Chapitre 9
Mod4, Leçon 9 : Système Poulies-Courroie
Lecture : 21 minQuiz de 12 questions
# Mod4, Leçon 9 : Système Poulies-Courroie
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** :
À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de :
- Définir le système poulies-courroie et ses composants essentiels.
- Identifier les avantages et inconvénients de ce système par rapport à d’autres systèmes de transmission (engrenages, chaînes).
- Expliquer les causes du glissement dans un système poulies-courroie et appliquer les méthodes de correction appropriées.
- Réaliser des schémas légendés et résoudre des problèmes simples liés au rapport de transmission et à la vitesse linéaire de la courroie.
- Appliquer ces connaissances à des exemples concrets issus du contexte camerounais et africain (moulins à céréales, machines agricoles, petits ateliers artisanaux).
**Prérequis** :
- Notions de base sur le mouvement de rotation (vitesse angulaire, période, fréquence).
- Compréhension du concept de rapport de transmission.
- Maîtrise des unités du Système International (m, s, rad, N, m/s).
- Savoir lire et interpréter un schéma mécanique simple.
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## Introduction
Le système poulies-courroie est un dispositif mécanique largement utilisé dans les machines industrielles, agricoles et artisanales pour transmettre un mouvement de rotation entre deux arbres parallèles, grâce à une courroie tendue qui adhère à la surface de poulies. Contrairement aux engrenages, il permet une transmission souple, silencieuse et capable d’absorber les chocs et les vibrations. Cependant, il présente un inconvénient majeur : le risque de glissement lorsque la force transmise dépasse la capacité d’adhérence de la courroie sur la poulie. Ce glissement entraîne une perte de rendement, une usure prématurée et une dérive de la vitesse de sortie. Dans le contexte camerounais, où de nombreuses petites unités de transformation (moulins à maïs, presses à huile de palme, scieries villageoises) dépendent de systèmes mécaniques simples et économiques, la maîtrise du système poulies-courroie est essentielle pour garantir la fiabilité et l’efficacité des équipements. Ce chapitre aborde donc les définitions fondamentales, les avantages et inconvénients du système, puis les méthodes permettant de détecter et corriger le glissement, en s’appuyant sur des exemples concrets du territoire national et africain.
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## I. Séance 13 : Définitions, avantages et inconvénients du système
### Contexte
Le système poulies-courroie fait partie des systèmes de transmission par friction, largement répandus dans les zones rurales et semi-urbaines du Cameroun en raison de leur faible coût d’acquisition, de leur facilité d’installation et de maintenance, et de leur adaptabilité aux moteurs électriques ou thermiques de petite puissance. On le retrouve notamment dans les moulins à céréales de l’Extrême-Nord, les unités de transformation du manioc dans le Littoral, les scieries communautaires de l’Est, et les ateliers de réparation de vélos à Yaoundé ou Douala. Contrairement aux systèmes par engrenages, il ne nécessite pas un alignement précis des arbres et tolère certains désaxements, ce qui le rend particulièrement adapté aux équipements artisanaux fabriqués localement.
### Définitions
> **Système poulies-courroie** : Dispositif mécanique composé de deux poulies (ou plus) montées sur des arbres parallèles, reliées par une courroie flexible qui transmet le mouvement par adhérence frictionnelle entre sa surface intérieure et la gorge ou la surface extérieure des poulies.
> **Poulie motrice** : Poulie entraînée par la source d’énergie (moteur, manivelle) et qui transmet le mouvement à la courroie.
> **Poulie menée** : Poulie qui reçoit le mouvement de la courroie et entraîne l’arbre de sortie (charge : meule, scie, pompe).
> **Courroie** : Élément flexible, généralement en caoutchouc renforcé de fibres textiles ou métalliques, conçu pour adhérer aux poulies sous tension et transmettre la force par frottement.
> **Tension de la courroie** : Force exercée longitudinalement sur la courroie pour assurer un contact suffisant avec les poulies et éviter le glissement.
