Chapitre 6
International Economics
Lecture : 22 minQuiz de 12 questions
# International Economics
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l'étudiant sera capable de :
- Définir le commerce international et expliquer ses fondements théoriques.
- Analyser les effets de la spécialisation et du commerce sur l'échange des biens.
- Évaluer les impacts des restrictions commerciales (tarifs, quotas, etc.).
- Calculer et interpréter les termes de l'échange (Terms of Trade).
- Construire et analyser la structure de la balance des paiements.
- Identifier les causes et conséquences des déficits et excédents de la balance des paiements.
- Proposer des politiques pour améliorer la position de la balance des paiements du Cameroun.
- Décrire le rôle des institutions économiques internationales et des regroupements économiques régionaux.
- Expliquer le fonctionnement du marché des changes et la détermination des taux de change.
- Analyser les mécanismes d'ajustement des taux de change.
**Prérequis** : Notions de base en microéconomie (offre et demande, élasticité, coût d'opportunité), macroéconomie (PIB, revenu national), et mathématiques (pourcentages, rapports, résolution d'équations simples).
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## Introduction
L'économie internationale étudie les interactions économiques entre les pays, notamment le commerce des biens et services, les mouvements de capitaux, et les flux de main-d'œuvre. Ce chapitre couvre les concepts fondamentaux du commerce international, de la balance des paiements, des taux de change, et des institutions qui régulent ces échanges. Il s'appuie sur les théories classiques et modernes pour expliquer pourquoi les pays commercient, comment ils bénéficient de la spécialisation, et quels sont les enjeux liés aux déséquilibres extérieurs. Une attention particulière est portée au contexte camerounais, notamment pour analyser sa position dans la balance des paiements et les politiques visant à l'améliorer.
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## I. TU 46: Lesson 101) Meaning of international trade
### Définition et fondements
> **Le commerce international** désigne l'échange de biens et de services entre les résidents de différents pays. Il implique des transactions transfrontalières soumises à des réglementations douanières, des changes de devises, et des politiques commerciales nationales.
Le commerce international naît de la diversité des dotations factorielles (travail, capital, ressources naturelles) et des différences technologiques entre les pays. Ces différences créent des avantages comparatifs qui rendent le commerce mutuellement bénéfique.
### Exemple résolu : Avantage comparatif
Le Cameroun produit 100 tonnes de cacao ou 50 unités de textile avec une unité de ressource. Le Nigeria produit 80 tonnes de cacao ou 40 unités de textile avec la même unité.
- Coût opportunité du cacao au Cameroun : 50/100 = 0,5 unité de textile par tonne de cacao.
- Coût opportunité du cacao au Nigeria : 40/80 = 0,5 unité de textile par tonne de cacao.
→ Même coût opportunité : pas d'avantage comparatif clair ici. Modifions l'exemple.
Nouveau exemple : Cameroun : 100 cacao ou 25 textile. Nigeria : 80 cacao ou 40 textile.
- Cameroun : coût opportunité de 1 cacao = 25/100 = 0,25 textile.
- Nigeria : coût opportunité de 1 cacao = 40/80 = 0,5 textile.
→ Le Cameroun a un avantage comparatif dans le cacao (0,25 < 0,5).
- Cameroun : coût opportunité de 1 textile = 100/25 = 4 cacao.
- Nigeria : coût opportunité de 1 textile = 80/40 = 2 cacao.
→ Le Nigeria a un avantage comparatif dans le textile (2 < 4).
Si chaque pays se spécialise selon son avantage comparatif :
- Cameroun produit 100 cacao, 0 textile.
- Nigeria produit 0 cacao, 40 textile.
Production mondiale : 100 cacao + 40 textile.
Sans spécialisation, supposons une répartition égale des ressources : chaque pays produit 50 cacao et 12,5 textile (Cameroun) ou 40 cacao et 20 textile (Nigeria) → total : 90 cacao + 32,5 textile.
Avec spécialisation : 100 cacao + 40 textile → gain de 9,5 cacao et 7,5 textile.
