Se connecterS'abonner

Chapitre 2

INSTALLATION D'UN MODULE TRANSMETTEUR TELEPHONIQUE RTC ET D'UNE ALARME FILAIRE (partie 2/3)

Lecture : 8 minQuiz de 9 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - Identifier les composants d’un système d’alarme filaire relié à un transmetteur téléphonique RTC (Réseau Téléphonique Commuté). - Réaliser le câblage conforme aux normes électriques et de sécurité en vigueur au Cameroun (NF C 15‑100, NF S 61‑940). - Vérifier la continuité des lignes, la bonne polarité des contacts et la mise en service du transmetteur. - Diagnostiquer les défauts les plus fréquents (court‑circuit, rupture de ligne, mauvaise adresse) et appliquer les procédures de remédiation. - Rédiger un procès‑verbal de mise en service incluant les mesures de tension, de résistance d’isolement et les réglages du transmetteur. **Prérequis :** - Notions de base en électricité basse tension (tension, courant, résistance, loi d’Ohm). - Lecture de schémas unifilaires et de plans d’implantation. - Connaissance des équipements de sécurité incendie et intrusion (détecteurs, sirènes, panneaux de commande). - Maîtrise des outils de mesure (multimètre, testeur de continuité, pince ampèremétrique). --- ## Introduction contextualisée Dans les établissements scolaires, les bureaux administratifs et les commerces du Cameroun, la protection contre les intrusions et les incendies repose de plus en plus sur des systèmes d’alarme filaires reliés à un transmetteur téléphonique RTC. Ce dispositif permet, en cas d’alerte, d’établir automatiquement un appel vers un centre de télésurveillance ou les services d’urgence, même lorsque la ligne Internet est indisponible. L’installation d’un tel système exige une rigueur particulière : le câblage doit respecter les sections de conducteur adaptées au courant de fonctionnement, les connexions doivent être réalisées avec des borniers à vis ou des connecteurs à sertir afin d’éviter les faux contacts, et le transmetteur doit être configuré selon le protocole DTMF (Dual‑Tone Multi‑Frequency) ou FSK (Frequency‑Shift Keying) selon le modèle choisi. Ce chapitre s’inscrit dans la logique de l’approche par compétences du programme **Electrotechnique (ET)** : l’élève passe de la découverte théorique (activités d’intégration) à la mise en pratique guidée (activités de remédiation) puis à la réalisation autonome d’un câblage complet (Leçon 5). --- ## I. ACTIVITES D’INTEGRATION ### 1.1. Découverte du système d’alarme filaire avec transmetteur RTC - **Présentation du matériel** : centrale d’alarme (panneau de commande), détecteurs d’ouverture (contacts magnétiques), détecteurs de mouvement (PIR), sirène intérieure/extérieure, transmetteur téléphonique RTC, alimentation secteur 230 V / 12 V DC, batterie de secours. - **Fonctionnement de base** : en état de repos, la centrale surveille l’état des boucles (contacts fermés ou ouverts). Lorsqu’une boucle change d’état, elle envoie une séquence DTMF au transmetteur qui compose le numéro pré‑programmé. > **>** Un transmetteur RTC transforme une alerte locale en appel téléphonique vers un numéro fixe ou mobile, sans passer par Internet. ### 1.2. Lecture du schéma unifilaire type - Analyse d’un schéma fourni par le fabricant (ex. : modèle *Hikvision DS‑PWA‑M*). - Identification des symboles : contact normalement fermé (NF), contact normalement ouvert (NO), bobine de relais, fusible de protection, borne d’alimentation, borne de ligne téléphonique (Tip/Ring). - Repérage des zones de câblage : alimentation 12 V DC, boucle de détection, sortie sirène, entrée transmetteur. ### 1.3. Normes et règles de sécurité applicables - **NF C 15‑100** : prescriptions pour les installations électriques à basse tension (section des conducteurs, protection contre les surintensités, mise à la terre). - **NF S 61‑940** : exigences pour les systèmes d’alarme intrusion (résistance d’isolement ≥ 1 MΩ, tension de test ≤ 500 V, câbles blindés pour les lignes de détection). - **Décret n° 2015/043 du MINPOSTEL** (du 12 février 2015) : autorisation d’utilisation des lignes téléphoniques RTC pour les équipements de télésurveillance (déclaration préalable auprès de l’opérateur). > **>** Toute intervention sur une ligne téléphonique doit être effectuée après avoir obtenu l’accord de l’opérateur et en respectant la polarité Tip/Ring. ### 1.4. Travaux pratiques d’observation - Démontage d’une centrale d’alarme fonctionnelle en atelier. - Mesure de la tension d’alimentation (12 V DC) et de la résistance de boucle (typiquement 100 Ω – 500 Ω selon la longueur). - Vérification de la continuité du câble téléphonique avec un testeur de ligne (bip tonal). --- ## II. ACTIVITES DE REMEDIATION ### 2.1. Diagnostic des défauts courants | Symptomatique | Cause probable | Méthode de vérification | |---------------|----------------|--------------------------| | Aucun appel transmis malgré déclenchement | Ligne téléphonique coupée ou mauvaise polarité | Test de continuité Tip‑Ring, mesure de tension DC sur la ligne (≈ ‑48 V) | | Déclenchement intempestif (faux positif) | Court‑circuit sur boucle de détection | Mesure de résistance boucle (valeur < 10 Ω indique court‑circuit) | | Sirène ne retentit pas | Fusible d’alimentation grillé ou relais défaillant | Vérification du fusible (continuité) et du bobinage relais (ohmmètre) | | Transmetteur ne compose pas le numéro | Mauvais réglage du numéro ou défaut du module DTMF | Lecture du menu de programmation, test d’émission DTMF avec un téléphone analogique | ### 2.2. Procédure de remise en état étape par étape 1. **Mise hors tension** : couper l’alimentation secteur et débrancher la batterie de secours. 