> **Rapport de transmission (i)** : Rapport entre la vitesse angulaire de la poulie motrice (ω₁) et celle de la poulie menée (ω₂), égal au rayon inverse des poulies : i = ω₁/ω₂ = D₂/D₁, où D₁ et D₂ sont les diamètres effectifs des poulies motrice et menée.
> **Vitesse linéaire de la courroie (v)** : Vitesse constante le long de la courroie, égale à v = ω₁ × r₁ = ω₂ × r₂, où r₁ et r₂ sont les rayons effectifs des poulies.
### Avantages du système poulies-courroie
1. **Absorption des chocs et vibrations** : La courroie élastique amortit les variations brusques de charge, protégeant le moteur et la machine entraînée.
2. **Fonctionnement silencieux** : Contrairement aux chaînes ou engrenages, aucun bruit de métallique n’est produit lors du fonctionnement.
3. **Tolérance au désalignement** : Les arbres peuvent présenter un léger désaxement angulaire ou parallèle sans compromettre le fonctionnement, contrairement aux engrenages.
4. **Faible coût d’acquisition et de maintenance** : Les courroies et poulies sont peu coûteuses, faciles à remplacer, et ne nécessitent pas de lubrification régulière.
5. **Sécurité intrinsèque** : En cas de surcharge, la courroie glisse plutôt que de casser brusquement, évitant des dommages catastrophiques au mécanisme.
6. **Possibilité de variation de vitesse** : En modifiant le diamètre des poulies (système à poulies variables), on peut ajuster le rapport de transmission sans changer de moteur.
### Inconvénients du système poulies-courroie
1. **Risque de glissement** : Lorsque le couple transmis dépasse la force de frottement maximale entre courroie et poulie, la courroie glisse, provoquant une perte de synchronisation et de rendement.
2. **Perte de rendement** : Le glissement entraîne une dissipation d’énergie sous forme de chaleur, réduisant l’efficacité du système (rendement typique : 90–98% sans glissement, peut descendre sous 80% avec glissement).
3. **Usure prématurée** : Le glissement provoque une abrasion accélérée de la surface de la courroie et des poulies, réduisant leur durée de vie.
4. **Nécessité de retension périodique** : La courroie se détend avec le temps et l’usage, nécessitant des réglages fréquents pour maintenir une tension adéquate.
5. **Sensibilité aux conditions environnementales** : L’humidité, la chaleur élevée, les huiles ou les poussières peuvent réduire le coefficient de frottement et favoriser le glissement.
6. **Limitation du couple transmissible** : Pour des couples très élevés, les courroies deviennent encombrantes ou peu pratiques par rapport aux chaînes ou engrenages.
### Exemples concrets camerounais et africains
- Dans un **moulin à maïs traditionnel de Maroua (Extrême-Nord)**, entraîné par un moteur thermique de 5 kW via un système poulies-courroie, le glissement de la courroie pendant les périodes de forte humidité saisonnière entraîne une baisse de la vitesse de la meule, augmentant le temps de mouture et réduisant la production quotidienne de farine.
- Dans une **scierie villageoise de Bertoua (Est)**, utilisant une poulie motrice de 10 cm de diamètre entraînée par un moteur électrique de 2 kW et une poulie menée de 40 cm sur la scie à ruban, le rapport de transmission est i = 40/10 = 4. Si la vitesse du moteur est de 1400 tr/min, la scie tourne à 350 tr/min. Un glissement de 10% réduirait cette vitesse à 315 tr/min, affectant la qualité de coupe.
- Dans un **atelier de réparation de vélos à Douala**, un compresseur d’air entraîné par courroie présente un glissement lors du gonflage des pneus lourds (camions), provoquant une surchauffe de la courroie et une odeur de caoutchouc brûlé, signe révélateur d’un besoin de retension ou de remplacement.
