Chapitre 11
Mod2, Leçon 11 : Quelques machines simples
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# Mod2, Leçon 11 : Quelques machines simples
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de :
- Définir précisément les notions de machine simple, effort, résistance, bras de levier, avantage mécanique et rendement.
- Identifier les six types de machines simples (levier, poulie, plan incliné, coin, vis, roue et axe) et expliquer leur fonctionnement.
- Comparer les avantages et inconvénients des machines simples en termes d’économie d’effort, de distance parcourue, de rendement et d’application pratique.
- Appliquer les formules de l’avantage mécanique (AM = résistance / effort) et du rendement (η = travail utile / travail fourni × 100) à des situations concrètes.
- Analyser des exemples de machines simples utilisés dans le contexte camerounais et africain (agriculture, artisanat, construction, vie quotidienne).
- Élaborer un plan de réponse structuré à un sujet type d’examen du BEPC sur ce thème.
**Prérequis** : Notions de force (en newton), de travail (en joule), de moment d’une force (en N·m), d’équilibre et de système isolé, acquises en physique au cours de la quatrième et en début de troisième.
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## Introduction
Les machines simples sont des dispositifs mécaniques de base qui permettent de modifier l’intensité, la direction ou le point d’application d’une force afin de faciliter l’accomplissement d’un travail. Elles ne produisent pas d’énergie mais transforment le travail fourni en travail utile, souvent au prix d’une augmentation de la distance parcourue par le point d’application de l’effort. Leur étude est fondamentale en physique appliquée et trouve de nombreuses applications dans la vie quotidienne, l’artisanat, l’agriculture et l’industrie, particulièrement dans les contextes où l’accès à l’énergie mécanique motorisée est limité, comme dans de nombreuses régions rurales du Cameroun et d’Afrique subsaharienne. Ce chapitre aborde d’abord les définitions essentielles et les caractéristiques des six machines simples (Séance 15), puis analyse leurs avantages et inconvénients respectifs (Séance 16), en s’appuyant sur des exemples concrets tirés du milieu camerounais et africain.
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## I. Séance 15 : Définitions des notions – Quelques machines simples
### Contexte
Cette séance vise à établir un langage scientifique précis autour des machines simples. Elle part de l’observation quotidienne (utilisation d’un levier pour soulever une pierre, d’une poulie pour hisser un seau d’eau, d’un plan incliné pour charger un chariot) pour en dégager les principes physiques sous-jacents. L’accent est mis sur la distinction entre effort (force appliquée par l’utilisateur) et résistance (force à vaincre, souvent le poids d’une charge), ainsi que sur la notion d’avantage mécanique, qui quantifie l’efficacité de la machine à réduire l’effort nécessaire.
### Définitions clés
> **Machine simple** : Dispositif mécanique comportant peu ou pas de pièces mobiles, permettant de modifier l’intensité, la direction ou le point d’application d’une force pour accomplir un travail avec moins d’effort, au prix d’une augmentation de la distance parcourue par le point d’application de l’effort.
> **Effort (F_e)** : Force appliquée par l’utilisateur sur la machine simple, mesurée en newton (N).
> **Résistance (F_r)** : Force à vaincre (souvent le poids de la charge ou une force de frottement), mesurée en newton (N).
> **Bras de levier (d)** : Distance perpendiculaire entre l’axe de rotation et la ligne d’action d’une force (effort ou résistance), mesurée en mètre (m).
> **Avantage mécanique (AM)** : Rapport de la résistance à l’effort (AM = F_r / F_e). Il indique combien de fois la machine réduit l’effort nécessaire. Un AM > 1 signifie un gain de force.
> **Rendement (η)** : Rapport du travail utile (W_u) au travail fourni (W_f), exprimé en pourcentage : η = (W_u / W_f) × 100. Il mesure l’efficacité énergétique de la machine (pertes dues aux frottements, déformations).
> **Travail (W)** : Produit de la force appliquée dans le sens du déplacement et de la distance parcourue : W = F × d (en joule, J). Travail utile : travail effectué sur la charge ; travail fourni : travail effectué par l’utilisateur.
### Les six machines simples : définitions, fonctionnement et exemples camerounais
#### 1. Levier
- **Définition** : Barre rigide tournant autour d’un point fixe appelé fulcrum ou pivot.