2. **Isolation de la ligne téléphonique** : débrancher le câble Tip/Ring du transmetteur. 3. **Contrôle d’isolement** : appliquer 500 V DC entre chaque conducteur et la terre à l’aide d’un mégohmmètre ; lire ≥ 1 MΩ. 4. **Réparation de la boucle** : - Localiser la zone de défaut à l’aide d’un réflectomètre de câble (si disponible) ou par segmentation. - Remplacer le segment défectueux par un câble identique (section 0,5 mm², isolation PVC). - Réaliser une soudure à l’étain ou utiliser un connecteur à sertir, puis recouvrir de gaine thermo‑rétractable. 5. **Reconnexion de la ligne téléphonique** : respecter la polarité (Tip = fil blanc, Ring = fil rouge). 6. **Remise sous tension** : reconnecter l’alimentation, vérifier la présence de 12 V DC sur les borniers de la centrale. 7. **Test fonctionnel** : déclencher manuellement un détecteur, observer l’émission DTMF sur un téléphone analogique placé en parallèle, vérifier la bonne composition du numéro. > **>** Après chaque intervention, consigner les mesures de tension, de résistance d’isolement et le résultat du test d’appel dans un procès‑verbal de maintenance. ### 2.3. Exercice guidé de remédiation *Scénario* : Lors d’un test mensuel, la centrale ne transmet plus d’appel. La mesure de la ligne téléphonique indique une résistance de 2 kΩ entre Tip et Ring au lieu de l’infini attendu. **Étapes attendues de l’élève** : - Identifier une possible fuite vers la terre (résistance faible). - Vérifier l’isolement Tip‑terre et Ring‑terre (mesurer > 1 MΩ). - Découvrir que le câble téléphonique est écrasé contre une gouttière métallique. - Isoler le câble avec du ruban isolant et le repositionner à l’écart de toute masse métallique. - Refaire le test d’isolement (résistance > 10 MΩ) puis rétablir l’alimentation et valider le déclenchement d’appel. --- ## III. Leçon 5 : CÂBLAGE D’UN SYSTÈME D’ALARME FILAIRE ### 3.1. Préparation du chantier - **Analyse du plan d’implantation** : repérer les points de détection (portes, fenêtres), l’emplacement de la centrale, le trajet du câble téléphonique vers le point de raccordement réseau (PTR). - **Choix des conducteurs** : - Alimentation 12 V DC : câble HO7RN‑F 2 × 2,5 mm² (résistance ≈ 6,8 Ω/km). - Boucles de détection : câble torsadé blindé 2 × 0,5 mm² (atténuation < 5 dB/100 m à 1 kHz). - Ligne téléphonique : paire torsadée non blindée 0,5 mm² (norme Télécom). - **Mise en place des chemins de câble** : goulottes PVC, conduits métalliques si passage extérieur, respect du rayon de courbure minimal (10 × diamètre du câble). > **>** Le rayon de courbure minimal évite les contraintes mécaniques qui pourraient endommager l’isolation et provoquer des courts‑circuits. ### 3.2. Réalisation du câblage d’alimentation 1. **Disjoncteur de protection** : installer un disjoncteur 10 A courbe C en tête d’alimentation (protection contre surintensité). 2. **Section du conducteur** : calcul de la chute de tension admissible (< 3 % de 12 V = 0,36 V). - Formule : \(\Delta U = 2 \times L \times I \times \rho / S\) - Avec L = 20 m (aller‑simple), I = 1 A (courant de pointe centrale + sirène), \(\rho = 0,017\ \Omega\!\cdot\!mm²/m\) (cuivre), S = 2,5 mm² → \(\Delta U \approx 0,27\ V\) (< 0,36 V). 3. **Câblage** : relier la borne +12 V du disjoncteur au borner + de la centrale, le – au borner – ; serrer les vis à 0,5 Nm. 4. **Mise à la terre** : connecter le conducteur de terre (vert/jaune) du tableau électrique au borner terre de la centrale (si présent) pour dissiper les surtensions. ### 3.3. Câblage des boucles de détection - **Principe** : chaque détecteur est placé en série sur une boucle normalement fermée (NF). L’ouverture d’un contact crée une rupture de continuité détectée par la centrale. - **Étapes** : 1. Tirer le câble blindé depuis la centrale jusqu’au premier détecteur. 2. Réaliser une dérivation en « en‑chaîne » : le conducteur allant vers le détecteur suivant est soudé sur le même fil que celui venant du détecteur précédent (technique en « daisy‑chain »). 3. Terminer la boucle par une résistance de fin de ligne (EOL) de 4,7 kΩ (valeur typique) afin de permettre à la centrale de distinguer une coupure de ligne d’un état normal. 4. Vérifier la résistance totale de la boucle avec un ohmmètre : elle doit être approximativement égale à la résistance EOL (4,7 kΩ) plus la résistance du câble, les détecteurs ayant une résistance négligeable en état fermé. ---