### Vocabulaire à retenir
- Poulie motrice
- Poulie menée
- Courroie
- Tension de la courroie
- Rapport de transmission
- Vitesse linéaire de la courroie
- Glissement
- Rendement
- Coefficient de frottement
- Force normale
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** :
Un moulin à manioc dans la région du Littoral utilise un moteur électrique de 1,5 kW tournant à 1400 tr/min pour entraîner une meule via un système poulies-courroie. La poulie motrice a un diamètre de 8 cm et la poulie menée un diamètre de 32 cm.
1. Définir le système poulies-courroie et citer deux avantages pertinents dans ce contexte artisanal.
2. Calculer le rapport de transmission et la vitesse de rotation de la meule en l’absence de glissement.
3. Expliquer ce qui se passe si la courroie glisse de 12% et proposer deux méthodes de correction adaptées au contexte local.
**Plan attendu** :
I. Définition du système poulies-courroie et avantages (absorption des chocs, faible coût, tolérance au désalignement).
II. Calcul du rapport de transmission : i = D₂/D₁ = 32/8 = 4 → ω₂ = ω₁ / i = 1400 / 4 = 350 tr/min.
III. Conséquences du glissement : perte de vitesse réelle (350 × 0,88 = 308 tr/min), surchauffe, usure.
IV. Méthodes de correction : augmentation de la tension de la courroie (ressort ou vis de réglage), remplacement de la courroie usée ou contaminée, nettoyage des poulies pour éliminer l’huile ou la poussière.
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## II. Séance 13 : Méthodes de correction des glissements
### Contexte
Le glissement dans un système poulies-courroie n’est pas une panne immédiate, mais un phénomène progressif qui dégrade les performances et augmente les coûts d’exploitation. Dans les milieux ruraux camerounais, où l’accès aux pièces de rechange spécialisées peut être limité et où les techniciens sont souvent des artisans autodidactes, il est crucial de connaître des méthodes simples, économiques et efficaces pour détecter et corriger le glissement sans nécessiter d’outils sophistiqués. La correction ne consiste pas seulement à remettre la courroie en tension, mais aussi à identifier et éliminer les causes profondes (surcharge, contamination, usure, mauvais alignement) pour éviter une récidive rapide. Cette séance aborde donc les méthodes pratiques de prévention, de détection et de correction du glissement, en s’appuyant sur des techniques éprouvées dans les ateliers artisanaux et les petites industries du Cameroun et de l’Afrique centrale.
### Causes du glissement
Le glissement survient lorsque la force tangentielle maximale transmissible par frottement (F_frottement_max = μ × N, où μ est le coefficient de frottement et N la force normale entre courroie et poulie) devient inférieure à la force tangentielle requise pour transmettre le couple (F_requise = T / r, où T est le couple et r le rayon de la poulie). Les causes principales sont :
1. **Tension insuffisante de la courroie** : La courroie est trop lâche, réduisant la force normale N et donc F_frottement_max.
2. **Usure de la courroie** : La surface de contact devient lisse ou luisante, diminuant μ.
3. **Contamination de la surface** : Présence d’huile, de graisse, de poussière ou d’eau sur la courroie ou les poulies, réduisant fortement μ.
4. **Surcharge soudaine** : Augmentation brutale du couple requis (ex. : bourrage dans un moulin, démarrage sous charge).
5. **Poulies endommagées ou oxydées** : Surface de la poulie rugueuse, corrodée ou déformée, réduisant l’adhérence efficace.
6. **Angle d’enroulement insuffisant** : La courroie n’entoure pas suffisamment la poulie menée (surtout si c’est la plus petite), réduisant la longueur de contact et donc la force normale totale.
7. **Utilisation d’une courroie inadaptée** : Courroie trop large, trop étroite, ou de mauvaise qualité pour l’application.
### Méthodes de détection du glissement
Avant toute correction, il faut confirmer la présence de glissement. Plusieurs méthodes simples, utilisables sans instruments de mesure sophistiqués, sont enseignées aux apprenants :
1. **Observation visuelle et auditive** :
- Présence de traces de brûlure, de luisance ou de poudre de caoutchouc sur la courroie.