- **Fonctionnement** : Équilibre des moments : F_e × d_e = F_r × d_r (principe du levier).
- **Avantage mécanique** : AM = d_e / d_r (rapport des bras de levier).
- **Types** :
- Classe I : pivot entre effort et résistance (ex. : ciseaux, balance).
- Classe II : résistance entre effort et pivot (ex. : brouette, ouvre-bouteille).
- Classe III : effort entre résistance et pivot (ex. : pince à épiler, bras humain).
- **Exemple camerounais** : Dans les villages de l’Adamaoua ou de l’Est, les paysans utilisent un levier de classe II (brouette en bois renforcé) pour transporter des sacs de cacao ou de manioc sur des chemins difficiles. Le bras d’effort (longueur du manche) est plus long que le bras de résistance (distance du pivot au bac), permettant de soulever une charge lourde avec un effort modéré.
- **Vocabulaire à retenir** : fulcrum, bras de levier, moment d’une force, équilibre.
#### 2. Poulie
- **Définition** : Roue cannelée tournant autour d’un axe fixe ou mobile, destinée à changer la direction d’une corde ou à gagner en force.
- **Fonctionnement** :
- Poulie fixe : change seulement la direction de l’effort (AM = 1).
- Poulie mobile : réduit l’effort nécessaire (AM = 2, car la charge est soutenue par deux brins de corde).
- Système de poulies (moufle) : combinaison de poulies fixes et mobiles pour augmenter l’AM.
- **Avantage mécanique** : AM = nombre de brins de corde soutenant la charge.
- **Exemple camerounais** : Sur les chantiers de construction à Yaoundé ou Douala, les maçons utilisent une moufle à deux poulies (une fixe, une mobile) pour hisser des sacs de ciment ou des parpaings jusqu’au deuxième étage. Avec deux brins soutenant la charge, l’effort nécessaire est divisé par deux, bien que la corde doive être tirée sur deux fois la hauteur souhaitée.
- **Vocabulaire à retenir** : poulie fixe, poulie mobile, moufle, brin de corde, charge soutenue.
#### 3. Plan incliné
- **Définition** : Surface plane inclinée permettant de monter une charge avec moins d’effort que le levage vertical.
- **Fonctionnement** : L’effort nécessaire est réduit, mais la distance parcourue augmente. Travail fourni ≈ travail utile (en négligeant les frottements).
- **Avantage mécanique** : AM = longueur du plan incliné / hauteur verticale (L / h).
- **Exemple camerounais** : Dans les marchés de Garoua ou de Maroua, les vendeuses de céréales (mil, sorgho) utilisent des rampes en bois ou en terre battue pour faire monter des sacs de 50 kg depuis le sol jusqu’à l’étage d’un hangar. Une rampe de 3 m de long pour une hauteur de 0,5 m donne un AM = 6, réduisant l’effort à un sixième du poids, bien que la force doive être appliquée sur 3 m au lieu de 0,5 m.
- **Vocabulaire à retenir** : pente, longueur du plan, hauteur verticale, travail conservé.
#### 4. Coin
- **Définition** : Deux plans inclinés placés dos à dos, formant une arête aiguë, utilisé pour fendre, soulever ou maintenir en place.
- **Fonctionnement** : La force appliquée sur la grande surface du coin est transformée en forces perpendiculaires aux faces inclinées, permettant de séparer deux objets.
- **Avantage mécanique** : AM = longueur du coin / épaisseur maximale (ou AM = 1 / sin(θ/2) pour un coin symétrique, où θ est l’angle au sommet).
- **Exemple camerounais** : En menuiserie traditionnelle dans l’Ouest ou le Nord-Ouest, les artisans utilisent un coin en fer forgé pour fendre des bûches de bois de chauffage (eucalyptus, iroko). En frappant le coin avec une masse, la force axiale est convertie en forces latérales qui écartent les fibres du bois. Un coin long et mince offre un meilleur AM qu’un coin court et épais.
- **Vocabulaire à retenir** : arête, face inclinée, force de fendage, angle au sommet.
#### 5. Vis
- **Définition** : Plan incliné enroulé autour d’un cylindre, permettant de convertir un mouvement rotatif en mouvement linéaire ou de fixer fortement deux pièces.
- **Fonctionnement** : Le pas de la vis (distance entre deux filets consécutifs) détermine l’AM : plus le pas est petit, plus l’AM est élevé.