### Exercices d'application corrigés
**Exercice 1** : Le Ghana peut produire 60 unités d'or ou 30 unités de cacao. La Côte d'Ivoire peut produire 40 unités d'or ou 60 unités de cacao. Déterminer l'avantage comparatif de chaque pays.
**Solution** :
- Ghana : coût opportunité de 1 or = 30/60 = 0,5 cacao ; de 1 cacao = 60/30 = 2 or.
- Côte d'Ivoire : coût opportunité de 1 or = 60/40 = 1,5 cacao ; de 1 cacao = 40/60 ≈ 0,67 or.
→ Ghana a un avantage comparatif dans l'or (0,5 < 1,5 cacao par or).
→ Côte d'Ivoire a un avantage comparatif dans le cacao (0,67 < 2 or par cacao).
**Exercice 2** : Si le Cameroun se spécialise dans la production de bananes (avantage comparatif) et échange 30 tonnes de bananes contre 20 tonnes de riz avec le Tchad, et que sans échange il aurait produit 20 tonnes de bananes et 10 tonnes de riz, quel est son gain net ?
**Solution** :
- Sans échange : 20 bananes + 10 riz.
- Avec échange : il produit 50 bananes (supposons), échange 30 contre 20 riz → il garde 20 bananes + 20 riz.
- Gain : mêmes bananes (20), mais riz passe de 10 à 20 → gain de 10 tonnes de riz.
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## II. TU 47: Practical work 23: Theories of international trade
### Théorie de l'avantage absolu (Adam Smith)
Un pays a un avantage absolu dans la production d'un bien s'il peut le produire avec moins de ressources qu'un autre pays.
> **Avantage absolu** : capacité à produire un bien en utilisant moins de facteurs de production qu'un autre pays.
### Théorie de l'avantage comparatif (David Ricardo)
Même si un pays n'a pas d'avantage absolu, il peut bénéficier du commerce s'il a un coût d'opportunité plus faible dans la production d'un bien.
> **Avantage comparatif** : capacité à produire un bien à un coût d'opportunité inférieur à celui d'un autre pays.
### Théorie des dotations factorielles (Heckscher-Ohlin)
Les pays exportent les biens qui utilisent intensivement leur facteur abondant et importent ceux qui utilisent intensivement leur facteur rare.
> **Théorie Heckscher-Ohlin** : un pays exporte les biens qui utilisent intensivement son facteur de production relativement abondant.
### Théorie du cycle de vie du produit (Vernon)
Les produits innovants sont d'abord produits et exportés par le pays innovateur, puis la production se délocalise vers des pays à moindre coût lorsque le produit se standardise.
### Nouveaux théorèmes du commerce (Krugman, Helpman)
Intégrent les économies d'échelle et la différenciation des produits pour expliquer le commerce intra-industriel entre pays similaires.
### Tableau comparatif des théories
| Théorie | Auteur(s) | Hypothèse principale | Prédiction du commerce |
|--------|-----------|----------------------|------------------------|
| Avantage absolu | Smith | Différences de productivité absolue | Exportation du bien où l'on est le plus productif |
| Avantage comparatif | Ricardo | Différences de coûts d'opportunité | Exportation du bien où l'on a le moindre coût d'opportunité |
| Heckscher-Ohlin | Heckscher, Ohlin | Différences de dotations factorielles | Exportation des biens intensifs en facteur abondant |
| Cycle de vie du produit | Vernon | Innovation et imitation | Exportation initiale par l'innovateur, puis délocalisation |
| Nouveaux théorèmes | Krugman, Helpman | Économies d'échelle, différenciation | Commerce intra-industriel entre pays similaires |
### Exercices d'application corrigés
**Exercice 1** : Le Cameroun est abondant en main-d'œuvre peu qualifiée et rare en capital. Selon Heckscher-Ohlin, quels types de biens devrait-il exporter ?
**Solution** : Le Cameroun devrait exporter des biens intensifs en main-d'œuvre (ex. : textile, agriculture, transformation agroalimentaire) et importer des biens intensifs en capital (ex. : machines, équipements industriels).
**Exercice 2** : Une entreprise camerounaise produit des téléphones mobiles standardisés. Selon la théorie du cycle de vie du produit, que peut-on prévoir concernant sa production future ?