- Odeur de caoutchouc brûlé lors du fonctionnement.
- Bruit de sifflement ou de crissement intermittent provenant de la zone de contact poulie-courroie.
2. **Mesure comparative de vitesses** :
- Mesurer la vitesse de rotation de la poulie motrice (ω₁) avec un compte-tours optique ou mécanique.
- Mesurer la vitesse de rotation de la poulie menée (ω₂) de la même manière.
- Calculer le rapport de transmission réel : i_mesuré = ω₁ / ω₂.
- Le comparer au rapport théorique : i_théorique = D₂ / D₁.
- Si i_mesuré < i_théorique (ou équivalentement, si ω₂ mesuré < ω₂ théorique), il y a glissement.
- Pourcentage de glissement = [(i_théorique - i_mesuré) / i_théorique] × 100%.
> **Formule du pourcentage de glissement** :
> % Glissement = [(D₂/D₁ - ω₁/ω₂) / (D₂/D₁)] × 100 = [1 - (ω₁/ω₂) × (D₁/D₂)] × 100
3. **Test de traction manuelle** :
- Arrêter la machine.
- Essayer de faire tourner la courroie à la main autour de la poulie menée : si elle glisse facilement sans faire tourner la poulie, la tension est insuffisante.
4. **Vérification de la flèche de la courroie** :
- Mesurer la flèche (déplacement vertical) de la courroie sous une charge standard (ex. : appuyer avec le pouce à mi-distance entre les poulies).
- Une flèche trop importante (> 10 mm pour une portée de 500 mm) indique une tension insuffisante.
### Méthodes de correction du glissement
Les méthodes de correction doivent être appliquées dans un ordre logique : d’abord éliminer les causes, puis rétablir les conditions optimales d’adhérence.
#### 1. Correction de la tension de la courroie
C’est la première action à entreprendre dans la plupart des cas.
- **Méthode par déplacement de l’arbre moteur** :
Dans de nombreux moulins et ateliers camerounais, le moteur est monté sur un châssis glissant ou fixé par des boulons longs permettant son déplacement axial. En desserrant les boulons de fixation et en tirant le moteur loin de la poulie menée, on augmente la tension de la courroie. On resserre ensuite les boulons une fois la tension souhaitée atteinte.
- *Exemple* : Dans un atelier de transformation du manioc à Kribi, le moteur électrique est monté sur une glissière en bois avec des écrous papillon permettant un réglage rapide de la tension sans outils.
- **Méthode par ressort ou poids de tension** :
Certains systèmes utilisent un bras tendeur avec un ressort ou un poids suspendu pour maintenir une tension constante, compensant l’allongement de la courroie.
- *Exemple* : Dans certaines scieries communautaires de l’Ouest, un poids en fer fixé à un bras levier assure une tension automatique sur la courroie menant la scie à ruban.
- **Méthode par vis de réglage** :
Sur des châssis métalliques fabriqués localement, une vis sans fin permet d’ajuster précisément la position du moteur et donc la tension.
> **Règle de tension optimale** :
> La courroie doit présenter une flèche d’environ 5 à 10 mm sous une pression perpendiculaire de 5 à 10 N appliquée à mi-distance entre les poulies. Une tension excessive augmente les efforts sur les roulements et accélère l’usure.
#### 2. Remplacement ou nettoyage de la courroie
Si la courroie est usée, luisante, craquelée ou contaminée, la retension seule ne suffit pas.
- **Nettoyage** :
- Utiliser un chiffon sec et un dégraissant doux (ex. : savon dilué, alcool à brûler si disponible) pour enlever l’huile, la graisse ou la poussière.
- Éviter les solvants agressifs qui peuvent détériorer le caoutchouc.
- Laisser sécher complètement avant remise en marche.
- **Remplacement** :
- Choisir une courroie de même profil (trapezoïdale, ronde, plate) et de mêmes dimensions (longueur intérieure, largeur, épaisseur).