- **Avantage mécanique** : AM = 2πr / p, où r est le rayon auquel s’applique l’effort (ex. : rayon de la clé) et p est le pas de la vis.
- **Exemple camerounais** : Dans les ateliers de réparation de véhicules à Bamenda ou Bafoussam, les mécaniciens utilisent des vis à pas fin pour fixer solidement les culasses ou les supports moteur. Une vis de pas 1,5 mm serrée avec une clé de rayon 10 mm donne un AM ≈ 2π×10 / 1,5 ≈ 42, permettant d’exercer une force de serrage très élevée avec un couple modéré.
- **Vocabulaire à retenir** : pas de la vis, filet, rayon d’action, couple de serrage.
#### 6. Roue et axe
- **Définition** : Deux disques cylindriques de rayons différents fixés sur un même axe de rotation.
- **Fonctionnement** : L’effort appliqué sur la roue (grand rayon) produit une force plus grande sur l’axe (petit rayon), ou inversement.
- **Avantage mécanique** : AM = rayon de la roue / rayon de l’axe (R / r).
- **Exemple camerounais** : Dans les zones rurales du Littoral ou du Sud, les puits traditionnels utilisent une roue et axe pour puiser de l’eau. La roue (rayon 20 cm) est tournée par une poignée, tandis que l’axe (rayon 2 cm) enroule la corde. L’AM = 20 / 2 = 10 : un effort de 10 N sur la poignée permet de soulever une charge de 100 N (10 kg) au bout de la corde.
- **Vocabulaire à retenir** : rayon de la roue, rayon de l’axe, transmission de mouvement, avantage mécanique par rayon.
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Dans un village de l’Adamaoua, un paysan utilise une brouette (levier de classe II) pour transporter un sac d’engrais de 40 kg. Le bras de résistance (distance du pivot au bac) mesure 0,2 m, et le bras d’effort (longueur du manche) mesure 1,0 m.
1. Calculer l’avantage mécanique de la brouette.
2. Déterminer l’effort théorique nécessaire pour soulever le sac (en négligeant le poids de la brouette et les frottements).
3. Si l’effort réellement mesuré est de 250 N, calculer le rendement de la brouette.
4. Expliquer pourquoi le rendement est inférieur à 100 %.
**Plan attendu** :
I. Calcul de l’avantage mécanique : AM = d_e / d_r = 1,0 m / 0,2 m = 5.
II. Effort théorique : F_e = F_r / AM = (40 kg × 10 N/kg) / 5 = 400 N / 5 = 80 N.
III. Travail utile (pour soulever de 0,5 m) : W_u = F_r × h = 400 N × 0,5 m = 200 J.
Travail fourni (avec effort réel de 250 N sur même distance) : W_f = 250 N × 0,5 m = 125 J → Attendre : correction nécessaire.
*En réalité, si l’effort est appliqué sur le manche, la distance parcourue par la main est proportionnelle au bras d’effort :*
- Distance parcourue par la main : d_e × θ (en radian), mais pour un petit angle, on peut utiliser la similarité : si la charge monte de h, la main parcourt d_e × (h / d_r).
- Donc : W_f = F_e réel × (d_e / d_r) × h = 250 N × (1,0 / 0,2) × 0,5 m = 250 × 5 × 0,5 = 625 J.
- W_u = 400 N × 0,5 m = 200 J.
- Rendement : η = (200 / 625) × 100 = 32 %.
IV. Le rendement est inférieur à 100 % en raison des frottements dans l’essieu de la brouette, de la déformation du sol sous la roue, et de la perte d’énergie due aux vibrations et au bruit.
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## II. Séance 16 : Avantages et inconvénients des machines simples
### Contexte
Cette séance dépasse la simple description pour analyser critique ment les machines simples sous l’angle de leur utilité pratique, de leurs limites physiques et de leur adéquation aux besoins humains. Elle introduit l’idée qu’aucun dispositif n’est parfait : gagner en force implique souvent de perdre en vitesse ou en distance, et que le rendement réel est toujours inférieur à 100 % à cause des dissipations d’énergie (frottements, déformations, bruit). L’accent est mis sur la prise de décision éclairée : choisir la machine la plus adaptée selon le contexte (disponibilité des matériaux, nature de la tâche, contraintes d’espace, niveau de technicité des utilisateurs).