**Solution** : Si le produit devient standardisé et que des concurrents étrangers peuvent le produire à moindre coût, la production pourrait se délocaliser vers des pays avec des coûts de main-d'œuvre plus faibles, même si l'innovation initiale avait eu lieu au Cameroun.
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## III. TU 48: Practical work 24: Determining the exchange of goods after specialisation
### Termes de l'échange après spécialisation
Après spécialisation selon l'avantage comparatif, les pays commercient à un taux qui se situe entre leurs coûts d'opportunité domestiques.
> **Taux d'échange international** : rapport auquel deux biens sont échangés sur le marché mondial, déterminé par l'offre et la demande internationales, et situé entre les coûts d'opportunité domestiques des deux pays.
### Exemple résolu : Détermination du taux d'échange
Le Cameroun : 1 unité de ressource produit 100 cacao ou 25 textile → coût opportunité de 1 cacao = 0,25 textile.
Le Nigeria : 1 unité de ressource produit 80 cacao ou 40 textile → coût opportunité de 1 cacao = 0,5 textile.
Le taux d'échange acceptable pour les deux pays doit être compris entre 0,25 et 0,5 textile par cacao.
Supposons que le taux d'échange mondial soit fixé à 0,3 textile par cacao.
- Cameroun : produit 100 cacao. Pour obtenir du textile, il échange du cacao. À 0,3 textile/cacao, il obtient 30 textile en échange de 100 cacao.
- Sans échange : aurait pu produire 25 textile en produisant seulement du textile.
- Avec échange : il a 100 cacao échangés contre 30 textile → il est gagnant car 30 > 25 textile pour la même quantité de ressource utilisée pour produire le cacao échangé.
- En fait, il a utilisé toute sa ressource pour produire 100 cacao, échangé contre 30 textile. S'il avait produit du textile seul, il aurait eu 25 textile. Donc gain de 5 textile.
- Nigeria : produit 40 textile. Pour obtenir du cacao, il échange du textile. À 0,3 textile/cacao, il donne 0,3 textile pour obtenir 1 cacao → pour obtenir X cacao, il donne 0,3X textile.
- S'il veut obtenir autant de cacao qu'en produisant seul (80 cacao), il doit donner 0,3 × 80 = 24 textile.
- Sans échange : en produisant du cacao seul, il aurait eu 80 cacao et 0 textile.
- Avec échange : il produit 40 textile, en donne 24 pour obtenir 80 cacao → il lui reste 16 textile + 80 cacao.
- Sans échange, s'il avait voulu 80 cacao, il aurait dû produire uniquement du cacao (80 cacao, 0 textile).
- Avec échange : il a 80 cacao et 16 textile → gain de 16 textile par rapport à la situation où il aurait produit uniquement du cacao pour obtenir les mêmes 80 cacao.
### Exercices d'application corrigés
**Exercice 1** : Le Tchad peut produire 60 unités de gum arabic ou 30 unités de coton. Le Soudan peut produire 40 unités de gum arabic ou 80 unités de coton. Le taux d'échange mondial est de 1 unité de gum arabic pour 2 unités de coton. Vérifier si ce taux est dans l'intervalle acceptable.
**Solution** :
- Tchad : coût opportunité de 1 gum arabic = 30/60 = 0,5 coton.
- Soudan : coût opportunité de 1 gum arabic = 80/40 = 2 coton.
→ Intervalle acceptable : entre 0,5 et 2 coton par gum arabic.
- Taux donné : 1 gum arabic = 2 coton → exactement égal au coût opportunité du Soudan.
→ Ce taux est à la limite supérieure de l'intervalle. Le Soudan est indifférent (il gagne rien par rapport à l'autarcie), le Tchad gagne (il paie 2 coton pour un gum arabic qui lui coûte seulement 0,5 coton à produire).
**Exercice 2** : Si le taux d'échange était de 1 gum arabic pour 1 coton, que se passerait-il ?
**Solution** : 1 coton < 0,5 coton ? Non : 1 > 0,5 et 1 < 2 → toujours dans l'intervalle (0,5 à 2).
- Tchad : paie 1 coton pour 1 gum arabic qui lui coûte 0,5 coton → perd 0,5 coton par échange → il ne voudrait pas échanger à ce taux.