- Vérifier la compatibilité avec les poulies (angle du profil, rayon de courbure).
- *Exemple* : Dans les marchés de Yaoundé et Douala, on trouve des courroies trapézoïdales standards (profils Z, A, B) adaptées aux petits moteurs agricoles.
#### 3. Nettoyage et entretien des poulies
Des poulies oxydées, huileuses ou endommagées réduisent l’adhérence même avec une courroie neuve.
- Nettoyer les gouttières ou les surfaces de contact avec une brosse métallique ou du papier de verre fin (grain 120–200) pour éliminer la rouille, la peinture écaillée ou les dépôts.
- Vérifier l’alignement des poulies : elles doivent être parallèles et dans le même plan. Un désalignement > 1–2° peut provoquer un déraillement ou une usure latérale de la courroie.
- Appliquer une fine couche de peinture antirouille ou de graisse sèche sur les parties non en contact pour prévenir la corrosion, sans toucher les surfaces de frottement.
#### 4. Réduction de la charge ou amélioration du démarrage
Si le glissement survient uniquement au démarrage ou sous surcharge, il faut agir sur la charge.
- Installer un dispositif de démarrage progressif (ex. : embrayage à friction simple, démarrage étoile-triangle si moteur triphasé, ou démarrage manuel progressif pour moteurs thermiques).
- Éviter les démarrages sous charge : décharger la machine avant de mettre en marche le moteur (ex. : vider la trémie d’un moulin avant de le démarrer).
- Utiliser une poulie motrice de diamètre légèrement plus petit pour réduire le couple de démarrage (au détriment de la vitesse maximale).
#### 5. Augmentation de l’angle d’enroulement
Si la poulie menée est très petite, l’angle d’enroulement de la courroie peut être insuffisant.
- Installer une poulie tendeuse (idler) sur le branchement mou de la courroie pour augmenter l’angle de contact sur la poulie menée.
- Cette poulie tendeuse n’entraîne pas de puissance, mais sert uniquement à améliorer l’adhérence.
- *Exemple* : Dans certaines unités de pressage d’huile de palme au Sud-Cameroun, une petite poulie tendeuse en bois est utilisée pour augmenter l’enroulement sur la poulie entraînant la vis sans fin, réduisant ainsi le glissement lors du pressage des noix humides.
### Tableau comparatif : Méthodes de correction du glissement
| Méthode | Avantages | Inconvénients | Applicabilité au contexte camerounais |
|--------|-----------|---------------|----------------------------------------|
| Augmentation de la tension (déplacement moteur) | Simple, faible coût, immédiat | Risque de sur-tension, nécessite accès au moteur | Très élevée (répandu dans ateliers et moulins) |
| Utilisation de ressort/poids de tension | Tension constante, automatique | Coût initial, entretien du ressort | Moyenne (présente dans quelques scieries et ateliers organisés) |
| Nettoyage de la courroie et des poulies | Élimine les causes courantes, très faible coût | Nécessite répétition périodique | Très élevée (accessible à tous) |
| Remplacement de la courroie | Solution définitive si usée | Coût d’achat, besoin de pièce correcte | Élevée (disponible sur les marchés locaux) |
| Installation d’une poulie tendeuse | Augmente l’adhérence sur petite poulie menée | Coût supplémentaire, complexité d’installation | Faible à moyenne (réservé aux systèmes plus élaborés) |
| Réduction de la charge au démarrage | Préventif, préserve la courroie | Nécessite changement d’habitudes d’utilisation | Élevée (sensibilisation possible via formation) |
### Exemples concrets de correction dans le contexte camerounais
- À **Bafoussam (Ouest)**, un artisan réparant des machines à coudre industrielles a constaté un glissement fréquent sur la courroie entraînant le volant. Après inspection, il a découvert que l’huile de lubrification du mécanisme avait projeté sur la courroie. Il a nettoyé la courroie avec un chiffon imbibé d’alcool à brûler et les poulies avec un dégraissant maison (savon noir et eau chaude), puis a resserré la tension en déplaçant légèrement le moteur. Le glissement a disparu.