### Avantages généraux des machines simples
- **Réduction de l’effort nécessaire** : Permet de déplacer des charges lourdes avec une force musculaire modeste, essentielle dans les milieux où l’accès à l’énergie mécanique ou électrique est limité.
- **Modification de la direction de la force** : Facilite l’application de la force dans une direction plus commode (ex. : tirer vers le bas au lieu de soulever vers le haut avec une poulie fixe).
- **Simplicité de conception et de fabrication** : Peuvent être fabriquées avec des matériaux locaux (bois, fer, corde) et réparées facilement, ce qui les rend accessibles en milieu rural.
- **Faible coût** : Aucun besoin de carburant, d’électricité ou de pièces complexes.
- **Durabilité** : Peu de pièces mobiles → moins de pannes, longue durée de vie si bien entretenues.
### Inconvénients généraux des machines simples
- **Augmentation de la distance parcourue par le point d’application de l’effort** : Pour gagner en force, il faut déplacer l’effort sur une plus grande distance (principe de conservation du travail).
- **Rendement inférieur à 100 %** : Une partie du travail fourni est perdue en chaleur (frottements), en bruit ou en déformation élastique.
- **Limites de l’avantage mécanique** : L’AM ne peut pas être augmenté indéfiniment sans rendre la machine encombrante ou peu pratique (ex. : un levier très long est difficile à manœuvrer).
- **Dépendance à l’effort humain** : L’efficacité dépend de la force et de l’endurance de l’utilisateur, ce qui peut être un facteur limitant pour des travaux prolongés.
- **Inadaptabilité aux travaux très rapides ou continus** : Peu adaptées aux besoins industriels de haute cadence sans motorisation.
### Analyse par type de machine : avantages et inconvénients spécifiques
| Machine simple | Avantages spécifiques | Inconvénients spécifiques | Exemple camerounais illustratif |
|----------------|------------------------|----------------------------|----------------------------------|
| **Levier** | - Très efficace pour gagner en force (AM élevé si bras d’effort long).<br>- Simple à fabriquer (bâton et pierre comme pivot). | - Encombrant si le bras d’effort est très long.<br>- Nécessite un pivot solide et bien placé.<br>- Peu adapté aux mouvements continus. | Dans les champs de coton du Nord, un levier en bois sert à extraire les racines profondes après la récolte. Avantage : soulève des racines résistantes avec peu d’effort. Inconvénient : le manche long doit être manié avec précaution pour éviter de frapper quelqu’un. |
| **Poulie** | - Permet de hisser des charges verticalement avec moins d’effort (poulie mobile).<br>- Change la direction de la force (utile en espace restreint).<br>- Les systèmes à plusieurs poulies offrent un AM élevé. | - La corde peut s’user ou glisser.<br>- Les poulies fixes ne réduisent pas l’effort.<br>- Un système complexe nécessite plusieurs poulies et une bonne installation. | Sur les chantiers de l’Hôtel du Fleuve à Yaoundé, une moufle à 4 poulies permet de hisser des panneaux de béton. Avantage : un ouvrier peut soulever 200 kg avec 50 N d’effort théorique. Inconvénient : la corde doit être vérifiée fréquemment pour éviter les accidents par rupture. |
| **Plan incliné** | - Réduit considérablement l’effort pour monter des charges lourdes.<br>- Très stable, peu de risque de basculement.<br>- Facile à construire avec de la terre, du bois ou du sable. | - Nécessite beaucoup d’espace au sol.<br>- Peu adapté aux hauteurs importantes sans devenir très long.<br>- La surface peut devenir glissante ou boueuse en saison des pluies. | À l’entrée du marché de Ngaoundéré, une rampe en terre battue permet aux marchands de monter des sacs de sel depuis les camions. Avantage : réduit l’effort de portage. Inconvénient : en saison des pluies, la rampe devient glissante et nécessite un entretien fréquent. |