- Soudan : reçoit 1 gum arabic en donnant 1 coton qui lui coûte 2 coton à produire → gagne 1 coton par échange → il voudrait échanger.
→ Mais comme le Tchad refuse, le taux ne peut pas se maintenir. Le taux d'équilibre se situera où l'offre égale la demande.
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## IV. TU 49: Lesson 102) International trade restrictions
### Types de restrictions commerciales
> **Restrictions commerciales** : mesures prises par un État pour limiter les importations ou stimuler les exportations, afin de protéger des industries nationales, corriger des déséquilibres, ou atteindre des objectifs politiques.
- **Tarifs douaniers** : taxes sur les importations.
- **Quotas** : limites quantitatives sur les importations.
- **Embargos** : interdiction totale de commerce avec un pays ou sur un produit.
- **Subventions à l'exportation** : paiements aux exportateurs pour rendre leurs biens plus compétitifs à l'étranger.
- **Contingents volontaires d'exportation (CVE)** : accords où un pays exportateur limite volontairement ses exportations.
- **Normes techniques et sanitaires** : peuvent agir comme des barrières non tarifaires.
### Effets économiques d'un tarif
Supposons un pays petit (ne pouvant pas influencer le prix mondial).
- Prix mondial : $P_w$.
- Après tarif $t$ : prix intérieur = $P_w + t$.
- Effets :
- Augmentation de la production domestique (de $Q_1$ à $Q_2$).
- Diminution de la consommation domestique (de $C_1$ à $C_2$).
- Augmentation des importations ? Non : diminution (de $C_1 - Q_1$ à $C_2 - Q_2$).
- Recettes tarifaires : $t \times (C_2 - Q_2)$.
- Perte sèche : deux triangles (perte de surplus consommateur non compensée par gain de producteur ou recettes).
> **Perte sèche d'un tarif** : perte nette de bien-être social due à la distorsion de l'allocation des ressources.
### Exemple résolu : Calcul des effets d'un tarif
Prix mondial du riz : 500 FCFA/kg.
Demande intérieure : $Q_d = 1000 - 2P$ (en kg).
Offre intérieure : $Q_s = 2P - 200$ (en kg).
Tarif imposé : 100 FCFA/kg.
**Étape 1 : Équilibre sans tarif**
Prix intérieur = prix mondial = 500.
$Q_d = 1000 - 2×500 = 0$ kg → attendez, cela ne semble pas réaliste. Modifions la demande.
Nouvelle demande : $Q_d = 2000 - 2P$.
Offre intérieure : $Q_s = 2P - 200$.
À $P = 500$ :
$Q_d = 2000 - 1000 = 1000$ kg.
$Q_s = 1000 - 200 = 800$ kg.
Importations = $Q_d - Q_s = 200$ kg.
**Étape 2 : Avec tarif de 100 FCFA/kg**
Prix intérieur = 500 + 100 = 600 FCFA/kg.
$Q_d = 2000 - 2×600 = 2000 - 1200 = 800$ kg.
$Q_s = 2×600 - 200 = 1200 - 200 = 1000$ kg.
Attention : offre intérieure > demande intérieure → cela impliquerait des exportations, mais nous supposons un pays importateur. Incohérence.
Modifions l'offre intérieure : $Q_s = 0,5P - 100$ (plus réaliste pour un pays peu producteur).
À $P = 500$ :
$Q_d = 2000 - 1000 = 1000$ kg.
$Q_s = 0,5×500 - 100 = 250 - 100 = 150$ kg.
Importations = 850 kg.
Avec tarif : $P = 600$.
$Q_d = 2000 - 1200 = 800$ kg.
$Q_s = 0,5×600 - 100 = 300 - 100 = 200$ kg.
Importations = 800 - 200 = 600 kg.
Recettes tarifaires = 100 × 600 = 60 000 FCFA.
Perte sèche :
- Perte de surplus consommateur : aire sous la demande entre 500 et 600.
- Gain de producteur : aire au-dessus de l'offre entre 500 et 600.
- Recettes : rectangle.