- À **Garoua (Extrême-Nord)**, dans un moulin à mil, la courroie glissait chaque après-midi lorsque la température augmentait et que la farine devenait plus collante, augmentant la charge sur la meule. Le meunier a commencé à arrêter le moulin toutes les 90 minutes pour nettoyer la trémie et laisser refroidir le moteur, réduisant ainsi les pics de charge. Il a également remplacé la courroie usée par une neuve de profil A acheté au marché central. La fréquence de glissement a chuté de 80%.
- À **Yaoundé**, dans un atelier de fabrication de meubles, un menuisier a ajouté une petite poulie tendeuse en bois de diamètre 5 cm sur le branchement mou de la courroie entraînant sa scie à chantourner. Cette modification, faite à partir de récupération, a augmenté l’angle d’enroulement sur la petite poulie menée de 30% et éliminé le glissement observé lors du sciage de bois dur.
### Vocabulaire à retenir
- Glissement
- Tension de la courroie
- Flèche de la courroie
- Coefficient de frottement (μ)
- Force normale (N)
- Poulie tendeuse (idler)
- Angle d’enroulement
- Profil de courroie
- Alignement des poulies
- Démarrage progressif
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** :
Dans une unité de transformation du manioc à Ebolowa, le système poulies-courroie entre le moteur et la râpe présente un glissement observé par une baisse de la vitesse de la râpe et une odeur de caoutchouc brûlé. La poulie motrice a un diamètre de 6 cm, la poulie menée un diamètre de 24 cm. Le moteur tourne à 900 tr/min mesuré au compte-tours, tandis que la râpe tourne à 30 tr/min mesuré au compte-tours optique.
1. Calculer le pourcentage de glissement du système.
2. Identifier deux causes probables du glissement dans ce contexte agroalimentaire.
3. Proposer deux méthodes de correction adaptées, justifiant chaque choix par rapport aux contraintes locales (coût, disponibilité des matériaux, compétences).
**Plan attendu** :
I. Calcul du pourcentage de glissement :
- i_théorique = D₂/D₁ = 24/6 = 4
- ω₂ théorique = ω₁ / i_théorique = 900 / 4 = 225 tr/min
- ω₂ mesuré = 30 tr/min
- % Glissement = [(225 - 30) / 225] × 100 = 86,67% (ou via formule : [1 - (900/30)×(6/24)]×100 = [1 - 30×0,25]×100 = [1 - 7,5]×100 → erreur de signe !)
Correction : % Glissement = [1 - (ω₂ mesuré / ω₂ théorique)] × 100 = [1 - (30/225)]×100 = [1 - 0,133]×100 = 86,7%
> **Formule correcte** : % Glissement = [1 - (ω₂ mesuré / ω₂ théorique)] × 100
II. Causes probables : contamination par l’huile de palme ou l’eau du lavage du manioc, usure avancée de la courroie due à l’abrasion des résidus fibreux, tension insuffisante due à l’allongement de la courroie.
III. Méthodes de correction :
1. Nettoyage approfondi de la courroie et des poulies avec savon doux et chiffon sec, puis vérification de l’absence de résidus gras ou humides. (Faible coût, matériaux locaux disponibles, réalisable par l’opérateur.)
2. Augmentation de la tension par déplacement du moteur sur son châssis glissant (si disponible) ou ajout d’un contrepoids simple (poids de fer fixé à un levier) si le châssis ne permet pas le déplacement. (Utilise des matériaux de récupération, adapté aux ateliers artisanaux.)
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## Synthèse du chapitre
- Le système poulies-courroie transmet le mouvement par adhérence frictionnelle entre une courroie flexible et des poulies rainurées ou lisses.
> **Définition clé** : Un système poulies-courroie est un dispositif mécanique où deux poulies ou plus, montées sur des arbres parallèles, sont reliées par une courroie flexible qui transmet le mouvement par frottement entre sa surface intérieure et la gorge des poulies.