| **Coin** | - Très efficace pour fendre ou soulever avec une force axiale modeste.<br>- Peu coûteux (peut être taillé dans du bois ou du fer).<br>- Auto-bloquant dans certains cas (résiste au retour en arrière). | - Nécessite des impacts répétés (marteau, masse) pour être efficace.<br>- Risque de glisser si mal positionné.<br>- L’angle trop aigu rend le coin fragile ; trop obtus réduit l’AM. | Dans les scieries artisanales de Bafia, un coin en acier est utilisé pour fendre des grumes de sapele. Avantage : permet d’obtenir des planches sans scie mécanique. Inconvénient : l’utilisateur doit frapper précisément et répétitivement, ce qui est fatigant. |
| **Vis** | - Permet un serrage très puissant et réglable.<br>- Auto-bloquant : ne se dévisse pas sous charge (idéal pour fixer).<br>- Précision dans le mouvement linéaire (ex. : étau, vis de réglage). | - Le vissage/dévissage peut être lent si le pas est petit.<br>- Risque de grippage si mal lubrifié ou corrodé.<br>- La tête peut se endommager si l’outil est mal adapté. | Dans les ateliers de menuiserie de Mbalmayo, des vis à bois servent à assembler des cadres de portes. Avantage : assemblage solide et démontable. Inconvénient : en saison humide, le bois gonfle et peut bloquer la vis, nécessitant du dégrippant ou une nouvelle perforation. |
| **Roue et axe** | - Très bon avantage mécanique si le rayon de la roue est grand par rapport à l’axe.<br>- Permet une transmission continue du mouvement (ex. : puits, treuil).<br>- Réduit l’effort pour soulever ou déplacer une charge de façon répétée. | - Nécessite un axe bien aligné et lubrifié pour éviter l’usure.<br>- La roue peut être encombrante.<br>- Si l’axe est décentré, des vibrations et des pertes d’énergie apparaissent. | Dans les villages du Sud-Ouest, les puits traditionnels utilisent une roue et axe pour puiser de l’eau. Avantage : une personne âgée peut puiser de l’eau avec peu d’effort. Inconvénient : l’axe en bois peut pourrir avec le temps s’il n’est pas protégé, nécessitant un remplacement périodique. |
### Tableau synthétique : comparaison des avantages mécaniques typiques
| Machine simple | Plage typique d’avantage mécanique (AM) | Conditions pour AM élevé |
|----------------|----------------------------------------|---------------------------|
| Levier | 2 à 10 (voire plus si bras d’effort très long) | Bras d’effort >> bras de résistance |
| Poulie (système) | 2 à 6 (ou plus avec moufle complexe) | Nombre élevé de brins de corde soutenant la charge |
| Plan incliné | 1,5 à 10 (ou plus si pente douce) | Longueur du plan >> hauteur verticale |
| Coin | 2 à 6 (dépend de l’angle au sommet) | Angle au sommet petit (coin long et mince) |
| Vis | 10 à 100+ (très élevé si pas fin) | Petit pas de vis et grand rayon d’action de l’effort |
| Roue et axe | 2 à 20 (ou plus) | Grand rayon de roue / petit rayon d’axe |
> **À retenir** : L’avantage mécanique quantifie le gain de force, mais ne dit rien sur le rendement réel, qui est toujours inférieur à 100 % en raison des pertes d’énergie (frottements, déformations, bruit).
> **À retenir** : Dans le principe de conservation du travail (en négligeant les pertes), le travail fourni égale le travail utile : F_e × d_e = F_r × d_r. Toute augmentation de la force s’accompagne d’une diminution proportionnelle de la distance, et vice versa.
> **À retenir** : Une machine simple ne crée pas d’énergie ; elle transforme uniquement le travail fourni en travail utile, avec des pertes inévitables.
> **À retenir** : Le rendement η = (W_u / W_f) × 100 % mesure l’efficacité énergétique d’une machine ; il est toujours < 100 % dans la réalité.
> **À retenir** : Le choix d’une machine simple dépend du compromis entre effort requis, distance à parcourre, encombrement, coût, disponibilité des matériaux et conditions d’utilisation (ex. : terrain, climat, compétence de l’utilisateur).
> **À retenir** : Dans les contextes ruraux africains et camerounais, les machines simples restent indispensables en raison de leur accessibilité, de leur faible coût technologique et de leur adaptabilité aux matériaux locaux.
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Une élève de troisième utilise une poulie fixe pour hisser un seau d’eau de 10 kg depuis un puits de 8 m de profondeur. Elle exerce une force de 100 N dirigée vers le bas.