Quiz du chapitre

9 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la fonction principale d'un transmetteur téléphonique RTC dans un système d'alarme filaire ?
  2. 2. Quel type de signal le transmetteur RTC utilise-t-il pour communiquer avec le réseau téléphonique commuté ?
  3. 3. Selon la norme NF C 15-100, quelle section minimale de conducteur cuivre est recommandée pour le câblage d'une alarme filaire de faible courant (≤ 12 V) sur une distance inférieure à 50 m ?
  4. 4. Une centrale d'alarme filaire alimente 8 détecteurs de mouvement chacun consommant 15 mA en veille et 30 mA en alarme. Quelle est la consommation maximale en courant de la centrale si tous les détecteurs passent en alarme simultanément ?
  5. 5. Lors du câblage d'une boucle d'alarme filaire, la résistance totale du câble aller-retour ne doit pas dépasser 10 Ω pour garantir une détection fiable. Si le câble utilisé a une résistance linéaire de 0,02 Ω/m, quelle est la longueur maximale autorisée pour le trajet aller-retour ?
  6. 6. Dans un schéma de câblage, les fils du transmetteur RTC sont connectés aux bornes 'TIP' et 'RING' de la prise téléphonique. Quelle polarité doit-on respecter pour assurer une bonne transmission DTMF ?
  7. 7. Une alarme filaire doit déclencher un appel téléphonique vers le numéro 06 12 34 56 78 après une détection. Quel paramètre du transmetteur RTC doit être programmé pour que l'appel soit effectué en mode 'voix' plutôt que en mode 'data' ?
  8. 8. Lors de la mise en service, le technicien mesure une tension de 10,8 V aux bornes de la centrale alors que l'alimentation nominale est de 12 V. Quelle est la chute de tension acceptable selon les bonnes pratiques (max 10 % de la tension nominale) ?
  9. 9. Lors de l'intégration du transmetteur RTC avec une centrale d'alarme qui utilise une sortie d'alarme à relais normalement ouvert (NO), quel type de contact doit-on configurer sur le transmetteur pour garantir que l'appel est déclenché uniquement en présence d'une alarme réelle et non en raison d'un défaut de câblage (court‑circuit) ?