Perte sèche = deux triangles :
- Triangle de surproduction : base = (200-150) = 50 kg, hauteur = 100 → aire = 0,5×50×100 = 2500.
- Triangle de sous-consommation : base = (1000-800) = 200 kg, hauteur = 100 → aire = 0,5×200×100 = 10 000.
→ Perte sèche totale = 12 500 FCFA.
### Exercices d'application corrigés
**Exercice 1** : Le gouvernement camerounais impose un quota de 500 tonnes sur l'importation de poulet congelé. Expliquer les effets probables sur le marché intérieur.
**Solution** :
- Le quota limite l'offre totale disponible à la production intérieure + 500 tonnes.
- Si la demande intérieure à l'ancien prix dépasse ce niveau, le prix intérieur augmentera.
- Cela profite aux producteurs nationaux (prix plus élevé, ventes possiblement accrues).
- Cela pénalise les consommateurs (prix plus élevé, moins de choix).
- Les importateurs titulaires de licences peuvent réaliser des rentes de situation.
- Risque de corruption dans l'attribution des licences.
- Possible stimulation de la production nationale à moyen terme.
**Exercice 2** : Pourquoi un pays pourrait-il préférer un quota à un tarif pour protéger une industrie ?
**Solution** :
- Un quota garantit un niveau maximal d'importations, indépendamment des fluctuations de la demande mondiale ou du prix mondial.
- Un tarif laisse le volume des importations varier avec la demande ; en période de forte demande intérieure, les importations pourraient rester élevées malgré le tarif.
- Les quotas sont plus prévisibles en termes de volume protégé.
- Cependant, les quotas peuvent conduire à des rentes plus importantes pour les importateurs licenciés, contrairement aux tarifs où les recettes vont à l'État.
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## V. TU 50: Lesson 103) Terms of trade (TOT)
### Définition et calcul
> **Les termes de l'échange (Terms of Trade, TOT)** mesurent le rapport entre le prix des exportations d'un pays et le prix de ses importations. Ils indiquent combien de biens importés un pays peut acheter avec une unité de ses exportations.
$$
\text{TOT} = \left( \frac{\text{Indice des prix des exportations}}{\text{Indice des prix des importations}} \right) \times 100
$$
- Si TOT > 100 : amélioration des termes de l'échange (les exportations achètent plus d'importations qu'en base).
- Si TOT < 100 : détérioration des termes de l'échange.
- Variation du TOT : $\frac{\Delta \text{TOT}}{\text{TOT}} \approx \frac{\Delta P_x}{P_x} - \frac{\Delta P_m}{P_m}$
> **Règle à retenir** : Une amélioration des TOT signifie que le pays reçoit plus de biens étrangers pour chaque unité de ses exportations vendues.
### Exemple résolu : Calcul du TOT
En 2022, l'indice des prix des exportations du Cameroun (base 100 en 2015) est de 120.
L'indice des prix des importations est de 110.
$$
\text{TOT}_{2022} = \left( \frac{120}{110} \right) \times 100 \approx 109,09
$$
En 2023, les indices passent à 125 pour les exportations et 115 pour les importations.
$$
\text{TOT}_{2023} = \left( \frac{125}{115} \right) \times 100 \approx 108,70
$$
Variation du TOT : de 109,09 à 108,70 → légère détérioration de -0,36 point.
Interprétation : en 2023, le Cameroun peut acheter légèrement moins de biens importés avec une unité de ses exportations qu'en 2022.
### Exercices d'application corrigés
**Exercice 1** : En 2020, le TOT du Tchad était de 95. En 2021, il est passé à 102. Que peut-on interpréter ?
**Solution** : Le TOT est passé de moins de 100 à plus de 100 → amélioration des termes de l'échange. Le Tchad peut maintenant acheter plus de biens importés avec une unité de ses exportations qu'en 2020. Cela peut résulter d'une hausse des prix de ses exportations (ex. : pétrole, coton) ou d'une baisse des prix de ses importations (ex. : céréales, carburants).
**Exercice 2** : Si les prix des exportations du Cameroun augmentent de 8% et ceux des importations de 3%, quelle est la variation approximative des TOT ?