1. Quel est l’avantage mécanique de cette poulie fixe ?
2. Calculer le travail utile effectué sur le seau.
3. Calculer le travail fourni par l’élève.
4. Déterminer le rendement de la poulie fixe.
5. Expliquer pourquoi le rendement est inférieur à 100 %, malgré l’absence de gain de force.
**Plan attendu** :
I. Avantage mécanique : Une poulie fixe ne change que la direction de la force → AM = 1 (puisque F_e = F_r pour l’équilibre).
II. Travail utile : W_u = F_r × h = (10 kg × 10 N/kg) × 8 m = 100 N × 8 m = 800 J.
III. Travail fourni : W_f = F_e × d = 100 N × 8 m = 800 J (même distance parcourue par la main que par le seau).
IV. Rendement : η = (800 / 800) × 100 = 100 % → *Attention : ceci est théorique*.
V. En réalité, le rendement est inférieur à 100 % à cause des frottements entre la corde et la gorge de la poulie, et de la déformation mineure de l’axe ou de la corde sous tension. Ces pertes transforment une partie du travail fourni en chaleur et en bruit, donc W_f réel > W_u, et η < 100 %. Même si AM = 1, des pertes énergétiques existent toujours.
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## Synthèse du chapitre
- Les six machines simples (levier, poulie, plan incliné, coin, vis, roue et axe) sont des dispositifs permettant de modifier l’intensité, la direction ou le point d’application d’une force.
- Elles ne produisent pas d’énergie mais transforment le travail fourni en travail utile, souvent au prix d’une augmentation de la distance parcourue par l’effort.
- L’avantage mécanique (AM = F_r / F_e ou équivalent géométrique) quantifie le gain de force ; le rendement (η = W_u / W_f × 100) mesure l’efficacité énergétique, toujours inférieur à 100 % à cause des pertes (frottements, déformations).
- Chaque machine présente des avantages spécifiques (simplicité, faible coût, adaptabilité aux matériaux locaux) et des inconvénients (encombrement, perte de vitesse, dépendance à l’effort humain, besoins d’entretien).
- Dans le contexte camerounais et africain, les machines simples sont largement utilisées en agriculture (brouettes, plans inclinés), artisanat (coins, vis, roues et axe), construction (poules, leviers) et vie quotidienne (puits, broyeurs manuels), en raison de leur accessibilité et de leur résilience face aux limites énergétiques.
- Le choix d’une machine simple dépend de l’analyse du compromis entre effort requis, distance, espace disponible, coût, durabilité et conditions d’usage (climat, technicité des utilisateurs).
- La compréhension de ces principes permet non seulement de résoudre des problèmes physiques mais aussi d’analyser et d’améliorer des outils techniques réels dans un souci d’efficacité, de sécurité et de durabilité.
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## Glossaire
- **Avantage mécanique** : Rapport de la résistance à l’effort (ou équivalent géométrique), indiquant combien de fois la machine réduit l’effort nécessaire.
- **Bras de levier** : Distance perpendiculaire entre l’axe de rotation et la ligne d’action d’une force.
- **Coin** : Deux plans inclinés placés dos à dos, utilisé pour fendre, soulever ou maintenir en place.
- **Effort** : Force appliquée par l’utilisateur sur une machine simple, mesurée en newton.
- **Poulie** : Roue cannelée tournant autour d’un axe, utilisée pour changer la direction d’une corde ou gagner en force.
- **Plan incliné** : Surface plane inclinée permettant de monter une charge avec moins d’effort que le levage vertical.
- **Rendement** : Rapport du travail utile au travail fourni, exprimé en pourcentage, mesurant l’efficacité énergétique d’une machine.
- **Résistance** : Force à vaincre (souvent le poids d’une charge ou une force de frottement), mesurée en newton.
- **Roue et axe** : Deux disques cylindriques de rayons différents fixés sur un même axe de rotation, permettant de transformer un effort appliqué sur la roue en force sur l’axe.
- **Vis** : Plan incliné enroulé autour d’un cylindre, permettant de convertir un mouvement rotatif en mouvement linéaire ou de fixer fortement deux pièces.
- **Travail** : Produit de la force appliquée dans le sens du déplacement et de la distance parcourue (W = F × d, en joule).
- **Travail utile** : Travail effectué sur la charge par la machine simple.
- **Travail fourni** : Travail effectué par l’utilisateur sur la machine simple.
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