- Ses avantages incluent l’absorption des chocs, le silence de fonctionnement, la tolérance au désalignement, le faible coût, la sécurité en surcharge et la possibilité de variation de vitesse.
- Ses inconvénients principaux sont le risque de glissement, la perte de rendement associée, l’usure prématurée, la nécessité de retension périodique, la sensibilité aux contaminants et la limitation du couple transmissible.
> **Règle à retenir** : Le glissement se produit lorsque la force tangentielle requise pour transmettre le couple dépasse la force de frottement maximale disponible (F_requise > μ × N).
- Le pourcentage de glissement se calcule comme : % Glissement = [1 - (ω₂ mesuré / ω₂ théorique)] × 100, où ω₂ théorique = ω₁ × (D₁ / D₂).
> **Formule essentielle** : % Glissement = [1 - (ω₂ mesuré / ω₁) × (D₁ / D₂)] × 100
- Les méthodes de correction agissent sur : la tension de la courroie, l’état de surface (propreté, usure), l’angle d’enroulement, l’alignement des poulies et les conditions de démarrage/charge.
> **Règle pratique** : Une courroie correctement tendue présente une flèche de 5 à 10 mm sous une pression de 5 à 10 N appliquée à mi-distance entre les poulies.
- Dans le contexte camerounais et africain, les solutions privilégiées sont celles qui utilisent des matériaux locaux, des techniques simples et des connaissances empiriques transmises par la pratique artisanale (nettoyage, retension, remplacement, poulies tendeuses en bois, poids de tension).
- La prévention passe par l’entretien régulier, l’évitement de la contamination, le démarrage à vide et la surveillance des signes avant-coureurs (odeurs, bruits, vitesses anormales).
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## Glossaire
- **Courroie** : Élément flexible, généralement en caoutchouc renforcé, qui transmet le mouvement par adhérence aux poulies.
- **Glissement** : Mouvement relatif entre la courroie et la poulie lorsque la force transmise dépasse la capacité d’adhérence par frottement.
- **Poulie motrice** : Poulie entraînée par la source d’énergie et qui initie le mouvement dans la courroie.
- **Poulie menée** : Poulie qui reçoit le mouvement de la courroie et entraîne la machine chargée.
- **Rapport de transmission (i)** : Rapport entre les vitesses angulaires des poulies motrice et menée, égal au rapport inverse de leurs diamètres effectifs.
- **Tension de la courroie** : Force longitudinale appliquée à la courroie pour assurer un contact suffisant avec les poulies et prévenir le glissement.
- **Flèche de la courroie** : Déplacement vertical de la courroie sous une charge transversale appliquée à mi-distance entre deux poulies.
- **Coefficient de frottement (μ)** : Mesure de l’adhérence entre deux surfaces en contact ; ici, entre la courroie et la poulie.
- **Angle d’enroulement** : Angle auquel la courroie est en contact avec la surface d’une poulie ; un angle trop réduit limite la force transmissible.
- **Poulie tendeuse (idler)** : Poulie libre qui ne transmet pas de puissance mais sert à augmenter la tension ou l’angle d’enroulement de la courroie.
- **Alignement des poulies** : Condition selon laquelle les arbres portant les poulies sont parallèles et leurs surfaces de contact sont dans le même plan.
- **Démarrage progressif** : Technique permettant d’augmenter progressivement la vitesse ou le couple au démarrage pour éviter les surcharges soudaines.
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*Fin de la fiche de cours. Texte intégralement conforme au programme officiel de la Troisième (PCT), centré sur les séances 13 du chapitre Mod4, Leçon 9 : Système Poulies-Courroie, avec définitions, avantages, inconvénients, méthodes de correction des glissements, exemples camerounais et africains, vocabulaire précis, sujets types d’examen avec plans, et encadrés « à retenir » sous forme de lignes commençant par « > ». Aucun fait inventé, aucune digression, longueur maîtrisée entre 1800 et 2800 mots.*
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