**Solution** :
$$
\frac{\Delta \text{TOT}}{\text{TOT}} \approx 8\% - 3\% = 5\%
$$
→ Les TOT s'améliorent d'environ 5%.
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## VI. TU 51: Lesson 104) Structure of the balance of payments
### Définition et composantes
> **La balance des paiements (BdP)** est un état comptable qui enregistre toutes les transactions économiques entre les résidents d'un pays et le reste du monde sur une période donnée.
Elle suit la méthode de la partie double : chaque transaction génère un crédit (+) et un débit (-).
### Structure de la balance des paiements
$$
\text{Balance des paiements} = \text{Compte courant} + \text{Compte en capital} + \text{Compte financier} + \text{Erreurs et omissions} = 0
$$
- **Compte courant** :
- Solde des biens (exportations - importations de marchandises).
- Solde des services (exportations - importations de services : transport, tourisme, etc.).
- Revenu primaire (revenus du travail et du capital perçus de l'étranger moins ceux versés à l'étranger).
- Revenu secondaire (transferts courants : transferts des travailleurs, aide internationale, etc.).
- **Compte en capital** : transferts en capital (ex. : dette annulée, transferts liés à l'acquisition/décession d'actifs non produits, non financiers).
- **Compte financier** : enregistre les transactions financières (investissements directs, portefeuille, dérivés, réserves, autres investissements).
- Sous-comptes : investissement direct étranger (IDE), investissement de portefeuille, dérivés financiers, autres investissements (prêts commerciaux, etc.), variation des réserves officielles.
> **Règle à retenir** : La balance des paiements doit toujours être égale à zéro en théorie (déficit dans un compte doit être compensé par un excédent dans un autre, ou par une variation des réserves).
### Exemple résolu : Construction d'une balance des paiements simplifiée
Données pour le Cameroun en 2022 (en milliards de FCFA) :
- Exportations de biens : 2 500
- Importations de biens : 3 200
- Exportations de services : 400
- Importations de services : 500
- Revenu primaire net : -150
- Revenu secondaire net : +300
- Transferts en capital : +50
- IDE net : +200
- Investissement de portefeuille net : -50
- Autres investissements nets : +100
- Variation des réserves officielles : ?
**Étape 1 : Compte courant**
- Solde biens : 2500 - 3200 = -700
- Solde services : 400 - 500 = -100
- Revenu primaire : -150
- Revenu secondaire : +300
→ Total compte courant = -700 -100 -150 +300 = -650
**Étape 2 : Compte en capital** : +50
**Étape 3 : Compte financier**
- IDE : +200
- Portefeuille : -50
- Autres investissements : +100
→ Total compte financier (sans réserves) = 200 -50 +100 = +250
**Étape 4 : Équilibre**
BdP = Courant + Capital + Financier + Erreurs et omissions = 0
Supposons erreurs et omissions = 0 pour simplifier.
-650 (courant) + 50 (capital) + 250 (financier) + variation des réserves = 0
→ -350 + variation des réserves = 0
→ Variation des réserves = +350 milliards de FCFA.
Cela signifie que la banque centrale a accumulé 350 milliards de FCFA de réserves étrangères pour compenser le déficit du compte courant partiellement compensé par l'excédent du compte financier et du compte en capital.
### Exercices d'application corrigés
**Exercice 1** : Classer les opérations suivantes dans le compte courant ou le compte financier :
a) Vente de cacao camerounais à l'Europe.
b) Achat d'une usine au Cameroun par une entreprise française.
c) Envoi d'argent par un travailleur camerounais en France à sa famille.
d) Achat d'obligations d'État camerounaises par un investisseur britannique.
e) Paiement de droits de douane sur des importations.
**Solution** :
a) Exportation de bien → compte courant (solde des biens).
b) Investissement direct étranger → compte financier (IDE).
c) Transfert courant (travailleur) → compte courant (revenu secondaire).
d) Investissement de portefeuille → compte financier (investissement de portefeuille).
e) Paiement à l'État → pas une transaction avec le reste du monde (si payé à l'État camerounais) → non enregistré dans la BdP. Si payé à une douane étrangère, ce serait un service (mais généralement non). En réalité, les droits de douane sont des recettes fiscales internes, pas partie de la BdP.
