** : réaliser un test de fumée sur chaque détecteur de la zone 3 ; vérifier que la centrale enregistre l’alarme et que la sirène se déclenche.
9. **Validation** : consigner les mesures de continuité avant/après intervention dans le registre de maintenance.
**Critères de décision** :
- Continuité rétablie (< 1 Ω) et blindage intact → panne réparée.
- Si après remplacement du câble le défaut persiste, contrôler la carte d’entrée de la centrale (possible composant défectueux).
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de sécurité / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|------------------------------------|
| 1 | **Ne pas consigner l’alimentation avant de travailler sur les borniers** | Risque de choc électrique, endommagement de la carte de la centrale. | Toujours appliquer la procédure de consignation (cadenas, étiquette, vérification de l’absence de tension avec un voltmètre) avant toute manipulation. |
| 2 | **Laisser des câbles non blindés passer à proximité de sources d’interférences (moteurs, variateurs)** | Perturbation des signaux de détection, fausses alarmes ou perte de détection. | Utiliser exclusivement des gaines métalliques ou des câbles TPB blindés ; respecter une distance minimale de 30 cm avec les câbles d’alimentation forte. |
| 3 | **Ne pas nettoyer périodiquement les détecteurs optiques** | Accumulation de poussière → diminution de la sensibilité, augmentation du taux de fausses alarmes. | Prévoir un plan de maintenance semestriel : nettoyage à l’air comprimé, vérification du champ de détection avec un test de fumée agréé. |
| 4 | **Installer un détecteur de chaleur trop près d’un appareil de chauffage ou d’un four** | Déclenchement intempestif dû à la chaleur ambiante normale. | Respecter les distances de sécurité spécifiées par le fabricant (généralement ≥ 1,5 m des sources de chaleur permanentes). |
| 5 | **Omettre de vérifier la charge de la batterie de secours lors de la mise en service** | Défaillance du SAI lors d’une coupure secteur, mise en danger des occupants. | Mesurer la tension à vide et sous charge ; remplacer la batterie si la tension chute sous 10,5 V sous charge de 1 A. |
| 6 | **Utiliser un tournevis non isolé pour serrer les vis des borniers sous tension** | Risque de court‑circuit et de projection d’arc électrique. | Employer exclusivement des outils isolés (manche en matière diélectrique) et travailler hors tension après consignation. |
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*Fin du cours.*
Quiz du chapitre
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