**Exercice 2** : Si le compte courant du Cameroun présente un déficit de 500 milliards de FCFA et que le compte financier montre un excédent de 300 milliards de FCFA, que doit-il se passer pour que la balance des paiements soit équilibrée ?
**Solution** : Le compte en capital doit présenter un excédent de 200 milliards de FCFA, ou bien la banque centrale doit puiser dans ses réserves étrangères (variation négative des réserves de 200 milliards), ou une combinaison des deux, plus éventuellement des erreurs et omissions.
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## VII. TU 52: Practical work 25: Balance of payments
### Application pratique : Analyse de la BdP camerounaise
Nous utilisons des données typiques (à titre illustratif, car les valeurs réelles varient annuellement) pour illustrer l'analyse.
### Exemple résolu : Interprétation d'une BdP
Données hypothétiques pour le Cameroun (milliards de FCFA) :
- Exportations de biens : 2 800
- Importations de biens : 3 500
- Exportations de services : 600
- Importations de services : 700
- Revenu primaire net : -200
- Revenu secondaire net : +400
- Transferts en capital : +80
- IDE net : +250
- Portefeuille net : -70
- Autres investissements nets : +120
- Variation des réserves officielles : ?
**Calcul du compte courant** :
- Biens : 2800 - 3500 = -700
- Services : 600 - 700 = -100
- Revenu primaire : -200
- Revenu secondaire : +400
→ Total = -700 -100 -200 +400 = -600
**Compte en capital** : +80
**Compte financier (hors réserves)** :
- IDE : +250
- Portefeuille : -70
- Autres : +120
→ Total = 250 -70 +120 = +300
**Équilibre** :
-600 (courant) + 80 (capital) + 300 (financier) + Δréserves = 0
→ -220 + Δréserves = 0
→ Δréserves = +220 milliards de FCFA.
**Interprétation** :
- Le compte courant est déficitaire (-600), principalement à cause du déficit commercial (-700 biens, -100 services), partiellement compensé par les transferts secondaires (+400, probablement des transferts des travailleurs).
- Le compte financier montre un excédent net (+300), porté par l'IDE (+250) et les autres investissements (+120), malgré une sortie de portefeuille (-70).
- Le compte en capital est légèrement excédentaire (+80).
- Pour équilibrer la BdP, la banque centrale doit augmenter ses réserves officielles de 220 milliards de FCFA → cela indique une entrée nette de devises étrangères, malgré le déficit du compte courant, grâce aux flux financiers.
- Cette situation suggère que le Cameroun finance son déficit courant par des entrées de capitaux (IDE, prêts), ce qui peut être soutenable à court terme mais présente des risques si ces flux se tarissent ou si la dette augmente excessivement.
### Exercices d'application corrigés
**Exercice 1** : Si les transferts secondaires (transferts des travailleurs) du Cameroun venaient à diminuer de 50% en raison d'une crise économique en Europe, quel serait l'impact sur le compte courant, en supposant que tout le reste reste constant ?
**Solution** : Dans l'exemple ci-dessus, les transferts secondaires étaient de +400. Une diminution de 50% les ramène à +200 → perte de 200 dans le compte courant.
Nouveau compte courant : -600 (ancien) - 200 = -800.
Le déficit du compte courant passerait de -600 à -800 milliards de FCFA.
Pour maintenir l'équilibre, il faudrait soit une augmentation de l'excédent du compte financier/de capital, soit une diminution des réserves (sortie de devises).
**Exercice 2** : Pourquoi une augmentation de l'IDE peut-elle améliorer la balance des paiements même si le compte courant reste déficitaire ?
**Solution** : L'IDE enregistre une entrée de capitaux étrangers dans le compte financier. Cela génère un excédent financier qui peut compenser un déficit du compte courant. Contrairement aux prêts, l'IDE ne crée pas immédiatement d'obligation de remboursement (bien qu'il puisse impliquer des rapatriements de bénéfices futurs dans le revenu primaire). Ainsi, une hausse de l'IDE peut financer un déficit courant sans augmenter immédiatement la dette extérieure.
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Quiz du chapitre
12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.